Merci pour vos messages ! J'espère ne pas vous décevoir avec ce nouveau chapitre


Son frère… Mais pourquoi le sort s'acharne t'il sur moi aujourd'hui.

Deux ans, deux ans sans aucune nouvelle et voilà, que depuis ce matin, je n'entends parler que de lui et malheureusement rien d'élogieux. Aucun de mes rêves les plus fous n'avait envisagé une telle situation.

« Mon nom est Jasper Cullen » « Oui, je suis son frère » les dernières paroles de l'avocat résonnaient dans ma tête.

Dans d'autres circonstances, le fait de me retrouver face à cet homme, m'aurait procuré un minimum de réconfort. L'opportunité d'en apprendre un peu plus sur mon ex, de savoir ce qu'il était devenu depuis tout ce temps, s'il allait bien, s'il était heureux…

Malheureusement, cette matinée de malheur avait apporté avec elle son lot de désillusion. La visite au commissariat avait bien eu lieu et l'inspecteur « Super Connard » s'était fait une joie de remettre les pendules à l'heure.

Pour être honnête, j'aurais préféré rester dans l'ignorance et continuer à m'interroger sur les différentes raisons de son rejet, pourquoi n'ai-je pas su le retenir ou tout simplement lui donner l'envie de rester près de moi. La douleur que me procurent tous ces souvenirs est toujours aussi intense. J'ai mal… si mal…

L'envie de pleurer se fait ressentir de nouveau mais je me l'interdis. Mon petit écart de tout à l'heure ne se reproduira plus où du moins pas devant un Cullen. Je me dois de sauver le peu de dignité qu'il me reste ou tout du moins essayer.

Je ne sais pas du tout quelle attitude adoptée. Dois-je lui hurler dessus et lui demander de nous laisser tranquille ? Ou juste nous enfuir en courant et nous enfermer à double tour dans la maison. Non, jamais de la vie ! Une chose est sure, je ne suis peut-être pas la fille la plus courageuse mais je ferai face à tout cela. Alice et mes enfants méritent de vivre une vie tranquille sans zone d'ombre. Je vais m'expliquer avec ce Cullen et ensuite je lui demanderai de nous laisser tranquille. Et s'il ne voulait pas…

À l'image du mec en face de moi, je m'efforce de garder un visage impassible. J'hésite encore sur la direction à prendre. Ce soir, seule dans mon lit, je repenserai à la situation, je regretterai probablement mes futures paroles ou actions, je le fais toujours, mais là malheureusement l'enjeu est trop grand pour que je prenne tout cela à la légère. En même temps, je n'ai pas d'autres choix que d'affronter ce Cullen…

La raison de sa présence reste un mystère ! C'est vrai, il aurait très bien pu me laisser me débrouiller seule avec mes enfants après m'avoir aidé à sortir du commissariat. Pourquoi m'avoir raccompagné jusqu'ici ? Mais, pour être honnête, ce qui me dérange le plus actuellement c'est justement le fait qu'il se trouve à proximité de ma famille et en prime devant chez moi. Faut avouer que les propos de l'inspecteur Black concernant Edward et sa famille sont loin d'être rassurants. L'idée qu'il puisse arriver quelque chose, à mes enfants et Alice, m'effraye au plus haut point.

Dans le seul but de les éloigner, je demande à Alice d'accompagner les enfants à la maison. Elle hésite, mon changement d'attitude ne semble pas être passé inaperçu, mais pour une fois, elle n'insiste pas

« Lina, Antony on y va » dit-elle doucement en leur tendant la main.

À l'évocation des jumeaux, le regard de Cullen fait un aller-retour rapide entre eux et moi. Pourquoi cette réaction ? Je ne veux même pas y penser.

Avant qu'elle ne s'éloigne, je m'approche d'elle et je lui chuchote

« Ne t'inquiète pas, tout ce cirque n'a rien à voir avec toi »

Elle hoche la tête et poursuit son chemin vers la maison. Quelques secondes plus tard, le bruit de la porte d'entrée se fait entendre mais bizarrement les savoir à la maison, en sécurité, ne me rassure pas vraiment. Je m'efforce de ne rien laisser paraître et de rester calme…

Tout en gardant mes yeux rivés sur l'avocat, je m'interroge sur la manière dont il a été informé de ma pseudo arrestation ? Impossible que ce soit le fruit du hasard ! Impossible non plus, qu'il soit un avocat commis d'office car comme Black l'avait souligné, je n'avais pas réclamé la présence d'un avocat. Et puis avec son nom de famille, il est peu probable qu'il soit désigné pour me représenter dans cette affaire. Non… Quelqu'un avait dû le prévenir mais qui ? Et pourquoi ? Et si… à cette idée les battements de mon cœur s'affolent. Non… Ce serait juste surréaliste que ce soit Edward.

« Comment avez-vous su ? »

« Su quoi ? » me dit-il en plissant les yeux et en penchant la tête sur le côté.

