Disclaimer: Rien ne m'appartient.
Résumé: Parce que le paillasson d'Hayato méritait d'être achevé. Et que les heures de sommeil d'Hayato ne sont pas SI importantes.
Bonne lecture !
L'ambulance promise
Quand Hayato est tiré du lit par une sonnette insistante, il y a comme un sentiment de déjà vu. Sauf qu'il n'est que tard le soir, et pas si tard qu'il est tôt le matin, et plus tard le soir. Il garde même les yeux ouverts en ouvrant les quatre verrous de la porte, après avoir vérifié qu'il avait de la dynamite à portée de main.
En parlant de déjà vu, le sentiment continue, même s'il n'y a qu'une personne à la porte. Hayato a besoin de quelques secondes pour se rappeler qu'il doit fermer sa bouche. Il lui faut encore un peu plus de temps pour trouver une même réaction un tout petit peu plus utile à offrir.
Bon sang, son paillasson allait être bon pour la poubelle.
"Tu peux faire demi tour maintenant, aller jusqu'à la cabine en bas de la rue, et appeler une ambulance de là. Ou demander gentiment au concierge de le faire."
Mais Hibari ne bouge pas, et le sang continue de dégouliner le long de son bras pour agrandir la tâche sombre sur le paillasson. Ses yeux sont plus qu'à demi clos, et sa veste est irrécupérable, transpercée, tâchée de sang, la couture de l'épaule droite en lambeaux. Son apparence n'annonce donc que des bonnes nouvelles.
Hayato soupire.
"... Entre."
Sa voix a perdu le timbre ironique de sa première proposition.
Hibari traîne des pieds, comme si marcher lui demandait un trop grand effort. Il a encore ses tonfas aux mains.
Le plus jeune renonce à comprendre pourquoi il l'a laissé entrer, et referme la porte, enclenche les trois verrous. Connaissant le Gardien des Nuages, c'est peu probable qu'il ait été suivi jusqu'ici, mais on n'est jamais assez prudent. Des gens ayant mis Hibari dans cet état, sont des gens dangereux, s'ils tiennent encore debout.
Un bruit sourd de chute fait se retourner Hayato. Un des tonfas a glissé de la main de Hibari, Hibari qui a la tête penchée vers le sol. Ses jambes tremblent.
Hayato a juste le temps de l'attraper, avant qu'il ne rejoigne ses tonfas.
"Hey. Un peu d'aide là."
Sa voix fait sursauter Hibari. Ou c'est le fait que cette voix parvient de juste derrière son oreille.
La bizarrerie de la situation n'arrive pas à toucher Hayato, qui se bat pour tenir Hibari debout, et l'emmener vers le canapé, tout proche, et pourtant trop loin. L'idéal serait peut être la salle de bains, le sang est plus facile à nettoyer sur du carrelage, pour après. Mais Hayato sait qu'il ne pourra pas porter Hibari complètement, pas comme ça, et qu'il doit viser au plus proche. Si encore l'autre l'aidait un petit peu ... Mais non, Hibari semble utiliser ce qui lui reste de forces à tenter de rester debout, sans trop de succès.
"Un peu d'aide, j'ai dit."
La phrase siffle entre ses dents serrées; Hayato laisse glisser ses bras sous les aisselles de l'autre, et ses mains s'attrapent, refermant son étreinte. Hibari est vraiment, totalement dans ses bras maintenant.
Merde, pensée perturbante.
Parce que la situation ne peut pas demeurer telle quelle, il tente un premier pas, et entraîne le Gardien des Nuages avec lui. Ils sont quasiment joue à joue, et une respiration précipitée, pleine de douleur, échappe à Hibari. Sa main vole, et s'accroche à l'épaule du propriétaire de l'appartement. Mais il avance.
Tant bien que mal, ils parviennent au canapé, parcourant quelques mètres en plusieurs minutes. Finalement, Hayato décroche ses doigts, en se penchant en avant, pour ne pas lâcher prise trop brutalement. Ce serait bête d'achever le blessé, n'est-ce pas. Hibari a les yeux fermés, crispés par la douleur, ou par la concentration. Peut-être qu'il ferait mieux de perdre conscience, Hayato pourrait appeler une ambulance sans le moindre remord, comme ça.
"Tout doux."
Les yeux s'ouvrent en sursaut, et le fixent. Les iris bleus métalliques sont trop intenses, et trop proches. Hayato se souvient qu'il ne doit pas laisser tomber Hibari, et se force à respirer. Il n'arrive pas à détourner le regard, et à s'arracher de ce bleu. Finalement, il se penche suffisamment, et Hibari s'affale sur le canapé, sans grâce.
"Si tu as quoi que ce soit de cassé, c'est la porte, et l'ambulance."
Il a essayé d'être aussi cassant que possible. Vraiment. Mais il y a quelques minutes, il essayait de dormir. Être cassant et sarcastique demande trop d'effort après neuf heures du soir, et avant huit heures du matin (huit heures du matin, et plusieurs tasses de café).
