ONCE UPON A TIME

Chapitre 3 :

Le jeune homme ressentit un élancement vif au niveau de son avant-bras. Il reprit peu à peu ses esprits et jeta un coup d'œil aux environs sans pouvoir distinguer quoique se soit à part un mal de tête ravageur.

Il fureta à tâtons dans l'espoir de trouver sa fidèle paire de lunettes rafistolées mais en vain. Il se leva et tenta, en dépit de ses maux de têtes, de sortir de la pièce dans laquelle il se trouvait en avançant à pas irréguliers et chancelants. Complétement désorienté, il sentit la peur l'envahir et une foule de questions lui enserraient la gorge comme des étaux, l'empêchant de respirer convenablement. Les vertiges reprirent de plus belle, plus puissants et imposants l'obligeant à faire une pause.

Il s'assit à même le sol, qui lui sembla être composé d'après ses repères tactiles d'un parquet vernis luisant. Il replia ses genoux sous son menton et posa sa joue contre eux, en position fœtale, réfléchissant par tous les moyens à une once de réconfort.

Une voix lointaine se fit alors entendre. Harry se redressa vivement et s'orienta en direction de l'écho de celle-ci. Elle était inconnue, un timbre adulé mais solennel, désarmant et ciselé. Le Gryffondor dérouté n'hésita plus et courut presque vers ce son mélodieux et encourageant.

Soudain, un éclat attira son attention. Il venait de son côté gauche et irradiait de ce qui paraissait être une table de nuit rectangulaire et massive. Reconnaissant ses lunettes, il poussa un soupir de soulagement et s'en emparant parvint à retrouver ses marques.

Il était dans un couloir toute en longueur, peu large qui aboutissait au loin à un raie de lumière douceâtre.

Ralentissant sa course, le brun à la cicatrice se rapprocha d'elle comme un papillon attiré par une trop forte luminosité.

Il s'inquiétait car à son réveil il n'avait point entrevu son compagnon et tous ses sens étaient à présent chamboulés et aux aguets. Les souvenirs revenaient progressivement mais dans un ordre croissant ne faisant qu'accentuer son angoisse. Il aboutit finalement au bout de l'allée étrange et accéda au lieu d'où provenaient les paroles entendues.

Son sang ne fit qu'un tour quand il entrevit se qui se déroulait à l'intérieur : l'ange blond, pour qui le bruit de son cœur refusait de s'atténuer, gisait sur un sofa carmin et incarnat, son teint opalescent tranchant sévèrement avec la couleur vive des poufs disposés autour de son profil endormi céleste, idéal et exquis. Harry dû se faire violence pour maîtriser chacune de ses impulsions qui le poussait à prendre ce magistral et sublime apollon dans ces bras et de prendre la fuite loin de toute origine de captivité.

Les muscles tendus par la moindre once de volonté, les mâchoires serrées, le jeune garçon esquiva quelques pas avant de se hâter de combler la distance qui s'imposait entre lui et son amour éternel immobile...

Sans se préoccuper du danger qui pouvait éventuellement se présenter à lui, Harry se précipita en direction du Serpentard inanimé.

Draco! Draco! Est ce que tu m'entends espèce d'imbécile fini?, hurla le Gryffondor en secouant le jeune homme par les épaules, tu n'as pas intérêt à m'abandonner ici avant d'être parvenus à débusquer cette fichue issue! Idiot de Serpentard sans sentiments et sans vergogne!

Silence Harry! Tu ne sais même pas respecter le besoin de repos chez les autres! Bon sang, mais qu'est ce qu'on t'as enseigné à Gryffondor? Ils ont dû négliger le chapitre sur les règles de politesse à ce que je vois, riposta le blond de forte mauvaise humeur.

Comment? Et c'est ainsi que tu me remercies de m'être inquiété pour toi, répondit le brun dont la voix était secouée par les émotions, j'étais complètement chamboulé à l'idée que tu ne puisses plus respirer. Tu t'es écroulé tellement soudainement au sol, sans prévenir et aussi pâle qu'un mort. J'ai réellement cru que tu n'ouvrirais plus jamais tes pupilles grises, que je n'entendrais plus ta voix glacée et méprisante.

