Chapitre 3 : Au nom du père, du fils …
Disclamer : Les personnages et l'univers ne m'appartiennent pas mais à AMC, The Walking Dead. Excepté le personnage de Jessica.
Bonjour, bonsoir cher lecteur, un nouveau chapitre en ligne pour vous. Merci à tous pour les reviews que vous me laissez, les remarques et tout ça fait toujours super plaisir. Un grand merci à Soso77G pour ses commentaires, ils sont trop chou ^^. Et aussi merci à toutes les personnes qui suivent mon histoire ça me touche beaucoup.
/!\ Certains propos ou événements pourraient heurter la sensibilité des plus jeunes, d'où le rated T.
Bonne lecture
Les deux frères étaient arrivés dans le quartier dans lequel ils avaient grandi. Les maisons avaient un peu vieilli, les voitures garées dans les allers étaient plus récentes mais, à part ça, rien n'avait changé. L'atmosphère qui y régnait était semblable à ce qu'ils avaient connu étant enfant. Il s'agissait d'un des quartiers les plus reculés d'Atlanta, du genre que tu as envie de quitter au plus vite, sans te retourner. Leur ancienne maison n'était plus qu'à une trentaine de mètre. Elle n'avait pas changé d'un poil elle non plus. Seule la peinture avait l'air d'avoir été refaite mais, Daryl pouvait encore voir des traces noirâtre à l'étage : c'était là-haut que leur mère était morte, brûlé vive par un feu qu'elle aurait elle-même déclenché selon les pompiers. Oui, cette maison gardait ses propres cicatrices, en bon membre de la famille Dixon.
Daryl avait tenté d'appeler sa demi-sœur plusieurs fois sur son téléphone portable mais personne ne répondait, ni elle, ni son père. Il avait dû lui confisquer, comme à son habitude, ou lui casser, ce ne serait pas une surprise. Aucun des deux n'était donc au courant de leur venue. Merle gara la voiture juste devant la maison et fixa des yeux son frère qui n'en menait pas large. Ils échangèrent un long regard : ils se comprirent, sans un seul mot. Ils ne savaient pas où commencer. Sonner, entrer, fuir, appeler, … Ils n'en avaient aucune idée. Et c'est alors que Merle enclencha le klaxon rouillé de la camionnette ce qui fit sursauter son frère.
- Mais qu'est-c' qu'tu fous, Merle ! s'écria-t-il en vérifiant qu'aucune créature n'était en vu.
- Si t' veux récupérer ta chère sœur, il va falloir qu'elle s' bouge le cul.
Il n'avait pas tout à fait tord mais si Jessica les entendait, alors leur père aussi, et ça, c'était une tout autre histoire. Daryl descendit de la voiture après avoir récupéré son arbalète qu'il avait placé derrière son siège, juste au cas où. Il jeta un œil à l'étage de la maison, il y vit une silhouette, c'était sûrement elle. Mais il n'en était pas sûr à 100%, cela faisait un moment qu'il ne l'avait pas revue, au moins 6 mois. La silhouette ouvrit la fenêtre avec difficulté et passa la tête à travers : c'était bien Jessica. Elle s'adossa à la fenêtre.
- Daryl, s'exclama-t-elle surprise, sa longue chevelure châtain flottant dans le vide. Mais qu'est-ce que tu fais là ?
- A ton avis ? J'allais pas t'laisser dans cette merde.
Elle ne répondit rien, mais malgré son grand sourire, Daryl vit bien qu'elle en avait les larmes aux yeux. C'était une sensible sa sœur, peut-être la seule de la famille. Elle n'avait peut-être que 16 ans mais personne ne lui montrait vraiment combien il tenait à elle, son frère était le seul à le faire. Et c'était bien dommage car cette petite était une vraie lumière dans sa vie de misère et elle méritait bien mieux que ça.
- Tu vas pas chialer gamine ? s'écria Merle en descendant à son tour de la voiture le fusil à l'épaule.
Elle ne répondit pas. Jessica ne devait plus se souvenir de l'aîné de la famille, ça faisait tellement longtemps qu'ils ne s'étaient pas revus. Elle l'observa d'un regard interrogateur en se redressant, attendant qu'il se présente.
- Merle, finit-il par dire en levant les yeux vers elle. Où est … Oliver ?
- Il est à la cave, il …
- Partez de chez moi !
