Chapitre 3 :
Prendre le train de la vie
-Tu as quoi ? M'écriais-je après Sakura après que l'on soit sortie de la banque.
Elle était remontée et m'avait offert un petit sac en ivoire noire. À l'intérieur, j'y avais trouvé des pièces d'or, d'argent et de bronze.
-C'est des gallions, des mornilles et des noises. Tu en auras vraiment besoin parce qu'avec 20 gallions tu n'en aurais jamais eu assez.
-Mais tu es malade Saku ! Il y en a au moins pour 150 pièces la dedans.
-Oui… 50 de chaque. Et ne t'en fais pas. Mes parents m'avaient gardé 500 gallions en tout pour que je commence l'année du bon pied, donc 150 de moins ce n'est pas grave du tout.
Abasourdie, je voulu le lui rendre mais elle refusa d'un mouvement brusque et s'en alla vers la librairie où Dulcéa et Rick nous attendait. Secouant la tête exaspérée, j'allai les retrouver. Une dizaine de minutes plus tard, nous en ressortions avec tous les livres qui étaient sur notre liste. Ensuite, on partit acheter nos chaudrons et nos matériels de potion. Vint le moment d'aller acheter un animal de compagnie. Dulcéa voulait absolument un hibou et Sakura également. Je les laissais donc aller à Eeylops, Au Royaume du Hibou et flânai entre les cages de chats. L'un d'eux attira mon attention. Il était noir avec des reflets roux. Je l'achetai aussitôt et le baptisai Émeraude à cause de ses yeux qui étaient de la même couleur que les miens. En sortant, Sakura et Dulcéa m'attendaient. La première avait une cage avec une magnifique chouette lapone noire et grise et Dulcéa s'était laissée tentée par un hibou Grand Duc qui avait des yeux jaunes coquins et profonds. Puisqu'il ne restait plus que les vêtements à acheter et les baguettes magiques, Rick nous annonça qu'il allait nous laisser faire ces dernières courses nous-mêmes, tandis qu'il avait rendez-vous avec un collègue. Mes amies et moi allâmes donc chez Madame Guipure ensemble. La femme connaissait bien son travail, car elle avait déjà deviné que nous étions des premières années et elle prit nos mesures et dès que cela fut fais nous donna les robes de travail, le chapeau pointu, la paire de gants protecteur et la cape d'hiver qui étaient demandés. Les mains pleines, on sortit l'une après l'autre et on se dirigea ensuite vers la boutique tant attendue. Ollivander ! À notre entrée, il n'y avait qu'un seul client, un garçonnet aux cheveux blonds qui nous était de dos.
-Hiii, c'est bientôt ! S'enthousiasma Sakura qui déposa ses achats sur une table près de la fenêtre.
On fit de même pour se libérer les mains. Dulcéa se contenta de rester près de la fenêtre pour voir si son père était en vu et Sakura s'approcha du garçon pour voir ce qu'il faisait. Je la suivis en restant tout de même derrière elle.
-Je me souviens très bien de la baguette que j'ai vendue à vos parents, jeune homme. Ventricule de dragon, bois d'orme pour votre père…
Mais je me rendis compte que le garçon n'écoutait pas vraiment ce que le fabriquant de baguette lui disait. Il regardait l'arrière boutique, comme s'il avait envie lui-même d'aller chercher sa baguette. Voyant l'inattention de son client, Ollivander s'interrompit et partit chercher une baguette. C'est alors que le garçon se retourna, probablement parce que Sakura était tellement excitée qu'elle n'avait pas pu s'empêcher d'émettre un « oh ! » lorsque le vendeur avait parlé du matériau de la baguette du père au blondinet.
-Barbe de Merlin ! S'étonna mon amie. C'est… Oui, j'en suis sure. Tu ne serais pas le fils de Lucius Malefoy ?
Dulcéa qui avait cessé d'observer la fenêtre s'approcha comme une furie. Elle vint se planter devant le garçon et le regarda avec véhémence.
-On s'en fiche de qui il est.