Tout ce temps, j'ai eu terriblement peur alors j'ai bien le droit de te frapper, enchaîna t-il en tentant de dissimuler ses larmes. Ça compensera tes actes irréfléchis!

Draco soupira. Il n'avait rien compris à l'aparté du jeune homme, et à vrai dire la douleur qui le parcourait de part en part ne l'aidait en rien, mais le jeune brun semblait si déterminé en le martelant de ses poings qu'il ne put s'empêcher de sourire en lui attrapant le poignet d'un geste ferme.

Je suis désolé, fut tout ce qu'il parvint à articuler les yeux durs.

Harry sentit le contact de la peau nacrée du blond contre la sienne et rougit violemment. Cela l'énervait du plus au moins, il avait toujours été capable de se contrôler face à l'ange blond déchu alors pourquoi à présent le moindre de ses mots, de ses attitudes, de ses actions le faisaient tantôt souffrir ou l'emplissaient d'un désir brûlant.

La main gracile de Draco lui incendiait les veines, il chercha un moyen de se dégager sans y parvenir.

Il sentait la moindre once d'effervescence lui envahir les reins, calciner sa raison et son excitation ne fit que croître à sa grande panique.

Les yeux couleur perle de Draco commencèrent à se fondre dans son regard vert tentant de lire en l'esprit du Gryffondor figé de stupeur, la respiration haletante et s'accélérant.

Il ferma les yeux de crainte que le blond ne perçoive ses sentiments, sa fascination pour sa personne, son manque de courage lorsqu'il s'agissait de lui, les réactions peu ordinaires de son corps en totale ébullition.

Une caresse glacée vint le troubler davantage, à l'aide de ses longs doigts fins Draco parcourait la joue du magicien perdu comme pour dessiner les traits harmonieux de son visage.

Le brun n'esquissa aucun geste de peur de rompre le charme et de tout évidence électrisé et comblé par la douceur de sa Némésis.

Mais une voix féminine coupa court à ce début de romance :

Je vois que vous êtes réveillé mon jeune ami... Et bien il était bien temps vous avez dormi deux jours durant. J'aurais fini par m'inquiéter au bout du troisième mais visiblement ma potion a parfaitement opéré.

Les deux sorciers se retournèrent vivement, une silhouette élancée se tenait debout dans l'encadrement de la porte, un sourire narquois aux lèvres.

Elle se tenait droite et paraissait grande et majestueuse avec un visage ovale et des yeux noirs rieurs, un petit nez parsemé de tâches de rousseur, une peau couleur miel et une longue chevelure rousse ondulée lui descendait au niveau des genoux et encadrait un corps mince et légèrement musclé.

Une longue robe blanche nouée à la romaine complétait cette apparition.

D'un geste fluide, elle écarta Harry de Draco et se pencha vers le Serpentard posant son front contre le sien et se redressa satisfaite :

La fièvre est enfin tombée, elle vous a longtemps fait déliré mon cher, enchaîna t-elle une pointe d'ironie dans sa voix chaude, votre système immunitaire est visiblement très faible. Votre virus vous dévore donc à ce point?

Que.. mais comment, réussit à articuler Draco étonné, comment êtes vous au courant à propos de cette maladie héréditaire? Et par la même occasion je voudrais savoir qui vous êtes, ce que vous faites ici et surtout comprendre ce qu'il m'est arrivé.

Je vais vous expliquer, murmura l'inconnue en prenant place auprès du jeune homme, mais cependant quelque chose me gêne et je vais m'empresser d'arranger cela avant de poursuivre ce charmant échange oral, si vous me le permettez.

Sur ces paroles, elle aida le blond à s'asseoir puis s'emparant du poignet du brun (décidément, songea Harry, c'est devenu une véritable manie) et le plaça sur les genoux du Serpentard avec un sourire diabolique.

Harry sentit son cœur rater un battement en sentant le puissant torse de celui dont il était amoureux. Son odeur n'avait jamais été aussi proche, aussi étourdissante.

