Bonsoir à vous! Voilà la suite! Au fait, j'avais oublié de vous mentionner que j'ai conservé le nom anglais de "Snape" plutôt que "Rogue" car personnellement, je déteste cette traduction. Si vous voyez des coquilles ou des erreurs, merci de me le mentionner! Bonne découverte de ce tout nouveau chapitre! À bientôt! :)

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Chapitre 2 : Le cadeau d'anniversaire

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- MERDE! Je vais être en retard! HERMIONE! gueula Harry de sa chambre.

Il retira son chandail, tirant sur les manches. Puis, enfila rapidement un col roulé vert au moment où son amie vint jeter un coup d'œil depuis la porte.

- De quoi j'ai l'air? s'informa-t-il en lui souriant.

La sorcière le regarda longtemps, fronça les sourcils. Harry portait un simple jeans déchiré, un col roulé et des bas noirs. Le jeune homme savait qu'elle désapprouverait mais ainsi, au moins, il montrait sa rébellion. Même si ça pouvait paraître stupide.

- Tu es certain de vouloir y aller avec ce genre de vêtements?

- Je refuse de m'habiller chic pour Malefoy, rétorqua Harry.

Ils avaient eu cette conversation plusieurs fois déjà.

- Tout ce que je dis, c'est qu'on ne sait rien encore ce qui se passe. Peut-être qu'il avait une faveur à te demander.

- Hermione, commença le sorcier, c'est Malefoy. Il a payé dix mille gallions pour ce repas. Peu importe ce qu'il veut, il me l'aurait pas demandé, plutôt exigé.

- Oh! Harry, soupira la jeune femme bien que son expression laisse deviner son ami qu'elle était aussi de cet avis.

- Alors, comment avance mon dîner fait maison?

- Bien, dit-elle en hochant la tête. Ce sera prêt au moment où tu reviendras.

- Et qu'est-ce que je prépare pour cette petite merde?

La brunette échangea un regard réprobateur avec Harry.

- Tu dois te concentrer un peu, ce n'est pas si compliqué à retenir, critiqua la jeune femme. En effet, c'était la troisième fois qu'il l'interrogeait sur le contenu du menu depuis qu'elle avait débuté la préparation du repas. – Une salade toscane, puis un filet mignon servit avec des fraises balsamiques sur un lit de pommes de terre pilées.

- C'était du bœuf Angus, pourquoi le ruiner avec des fraises? s'enquit Harry en fronçant les sourcils avant de marcher vers la cuisine, à la suite de la jeune femme.

- Parce que tu les adores et parce que ça donne un aspect plus raffiné au steak ordinaire, ennuyeux, répondit Hermione d'un ton joyeux en approchant une cuillère à demi remplie de fraises balsamiques près des lèvres du sorcier.

- Le steak Angus n'est jamais ennuyeux, affirma-t-il même s'il trouvait cette nouvelle saveur bonne.

- Je crois que Malefoy va l'apprécier, lui fit-elle remarquer en avalant une bouchée également.

- Et si moi, je n'apprécie pas? rigola-t-il.

- Fais semblant! Comme tu prétendras t'intéresser à Malefoy pour les prochaines heures. Souviens-toi s'en Harry: dix mille gallions. On en a un besoin urgent pour bâtir l'aile supplémentaire, à l'orphelinat. Elle portera le nom de Dumbledore, l'informa-elle. Sinon, au fait, comment tu t'en sors avec ton dessert?

- Tout se passe bien, c'est sous contrôle, répondit le sorcier. Je pourrai les monter en peu de temps quand on en aura fini le plat principal.

Hermione le félicita.

- Je suis vraiment contente que tu te sois décidé pour ça. Je sais que c'est l'une de tes recettes spéciales.

Harry ricana tandis qu'il ouvrait le four pour en sortir une plaque remplie de petites pâtisseries rondes, cuites à point et recouverte d'une sauce verte.

- Avant d'avoir une haute opinion de mon choix, laisse-moi te montrer quelque chose.

Il pointa des formes dessinées sur le glaçage des gâteaux. Soudain, Hermione comprit.

- Par Merlin, est-ce que ça ne serait pas…?

- Oh! que oui, affirma le jeune homme en souriant. Il fallait que je cuisine un dessert digne avec cette merde.

Elle ria franchement avant de redevenir plus grave.

- Je pense que tu devrais te comporter correctement avec lui.

- Je le serai, promit Harry avec solennité, même s'il est à peu prêt sûr qu'il ne va pas le remarquer.

Le jeune sorcier repoussa la plaque de pâtisserie dans le four puis retira sa mitaine rouge. Il prit sa baguette dans sa poche arrière et lança un sort de réchaud.

- Est-ce qu'il y a autre chose que je dois savoir?

