Nous revoici avec le chapitre 2 de cette fiction à quatre mains ^^
En espérant que cette suite vous plaira autant que le début !
Pour rappel, les personnages de One Piece et l'œuvre originale ne nous appartiennent pas.
BONNE LECTURE !
CHAPITRE II : A la chaleur estivale
Le soleil se levait avec lenteur sur la ville, réveillant certains de leur léthargie, tandis que pour d'autres, les premières lueurs de l'astre solaire étaient synonymes d'une bonne... Journée de sommeil. Maintenant que c'était enfin les vacances, les écoles étaient fermées et les élèves, de la maternelle jusqu'au lycée étaient chez eux, flânant, se reposant, rattrapant le sommeil perdu.
Quant à lui, quand le soleil filtra au travers de ses volets tirés, caressant sa paupière avec douceur, il se força un peu à ouvrir son œil bleu. Alors qu'il reprenait lentement le contrôle de son corps, son abdomen se contracta une première fois sous un effort intense, tétanisant son corps du bout des doigts jusqu'à ses orteils : il s'étirait en serrant les dents, retenant "le cri du guerrier" qui pouvait suivre rapidement s'il ne le retenait pas. Pourquoi cela ? Pour ne pas réveiller la jeune femme blonde près de lui. Après un long soupir plus ou moins contrôlé, le jeune homme blond lui aussi se redressa en passant une main dans ses cheveux, sentant une mèche tomber sur son œil droit. Il passa deux doigts dans son bouc, encore un peu dans le gaz avant de sourire en sentant une joue rebondie se coller à son omoplate gauche alors que deux bras un peu bronzés et potelés passèrent autour de son torse.
« Bonjour Sanji !
- Bonjour Béné, sourit-il en la prenant sous son bras. »
Elle gloussa doucement, se laissant faire alors que le jeune cuisiner lui caressait les cheveux tendrement. Béné était une amie d'enfance de Sanji : ils avaient quasiment grandi ensemble, la famille de la jeune femme travaillait pour celle de Sanji qui l'avait toujours considéré comme une sœur, bien qu'il aime déjà beaucoup la sienne. Les deux jeunes gens restèrent dans cette position une bonne dizaine de minutes avant que Sanji ne bouge un peu, faisant comprendre à la jeune femme près de lui, qu'il fallait qu'elle se redresse également.
« Tu comptes faire quelque chose aujourd'hui ? demanda Sanji en ouvrant les volets.
- Euh hum... Je devais rejoindre Ichiji, il m'a demandé de le rejoindre au parc, je ne sais pas trop pour quelle raison. Il est très secret, dit-elle dans un petit rire. »
Sanji tiqua un peu à l'évocation du nom de son grand-frère mais ne releva pas ; il ne savait pas trop ce qu'elle lui trouvait mais il n'allait pas juger ni en faire un drame. Béné était bien assez grande pour se défendre, du moins, c'est ce qu'elle clamait. Attrapant son paquet de cigarettes sur la commode de sa chambre, le jeune Vinsmoke, troisième du nom, descendit à la suite de la demoiselle vers la cuisine où il alluma sa cigarette tout en commençant à faire le petit-déjeuner. Béné de son côté fit du café pour son ami et du chocolat chaud pour elle-même.
« Je ne t'ai pas demandé, reprit-elle semblant subitement réaliser.
- Hm ?
- Tu fais quoi aujourd'hui, toi ?
- Oh, euh... »
Le petit temps de réflexion que marqua Sanji fut assez pour Béné qui sourit largement, allant poser la tasse de café encore fumante sur la table. La jeune femme ronde s'approcha ensuite du cuistot et lui appuya sur la joue du bout de son index gauche.
« Tu vas voir une fille ? demanda-t-elle taquine.
- Hm ? Hm. Oui, une amie.