"Herbivore ..."
"Ça va, j'ai compris. Thé, paracétamol, bandages ?"
Pas de réponse. Hayato lève les yeux au ciel. Le merveilleux don de Hibari pour la communication avec un autre être humain a encore frappé.
"Tu peux retirer ta veste ? Tu saignes."
Et après la veste, tomber la chemise sera parfait. Mais autant éviter le ricanement nerveux. Et Hayato n'est pas du tout perturbé à l'idée de revoir Hibari torse nu. Du tout.
Il va l'enlever sa veste ? Ou répondre ? Pendant ce temps là, son sang coule sur la moquette de l'appartement d'Hayato. Le sang est une plaie à nettoyer.
Oui, il est tard.
Oui, Hayato se sent d'humeur à faire des jeux de mots stupides. Mais il est tard, et pour la deuxième fois en moins d'un mois, Hibari est chez lui, en piteux état. Hayato a le droit de faire tous les jeux de mots stupides qui lui chantent.
"..."
Les yeux bleus le fixent.
Hayato repousse les cheveux qui tombent sur son visage, et empoigne le bord de la veste noire. Il tire, gentiment, et il est presque surpris, quand Hibari fait de son mieux pour l'aider, sans bouger son bras. Ce qui résulte en un mauvais pressentiment. Peut être qu'Hayato aurait du insister un peu plus sur les causes conséquences des os cassés. Il peut nettoyer une coupure. Il peut trouver de la glace pour les ecchymoses. Il peut même remettre une épaule disloquée, et envisager de recoudre une plaie béante. Mais il ne peut pas gérer une situation incluant, au choix, des os brisés, des saignements internes, des organes touchés.
"Ce n'est pas cassé -"
Donc les carnivores font dans la télépathie maintenant. De mieux en mieux. Non seulement on n'est plus tranquille chez soi, mais dans sa propre tête non plus. Merveilleux.
"- je pense."
Hayato peut le frapper, maintenant ? Si Hibari a l'énergie de sourire, pourquoi est ce qu'il ne fait pas quelque chose de plus utile, comme par exemple se traîner à un hôpital ? Ce sourire donne envie à Hayato de détruire quelque chose. C'est plein d'arrogance, et de froideur, et tellement, tellement Hibari.
La veste enlevée, il va sans doute falloir des ciseaux, et de l'eau chaude, pour retirer la chemise sans faire plus de dégâts. Quelque chose a fait une coupure, aux bords plutôt propres, ce qui suggère un cutter. C'est presque ininterrompu, en travers du bras s'arrêtant à côté du coude, puis s'étalant sur l'avant bras, juste sous le coude, presque jusqu'au poignet. Définitivement un grand coup de cutter.
Derrière le bar, Hayato attrape un bol, qu'il remplit d'eau tiède, et un torchon à vaisselle propre à carreaux.
Agenouillé près du canapé, il pose délicatement le bras sur l'accoudoir du canapé, et tamponne la plaie, en ignorant la respiration qui se précipite au dessus de sa tête. Il n'a pas besoin de lever les yeux pour savoir que la mâchoire d'Hibari s'est crispée, et qu'il serre les dents. Mais Hayato vérifie qu'Hibari ne regarde pas ce qu'il fait, défait rapidement le bouton de manche, sur le poignet, et déchire la manche de chemise. Il tire sans délicatesse, et du sang vient avec le tissu, mais l'eau tiède a fait son travail, et le sang déjà coagulé n'accroche pas trop la chemise à la plaie.
C'est profond. Surtout la partie sur l'avant bras. Il suffirait qu'Hibari plie légèrement le bras, pour que les deux coupures s'alignent, et ça confirme la théorie du coup de cutter unique, sur son bras. Mieux vaut sur son bras, qu'ailleurs.
"Tu en as d'autres des comme ça ?"
"..."
Pourquoi attendre une réponse qui ne viendra jamais, quand il pourrait ne pas poser de question et être déjà de retour avec sa trousse de pansements, bandages, et désinfectant, franchement ...
Une bonne dizaine de minutes plus tard, le bras est bandé du poignet jusqu'à l'épaule, et Hayato peut jurer avoir vu du coin de l'œil le visage du blessé esquisser des grimaces de douleur. Ce n'est pas aussi perturbant que ce qu'il imaginait.
Après, il y a quelques coupures légères sur l'autre bras, et des bleus sur le tranchant de sa main, sans doute après avoir repoussé des coups puissants à coups de tonfas. Il y aussi des traces de lutte sur le torse, et des anciennes traces, des ecchymoses qui ont tourné au jaune pâle, et dont Hayato reconnaît les emplacements. Il essaie de ne pas voir, pour faire comme s'il ne s'en souvenait pas. Pourquoi se souviendrait il des blessures que ce stupide gardien des Nuages portait il y a deux semaines ?
"Il y a autre chose ?"
