Disclaimers Shin Kidousenki Gundam Wing, personnages et produits dérivés appartiennent Sunrise, Bandai, Sotsu Agency et aux parties associées.

Rating : T pour l'instant.

Genre : Suite de oneshots courts (total : 5) à propos de 5 jeunes hommes tatoués qui ont chacun un secret. Ces 5 hommes sont amenés à se rencontrer. Parfois on peut tracer son destin sur sa peau.

Pour qui ? Cette fic est pour Akai Ringo, il y a bien longtemps. Je n'avais pas eu le temps de la terminer et là c'est fait. Bisous petite dame ! j'espère qu'elle te plaira.

Micis : à ceux qui m'ont reviewée dernièrement, merci beaucoup, je vous répondrai bientôt.

Petit mot : ceux qui ne sont pas au courant et qui suivent Amour, Stage et Pizza : j'ai posté la suite (c'est la 3e partie)

PS : il y a plusieurs pov dans cette partie. Vous saurez automatiquement qui parle, c'est indiqué en gras.

PPS : ffnet me fait chier avec leurs probs de typo. C'est la lutte !


Cold Hearted Snake

Oneshot III : Le Phénix

Université Mahatma Gandhi, Section Economie, Paris, 17 avril 2010.

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Le Phénix

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Au feu au feu les pompiers…

Mais je suis innocent. Je n'ai rien fait.

Ce n'est pas de ma faute si j'attire le feu.

Ce n'est pas de ma faute s'il y a des incendies où que j'aille.

Ce n'est pas de ma faute si je survis à chaque fois.

Tout petit chez des gens sans visage, sans doute mes parents.

Tout jeunot chez des familles de cercueil - d'accueil, trop nombreuses, j'ai perdu le compte.

Tout ado dans un collège récemment décrété « aux normes »

Tout adulte dans le cirque dont le numéro le plus prestigieux était celui du cracheur de feu.

Et ce n'était pas moi. Moi j'étais guichetier.

Et j'avais un tatouage de phénix, corps sur le haut de la cuisse droite, aile gauche déployée sur une partie du ventre, remontant jusqu'au pectoral droit.

Aile droite déployée sur une partie des reins, remontant le long de la colonne vertébrale, s'arrêtant pile sous l'omoplate droite.

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Phénix car indemne, toujours. Systématiquement.

Suspecté, évidemment.

Coupable, forcément.

Ou innocent.

Je n'y suis pour rien si j'ai souvent du feu, je suis fumeur.

Je n'y suis pour rien si j'attire le feu. C'est de naissance.

Je n'y suis pour rien si j'attise le feu. C'est dans mon sang.

C'est dans mon dossier.

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Eventuellement responsable mais pas condamnable.

Présomption d'innocence. Absence de preuves, élucubrations sans fondement. Fétu de paille que l'on brûle sur l'autel de la justice.

Pyromane. Psychopathe. Sociopathe ? Et muet.

Traumatisé pauvre de moi, moi qui ne collaborais pas avec la police, contre mon gré, c'est sûr, j'avais une mémoire défectueuse.

Traumatisé, oui, depuis tout petit. Il paraît.

Je connais mon passé parce que j'ai lu mon dossier, sinon je ne me rappelle de rien.

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Relena Peacecraft, commis d'office. Blonde, longues jambes, tailleurs chics et courts, talons et décolleté vertigineux.

Excellente avocate. Belle. Bonne. Corrompue par mon corps sans le moindre effort.

Elle baise comme une reine.

Romancière jusqu'au bout de ses ongles rouges vermeille. Une imagination débordante.

Qui ne dit mot consent à laisser son avocate parler pour soi, embellir son passé.

Qui ne dit mot consent à entrer en institut spécialisé le temps de remettre de l'ordre dans mon esprit tourmenté.

On y rencontre tout plein d'amis chez les fous. Des amis intéressés par votre parcours atypique.

Des amis intéressés par le fait que vous sachiez manipuler n'importe quelle arme.

Ils s'en sont aperçus quand avec une taie d'oreiller j'ai plus ou moins réussi à éliminer trois personnes en même temps.

Allez savoir pourquoi ils avaient tenté de m'assassiner.

Des amis intéressés parce que vous maîtrisiez et sembliez insensible au feu. Aimé ou craint par la mort au point qu'elle vous laisse en vie.

Ça, c'était écrit dans mon dossier.