Si physiquement les frères Cullen ne se ressemblent pas vraiment, je dois bien reconnaitre qu'ils ont cette même mimique en commun sans parler de cet air innocent, très aimable, je dirais même plus « Cullen-avocat » et « Cullen-faux-ex-petit-ami-manipulateur » inspirent la confiance. L'expression « donner le bon dieu sans confession » a tout son sens avec eux.

Grrrr ! Nan mais franchement, comme si je n'avais pas autre chose à penser. Je souffle un bon coup histoire d'évacuer toutes ces conneries et lui précise

« Que je me trouvais au commissariat ?

Il prit le temps pour me répondre, mais malheureusement pour moi la patience n'a jamais fait partie de mes qualités.

« On a tous nos petits secrets » me dit-il sournoisement en m'indiquant, d'un geste du menton, la direction de la maison.

Sa remarque me glace le sang. Pourquoi me dit-il cela ? Est-il au courant pour mes bébés ? Pour Alice ? Par réflexe ou peut-être pour me rassurer, je jette un coup d'œil par-dessus mon épaule vers l'endroit indiqué, personne. Malgré tout, on peut clairement voir à travers la fenêtre du salon, le rideau bougé, Alice doit certainement surveiller.

Tout en reportant mon attention sur l'avocat, je l'interroge de nouveau

« Qui vous a prévenu ? »

Pas un mot... Son silence me gène au plus haut point.

Sans vraiment réfléchir, je lui demande si je suis surveillée. Mais à l'instant même où les mots sont sortis de ma bouche, je les regrette déjà et voir son sourire moqueur étirer sa bouche, ne fait qu'accentuer mon malaise. C'est sûr je vais avoir pas mal de regret ce soir.

« Non, à ma connaissance, personne ne vous surveille »

Gênée par son allusion, je détourne mon regard et croise les bras. Au lieu de me rassurer, cette information me confirme ma stupidité. Il est sorti de ma vie, ce n'est pas pour me faire surveiller ensuite… quelle conne ! Je m'agace toute seule.

Les secondes défilent et aucun de nous ne relance la conversation. Cullen cultive le mystère ce qui a le don de m'énerver. Ce silence est juste insupportable. Ma patience, qui depuis ce matin est mise à rude épreuve, vient d'atteindre ses limites. Alors je me lance une seconde fois en croisant discrètement les doigts pour ne pas dire une ânerie aussi grosse que moi

« Écoutez Cullen… Euh… Maitre… enfin Vous » et voila que je bégaie maintenant, décidément ma dignité à déserter.

« J'estime être en droit de savoir pourquoi des flics débarquent chez moi et perturbent ma tranquillité dans le seul but de m'interroger sur un mec qui… » Ne souhaitant pas me ridiculiser davantage devant cet homme, je préfère ne pas finir ma phrase.

« Nous devrions rentrer, vous seriez plus à l'aise pour parler » me dit-il en m'indiquant la maison d'un signe de main.

« Non… Non, merci ça ira, nous sommes très bien ici » Ma réponse lui procure un petit rire amusé. Il n'est pas dupe…

« Vous êtes sure ? J'ai besoin de connaître en détails votre échange avec l'inspecteur Black, cette discussion serait plus agréable si nous étions tranquillement installés »

Et puis quoi encore ? Il ne manque pas de culot celui-là aussi. Je m'efforce de rester calme et lui rétorque amèrement

« Et pour quelle raison je devrais vous raconter en détails mon échange avec l'inspecteur Black ? »

« Je suis votre avocat »

« Désolée mais il va falloir m'en dire un peu plus cher Maître »

Toujours ce même silence irritant en guise de réponse

« Vous ne répondez pas à mes questions mais moi je suis censée répondre aux vôtres »

« Exactement ! »

Fini nos visages impassibles du début de notre conversion, place au sourire amusé pour lui et au regard dur et sourcils froncés pour moi. J'ai les nerfs à vif.

Cette fois-ci, c'est à mon tour de garder la bouche fermée, je ne lui répondrais pas, je peux être têtue moi aussi. Au bout d'un certain temps, il m'annonce qu'il protège son frère du harcèlement judiciaire et qu'il est donc indispensable pour lui de connaitre tous les tenants et aboutissants de cette histoire.

L'inspecteur Black parle d'enquête criminelle tandis que l'avocat Cullen dénonce un harcèlement judiciaire. Qui dois-je croire ? Ma grand-mère disait toujours qu'il n'y a pas de fumée sans feu mais me conseillait aussi de toujours me fier en mon instinct. J'ai très envie de croire Cullen, ne serait-ce-que pour mes enfants, les pauvres, et pour moi, pour me prouver que je suis moins naïve que j'en ai l'air. Mais faut se rendre à l'évidence Black fait parti de la police, il ne peut pas agir de la sorte, si ?