- Oh, je la connais ? »
Sanji parut réfléchir, puis secoua la tête un peu hésitant. Il n'avait pas le souvenir d'avoir présenté une de ses amies à Béné, voire même un de ses amis. Il n'avait même jamais présenté personne à sa famille. La première fois que Yonji, son petit-frère, avait amené un de ses amis à la maison, on apprenait le lendemain que ce dernier ne voulait plus venir chez les Vinsmoke. Sanji avait un vague souvenir d'une partie de cache-cache durant laquelle un rictus terrifiant étirait les lèvres d'Ichiji. En y réfléchissant bien, il devait y être pour quelque chose celui-là. Reiju, leur sœur aînée, n'avait rien dit et "rien" fait, mais elle n'avait pas l'air plus innocente. Quant à Niiji, le nerveux de la fratrie, il devait aussi avoir fait quelque chose, le sourire qu'il avait arboré après le départ du premier ami de Yonji n'avait rien annoncé de bon. La famille Vinsmoke ne paraissait normale que durant les soirées mondaines auxquelles ils étaient invités, ou qu'ils organisaient mais autrement... Ils étaient tous pleins de vices, et ça, on ne pouvait certainement pas le nier. Certainement pas. « On choisit pas ses parents, on choisit pas sa famille », hein ? C'était bien vrai. Et terriblement dommage en même temps. Sanji aurait adoré changer de famille. Ou alors, quelques-uns de ses membres...
Un peu plus tard, devant la bibliothèque de la ville...
Sanji avait accompagné Béné jusqu'à son lieu de rendez-vous avant de l'y laisser en voyant son grand-frère arriver de loin. Le blond lui avait fait signe avant de tourner les talons n'attendant aucune réponse, allant rejoindre son amie. Sanji était en avance, comme toujours. Pour passer le temps donc, comme souvent, il tira une cigarette de son paquet, la glissa entre ses lèvres humides, saisit son briquet gravé et s'en grilla une. Dans un long soupir, le jeune cuisinier rejeta la tête en arrière assis sur son muret, regardant les avions passer entre les nuages, lents, mollement. En voilà un qui allait vers l'est... Deux minutes après, un autre le suivit.
Sanji attendit cinq minutes, dix minutes, quinze minutes...
« Eh !
- Huh ? »
Sanji tira sa cigarette de sa bouche et souffla sa fumée avant de sourire et de se relever, bien droit, s'avançant en deux enjambées vers la jeune femme qui venait à sa rencontre. Elle était fine, les cheveux lisses, d'un joli blond clair - plus clair que ceux de Béné en tout cas – et de très beaux yeux bleu-vert qui pétillaient en permanence.
« Salut Hamako, salua Sanji en lui faisant la bise.
- Hey ! Tu vas bien ? sourit-elle en se balançant doucement, faisait voleter sa jupe.
- Hm, ouais. Et toi ? Pas trop de soucis pour sortir cette fois ? »
Hamako ricana, puis haussa les épaules, prenant le bras de Sanji pour commencer à marcher.
« Comme d'habitude, qu'est-ce que tu veux que je te dise ? Mes parents me laissent difficilement sortir. Même quand ils ne sont pas chez moi, tu le crois ça ?
- J'ai du mal, mais j'imagine que quand ils reviendront pour la fête que mon père organise, j'aurai droit à un aperçu, sourit le jeune homme en prenant son amie par les épaules.
- Bah...
- Allez, haut les cœurs, je te paie le déjeuner !
- Ah cool ! »
Le sourire qu'arbora Hamako fit apparaître celui de Sanji : elle ressemblait à une enfant comme ça, mais il ne dit rien et ne fit que terminer sa cigarette en marchant lentement vers le restaurant où il voulait emmener son amie. C'est Zeff qui allait être content de le voir tiens...
Et alors qu'ils s'éloignaient, un jeune bibliothécaire, écrivain en devenir, notait soigneusement ce qu'il venait de voir dans son carnet.
Un jour à la fois, une page après l'autre, il se faisait le témoin des nouveautés, des changements, des mutations que subissaient les lieux et les êtres, de manière inconsciente majoritairement. Des changements si discrets mais aussi si profonds qu'un jour vous vous réveilliez en en ayant enfin conscience mais à ce moment-là il est déjà trop tard et vous ne pouviez réaliser qu'avec effroi que vous étiez devenu quelqu'un d'autre, un étranger aux yeux de tous, aux vôtres compris.
Comprenant que l'impossible vous était arrivé, il vous devenait alors à votre tour impossible d'assurer quoi que soit concernant votre futur.
Quel forme prendrait-il ?
Comment s'achèverait-il ?
Serait-il possible de remonter la pente, à votre échelle au moins, pour vaincre les secondes s'égrenant impitoyablement ?
