Chapitre 3
Mon fiancé venait de partir au travail nous n' avions pas les même horaires, je travaillais moins ou alors il travaillait trop, je ne le savais pas vraiment. Une fois la porte fermée, je faisais comme à mon habitude depuis maintenant un mois, j' allumais mon ordinateur et allait voir s' IL - et ce IL n' avait rien à voir avec mon IL - m'avait envoyé un message ou si simplement il était connecté.
A bien réfléchir à tout ce que je faisais, je voulais sûrement gâcher ma vie et rester dans mon malheur. Pourtant j' avais essayé de tout mon cœur, une partie de moi était heureuse de ce que je vivais mais mon coté défaitiste ne l'était pas, il savait qu' il me manquait quelque chose.
Finalement je n' avais pas fait tant de chemin que cela, je pensais toujours à LUI et quasiment tous les soirs il était dans ma tête. Il m' arrivait même d' en rêver.
Je me giflais mentalement.
On arrêtait de penser à lui, il y avait mon amoureux qui était aux petits soins pour moi, il faisait tout pour que je sois heureuse, il était fidèle, gentil, et en plus il se débrouillait au lit... Que demander de plus ?
- Bella ! Quel plaisir !
Un fenêtre s' ouvrait. Je ne pouvais que sourire en le voyant connecté.
Merde et maintenant je passais pour une garce. J' étais devenu une garce insatisfaite.
- Salut toi ! Répondis je
Il - enfin je supposais - n' était qu' un ami. Nous parlions de tout et de rien, mais jamais de sujet qui fâche. Je ne l' avais jamais vu, nous ne parlions quasiment pas de l' endroit où nous vivions et je n' avais pas l' intention que cela change. J' avais joué avec le feu il y plus d' un an, je m' étais brûlée et ne voulais surtout pas recommencer.
Au début j' étais venue sur ce site pour passer le temps, discuter avec des gens et le gros avantage était que si j' en avais marre je n' avais juste qu' à cliquer et je passais à autre chose, un vrai régal pour quelqu'un d'aussi asocial que moi.
Au début je ne rencontrais que des personnes sans intérêt ou des hommes qui ne recherchent que des coups d' un soir, ce que je ne voulais définitivement pas, surtout que j' avais quand même mis sur mon profil que j' étais en couple. Puis j' étais tombée sur un jeune homme, nous avions tout de suite accroché, ce qui m' avait rassuré au départ c' était qu' il n' était pas dans le pays donc pas de risque inconsidéré de le rejoindre chez lui pour quelques moments que je regretterai toute ma vie. Il me permettait de m' évader et de ne penser à rien. Je pouvais être qui je souhaitais sans mes problèmes.
- Tu vas me dire ton nom ?
Je rigolais toute seule. A chaque fois je lui posais cette question et à chaque fois il me répondait :
- Devine !
Je l' imaginais rire mais pas longtemps. Je ne devais pas m' aventurer sur ce terrain là, trop glissant. Nous parlions de tout et de rien jusqu'à ce qu' il me pose des questions personnelles. Trop personnelles.
- Confie moi un de secret. Quelque chose que tu n' as jamais avoué à personne.
- Non. Écrivais je fermement.
Il ne me répondait rien. Moi non plus, trop de souvenirs douloureux apparaissait devant mes yeux. J' avais cru progresser c dernières 24 heures, je n' y avais pas pensé.
- Pourquoi tu gâches tout ? Demandais je déchirée.
J' étais prête à tout éteindre. Mon cœur me faisait trop souffrir. Pathétique.
- Je suis désolé ma jolie Bella. Je ne voulais pas te blesser, je veux juste te connaitre.
Je soupirais.
- Tu me connais. Dis je fébrilement.
- Tu ne me montres que ce que tu veux. Ouvres moi ton cœur, s' il te plait.
- Pourquoi ?
- Pourquoi pas ?
- Quel est l' intérêt ? De toute façon ce n' est pas comme si nous étions de vrais amis ou que nous allions nous voir un jour. Cela t' apporterait quoi ?
J' étais un peu agressive dans mes paroles mais j' ai toujours été ainsi, ce que je pensais, je le disais. Point. Cela plait, tant mieux, cela ne plait pas, tant pis pour eux.
- Tout doux la tigresse !
Je me renfrognais. Arriverais je un jour à le faire fuir ?
- Effectivement, cela ne m' apporterait rien, à part peut être t' aider dans tes problèmes.
- J' ai vu un psy pour cela. Répondis je du tac au tac.
- Et cela t' a aidé ?
- ...
Réponse très perspicace, mais je ne voulais pas avouer que oui. Si ca se trouve c' était mon psy sous un pseudo et il voulait encore me psychanaliser... Ok, je débloquais. De toute façon je m'entendais trop bien avec Scorpion pour qu 'il soit Emmett Cullen.
- Mais encore ?
J' aurais parié que mon interlocuteur s 'amusait de la situation
- Oui...
- Mais pas complètement.
Je regardais la réponse, effarée.
- Es tu sur que tu ne me connais pas ? On ne se serait pas déjà parlé ? J' ai l' impression que tu me connais beaucoup trop !
Je tapais sur « entreée » fière de moi. Pourquoi je ne le savais pas, j' étais bizarre et je m'en accommodais très bien.
- Oh non je sais ! Rajoutais je. Tu es un psychopathe qui me suit partout et qui va finir par me tuer ?
Malgré moi je jetais un coup d' œil, pas très rassurée, à ma fenêtre.
