Et comme je suis gentille (et surtout parce que je l'avais déjà écrit), je poste le deuxième chapitre.
Les personnages du film ne sont toujours pas (et ne seront jamais, je pense) à moi.
J'espère que cela plaira aux lecteurs qui passeront par ici.
Bonne lecture !
°o0o°
Chapitre 2 : L'épée
- Entrez donc, entrez donc, dit-il en s'écartant pour nous laisser entrer. Je vous attendais toutes les deux.
Je fronçai les sourcils et vis que ma sœur aussi était surprise.
- Moi aussi, vous m'attendiez ? demanda-t-elle, étonnée.
- Non, répondit le prof. Je ne vous ai pas contactée, vous. Mais il aurait été très impoli de ma part de dire que je n'attendais que votre sœur. Vous vous seriez sentie de trop.
Mélusine leva un sourcil.
- C'est sûr que là, je me sens beaucoup mieux…
Le prof ignora ma sœur et se tourna vers moi. Il avisa alors les livres que je portais toujours.
- Ainsi, vous avez vraiment eu le sujet d'Arthur, dit-il, une flamme dans les yeux.
- Euh… oui, dis-je. Mais je ne connais pas vraiment l'histoire de cet homme. Ni celle de ses chevaliers.
- Oui, oui, c'est un peu pour cela que je vous ai demandé de venir, dit-il. Je me demandais si vous vouliez des livres sur le sujet ?
- De livres, professeur ?
- Oui. J'en ai toute une collection. Des livres assez rares et complets qui, je suis sûr, vous aideraient grandement.
J'ouvris de grands yeux. Pourquoi donc m'aidait-il autant ? J'en restai coite.
- Euh… et bien, j'accepte… dis-je. Je ne dis pas non à toute aide. Elle est la bienvenue. Car Arthur m'est un peu inconnu, j'avoue. Tout comme ses chevaliers…
- Ah oui, les Sarmates…
Je fronçais les sourcils.
- Les quoi ? demanda Mélusine.
- Les Sarmates, jeune fille. Les chevaliers Sarmates.
- Les chevaliers d'Arthur étaient Sarmates ? m'enquis-je, surprise. Je ne savais pas.
- Parce que vous ne connaissez que les légendes arthuriennes, dit-il.
Il eut un sourire un peu édenté.
- Si on devait croire ces légendes, tous les chevaliers, ou presque, auraient un lien de parenté avec Arthur…
- C'est vrai que c'est ce que j'ai cru comprendre en lisant les livres, dis-je pensivement. Mais de là à penser qu'ils étaient… Sarmates…
- Vous en faites pas, mademoiselle Winds, dit-il. Vous allez bientôt les rencontrer.
- Super ! s'exclama Mélusine, ironique. On pourra même leur demander un autographe.
Le professeur se mit à rire.
- Si vous pouviez m'en ramener un, je ne serai pas contre ! Bon, dans ce cas, je vais de ce pas chercher les livres. Attendez-moi ici !
J'hochai la tête et il partit presque en courant.
Je regardai autour de moi et me dis que le prof était inconscient. Était-il conscient des trésors qu'il y avait dans cette classe ? Et il laisse deux jeunes filles qu'il ne connait pas sans surveillance… Enfin, ce n'est pas comme si on allait vandaliser la gravure authentique qui décorait le mur ou comme si on allait voler l'épée accrochée au-dessus du tableau noir… Mais quand même ! Des gens moins honnêtes auraient pu faire énormément de dégâts !
- Il est vraiment bizarre, ton prof, dit ma sœur. Qu'a-t-il voulu dire en disant que tu allais bientôt les rencontrer ?
- Tout simplement que je vais en connaître plus sur eux en lisant les livres qu'il va me donner.
- Humm…
- Tu vois bien que, finalement, c'est pas un vieux pervers.
- C'est parce qu'il a vu mes chaussures Prada, affirma-t-elle.
Je secouai la tête en riant. Ma sœur avait de ces réflexions, parfois… Je me demande où elle va les chercher…
Je déposai les livres sur une table et en mit le maximum dans mon sac. Avec les livres que le professeur Lhin (c'est le nom du prof fou), il fallait que je libère mes mains, sinon je ne saurai jamais tout prendre. Mon sac parut alors peser une tonne sur mon épaule, mais je réussis à le fermer.