Si pour l'instant cette position un brin omnisciente seyait parfaitement à Sabo, il ne tarderait pas à regretter cette passivité le privant de tout moyen d'action, le laissant aux prises avec le désespoir le plus profond quand le moment crucial serait venu…
En attendant, le soleil brillait haut et fort dans le ciel, éblouissant les audacieux qui s'obstinaient à le fixer jusqu'à s'en faire pleurer. Les rues animées d'ordinaire se teintaient de mille et une couleurs, chacun prenant place au sein de cette immense mosaïque présentant un nouveau visage à chaque observateur. Les rues s'emplissaient peu à peu, les odeurs et les sons s'alliaient pour donner cet aspect si vivant à la ville, son cœur battant au rythme des pas des citadins, les bruits de circulation audibles au loin ne faisaient qu'ajouter à ce tableau saisissant de réalisme.
Noyée au milieu de cette masse compacte, entre les odeurs fleuries accompagnant les beaux jours, celle des barbecues en terrasse avec quelques amis, brassées par un léger souffle de vent, Rae tentait de progresser vers son appartement. La jeune femme comptait bien profiter de la générosité de son patron. Franky, banane relevée et slip à l'air, avait décrété en arrivant au garage qu'il « faisait trop beau pour travailler pendant cette SUPER journée » et les avait tous libérés en leur ordonnant d'aller « s'éclater ».
Les klaxons des voitures, le ronronnement des moteurs et tous les autres bruits de circulation accompagnaient Rae sur son chemin, se faisant moins insistant au fur et à mesure qu'elle s'éloignait du centre-ville, la baignant dans une agréable sensation de paix.
Elle repensait à Franky qui était parti directement à la piscine après avoir fermé le garage, « il était déjà en tenue cela dit » pensa-t-elle amusée.
Traversant la rue en face de chez elle, son regard fut attiré par un panneau publicitaire sur lequel la célèbre égérie Boa Hancock posait pour un maillot de bain deux pièces mettant ses formes en valeur. La vue du prix arracha un sourire à Rae qui ne put s'empêcher de se demander comment si peu de tissu pouvait coûter aussi cher.
Montant une à une les marches qui la mèneront à son petit havre de paix personnel, elle tourna ses clés dans la serrure, entra en posant ses affaires sur le canapé puis entreprit d'aller s'étendre au soleil sur sa chaise longue, son balcon donnant plein sud.
Les yeux clos, ses cheveux frisés relevés en un haut chignon pour lui éviter d'avoir encore plus chaud – ses mèches collant à son visage avec la sueur estivale, elle se détendait peu à peu, les rayons brûlants léchant doucement sa peau déjà bien basanée.
Pendant que la majorité des personnes profitaient du beau temps pour passer une journée à l'extérieur et évacuer le stress de la vie citadine, certains autres – plus rares – préféraient se réfugier à l'ombre, fuyant la lumière comme s'ils craignaient de s'y brûler.
C'était le cas d'un trentenaire brun, aux yeux jaunes perçants, une barbe soignée et un air lugubre l'accompagnant constamment, ce qui compliquait toute approche. Debout derrière ses stores striés qu'il soulevait légèrement pour observer l'agitation animant la rue en contre-bas de son cabinet d'avocat.
Dracule Mihawk, dont le teint blafard ne démentait pas son amour pour l'obscurité, restait enfermé dans son cabinet aux volets tirés, travaillant sur des dossiers plus massifs les uns que les autres qui s'entassaient en des piles impressionnantes sur son bureau. Il préférait rentabiliser le temps dont il disposait pour prendre de l'avance dans son travail, de toute façon l'idée d'aller lézarder au soleil, d'être dans une passivité et une inaction absolue, avait de quoi l'horrifier. Ajoutez à cela les cris de joie, de peine, les plaintes vis-à-vis de la chaleur des passants… Il sentait sa patience doucement s'éroder et dû se masser vigoureusement les tempes, fermer les yeux, les pressant de ses paupières à maintes reprises pour parvenir à maintenir un niveau de concentration convenable.
Il avait hâte que la journée prenne fin.
Pour d'autres, la journée venait à peine de commencer !
Un groupe d'enfants du centre de loisir municipal avait eu la chance de pouvoir visiter la fabrique de jouets qui faisait la réputation de la ville.