- Je te promets que je ne suis pas un fou furieux. Me rassurait il
- Ils disent tous ca ! Ricanais je devant mon ordinateur.
- Et Miss Bella a encore changé de sujet. Mais sérieusement, parler à un quelqu'un qui ne te jugera pas, peut importe ce que tu as fait peut d 'aider. Puis je peux peut être trouver une solution à ton problème.
Je méditais ses paroles.
- Ne me fais tu pas confiance ? Me demandait il
- Si...
Une partie de moi - surement la plus folle - lui faisait confiance les yeux fermés et l' autre partie, la plus rationnelle, me disait de me méfier. Mais je n' étais pas vraiment équilibrée, je ne l' ai jamais été de toute façon. Après tout j' ai travaillé 4 ans en boite de nuit ! Faut être complètement fou pour faire cela... Ou moi dans toute ma splendeur.
- Qu 'est ce qui te retient alors ?
- La douleur. Répondis je sans y réfléchir.
- Lance toi et si c' est trop pénible on arrête.
Mes doigts étaient prêt à écrire, je n' avais plus qu' à presser les touches pour lui confier ma vie, mais je me retenais.
- Bella ? Tu es toujours avec moi ?
Je fixais l' écran sans bouger, à essayer de rassembler tout mon courage. J' étais capable de me sortir les doigts du cul et d' y arriver. J' avais comme un bon pressentiment.
Une fois mon courage transféré dans mes doigts, il ne me restait plus qu' à aligner les mots correctement. Mais par ou commencer ?
- Je suis sur que tu es une femme forte, tu peux tout surmonter. Cela se voit dans tes yeux.
- Mes yeux ? Demandais je perdue
- Ta photo de profil...
Ok, il devait sûrement me prendre pour une idiote sans cervelle.
- Ah...
Je me sentais soudain très... Con. Voila c 'était le mot. Je devais arrêter de me dire que nous nous étions déjà parlé ou rencontré.
Je ne savais pas ce qui me passait par la tête mais je me lançais. Ce coup si ce n' était pas les papillons mal placés mais c' était mon pressentiment. Il y a toujours un truc bizarre en moi. Es ce que pour les autres c' était pareil ?
- Tu sais que je travaillais en boite de nuit ? Commençais je
- Comment l'oublier...
- Pervers ! Souriais je doucement
- La soirée se déroulait normalement, comme d'habitude mais je ne savais pas encore que j' avais tort. En quelques secondes tout a changé.
Je reprenais mon souffle, je m' étais sûrement mise en apnée.
- Après cette nuit la, toute ma vie a changé. Rajoutais je
- Qu' est ce qui a changé ?
- Je suis devenu faible, guimauve. Lui expliquais je
- Tu n' aimes pas ça ?
« Non. » grognais je à voix haute
- Non. Écrivais je, me rappelant qu' il ne pouvait pas m' entendre. J' aimais la MOI d' avant. J' aimais ma vie d' avant et j' ai honte de ce que j' en ai fait.
- Si tu n' aimes pas ta vie, pourquoi ne pas tout changer ?
- Si tout était aussi simple... soufflais je
- Es ce que ta vie est si compliquée que cela ?
Il devait être vraiment pris par mon récit, ses réponses ne tardaient jamais à arriver.
- Ma vie ? Surement pas plus que les autres, mes sentiments ? Mon dieu, une catastrophe. C' est trop compliqué dans ma tête. Trop embrouillé. Si seulement je ne l' avais pas rencontré. lâchais je après quelques instants de réflexions.
Par contre là il avait mis quelques secondes supplémentaires pour répondre. Écrivait il une longue phrase ?
- Qui ?
Tout ce temps pour UN mot ? Bizarre...
- Un type à l'endroit ou je travaille... Travaillais.
- Que s' est il passé ? T' a t' il fait du mal ?
- Non. Pas physiquement du moins.
Là aussi quelques secondes en trop. Je savais qu' il écrivait vite, jamais il ne me faisait attendre trop longtemps sans une bonne raison de le faire.
- Vous vous connaissiez depuis longtemps ?
- Quelques minutes mais pour moi, ça a été quelque chose de magique genre un coup de foudre... Je suis pathétique, hein ? Lui demandais je.
Je ne voulais surtout pas de réponse à cette question, c' était juste une question posée comme cela, qui n 'attend aucune réponse.
- Non, juste amoureuse. Il n' y a rien de mal à cela. Me rassurait il, en vain.
J' étais une tête de mule et quand j' avais une idée en tête je ne l' avais pas ailleurs. La preuve, il faut voir ou j' en étais...
- Si, c'est mal, surtout quand tu sais que tu ne le reverras jamais et qu' il partira avec ton cœur, et le pire, il ne le sait même pas.
- Et s' il avait gardé ton cœur ? Et puis dit toi qu' il n'avait peut être pas le choix.
- Tu es un mec, tu le défends... Solidarité masculine !
Aucune réponse.
- Tu es toujours la ? Demandais je inquiète.
- Oui, oui... Tu as la haine contre ce type, pourtant avec ton métier de danseuse, tu as du rencontrer pleins de crétins ?
- As tu oublié ton premier amour ?
- Il l' était ? Tu n' as jamais aimé personne d'autre avant ? Il avait l' air étonné
- Tu ne réponds pas à ma question... grognais je
- Et alors ? Tu réponds aux miennes ?
Ok, il marquait un point. J' aimais bien cet homme avec qui je discutais, il n' y avait pas de prises de tête, quelques petits conflits de temps en temps mais quelques minutes plus tard tout était réglé. Il ne se prenait pas la tête et c'est tout ce dont j' avais besoin.