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Chez les truands, on aimait les barakas et les gens peu bavards. Et les gens qui n'avaient rien à perdre sans être désespérés.

Des amis disposés à vous faire libérer, innocent ou non, pour que vous leur soyez éternellement redevable.

A lisser les anicroches de votre dossier chaotique pour vous rendre parfait ; au point que votre dossier soit accepté au sein d'une prestigieuse faculté.

Pour mieux se rapprocher de votre cible.

Chez les fous, tout le monde n'est pas fou, tout du moins un fou ne se saura pas fou.

J'ai eu la folie d'accepter une vie de crimes plutôt qu'une liberté sous médication soi-disant « sur le papier ».

Quand on fait semblant d'être fou c'est encore pire. Et quand on vous camisole sans raison, alors que vous vous étiez mis d'accord avec votre avocate…

Quand votre argent n'achète rien et que le jugement est appliqué stricto facto…

Que le staff médical ne connaît rien de la machination et vous met dans le même panier que les autres…

Prison pour prison, je préfère choisir la mienne.

Réléna Peacecraft était bonne. Mais elle n'était pas conne. La gorgone au creux de ses reins aurait dû m'alerter. Quand on portait une femme à la chevelure de serpent en tatouage, ce ne pouvait être que pour figer la destinée des autres.

On s'est mutuellement manipulés. Comme j'ai une moralité proche de zéro, il ne lui a pas fallu longtemps pour me convaincre.

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On m'a bien expliqué qu'une fois infiltré, je retrouverai mon contact et de quelle manière j'allais le faire.

Mon contact n'avait ni nom, ni visage, prudence. On en plaisante pas avec les mafieux.

Après tout je peux être un agent double.

Je n'avais jamais cru que cela me prendrait un an pour bien voir ce que j'avais sous les yeux.

J'ai utilisé le mot de passe et il l'a retourné.

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- Si le goût de l'encre reste sur la langue quand on lape la queue du scorpion.

- Je n'en sais rien, je n'ai jamais essayé. Et j'ai la langue agile.

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J'ai léché la queue du scorpion, signe d'allégeance.

Ma mission allait enfin pouvoir commencer

Il y a longtemps que je n'ai pas senti l'odeur de la cendre.

J'attends que les ailes du phénix se déploient.

Et je veux en savourer chaque seconde.

Cette fois je veux me rappeler.

Je me redresse sur mon siège.

Je me sais observé, je suis en salle de cours.

Je n'ai rien fait pour être discret et tant mieux.

Je ne peux que me démasquer ceux qui me surveillent au-delà de la curiosité naturelle.

Et les éliminer s'ils soupçonnent quoi que ce soit.

Si moi je suis un phénix, je doute que mes ennemis le soient.

Curiosity kills the cat.


Le moineau

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On fait des choses super stupides quand on a un coup de cœur

Ou un coup au cœur.

On réfléchit pas.

C'est le problème.

Je me retrouve avec un problème à la Hélène et les garçons.

Non c'est trop adulte.

J'ai un problème à la « Premiers Baisers » ou à la « Le Collège des Cœurs Brisés ».

Oui ça existe. Ça repassait sur AB1, à la première diffusion, ma mère s'abrutissait devant soi-disant pour perfectionner son français. Et moi je le comprenais pas encore.

Insérer le gingle.

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Y a un mec canon derrière moi que je sens à m'en donner la chair de poule, ce genre de truc a tendance à atomiser « le » neurone.

Oui « le » parce qu'on en a qu'un, tous les autres se sont barrés quand on regarde celui qui fait cet effet-là.

Ich bin eine midinette.

Bon sang…

On fait vraiment n'importe quoi, comme farfouiller dans ses affaires et regarder de côté pour voir ce qu'il fait.

Essayer de deviner son prénom et ses origines, espérant presque que son prénom soit plus exotique que Jackie, Bruce ou John.

Insérer la boîte à rires.

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L'imaginer parler, rire mais gentiment, sans se moquer.

L'imaginer être un peu perdu comme on l'a été soi, quand on a débarqué d'Allemagne avec ses parents maçon et assistante maternelle, parce que Papa avait un «chantier » en France. Une mutation « temporaire », comme le travail aujourd'hui.

Quand la seule chose de temporaire a été le mariage de mes parents. Les galères suivantes ayant été perpétuelles.