Il y a un silence d'abord, mais cette fois-ci, Hayato ne lâche pas le morceau. Il garde les yeux rivés sur Hibari. Il s'assoit en tailleur, parce que le sang commence à avoir du mal à circuler dans ses jambes, sans quitter Hibari du regard. Il ne fera rien avant d'avoir une réponse. Pas de thé, pas d'anti douleur, rien du tout. S'il faut en venir au chantage, il le fera. Rien n'est trop, quand il s'agit de ne pas terminer avec un macchabée sur son canapé, et un Dixième du Nom déçu de son comportement. Surtout si le macchabée s'appelle Kyoya Hibari.
Hibari soupire, et grimace en se penchant en avant. Il retire ses chaussures, sous le regard gris vert attentif, et pose sa cheville sur les jambes croisées de l'autre, avec une brusquerie probablement due à la fatigue.
La peau est brûlante au toucher, et la cheville qu'Hayato admirait la dernière fois n'est plus aussi fine, gonflée comme elle l'est aujourd'hui. Si elle était brisée, Hibari n'aurait pas été capable de marcher. Donc, il y a de l'espoir. Le propriétaire des lieux décide quand même de lever les yeux pour vérifier que son téléphone est bien sur le comptoir du meuble bar. Juste au cas où, pour cette histoire d'ambulance.
Hibari frissonne sous ses mains froides, et ne dit rien. L'os semble effectivement intact, et quelque soit le mouvement qu'Hayato force le membre à effectuer, l'autre ne laisse pas passer la plus petite indication d'inconfort, ou de douleur. Alors que ça doit faire mal, vu le gonflement de la cheville. Hibari est un emmerdeur borné et stupide.
Qu'il souffre en silence si ça lui chante, tiens.
Le pied est posé sur la moquette, avec juste ce qu'il faut de soin pour ne pas empirer la blessure, et rien de trop. Après, Hayato fouille le tiroir congélateur de son petit frigo en marmonnant, jusqu'à en tirer une pochette bleue, d'une dizaine de centimètres de large, presque le triple de long. Il y a des scratchs bleus foncés dessus. Deux, dans le sens de la longueur.
Il en enveloppe la cheville d'Hibari, replie les velcros, sans trop serrer. L'autre recommence à frissonner, et Hayato se demande pourquoi il dort parfois sur le toit de l'école, s'il est frileux comme ça. La veste de l'uniforme de l'école ne tient pas vraiment chaud, et le vent souffle souvent, là haut. Même si c'est en plein soleil, il n'y fait pas bon dormir, quand on est frileux.
Mais peut être qu'Hibari n'est pas frileux, et qu'il est juste vraiment fatigué. Ce serait même pour ça qu'il serait venu ici ce soir. Venu chercher refuge. Quand est ce que l'appartement d'Hayato avait gagné une plaque 'soins gratuits et aimables pour Gardien Vongola du Nuage' ?
"Essaie de ne pas trop la bouger. C'est probablement une entorse."
Ledit Gardien Vongola du Nuage hoche la tête, et ramène sa jambe sur le canapé. Il retrouve la même posture repliée que la dernière fois, à peu de choses près. Son bras bandé reste ballant. Il n'a pas l'air aussi méfiant. Juste fatigué, et sur ses gardes.
Il faut quelques secondes à Hayato pour retrouver la couverture en polaire qu'il garde toujours près du canapé, et la lancer à Hibari, qui l'attrape d'une main, sans bruit.
"Je vais faire du thé."
Parler ne sert guère qu'à faire raisonner sa voix, et c'est pitoyable. Mais c'est rassurant, et ça aide le plus jeune à se rappeler qu'il est chez lui, et que l'intrus n'est pas lui. Tout ce silence le rend nerveux, parce qu'il n'y a eu qu'un seul petit 'herbivore' depuis l'arrivée d'Hibari. Il en viendrait presque à vouloir se faire insulter.
La présence d'Hibari est perturbante, que dire de plus.
Peut-être qu'il a senti qu'Hayato ne mettrait jamais à la porte quelqu'un qui a aidé à protéger Tsuna, ou simplement quelqu'un de blessé. Ou peut-être qu'il ne voulait pas aller à l'hôpital, ou voir un médecin, aujourd'hui. Peut-être qu'il teste simplement la patience du Gardien de la Tempête.
Ce n'est pas un piège. Ça ne peut pas être un piège, parce qu'Hibari ne joue pas de pièges comme ça. C'est trop sournois, trop éloigné des combats francs et directs, trop peu violents, pour Hibari. Et c'est forcément vraiment Hibari. Chrome ne laisserait pas Mukuro prolonger une farce de ce genre sans bonne raison, et Hayato n'a trouvé aucune bonne raison qui justifierait ça.
Donc ce n'est pas une arnaque, il n'y a pas de truc.
Juste Hibari blessé dans son appartement.
La bouilloire siffle, et il n'arrive pas à se rappeler pourquoi il n'a pas simplement mis une tasse d'eau au micro ondes, comme la dernière fois.