Depuis son départ, ma vie avait été plus que compliquée. Toute ma carapace - que j' avais mis des années à construire - s' était fissurée. Avant j' étais une fille dure à approcher, j' avais peu d' amis mais c' était des vrais amis, et j' aimais le coté intouchable que je m' étais créée. Je n' aimais personne et c' est cruel à dire mais mes parents non plus je ne les aimais pas. Et c' est toujours le cas maintenant.
Entre un père qui ne s ' était jamais occupé de moi et pour cause il nous avait foutu à la porte ma mère et moi quand j' avais un an. Je tenais à préciser qu'il ne m' avait pas reconnu donc pas de pension alimentaire... Radin et enfoiré jusqu'aux bouts des ongles...
Et une mère dépressive et suicidaire, qui me rejetait toutes ses erreurs au visage, dur à encaisser quand on était une adolescente voire une enfant. Elle me laissait seule, je devais me débrouiller à la maison. Merci du cadeau. Bienvenu dans la vie Bella ! Sourit et bats toi ! Et c' est ce que j' avais fait.
J' avais sûrement grandi trop vite. Mais au moins ça m' avait rendu plus forte. L' avantage que j' avais eu avec cette situation familiale particulière c'est que, lorsque je me prenais une claque dans la figure, je me relevais encore plus forte et invulnérable. C' était en partie pour cette raison que je refusais de tomber amoureuse. Tomber amoureux signifiait s' attacher et souffrir par la suite. J' avais bien vu avec mes géniteurs... Forcement étant plus jeune je les avais aimés. J' avais malheureusement bien vite compris mon erreur.
Cela faisait 3 ans que je ne leur avais pas adressé la parole, mon père parce qu' il s' était trouvé une copine qui n' avait pas la moitié de son âge, une gourde que je ne pouvais pas voir, cliché mais malheureusement vrai et ma mère parce qu' elle s' était trouvée UNE copine. Elle pensait que je lui en voulais alors que je n' en avais rien à faire. Ma meilleure amie est lesbienne et cela m' importe peu. Enfin les gens malades se font souvent des films et quoi que tu leur racontes c' est de ta faute. Bien que personnellement je ne trouvais pas que la dépression était une maladie, c' était plus une faiblesse mais cela n 'était que mon point de vue.
Alors oui tout est de ma faute, mon père qui s' est tiré, ma mère malade, et Jasper qui s' est barré. J'assume la misère du monde si cela peut leur faire plaisir, pourtant je ne me reproche rien sauf peut être le dernier point quoi que je ne fais pas trop confiance à mes réflexions ses derniers temps...
Les gens me demandaient pourquoi j' avais coupé les ponts avec eux, alors je leur répondais simplement « Ce n'est pas parce que quelqu'un vous a donné la vie qu'elle peut vous la gâcher. »
Et mon dieu qu' est ce qu' ils avaient pu me la pourrir mais maintenant que j' étais indépendante, j'essayais de faire ma vie loin d'eux loin de la souffrance qu' ils m' avaient apporté. Cela n' avait pas été facile mais je m' étais battue et j' avais réussi.
Après on se demandait pourquoi cela me rebutait temps les sentiments amoureux... Parce que qui dit amour dit attachement pour une personne et dans ma vie cela veut dire déception et souffrance.
Malgré cela, je trouvais que c' était un miracle si j' étais encore capable d' éprouver des sentiments pour quelqu'un. Mes amis n' avaient pas tort quand ils disaient que j' étais une handicapée des sentiments.
Mais après l' avoir vu, LUI, cela m' avait rappelé qu' être normale pouvait avoir du bon. Certes cela fait quasiment deux ans que je souffrais mais j' avais réussi à passer à autre chose enfin en apparence parce que même si je ne montrais pas ma souffrance elle était toujours présente. Disons que la tristesse que j' éprouvais à son égard s' était greffé à celles de mes géniteurs. J' avais du mal à les appeler « parents ». Des parents sont des êtres aimants qui témoignent de l'affection pour leur enfants. Tout ce que je n'avais pas eu. Certes je n' avais manqué de rien sauf de l' amour véritable.
- Bella ? Bella ?
Je me reconnectais à la réalité en voyant la fenêtre de discutions clignoter.
- Ca va ? Tout va bien ?
- Désolée j'étais dans mes pensées.
- J'espère que tu pensais à moi...
Les 3 petits points étaient tellement significatif, parfois il était ainsi mais il voyait que je ne répondais rien ou que je passais à autre chose alors il n' insistait pas. Es ce qu' il pouvait sentir que cela me gênait ? Non non il ne pouvait pas. J' étais derrière mon ordinateur et lui derrière le sien à plusieurs kilomètres l' un de l' autre. Je soupirais mais je préférais ne rien répondre cela compliquerait encore plus ma situation actuelle. Surtout que je m'entendais vraiment bien avec lui. De la à parler d'amour, il y avait encore du chemin mais au fil du temps je pourrais sans doute tomber amoureuse. VRAIMENT amoureuse, j' aimais mon fiancé mais pas de la BONNE façon. Ce qui serait miraculeux parce que je ne pouvais quasiment pas me LE sortir de la tête.
Même quand Embry - mon fiancé - m'avait demandé en mariage j'avais dit oui sans y réfléchir, je pensais encore à Jasper. Au fond de moi j' aurais voulu que ce soit lui. Mais ce jour là je m' étais promis d' avancer et de faire des efforts pour aller mieux.. Tous mes proches en avaient fait pour moi pendant les quelques mois qui avait suivi son départ.