Famille décomposée, amis qui changent d'école à l'autre bout de la Terre (20 kilomètres, c'est loin quand on a 12 ans), ta tête qui revient pas à certains profs…

Pas la fin du monde mais sur le coup on se traine des blessures avant de se trainer tout court.

On n'est pas forcément seul mais on se sent seul ! Puis on finit par être seul parce qu'on n'aime pas trainer avec les gens qui se sentent seuls.

Insérer la boîte à soupir.

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Après on grandit mais les autres non : A 16 ans la différence ça saoule. Le fait que tu ne sois pas formaté dérange et le chacun pour soi devient une philosophie. On ne te comprend pas donc on ne te fréquente pas.

Et toi tu les trouve trop cons pour vouloir trainer avec eux.

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Puis, des fois, quand tu blues, t'aimerais juste être con rien que pour les comprendre, parce que les cons ont l'air de s'amuser entre eux. Et après on s'aperçoit que c'est de l'air tout ça et on reprend ses esprits.

Insérer la boîte à Ahhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh.

Surtout quand on redouble pour décrypter les codes et les ragots plutôt que d'écouter et comprendre le cours.

Insérer la boîte à Ohhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh.

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Puis les années filent, on a 22 ans, la fac t'apprend ses lois depuis quelques années et tu t'aperçois que des amis, tu en as, quand tu comprends tous les cours. Si au lycée tu peux te contenter de copier, à la fac ça ne marche pas comme ça. Si tu comprends pas ce que tu fais tôt ou tard tu vas te faire éjecter; zyeuter la feuille de ton voisin c'est tendu et surtout ça sert à rien.

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Tu as plein d'amis en allemand, par exemple, ton nom de famille étant on ne peut plus explicite.

Leur dire que tu ne comprends rien à l'allemand de ton prof qui parle avec un très fort accent français ne sert à rien, on te prend pour une menteuse qui ne veut pas aider.

Leur dire que tu parles l'allemand – c'est vrai - mais que tu l'écris à peine – c'est vrai aussi – te fait récolter un énorme haussement de sourcil dubitatif.

Comme maintenant.

Oui, ma vie est une sitcom à la française, même s'ils vont loin dans leur connerie au fond, à part qu'on ne voit jamais de manifs ou l'envers du décor, certain sujets et attitudes ben je m'y retrouve un peu…

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Je suis pas Parisienne, je ne suis pas une baguette même si je porte souvent des bérets, j'ai des rondeurs, une descente de barbare quel que soit l'alcool même si je préfère la bière.

Et j'ai le cœur très chaud et les mains jamais froides.

J'ai le cœur qui bat très fort aussi et je suis spontanée.

Sous prétexte que j'ai un gentil fond on me taxe de naïve. Parce que je réussis à ne pas me laisser blaser par un monde qui me blesse.

Sous prétexte que le fantôme de petit copain que j'ai eu s'est enfui quand il a su que j'étais vierge.

Il a vraiment cru que j'allais le demander en mariage ?

Oui j'aime que les choses durent et alors ? Mais si c'est juste le sexe qui doit les faire durer alors on n'a pas fini. Les années passent vite. Je n'ai pas cette naïveté-là, malheureusement.

Innocente mais pas trop.

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Je suis pas idéaliste même si j'ai des rêves.

J'ai pas honte de ce que je suis même si parfois j'aimerais être un mouton.

Je suis pas la plus grande, je suis pas la plus forte. Mais j'existe.

Je suis là et bien là, comme ce moineau que j'ai tatoué sur mon bras.

Quand je m'oublie dans tous ces clones, je regarde ce petit oiseau.

J'y ai tatoué mon essence.

Une bourrasque peut me dévier de ma trajectoire. Je suis un oiseau-roseau. Je plie mais je ne romps pas.

Moineau-midinette. Je suis timide et fonceuse…. même si je vais droit dans le mur !

Insérer les applaudissements.

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Le cours d'eco se termine.

Je ne le sais pas parce que Keynes me passionne, mais je m'en doute quand je l'entends se lever derrière moi.

Quand j'entends sa chaise racler légèrement dans ce brouhaha.

Je range mes affaires par automatisme, essaie de ne pas rougir devant mon classeur rouge ouvert sur une page que j'aurais préféré blanche.

Il y a un dessin qui ressemble un peu trop au visage de… je ne sais pas qui.

Mais les cheveux sont longs et noirs. Et lâchés alors qu'il les porte attachés…

Comme je l'imagine.