Les deux frères mirent en joue la personne qui venait de les agresser. L'homme tenait son fusil de chasse à bout de bras, sûr de lui, prêt à tirer. Daryl ne le reconnu pas tout de suite : il était devenu énorme, et encore plus laid que dans ses souvenirs. Ses cheveux, enfin ce qu'il en restait, devenus blanc dégelasse étaient plaqué contre son crâne, des lunettes de vue ornaient ses yeux bleus pâle. Il était encore plus effrayant que dans son souvenir. Les trois mâles de la famille échangèrent de long regards interrogateurs, lui non plus ne semblait pas comprendre ce qu'il se passait. Daryl mima à Jessica d'aller préparer ses affaires. Ils ne resteront pas là indéfiniment. Une fois qu'elle fut rentrée dans sa chambre, Daryl posa un œil inquiet sur son grand frère. Il avait le même regard que lorsqu'ils chassaient tout les deux : les yeux sur son gibier, prêt à tirer. Un seul signe de la part de leur père, et il se retrouverait avec une balle entre les deux yeux, c'était à peu près certain.
Au bout de quelques secondes de silence, le temps que l'information soit imprimée, Oliver Dixon leva son fusil vers le ciel et suivi son autre main : un signe qu'il n'allait pas tirer. Les deux frères ne firent pas de même cependant : le connaissant, il mijotait quelque chose et il finirait par les plomber s'ils baissaient la garde. Le vieil homme leur souri, innocemment, comme s'il était heureux de les voir : peut-être était-ce le cas après tout, ils ne s'étaient pas revu depuis qu'ils avaient quitté la maison. Daryl l'évitait toujours quand il rendait visite à Jessica, il venait quand il était au travail ou se voyaient à l'extérieur. Peut-être regrettait-il, tous ces coups, ces insultes … Peut-être avait-il changé. Daryl l'espérait de tout son cœur. Il l'avait tellement prié étant enfant, mais ça n'avait servi à rien. Il lança un regard inquiet vers Merle, il n'avait pas bougé d'un poil, toujours aussi déterminé. Oliver posa délicatement son arme au sol, il savait pertinemment que ce n'était pas du genre de ses fils de tirer sur un homme désarmé, aussi diabolique soit-il.
- Vous avez vu toute cette merde ? commença par demander le père en se redressant doucement.
Ces fils ne répondirent pas, ils ne savaient pas quoi dire à ce salopard. Il ne méritait même pas un regard d'eux. Après tout ce qu'il leur avait fait subir, il ne méritait rien de tout ça, il ne méritait même pas de vivre. Merle devait penser exactement la même chose puisqu'il remit Oliver en ligne de mir, voyant son fusil tomber en avant. Celui-ci recula de quelques pas, surpris par le comportement de ses fils. En plus d'être violent et insupportable, il était con comme ses pieds. Merle leva les yeux vers l'étage et cria de toutes ses forces :
- Bouge ton cul on a pas toute la journée, gamine.
- Vous venez nous chercher ? questionna Oliver d'une voix plein d'espoir.
Daryl hallucinait : ce gars pensait sérieusement qu'ils allaient l'accueillir, le protéger, après tout ce qu'il leur avait fait. Il décida donc de prendre la parole, d'un ton neutre :
- Pas toi. Juste elle.
- Oh tu sais parler maintenant, feignit de s'émerveiller le vieil homme en écarquillant les yeux.
- Lui parle pas connard, le défendit Merle en s'avançant de quelques pas.
Il serrait les dents, il allait tirer c'était sûr. Daryl connaissait assez son frère pour savoir qu'il était prêt à tout pour le protéger, même s'il s'agissait de faire taire quelqu'un à jamais. Il mima donc à son frère de laisser tomber, il n'en valait pas la peine.
- Vous avez tellement changé, déclara-t-il tentant de les amadouer. Vous êtes devenus de vrais hommes. Même toi Daryl.
- Ta gueule, lui ordonna l'intéressé en s'approchant dangereusement de lui. Jessica !
De quel droit lui parlait-il de la sorte ? Il en avait déjà assez bavé comme ça, étant enfant. Son père passait son temps à lui crier dessus, qu'il allait devenir un vrai Dixon, un vrai homme. Il passait son temps à lui crier qu'il n'était qu'une tapette et qu'il ne servait à rien sur cette planète, à le rabaisser plus bas que Terre. Daryl ne voulait pas que cet homme croit que ces méthodes avaient porté ses fruits. C'était hors de question.
- J'arrive, finit-elle par répondre d'une voix agitée.
Un grognement se fit entendre derrière les deux frères Dixon : une de ses créatures s'approchait d'eux. Daryl prit donc l'initiative d'aller s'en occuper et se dirigea vers elle, son arbalète sur l'épaule.
- J' crois pas non, s'interposa Merle en voyant Oliver se baisser pour prendre son fusil.