Et oui je m' étais fiancée à un journaliste alors que je le connaissais depuis environ un an. Nous nous voyions depuis environ 8 mois. La première fois que je l' avais vu c' était à la boite où je travaillais. Il était venu fêter sa promotion. Je me moquais des filles qui s'accrochaient rapidement à une personne et qui dans la suite logique se mariaient rapidement. Tout ce que je vivais à ce moment de ma vie. J' étais pathétique et le resterais sûrement encore quelques temps. Et le pire dans tout ça c'est que j'avais peur de me retrouver seule, je ne voulais plus être seule moi qui adorait ma solitude. Là dès que je me retrouvais seule dans notre appartement je me sentais... Bizarre. Je ne savais pas quel mot employer, c' était encore et toujours embrouillé dans ma tête.
- Je dois te laisser. Répondis je
- Si c' est pour ce que j' ai dis tout à l'heure... C' était pour plaisanter. Tu le sais ?
- Je sais, ne t' en fais pas. A bientôt. Bye.
- Bye.
Il plaisantait, je le savais, pourtant une partie de moi voulait qu' il n' en plaisante pas, si seulement il pouvait être LUI. Si seulement j'avais suffisamment de courage pour me mettre un coup de pied au cul au lieu de me morfondre...
Ouais.. Dans un monde parallèle ! Me crachait ma petite voix intérieure, celle qui est très énervante et qui a toujours raison.
Merde, ou sont passé mes tripes ?
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- Je peux te poser un question ? Me demandait il
- Bien sur, tu ne gènes pas d' habitude.
- Celle la est personnelle.
Je ne le voyais pas mais il avait l' air hésitant.
- Va y, puis personne ne m' oblige à répondre si je n' en ai pas envie, le rassurais je
Je n' aimais pas qu' il se sente ainsi, bizarre comme comportement, mais c' était moi alors pourquoi pas.
- Comment as tu connu ton copain ?
- En boite de nuit, ou je travaillais. Restais je vague.
- Dis m' en plus s' il te plait ?
- Pourquoi ferais je ca ? J' ai répondu à ta question non ?
- Oui mais dit m' en plus.
- D' accord, capitulais je
Je soufflais avant de partir dans mon récit.
- Je ne supportais plus ma solitude alors j'avais commencé à sortir avec lui mais je ne l' aimais pas, je l' appréciais. Au début il n'était qu' un homme comme les autres, tu sais, un que tu croises dans la vie et s' il en sort ce n 'est pas grave mais il est devenu un de mes amis. Rapidement nous étions par sortir ensemble. Chose nouvelle, je le supportais, plus de 3 jours, un magnifique exploit, j'étais passée au delà de mon aversion pour les relations longues, c' est te dire à quel point j'avais changé. Par la suite tout c' est enchainé rapidement. J' avais rapidement posé mes bagages chez lui. Mais il n' y avait pas que cela de nouveau, j' avais aussi arrêté de travailler en boite de nuit. Chaque soirée était une torture pour mon cœur.
- Donc tu ne l' aimes pas ? Concluait il après quelques minutes de silence.
- Pas véritablement. Lui répondis je honnêtement. Mais je tiens beaucoup à lui. Rajoutais je, je ne voulais pas qu' il y ait de confusion, plus qu' il y en avait.
Je ne voyais pas ou il voulait en venir. Allait il recommencer ses insinuations ? Je craignais que s 'il continuait ainsi je sois obligée de couper court à nos conversations.
- Tu ne te vois pas finir ta vie avec lui ?
- Je ne sais pas.
Et c' était vrai, qui pouvait dire comment nous serions dans quelques années ? Combien de couples divorcent alors qu' ils pensaient leur amour indestructible ? Es ce que j' aurai changé dans quelques années ? Es ce qu Embry aura changé ? Trop de paramètres étaient à prendre en compte, pour le moment nous étions bien ensemble mais il se pourrait qu' il se lasse de moi ou inversement, ou même que Jasper puisse un jour me tomber dans les bras ? Ok, stop j 'arrêtais mes divagations.
- Pourquoi ces questions ?
- J' ai fais un rêve de nous deux cette nuit.
- Oh...
Que répondre à un homme qui disait avoir rêvé de vous ?
- Veux tu savoir ?
- ...
- Rien de traumatisant pour toi, promis !
- Vas y je t 'écoute Mr le comique.
- Quelque chose simple, nous vivions tous les deux dans le même appartement, je prenais soin de toi, tu étais souriante, éblouissante même.
A t' il véritablement rêvé de cela ? Je trouvais cela bancal.
- Il est bizarre ton rêve.
- Venant de la fille qui se décrit comme telle, je prends ça pour un compliment.
Voyant que je ne répondais pas, il écrivait autre chose.
- Et je nous y aurais bien vu, dans l' avenir, toi et moi, tous deux, ensemble jusqu'à ce que tu ne puisses plus me voir en peinture.
- Mais encore ? Comment nous vois tu ? Dans l'avenir je veux dire. Lui demandais je curieuse. Et pas dans tes rêves !
- Sur une terrasse en haut d' un immense immeuble, un magnifique belvédère, ou nous serons tous les deux assis sur une table en train de discuter de tout et de rien après un bon diner, nous finirons ce super repas - il va de soit que je te l' aurai spréparé avec amour- par des fraises à la chantilly. Me décrivait il
Jolie vision, mais elle le serait encore plus si je voyais son visage, non je n' étais pas quelqu'un de superficiel mais il était toujours plus facile de s' imaginer quelque chose si on voyait son visage. Beau ou moche peut importe, c' était ce qu' il y avait à l' intérieur de la personne qui comptait. Personnellement je ne sortirais pas avec un mec beau à crever mais qui serait fou ou un truc qui y ressemble. Cela me donnerait des frissons.
