Rerebonjour ! Joyeux Noel et bonne fête ! L'enquête qui va suivre se portera beaucoup sur Clémence -je vais planter son caractère ! Cependant, je vous promets que l'enquête suivante sera une vraie enquête, basée sur la série !
DISCLAIMER: Les personnages principaux sauf Clémence et David ne m'appartiennent pas !
Chapitre 3
Clémence se réveilla en sursaut. Les yeux écarquillés, le cœur battant, elle mit plusieurs minutes à se souvenir du lieu où elle se trouvait. Mon appartement. La jeune femme se passa une main sur le visage, s'interrogeant momentanément sur la raison de son réveil. Des bruits de coups de feux la lui révélèrent bien vite. Qu'est-ce que c'est encore que cette merde ?! Clémence, l'adrénaline parcourant déjà ses veines, sauta de son lit et courut jusqu'à sa porte qu'elle ouvrit à la volée.
- Bon réveil, Clémence, lui sourit John.
Le médecin buvait tranquillement un café au coin du feu tandis que son colocataire, armé d'un Glock, tirait dans le mur d'en face. Attends, attends... Clémence se massa les paupières pour éliminer les dernières traces de sommeils dans son esprit légèrement embrumé. Mais non, son subconscient ne lui jouait pas des tours, Sherlock Holmes était bien entrain d'abîmer son appartement.
- Aucune affaire intéressante, expliqua l'ancien soldat. Il s'ennuie.
Clémence ouvrit la bouche avant de la refermer sèchement. Elle n'avait nul part où dormir cette nuit non plus et la possibilité de rester dans la chambre du détective l'alléchait particulièrement. De toutes manières, Sherlock Holmes finirait bien par payer -au sens propre comme au sens figuré- pour les dégâts qu'il avait causé.
- Si tu veux du café, c'est..., ne put finir John.
- Ça va, lui assura la jeune femme. Je sais déjà où c'est.
Et d'un pas nonchalant, elle se dirigea vers la cuisine, tentant de ne pas sursauter au son des coups de feux. Une tasse à café entre les mains et une tartine dans la bouche, Clémence Bron s'installa sur le fauteuil libre.
- Il est quand même vachement dérangé, lança la psychiatre en se tournant vers son homologue masculin. S'ennuyer alors que la veille, il a contribué à attraper un psychopathe: c'est complétement fou !
- Je n'y ai pas contribué, rétorqua Sherlock. J'ai attrapé Grown par mes propres moyens.
Clémence hocha distraitement la tête. La modestie, ça existe.
- Je pense avoir été d'une grande aide, ajouta la jeune femme en se tournant vers le détective.
Uniquement habillé d'un drap blanc, Sherlock Holmes planta ses yeux bleus translucides dans ceux de la psychiatre
- À part avoir fondu en larmes, je ne vois pas à quoi tu as servi, répliqua t-il sèchement.
John se raidit. Clémence tiqua. Sherlock tira de nouveau dans le mur.
- Espèce de... !
- Les enfants, Lestrade est là ! Appela madame Hudson depuis le rez-de-chaussée.
Aussitôt, les deux locataires se tournèrent vers la porte d'entrée. Le détective s'élança dans les escaliers pour rejoindre le gendarme tandis que le médecin partait dans la cuisine pour préparer du café. Clémence se massa l'arrête de nez en se levant de son fauteuil. Elle salua d'un signe de tête Lestrade lorsque celui-ci pénétra dans l'appartement. Le chef de la police de Scotland Yard fronça les sourcils en sentant l'odeur de poudre dans l'air. Il préféra toutefois se taire.
- Je vous écoute, Lestrade ! S'exclama Sherlock en remontant les escaliers.
Il claqua presque la porte derrière lui.
- Ce matin, un agent de sécurité du British Museum nous a téléphoné pour nous avertir du vol du très célèbre collier de l'impératrice Sisi, expliqua Lestrade en acceptant la tasse que lui tendait son ami médecin. Ce collier est constitué de plusieurs pierres précieuses, telles que des émeraudes ou des rubis. Après quelques analyses de l'équipe scientifique, il s'est avéré n'y avoir aucune trace sur la scène de crime.
Clémence papillonna légèrement des yeux, attendant fébrilement la suite du récit.
- Le seul indice que nous ayons est une petite culotte n'ayant pas encore servi contenue de l'absence de trace d'ADN.
Un léger silence plana dans l'appartement.