Ma sœur se dirigea vers la fenêtre et regarda le soleil briller dans le ciel. Moi, je me dirigeai vers des vitrines qui longeaient le mur de la classe. Franchement, quand je dis qu'il est pas conscient, ce prof ! Dans cette vitrine, il a encore des pièces authentiques qui vaudraient une fortune vendus aux enchères sur EBay ! Et il n'y avait qu'une simple vitre pour les protéger ! Mon regard fut tout de suite attiré par un collier en or véritable, agrémenté d'émeraude.
Alors que je fixai le bijou, un bruit fracassant et métallique se fit entendre de la pièce, me faisant sursauter et arrachant un cri de Mélusine. Je me retournai, le cœur battant. Je croisai les yeux affolés de ma jumelle.
- Je te promets que je n'ai touché à rien ! dit-elle.
Je promenai mon regard sur le tableau et vit avec horreur que l'épée qui était accroché au-dessus n'était plus là…
- L'épée… murmurai-je en me dirigeant vers le tableau noir.
Elle était par terre, à côté de son fourreau. Ma sœur me rejoignit.
- Comment est-elle tombée, cette stupide épée ?
- Comme si je le savais… dis-je. J'espère qu'elle n'est pas cassée…
- C'est une épée, protesta ma sœur. Ça ne casse pas comme si c'était de la porcelaine.
- T'en sais rien, répliquai-je. Elle est peut-être vieille de plusieurs siècles, ce qui la rend plus fragile ! Bon, remettons-la à sa place.
Mélusine hocha la tête et ramassa le fourreau.
- Purée ! dit-elle.
- Quoi ? demandai-je en me redressant.
- Il est super lourd, ce fourreau ! dit-elle, penaude.
- C'était pour de valeureux chevaliers et non des faibles femmes, dis-je narquoisement.
Je m'accroupis et pris la poignée de l'épée. J'eus une drôle de sensation. L'épée était certes un peu lourde, mais j'avais l'impression qu'elle était faite pour ma main. Je n'eus aucun mal à bien la tenir, moi qui n'ai jamais touché une épée de ma vie…
- C'est bizarre… dis-je.
- Quoi donc ? demanda ma sœur.
- Cette épée, répondis-je en levant les yeux vers Mélusine. Elle est bizarre, cette épée… J'ai comme des picotements dans les doigts quand je la touche…
Mélusine me regarda comme si j'étais folle… et dans un sens, je la comprenais.
- Je t'assure, dis-je en regardant l'épée.
- Je veux bien te croire, dit-elle. Mais on ferait mieux de la ranger, non ? Si ton prof arrive et nous accuse de vandalisme, ça ne me ferait pas trop rire.
J'hochai la tête et tendit une main vers ma sœur. Elle me donna le fourreau et aussitôt, je sus qu'il y eut un problème. Ma sœur poussa un cri apeuré tandis qu'une lumière apparut. Elle semblait venir de l'épée et du fourreau.
- Aëlys ! hurla Mélusine.
Je la sentis s'emparer de mon bras au moment où je me sentais aspirée dans un tourbillon lumineux qui me donna la nausée. Je sentais toujours la poignée de l'épée et le fourreau dans mes mains. Je sentais toujours la poigne de ma sœur sur mon bras. Je sentais toujours mon sac en bandoulière sur mon épaule. Mais surtout, je me sentais tourbillonnée dans tous les sens, ne sachant plus quel était l'endroit ou l'envers, la gauche ou la droite. Des images défilaient devant mes yeux. Images dont je ne compris pas le sens.
Puis, soudain, le blanc total. Je n'étais plus tourbillonnée. Je regardai autour de moi et vit ma sœur qui me fixait, terrorisée.
- Mélusine…
- J'ai peur…
Je vis alors quelque chose en dessous de moi et y portai le regard. Un trou s'ouvrait tout doucement. Comme un passage. À travers ce trou qui grandissait, je voyais de l'herbe. Puis, soudain, je me rendis à l'évidence… Ma sœur et moi allions tomber à travers ce trou…
…
Et effectivement… le choc fut rude…
°o0o°
Le cri de la deuxième fille criant le nom de sa sœur m'indiqua que le moment était arrivé. Je ne savais même pas qu'Aëlys Winds avait une sœur. Elles se ressemblent beaucoup, soit dit en passant.