Malgré moi je cassais son beau tableau de nous deux.
- Je t'arrête, j'aime pas les fraises...
Difficile, mais je ne me referais pas. Trop tard et trop têtue pour essayer de nouvelles choses surtout en nourriture, en sexe, pourquoi pas... On voit ou se trouve mes priorités...
- Ok. De toute façon moi non plus je n' aime pas ca !
- Alors pourquoi ces fruits ?
- Je sais pas, tout le monde aime les fraises.
- Sauf nous deux ! Souriais je à moi même.
Encore quelque chose que nous avions en commun. Non pas que je m' étais fait une liste, mais j' avais juste remarqué quelques petites choses.
- Des framboises ?
- Parfait. J' aime ca ! Continue. Lui ordonnais je presque.
- Bien sur, vu que nous aurions trainé à table, des lanternes disposées un peut partout nous éclaireraient.
- Et dans quel pays nous trouverons nous ? Mr le grand voyageur.
J' étais de plus en plus amusée par cela, bizarrement je m' y voyais déjà. Même les petits détails insignifiants.
- Brésil ? Proposait il
- J'aime pas trop !
- Cuba ?
- Non ! Trop chaud !
- Et bien choisis Mademoiselle la difficile !
- Tu m'emmènerais où je voudrais ?
Je me mordais la lèvre inférieure, impatiente de connaitre ses réponses. J'aimais de plus en plus notre petit jeu.
- Au bout du monde si c'est là que tu veux aller...
Oh merde, je tombais amoureuse de mon correspondant sur le web. Correspondant dont je ne connaissais toujours pas le nom à part son pseudo : Scorpion.
- Au fait, tu ne m' as toujours pas dit ton vrai nom. Tu connais tout de moi, même mes plus sombres pensées et moi je ne sais pas grand chose de toi. Je sais juste que tu as du quitter le pays quelque temps. Ou es tu allé ?
- Au Danemark.
Mon cœur battait à 100 à l' heure en lisant sa réponse.
Comme Jasper quand il m' avait laissé dans cette salle en boite de nuit. Il devait prendre son putain d' avion. Avion que j' avais du maudire au moins une centaine de fois.
Je devais changer de sujet sinon j' étais bonne pour repartir voir mon psy.
- Pourquoi ce pseudo ? Ré attaquais je
- Mon nouveau tatouage.
- Ou l'as tu fait ?
- Dans l'aine.
Je repartais dans mes souvenirs. Avant qu' il ne me quitte pour prendre son PUTAIN d' avion, je lui avais laisser un petit souvenir. Je voulais qu' il se rappelle de moi au moins quelques jours. Son rire, lorsque je lui avais fait était gravé en moi.
- Pourquoi ici ?
- Parce qu' une personne chère à mon cœur m' avait laissé un beau souvenir.
J'avais bloqué sur mon écran, lisant encore et encore cette phrase. Est ce que des coïncidences comme celles ci arrivaient souvent ? J' espérais de tout mon cœur que c' en était une. Ou sinon le destin était cruel avec moi pour me torturer ainsi.
- Bella ?
Je voyais la fenêtre de discussion clignoter mais je n' avais pas le courage de répondre. Je ne me sentais pas bien. Est ce que c' était avec lui que je discutais depuis plusieurs semaines ? Étais je si sotte pour ne pas m' être rendu compte que c' était lui ? Mais comment aurai je pu savoir que c' était Jasper, nous n' avions que peu discuté et après tout je le connaissais à peine.
Pathétique, j' étais tombée amoureuse d' un physique. Génial je me détestais encore plus. J' étais devenu une fille superficielle qui n' aimait que les hommes beaux.
- Je dois y aller.
Je déconnectais rapidement et m' éloignais de cet ordinateur de malheur. Je n' y ai pas touché pendant plusieurs jours.
En ouvrant mon compte, j' avais plusieurs messages privés mais ils n' étaient pas intéressants d'ailleurs ils finissaient tous dans la corbeille, à par un. Scorpion. Je m'empressais de l' ouvrir.
- Bella ? Je veux te voir.
Simple et précis. Heureusement qu' il n' était pas connecté. Je n' aurais pas eu la force de lui parler.
- Je ne veux pas. Écrivais je
J' étais prête à l'envoyer mais je me devais de lui donner quelques explications supplémentaires.
- Cela compliquerait trop les choses. Rajoutais je
Le lendemain j'avais une réponse, toujours en message privé.
- Elles le sont déjà. Disait il
Il en avait de bonnes, lui.
- Justement. Répondis je simplement.
Il allait me filer des migraines. Le lendemain je n' avais pas de réponse. Avait il eu le temps de venir sur le site ? Était il trop occupé ?
- Dis moi ton nom, ordonnais je
J' aurai été en face de lui je l'aurai secoué comme un pruneau pour qu' il me crache enfin son foutu nom. Mais pendant plusieurs jours il ne m' avait pas répondu. Pourtant je savais qu' il venait sur le site, c' était marqué sur son profil.
Alors que je n' espérais plus, j' avais eu une réponse.
- Jasper W. avait il écrit.
Dieu merci j' étais assise, je me serais écroulée si j' avais été debout. Je relisais son nom encore et encore. Coïncidence ? Non, impossible, Jasper n' était pas un nom très repandu. Surtout avec un nom de famille comme le sien.