- Oh! oui, l'alcool! s'exclama-t-elle en se frappant le front. Le vin a besoin d'être conservé à une température entre 10 et 15 degrés Celsius donc ne le range pas au frigo. Je viens de le mettre sous un charme de refroidissement. S'il te demande de quel type il est, offre-lui de regarder la bouteille. N'oublie pas non plus de le verser dans un décanteur auparavant.

- Un décanquoi? s'interrogea Harry, les yeux écarquillés.

- Cette chose par ici, pointa Hermione. Il s'agissait d'un genre de bouteille transparente, en verre, ayant une forme bizarre de vase. – Tu le laisses respirer là-dedans quelques minutes. Sinon, il y a aussi du champagne dans le réfrigérateur. Je l'ai gardé, depuis le Gala de charité. Il devrait être de bonne qualité. Le sotch… Il est aussi presque aussi âgé que toi. Il s'agit de single-malt et quand on parle de qualité, c'est ce que je veux dire.

- Hum, hum. C'est joli tout ça mais de combien a descendu mon compte à Gringotts? demanda Harry, inquiet.

- De beaucoup, avoua-t-elle. Mais tu survivras. Il y a des glaçons au congélateur. Par contre, s'il est un buveur raffiné, il voudra de l'eau. Rien qu'un soupçon. Je t'ai trouvé des verres en cristal et les ai déposés sur le comptoir avec le reste.

- Vin frais mais pas froid, verser dans le vase, champagne froid, scotch avec de l'eau mais pas de glaçon, répéta le jeune homme tel un enfant à l'école. C'est noté, autre chose?

- Sois digne et ne le laisse pas t'énerver, sourit la brunette, repoussant son ami vers la porte. - Maintenant c'est l'heure, vas-y.

Il attrapa un manteau, s'enroula un foulard tricoté autour du cou, cadeau de Noël de Molly Weasley et saisit ses clés. Il envoya la main à Hermione qui le retenue au dernier moment.

- Harry, attends, les fleurs! cria-t-elle.

- Non mais ça va pas? Je veux pas lui apporter de fleurs!

- Allez! insista la jeune sorcière en sortant sa baguette et convoquant une unique rose rouge. Prends-la s'il-te-plaît.

- Une rose? Bon sang! Donne-moi plutôt une mauvaise herbe qu'on en finisse.

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Severus Snape dévisageait son neveu comme s'il eut été complètement fou. Ce qu'il était vraiment sans aucun doute en vertu de ce qu'il venait de lui demander.

- Laisse-moi être certain d'avoir correctement saisis, reprit l'homme en portant ma main à son front. Tu veux que je me vêtisse élégamment, de mes meilleures robes et cela, pour aller dans un parc inconnu d'un quartier moldus, à Londres, afin d'y attendre une surprise quelconque que tu m'offres en guise de cadeau d'anniversaire.

- Exactement, approuva Draco en hochant la tête depuis son fauteuil. Je te l'aurais volontiers donné en personne, cependant… Cela pourrait ne pas se dérouler comme prévu. Au moins, de cette manière, tu auras certainement, ce que tu désires.

- Tu réalises que je déteste les surprises, n'est-ce pas?

- Tu ne détesteras pas celle-ci. C'est fin, très bien, avec davantage de maturé que ce à quoi on aurait pu s'attendre, en plus d'être foutrement coûteux. Tu apprécies ce genre de chose, non?

En entendant ces mots, Severus se leva du siège dans lequel il prenait place avant faire quelques pas lents, au hasard, dans les appartements de son filleul. Ces derniers ressemblaient presque en tout à ceux des autres professeurs de Poudlard, mis à part pour une touche plus sombre, similaire à ce qu'était la salle commune des Serpentards. Il porta son verre de scotch à ses lèvres pour en boire une gorgée.

- À quel point coûteux? s'enquit-il en jetant un coup d'œil aux livres de la bibliothèque.

L'homme, au fond, ne s'en souciait guère à dire vrai. Surtout, qu'il ne s'était toujours pas décidé à accepter ce présent ou non, qu'il lui fallait encore y réfléchir.

- Tu ne souhaites pas connaître ce détail, lui répondit Draco, évasif, ce qui piqua la curiosité du directeur.

- Mais je le veux, insista-t-il.

Un silence remplit la pièce durant un court moment. Severus entendit un verre lourd être soulevé, une lampé de scotch être avalée puis le tintement de l'objet être redéposé sur une table de salon.

- Dix, se décida enfin Draco.

- Ce n'est pas tant, rétorqua son parrain aussitôt en roulant des yeux.

- Mille.

Le verre de Severus faillit lui glisser des mains. Il l'agrippa plus fermement avant de se tourner vers le blond.