-Tu t'en fiche, rectifia Sakura avec une petite moue.
Ce drôle de numéro me gênait et je préférai me rapprocher du comptoir et m'éloigner de mes amies. Mais même à ça, j'entendis ce qu'elles disaient.
-C'est un Malefoy, affirma Dulcéa comme si ce nom lui brûlait les lèvres. Il ne mérite même pas qu'on lui parle.
-Mais qu'est-ce qui te prends tout à coup ? Demanda Sakura, très perplexe. Sa famille est géniale, elle a donné beaucoup d'argent à Ste-Mangouste.
-Oh pitié, Saku ! C'est l'hôpital qui se fiche de la charité. Tu crois qu'ils l'ont fais juste pour aider les malades ?
Je ne voulais pas en entendre plus et j'espérais qu'Ollivander allait bientôt revenir. Il farfouillait encore dans des boîtes sur les étagères arrière.
-Qu'est-ce que tu as contre les Malefoy ?
-Ce sont des…
On ne su jamais ce qu'elle allait dire parce qu'il y eu un grand bruit lorsque le vase en verre sur le comptoir explosa. Mes amies et le garçon se tournèrent vers moi avec stupéfaction.
-Quoi ? Dis-je avec un haussement d'épaules.
-Tu… Tu l'as fais exploser …
-De quoi ?
-Le vase…
Moi ? Bien sur que non, je n'avais même pas de baguette et je ne savais même pas comment faire. Et pourtant, ils me regardaient tous comme s'ils y croyaient. J'étais vachement gênée, surtout lorsque je croisai les yeux gris acier du blondin qui me fit rougir comme une idiote. Heureusement, dieu merci, Ollivander arriva à ce moment. Il tendit une baguette à son client.
-Bois d'aubépine, vingt-cinq centimètres, crin de licorne …
Elle était parfaite semble-t-il car dès qu'il l'a prit, il paya en lançant les gallions et s'en alla sans avoir dit un seul mot. Seuls ses sourcils semblaient démontrer que la situation l'avait amusé. Notre tour vint alors, et on laissa sans hésiter Sakura passer la première. Elle essaya de nombreuses baguettes, mais pour le moment aucune ne convenait. Finalement au quatrième essaie, elle trouva celle qui lui était destiné. Elle était en bois de cerisier, faisait vingt-sept centimètres et contenait du ventricule de dragon. Dulcéa passa la seconde et encore une fois Ollivander sembla avoir envie nous faire part de ses souvenirs.
-Rick Medjaï a acheté sa baguette ici-même, il y a de cela bien longtemps. Elle était en noyer noir trente et un centimètre avec du crin de licorne. Très rigide, très cassante.
Dulcéa hocha la tête avec émotion et essaya une baguette avec les mêmes caractéristiques que son père mais elle ne lui convint pas car elle fit exploser un autre vase qui était sur une étagère. La deuxième baguette fut la bonne. En vigne, vingt-huit centimètre virgule cinq, contenant une plume de phénix. Très contente, Dulcéa paya avec un grand sourire sa baguette et se recula pour que je puisse m'avancer.
-Ah… Pourrais-je savoir votre nom mademoiselle ?
-Séléna. Séléna Price…
-Hum… Fort intéressant. Je ne me souviens pas d'avoir vendu de baguettes à vos parents. Qui étaient-t-ils ?
Mince ! Je ne savais pas du tout quoi répondre à cela moi ! J'avais des parents, mais ils étaient moldus et je ne savais rien du tout sur mes vrais parents moi ! Je ne savais même pas si c'était des sorciers. Sakura vint à mon aide.
-Peu importe, non ? Puisque c'est à Séléna que vous allez vendre une baguette…
Il me regarda encore une bonne minute et partit de nouveau vers l'arrière boutique. Une baguette. Deux baguettes. Cinq baguettes. Aucune d'elles ne me convenaient. J'étais désespérée. Finalement après six essaies, l'une d'elle me fit un effet particulier. Elle était en bois de saule, vingt-cinq centimètres virgule neuf, avec du crin de licorne. D'après Ollivander elle était souple et rapide, idéale pour les enchantements. Mais, elle lui rappelait la baguette d'une autre élève. Il me regarda de nouveau.