Je referme le classeur d'un coup sec et je le glisse dans mon sac à dos, essaie de ne pas poser les yeux sur lui… trop tard.

Un tout petit coup d'œil. Il a les yeux sur moi.

Frissons encore, je me détourne. Je ne sais pas si je vais foncer aujourd'hui.

J'ai le cœur qui bat trop fort, même yeux bleus ne me fait pas autant.

Même Duo.

Yeux noirs fait de moi une fille comme les autres et ça faisait longtemps.

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Je me redresse, je regarde ailleurs.

Duo a mis ses affaires dans son sac à dos noir et il s'en va, sans un regard pour moi.

Quand je range mes affaires assez vite on fait le trajet ensemble d'habitude. Pas qu'on s'attende, ni rien.

Mais c'est agréable de faire la route à deux, enfin pour moi.

Je ne sais presque rien de lui…

Non. Quand j'y réfléchis bien, je ne sais rien de lui.

Ses nom et prénom, son âge, pareil que le mien. Le fait que les gens l'ignorent avant de le trouver intéressant.

Le fait que ceux qui avaient couché avec lui l'évitent comme la peste ou en redemandent.

Passion ou haine viscérale.

Pas de demi-mesure, drôle pour une personne que je ne connais même pas à moitié.

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Le fait qu'il soit bon en cours, qu'il s'intéresse plus aux murs qu'aux gens. Le fait qu'il sache sourire, sache se faire oublier. Sache être ordinaire.

Ce sont des choses que je vois. Pas des choses qu'il m'a dites.

Je ne sais rien de cet électron libre, mais je l'aime beaucoup.

Il a souvent des yeux-insensibles. Mais il m'arrive de surprendre un petit éclair gentil.

Parfois je le vois me regarder comme il regarde les murs, ça veut dire qu'il me voit.

Certains donneraient n'importe quoi pour l'avoir ce petit éclair-là.

Yeux bleus par exemple, qui lutte pour ranger ses affaires lentement, alors que dans la tension de son corps, on voit qu'il n'a qu'une envie :

Bondir.

Mais il a sa fierté.

Mais fierté ou non…

Il est entre les crochets du serpent.

Un serpent qui ne le voit même pas, qui sort d'amphi, d'ailleurs.

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Je me lève. Tente de ne pas racler ma chaise mais j'entends yeux noirs soupirer.

J'empêche mes mains de trembler, rassemble mes affaires et passe à côté de Trowa.

Il glisse quelque chose à l'oreille de Quatre, dont je vois les lèvres s'étirer légèrement.

Et, passant à présent près de Winner, j'entends quelque chose qui ressemble à un piercing claquer contre ses dents.

Et je sens une main claquer sur mes fesses.

Ni une ni deux, je joue au squash avec la tête… d'un Quatre Raberba Winner qui sourit de plus belle avec sa joue rouge.

L'éclat de ses yeux turquoise devient effrayant.

Avant qu'il ne me fasse un clin d'œil.

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- T'as pas intérêt à recommencer, Winner, ou…

- Ou… quoi ?

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Il hausse un sourcil devant mon regard noir.

J'ai un sourire mauvais. Je suis à deux doigts de lui en recoller une, mignon ou non.

Timide ou non.

Spontanée. Fonceuse. Dangereuse.

A double tranchant.

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- Ou la prochaine fois ce sera mon sac, Winner.

- Oh, je tremble.

- Tu as raison. C'est un sac de filles. C'est lourd.

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Winner penche la tête de côté et me fixe…. Avant d'éclater de rire.

Deux petits éclats avant qu'il ne reprenne son sérieux.

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- Tu n'as qu'à pas montrer ton string… si tu ne veux pas qu'on le regarde…

- …

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Mon string ?

Mais comment ça ? je l'ai remis en place en m'asseyant !

Et de toute façon comment il peut le voir j'ai remis ma tunique…

non ?

Quatre se penche vers moi alors que je me sens blêmir.

Il peut être aussi beau qu'effrayant.

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- et tu as une très jolie paire de fesses. Dommage que tes vêtements ne soient pas un peu plus… moulants ?

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Il esquisse un mouvement comme pour les toucher, mais j'attrape sa main au vol.

Réflexe.

Et je serre ses doigts.

J'exerce une pression exactement où il faut pour que ça fasse très, très mal.

C'est papa maçon qui m'a appris.