- Dix mille quoi?

- Qu'est-ce que tu crois, s'indigna le garçon. Que j'ai payé ton cadeau en argent moldus? Gallions, évidemment!

- Évidemment. Le directeur s'obligea à respirer profondément. Il s'agissait d'une si grande quantité d'argent, plus encore que son salaire annuel. - Alors, j'avais raison: tu as définitivement perdu l'esprit.

- En toute honnêteté, je l'ai fait par investissement personnel, un de ceux qui nous sera bénéfique dans les années à venir. Si tu acceptes de faire preuve de sagesse ce soir et d'aller dans ce parc. Et maintenant, ce sera tout ce que tu obtiendras de moi. Alors, vas-y ou non, je m'en fiche. Par contre, si tu y vas, tu devrais te hâter. Tu es attendu pour sept heures, débita le jeune homme se levant de son fauteuil.

Severus savait que cette mise en scène était destinée à titiller sa curiosité. L'une de ses faiblesses dont Draco savait parfaitement jouer. Il vida son verre, le sotch lui brûlant l'intérieur avant de l'envahir d'une bienveillante chaleur.

- Et si tu restes malgré ce qui pourrait se trouver là-bas, je t'aurai un professeur de Défenses contre les Forces du Mal.

L'homme quitta le jeune sans un mot. Il ne se sentait pas l'humeur aux charades. C'en était déjà suffisant rien qu'avec le fait de devoir passer sa soirée d'anniversaire, en plein air, dans un parc glacial.

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Le directeur de Poudlard apparu à l'endroit précis stipulé par son filleul. Au milieu de ce qui paraissait bien être un parc, proche d'un lampadaire qui diffusait une lumière jaunâtre. Il remarqua qu'il était entouré par de magnifiques et rares essences d'arbres. L'allée, sous ses chaussures, était recouverte de pavés. Il était seul à la ronde, il n'y avait pas âme qui vive, pas un promeneur de chien ou un coureur ne se montra tandis qu'il attendait tel que recommandé. Le vent qui soufflait en cette heure tardive le frigorifiait.

Malgré les gants en cuir qu'il portait, ses doigts, entre autres choses, commençaient à geler. Il les frictionna ensemble en y soufflant dessus, produisant une petite brume blanche. Dommage qu'il n'ait pu appliquer une recette identique pour se réchauffer les couilles. Il songea, un instant, à visiter un bar de l'Allée des Embrumes afin d'y laisser une aimable personne lui offrir une gâterie, à genoux, cadeau d'anniversaire qu'il souhaitait vraiment. Cela ne coûterait sûrement pas dix mille gallions mais au moins, il se sentirait mieux que de rester ici, bêtement, tout seul dans ce lieu merdique.

Quelques minutes plus tard, au moment où il s'apprêtait à disparaître, il entendit le bruit de pas qui se rapprochait. Instinctivement, Severus porta la main vers sa baguette et l'empoigna. Il observa une ombre se profiler. D'ailleurs, celle-ci lui semblait... familière, comme si elle sortait d'un de ses rêves. Ce qui était une impossibilité. Manifestement. Qui que cela puisse être, il portait un manteau court, tenait une rose, sans toutefois parvenir à distinguer les traits de son visage. Il demeurait une chance pour que ce soit une personne qu'il espérait. Bien qu'il n'ait aucune idée à quoi s'attendre de la part de ce sale blond l'ayant abandonné avec un vague: « Tu le sauras, quand tu le verras ».

L'individu qui allait bientôt pénétrer sous un lampadaire, se trouvait toujours à environ une trentaine de pieds du directeur. Quand soudain, il aperçut une réflexion lumineuse sur les verres d'une paire de lunettes rondes. Sa respiration s'accéléra. Il l'avait déjà connu. Après tout, nulle lueur ne lui était nécessaire pour se rappeler ses cheveux corbeaux, en bataille, dans lesquels il aurait voulu plonger les doigts pour en déterminer la texture, la douceur. Sa figure, ses épaules, sa taille fine et ses longues jambes qui le faisaient fantasmer secrètement lorsqu'il achetait parfois les journaux ou magazines dont il faisait une. Il en savait les moindres détails. Cependant, la clarté fut cruelle et dévoila tout de lui, à l'en éblouir, à faire grimper en flèche le rythme de ses pulsations cardiaques.