-Vous me la rappelez beaucoup, à part les cheveux.
Il ne voulu cependant pas en dire plus et je payais avec l'étrange impression que j'avais été sur le point de découvrir qui était ma mère ou du moins la personne que je lui rappelais. On retrouva Mr Medjaï près de l'entrée du Chemin de Traverse et ensuite on entra au Chaudron Baveur ou deux chambres nous attendaient. Le lendemain, nous prendrions le Poudlard Express pour se rendre enfin à Poudlard.
L'endroit était vaste. Un hall de marbre. Des comptoirs mais sans gobelins et tabourets. Gringotts. Tout était blanc. Une main se posa sur mon épaule. Une main chaude, déterminée et qui ne tremblait pas. Une bague d'argent à l'annulaire droite. Un souffle chaud dans mon cou. Quand je me retournai, des vases explosèrent en me plantant des morceaux de verre dans la peau. J'hurlai. Et j'entendis Dulcéa et Sakura qui se disputaient :
-C'est une Price ! Tu ne peux pas lui faire confiance.
-C'est notre amie 'Dul, disait Sakura. Nous allons toujours être là pour elle.
-Elle ne mérite même pas qu'on lui parle.
Les voix se turent. Une fille brune arriva à la course et me heurta de plein fouet. C'était Malicia Zabini.
-Pauvre gourde, tu ne pourras jamais me le prendre, jamais ! Il est à moi ! C'est mon monde ! Ha ha ha ha ! Retourne dans ton trou !
Elle m'attaquait alors en me lançant des tas de gallions.
Je me réveillai en sursaut. Quel rêve étrange ! Je l'ignorais pour l'instant, mais une partie de ce rêve se révélerait pour vrai dans ma vie. Pour l'instant, mes amies se réveillèrent à leur tour et on se prépara. À dix heures et demie, on était à la gare de King Cross, nos valises sur des chariots ainsi que nos cages. Il fallut foncer dans un mur, mais ca alla trop vite que je ne le remarquai pas vraiment. À onze heure, le train se mit en branle et je quittai pour la première fois les villes que je connaissais.
Notre trio ne parvint pas à trouver un compartiment vide. À chacun de ceux qu'on croisait, des élèves étaient assis et discutaient joyeusement. On finit par en trouver un qui nous semblait idéal. Seuls deux garçons d'environ notre âge discutaient.
-Excusez-moi, peut-on s'assoir avec vous ? Les autres sont pleins, demanda gentiment Dulcéa en faisant son plus beau sourire.
Je vis les deux garçons s'échanger un regard. Celui qui était roux avec des tâches de rousseur haussa les épaules tandis que celui qui portait des lunettes rondes aux cheveux noirs ébouriffés nous autorisa avec plaisir à nous joindre à eux. Sakura poussa un cri de joie et s'assit à côté du roux mais se releva précipitamment en voyant le rat qu'il avait dans ses mains.
-C'est mon rat Croutard, nous dit-t-il. Il n'est pas méchant, d'ailleurs, il ne sert à rien.
-J'aime pas les rats, ils sont petits et sournois, marmonna mon amie en s'asseyant plûtôt à côté de l'autre garçon.
Je soupirai et m'assit à la place qu'elle venait de quitter. Dulcéa hésita puis finit par s'assoir à côté de Sakura.
-Je m'appelle Sakura Gagnon, dit notre amie brune après un petit moment de silence embarrassant. Et vous, c'est comment ?
-Ron Weasley, répondit le rouquin avec la bouche pleine d'un sandwich qu'il venait d'ouvrir et de croquer.
-Et moi, Harry… Harry Potter.
Nouveau hurlement de la part de notre chère Sakura qui était très hystérique dans certaines situations. Elle se leva de son siège, me tourna le dos et fixa le dénommé Harry.