Au milieu de l'après-midi un groupe d'une vingtaine d'enfants arriva à l'entrée de la fabrique, les yeux écarquillés, le regard rêveur face à ce lieu plein de merveilles qui ne leur promettait que fantastique. Pendant que l'animatrice discutait avec les responsables de la sécurité à l'entrée, les jeunes enfants laissaient leurs yeux vagabonder sur ces murs multicolores dont les pièces semblaient avoir été empilées les unes sur les autres par la main d'un très jeune – trop jeune – architecte, et ne semblaient tenir entre elles que par magie, donnant l'impression que ce pouvait être l'un d'entre eux qui avait assemblé les blocs de bois les uns après les autres pour former ce château enfantin. C'était là encore l'un des nombreux exploits du propriétaire de la « Maison des jouets ».
A l'intérieur ils furent saisis par la bonne odeur de la sciure de bois, rappelant les matériaux de fabrication des plus anciens jouets, les plus mémorables. En comparaison de la façade, dire que l'intérieur était coloré serait un ridicule euphémisme. L'œil ne savait tout simplement pas où se fixer pour regarder, scrutant des points les uns après les autres, s'arrêtant aux détails, s'émerveillant en passant rapidement devant une salle dont ils ne purent qu'entrapercevoir l'entrée. Arrivant au bout d'un couloir, où la moquette rose étouffait le bruit de leurs pas, ils firent la connaissance de celle qui leur servirait de guide au cours de la visite, Sugar.
Une jeune femme qui, bien qu'ayant l'apparence d'une enfant, était pourtant plus âgée que leur animatrice ! Autant dire que son air de petite fille et sa manie de gober un grain de raisin après chaque phrase ne l'aidait en rien à se faire respecter des jeunes enfants. Elle essaya de rester calme, les menant dans toute une succession de pièces plus fabuleuses les unes que les autres où leurs regards s'illuminaient à chaque explication, l'animatrice Camie, semblant elle-même retomber en enfance. Ils s'arrêtaient parfois pour laisser passer des jouets qui circulaient eux aussi dans la fabrique comme un petit robot qui se remontait et un ours en peluche qui allaient, conversant vers les dépôts.
Sugar qui s'efforçait de faire bonne impression et de rendre le moment féérique pour tous se retrouva bien embêtée lorsque des garçons se mirent à courir derrière les jouets effrayés en essayant de les prendre pour les ramener chez eux et que les petites filles s'approchaient lentement d'elle. Malgré les apparences, Sugar n'était pas du tout à l'aise en compagnie d'enfants et elle sentait qu'à présent la situation lui échappait.
Enfin, c'était sans compter sur le responsable du rire amusé montant depuis le fond du couloir peu éclairé, depuis la partie la plus sombre de la fabrique de jouets progressait vers le groupe, un homme à la carrure plutôt impressionnante. Tout ce que l'on percevait était un sourire inquiétant et le rire en fond, se rapprochant dangereusement du groupe d'enfants.
« Fufufufufu…
Alors Sugar, tu t'amuses bien à ce que je vois ! »
Son arrivée eu au moins le mérite de calmer la classe qui se regroupa, impressionnée, derrière Sugar comme un seul homme en demandant de manière répétitive qui il était.
La guide prit alors une profonde inspiration avant de se tourner vers eux et d'annoncer avec fierté, de sa voix haut perché de petite fille :
« Les enfants, mes chers visiteurs, j'ai l'honneur de vous présenter le créateur de génie de cette fabrique et propriétaire de la « Maison des jouets », Doflamingo Donquixote ! »
Vers midi, Ace se décida à s'arracher des bras de son lit en grommelant passant ses deux mains sur son visage en soupirant avec force. Le jeune homme s'étira comme un chat, et se força à faire un peu de rangement dans sa chambre. A cette heure-ci, Luffy devait être dehors - sûrement avec des amis - et leur grand-père au travail, ça laissait à Ace la maison pour lui seul et tout le loisir de se reposer, il en avait bien besoin, c'est le moins que l'on puisse dire. Le directeur de la caserne lui avait donné quelques jours de vacances, voyant que l'énergie du jeune homme était au plus bas et qu'il n'en pouvait absolument plus. Le simple fait de lever un carton à moitié plein devenait un réel effort pour Ace, ce qui inquiétait ses collègues quant à sa santé. Même Marco et Thatch, deux proches amis et collègues, l'avaient poussé à rentrer chez lui et à dormir, c'était vraiment le plus important. Ainsi, le jeune Portgas rattrapait son sommeil perdu et s'occupait, le temps de se réveiller complètement, en nettoyant la maison. Il prit un brunchrapide, se lava et s'habilla avant de sortir lui aussi sur les coups de quatorze heures. Le jeune pompier hésita un instant entre se balader et aller rendre visite à des amis. Tout en réfléchissant à cette épineuse question, ses pieds le menèrent d'eux-mêmes devant la porte d'une personne qu'il connaissait bien. Son corps avait presque fait le chemin par automatisme, il ne s'en était même pas rendu compte.