Et là, que répondre ? Mais ce n' était pas mon problème principal, j' avais parlé à Jasper pendant plusieurs semaines alors qu' il m' obsédait même après tout ce temps. Là tout de suite je n' avais qu' une envie c' était de hurler ma colère, ma peine et tous les sentiments que je n' arrivais pas à identifier qui se bousculaient en moi.
Une fois la fenêtre ouverte et une voix cassée plus tard à cause de hurlements je me ré- installais devant mon PC.
J' étais prête à déverser toute ma colère contre lui, pour m' avoir torturée ainsi, les choses auraient été différentes s' il me l' avait dit dès le début. Je ne savais pas ce qui aurait changé mais sûrement beaucoup de choses.
Je commençais à lui écrire un message digne de Bella Swan en colère mais finalement je l' effaçais. Après tout c' était lui qui était venu me parler en premier. Cela voulait il dire qu' il ne m'avait pas oublié et que j' avais compté pour lui. Il avait fait un tatouage ou je l' avais marqué. Ce n' était pas rien. Puis toutes ses phrases subtiles qu' il glissait dans la conversation. J' avais de l' importance pour lui. Je comptais pour lui. Comment lui en vouloir ? Ah oui, il m' avait fait voir un psy parce qu' il avait brulé mes derniers neurones en me retournant le cerveau. CA c' était une bonne raison !
La seule ? Non, ma mauvaise foi pouvait en trouver plein d' autres mais la vérité c' était qu' il m' avait apporté quelques moments de réel bonheur qu' à mon avis peu de personnes avaient connu.
J' écrivais les quelques mots qui seraient ma perte.
- Non. Cela n' est définitivement pas possible.
Je me dépêchais de l'envoyer avant de me dégonfler et de dire oui. Tout mon corps me criait de me jeter dans ses bras, de faire les quelques kilomètres qui nous séparait et de ne plus le quitter.
Je reculais le moment ou je verrais sa réponse, j' avais la bonne excuse que maintenant j' étais prise une bonne partie de mes journées et que mon fiancé était plus souvent à la maison. Mais aujourd'hui mes amies excitées comme des puces m' avaient laissé quelques heures pour me reposer. Je remercierai Rosalie plus tard pour avoir proposer ce repos. Certes sa phrase d' accompagnement ne me plaisait guère : Tu as une tête à faire peur ! Je me demande comme Embry peut encore dormir avec toi...
Mon amie dans toute sa splendeur. Et le pire c' était qu 'elle le pensait vraiment. De toute façon je ne pouvais pas lui en vouloir elle n' avait pas vraiment tort. Le fait de savoir que c' était Jasper avec qui je correspondais m' empêchais de dormir, ou si par bonheur j' y arrivais je le revoyais en train de me sourire comme un bienheureux. Ma culpabilité faisait le reste.
Mais la je me lançais et ouvrais ma boite de message privé.
- Je t' en prie ma jolie danseuse, quelques minutes et après je te laisserai tranquille si c' est ce que tu souhaites.
Non je ne le souhaitais pas, si je le voyais je partirais avec lui et cela m' était impossible je voulais continuer de me voir dans une glace. Cela ne serait pas correct par rapport à Embry.
- Je souhaite tellement de choses mais non.
Encore une fois je me dépêchais de l' envoyer avant de craquer. J' ouvrais un autre message.
- Je vais me marier. Écrivais je du bout des doigts.
Je soufflais avant de continuer.
- Dans quelques jours. Rajoutais je, fébrile.
- Adieu. Le dernier mot que je lui écrivais. C' était une promesse que je tiendrais même si cela serait dur j' y arriverais.
« Message envoyé. » lisais je à voix haute. « Adieu. » murmurais je du bout des lèvres.
La mort dans l' âme je me déconnectais pour ne plus y revenir. Je n' effacerais pas mon profil, j' y avais passé de bons moments même si c'était avec lui. J' aurais du m' en douter. Tous mes derniers souvenirs heureux je les avais passé avec lui, comment un parfait inconnu aurait pu me faire sourire comme lui le faisait ? Cela devait être un signe du destin, que je m' efforçais d' effacer de ma mémoire. De toute façon j' aurais été incapable de cliquer sur « Supprimer ce profil ». J' avais épuisée mon stock de courage en lui disant pour mon mariage. Lui rajouter que j' aurais été heureuse aurait été un mensonge et sachant que c' était mon Jasper de l'autre coté m' empêchait de lui mentir.
Je passais ma journée de repos cachée sous ma couette. Embry me rejoignait le soir et me prenait dans ses bras.
« Je te promets que tout ira mieux dans quelques jours. » me murmurait il tendrement à l' oreille.
Mes sanglots redoublaient et lui me berçait doucement.
« C 'est une promesse mon ange, bientôt tu seras souriante et la plus heureuse. »
J' étais trop fatiguée et déprimée pour analyser correctement ses paroles qui à mes yeux n' avaient que peu de sens. Parlait il de notre mariage ? Pensait il que la préparation me stressait ? Qu' une fois la bague au doigt j' irais mieux ? Comme si tous mes tourment partait avec le « Je le veux » ? Si cela pouvait être vrai... J' étais bonne pour avoir un bon mal de tête demain matin.
Comme prévu ma tête me faisait souffrir, je me dirigeais au radar vers la salle de bain pour prendre de quoi me soulager et retournait me cacher dans le lit attendant que les médicaments fasse effet. Je ne devais plus pleurer, trop douloureux pour mon pauvre petit cerveau.