Par Merlin, à quoi songeait Draco en arrangeant cette rencontre? Puisque qu'il était clair dans son esprit, que ce n'était pas le simple fruit du hasard. Était-ce cela son cadeau d'anniversaire? Harry Potter en chair et en os? Pour dix mille gallions. Putain de bordel de merde! Chaque idée apportait un flot grossissant d'interrogations. Tandis que le jeune sorcier était presque à sa hauteur. Si le directeur décidait de partir maintenant, il ne saurait jamais le fin mot de l'histoire. Par contre, s'il choisissait de rester, il lui faudrait affronter une sensation profondément enfuie en lui. Possédait-il assez de force aujourd'hui? Car c'était de Potter dont il s'agissait: l'unique constante variable de toutes situations. Imprévisible... le rendant dangereux et plein de surprises. Deux choses que Severus détestait, sauf si c'était lui qui volontairement les désirait. Il inhala l'air froid pour se calmer ou du moins, engourdir un peu son cœur qui débattait sans répit, dans sa poitrine. Il se déplaça dans le faisceau de lumière, du lampadaire près de lui.

Son mouvement alarma le jeune homme qui se saisit de sa baguette dans l'immédiat. Ses iris verts remontèrent sur le corps de Severus, des pieds jusqu'à la tête puis ses pas s'arrêtèrent brusquement.

- Oh! mon... Merli... Putain de merde, lâcha-t-il en écarquillant les yeux derrière ses lunettes et pour une fois, le directeur n'aurait pu être davantage en accord avec lui.

- Mes pensées exactes, rétorqua-t-il d'une voix basse en réduisant l'espace qui les séparait. – Je suppose que vous n'êtes pas là par accident, Monsieur Potter?

- Non, répondit le jeune homme, d'un ton légèrement irrité en voyant qu'il ne s'agissait pas de la personne prévue. – Je suis là pour venir chercher mon rendez-vous.

- Qui devrait être Draco, n'est-ce pas? Il ne viendra pas.

- Euh oui, j'avais déjà saisi cette partie, soupira Potter.

Il rattacha son foulard tricoté en fixant le sol. Ensuite, il le regarda, semblant réfléchir à ce qu'il allait lui dire. Il passa une main dans ses cheveux.

- Excusez-moi, je… c'est juste que c'est pas à vous que je m'attendais.

Severus, quant à lui, ne voulut pas lui admettre qu'il venait d'être trompé par quelqu'un de vingt ans son cadet, alors il la ferma.

- Vous savez quoi, débuta Potter.

Aussitôt, le directeur songea: nous y voilà. Cependant « au revoir » ne furent pas les mots que le jeune sorcier prononça par la suite. Ce qui confirmait sa théorie, à l'effet que ce gamin était toujours la variable imprévisible dans son infernale vie.

- C'était pas un accueil très poli. Recommençons.

Là-dessus, Potter sortit sa main droite de la poche de son manteau rouge brique.

- Bonjour, directeur Snape, le salua-t-il en souriant.

Severus observa la main tendue durant quelques secondes et puis, retira le gant de cuir de sa main droite aussi, pour la saisir. Il perçut la chaleur des doigts et de la paume du jeune homme, contrastant avec les siens. Il souhaita ne plus jamais la rendre.

-Bonsoir, Monsieur Potter.

Il lui remit la rose rouge et replongea la main dans sa poche.

- Hermione a insisté. Sinon euh... ça vous dirait de continuer chez moi?

- Passez devant.

Au bonheur du jeune homme, la route fut brève et silencieuse tandis qu'ils traversèrent le parc. Severus croyait en le diction qui stipule que le silence est d'or, la plupart du temps. Excepté qu'à ce moment, mille et une questions se profilaient dans son crâne, ne sachant pas comment les entamer. Ils arrivèrent devant un bâtiment et Potter dit:

- C'est ici.

Ce fut là l'ensemble leur conversation.

Ils grimpèrent dans un escalier exigu. Il vivait au second étage d'un édifice moldu Après l'avoir invité à rentrer, Potter prit son manteau ainsi que ses gants de cuir pour les ranger dans une penderie, là où il déposa également ses propres affaires. Ils notèrent former un duo opposé, le jeune portant un simple col roulé vert avec des jeans déchirées alors que Snape avait revêtu ses plus élégantes robes de sorcier. Un foulard de soie vert foncé était noué à son cou d'où descendaient les boutons en nacre de sa chemise blanche, dont le col et les poignets étaient garnis de dentelle. Une robe noire en taffetas la recouvrait, en partie. Celle-ci possédait une garniture de velours vert tout le long de la boutonnière, des fermoirs en argent. Des chaussures de cuir terminaient son attirail. Harry, brièvement, s'en trouva époustouflé. Il était si rare d'apercevoir Snape dans autre chose que ses formelles robes noires, au travail. Il en devenait presque beau.

