Grey se leva de bonne humeur, ce qui était aussi rare qu'un iceberg dans l'océan Indien. Il mangea un bout de tartine, nu sur son canapé, en tête à tête avec Jenny, la présentatrice de la chaîne people Lamia Scale.

Il allait s'habiller quand son portable sonna. Il décida de décrocher malgré le fait qu'il ne connaissait pas le numéro affiché.

« Allô ?

- Vous... vous êtes Monsieur Furbu.. Fullbu, commença la femme au bout du fil.

- Fullbuster, Grey Fullbuster, termina-t-il pour elle.

- Oui c'est ça, je vous contacte au sujet de votre annonce.

- Ma quoi ?

- Oui, oui, c'est cela, dit-elle comme si elle parlait à quelqu'un d'autre. Je vous disait que je pensais pouvoir vous aider... oui, l'aider, c'est ce que j'ai dit calmez-vous ! »

Grey était debout, toujours pas habillé, au milieu de son salon en train d'essayer de se figurer ce qu'il se passait.

« Heu... Madame ? Vous êtes toujours là ?

- Attendez il me parle ! s'exclama-t-elle. Grey eut beau tendre l'oreille, il n'entendit rien à part la femme qui s'égosillait contre des gens imaginaires.

- Écoutez, je pense que vous vous êtes trompée, enfin, je ne sais pas comment vous connaissez mon nom mais ne rappelez pas s'il vous plaît.

- Me tromper ?

Grey avait soudainement capté son attention apparemment.

- Mais, c'est bien votre nom, pourtant, qu'il y avait sur l'annonce dans le journal. Vous disiez que aviez besoin d'aide de gens comme moi.

- Comme vous ? »

Le brun ne comprenait rien du tout. Et à vrai dire, ça lui brisait sérieusement les couilles de se faire prendre la tête de bon matin. L'inconnue avait repris son dialogue avec ses amis imaginaires. C'en était trop. Trop pour 8 heures un dimanche matin. Non pas qu'il ait travaillé toute la semaine (pas un seul jour en fait), mais il n'aimait pas ça.

Il raccrocha, jeta son téléphone sur son canapé et partit s'habiller. Il avait son rendez-vous avec Natsu et même s'il n'avait pas donné d'heure explicitement, Grey savait que son meilleur ami l'attendait certainement de pied ferme depuis au moins une heure.

Il sortit dans la rue moins de vingt minutes plus tard, les écouteurs vissés sur ses oreilles et son sac, contenant tout le nécessaire pour écrire, jeté sur son épaule droite. L'air frais qu'il respirait le faisait frissonner de l'intérieur et l'électrifiait. La chair de poule sur ses bras et sa nuque le faisaient se sentir terriblement vivant.

^0^)/

Il n'était qu'à quelques mètres de l'entrée de son pavillon résidentiel quand Juvia sonna en espérant que son Grey-sama répondrait. Elle ne l'avait pas vu s'éclipser discrètement. Elle essaya d'appeler les autres personnes qui habitaient là, mais la seule réponse qu'elle obtint fut celle de la concierge, une femme visiblement peu amicale qui lui promit que, si elle appuyait à nouveau sur la sonnette, elle lui couperait les doigts.

Juvia tenait à ses doigts.

Elle fit mine de partir pour que la misanthrope regagne son appartement, puis, fit le tour du bâtiment.

« Juvia rentrera »

^0^)/

Natsu lui ouvrit la porte avant même que Grey ne toque. Après une tape amicale bien virile dans le dos, le brun se soulagea de sa veste et s'installa sur la table du salon.

« Tu as déjeuné ? lui demanda son meilleur ami depuis la cuisine. J'avais commencé à me préparer un peu de bacon...

- Pourquoi tu crois que je suis venu aussi tôt ?

- Putain t'es vraiment un profiteur ! Tu pourrais au moins faire semblant.

- Je t'entends rire d'ici, je suis sûr que tu es content que je vienne déjeuner avec toi. »

Natsu rapporta leur déjeuner de la cuisine, un grand sourire aux lèvres. Grey savait comment le faire rire et ça lui plaisait.