Il pourrait mettre Hibari dehors, maintenant. Avec sa cheville, le chef du comité de discipline ne devrait sûrement pas marcher, mais c'est accessoire. Ce qui ne l'est pas, c'est pourquoi Hayato ne le met pas à la porte, et lui prépare même une tasse de thé. Mais il a envie d'une tasse de thé aussi. Et d'une cigarette.
Ce serait cruel, une farce de ce niveau, avec un faux Hibari.
Mais ça n'en est pas une.
La coupure, sur le bras, est profonde. Peut être qu'Hayato aurait du appeler une ambulance malgré tout. Mais il n'y avait pas de veines ou d'artères importantes touchées. Il n'y avait pas assez de sang pour ça, même s'il y en avait déjà pas mal. Assez pour faire une large tâche sombre sur son paillasson, puis sur son canapé, et l'eau qui lui a servi à nettoyer le bras était écarlate, quand il l'a jetée, et on ne distinguait plus le fond du contenant.
Le thé est fumant dans les tasses. Mais Hayato ne donne pas tout de suite la tasse. Il fait un détour par la salle de bains. Pour les antidouleurs. Deux comprimés. Un et demi. Deux. Un et demi.
Hibari supporte bien la douleur, et il n'a pas vraiment le gabarit d'un lutteur de foire. Il ne manquerait plus qu'une overdose de paracétamol.
-Mais il en faudrait plus, pour une overdose, bien plus. Et Hayato sait très bien ça-
En revenant dans la pièce principale de l'appartement, il s'aperçoit qu'il a oublié un détail. Il fronce les sourcils, désapprobateur envers sa propre négligence. Si Hibari doit vraiment passer la nuit ici, inutile qu'il le fasse avec du sang séché sur la figure.
Hayato aurait l'impression d'avoir laissé entrer un vampire.
Donc, finalement, après un deuxième tour à la salle de bains, la tasse de thé est présentée à Hibari, avec un comprimé et demi de paracétamol, et une serviette mouillée. Juste un carré d'éponge au bords effilochés. Probablement parce que ça a du être découpé dans une serviette de bain. Mais Hayato ne se souvient plus du pourquoi. Sans doute qu'il avait une bonne raison.
Devant le regard interrogateur, du moins, Hayato imagine que c'est un regard interrogateur, il se sent obligé de s'expliquer. Ce dont il a horreur. De se sentir obligé de faire quelque chose. Expliquer n'a jamais été un problème, pour Hayato, quand on lui demande gentiment.
"Tu as du sang sur le visage."
Hayato retient le 'essuie-le' qui menace de sortir avec cette phrase, parce que, vraiment, Hibari n'est pas un enfant plus jeune que lui à qui il faut dire de s'essuyer le visage, et qu'on ordonne pour un oui ou pour un non. De ce qu'Hayato a pu en voir, le plus vieux ne supporte l'impératif que dans une seule bouche. La sienne.
Maintenant est un bon moment pour se souvenir d'où se trouve le produit nettoyant pour moquette, qu'Hayato a du acheté un jour de bonnes résolutions. Sauf qu'il se fait tard -minuit approche, et il se sent fatigué. Il sera toujours temps de s'en occuper demain. Demain, le sang aura séché, et la moquette sera irrécupérable. Il peut toujours acheter un tapis, mais ça coûte cher. Et Hayato a horreur des tapis.
Il ne veut pas laver sa moquette juste devant Hibari, aussi. Il a encore un peu de fierté. Il a aussi horreur des tapis. S'il ne fait rien, il saura que cette tâche est là. Que c'est le sang d'Hibari. Il sera perturbé toute la nuit. Et après, à chaque fois qu'il posera ses yeux dessus. S'il achète effectivement un tapis, il ne pourra pas s'empêcher de penser à ce qu'il y aura dessous. Avant qu'il ne comprenne ce qu'il se passe, ça tournera à l'obsession.
Il y pensera en permanence. Jusqu'à être distrait.
Là, il fera une erreur.
Une erreur dramatique.
Et ce sera le drame. Il se fera tuer. Blesser. Incapaciter. Pire. Et il arrivera quelque chose au Dixième du Nom par sa faute.
... Non.
Non, le sang d'un enfoiré comme Hibari ne peut pas avoir de tels pouvoirs.
N'est ce pas ?
Toujours est il que la présence de ces tâches va le perturber. Hayato a besoin de ses heures de sommeil, dans la mesure où aucune insomnie -hum, sonnette stupide, hum- ne vient l'empêcher de dormir. Donc, le nettoyage gagne. De peu.
Sa tasse de thé s'est vidée sans qu'il ne s'en aperçoive, tout à ses réflexions, sans même qu'il ne se brûle la langue. Il n'a aucune excuse pour repousser la corvée. Si Hibari dit quelque chose, blessé ou pas, entorse ou pas, il le met à la porte. Même s'il a dit il y a deux semaines que Hibari pouvait rester aussi longtemps qu'il le souhaitait. C'était il y a plusieurs semaines.
Il y a prescription.
"Tu as froid ?"
