Chapitre 3 : Discussion…au pluriel

Une fois la porte de sa chambre fermée, Tania s'effondra sur son lit.

- Enfin seule, souffla-t-elle. Je n'aurais pas pu supporter la phase " serrages de mains et accolades avec Harry Potter ", je déteste les explosions de sentiments. Non merci, très peu pour moi…

Elle se leva, s'approcha de son bureau et s'assit sur la chaise. Tania ouvrit le premier tiroir dans lequel se trouvait un petit livre rouge, qu'elle prit et déposa sur le bureau. Se munissant d'une plume noire et d'un encrier, elle commença à écrire.

" Je crois qu'après ces trois semaines, j'ai réussi à m'imposer. La preuve, aujourd'hui, j'ai participé au transfert de ce cher Potter. Il faut dire que j'ai toujours eu l'art et la manière de séduire les personnes qu'il me fallait.

Ce dernier, avec sa maladresse habituelle, est tombé, et m'a obligé à utiliser un sortilège de Cassure (…)

Dumbledore m'a demandé de (…)."

Quelques minutes et deux pages plus tard, Tania déposa sa plume, se leva et s'enferma dans la salle de bain. Après quelques secondes, on entendit l'eau couler.

- Ah ! Il n'y a rien de tel pour dégourdir ses membres endoloris, fit-elle, une fois sortie de la pièce, habillée d'un simple training rouge et or.

Tania se dirigea vers le bureau et regarda le petit livre.

- Les mots ont disparu, parfait ! Le sortilège que j'ai appliqué semble marcher à merveille, dit-elle en le rangeant. Allons voir ce que font les autres.

Elle sortit de la pièce, descendit les étages pour arriver dans les escaliers menant à la cuisine. Là, elle s'arrêta. Une conversation intéressante semblait avoir lieu. Elle s'approcha à pas de loup pour écouter. Black parlait.

- …mais réunir des partisans n'est pas le seul but qu'il souhaite atteindre. Nous pensons que Voldemort cherche à obtenir quelque chose.

" Attention Black, n'en dis pas trop." pensa Tania.

- Sirius ! grogna Maugrey.

- Une chose qu'il n'avait pas la dernière fois, continua-t-il, malgré tout.

- Tu penses à une arme, suggéra Harry.

" Là, tu vas trop loin."

- Non ! Tu n'en diras pas plus ! Autant le faire entrer dans l'Ordre tout de suite, s'écria Molly.

- Parfait ! Je veux en être ! rétorqua Harry.

Sur ce, Tania poussa la porte de la cuisine.

- Il est tout simple hors de question que tu entres dans l'Ordre, Potter !

- Mais pourquoi ? Si Voldemort lève une armée, je veux me battre !

Harry avait dit cela tout en se levant, faisant face à Tania. Bien qu'étant grand, elle le dépassait de près d'une demi-tête.

- C'est non ! L'Ordre n'admet que des sorciers ayant atteint leur majorité et fini leurs études. Et je crois bien que tu ne remplis aucune des deux conditions, lui dit-elle avec un petit sourire à la Malefoy.

- Je suis sûr que Dumbledore…

- Si je dis non, Dumbledore dira non !

- Vous croyez qu'il porte de la valeur à votre jugement, mais je suis sûr que le mien est plus important à ses yeux, dit-il avec arrogance. Après tout, je suis celui qui a survécu.

Tania le regarda dans les yeux. Une lueur inquiétante brillait au fond de ses yeux bleus. Si Harry ne savait pas qu'elle était de leur côté, il aurait reculé.

- Dumbledore est plus attaché à ma personne qu'il ne le sera jamais à la tienne, commença-t-elle d'un ton calme et froid. Tu n'es pour lui qu'un phénomène ! Crois-tu qu'il s'intéresserait à toi si tu n'avais pas été la cible de Voldemort ?

C'est vrai, elle marquait un point. Il s'était déjà posé cette question des milliers de fois, tout en ayant peur de connaître la réponse.

- Non, bien sûr que non, continua-t-elle, sentant qu'elle touchait un point sensible. Dumbledore ne t'accorderait pas plus d'attention qu'à un simple élève. Tu ne connais rien d'Albus Dumbledore.

- Je suis convaincu du contraire.

Personne ne disait mot, pétrifié par l'étrange échange et avide d'entendre la suite.