Ce dernier donna sa rose au jeune homme qui ouvrit une armoire, à la cuisine, pour y saisir un vase effilé transparent et y déposer délicatement la fleur écarlate. Severus accepta de faire la visite officielle de l'appartement. Le salon était spacieux et possédait la caractéristique la plus essentielle à ses yeux: il y régnait une bonne chaleur. Provenant d'un vaste foyer qui était sûrement connecté au Réseau de Cheminettes. En face de celle-ci, il y avait un vieux tapis de couleur or ainsi que deux fauteuils qui paraissaient confortables, en plus d'un divan. Les murs étaient couverts de livres. Trois portes ouvraient sur la chambre d'ami, la chambre principale et sur la salle de bain, lui dit Potter puis la cuisine était séparée par une grosse voûte. Le logement était coquet, ordonné, ce que le directeur n'aurait jamais pu imaginer.

Ils marchèrent vers la cuisine dans laquelle un joli lustre en métal était suspendu au-dessus d'une table dressée. En son centre, trônait une chandelle de cire rouge, allumée, sur une nappe blanche en lin. Également, il y avait une paire de chacun des articles suivants: de grandes assiettes noires, carrées, encadrée d'une coutellerie en argent soigneusement polit, des serviettes de table noires aussi et des coupes à vin. D'ailleurs, Severus s'étonna de la disposition romantique. Comprenant peut-être sa confusion ou la ressentant lui même, Potter essaya de changer de sujet.

- Vous... Est-ce que... Vous voulez boire quelque chose? demanda-t-il nerveusement. – Vin, scotch, champagne?

- Quel genre de vin? s'enquit le directeur.

Potter lui rapporta la bouteille, lui tendit avant de se pencher sur le comptoir de la cuisine, en y appuyant les coudes et relevant ses deux paumes sous son menton. L'observant, d'un air inquiet, attendant son verdict. Severus fronça les sourcils.

– Un très bon Cabernet, dit-il en lui remettant l'objet, frôlant ses doigts.

Le plus jeune le remercia timidement, se retourna, frappa le bout de la bouteille avec sa baguette et le bouchon sortit aisément. Il prit alors le décanteur pour y verser le contenu rouge sombre, velouté.

- Il s'agit d'un Malbec que vous avez dans les mains, Potter. Comment se fait-il que vous ne connaissez rien du vin que vous servez pour votre rendez-vous.

En entendant la pique ironique, les épaules du jeune sorcier s'affaissèrent un peu et Severus cru qu'ils allaient avoir leur première querelle, mais c'est un son inhabituel qui parvint à ses oreilles, celui du fou rire irrépressible qui venait de le saisir.

- Je suis déjà fichu, non?

Il attrapa le décanteur, offrit à son ancien professeur de prendre un siège, à la table. Après que Severus ce soit installé, il versa un généreux trois doigts de vin dans leurs coupes respectives et s'assit à son tour, face à lui, l'unique flamme vive de la chandelle les séparant.

Le directeur fit tournoyer le liquide épais comme de l'encre dans le verre sans tache, puis l'huma légèrement. Le fait que Potter ait déjà entamé son verre lui prouvait que cet idiot n'avait aucune idée de ce qu'il dégustait, contrairement à lui. Severus avala une petite gorgée et la laissa rouler sur sa langue. Le Malbec avait une légère touche de mûres, moins d'acidité que le Merlot ou le Carbernet qu'il achetait d'habitude. Il y avait un arrière-goût de quelque chose de sucrée.

- Prunes de Damas.

Il réalisa qu'il avait terminé le cours de ses idées à voix haute lorsque des yeux cerclés de verre le regardèrent avec insistance. Il prit une autre gorgée et la laissa descendre le long de sa gorge en douce une caresse.

- Prunes de Damas? s'enquit Harry en fronçant les sourcils. – Il n'y a pas de prune là-dedans.

Pendant une seconde, il pensa qu'il était sérieux. Mais son sourire s'étira et Severus réalisa que peut-être Potter n'était pas une ineptie autant qu'il le supposait. Juste un peu.

- Un arrière-goût, expliqua le directeur tandis que le jeune homme parut réfléchir en recherchant les arômes subtiles dans sa bouche.

D'ailleurs, Severus se demanda ce qu'elles goûteraient entremêlées à cette langue. Il aurait certainement voulu essayer. Et l'alcool n'était sans doute pas son meilleur choix ce soir.

Potter but rapidement son vin, encore. Les yeux de Snape roulèrent d'exaspération. Ce qui fit sourire l'autre qui lui confessa:

- Je n'ai aucune connaissance à propos des vins. Je les aime mais je ne suis pas expert, loin de là! C'est Hermione a acheté ce… ce… Malbec, vous avez dit? Oui, bien, Malefoy a dit qu'il ne buvait pas de jus de raisins. Donc, j'ai dû acheter un produit de qualité.