Non pas qu'il l'air frigorifié, blotti de son mieux sous la couverture en polaire, au fond du canapé. Hibari est pâle. Fatigué. Blessé. Et frigorifié. Et il reste là à attendre.
Hayato se sent encore plus perturbé.
"Je ne mords pas quand on me parle, contrairement à d'autres. Alors si tu pouvais envisager la possibilité de me répondre, ce serait fantastique, et je t'en serais très reconnaissant."
De préférence avec sujet verbe complément, pour avoir une phrase complète, et compréhensible. Bien que si ça continue, Hayato sera capable de décrypter presque n'importe quoi de carnivore à herbivore. Le sarcasme n'est sans doute pas la bonne solution pour pousser Hibari à la communication, mais Hayato ne l'est qu'à demi, sarcastique. Ce serait tellement plus simple, d'avoir des réponses, d'être assuré que tout va bien, ou du mieux que ça puisse aller, et de pouvoir aller dormir.
"Je vais ouvrir la fenêtre et fumer. J'ai le droit de fumer chez moi, tu peux arrêter avec le regard noir, je n'ai vraiment pas envie de me battre, et toi non plus. D'ailleurs, tonfas ?"
Hibari bouge, et deux tonfas sortent de sous la couverture. Comme par enchantement. Il les garde proches de lui, mais ne les range pas. C'est un bon signe, parce qu'il ne les a pas non plus vraiment en main. Ce qui le rend beaucoup moins menaçant, soudain.
"Okay. Maintenant, encore une fois. Est -ce que tu as froid ?"
Un simple petit 'herbivore' fera l'affaire. Le Gardien de la Tempête est même prêt à se contenter d'un 'Hayato Gokudera'. Voir l'autre refuser de parler à ce point est perturbant. Même si Hibari n'est pas d'un naturel bavard, il n'est pas non plus muet, et personne n'est à l'abri de ses remarques froides, en journée, à l'école.
Hochement de tête.
Hayato se demande sincèrement s'il doit se pendre ou sauter de joie.
Au moins, c'est une réponse.
Il part chercher la couverture en laine de la dernière fois, celle qu'il range dans sa chambre. Pour faire bonne mesure, il ramène avec un des deux oreillers qui traînent sur son lit. Dans le pire des cas, Hibari lui renverra à la figure, et Hayato n'a pas peur de se prendre un oreiller dans la figure. Ce sera juste vexant.
L'oreiller ne lui est pas renvoyé en pleine tête. La couverture non plus. En fait, celle-ci est même accueillie avec l'équivalent d'un empressement important pour Hibari. Il ne tarde pas à presque disparaître dessous, mains et menton compris.
Hayato essaie de ne pas trop regarder dans sa direction. Il fume doucement, appuyé contre le mur, les jambes croisées, soufflant la fumée dans l'ouverture de la fenêtre, et l'air froid de la nuit. Il devrait penser à fermer les volets, parfois, mais il est heureux de ne pas l'avoir fait ce soir. Les ouvrir aurait été casse-pieds. La flemme aurait eu le meilleur de lui, et il a besoin de la cigarette qu'il fume actuellement, de voir le bout rougeoyer, et la fumée s'envoler en volutes, et se dissoudre dans les températures froides extérieures. Mais en fait, il ne fait que repousser le moment où il devra chercher un produit nettoyant, et frotter la chose grise, fine, et morne qui a le titre de moquette.
Quand la cigarette est finie, consumée jusqu'au filtre, la cendre envolée avec la fumée, dehors, l'adolescent n'a qu'une envie, c'est en attraper une autre. Mais son paquet doit tenir jusqu'à demain, et il vaut mieux économiser, juste en cas d'urgence. Il y a aussi le fait que la moquette, pitoyable ou pas, ne va pas se nettoyer toute seule, et qu'après, Hayato a encore dans l'espoir de profiter de quelques heures de sommeil.
Après une longue et attentive recherche de plusieurs minutes, et une tête cognée dans l'étagère en haut du placard de l'entrée, le Gardien de la Tempête tient victorieusement une bouteille poussiéreuse avec un logo aux couleurs vives prônant son efficacité incomparable. Trouver un seau pour diluer un peu le produit est heureusement plus simple. En fait, il y a même une brosse dure juste à côté du seau, dans le placard sous l'évier. Quelle chance.
Hayato s'agenouille près de la principale tâche, qui fait à peu près la taille de sa main, et se met au travail, sortant la brosse de l'eau savonneuse. Il sent peser sur lui le regard de l'autre, et a beaucoup de mal à ne pas s'énerver, et, étrangement, à ne pas rougir.
Foutu enfoiré de merde.
Il ne pouvait pas se battre à l'autre bout de la ville, hum ?
"Arrête de me regarder comme ça !"
D'accord, ça ressemble plus à un marmonnement qu'à un juste cri de guerre. Mais à quatre pattes par terre, une brosse à la main, c'est dur de donner un air digne et sûr de soi, en face d'un type qui passe son temps d'ordinaire à frapper tout ce qui bouge dans son champ de vision, ou presque tout.