En regardant cet homme en face de moi, je me dis que je pourrais l'envoyer se faire voir, je pourrais et j'en aurai même le droit mais je ne le fais pas. Pourquoi ? Je ne sais pas…

« Je n'ai rien dit de spécial à la police » lui dis-je d'une voix résignée

« Mais encore »

« Je n'ai fourni aucune information, ni à cet inspecteur, ni à quiconque. »

« Vous en êtes sure ? »

« Oui, de toute manière je ne suis au courant de rien, c'est vrai… D'ailleurs, vous pouvez féliciter Antony ou plutôt Edward sur son rôle d'acteur : je-n'y-ai-vu-que-du-feu » j'ai un peu haussé le ton à la fin de ma phrase, moi qui ne voulait pas laisser paraître mes émotions… C'est loupé !

Il ne me répond pas et se contente de me fixer, il doit me trouver pathétique. Honteuse, je poursuis « Enfin ce que je veux dire c'est que jusqu'à ce matin, je ne me doutais vraiment de rien »

L'avocat ne répond pas, ne justifie pas, se contente de me regarder attentivement.

Au bout d'un certain temps, je décide de mettre fin à mon calvaire

« Bon, ben… Je ne vais pas vous retenir plus longtemps

« oh, mais ne vous inquiétez pas, je ne suis pas pressée »

« J'en doute, vous devez avoir pas mal de boulot surtout si vous devez aider toutes les pauvres filles victimes de votre frère. »

Et voilà encore une boulette, pourtant d'habitude je ne suis pas du genre à parler sans réfléchir mais qu'est-ce-qui me prend. Je crois que tous ces interrogatoires m'ont bien trop perturbé.

« Victime ! Le mot est fort… » dit-il en rigolant « Edward est un gentleman, il séduit certes mais je suis prêt à jurer qu'il n'a jamais forcé aucune femme »

« Gentleman rien que ça ! » à mon tour de jouer la carte de l'ironie.

Cette fois encore, je ne peux m'en empêcher de dire le fond de ma pensée

« Non vraiment, cher Maître, je pense que nous n'avons pas la même définition du mot gentleman. Pour moi, séduire une femme dans le seul but de lui détourner des informations, relève plus de la manipulation»

« N'écoutez pas toutes les idées farfelues de l'inspecteur Black, Mademoiselle Swan »

« Idées farfelues» je répète ses propos avec un sourire amer « l'inspecteur Black a pourtant une liste de femmes prouvant sa théorie »

« Quelle théorie ? »

« Comme si vous n'êtes pas au courant »

« Non vraiment pas, expliquez-moi ? »

Alors je lui rapporte sommairement la conversation que j'ai eue, ce matin même, au commissariat. Étrangement, il ne semblait plus aussi amusé

« Black est un crétin, je pensais que vous vous en seriez rendu compte après avoir passé du temps avec lui. »

Voir la tournure de cette conversation est plutôt amusante à moins que ce soit la tronche irritée de Cullen. Malheureusement pour moi, il se reprit très vite, trop vite

« Enfin peu importe… Nous avons également en notre possession, une liste des nombreuses conquêtes d'Edward qui n'ont pour seul lien avec le secteur bancaire, que le fait d'être cliente »

Sa réplique me fit l'effet d'un coup de poignard en plein cœur. Voilà la confirmation tant redoutée. Même si je m'en doutais, apprendre de vive voix que je n'étais qu'une fille parmi tant d'autres me fait mal, trop mal...

Et probablement dans l'objectif de bien remuer le couteau dans la plaie, il continue

« Edward est séduisant et il aime plaire. Malheureusement, être un homme-à-femme ne fait pas de lui un criminel, vous comprenez »

Finalement le mot « mal », pour décrire mes émotions, est bien trop faible pour nommer ce que je ressens actuellement. Le silence s'installe de nouveau entre nous. Que pouvais-je bien répondre à ça de toute manière ?

Et puis merde… Pourquoi je m'inflige ça au juste ? Pourquoi je reste là à écouter toutes ces méchancetés, ces vérités qui me bouffent au plus profond de mon être ? Je n'ai rien demandé moi. Certes j'ai été plus que naïve dans cette histoire et conne, et bête, et stupide aussi, mais je ne mérite pas tout ça. Ma seule faute est d'avoir cru que je pouvais l'intéresser lui, que j'avais le droit au bonheur moi aussi. Nan, une chose est sure je ne mérite pas tout ça… Je ne dois rien à cet Edward, je ne dois rien à sa famille. Je veux qu'on me laisse tranquille. C'est sur ces dernières et avec la ferme intention de tirer un trait définitif sur cette histoire, que je m'adresse à lui d'une voix ferme et déterminée

« Ce que je comprends Maître Cullen c'est que je n'ai strictement rien à voir avec tout cela ni de loin, ni de près. Alors, je vais rentrer chez moi et à l'avenir, je vous serai reconnaissante de me laisser loin des histoires d'Edward Cullen » et sans un mot de plus, je m'en vais retrouver ma famille

« Attendez Isabella Swann, nous n'avons pas fini… Et mes honoraires ? »

L'enfoiré ! Sans prendre la peine de lui faire face et tout en poursuivant mon chemin, je lui réponds avec ironie « Adressez-vous à Edward, il a toujours fait preuve d'une grande générosité envers moi ».

Pour seule réponse, j'entends ses éclats de rire.