- Ton arrogance te perdra, Potter, reprit Tania. Si j'étais toi, ce qui n'est heureusement pas le cas, je ne ferais pas autant confiance à Dumbledore.

- Et pourquoi ?

Le sourire de Tania s'élargit.

- Et bien, cet homme cache des choses, beaucoup de choses. Je l'ai appris à mes dépends. Et ne t'attends pas à ce qu'il t'aide le jour où tu devras affronter Voldemort, il te laissera faire face…seul. Alors, évite de t'attirer des ennuis cette année. Cela vaudra mieux, pour toi, comme pour nous.

- Serait-ce des menaces ?

Elle s'approcha de lui, et s'abaissa pour avoir ses lèvres à hauteur de son oreille, murmurant pour que seul lui l'entende.

- Non ! Mais là, s'en est : fais un seul pas de travers, un seul, qui entraîne l'intervention de l'Ordre et de personnes innocentes, et je te jure qu'être entre les mains du Seigneur des Ténèbres ne sera rien comparé à ce que je te ferais subir.

Tania s'écarta subitement, comme si elle s'était brûlée.

- Molly, aurais-tu l'obligeance de me donner de quoi grignoter s'il te plaît, je suis affamée.

- Oh, mais bien…bien sûr ma chérie, dit-elle, sursautant d'être appelée.

Molly lui tendit un plateau.

- Merci, Molly. Bonne nuit tout le monde ! Et Potter, réfléchis bien à ce que je t'aie dit.

Elle sortit de la pièce sans plus de cérémonie. Après quelques minutes de silence, Lupin prit la parole.

- Je dois aller lui parler. Les enfants, vous devriez aller vous coucher, il se fait tard.

Il allait sortir, mais se rétracta.

- Ah oui ! Siri, Dumbledore m'a remis ça pour toi. Je n'y ai pas touché. Bonne nuit, dit-il en embrassant sa fille sur le front.

- Bonne nuit, papa…

- Je te rejoins plus tard, lança-t-il à sa femme.

Et il sortit, monta jusqu'au deuxième étage, tourna à gauche et frappa à la deuxième porte.

- Oui, qui est-ce ?

- Tania, c'est Remus. Je peux entrer ?

- Si c'est pour me dire que j'ai eu tort de m'en prendre à Potter, tu peux retourner d'où tu viens.

- Non, je dois te parler d'une autre affaire. Concernant Harry, je suis tout à fait d' accord avec toi, même si je trouve que tu as été dur avec lui.

- Oh bon, ça va ! Entre.

Il poussa la porte. Tania était assise sur son lit, un livre ouvert dans les mains avec le plateau que Molly lui avait préparé à côté.

- Eh bien, dit moi ! Tu es installée comme une reine, lança Remus d'un ton moqueur.

- Ah ah ! rigola-t-elle en lui passant la langue.

- Très élégant ! Que lis-tu ?

- " Le pouvoir des sortilèges " par Emilia Goodwik. C'est très intéressant.

- Vraiment ?

- Enfin non ! C'est mortellement ennuyeux, mais tu n'es pas venu ici pour me faire la lecture, pas vrai ?

- Non, c'est vrai. Je suis venu te parler d'une chose très importante alors, j'aimerais que tu m'écoutes attentivement.

- Très bien, tu as toute mon attention. Alors ? dit-elle avec un sourire.

- Et bien, je voudrais connaître la raison pour laquelle tu as refusé la proposition de Dumbledore.

Une fois la phrase prononcée de la bouche de Lupin, le sourire qui ornait les lèvres de Tania disparu.

- Oui, je me doutais bien que ce sujet reviendrait sur le tapis. Je ne dis pas ça pour t'offenser, mais mêles-toi de tes affaires et accepte mon choix, répondit-elle en se dirigeant vers la porte, qu'elle ouvrit. Maintenant que je t'ai répondu, je voudrais que tu me laisses retourner à ma lecture, merci et bonne soirée.

Seulement, Lupin ne semblait pas disposé à vouloir quitter la pièce.

- Si tu crois que je vais me satisfaire de ce semblant de réponse, tu es tombée sur la mauvaise personne…

- Ca, j'avais remarqué, dit-elle d'un ton piquant en refermant la porte.

- …et je n'ai pas l'intention de partir d'ici sans avoir obtenu une réponse…

- J'avais cru comprendre.