De toute façon, avoir l'air confiant face à Hibari touche à l'impossible, à moins d'être excellent acteur, comme le Gardien du Brouillard, Mukuro, ou à moins d'être un abruti total.
Et Hayato n'a pas vraiment envie de crier sur Hibari. Juste qu'il arrête de le regarder. Facile, non, pour un carnivore censé être le summum du contrôle et le sommet de la chaîne alimentaire, non ? ... Oubliez ça.
Après avoir chassé les gouttelettes de sang tombées sur le chemin de la porte au canapé, l'eau sale est jetée, et la brosse abandonnée dans l'évier. Il sera toujours temps de la nettoyer correctement demain, elle. A minuit passé, Hayato s'autorise à être flemmard, et à planter là tous les emmerdeurs.
Sauf sa soeur, bien sûr.
Et le Dixième du Nom.
Et Hibari, visiblement.
"Ne détruis rien. Ne pars pas te balader à pied sauf si tu tiens à amocher vraiment ta jambe. Claque la porte derrière toi si tu le fais. "
Les yeux bleus s'étrécissent, et même s'il ne voit pas, Hayato sait que l'autre a les lèvres pincées, et la mâchoire serrée. Hibari a horreur des ordres, sous toutes leurs formes. Mais l'adolescent à l'accent italien presque discernable avec la fatigue, continue avant que Hibari ait le temps de protester, ou de lui envoyer quelque chose à la tête.
"Tu peux rester aussi rester aussi longtemps que tu veux. Juste, ne détruis rien, d'accord ?"
Pendant un moment, aucun d'eux ne bouge, et l'atmosphère de la pièce tourne à l'irrespirable. Hayato a sommeil, mais il aurait aimé une réponse, un signe de tête, quelque chose, à la place de ce regard bleu bleu bleu, si bleu que ça devrait être interdit, si bleu que c'est perturbant, et merde, Hayato a vraiment besoin de dormir. Maintenant. Dormir, pas rester là à observer Hibari blotti dans son canapé, sous deux couvertures, un oreiller d'un côté, ses tonfas de l'autre. Il soupire. Et prend une dernière fois la parole.
"Okay ... Bonne nuit."
Les yeux bleus bleus bleus le suivent jusqu'à ce qu'il disparaisse dans sa chambre, et que le verrou résonne doucement, avec un clic désagréable.
Hayato se change rapidement, mal à l'aise dans son t-shirt souillé d'un sang qui n'est pas le sien, et se glisse sous les couvertures. Contrairement à ce qu'il imagine, le sommeil vient rapidement, malgré la présence d'Hibari, dans la pièce juste à côté.
Dans le canapé, Hibari se laisse glisser sur le côté, faisant passer l'oreiller sous sa tête. Ses tonfas à portée de main, les couvertures relevées jusqu'au dessus de sa tête, il cède doucement à la somnolence.
Il se sent bien. La douleur dans son bras, et celle qui provient de ses bleus, un peu partout, est lointaine; la chaleur assurée par les deux couvertures l'entraîne dans les bras de Morphée.
Il se sent en sécurité.
Juste, cette fois encore, ce clic de la serrure de la chambre le dérange. Comme s'il était secrètement déçu de savoir que le Gardien de la Tempête, Hayato Gokudera, ne lui fasse pas vraiment confiance.
Le soleil filtre à travers les volets mal ajustés, mais il ne peut pas être si tard, parce qu'Hayato se sent toujours fatigué. Il essaie de se souvenir depuis combien de temps il a les yeux ouverts, sans y arriver. Le silence donne envie de se rendormir, et la pénombre encourage cette envie. Sauf que l'adolescent n'a pas vraiment envie de se rendormir. Quelque chose lui dit qu'il ferait mieux de se lever.
Peut-être parce qu'Hibari est dans son appartement.
Enfin, il espère que c'est Hibari qui est en train de se servir de la salle de bains.
Ce serait ennuyeux que ce ne soit pas lui.
Hayato n'a pas envie de gérer quelqu'un à l'identité indéterminée. Mais ça voudrait dire qu'Hibari serait parti, parce qu'il serait étonnant qu'Hibari laisse n'importe qui le déranger dans son sommeil. Ou alors, un intrus est entré et a tué Hibari. En silence. Sans réveiller Hayato. Et prend une douche maintenant plutôt que de tuer Hayato aussi.
Très probable.
Finalement, peut être qu'il ferait mieux de se rendormir, au vu des bêtises que son cerveau imagine, ce matin.
Après cinq bonnes minutes d'indécision, Hayato repousse sa couette, repositionne son oreiller, et localise un jean propre. Déchiré au genou droit, mais propre. A moins de tomber à court de cigarettes, Hayato ne compte pas sortir, ce matin. Il sera toujours temps d'en acheter durant l'après midi, et de passer voir si tout va bien du côté du Dixième du Nom.