- Si vous pardonnez ma curiosité, est-ce que vous savez quoi que ce soit à propos des dix mille gallions qu'il a mentionnés avec désinvolture?

Après tout, il fallait qu'il sache exactement à quoi s'en tenir, concernant son cadeau d'anniversaire.

- Euh…, ricanna Potter, je suppose que ça doit être moi. Je veux dire, mon prix. C'est combien il a payé pour moi.

L'air s'arrêta de circuler dans les poumons - et le cerveau par le fait même - de Severus. Sa gorge devint sèche malgré le vin. Il dû se l'éclaircir avant de pouvoir parler à nouveau. Avait-il bien entendu?

- Et quels genres de services Draco a-t-il achetés qui impliquent votre présence? demanda-t-il d'une voix rauque à Potter en le transperçant de son regard noir, intense.

Harry, de l'autre côté de la table, malgré la pénombre, en ressentit la brûlante morsure, monter aussitôt son excitation. Il crispa son poing sur sa cuisse gauche. Le directeur devait vouloir se foutre de sa gueule car il l'avait toujours détesté. C'était impossible qu'il souhaite faire ce genre d'activités avec lui.

- Non! Rien de ça! J'ai été vendu à un gala de charité la fin de semaine dernière. Malefoy m'a acheté. Je veux dire, cette soirée avec moi. Une promenade, de l'alcool et un dîner. C'est tout.

Il reporta ses yeux verts sur sa coupe de vin, désormais vide.

- Un rendez-vous romantique vous voulez dire, corrigea Severus.

Le jeune sorcier regarda franchement l'homme devant lui.

- Pour moi d'abord, ça n'a jamais été qu'une soirée à perdre avec cet idiot, à devoir passer au travers pour en finir au plus vite! s'énerva-t-il. Il y eut un silence. Lorsque qu'il reprit, sa voix devint filet. - Mais comme il se trouve que c'est vous… bien, je suis...

Severus ne releva pas que le jeune homme venait de traiter son neveu d'idiot car il l'était.

- Au fait, ce n'est pas qu'il me manque mais qu'est-ce qui s'est passé avec Malefoy? Est-ce qu'il est malade?

Peu importait à quel point il essayait, Potter ne pu cacher la joie sadique de son ton. Ce qui fit presque sourire le directeur. Juste un peu.

- Vous ne devez pas vous inquiéter, Monsieur Potter, Draco va parfaitement et probablement, apprécie un repas à Poudlard, répondit Severus en savourant une autre gorgée de vin.

- Pourtant, je suis assis ici avec vous, pas lui, pas que je sois triste du changement remarquez...

Il roula son doigt autour d'une mèche de ses cheveux noirs en fixant son assiette.

- Monsieur Potter, j'ai peur d'être ici pour obtenir mon cadeau d'anniversaire.

Le jeune homme leva des yeux interrogateurs vers Severus, sa bouche s'arrondit pour former un « O ».

- Votre quoi?

Puis, il inspecta autour de lui, à la recherche d'une boîte qui serait apparue mais il n'y avait rien de tel. L'homme plus âgé se pencha vers lui, la lumière de la chandelle reflétant sa figure austère.

- On m'a dit que dans ce parc, je pourrais obtenir mon cadeau, décrit comme étant fin, très bien, étant plus mature que ce qu'on aurait pu croire et que c'était foutrement coûteux. Est-ce que vous avez une idée de ce que ça pourrait être qui correspondrait à cette description et que je doive prendre?

Les joues du jeune sorcier prirent une teinte plus cramoisie, soudain. C'était une comparaison absurde, songea Harry. Et il n'y avait aucune chance pour que ce soit pour la bonne chose. Son étroit col-roulé vert lui serrait la gorge. Il commençait à avoir chaud, à sentir les effets de l'alcool engourdir sa timidité naturelle. Il faisait des liens où il n'y en avait pas mais l'idée seulement, était tellement drôle. Il osa la lancer à voix haute:

- Je ne sais pas, directeur Snape... Est-ce que vous me trouvez fin, très bien et plus mature que vous le pensiez?

Severus s'étonna de cette proposition grotesque. Malgré lui, ses yeux sombres glissèrent jusqu'au jeune homme face à lui, le détaillèrent sans rien omettre. Fin et très bien, il l'était, il devait se l'admettre. Et plus encore. Les traits dans son visage avaient mûris ces cinq dernières années. Quant à son esprit, ils étaient assis à table, buvant du vin et ayant presqu'une agréable conversation.

- Oui, Monsieur Potter, je crois que vous l'êtes.

- Vous le penser vraiment? Dans ce cas: « joyeux anniversaire ». Je crois que je suis votre cadeau.