Il s'approchait de lui d'un pas menaçant ce qui força leur père à renoncer.
- Mais il …
- T'occupe. Il s'en sort.
Daryl s'arrêta à deux mètres de la créature et lui tira une flèche dans la cervelle sous les yeux écarquillés de son paternel qui ne sut dire le moindre mot. Après avoir vérifié que rien d'autre n'était en approche, il enleva la flèche de sa cible et la réarma sur son arbalète.
- Je savais pas que tu avais ça en toi, finit par dire Oliver en appuyant son regard sur celui de son fils, méfiant.
- Comme si ça aurait changé quelque chose …
Sa voix avait été aussi agressive que tremblante lorsqu'il avait prononcé cette phrase. Son père baissa les yeux, signe de honte : il devait probablement simuler. Vu comment il tenait debout, il devait sûrement être soûl, pour changer.
- Vas chercher ta frangine, elle commence à m' faire chier celle-là aussi ! déclara Merle visiblement agacé par le temps qu'elle prenait.
Daryl s'exécuta à la seconde même : il n'avait aucune envie de rester dans les parages, à le regarder, lui parler, l'écouter, l'entendre respirer même le fait de le savoir en face de lui le répugnait au plus haut point. Lorsqu'il passa à côté de lui, leurs regards se croisèrent. Daryl détourna les yeux et entra le plus vite possible dans la maison. C'était toujours aussi trop dur de le regarder après toutes ces années, après toutes ces violences, toutes ces journées gâchées. Comme les jours de Noël par exemple, c'était toujours les pires tout en restant un jour incroyablement banal : Oliver buvait comme un trou ce jour-là, il pleurait aussi, jurait, frappais ces fils, les insultaient … Quand Merle était là, c'était juste sur lui qu'il se défoulait. Mais quand son grand frère fut parti, plus rien ne l'arrêtait, c'était un vrai cauchemar.
Daryl pénétrait dans la maison, rien n'avait changé : aucune photo, la pièce principal était aussi sombre qu'une cellule de prison, les fenêtres partiellement fermées pour seul point de lumière. Quelques photos se trouvaient sur les murs, pas de sa famille non, mais de ses trophées de chasse par exemple, des choses le concernant, lui. Alors que Daryl allait chercher sa sœur à l'étage, il tomba sur un cadre qui l'interpella : la photo qui s'y trouvait était différente de toutes les autres. Elle semblait être entretenue relativement souvent, très peu de poussière recouvraient le cadre, contrairement aux autres. Il s'agissait d'un portrait de sa femme et de ses deux fils, ensemble dans leur jardin, à l'époque si bien entretenu. Margaret était une femme magnifique, sûrement une des plus belles que Daryl n'ait jamais vu de sa vie : ses long cheveux blonds flottant contre la joue de son fils, ses yeux bleus océan fixés sur l'appareil photo, un sourire jusqu'aux lèvres … Ils avaient l'air heureux tout les trois… Daryl ne se souvenait même pas d'avoir posé, ni aucun de ses moments, il ne lui restait que des souvenirs vagues de sa mère, des souvenirs noirs. C'est vrai, il n'avait que 8 ans quand elle les avait quittés. Comment pouvait-il avoir une mémoire nette de cette période si heureuse de sa vie ? Des souvenirs que son père avait prit grande joie à effacer.
- J'ai bientôt fini, déclarait Jessica le nez dans les tiroirs de la salle à manger.
- Grouille-toi, l'averti Daryl en reposant le cadre photo. La patience de Merle à des limites.
- J'crois comprendre oui.
Alors qu'elle avait levé les yeux vers son demi-frère, elle s'attarda sur l'objet qu'il venait de poser sur l'étagère. Elle détourna rapidement son regard et parti ouvrir le frigo.
- C'était une très belle femme, ta mère.
Il ne sut quoi répondre, il était au courant de l'histoire de Jessica, de comment elle était née. Elle savait pertinemment qu'elle n'avait pas été désirée, ni par la mère ni par le père d'ailleurs. Sa mère était une droguée qui allait de bar en bar à la recherche d'argent pour ses doses. C'était là-bas qu'elle avait rencontré Oliver. Ils ont eu une aventure pendant plusieurs mois avant qu'elle ne tombe enceinte. Elle s'était ensuite barrée et avait laissé Jessica avec lui, en guise de remerciement. Daryl avait 12 ans à peine quand elle est née, Merle était déjà parti de la maison. Il s'en était donc occupé pendant un moment, il l'avait bercé, nourrit, et toutes ses merdes pendant que son père s'envoyait en l'air avec ses bouteilles d'alcool.