Ayant des obligations pour la journée je me levais à contre cœur et partait dans le salon. J' ai été surprise d' y voir mon fiancé, assis devant l' ordinateur.
« Tu ne travailles pas ? » lui demandais je d' une voix crispée.
Il savait que j' allais sur le site mais j' avais peur qu' il interprète mal ce que j'avais pu écrire, surtout nos dernières conversations avec Jasper. Embry avait été si gentil avec moi depuis le début, et je ne voulais pas le poignarder dans le dos.
« Plus tard. » dit il lui aussi crispé mais je le sentais gêné.
Crispé je pouvais comprendre, mais gêné ? La, je ne saisissais pas.
Il fermait rapidement la fenêtre qui était ouverte m' empêchant d' en voir le contenu. Je ne m' en formalisais pas, je lui faisais confiance, c' était en moi que je ne l' avais pas.
Je l' embrassais doucement et me reculais. La gêne persistait sur son visage, je n' aimais pas le voir ainsi alors je m' asseyais sur ses genoux, passais mes bras autour de son cou et posais mon visage contre son épaule. Il posait doucement ses bras autour de ma taille et me collait contre lui.
« Tu vas mieux ? » me demandait il
« Oui. Dans tes bras je suis bien. »
Mensonge sans en être un, bien je l' étais, pas autant qu' avec Jasper mais je l' étais et c' était le principal.
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Nous étions la veille de notre mariage, Embry m' avait invité au restaurant. Depuis notre conversation dans le salon, il y a maintenant deux jours, Embry était bizarre, je le sentais plus distant et il y avait toujours cette gêne ancrée sur son visage quand il me regardait.
« Tu me trompes ? » lui demandais je alors que nous lisions la carte.
« Hein ? Quoi ? Non ! » s' exclamait il étonné
« Alors pourquoi es tu comme ca ? » lui demandais je perdue.
« Pour rien. » répondait il évasivement, et en plus il regardait sa montre comme s 'il attendait quelque chose ou quelqu'un.
« Es tu pressé ? »
« Non. » répondait il à son tour perdu
« Alors pourquoi regardes tu ta montre toutes les 30 secondes ? » le questionnais je curieuse et maintenant inquiète. « Tu veux me quitter ? » m 'écriais je complètement paniquée.
Je n' étais pas prête à me retrouver seule pour le moment, peut être que plus tard j' en serais capable mais pas pour le moment, j' aimais sa présence près de moi.
« Non. » disait il d 'un ton ferme. « Ne t' inquiète pas mon ange. Ok ? » me demandait il prenant ma main par dessus la table.
« Comment veux tu que je ne m'inquiète pas ? »
« Ok. » soufflait il « J' ai une surprise pour toi. » lâchait il
« Oh... »
Bella Swan ou comment tout gâcher. Foutue curiosité ! Je grimaçais désolée de lui avoir gâché sa surprise mais je me reprenais vite.
« C'est quoi ? » lui demandais je un grand sourire aux lèvres.
« Je ne te dirais rien, même pas la peine d' essayer. »
On allait voir ça. Peu importe l 'endroit où je me trouvais et partais m' asseoir sur les genoux de mon homme. J' approchais ma bouche de la sienne pour l' embrasser en y mettant tout mon talent pour le faire craquer. Mais notre baiser ne prenait pas la tournure que je voulais, il était devenu doux, passionné, comme si lui et moi le savourions comme si c' était le dernier.
Nous nous reculions à bout de souffle, les yeux dans les yeux. A présent je le voyais triste, il y avait définitivement quelque chose qui n' allait pas.
« Bien essayé mon ange mais je ne changerai pas d' avis. » murmurait il, une pointe de tristesse dans la voix et, à bien regarder, aussi dans ses yeux. « Je t' aime tu le sais ? »
« Bien sur. » répondis je sur le même ton.
Je lui caressais doucement la joue.
« Je ferais n' importe quoi pour que tu sois heureuse. » rajoutait il après un énième regard sur sa montre.
Le visage torturé, il me faisait comprendre de me rasseoir à sa place, j' appréhendais de plus en plus ce qui allait s passéer Je ne savais pas si j' allais aimer la suite. J'avais l' impression qu' il voulait rompre avec moi mais sans vraiment le faire, en tout cas c' était le sentiment que j' avais. Par contre sa main ne lâchait pas la mienne, il me tenait même fermement. Voulait il en même temps me retenir ? Moi qui me croyais compliquée, je ne l' étais peut être pas tant que cela...
« Même si pour cela tu dois vivre loin de moi. »
Maintenant je le regardais vraiment de travers, j' étais larguée.
« Bonjour. » entendis je une voix derrière moi.
Voix que j' aurai reconnu entre mille, pourtant je ne l' avais pas entendu longtemps. Figée sur ma chaise je ne pouvais pas me retourner. Je voyais Embry qui faisait la navette entre lui et moi. Lui qui s' était avancé pour se mettre à mes cotés. Mon cerveau se reconnectait doucement.
« Je n' y suis pour rien ! » m' exclamais je une fois l'usage de la parole revenue.
Je n' osais d'ailleurs pas tourner la tête à droite, je focalisais mon regard sur Embry et le fait de savoir que Jasper me regardait m' obligeait à ne pas tourner les yeux et la tête. Pourtant tout mon corps me criait de lui sauter dans les bras.
« Je le sais. » répondait mon fiancé ? Calmement. « C' est moi qui l' ai invité. »
« Quoi ? » m 'écriais je en faisant un bond hors de ma chaise « Pourquoi ? » demandais je plus perdue que jamais.