La chaleur de la rue était étouffante, Ace ne préféra même pas imaginer l'état du centre-ville à cette heure, alors que le soleil était au zénith. Seul la morsure brûlante de l'astre contre sa nuque et de temps à autre son visage lui suffisait pour comprendre. La chaleur ne le dérangeait pas plus que cela, mais se balader torse nu dans la rue n'était pas dans ses plans. Aussi, il se fit violence pour ne pas attacher son débardeur noir autour de sa taille quand il sentit les premières gouttes de sueur perler le long de son dos.
Heureusement pour lui, sa destination se tenait droit devant, encore quelques pas et il y était. Passant le portail noir, il gravit les cinq marches en pierre qui menaient au porche et mit six petits coups contre la porte qui s'ouvrit sur une jolie brune qui lui sourit largement en le voyant.
« Tiens, salut Ace ! Tu vas bien ? Alors tes vacances ? sourit-elle en l'invitant à entrer.
- Bah, c'est que mon premier jour, répondit-il en entrant, enlevant débardeur et chaussures. Et toi, Sora ? Les vacances ? »
Sora sourit, puis haussa vaguement les épaules : ça se passait, elle ne s'ennuyait pas trop, mais ce n'était pas l'éclate non plus. Mais elle n'avait rien à craindre, ce n'était encore que le début, elle avait du temps. Sora et Ace s'étaient connus un peu après que ce dernier ait rencontré Sabo et Luffy : c'est le plus jeune qui la lui avait présenté. A l'époque, elle avait quatorze ans, Luffy douze, Sabo et Ace quinze. Depuis ils étaient devenus de proches amis, passant du temps ensemble dès qu'ils le pouvaient.
« Ton frère n'est pas là ? s'étonna Ace en jetant un œil dans toutes les pièces du rez-de-chaussée. Il finit par se tourner vers elle.
- Il est avec Robin, sa copine.
- La fameuse Robin... sourit le jeune homme brun en prenant une voix suave, haussant les sourcils.
- Ne dis pas son prénom sur ce ton, c'est dégoûtant, ricana la jeune femme.
- Ah ! Maintenant c'est dégoûtant ? La dernière fois que tu en parlais on aurait pu croire que c'est toi qui sortait avec elle et pas ton frère ! lança le Portgas en lui attrapant les poignets.
- Eh ! N'im... N'importe quoi ! Elle est super jolie et gentille ! C'est pour ça que je dis du bien d'elle !
- Et alors ? Toi aussi tu es jolie et gentille. Je vois pas ce qu'elle a de plus que toi ... »
Sora gonfla ses joues en baissant la tête, évitant ainsi le regard de son ami. Ace avait un sourire en coin, plutôt moqueur, alors qu'il posa les mains de la jeune femme sur ses épaules, les lâchant doucement pour glisser les siennes sur les omoplates de Sora et la rapprocher de lui pour l'enlacer. La brune se laissa faire, fermant ses yeux gris en inspirant profondément, ignorant la sensation un peu collante sur la peau de son ami. Un petit sourire fendit son visage alors qu'elle sentait les lèvres d'Ace chatouiller le creux de son cou.
Sora Blue vivait depuis son plus jeune âge avec son frère Akio, son aîné d'un an. Leurs parents n'étaient plus, et c'est leur grand-père qui les avaient élevé, jusqu'à ce qu'il décède de maladie assez récemment. Le jeune homme prenait grand soin de sa cadette, faisant attention à ses fréquentations et à ce qu'elle faisait. Il se démenait pour pouvoir subvenir à leurs besoins et il y parvenait. Depuis deux ans déjà, il avait succombé au charme de l'archéologue la plus connue de la ville : Nico Robin. Ils s'étaient rencontrés dans un musée par hasard, dans un pavillon réservé aux antiquités égyptiennes. Le courant était plutôt bien passé et ils s'étaient revus à de nombreuses reprises avant d'officialiser leur relation. Akio n'était pas le seul à être tombé amoureux de l'archéologue, sa petite-sœur l'adorait, l'adulait, lui vouait presque un culte ! Enfin, on ne pouvait pas dire que Nico Robin n'était pas appréciée chez les Blue.