Mais le pire fut lorsque Draco, essayant de se mettre dans une position plus confortable, passa ses deux bras autour des hanches du Gryffondor, incitant celui ci à poser sa tête dans le creux de son cou.

Harry cru que son cœur allait exploser ou que quelqu'un dans la pièce allait entendre les cognements sourds qu'il lui affligeait.

L'air plus réjouit, la mystérieuse femme s'installa dans un sofa en bois d'if verni face aux deux sorciers :

Cela me paraît plus détendue comme atmosphère, conclut-elle en couvant Harry d'un regard de braise.

Que vous dites, cogita le brun chamboulé et grimaçant, je suis sur le point de perdre tout mes moyens, toutes mes pensées sont floues et à cause de cette position je commence à me sentir vraiment très serré mais hormis ces détails je suis parfaitement détendu.

Certes, rétorqua le blond qui n'avait nullement entendu les pensées secrètes de son compagnon crispé, alors à présent pouvez vous m'expliquer ce qui se passe?

Bien entendu, susurra la jeune femme rousse, tout d'abord je vais vous prier de ne pas m'interrompre durant mon exposé, cela me frustre légèrement.

Les deux magiciens se consultèrent du regard, ou plutôt Harry se noya dans l'océan des pupilles argentées de Draco mais demeura indifférent en surface et acquiesça en même temps que le Serpentard, dans l'espoir d'obtenir des réponses claires et précises.

La femme entama son récit :

Bien. Pour faire dans l'ordre je vais me présenter, je suis celle que l'on surnomme la Sorcière Rouge à cause de ma chevelure et de mon apparence de feu follet que j'utilise pour me déplacer. C'est plus rapide.

Ensuite, je vous ai perçu dès l'instant où vous êtes rentrés dans ce monde. Vous êtes peu futés mais nous ne sommes pas là pour parler défauts, s'enquit-elle en croisant amusée les pupilles enflammées de Draco, vous me divertissiez alors j'ai décidé de vous suivre le long de votre périple.

Or, j'ai immédiatement ressenti l'énergie ténébreuse de ce qui circule en vous, dit elle en s'adressant au blond, elle est si influente, si dominante qu'il est difficile de l'ignorer, et grâce à mon savoir j'ai pu deviner de quoi il s'agissait.

C'est pourquoi je suis intervenue quand je vous ai vu vous écrouler devant ma porte.

Votre virus est quasiment au terme de son développement et il ne vous reste que peu de temps pour débusquer la plante salvatrice et une fin potentielle pour sortir d'ici.

Aussi je me suis résous à vous venir en aide car je connais l'endroit où se trouve cette fameuse herbe, mais avant je vais vous demander une faveur en échange de cet appui : je voudrais que vous alliez chacun à votre tour prendre une douche et surtout que vous ne parliez à personne de notre rencontre, est ce clair?

Parfaitement, répondit sans hésiter le brun.

Il n'était pas opposé à cette assistance presque gratuite, si elle pouvait porter secours à Draco. Cependant, le Serpentard avait sa fierté et il sera sûrement compliqué à convaincre.

Par chance, le blond opina et insista pour prendre une douche en priorité car « ses origines aristocratiques et son sang pur exemplaire passaient de toute évidence avant les autres », puis sans attendre les protestations du brun, il prit la direction que lui indiquait la sorcière, trop pressé à l'initiative de se détendre sous l'eau chaude.

Le Gryffondor demeura seul avec la Sorcière Rouge qui dégageait à sa grande surprise une chaleur rassurante et accueillante.

Elle prit place à ses côtés et lui glissa dans la main un morceau de parchemin plié en deux.

Alors que Harry perplexe s'apprêtait à le déplier, elle l'en empêcha et lui confia :

Sur ce parchemin se trouve une énigme que seul ton amour envers ton ami pourra déchiffrer mais promets moi que tu ne le liras pas avant que la dernière seconde de ton amour ne soit arrivée.

Je le jure, assura le magicien les yeux pétillants, mais comment avez vous...