Après avoir tout englouti, le brun décida de lui raconter sa mésaventure de ce matin. Comment une femme, probablement folle à lier -non, sûrement folle à lier- l'avait appelé en disant qu'il avait passé une annonce il ne savait où pour de l'aide. Grey s'attendait à ce que son ami soit surpris, voire peut-être qu'il rigole, mais il ne comprit pas pourquoi il avait l'air gêné. Sans rien dire, Natsu se leva et se dirigea vers la cuisine. Le pseudo-auteur de film le regarda sans bouger (sans comprendre non plus). Il rapporta un journal ouvert à la page des petites annonces. Grey suivit le regard du jeune homme à la chevelure rose et vit une annonce avec son nom dessus. Il ouvrit les yeux comme des soucoupes, attrapa le journal et lut :

Vous êtes fou ? Vous entendez ou voyez des choses qui n'existent pas ? Je suis en train d'écrire un film qui nécessite votre aide ! Pour tenter de m'aider à écrire le film de l'année, appelez-moi au 475-888-213 et demandez Grey Fullbuster.

« Natsu... Je te jure que ce n'est pas moi. J'ai même pas bu hier soir ! Je comprends pas, commença Grey pour se justifier.

Mais l'autre jeune homme le coupa.

- Je sais puisque c'est moi qui l'ai passé hier, après ton appel. », répondit celui-ci, encore plus gêné.

Grey mit un moment à percuter. Il avait l'air d'un idiot profond, figé avec le journal encore dans ses mains et la bouche ouverte sur des mots absents.

« À qui t'as sucé la queue pour que ça soit publié aussi vite ? »

La figure de Natsu se déforma sous la surprise puis il se mit à rire aux éclats.

« Sérieusement, je fais passer une annonce pour t'aider dans ton film, en ton nom et en donnant ton numéro personnel, et le seul truc que tu me demande c'est ça ?

Il riait à en pleurer.

- Je pensais que tu serais en colère ou que tu me remercierais de l'aide, mais ça... Tu es plein de surprises, réussit à finir le rose entre deux éclats de rire.

- Je suis très sérieux. »

Grey l'observait, toujours le journal entre les doigts, en fronçant les sourcils. Natsu s'arrêta tant bien que mal de rire pour faire face à son meilleur ami.

« Ok, tu m'as eu. J'ai dû sucer celle du gars qui met en page, Worlod.

- Oh putain !

Le brun était soufflé, le Worlod en question était un des vieux les plus pervers et dérangeants qu'il lui ait été donné de voir. En plus il avait une tête de brocoli.

- Hé Grey je déconne ! J'arrive pas à croire que tu y as vraiment cru ! »

Il se remit à rire de plus belle.

Grey se jeta sur lui pour lui faire manger ses paroles, une fois que l'information lui fût montée au cerveau.

^0^)/

« Aïe, grinça-t-il.

- Arrête de bouger Natsu. Ça sera juste pire, détends toi. »

Natsu était assis sur la cuvette de ses toilettes et Grey lui passait du désinfectant sur le front à l'aide d'un coton.

Les deux compères avaient commencé à se battre sur le canapé et avaient fini au sol. L'inévitable était arrivé : dans son élan, le front du jeune homme à la touffe rose était violemment entré en contact avec l'angle de sa table basse.

Après avoir ri et pleuré pendant une bonne dizaine de minutes, Grey avait daigné jouer l'infirmière et soigner le blessé.

L'estomac du brun se fit entendre. Ils jetèrent un coup d'œil à l'heure, déjà 11 heures 20. Et Grey n'avait pas avancé du tout dans son scénario.

« Je peux m'incruster pour manger ? demanda-t-il.

- J'aimerais bien mais j'ai cours à 12 heures 30. Je peux pas sécher les cours de l'école vétérinaire, c'est pas le lycée. »

Grey cacha sa mine vexée. Il aimait avoir ses amis pour lui quand il en avait envie.

« Attends, apparemment mon annonce t'a pas trop plu. Laisse-moi te montrer un truc qui devrait t'aider. »

Natsu prit le journal et lui indiqua un article plutôt morbide : Makarof Dreyar retrouvé égorgé rue Iced Shell.

« Putain c'est un truc de dingue, c'était genre le papi des yakusas ce type, je me demande lequel de ses ennemis a eu sa peau finalement ? »

Un qui te veut du bien, pensa Natsu.