J'attendis un moment, derrière la porte, que le silence revienne. Avec un soupir las, je posai ma main sur la poignée, réfléchissant déjà à une histoire à raconter à la sœur. Je pourrais lui raconter toute la vérité. Le croirait-elle, seulement ? Bonne question. Sûrement pas. Elle me prendrait pour un fou.
Prenant mon courage à deux mains, j'ouvris la porte sans me presser et dit, directement :
- Vous devez être surprise, mademoiselle, mais laissez-moi vous…
Je me tus brusquement.
Personne.
Il n'y avait personne !
Où était la deuxième fille ?
Je fronçai les sourcils en me remémorant les événements qui venaient de se passer. Puis, un détail qui aurait dû me sauter aux yeux me revint. Elles ne se ressemblaient pas seulement beaucoup… en fait, elles étaient… pareilles !
- Non… ne me dites pas…
Je m'interrompis et me jetai vers mon bureau. Fébrile, je cherchai mes clés et ouvris le tiroir. J'en sortis avec précaution un vieux parchemin qui avait déjà vu des âges passer. Je le parcourus des yeux et me figeai, m'arrêtant sur les mots qui m'avaient fait douter.
- Les âmes jumelles…
Par tous les saints ! J'avais pensé à tout, sauf à des vraies jumelles ! Je pensais que c'était une ancienne façon de dire des âmes-sœurs ! Or, voilà que je venais de comprendre et que cela remettait en question tout ce en quoi je croyais.
Et si je m'étais trompé…
Je soupirai et reposai le parchemin.
- Que les dieux accompagnent ces âmes jumelles… priai-je en fermant les yeux.
°o0o°
Je réprimai un cri de douleur alors que mon fessier touchait durement le sol dur. Ma sœur ne le fit pas et laissa entendre sa douleur.
Le froid me coupa le souffle et, au-dessus de moi, je pus voir l'espèce de trou que nous venions de traverser se refermer.
- Aëlys ?
La voix de ma sœur me ramena à la réalité et je me redressai soudainement pour la regarder. Les cheveux en bataille, le regard hagard, la chair de poule, ma sœur semblait vraiment perdue et ça me fit mal au cœur.
- Ça va ? demandai-je. Tu n'as rien ?
Elle secoua la tête et j'eus pitié d'elle. Dans sa petite blouse à paillette, elle devait mourir de froid dans cette neige qui tombait finement.
Je fronçai les sourcils. De la neige ? Depuis quand neigeait-il à la fin du mois d'avril ? Le matin encore il faisait bon et doux !
- Où sommes-nous ? me demanda Mélusine en claquant des dents.
Je secouai la tête en signe de totale ignorance. Mais elle ne me regardait plus. Elle fixait mes mains. Je baissai moi-même les yeux et relâchai les doigts que je tenais serrés autour du pommeau de l'épée et du fourreau. Les deux tombèrent sur l'herbe.
Je regardai alors autour de moi. On était dans une vaste prairie et tout près, il y avait l'orée d'une forêt. Pas de trace du bâtiment universitaire…
- Qu'est-ce qui se passe ? demanda Mélusine. Où sommes-nous ?
- Je ne sais pas, dis-je, la gorge nouée. C'est comme si… on avait été transportée dans un autre endroit…
Ma sœur me répondit par un silence éloquent.
- Oui, ça peut paraître fou, mais je n'ai pas d'autre explication… dis-je, penaude.
- Et ça expliquerai pourquoi nous nous retrouvons dans une plaine sous la neige alors que nous étions dans une classe ensoleillée, dit ma sœur.
Au moins, on était d'accord là-dessus, même si ça nous semblait complètement fou. Je la vis trembler de froid et fouillai dans mon sac. J'en sortis une écharpe de laine verte et la lui donnai.
- Tu as une écharpe dans ton sac ? s'étonna-t-elle en la prenant néanmoins.
- Je l'ai toujours sur moi, dis-je en haussant les épaules. Tu sais bien que j'ai la gorge fragile.
- Garde-la, alors, dit-elle en me la tendant.
- J'ai un col roulé, dis-je en refusant l'écharpe tendue. Dépêche-toi de la mettre !