Entrevu la vérité à propos des tes sentiments, acheva la rousse, mais tout simplement parce que se sont eux qui m'ont incité à vous secourir tout les deux.

Ce que tu éprouves pour lui est si fort, profond, mélancolique que je me suis sentie concernée malgré moi. Je vous aurais volontiers assassiné si tes larmes, tes cris, tes émotions ne m'avaient pas séduite.

Ce que tu traverses, je l'ai moi même oublié, abandonné, renié car je jugeais cela futile, sans intérêt particulier et je le voyais comme un obstacle sur le chemin de mes projets, des mes ambitions.

Or ta passion est grande et naturelle et enchanteresse, elle m'a emporté et persuadé en quelque sorte à vous épauler dans votre épreuve.

J'en suis ravi, sourit Harry, car elle a finalement servi à quelqu'un même si vous n'êtes point, au risque d'être impoli et peu courtois, l'être que je désirais conquérir. Je suis paralysé lorsque je me trouve auprès de lui, tout courage s'estompe, le doute m'envahit et uniquement le vide et la détresse me maintiennent en vie. Il est imprévisible, tantôt son attitude est froide, insensible, distante, sûre d'elle et prétentieuse tantôt elle sera ardente, sensuelle, enivrante et féerique.

C'est certainement parce qu'il cherche à refouler ce qu'il ressent. Il sait qu'il est condamné quoiqu'il fasse. Je parie qu'il ne souhaite pas blesser et meurtrir la personne à laquelle il tient.

Fuir ou être dur à cerner qualifient ce genre de comportement. Il ne veut laisser aucun regret, aucun chagrin et quitter son enveloppe humaine sans honte ni remords, argumenta la sorcière en posant une main amicale sur l'épaule du jeune homme, quitte à te faire souffrir.

Vous parlez comme ci il y avait une chance minime qu'il soit attiré par moi, remarqua le Gryffondor.

Et si c'était le cas que ferrais tu? demanda t-elle simplement avec un rire moqueur et taquin.

Harry la dévisagea sans comprendre. Cela lui semblait évident.

Il savait que le séduisant blond était loin d'être romantique ou même fleur bleue mais si jamais leur amour était commun et partagé alors les choses se ferraient d'elles même, intuitivement et en harmonie.

Le Gryffondor rougit subitement.

De nouveau dans le labyrinthe de ses réflexions, il n'avait pas remarqué que son ange était revenu vêtu d'un jean délavé mettant en valeur son postérieur musclé et d'une simple chemise de soie blanche dont les deux premiers boutons n'étant pas fermés montraient une peau immaculée et les contours d'une musculature fine. Ses longs cheveux d'or blanc humides lui tombaient sur le visage mais ses pupilles orageuses avaient toujours cette lueur de défi.

Le désir prenant possession du corps du jeune brun, celui ci s'empara d'une serviette posée sur la table centrale et circulaire de la pièce et dépassa le sujet de ses rêves en trombe s'assurant de ne pas croiser son regard.

Regard empoisonné qui maintenait captif.

Draco leva un sourcil interrogateur en assistant à cette scène comique.

Il retourna néanmoins s'allonger dans le fauteuil, sa tête victime de vagues de douleur.

Il inspira profondément, étrangement il se sentait en confiance auprès de la sorcière, même s'il connaissait le conte sur le bout des doigts et avait conscience de ce dont elle était capable, il n'était point effrayé.

Bien au contraire.

Les questions s'entrechoquaient dans sa tête, accentuant sa migraine.

Il grimaça furieux, ses ancêtres lui avaient transmis élégance, froideur, narcissisme mais aussi un cadeau dont il se serait bien passé.

Une sensation de calme le submergea soudainement : la jeune rousse lui massait les tempes les mains enduites d'une lotion à l'odeur d'eucalyptus et de menthe.

Le Serpentard récupéra une respiration lente et tranquille et un souffle régulier et aperçut un tatouage en forme de serpent qui entourait de son corps souple l'avant bras gauche de la sorcière :

D'où vient -il ? questionna t-il en désignant du menton le tatouage.