- On y va, déclara Jessica en prenant son grand sac à dos.
- Prend deux/trois couteaux aussi.
- Pourquoi ?
- A ton avis.
Jessica n'attendit pas plus d'explication et s'empara de quelques couteaux de cuisine qui se trouvaient sur l'étagère. Alors qu'ils s'apprêtaient à quitter les lieux, ils entendirent plusieurs coups de feu venant de l'extérieur. Daryl n'aurait pas dû les laisser tout les deux dehors, c'était une erreur. Ils étaient en train de s'entretuer à coup sûr. Ils coururent vers la porte d'entrée, avant de sortir, Daryl prépara son arbalète et se plaça devant sa demi-sœur qui commençait à paniquer. Ils ouvrirent la porte, devant eux se jouait un spectacle d'horreur. Des créatures, venues de nulle part, vagabondaient dans les rues et se dirigeait vers les maisons, dont la leur. Merle s'était dirigé vers l'une d'entre elle et lui plantait un couteau dans la tête qu'il retirait aussitôt. Oliver, lui, fidèle à lui-même, était derrière la voiture et cherchait un moyen de se hisser dans le coffre. Daryl balança une flèche dans le crâne d'une créature qui s'approchait dangereusement de son frère.
- Entre dans la voiture, Jess, ordonna Daryl en poussant sa sœur vers l'avant.
Elle ne le fit pas se répéter deux fois et courut vers la camionnette le plus vite qu'elle pouvait. Daryl attendit en armant son arbalète qu'elle soit en sécurité pour s'avancer vivement vers son frère qui galérait.
- On dégage, lui cria-t-il en plantant une flèche dans le crâne d'une nouvelle créature.
- On n'part jamais avant d'avoir terminé un travail, frérot, répondit Merle en plantant son couteau sur le sommet d'une tête.
- Il y a une première fois à tout ! Grouille !
Merle ne se fit pas désirer plus que ça puisqu'il récupéra les deux flèches de son frère avant de rebrousser chemin vers la camionnette. Ils entendirent un hurlement de douleur : une créature venait de planter ses crocs dans la chair d'Oliver qui s'accrochait encore et toujours au coffre. Daryl était tétanisé par la peur, il ne savait pas quoi faire. Fallait-il le sauver, le tuer, lui amputer le bras et l'emmenait avec eux, ou le laisser là … c'était Bagdad dans sa tête. Mais Merle semblait déjà avoir prit sa décision : il entra dans la camionnette, côté conducteur et enclencha le moteur.
- On peut pas le laisser comme ça, lui cria Daryl en ouvrant la porte côté passager.
- Qu'est-c' que j'suis en train de faire ?
Prit d'un élan de courage, Daryl empoigna un couteau de chasse qui se trouvait dans un des sacs à l'avant du véhicule et se dirigea vers le coffre. Son père était évanoui et la créature se régalait de sa chair. Elle mâchait goulument chaque muscle de son épaule sans se rendre compte de la présence du fils. Il était trop tard pour lui, Daryl ne pouvait plus rien faire, c'était fini. Il courut vers l'avant du véhicule et se jeta dans le siège passager, juste devant Jessica qui s'était faufilée à l'arrière. Il eut à peine le temps de fermer la portière que Merle démarrait déjà en trombe.
- Ça va, demanda-t-il doucement à sa sœur, pétrifiée de terreur. Tu n'as rien ?
- Non non moi ça va … Il est …
Il ne crut pas bon de répondre. Jessica plongea ses grands yeux marrons/verts dans ceux de son demi-frère et lui sourit timidement. On aurait dit qu'elle était soulagée. Elle était aussi choquée et triste, bien sûr, mais soulagée … Elle devait se dire qu'un poids venait de s'ôter de ses épaules maintenant que son paternel n'était plus là pour la terroriser. Jessica tourna la tête vers l'arrière du véhicule : on pouvait encore voir le cadavre d'Oliver se faire dévorer par ce monstre. Il était beaucoup mieux mort que vivant cela dit : c'était mieux pour eux.
- Merci, commença-t-elle en regardant ses frères, tour à tour. A tout les deux. D'être venu me chercher.
- Nous remercies pas trop vite, gamine, finit par dire Merle d'un ton nonchalant. On n'a pas fini.
Voilà pour ce troisième chapitre. J'espère qu'il vous aura plût. Ce chapitre est un petit peu plus long mais c'était nécessaire =) N'hésitez pas à me laisser un commentaire (même tout petit) pour me dire ce que vous en pensez, je répondrais avec plaisir et en plus vous avez de la chance, je ne mors pas ^^