Quatre ne bouge pas d'un pouce, ne cille pas, me regarde droit dans les yeux, lui qui, comme Duo, ne regarde jamais personne.

Ses yeux… mais ma parole ça l'amuse !

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- Si tu veux toucher, tu demandes.

- Je peux, dis ?

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Je hausse un sourcil devant son faux regard innocent.

Si je n'entre pas dans son jeu, il va gagner.

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- Permission refusée.

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Et sur une dernière pression de la main je m'esquive.

Je descends sans un regard en arrière.

J'entends un vague « Bon cul. Belle poigne.»

« Tu aimes te donner en spectacle ? »

« J'avais vraiment envie de toucher. Et ce que je veux, Barton… je prends. »

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Je vais attendre que tout le monde s'en aille pour récupérer ma tunique, pour recouvrir mes bras et mes fesses.

En espérant que personne ne l'ai piqué entretemps.

Le moineau est un peu trop de sortie ces temps-ci.

En fait non je vais pas attendre, tant pis.

Je file au dortoir, je vais voir sur internet s'il reste des tuniques comme j'aime.

Le petit moineau que je suis a eu trop d'émotions pour la journée !

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Je retourne au dortoir, j'ai eu la chance d'avoir une place et vu que ma mère habite trop loin et qu'elle héberge les enfants de son amant, ça aurait été trop tendu.

Je suis au deuxième étage et l'ascenseur est en panne. Je monte. En fait je fais semblant d'être au deuxième étage, vu le nombre de marches je suis plutôt au cinquième. Parce qu'entre l'étage technique, l'étage où il n'y a rien et celui avec deux fois plus de marches, ben ça fait bien cinq vrais étages.

Un peu comme dans les douze travaux d'Astérix ou après X marches, Obélix et Astérix arrivent à l'étage IV. « Yves » pour Obélix qui ne lit pas les chiffres romains. C'est trop drôle !

Sauf quand tu les montes ces marches et que tu es en sueur.

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Les couloirs sont gris bizarre et je passe les quatre portes qui me séparent de la 559.

La mienne. Elle a été repeinte en bleu foncé et l'odeur de peinture est toujours aussi insupportable.

Je vais pour introduire ma clé dans la serrure quand je sens une présence derrière moi.

Pas tout près mais suffisamment pour que je sursaute et que je me retourne violemment, prête à sortir mon deo parce que les bombes lacrymogènes c'est trop dangereux.

C'est lui.

Je vois dans sa main gauche une clé avec une petite languette de cuir où le nombre 555 est inscrit.

Ok, on est voisins. Ça me soulage un peu, je peux recommencer à respirer.

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Dans sa main droite il y a…

Et ça, ça me coupe le souffle.

Il avance.

Je trouve soudain cette moquette gris moche un intérêt certain. Cette saleté de moquette qui m'a empêché de l'entendre approcher.

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- Salut… je… merci.

- Salut « Je »

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Regard impassible alors qu'il me tend ma tunique.

Certes il était juste derrière moi.

Certes dans un monde où les étudiants Parisiens étaient gentils et serviables, cela été un comportement normal.

Mais je m'attendais pas à ce qu'il le prenne, me le rapporte.

Sa voix… son timbre grave, chaud et sec comme un fruit.

Je m'en fous.

Superstitieuse comme seuls les gens qui lisent leurs horoscopes sans y croire, sauf quand c'est positif le sont.

Je crois pas aux miracles.

Je crois aux coups de chance, aux actes manqués, aux occasions qui font le larron alors je fais la nique à ma timidité et j'essaie de trouver un sujet de conversation vite, vite, vite.

Mais c'est dur quand il me regarde comme ça.

Il repart.

Faire vite.

Je place la tunique sur mon épaule.

Je l'interpelle.

Je suis dingue.

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- Je sais que t'es nouveau parce que je connais tout le monde – enfin pas tout le monde – mais je connais les têtes et si t'étais de la promo je le saurais !

- …

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Regard fixe encore.

Je l'ennuie mais je m'en fous, si je parle pas, il s'en va et me reparlera sûrement plus.

Il m'oubliera comme on oublie ses voisins jusqu'à ce qu'ils déménagent en faisant du barouf.

Je veux pas.

Je veux le retenir, merde je dis n'importe quoi.

Timide. Maladroite. Mon voisin ? J'ai ptet de la chance pour une fois ?