- Un 8, déclara brutalement Sherlock. Tu as apporté la culotte ?
John grimaça. Lui aussi trouve que le mot «culotte» n'a rien à faire dans la bouche de ce crétin ? Lestrade hocha la tête et sortit de la poche de sa veste une pochette plastique contenant le précieux indice. Il la tendit au détective qui déchira l'enveloppe avant de la jeter par terre. Et dire que c'est ma tante qui nettoie après lui... Sherlock porta le sous-vêtement à son visage et renifla bruyamment le tissu.
- Mais t'es vraiment pas bien..., murmura Clémence en écarquillant les yeux.
Le détective ne releva pas et observa la culotte sous toutes les coutures, la tournant et retournant entre ses doigts fins.
- John, avec moi, décida t-il soudain.
Il jeta la culotte par dessus son épaule et s'élança dans les escaliers, son colocataire sur ses talons. Clémence les suivit mais s'arrêta sur le seuil de l'immeuble. Elle observa les deux hommes s'avancer sur la route, hélant à taxi. Une voiture noire s'arrêta. Sherlock grimpa à l'intérieur, John l'imita. Cependant, le véhicule ne démarra pas.
- Clémence Bron, grogna le détective. Qu'est-ce que tu attends ?
La jeune femme eut un sourire et sortit de l'appartement, fermant la porte derrière elle. Elle monta dans le taxi.
- Vous me déposez à l'hôpital St-Bart, comme c'est gentil ! Lança la psychiatre lorsque la voiture démarra.
- Non, nous nous rendons rue Sénèque, informa Sherlock.
Aussitôt, Clémence fronça les sourcils. La rue Sénèque était un quartier «chaud» de la ville et, à part ses centaines de maisons closes, il n'y avait rien à voir là-bas. Enfant, la jeune femme s'aventurait rarement rue Sénèque, sachant pertinemment les dangers qu'elle y encourrait. Alors voilà donc la vraie nature de Sherlock Holmes, pensa la psychiatre, ce n'est rien qu'un sale pervers.
- Déposez-moi quand même à St-Bart, ordonna Clémence.
- Et pourquoi St-Bart ? Demanda John avec un léger sourire.
- Je vais y déposer mon CV, lança la jeune femme. Et essayer d'avoir une avance sur mon salaire.
L'ancien militaire hocha distraitement la tête.
- Tu n'auras qu'à nous rejoindre rue Sénèque, lui proposa t-il dans un nouveau sourire. Tu nous raconteras comment ça c'est passé !
- Inutile, grommela Sherlock. Tu vas avoir un poste et une avance sur ton salaire. Au final, tu pourras même te payer une chambre dans un hôtel minable et retourner à une vie pathétiquement normale.
Clémence haussa un sourcil, circonspecte, tandis que le taxi se garait sur la chaussée.
- Et bien, merci de m'avoir déposé, sourit-elle. Je vous laisse payer... Vu que je n'ai même pas de quoi m'acheter un bonbon à la menthe.
Et la jeune femme claqua brusquement la portière derrière elle.
L'hôpital St-Bart était constitué de trois bâtiments, la morgue, l'hôpital en lui-même et la maternité. Les trois édifices possédaient chacun trois étages avec une splendide vue sur une cour verdoyante où poussaient des rangs de tulipes multicolores. Un rouge-gorge piailla gaiement lorsque Clémence s'élança vers la porte principale. Celle-ci s'ouvrit automatiquement sur la psychiatre qui embrassa du regard l'entrée de l'hôpital St-Bart. Tout comme à l'extérieur, l'entrée respirait la sérénité avec ses plantes en pots et ses grandes baies vitrées filtrant une lumière chaude. Une secrétaire blonde tapait sur son ordinateur, confortablement installée derrière un comptoir.
- Bonjour, l'interpella Clémence. Je souhaiterais savoir si vous disposez d'un poste de psychiatre disponible ?
La secrétaire leva les yeux de son écran et hocha mollement la tête. Elle retourna à son ordinateur, tapota sur son clavier avant de se retourner vers son interlocutrice.
- Le docteur Paladius peut vous recevoir dans une heure, informa la secrétaire.
- Ça me va. J'attendrais, répondit Clémence en avisant les sièges dans l'entrée.