« C'est cool que tu me montres ça, mais qu'est-ce que j'en fais ? C'est juste un de ses vieux rivaux qui l'a tué.

- Regarde ! Ils disent qu'on lui a tranché la gorge et que le gars a laissé une carte. Ça veut dire que c'était prémédité et qu'il va très certainement recommencer.

- C'est pas faux. Je pourrais l'utiliser pour mon film. »

Natsu le toisait fièrement. Son meilleur ami était concentré sur l'article. Il avait reposé le journal et le fixait intensément. Il attendait peut-être que les mots des articles se mettent à bouger et s'assemblent d'eux mêmes pour écrire son scénario à sa place. Grey avait toujours été un incroyable flemmard, à chaque fois qu'ils avaient dû faire un travail ensemble, c'était lui qui réfléchissait et Natsu qui exécutait. Ce n'est pas qu'il ne savait pas réfléchir par lui-même, mais il était vraiment très attaché au brun et se pliait en quatre pour lui faire plaisir.

Grey sortit de sa torpeur et fixa son ami.

« Je vais t'emprunter ton journal pour prendre les détails sur ce mystérieux tueur.

- Attends tu es radin au point de pas vouloir payer pour un simple journal ? s'esclaffa Natsu.

- Hey ! Tu as pas idée d'à quel point c'est dur la vie d'artiste. Je peux pas me permettre d'acheter tout et n'importe quoi ! »

La mauvaise foi de Grey n'avait aucune limite.

« Vas-y, prends-le.

Natsu le raccompagna à la porte en vérifiant que le brun n'avait rien oublié chez lui.

- Tu m'appelles quand tu trouves un moment dans ta très prenante vie d'artiste ?

- Compte sur moi mon chou ! »

Grey lui fit un clin d'œil et partit.

\(^0^

Décrocher ou laisser sonner ?

Accroupi, en caleçon, devant la table basse de son salon, il regardait fixement son téléphone qui affichait un numéro inconnu. 4 appels. Grey n'avait pas spécialement envie d'avoir un autre fou au bout du fil. L'écran s'éteignit et se ralluma une cinquième fois : Cana Alberona. Grey décrocha sans hésiter.

« Hey ! Un problème de baguette vieux sorcier en robe ?

- Putain Grey ! »

La jeune femme partit d'un rire franc et sonore. Grey avait très vite fait le rapprochement entre le nom de famille de la jeune femme et le fameux sorcier, Albus Dumbledore, et les surnoms avaient commencer à fuser : vieux machin, sorcier décrépit, vestige de Poudlard... Cana, loin de s'en offusquer, jouait le jeu. Elle avait débarqué déguisée en Dumbledore pour la soirée Halloween de leur taverne préférée, ce qui avait pratiquement tué Grey de rire.

« Dis, est-ce que ça te dis de- »

Silence.

« Cana ? Cana t'es toujours là ? »

Ça avait coupé.

Le téléphone vibra, indiquant un nouvel appel. Grey décrocha sans hésiter.

« Cana ! Ton téléphone avait raccro... commença Grey.

- Bonjour M. Fullbuster.

- Qui c'est ?

- Je m'appelle Mirajane Strauss et j'essaye de vous contacter depuis un moment. J'ai vu votre annonce sur le journal de ce matin et je pense pouvoir vous aider.

- Heu... Oui bien sûr. Mais c'est-à-dire que je suis un peu occupé là...

Grey ne savait pas trop quoi répondre.

- Oh je suis désolée de vous déranger. Pourrai-je vous rappeler plus tard ?

- Eh bien...

Le brun était tenté de lui raccrocher au nez, mais, une autre partie de lui voulait entendre ce qu'avait à dire cette Mirajane.

- Demain après-midi ça vous irait ?

- Parfait. Je vous rappelle donc demain. »

Grey se sentait à la fois excité et mal à l'aise. Il commença à réfléchir à ce qu'entraînerait le fait qu'il écoute des gens pas nets... Puis il haussa les épaules et partit s'habiller pour sortir.

Réfléchir sur des conséquences, c'était pas son truc.