Tout le corps de Severus trembla d'appréciation en entendant ces mots. Il lui restait une question: à quel moment pourrait-il amener son appétissant présent chez lui pour jouer avec jusqu'à ce qu'ils deviennent tous les deux douloureux et fatigués? Heureusement, avant même de pouvoir la poser, Potter parla d'une voix ironique.

- J'ai toujours aimé être un objet.

Immédiatement, le directeur se souvint d'un adolescent bougon, en colère contre le monde et sa réaction vint un peu plus rudement qu'il eut voulu.

- Vous avez déjà été acheté, sûrement qu'être donné en cadeau d'anniversaire n'est pas un pas si loin à franchir.

- Sûrement, acquiesça Potter. Aviez-vous le réel désir d'être reçu en cadeau, par moi? Ou c'est qu'une blague stupide entre vous deux, que j'arrive pas à comprendre?

Son regard émeraude s'intéressa à la cire rouge dégoulinante devant lui. Ses doigts pianotèrent sur le pied de sa coupe à vin.

- Il n'est pas nécessaire de vous sentir offensé ni de vous en faire, rassura-t-il le jeune homme.

Le vin était délicat, raffiné et il ne détesterait pas en savourer une autre coupe en continuant leur discussion. De plus, la vraie raison pour laquelle Draco l'avait envoyé n'avait pas encore été soulevée. Bien que le directeur ait considéré lui poser une certaine question plusieurs fois. Après tout, son filleul avait payé dix mille gallions dans cette intention. Il n'y avait aucun doute pour Severus, concernant les motifs exacts et du but de ce cadeau en particulier.

- Alors pourquoi? s'enquit le jeune homme d'une voix ténue, tremblant d'anxiété dans l'attente de la réponse.

- Je suis certain que vous avez entendu parler de ce qui s'est passé avec mon dernier professeur de Défenses contre les Forces du Mal?

- Oui, tout le Monde Sorcier sait que c'était un amateur de... pratiques... et que vous avez dû le renvoyer. Qui enseigne maintenant?

- Moi, avoua-t-il calmement. Il attendait des rires de la part du jeune mais rien de vint.

Le jeune homme à lunettes leva ses yeux vers le plus âgé, à nouveau.

- C'est une bonne chose pour vos étudiants mais pas autant pour vous, si ce que m'a raconté Minerva est vrai. Que vous étiez surchargé de travail, surtout avec votre positon de directeur.

Severus leva un sourcil en constatant que le gamin parlait de lui, s'inquiétant à son sujet. Était-il réellement sincère?

- C'est là que Draco et que ce… rendez-vous, arrivez dans l'histoire. J'ai une théorie. Je crois qu'elle est juste. Il essaie de m'aider à sa façon. Peu importe, à quel point c'est inutile.

Le jeune homme sourit à la remarque.

- Quelle théorie?

- Je suis certain que vous savez pour le mauvais sort qui s'acharne sur ce poste.

- Oui, le jour où Tom Jédusor a demandé l'emploi à Dumbledore et qu'il lui a refusé, il n'y a jamais aucun professeur qui est resté davantage qu'un an.

- Effectivement, cela perdure depuis un grand nombre d'années, dit le directeur en se rappelant ses huit professeurs passés. Ça ne peut plus continuer, le sort doit être rompu.

- Et vous pensez que je peux vous aider à le faire?

Severus prit une profonde inspiration puis avoua:

- Moi ainsi que quelques autres, pensons que si vous prenez le poste, vous devriez briser le mauvais sort, oui.

Le jeune sorcier se redressa, surprit, sur son siège.

- Quoi? Attendez un peu! Vous me désirez moi pour enseigner dans votre école. Et Malefoy a eu à payer des milliers de gallions afin que vous puissiez me dire ça? Pourquoi ne m'avez-vous pas simplement téléphoné? Ou envoyé un hibou? Vous réalisez que je travaille comme briseur de sort, n'est-ce pas? Je veux dire professionnellement.

Bien sûr, qu'il le savait. Il en avait vu les exploits dans la Gazette du Sorcier à de multiples reprises. Snape demeura silencieux pour un instant, savourant la dernière goûte de son vin, reposant sa coupe. Il était certain que le ton de leur plaisante conversation allait s'envenimer et se terminer avec ce qu'il s'apprêtait à répondre au jeune, le mettre en colère. Il regarda avec froideur dans les yeux émeraude avant de lâcher:

- Je ne demande pas de faveur aux Potter.

Ce dernier eut un drôle de sourire en coin et lui rétorqua:

- Hum! Et bien pourtant, vous allez devoir. Si vous me voulez, vous allez devoir me demander.

- Oh! Vous aimeriez bien cela, n'est-ce pas? Me voir à genoux, vous suppliant.

Le rouge revint sur les joues d'Harry Potter.