Elle obéit docilement et je compris qu'elle comptait sur moi pour nous sortir de cette situation. Je me relevai donc et repris l'épée que je rangeais dans le fourreau. C'est vrai que c'est pas tout léger, ce truc…
Puis, je repris mon sac et soupirai. Il était lourd, lui aussi, avec tous les livres qui j'y avais mis…
Mon sac à l'épaule et l'épée à la main, je regardai ma sœur qui se releva également.
- Qu'allons-nous faire ? demanda-t-elle.
- Pas rester prostrées comme des piquets, en tout cas, dis-je en soupirant. Le mieux, ce de ne pas rester aussi à découvert. Je n'aime pas, on peut nous observer de n'importe où. Le mieux serait de rejoindre l'ombre des arbres.
Elle hocha la tête sans un mot et nous nous apprêtâmes à faire ce que j'avais dit. Nous nous tournâmes vers la forêt et commençâmes à avancer quand des bruits de pas lourds nous stoppèrent net, Mélusine et moi.
C'est alors que je vis deux hommes apparaître. Je restai bouche bée devant leur allure. Peaux de bêtes, barbes, longs cheveux emmêlés, boucliers, épées… Ces deux hommes avaient tout de l'allure de barbares ! Vous savez, les méchants que l'on voit dans les films épiques. Avions-nous été transportés sur le tournage de l'un de ses films… ?
À voir les petits yeux mesquins et les sourire aux dents pourries de ces hommes, j'en doutais…
- Tiens donc, qu'avons-nous, là ? fit l'un deux, qui était roux.
- De quoi nous amuser, répliqua l'autre à la barbe noire bien fournie.
- Reste derrière moi… murmurai-je à Mélusine sans quitter les hommes du regard.
Les hommes sourirent et se rapprochèrent. Le roux passa devant et tendit une main crasseuse vers moi. Je lâchai alors l'épée et mon sac. Je fis reculer Mélusine en envoyai un coup de pied dans l'estomac de l'homme qui avait osé espérer me toucher. Il se plia en deux et je reculai un peu pour appréhender barbe noire. Celui-ci me regarda, surpris, puis se jeta sur moi. Je m'emparai de son bras et le fis passer par-dessus mon épaule. Il s'écrasa de tout son gros poids et perdit le souffle.
- Eloigne-toi ! criai-je à Mélusine. Cours vers les arbres !
Elle hocha la tête et courut. Le roux le vit et commença à la poursuivre. J'allais faire pareil quand une main sur ma cheville me fit trébucher. Je m'aplatis lamentablement sur le ventre et ne prit qu'une seconde pour me retourner et envoyer mon pied dans la figure de barbe noire. L'imbécile était toujours couché, ce fut chose aisée.
J'entendis un craquement sinistre lorsque ma basquet entra en contact avec le nez de mon adversaire et cela me dégoûta un peu, je dois dire. Mais cela eut l'effet espéré puisqu'il me lâcha en poussant un cri de douleur. Je me relevai et, prenant l'épée au passage, me retournai vers barbe noire qui s'était relevé.
Un cri de Mélusine me troubla et je tournai la tête. Le roux l'avait attrapé et jetée au sol. Une colère sourde gronda en moi quand je le vis tomber sur elle dans le but de…
- Non ! hurlai-je.
Je reportai mon attention sur barbe noire qui riait ouvertement, malgré le sang qui parsemait son visage.
- Tu vas subir le même sort, m'asura-t-il. Ce n'est pas ta stupide épée qui va t'aider à t'en sortir !
Me rappelant alors que j'avais effectivement l'épée en main, je la sortis de son fourreau et lançai celui-ci sur le côté.
- Oh… ? Que vas-tu faire avec ça ? Te battre contre moi ?
J'en sais rien, ducon ! Tout ce que je sais, c'est que je préfère me battre que de laisser ces sales brutes toucher à ma sœur !
Barbe noire rit plus fort et se jeta sur moi. Avec un cri horrifié, je levai l'épée et… il s'empala dessus.
J'ouvris de grands yeux en voyant le sang du barbare couler de sa plaie, le long de la lame. Il me regarda, incrédule et je lâchai l'épée. Il tomba en arrière, l'épée plantée droit dans son abdomen.