-Je n'y crois pas ! Ca alors, c'est incroyable ! Tu… Tu existe vraiment ! Je pensais qu'Aaron plaisantait et que mes parents avaient embarqué dans son jeu mais… Oui, voilà tu es bien réel et tu as oui, la cicatrice en forme d'éclair, wow !
Penaude, je jetai un regard à Dulcéa qui soupira. Elle semblait comprendre mais n'en faisait pas tout un plat.
-Je suis Dulcéa Medjaï, se présenta-t-elle avant d'ajouter : Je suis désolée pour Sakura, elle peut parfois être… très intense.
Elle rigola et se ré assit. Les regards se tournèrent vers moi.
-Séléna Price, dis-je dans un murmure pas très à l'aise.
Pendant que les quatre se mettaient à discuter de Poudlard, je fixai la porte du compartiment. Je n'étais pas certaine, mais j'étais sure que des personnes s'étaient tenues là il y a quelques instant à peine. Intriguée, je m'apprêtai à me lever pour aller voir quand les portes s'ouvrirent à la volée et que 3 garçons et 1 fille entrèrent.
-Malefoy ! S'insurgea Dulcéa en reconnaissant le blondinet.
-Malicia ! M'exclamais-je alors au même moment.
Celle-ci me fit de nouveau un doigt d'honneur et secoua la tête. Les deux autres garçons étaient enveloppés et légèrement indigne d'intérêt. Ils faisaient craquer leur jointure comme pour nous intimider.
-Ce qu'on raconte dans ce train est donc vrai. Harry Potter vient étudier à Poudlard, lança le dénommé Malefoy en fixant d'un œil mauvais le garçon à lunette.
Harry Potter regarda Malefoy puis sa petite bande et puis son ami Ron et puis nous. Il semblait ne pas trop comprendre que lui voulait le blond.
-Tu te rendra compte que chez certaines familles sont meilleures que d'autres Potter. Je t'y aiderai.
Il tendit une main au jeune homme à la cicatrice après nous avoir jeté un regard venimeux. Au même moment, Malicia essaya de m'écraser le pied. Je bondis de mon siège et en ne réfléchissant même pas, je sortis ma baguette la pointai sous son menton.
-Ne recommence jamais ça ! Je ne sais pas ce que je t'ai fais, mais laisse-moi tranquille.
-Je n'ai même pas peur sale Sang-de-Bourbe.
Un silence glacial s'installa suite à ses paroles. Finalement, Harry prit la parole.
-Je sais distinguer le bon grain du mauvais, Malefoy.
Cette simple phrase détermina alors pour toujours la relation que ces deux là allaient avoir entre eux. Mais pour l'instant, je ne me préoccupais pas vraiment d'eux. Je n'avais pas lâché Malicia des yeux, ma baguette toujours menaçante. Je ne sais pas comment ca se serait terminé, mais les quatre emmerdeurs s'en allèrent après avoir 1. Jurer de ne nous rendre la vie intolérable à Poudlard, 2. Déclarer que nous étions indignes d'intérêt et de 3. Que cela ne se terminerait pas comme ça.
-Ne vous faites pas de soucis, nous rassura Dulcéa. Ce garçon ne vaut même pas la peine que l'on s'en fasse. Il est comme son père. Un grand parleur mais un petit faiseur.
Ah oui, j'oubliais… Elle semblait bien connaître cette famille, pourtant je croyais que seul son père était sorcier… Enfin, c'était trop compliqué et pour l'instant la porte s'ouvrait de nouveau et une brunette aux yeux autoritaires fit son entrée.
-On arrive bientôt à Poudlard. Il serait plus judicieux de vous changer maintenant. Ah et au fait, je suis Hermione Granger.
Et elle repartit en coup de vent.
-Qu'est-ce que c'était que cette fille ? Demanda le dénommé Ron les sourcils froncés.
Personne ne lui répondit et on décida d'un commun accord de nous changer. Poudlard n'était plus très loin.