- Je ne vais pas vous mentir, l'idée a une certaine attirance, dit-il d'un ton sensuel. De la même façon, j'en suis sûr, que vous aimeriez m'avoir à votre main. Acceptant de se faire ordonner sans un mot, vous obéir comme un gentil garçon?

Severus fut pris d'une quinte de toux. Qu'est-ce que cela voulait dire? Le Héros National était-il en train de flirter avec lui? Ridicule. Il en aurait éclaté de rire, mais ce contint. Il se pencha vers le jeune.

- Parlons-nous toujours de l'emploi, Monsieur Potter? demanda-t-il de sa voix grave, suave et extrêmement noire, tel le Malbec qu'il avait bu.

L'autre se courba aussi vers lui, en essayant de rester naturel autant qu'il le pouvait.

- Bien sûr.

Severus fit un demi-sourire.

- Bien sûr. Alors, vous le prendrez?

- Vous pouvez faire mieux, je n'en doute pas.

- Je ne doute pas que vous puissiez embrasser mon cul, dit Snape sans véritable malice.

Harry rigola à nouveau, en se redressant à son tour, sur sa chaise.

- Oui, je pourrai, dit-il une voix qui s'assombrissait aussi. – Quand je travaillerai en-dessous de vous.

Severus détailla, une fois encore, le magnifique jeune visage devant lui et imagina ce que cela serait de le voir tous les jours, à chaque repas, aux rencontres avec ses employés. Il imagina comment ce serait de pouvoir focusser à nouveau sur son unique fonction de directeur, de dormir la nuit, de prendre le temps de boire une tasse de thé avec Minerva. Il imagina les étudiants, empressés d'impressionner leur héros. Alors, il imagina Potter lui disant d'arrêter de se moquer de lui, ses yeux verts tentateurs. Il essaya de lire sur cette figure mais tout ce qu'il vit, c'est que son regard descendait parfois sur la bouche du directeur avant de remonter vers ses yeux noirs et qu'il semblait incapable de les soutenir. Severus, porta doucement son index à ses lèvres, l'inférieure, considérant ses chances. Lorsqu'il remarqua que le garçon reproduisait les mêmes mouvements que lui, avec sa langue.

- Monsieur Potter, me feriez-vous l'honneur d'accepter de devenir mon professeur de Défenses contre les Forces du Mal jusqu'à la fin de ce trimestre et pour l'année entière, à venir?

Miens, songea Severus. Pas Poudlard ni les étudiants.

Potter sourit de toutes ses dents et ses yeux s'illuminèrent de joie.

- Directeur Snape, j'aimerais beaucoup. Quand dois-je commencer? demanda-t-il d'une voix enthousiaste.

Comme toujours, le jeune sorcier s'était cantonné à l'inattendu. Severus se leva en repoussant son siège, secouant avec minutie ses robes. Il s'arrêta devant lui.

- Je vous vois lundi, Potter.

La bonne humeur de ce dernier s'évapora immédiatement et il saisit la large main du directeur, le retenant.

- Attendez! Et à propos de votre cadeau d'anniversaire?

Ce n'était pas la première fois, ce soir, qu'il était déstabilisé face au comportement de Potter.

- Excusez-moi?

- Je suis votre cadeau, vous vous souvenez? sourit Potter en ne le relâchant pas.

Évidemment, qu'il s'en souvenait. L'idée lui plaisait assez pour garder le bas de son corps réveillé toute la nuit.

- Draco m'a acheté et m'a transmis à vous. Oui, il avait des motifs ultérieurs mais il avait quand même payé pour dîner avec moi.

Tranquillement, Severus se rassit et Potter retira ses doigts de sa main pour les poser sur sa coupe. Son pouce frotta le rebord. À travers la flamme jaune de la chandelle, leurs regards s'entremêlèrent, soulevant des questions restées muettes, des réponses incongrues. Puis la voix onctueuse de Snape s'éleva:

- Désirez-vous partager un dîner avec moi?

- Hé! bien, c'est une bonne bouteille qu'on a ouverte, en pointant le décanteur et j'ai du bœuf Angus dans une poêle. Ce serait un sacrilège de gaspiller, puis nous sommes maintenant collègues, non?

- Vous faites erreur, je serai votre employeur mais nous devrons d'abord signer certains papiers. En ce moment, nous sommes justes… deux individus.

- Hommes, corrigea Potter. Alors, qu'en dites-vous?

- Que je voudrais bien reprendre de ce vin, accepta Severus Snape en plaçant sa serviette de table sur ses cuisses. - Considérez que c'était votre entretien d'embauche.

Harry Potter se leva, prit le décanteur afin de leurs verser une seconde portion du Malbec. Ensuite, il se dirigea vers la cuisine.