^0^)/

Cela faisait une heure et demi qu'ils étaient assis à boire comme des trous à l'Oracion Seis. L'ambiance, comme toujours, était joyeuse. Partout dans la grande salle des hommes et des femmes riaient en trinquant. Le mobilier était fait presque uniquement de bois des tables massives pour les clients, à l'estrade qu'utilisait les groupes qui venaient jouer à l'occasion. Des serveurs et des serveuses, sans autre signe distinctif qu'un t-shirt avec une grosse araignée, déambulaient entre les tables. Trois barmans et une barmaid s'occupaient de préparer les boissons derrière le bar massif.

Cana était en train de raconter sa dernière bagarre à Grey. La jeune femme était assise en tailleur sur la table et décrivait de grands gestes avec sa chope pour expliquer au brun tous les détails. Ses cheveux bouclés s'agitaient. Elle était très peu vêtue, comme à son habitude, portant simplement un soutien gorge avec une veste et un pantalon qui lui arrivait aux mollets. La jeune femme avait été prise dans une dispute, sans le vouloir, dans un autre bar de la ville, et son père avait dû venir la chercher en prison après qu'elle ait dégradé le mobilier et, accessoirement, mis au tapis deux hommes.

Gildartz, son père, était un homme d'affaires aussi influent que riche. Il avait mis sa mère enceinte sans le vouloir et ne l'avait découvert que quelques années plus tard, quand celle-ci décéda. Depuis, Cana était sûrement la fille à papa la plus gâtée que Grey connaissait.

« Oh putain, je t'ai pas raconté !

-Dis moi tout, beau brun.

-Je t'ai dit que j'écrivais un truc ? Beh Natsu, mon meilleur pote a passé une annonce dans le journal avec mon numéro, et y'a des gens bizarres qui m'ont appelé aujourd'hui !

-Des gens bizarres comment ? demanda Cana, son intérêt piqué au vif.

-Ce matin, une meuf qui parlait à des gens invisibles, et ce soir, une autre femme qui va me rappeler demain. Elle avait l'air vraiment perturbée.

-Tu me diras si elle te tue, hein ! »

Soudain, deux hommes tatoués et couverts de piercings montèrent sur l'estrade avec une basse et une guitare électrique. Leur habits de cuirs et leurs cheveux noirs leur donnaient un air rebelle et agressif. Le plus vieux, dont la crinière descendait jusqu'en bas du dos, pris le micro et cria :

« Bonsoir tout le monde ! J'espère que vous êtes chauds ce soir, parce que les Black Steel sont là pour mettre l'ambiance ! »

Personne ne sembla y prêter attention et le duo commença à jouer, rajoutant juste du bruit au brouhaha ambiant, et obligeant les clients à crier pour communiquer.

Cela signa l'arrêt de la conversation de Grey et Cana. Ils échangèrent essentiellement par des bruits et des gestes tout en descendant des litres d'alcool.

Ils se séparèrent à la fermeture de la taverne, vers 5 heures du matin, jetés de force avec les piliers de bar, par les serveurs épuisés. Grey tituba péniblement jusqu'à chez lui. Il rentra dans son appartement et se coucha directement.

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« Deux Bloody Mary, un mojito et trois pressions ! »

Mirajane s'activa pour préparer les commandes. Ses gestes étaient automatiques, le bar qu'elle utilisait faisait partie d'elle. Les machines à pression, les étagères où étaient rangées les bouteilles, les verres… La carte des boissons était imprimée dans son esprit. On lui disait « mojito » et son corps s'agitait tout seul pour préparer la boisson.

Elle n'avait plus besoin de réfléchir pour faire son travail, ce qui lui laissait beaucoup de temps pour penser. Ça Lui laissait trop de d'occasions de venir la perturber. Elle avait peur de ce qu'elle pourrait faire si Elle prenait le dessus. Mirajane était effrayée par son autre elle. Son double démoniaque logé dans sa tête était sa plus grande frayeur.


Merci à ceux qui ont lu jusqu'ici ! Un favori ou un follow ça fait toujours plaisir ^3^

Apprenez qu'il ne faut jamais, JAMAIS, me croire quand je dis que je vais me dépêcher. La suite va venir, c'est certain, je ne sais juste pas quand exactement *pars au galop de licorne*