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- Ah, c'est pas ce que je voulais dire… bref je sais que t'es nouveaus et je me dis que t'as ptet besoin de notes vu qu'on est en avril et que les derniers partiels c'est pour bientôt et puis…

- …

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Haussement de sourcil.

Chance mon cul.

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- … je sais que moi quand je suis arrivée personne ne m'a aidée, on voulait même pas me prêter un stylo ou un bouquin – genre suivre à deux parce que j'avais pas tout mon matériel, tu te rends compte ? (Non, évidemment). Personne sauf Duo. Pourquoi je t'en parle, tu le connais pas. Ou ptet si, t'as pu en entendre parler.

- …

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Nerveuse, nerveuse, nerveuse…

Et lui me regarde encore.

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- Bon il a pas fait grand-chose à part ouvrir son livre et ptet que c'était pour que je me taise. Mais ça m'a bien servi et…

- Je n'ai besoin de rien.

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Il avance. Un pas.

Je suis tétanisée et pourtant je parle toujours.

Pilote automatique.

Comme une poule qu'on décapite et qui court encore.

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- Bref. Je sais que c'est pas génial quand on débarque alors si t'as besoin d'un coup de main n'hésite pas, hein. On a toujours besoin d'un plus petit que soi on dit ici et moi je suis petite !

- Je t'intrigue.

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Il avance. Deux pas.

Je ne bouge toujours pas.

Je suis dans de beaux draps.

Faut que je parte là, maintenant.

Tout de suite.

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- Bon ben voilà. Ben… tu dois me prendre pour une débile tout droit sortie de sa campagne et t'aurais pas trop tort, je viens d'un village allemand plus petit que le trou du cul du monde, alors je sais que c'est pas évident quand on débarque, surtout à Paris.

- Je te rends nerveuse.

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Il avance. Trois pas.

Non jure ? T'as trouvé ça tout seul ?

J'ai le cœur qui bat tellement fort que j'ai peur qu'il se barre.

J'arrive plus à le regarder, je baisse les yeux.

Pourquoi il me fait cet effet-là ?

Même Duo il m'avait jamais fait ça.

A côté de ça j'ai trouvé une bonne excuse pour le revoir !

Go me.

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- Alors pour te remercier de m'avoir rapporté ma tunique préférée…

- Je te plais.

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Je suis tentée de fermer les yeux mais je le fais pas.

Si je perds mes yeux, je perds mes repères.

Je me prive d'un sens.

Et c'est dangereux.

Vite.

Vite.

Vite.

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- Je vais te laisser, tu as l'air…

- Je vais te donner ce que tu veux. Tu n'attends que ça depuis que tu as posé les yeux sur moi.

- ...pressé ?

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Il ne faut jamais tourner le dos à l'ennemi, c'est pour ça que je n'ai pas remis la clé dans la serrure.

Au lieu de ça il me cloue à la porte par son seul regard.

Puis je me ressaisis.

Je le repousse.

Non. J'ai une attirance de dingue envers lui, c'est un vrai aimant ce type.

Mais… je ne le connais pas.

Quand on est sur le point de concrétiser quelque chose, cette même chose perd de son intérêt… non ?

Je suis un moineau mouillé ?

Oh oui, complètement…

Je vais avoir besoin d'une bonne douche…

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- Non, ce n'est pas ce que… tu crois

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Il tend sa main gauche, caresse mon moineau du bout de l'index.

Je me mords la lèvre.

C'est la première fois qu'il me touche, vraiment.

Je le connais depuis quelques heures.

Auto-combustion ?

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- Si tu veux des excuses, je peux t'en donner.

- …

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Il ne connaît même pas mon nom…

Je ne connais pas le sien…

C'est pas moi, ça…

Et en même temps si, si c'est bien moi.

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- Je n'ai pas bien compris les positions de Keynes…

- Hein ?

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Il murmure. La pulpe de ses doigts retrace mon moineau et je ferme les yeux.

Faut que je me reprenne.

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- Tu sais, le cours sur l'étude de la politique de l'emploi des années 30 que tu as passé à me dessiner au lieu de prendre des notes…

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Scheiße…

Si son index gauche caresse mon tatouage.

Sa main droite…

Sa main droite passe le pan de ma tunique, se faufile sous mon top et le remonte doucement.

Je n'ai pas le temps de frissonner que je crève de chaud.

Mon ventre est nu.