De nulle part, répliqua la sorcière avec un ton de mystère dans sa voix, je l'ai peint moi même pour me protéger. Le serpent à de nombreuses significations et valeurs : médicinales, protectrices, un renouveau permanent dans l'esprit d'un cycle mais aussi la souffrance car il plante ses crocs dans l'endroit le plus douloureux de sa proie, il déverse sa haine et son venin à des innocents pour sa propre survie, il est patient, silencieux et vicieux et sans courage préférant fuir ce qui lui fait peur, et s'en prendre sournoisement à ses victimes sans leur faire face car il se sait plus menaçant par derrière, plus efficace en jouant sur la discrétion et la rapidité et son côté hypnotiseur.

Mais il est cruel et incapable de se dévoiler tel qu'il est de peur de réaliser qu'en réalité il est loin d'être à la hauteur.

Le Serpentard ne contredit point ce que la Sorcière Rouge venait d'énoncer.

Cet animal symbole de sa maison qui le rendait si fier, lui sembla bien ridicule en comparaison avec la force majestueuse du lion.

Le serpent a besoin de se rassurer en capturant des proies plus grosses que lui mais il les attaque toujours par derrière de peur de se rendre compte qu'il est faible et sans défense devant la sincérité de la vie.

Draco resta en pleine méditation un long moment avant de ressentir du mouvement sur sa droite. Il tourna son visage dans la direction de celui-ci et distingua dans la pénombre un Potter portant un jean noir et un simple pull de couleur rouge accompagnant avec onctuosité le reflet des deux émeraudes qui lui faisaient office d'yeux.

Le blond ressenti son cœur vibrer face à cette vision, il observa le brun qui lui parut plus adulte, moins timide qu'à l'accoutumée.

Il esquissa un sourire et estima que décidément il souriait de plus en plus tout seul et que c'en était vraiment inquiétant. Le Gryffondor se sécha les cheveux laissant quelques unes de ses mèches brunes en désordre ainsi que les gouttes d'eau descendre dans son cou, le faisant frissonner.

C'était peu agréable d'être sec et de sentir l'eau sous ses vêtements. Quelque chose de froid lui frôla la clavicule et il mit un certain temps à réaliser qu'il s'agissait une nouvelle fois des doigts graciles de Draco qui essuyaient les gouttelettes d'eau sur sa peau halée.

Le blond n'avait fait qu'effleurer ces deux os au niveau de l'épaule mais le brun en était tout tremblant et, particulièrement sensible, se mit à rougir, chose qui n'échappa pas au regard affuté du Serpentard qui réprima un début de fou rire.

La sorcière les couvait du regard, émue par ces deux âmes opposées mais si attirées qu'il paraissait que rien ne pouvait les déchirer, les faire souffrir.

Elle se ressaisit et leur ordonna d'une voix dure de se hâter si ils voulaient réellement avoir le temps de sauver et guérir le jeune blond avant de trouver une fin digne de n'importe quel conte de fée.

Les deux adolescents ne firent pas prier, l'un parce que le monde serait soi disant perdu sans son honorable présence et l'autre, plus modeste et intimidé, juste pour ne pas perdre celui qui lui avait volé involontairement son cœur.

Cependant, avant de passer le seuil de la porte, le Gryffondor se retourna et interrogea la jeune femme :

Dites moi, existe t-il un moyen pour lever la malédiction qui...

Tais toi Harry, le coupa Draco de sa voix trainante et cassante, ne raconte pas la finalité de cette légende ou cela risque de compromettre le futur et ce n'est point l'objectif de notre voyage.

Le brun, honteux, n'osa plus rien de dire de crainte de se faire à nouveau réprimander autant par les prunelles enflammées de son ange que par le ton employé.

Il se contenta d'un remerciement cordial envers leur hôte et courut en protestant derrière le Serpentard qui déjà s'éloignait à grands pas. Il ne remarqua donc point le signe amical de la main que leur adressa la jolie rousse avant de se métamorphoser en feu follet et disparaître au delà des arbres le temps d'un soupir, de l'extinction d'une bougie.