Ailleurs, dans le centre-ville
L'hôpital n'était pas un endroit que l'on pouvait considérer comme calme. Même en été, alors qu'on pouvait, à juste titre, se dire que les gens pouvaient faire attention, il n'en était rien : il y avait toujours autant de monde aux urgences. C'est en ayant cette pensée en tête que Momo attacha ses cheveux en un chignon un peu défait, dont de nombreuses mèches rousses s'échappaient. Pourquoi avait-il fallu qu'elle ait les cheveux ondulés, limite frisés ? Et maintenant elle avait soif... Elle tuerait pour manger une pêche d'ailleurs.
« Coucou toi ! gloussa une voix derrière elle. »
Deux lèvres froides se posèrent sur sa joue tiède, ses yeux roses, vifs, se tournèrent vers l'origine de cette voix qui la fit sourire : Monet. Monet tenait dans sa main droite un verre d'eau entamé et dans celle de gauche un fraîchement rempli. Ses lunettes rondes reposaient sur sa tête et ses cheveux émeraudes étaient attachés en une queue de cheval haute. Elle tendit le second verre à Momo qui le prit bien volontiers avant de s'asseoir lourdement dans un soupir.
« Tu as l'air exténuée, sourit Monet en s'asseyant au bord de la table.
- Un peu oui, même s'il y a la climatisation, j'ai l'impression de crever de chaud quand même, tu m'expliques ? siffla la rousse en buvant son vers cul-sec.
- Bah, c'est un peu pareil pour tout le monde ! »
Elles se sourirent, et continuèrent de discuter en salle de repos, saluant de temps en temps, un collègue qui pouvait passer par là.
« Dis, tu as déjà vu Trafalgar ? demanda Monet.
- Hum ? Une ou deux fois dans les couloirs, on ne fait que se saluer, on ne s'est jamais vraiment parlé, pourquoi ?
- Oh non, pour rien. Kureha lui a récemment demander de porter une blouse pour faire plus professionnel. Il a rechigné, mais maintenant il la porte et...
- Et ?
- Et ça lui va super bien, ricana l'autre en se resservant un verre.
- Monet, soupira son amie, son menton reposant dans la paume de sa main gauche.
- Oh, ça va, t'es toujours la première à dire que tel ou tel infirmier a un beau derrière ! »
Momo posa une main sur sa poitrine, feignant d'être choquée. C'est vrai qu'avec Monet, Momo était une autre femme, elle déliait déjà un peu plus sa langue, mais quand elle était avec les autres, un mur, un rempart impénétrable.
« Chut, ils vont t'entendre ! grommela la Suppai.
- Ne t'en fais pas, je ne dirai rien, la taquina son amie.
- Ben tant mieux ! »
Les deux chirurgiennes se regardèrent longuement avant de rire franchement et de retourner à leur discussion.
Enfin c'était jusqu'à ce qu'elles entendent de l'agitation monter depuis le hall d'entrée et les infirmiers se débattre pour retenir un patient visiblement agité. Rossinante faisait encore des siennes…
Momo vit un grand homme blond cherchait par tous les moyens possibles et imaginables à s'extraire de la poigne des membres du personnel infirmier, se débattant comme un diable en boîte. Il semblait vouloir rejoindre la sortie malgré les multiples plaies recouvertes de bandages couvrant son torse. Interloquée elle lança un regard en direction de Monet, l'air de dire « Tu penses qu'il se passe quoi encore ? », sourcils relevés, cette dernière se contenta de réajuster ses lunettes sur son nez, amusée en haussant les épaules. L'agitation se poursuivit jusqu'à ce que Law vienne et injecte un sédatif à l'intrépide tentant de se faire la malle avant son rétablissement complet, il se releva sous les regards choqués de l'assistance avant de confier la seringue vide à l'un des infirmiers et de repartir vers son bureau en baillant, toujours sans mot dire.
Le policier se retrouva donc ramené de force dans sa chambre et sous bonne garde, Monet gloussa face à cette scène peu commune tandis que Momo restait debout sans bouger, n'en revenant toujours pas.
Alors ça pour être efficace, c'est sûr qu'il l'était !
Compatissant et débordant d'empathie envers les patients ? C'était en revanche un peu moins sûr !