Il parle de plus en plus bas, au point de devoir rapprocher ses lèvres de mon oreille pour que je puisse l'entendre.

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- Est-ce que je peux venir chez toi ? Qu'on étudie ces positions ensemble ?

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Il se met lentement à genou, caresse mes abdos du bout des lèvres.

Frôle mon nombril de sa langue.

Sa main est douce même si ses doigts sont calleux. Il a dû faire de la maçonnerie, comme papa.

Ou manier des armes comme… papa.

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- J'ai envie d'apprendre… tu pourras même me faire passer l'oral.

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Sa bouche remonte mon estomac.

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- Et je te le ferai passer aussi.

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Sa langue effleure mon sein à travers le voile de mon basique.

Il se redresse complètement, sa main droite remontant lentement mon soutien.

Noir sur blanc.

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- Je vais te donner ce dont ton corps a besoin mais que ton esprit se refuse à admettre.

- Mais...

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Il a un regard hypnotique.

Sa bouche se pose sur ma gorge.

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- Je vais te faire taire. Et je vais te faire crier. Et je vais te faire en redemander. Et après tu seras morte…

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Il attrape mes lèvres entre ses dents.

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- de fatigue.

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Il suçote ma lèvre inférieure.

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- Ou plus si affinités.

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Avant que je n'ai eu le temps de dire ouf ma porte était ouverte.

Et elle s'était refermée derrière moi…

Avec lui à l'intérieur, entre mes jambes.

Dans la gueule du loup le petit moineau, mes dernières pensées.

Ma dernière volonté.

Insérer les sifflements, les applaudissements.

Générique de fin, crédit.


Le Tigre Blanc, même heure.

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Comment courir sans donner l'impression que l'on traque ?

En prenant des raccourcis. Dès lors que l'on sait où la proie semble aller, on détermine le trajet que l'on doit emprunter.

Le plus court chemin d'un point à un autre est la ligne droite. Sauf quand cette ligne droite est parsemée de feux rouges.

Et que le plus long chemin n'a aucune contrainte.

Il devient alors un raccourci. Surtout quand il pleut, avec la circulation au ralenti.

J'ai une chance sur deux de me tromper mais si je suis censé le surprendre, autant que je n'ai pas l'air sur ses traces.

Quitte à les perdre.

Quitte ou double. Mais je suis un tigre. Le vent me porte son odeur.

Près, trop près de lui tout à l'heure, trop près du parfum qu'il dégageait lorsqu'il m'a tourné le dos pour entrer en fac.

Trop près de lui pour le toucher. Pas deux fois, Maxwell.

Un parc de traversé, une petite court, un muret, les premières marches d'un centre commercial.

Un escalator, lui qui pénètre la bouche de métro.

Sors son passe comme tout le monde. Bingo.

Je ne sors pas le mien.

Je me colle à son dos autant que je le peux, je le respire.

Il est mouillé, ses vêtements le collent. Sa chemise beige, fluide est devenue translucide.

Son jean simple à présent le moule.

La chaleur de sa peau amplifie son odeur.

Epicé. A peine sucré.

Et alors que je sais qu'il est trop tard pour dire non je murmure contre sa peau chaude.

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- Je peux… ?

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Il ne me répond pas, bien sûr, il s'esquive prestement.

Et je me prends la porte de plein fouet.

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- Arigato…

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J'esquisse un rictus et murmure pour moi-même.

Je le suis, je ne sais pas où je vais.

Le quai est bondé, je le repère à la natte.

Ses écouteurs sont sur ses oreilles et il tapote du pied.

Je me faufile : si lui est un serpent, je suis un tigre blanc qui a appris se fondre dans la foule.

Qui a appris la chasse.

Je glisse, je glisse jusqu'à me retrouver derrière lui alors que le métro arrive.

Le train stoppe juste devant lui. Il relève la tête et à travers la vitre il me voit derrière lui.

Les portes s'ouvrent, il n'y a presque personne et les passagers de notre quai s'engouffrent, s'engouffrent jusqu'à nous pousser à la porte d'en face.

Son torse presque contre la vitre.

Mon ventre contre ses reins.

Il essaie de se redresser mais je place mes mains sur la paroi, de chaque côté de son corps.

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- Tut-tut.

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La sonnerie retentit, d'autres imbéciles entrent à risquer l'accident.

Je suis encore plus contre lui, la porte se verrouille.