- …cohérente de ta part. As-tu peur de te retrouver face à face avec Voldemort ?

La question, aussi directe, surprit Tania.

- Je ne m'attendais pas à ce que tu attaques de front. Et, pour répondre à ta question : non, je n'ai pas peur de me retrouver face à Voldemort.

- Tout le monde à peur de lui ! Nier l'évidence est stupide de ta part, Tania.

- Tu es sourd ou quoi ? dit-elle le plus calmement possible. J'ai dit qu'être face à lui ne me ferait pas peur. Je n'ai pas dit que je n'avais pas peur de lui ! Bien sûr qu'il m'effraye !

Lupin la regarda avec une expression qui voulait presque dire : " Je savais bien que l'inébranlable Tania avait peur de quelque chose ".

- Ne me regarde pas avec ce sourire victorieux, Remus. Je n'ai pas voulu dire que le personnage m'effraye, non ! Je n'ai pas peur de ses grandes colères, ni des endoloris qu'il lance à la chaîne, et encore moins de ses grands yeux rouges. Il m'effraye dans le sens où, je ne sais pas ce qu'il pourrait faire de moi s'il découvrait le pot aux roses, tu comprends ?

- Oui. Tu as peur de souffrir entre ses mains.

- Exactement ! Combien de personnes n'a-t-il pas torturées mentalement et physiquement avant d'avoir la bonté d'âme – si je peux dire ça – de les tuer.

Non, Remus, je ne me sacrifierais pas pour ce vieux fou.

- On ne te demande pas de le faire pour Dumbledore et encore moins de te sacrifier. On veut que tu le fasses pour le monde des sorciers, pour tous ces hommes, femmes et enfants qui sont morts, meurent et vont mourir à cause de la folie d'un seul homme.

Ils se turent pendant un moment. Lupin, espérant l'avoir convaincue et Tania, réfléchissant à ses paroles et aux conséquences. Puis, elle reprit la parole.

- C'est Dumbledore qui t'envoie, pas vrai ? dit-elle avec un regard féroce.

- Pourquoi ne lui fais-tu plus confiance ? Et pourquoi, sembles-tu tant le détester ? demanda-t-il d'une voix presque suppliante.

- Ce qu'il s'est passé entre Dumbledore et moi ne te regarde pas…Aller, avoue qu'il t'a demandé de me convaincre ! s'énerva-t-elle.

- C'est vrai, il me l'a demandé avant de partir.

Elle n'en revenait pas.

" Encore une tentative de manipulation de Dumbledore. Et il veut m'avoir par les sentiments en plus. " pensa-t-elle.

- Bien sûr ! Et toi, tu lui obéis à la lettre comme le bon chien-chien que tu es…Oh, excuse-moi, j'aurais dû dire comme le bon loup, fit-elle, ironiquement.

- Là, tu es offensante ! dit-il en essayant de conserver son calme légendaire.

- Il n'y a jamais que la vérité qui blesse !

- Bien, puisque tu le prends comme ça, je suppose que c'est un refus catégorique.

- Exactement !

- Albus va être déçu de ta réponse et de ton comportement, dit-il en ouvrant la porte.

- Bien lui en fasse !

- Parfait !

- Parfait ! cria-t-elle en claquant la porte derrière lui.

Lupin retourna dans sa chambre, où sa femme l'attendait déjà.

- Alors ? demanda-t-elle quand il eut ouvert la porte.

Il lui fit un simple non de la tête que Laïna comprit aisément.

De son côté, Tania était assise par terre, le dos contre son lit.

- Dumbledore, encore et toujours Dumbledore. Mais, quand va-t-il me laisser en paix ! Il n'a pas encore compris que j'en avais assez de ses mensonges et de ses magouilles, s'exclama-t-elle, balançant son livre à l'autre bout de la chambre. Tout est de sa faute…

En effet, elle se souvenait d'une discussion datant d'il y a cinq ans et qui avait changé à jamais sa vision d'Albus Dumbledore.

Flash Back

La jeune Tania Jones, élève de Gryffondor de septième année, était installée dans un fauteuil, face au professeur Dumbledore, une tasse de thé à la main.

- Comment se passe la préparation de tes ASPIC, Tania ? demanda le directeur d'un ton bienveillant.

- Très bien ! Je ne pense avoir aucun problème pour obtenir les notes maximales dans toutes mes matières.