La clé tourne dans la serrure sans à-coups, sauf qu'Hayato n'ouvre pas la porte, et retourne à son placard. Il en sort un pantalon de jogging pâli par le temps et l'usure, et un t shirt noir à manches longues. Il pose même une paire de chaussettes par dessus, et sort de sa chambre en fermant la porte derrière lui. La pile de vêtements est déposée à côté de la porte de la salle de bains, et Hayato toque à la porte, avec le dos de la main. Il ne s'attarde pas pour une réponse hypothétique.
La pièce principale de l'appartement est vide, les deux couvertures pliées sur le canapé, l'oreiller par dessus; et deux tonfas, juste à côté. Pendant un moment, Hayato ne fait rien d'autre que les fixer des yeux, une expression entre incrédulité, et ahurissement. Une porte derrière lui s'ouvre et se referme rapidement, et quand il se retourne, les vêtements qu'il a laissé près de la salle de bains ont disparu.
Il est peut être temps de s'agiter.
Japon ou pas, Hayato est resté attaché au petit déjeuner italien sucré. Manger du poisson, ou des œufs, ou même juste du riz, avant onze heures du matin, ne l'a jamais enthousiasmé. Une fois de temps à autre, pourquoi pas, après tout, il est au Japon. Mais quotidiennement, non.
Le matin, il a besoin de café. Et de sucre. Surtout, de familiarité. Soit un petit déjeuner qui ressemble, même de loin, à son pays d'origine.
Café. Le réservoir d'eau est vide, bien sûr. Il faut le remplir, trouver un filtre, et essayer de ne pas se noyer dans l'arôme du café moulu.
Pain. Le paquet de pain de mie est encore à moitié plein, bonne nouvelle. Deux tranches dans le grille pain, et deux autres à côté, au cas où le paquet sur le bar.
Jus de fruit. Multifruits, dans le frigo. A peine entamé. Hayato rafle aussi la petite bouteille de lait au passage, bien que lui n'en consomme pas au petit déjeuner. Pour les deux bouteilles, c'est direction le bar, à côté du pain.
Confiture. Dans le placard, à côté des tasses. D'ailleurs,
Vaisselle. Deux tasses. Deux petites cuillères. Deux verres. Un petit couteau à bout rond, pour la confiture. Destination, le bar.
Il ne reste qu'à mettre la bouilloire à chauffer, et à sortir les sachets de thé.
Malgré tout, Hayato imagine déjà le regard désapprobateur de Hibari, ses yeux plissés, et l'arrogance dans le pli de sa bouche. Ce n'est sans doute pas le genre de repas qui fait partie des habitudes de Hibari, mais le Gardien du Nuage est celui qui venu frapper à sa porte.
Hayato s'assoit, et fixe la cafetière, parce que fusiller du regard un objet le fait toujours fonctionner plus rapidement. Quand la bouilloire siffle, il ne l'entend pas, hypnotisé par les gouttes de liquide noir qui tombe dans la carafe prévue à cette effet. Par contre, il remarque quand la bouilloire arrête de siffler. Parce que brusquement, Hibari est là, dans la pièce, bien qu'Hayato ne l'ait pas entendu arriver.
Contrairement à ce qu'il pense, Hibari garde un air plutôt neutre. Ses cheveux sont encore mouillés. L'eau goutte le long des mèches noires, et roulent sur la peau blanche, glissant sur la nuque et dans le cou. Et le haut noir lui va mieux qu'à son propriétaire original. Pas juste.
Parfaitement à l'aise, il laisse son thé refroidir en tartinant une tranche de pain grillé avec la confiture.
"Herbivore ... ?"
Peut-être qu'Hayato devrait s'occuper de son petit déjeuner à lui, plutôt que de suivre des yeux les moindres mouvements d'Hibari. Il prend néanmoins note que bonjour semble ne pas exister, chez les carnivores. Pour une fois, c'est aussi bien.
Hayato n'a aucune envie de souhaiter une bonne journée à Hibari. Encore moins dès le matin, avant la moindre absorption de caféine ou de nicotine.
En réponse au ton interrogateur, il hausse les épaules, et se concentre sur la cafetière. La carafe est à demi pleine, et le café ne coule presque plus. Il remplit sa tasse à ras bord.
Malgré lui, ses yeux reviennent sans arrêt vers le Gardien des Nuages.
Il y a quelque chose de fascinant à le voir agir comme quelqu'un de normal, et pas comme un psychopathe avec une obsession malsaine pour le règlement de l'école, et le règne animal appliqué à la race humaine.
Le petit déjeuner passe vite, et après avoir entassé la vaisselle dans l'évier, Hayato fume, près de la fenêtre entrouverte. Les tonfas sur le canapé ont disparu. Hibari sirote la fin d'une deuxième tasse de thé. Hayato commence presque à comprendre pourquoi il ne parle pas.
C'est infiniment plus simple, comme cela.
Pas besoin d'explications impossibles à fournir.
Pas besoin de se poser la question pourquoi a-t'il ouvert sa porte hier soir, pourquoi Hibari est il familier des petits déjeuners sucrés, assez pour esquisser un sourire sincère en préparant ses tartines, et ne pas avoir l'air étonné une seule seconde.