Rentrant dans l'appartement qu'il partageait avec son frère, Doflamingo, l'allure guindée et les mains dans les poches, faisant ressortir d'autant plus son manteau en plumes de flamant rose, s'assit sur l'un des bras du fauteuil. Relevant ses lunettes colorées sur son front il commençait à se dire que cela faisait quelques jours qu'il n'avait pas vu son petit frère, depuis que Corazon lui avait annoncé être sur une mission.
Sérieusement, qui serait assez fou pour se gâcher les vacances en filatures et autres trucs glauques dans des passages et quartiers tous plus sinistres les uns que les autres ?
Où est-ce qu'il était encore allé se fourrer celui-là ?
C'était à peu de choses près les pensées qui revenaient à l'esprit de l'homme au manteau de plumes roses.
Un léger courant d'air s'élevait doucement sur la ville, agitant chacune des feuilles verdoyantes pendant aux arbres, soulevant les mèches de dizaines de milliers de chevelures, s'engouffrant partout, transportant toutes ces odeurs, tous ces moments et leurs souvenirs tous brassés ensemble pour faire de l'été ce moment incomparable. Comme semblant répondre à la fraîche brise qui animait les rues, le soleil redoublait d'efforts, mettant toute son ardeur à faire resplendir ses rayons qu'il dardait sans pitié sur chaque habitant, faisant chauffer les bâtiments, faisant en sorte que nul ne puisse échapper à sa lumière.
C'était notamment le cas de Kid et Killer qui s'étaient réfugiés dans l'appartement du premier, assis – vautrés – sur le canapé, regardant une série sans grand intérêt pour faire passer le temps jusqu'au soir parce que « c'était là que les choses devenaient réellement intéressantes » vous dirait Kid avec un sourire carnassier qui n'augurerait rien de bon pour vous ou quiconque oserait braver certaines lois tacites.
En attendant ils étouffaient tous deux malgré les fenêtres grandes ouvertes, enviant tellement Rae en ce moment, « elle et sa foutue résistance à la chaleur ! »
Le plus à plaindre étaient encore sûrement Killer, imaginez un peu la chaleur qu'il devait faire sous ce masque !
Au fur et à mesure que la journée avançait, le temps s'adoucissait, le ciel se teintait de reflets rougeoyants, l'azur éclatant qui s'étalait à vue d'œil pendant la journée laissait peu à peu place à une étendue rose pâle tirant par moment vers un rouge inquiétant au fur et à mesure que le soleil s'enfonçait au loin pour disparaître dans l'horizon.
Sabo rentrait chez lui, après avoir quitté la bibliothèque où il s'était attardé pour travailler plus longuement sur son dernier manuscrit, il avait entamé il y a peu l'écriture d'un roman fantastique pour lequel il cherchait encore l'inspiration, peut-être que marcher un peu l'aiderai à se recentrer. Il remit son haut de forme, réajusta ses gants et pris ses manuscrits sous le bras, remontant l'allée principale.
Un détail finit tout de même par attirer son attention au moment où il s'engouffrait dans la ruelle qui le mènerait à l'appartement qu'il partageait avec ses deux frères et leur grand-père, sur un mur à la pierre abîmée, là où il n'y avait habituellement que quelques avis de recherches à l'encre délavée, était maintenant épinglé un nouvel avis – mais de disparition cette fois-ci – la feuille encore récente jurait affreusement avec le reste du décor.
A bien y réfléchir c'était la première fois que Sabo voyait un avis de disparition dans cette ville, cette réflexion suffit à lui faire prendre conscience que quelque chose n'allait définitivement pas… Tout était trop calme… Tout semblait trop calme…
Seules quelques rafales de vent plus violentes que l'habituel courant d'air frais soufflant sur la ville, brisaient parfois cette impression d'un calme précaire, Sabo n'aimait pas ça… Il avait un mauvais pressentiment et pour être honnête il n'espérait pas que l'inspiration pour son roman lui vienne de la tournure plutôt inquiétante que prenaient les évènements…
Voilà, c'est tout pour nous :3
Laissez un commentaire pour nous donner vos avis, vos impressions : toute remarque constructive est bonne à prendre alors n'ayez surtout pas peur de nous vexer, au contraire, cela fait toujours plaisir d'avoir des retours sur son travail. ;)
Merci de nous avoir lu et à bientôt au prochain chapitre !
Infinite Interstellar Time & Bepo Is sorry.