Le train démarre.

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Il semble essayer de se décoller mais en faisant ce mouvement, il place ses fesses mouillées un peu plus contre mon entrejambe.

Et j'halète dans ma tête, relâche à peine un souffle sur sa nuque.

Mes cheveux sont plaqués sur ma tête par la pluie. Une goutte d'eau tombe d'une de mes mèches et glisse dans son cou.

Je relève la tête et regarde ses mouvements à travers la vitre.

Lui ne me regarde pas, ses yeux glissent vers le bas, sur sa gauche.

J'entends quelque chose au-delà du train qui roule et des usagers.

J'entends de la musique plus fort.

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I say you don't know
You say you don't go
I say... take me out!

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Il a monté le son.

Il recommence à tapoter des pieds.

Les stations défilent.

Il se fout de moi.

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Le machiniste freine d'un seul coup.

Un connard se sert de moi comme d'un pare-choc.

Il tombe sur un roc. Il a du se faire mal.

J'en profite pour me serrer plus encore contre Maxwell.

J'ôte ma main de la paroi pour la poser sur son écouteur droit, l'accrocher à mon oreille.

Le fil est assez long.

J'écoute ce qu'il écoute et je ne le quitte pas des yeux à travers la vitre.

Cette fois il me regarde.

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If I move this could die
If eyes move this could die
I want you to take me out

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J'aime cette chanson.

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Il fait une chaleur pas possible dans ce métro, la température augmente.

Sa main droite commence à décocher quatre boutons de sa chemise.

Mais elle est trop collée à sa peau pour que l'échancrure ne révèle vraiment la peau.

Sa main droite récupère l'écouteur et je lui mords, lèche la paume.

Il replace l'écouteur contre son oreille tranquillement.

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Il se retourne subitement, plantant son regard bleu-violet dans le mien.

Il n'est même pas rouge. Je glisse ma jambe et il ne bande pas. Il ne ressent rien.

Il a le sang glacé. C'est un serpent.

C'est un défi. Je le prends comme ça.

Il attrape sa natte dans son dos pour la mettre sur son épaule.

Elle doit la gêner maintenant que son dos est collé à la vitre.

Le train redémarre, tout le monde de nous, c'est le métro. Il peut se passer n'importe quoi personne n'est au courant et personne n'intervient.

On ne se quitte pas des yeux.

Quinze secondes où nos torses s'écrasent puis le métro s'arrête.

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Il y a du changement, cette fois les gens descendent presque tous, ils nous déplacent, nous poussent, nous invectivent, nous dirigent envers et contre moi vers la sortie.

Nos corps se collent plus encore, chaque fois que j'essaie de frôler ses lèvres par accident, il m'esquive.

Il est poussé au point d'avoir un pied dehors.

Je le suis, la sonnerie retentit.

Je vais pour sortir quand à une vitesse hallucinante, il pose ses deux mains sur mon torse et appuie d'un coup sec.

Ses écouteurs se détachent de ses oreilles.

La sonnerie cesse.

La porte se referme sur moi.

Un rictus.

Le métro ne redémarre pas tout de suite. Je me rapproche un peu plus de la porte, au point que mon visage touche presque le carreau, presque, parce qu'il est trop sale pour que je m'avance plus.

Le serpent plisse légèrement les paupières, incline la tête de côté, pose son index sur la vitre, au niveau de ma bouche.

Puis il ôte son doigt, me tourne le dos, remet les écouteurs. S'en va.

Comme si je n'avais jamais existé.

Sa chemise fine laisse entrevoir ce que j'avais aperçu quand il était de face.

Le tracé glisse aussi sur son dos… doit enrouler son corps…

Il rejette sa natte en arrière et disparaît de mon champ de vision.

Le train redémarre sans que je ne sache où je vais.

Je ne sais pas qui il est mais je veux le voir nu.

Je veux effacer ce rictus.

Je veux mes crocs de tigre bien planté dans sa gorge de serpent.

Je veux faire bouillir ce sang-froid.

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OWARI OS 3


Suuuuurpriiiise !

J'espère que ça vous aura plu !

OS IV : Le Paon

Quand ? A mon retour du Japon et encore si ça vous dit :p

J'ai promis de faire ce que je pouvais et j'ai fait !

Merci et à bientôt,

Mithy ¤ J-7 !! ¤

Disclaimers bis : Take me out appartient à Franz Ferdinand.