C'est plus facile de faire comme si Hibari et lui ne se détestaient pas, le reste du temps. Détester est un mot fort. Hibari n'aime personne. Et Hayato n'aime personne qui n'apprécie Tsuna. Mais détester n'est pas le bon mot, et aujourd'hui encore plus.
Hayato fume, et se demande si maintenant Hibari et lui seraient considérés comme des amis.
Il ne considère pas Hibari comme un ami, mais il considère vraiment peu de personnes, comme des amis.
Mais Hibari n'est pas un ennemi, et Hibari n'est plus tout à fait un étranger. Hibari est un Gardien Vongola, comme lui. Peut être que ça suffit, comme définition.
Pourtant, quand Hibari retire le haut noir, et s'assoit en lui tendant son bras, pourtant, en refaisant le bandage, après avoir désinfecté la plaie, qui ne saigne plus du tout, en sentant les frissons courir sous ses doigts, Hayato se demande, si ça suffit vraiment, comme définition. Ses doigts s'attardent presque trop, mais il se donne bonne conscience, en se disant qu'il vérifie qu'il n'y a pas d'infection qui s'installe.
C'est quand même profond. Hibari ferait mieux de voir un médecin. Plutôt que de lui faire confiance.
Hayato ne va même pas commencer à réaliser combien il est perturbant de savoir qu'Hibari lui fait confiance. Peut être juste dans certains cas. Ou peut-être qu'Hibari se moque totalement des risques qu'il prend. Sauf qu'il y a cette position, recroquevillée, où il semble se faire le plus compact possible, pour ne pas prendre de place, ou pour mieux se protéger.
Contre quoi ?
Il est trop tôt pour tout ce bazar.
Et de toute façon, tout ça n'est pas le problème d'Hayato. Enfin, si.
Si, ça l'est depuis hier soir, que Hibari est venu sonner à sa porte de son plein gré, et qu'il l'a laissé -invité- à entrer.
Hibari a remis le haut, récupéré les vêtements qu'il portait en arrivant. Hayato lui trouve même un sac en plastique qui fait un bruit terrible, après tout ce silence.
"Attends, je vais te trouver une veste."
Mais Hibari hausse un sourcil, croise les bras, avec le sac blanc à la main.
Il sourit, et s'en va, en claquant la porte derrière lui, juste assez fort pour qu'elle se referme correctement.
Il sourit.
Pour un peu, le propriétaire de l'appartement irait se recoucher.
A la place, il passe presque une demie heure sous le jet d'eau chaude de sa douche, à essayer de se vider la tête, et de se concentrer sur le tableau périodique des éléments, plus particulièrement tous les éléments menant à une explosion digne de ce nom.
Plus d'une heure après, Hayato est allongé sur son lit, une tasse de café par terre, à côté du lit, et une cigarette à la main, le cendrier placé sur son estomac, par dessus un livre de physique ouvert sur les explosifs.
Finalement, peu après l'heure du déjeuner, il se change, pour adopter une tenue plus adaptée aux températures hivernales extérieures, et part se balader du côté de la maison des Sawada.
Il oublie d'acheter des cigarettes en chemin.
Il passe le reste de l'après midi à le regretter.
Les plans de Reborn sont toujours si originaux ... Mais si stressants.
Quelques se- huh, non. Quand Hibari sonne à nouveau à la porte, c'est quelques jours plus tard, moins d'une semaine après la dernière fois, en fait. Il est minuit, et le Gardien des Nuages est aussi fatigué que les deux autres fois, avec les yeux cernés, les épaules légèrement voûtées, et une respiration presque bruyante, fatiguée quand on connait un peu Hibari. Il ramène les vêtements que Hayato lui avait passé, et un paquet de cigarettes neuf.
Il ne dit rien, et Hayato non plus.
Il n'y a pas grand chose à dire. Et Hayato ne peut pas s'empêcher de regarder les cigarettes avec un œil incrédule, comme si elles allaient disparaître. Du coin de l'œil, il surprend même Hibari à détourner le regard, avec un léger rouge aux joues. Sauf que c'est Hibari, donc les yeux du gardien de la Tempête doivent lui jouer des tours. Hibari ne rougit pas. ET LUI-MEME NON PLUS.
Hayato se demande s'il ne va pas finir par laisser de manière définitive les deux couvertures sur le canapé.
Le lendemain matin, quand il se lève pour aller en cours, il n'y a plus qu'une tasse propre qui sèche dans le vaisselier, et aucune trace de Hibari, à part ce paquet de cigarettes sous plastique, sur le comptoir.
Hibari a envoyé un certain nombres de types à l'hôpital, ce soir là.
Mais il ne reste qu'un être humain, donc face au surnombre d'ennemis, la fatigue, ... Toutes les raisons sont bonnes pour amocher Hibari, après tout.
Ah, la prochaine fois on égalise le score et on tape sur Hayato, promis.
Grand merci à Tsu.