Je revins à moi en entendant un cri de Mélusine. Sans plus réfléchir, je retirai l'épée du corps de barbe noire et courut jusqu'à ma sœur. Le roux la maintenant clouée au sol et tentait de l'embrasser. Mais Mélusine secouait la tête et donnait des coups à tout va. Arrivée derrière eux, je pris l'épée à deux mains et la plantai de toutes mes forces dans le dos du roux. Celui-ci hurla de douleur et se redressa à genoux. Ma sœur en profita pour se retirer.
Le roux se retourna et croisa mon regard.
- Sale garce…
Je le vis sortir un poignard de sa ceinture et fis un bond en arrière alors qu'il envoya son bras vers mes jambes. Il me manqua de près et continua de me fusiller du regard. Il leva le bras et je sus ce qu'il allait faire : il allait lancer le couteau et qui sait si j'allais réussir à l'éviter ou pas…
C'est alors que je vis Mélusine apparaître derrière le roux. Elle enfonça alors l'épée plus profondément dans le dos du roux jusqu'à ce qu'elle lui traverse le corps. Le roux regarda la lame qui dépassait à présent de son estomac avant de redresser la tête vers moi.
Avec du sang sortant de sa bouche, il tomba sur le ventre, les yeux grands ouverts.
Mélusine le regarda un moment avant de regarder ses mains.
Je courus vers elle et la pris par les épaules. Mes yeux parcoururent son corps, à la quête de la moindre blessure.
- Mélusine ! Est-ce que ça va ?
Elle redressa la tête et je vis ses grands yeux gris emplis d'horreur.
- Qui étaient ces hommes… ? demanda-t-elle d'une petite voix à peine audible.
Je secouai la tête.
- Je ne sais pas… avouai-je. Es-tu blessée ?
Elle me lança un regard avant de regarder et de tâter ses bras et ses jambes.
- Non, je ne pense pas. J'aurais sûrement des bleus, mais je pense ne rien avoir de grave.
Je soupirai de soulagement. Je me tournai alors vers le roux et m'approchai lentement de lui. C'était comme si j'avais peur qu'il ne se réveille. Je pris le pommeau de l'épée et tirai vers le haut. Du sang gicla un peu. Je regardai la lame couverte de sang et eut la nausée. Je la plantai alors dans le sol et la ressorti. Elle était encore sale, mais à moins que je ne trouve un point d'eau pour la nettoyer, la lame restera comme ça !
Je tendis l'épée à ma sœur qui la prit sans dire un mot. Je me dirigeai alors vers mon sac et le remit à mon épaule. Je ramassai ensuite le fourreau. Puis, je rejoignis ma sœur qui me rendit l'épée. Je la rangeai.
Je vis alors que les yeux de ma sœur étaient remplis de larmes.
- Qu'est-ce qui nous arrive ? demande-t-elle. Que va-t-il encore se passer ? Je veux rentrer à la maison !
J'ouvris les bras et Mélusine vint s'y réfugier en pleurant. Je caressais ses cheveux pour l'apaiser. Les cheveux roux et bouclés de Mélusine étaient à présents parsemés de brin d'herbe et de poussière.
- Je ne sais pas ce qui nous arrive, dis-je doucement. Je ne sais pas non plus ce qui va encore nous arriver. Mais je te jure que je ferai tout pour qu'on rentre à la maison, saines et sauves.
Elle releva la tête et me regarda dans les yeux.
Je ne savais pas encore comment on allait s'y prendre pour rentrer. Mais je trouverai le moyen. Dusse-ai-je toucher toutes les épées de la terre jusqu'à ce qu'il y en ait une qui brille et nous ramène à la maison.
Je pris la main de ma sœur et nous nous dirigeâmes vers la forêt. Avant d'entrer sous le fait des arbres, je jetai un dernier coup d'œil dans la plaine. Je vis alors, dans le ciel, un oiseau décrire des cercles. Il poussa un cri. Il était trop loin pour que je puisse reconnaître la sorte d'oiseau.
L'oiseau partit alors vers la droite, planant gracieusement.
Sans m'y attarder plus que ça, je continuai ma route sous l'ombre des arbres. Tenant toujours la main de ma sœur, je commençai à marcher, ne sachant pas où nous étions, ni où nous allions…
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