« Bella... » soufflait Jasper.
« Toi, tais toi ! » lui ordonnais je en tournant la tête vers lui.
Grosse erreur. Maintenant je ne pouvais plus détacher mon regard de lui, j' aurais bien dit qu' il n' y avait qu' une explosion de bonheur en moi - ce qui ne m' était pas arrivé depuis trop longtemps, pas à ce degré là - mais il y avait aussi mes sentiments négatifs refoulés depuis trop longtemps. Jasper, lui aussi me fixait avec joie, envie, désir et tout un tas de sentiments heureux.
« C' est pour CA. » expliquait Embry.
Encore une fois je le regardais perdu.e
« Cela fait au moins 5 minutes que vous vous regardez sans faire attention à ce qui vous entoure. »
« Oh. » lâchais je
Je voulais m' excuser auprès de mon fiancé ? Mais il me coupait la parole.
« Ne t' excuse pas mon ange, je savais qu' en le faisant venir tu réagirais ainsi, une petite partie de moi avait espérer que tu me choisirais. » J'ouvrais la bouche pour le couper mais il m' arrêtait d' un geste de la main. « Laisse moi finir. Mais je t' ai promis que tu seras pleinement heureuse, et il n' y a qu' avec lui que tu le seras vraiment. »
Il se levait et venait m' embrasser sur le front, j' en avais les larmes aux yeux. Génial, comment allais je faire pour me regarder dans une glace...
« Maintenant je veux que tu vives la vie que tu mérites. Ok ? »
« Ok. »
« Quant à toi. » Il se retournait à présent vers Jasper. « Fais là ENCORE souffrir et je m'occuperais personnellement de ton cas. »
Il en avait pas l' air mais il pouvait être flippant quand il le voulait... Il m'embrassait une dernière fois sur le front avant de s' éclipser pour nous laisser tous les deux. J 'espérais au fond de moi que je pourrais le remercier plus tard de l' avoir fait venir à notre déjeuner, pour le moment ce n' était pas gagné, bien qu' intérieurement je sautais de joie de l' avoir près de moi. Mais le souci, il venait ENCORE une fois de chambouler toute ma vie, il ne fallait pas que cela devienne une habitude, je n' y survivrais pas. Je voyais du coin de l' oeil Embry passer la porte du restaurant. Mon ex fiancé était vraiment parfait, il ne voulait que mon bonheur et était prêt à s' effacer au détriment d' un autre.
Jasper s' approchait de moi, mon corps et mon cœur attendait avec impatience ce toucher mais avant j' avais des compte à régler avec lui.
« Bella ? » m' appelait il
J' étais sur le point d' exploser, j' arrivais encore à me contenir jusqu'au moment où il s' était approché de moi, surement pour me prendre dans ses bras et que je m' étais reculée brusquement. Il n'allait pas s'en sortir si facilement. On avait des comptes à régler tous les deux. Je ne pouvais pas effacer quasiment deux ans de ma vie par une simple étreinte, même si c' était Jasper Whitlock. De toute façon je savais que je finirais dans ses bras mais avant je m' étais mise à lui hurler dessus pour sortir tout ce que j' avais sur le cœur, j' avais commencé par le culot qu' il avait eu de se pointer ici, pour avoir pris son putain d' avion - je lui en voulais toujours à celui la - pour m' avoir laissée, pour toute la souffrance que j' avais enduré à cause de lui, de la personne que j' étais devenue après son départ et pour toutes les choses futiles qui me passaient par la tête. Je lui reprochais de ne m' avoir rien dit sur le site. J' avais tellement de haine en moi qui sortait et je ne me sentais pas capable de m' arrêter, j' avais besoin de tout exprimer à voix haute.
Pendant mon récit, je distinguais ses émotions tristesse, douleur, peine, regret. Finalement nous avions tous les deux souffert. Je pouvais deviner qu' il était comme moi, aussi mal. Je le voyais et par dessus tout je le comprenais mieux que personne pour avoir vécu les même chose que lui et sûrement en même temps.
Il me regardait bizarrement. Je ne l' avais pas habitué à autant d 'excès surtout en public, je savais quand même me tenir.
« Quoi ? » Grognais je « J' oubliai ! » m' écriais je « Tu vas me rembourser ma thérapie ! » le menaçais je avec... Mon index.
Ok, il me regardait encore plus de travers, je devais avouer que j' avais mis beaucoup de haine dans ma dernière phrase. Ca, il allait me le payer... Je ne savais pas comment mais je me ferai rembourser ces horribles heures de tortures !
Je me devais de lui expliquer mon comportement volcanique.
« Je suis comme une éponge, j'encaisse, j'encaisse et quand tu appuies, je ressors tout ce que j' ai en moi. » dis je à bout de souffle.
« Tu as fini ? » me demandait Jasper un léger sourire sur les lèvres.
Je m' apprêtais à en remettre une couche, j' avais la nette impression qu' il se moquait de moi. J' ouvrais la bouche pour continuer de crier mais je n' avais pas pu aller jusqu'au bout de mon projet que sa bouche se posait sur la mienne. Notre baiser qui était tendre au début était vite devenu enflammé et passionné mais il restait parfait parce que c' était lui et que j' étais heureuse, comme je ne l' avais jamais été.
« Mon dieu que cela m'a manqué. » murmurait il contre ma bouche, un sourire idiot placardé sur le visage, mais ça lui allait tellement bien.
« Et moi donc... » répondis je heureuse comme je ne l'avais jamais été et des étoiles dans les yeux. « Je t'aime. »
Pathétique...
FIN