- Parfait, vraiment parfait…

- Professeur ! Si je suis venue ici aujourd'hui, c'est pour obtenir une réponse à une question que j'aimerais vous poser depuis longtemps.

Ils se regardèrent un moment les yeux dans les yeux puis, le directeur lui fit signe de continuer.

- Bien. Je n'irais pas par quatre chemins : pourquoi m'avoir prise sous votre aile il y a quatre ans ? Je veux savoir ! Et pas d'entourloupes, professeur.

Dumbledore prit son temps, l'observant. Ce n'était plus l'enfant à qui il avait mit le Choixpeau sur la tête, non. Maintenant, elle était devenue une jeune femme réfléchie, talentueuse et téméraire.

" Il est temps qu'elle sache." pensa-t-il.

- Je suppose que tu te souviens du jour où j'ai déposé le Choixpeau magique sur ta tête pour qu'il puisse définir ta maison ?

- Bien sûr.

- Et te souviens-tu de ce qu'il t'a dit ?

- Et bien, je crois qu'il m'a dit quelque chose du genre : " Voici une petite fille bien curieuse. Tu as des qualités et des pouvoirs exceptionnels qui pourraient t'emmener loin, très loin. Et une grande largesse d'esprit et du courage…Qui préfères-tu entre Gryffondor et Serpentard ?

« Là, j'ai répondu Serpentard, car je me sentait attirée par cette maison et il a dit…" Vraiment ? Tu es sûr ! Moi, je pense qu'il vaudrait mieux t'envoyer à Gryffondor. " Et me voilà chez les Lions. »

- Bien ! Et as-tu été contente de ce choix ?

- Pas vraiment ! J'aime bien Gryffondor, mais j'ai toujours préféré Serpentard sans pouvoir en dire la raison…D'ailleurs, la plus part de mes amis sont à Serpentard, comme vous le savez. Ce jour-là, j'ai trouvé que le Choixpeau n'avait pas pris la décision qui me convenait le mieux.

- En fait, ce jour-là, ce n'est pas le Choixpeau qui a prit la décision. C'est moi !

- Quoi ? Mais, comment ? Pourquoi ? dit-elle d'une voix où perçaient clairement la colère et l'étonnement.

- Je lui ai simplement dicté la marche à suivre. Ecoute Tania, j'ai fait ça pour ton bien, uniquement pour ton bien. Quand je t'ai vu arriver, j'ai tout de suite compris que j'avais une personne au grand potentiel devant moi, et j'ai fait en sorte que ce potentiel ne soit pas gâché par une quelconque envie de pouvoir.

Tania ne disait rien, voulant entendre la suite.

- Tu sais, il y a plusieurs décennies maintenant, j'ai eu un autre élève promit à un grand avenir comme toi. Seulement, je n'ai pas fait les choses qu'il fallait et ce jeune homme a commis d'énormes erreurs qui l'ont conduit aux pires atrocités.

- Je sais de qui vous parler ! Vous faites référence à Ton Elvis Jedusor aussi appelé Lord Voldemort.

Dumbledore en resta estomaqué.

- Tu connais la véritable identité de Voldemort et tu prononces son nom.

- Avoir peur d'un nom ne fait qu'accentuer la peur de la chose elle-même. Vous avez une fois prononcé son nom et j'ai voulu savoir qui il était. Je suis une habituée de la bibliothèque, je sais où chercher. Il m'a été facile de faire le rapprochement. Jedusor est une personne intéressante, je dois dire.

Après ses paroles, Tania se leva et se dirigea vers la porte.

- En tout cas, je suis vraiment stupéfaite de savoir que vous m'avez comparée à ce monstre et que vous accordez si peu de confiance en ma faculté de décision. Pensez-vous vraiment que je pourrais finir comme lui ?

N'ayant aucune réponse, elle conclut :

- En tout cas, merci de m'avoir tout appris, professeur. Je suis sûre que j'en ferais grande utilité. Maintenant, je pense qu'il n'est plus nécessaire de poursuivre nos leçons, je n'ai plus rien à savoir de vous. Au déplaisir de vous revoir !

Sur ce, elle referma la porte derrière elle, la mine sombre.

Fin du Flash Back

C'est sur ce souvenir peut réjouissant que Tania s'installa dans son lit pour dormir.

Et voilà le chapitre 3 modifiée !