Et l'ancienne étudiante patienta, observant les patients entrer au compte-goûte, accompagnés la plus part du temps d'un proche. Au bout d'une trentaine de minutes, deux hommes qui lui étaient familiés entrèrent dans l'hôpital St-Bart. Pourquoi faut-il toujours qu'ils trainent là où je vais ? Sherlock Holmes et John Watson n'adressèrent pas un seul regard à la secrétaire et se dirigèrent vers la morgue. La jeune femme tapota sur ses jambes. Il lui restait encore trente minutes à attendre...
- Hé, John !
Le médecin se retourna vivement et fit son plus beau sourire à son amie.
- Alors, ton entretien ?
- J'attends, répondit simplement Clémence en prenant place aux côtés de Sherlock. Vous allez où ?
Le détective poussa un soupir exaspéré. La futur psychiatre tiqua immédiatement.
- Oui, je sais que vous allez à la morgue ! Ne fait pas cette tête arrogante, Sherlock ! Gronda t-elle. Je voudrais savoir pour quelles raisons. À part pour voir un macchabée !
Détournant le regard pour fixer une plante verte -espérant ainsi se calmer-, Clémence rata le léger sourire sur le visage de Sherlock.
- Il s'avère que la culotte retrouvée au British Museum appartient à une prostituée morte il y a deux semaines, expliqua le détective. Je l'ai découvert parce que ce genre de sous-vêtement n'est vendu qu'à un endroit de la ville et est acheté par une seule partie de la population: rue Sénèque par les prostituées. De plus, cette culotte sentait le kebab à plein nez. C'était ensuite très facile de trouver un magasin adjacent à un snack. D'après les prostituées du coin, le sous-vêtement appartenait à Maria Pandroski, l'une de leur "collègue". En inspectant le cadavre, on trouvera la raison de la mort.
- Mais ça n'a rien à voir avec le collier de l'impératrice Sisi, fit remarquer la jeune femme.
- Je suis certain que si, lança Sherlock avec un sourire hautain sur les lèvres. Le voleur veut nous faire comprendre quelque chose au sujet de la mort de cette prostituée.
C'est une idée. Clémence hocha distraitement la tête sous le regard malicieux de l'ex-militaire.
- Sherlock ? Qu'est-ce que tu fais ici ? Bonjour...
La psychiatre haussa un sourcil en apercevant une jeune femme. Celle-ci ne devait pas être plus vieille que Clémence mais paraissait plus sérieuse, plus timide aussi. Ses cheveux caramels étaient attachés en queue de cheval tandis que ses deux petits yeux noirs fixaient le détective avec un respect mélangé à une tendresse étrange.
- Ah, Molly ! Sourit Sherlock. Je suis heureux que tu sois là ! Passe-moi les clefs, j'ai un cadavre à observer.
- Euh... Oui, bien sûr, accepta Molly. Je vais vous accompagner.
Et tandis que la petite bande s'enfonçait dans la morgue, la nouvelle venue observa attentivement la psychiatre. Cette dernière inclina légèrement la tête en se sentant rougir.
Clémence n'avait jamais été quelqu'un de très gentil, de doux ou de gracieux. Elle avait plutôt été le genre d'enfant qui sèche l'école, qui vole des bonbons chez l'épicier du coin ou qui tire sur les couettes des petites filles. Et cela ne s'était pas arrangé avec le temps, la jeune femme qu'elle était devenue ayant un mal fou à se lier avec ces homologues féminin. Clémence avait fini par les jalouser de loin, imaginant secrètement toutes sortes de farces qui cloueraient le becs à ses fillettes blondes trop maquillées.
L'équipe entra dans une salle de la morgue où attendait plusieurs corps emballés dans des sacs plastique noir. Ils étaient installés sur différentes tables métalliques munies de leur évier respectif.
- Maria Pandroski, tu as reçu son corps la nuit dernière.
La psychiatre poussa un léger soupir en constatant que Sherlock ne faisait preuve d'aucune politesse ou gentillesse à l'égard de la nouvelle venue. C'est vraiment un sale con. Molly hocha la tête, un petit sourire planant sur ses lèvres, et s'enfonça dans la salle, passant ses doigts fins sur le sac de l'un des corps. La pathologiste -parce que cela devait être sa profession- se stoppa devant une énorme armoire métallique constellée de tiroirs en forme de carré. Le frigo, pensa Clémence tandis que Molly ouvrait l'un des tiroirs pour en sortir un nouveau corps, lui aussi emballé dans un sac. Sherlock Holmes s'approcha vivement et manqua de déchirer le film plastique en déballant le macchabée. Cette scène -si elle n'avait pas été si macabre- aurait sans doute fait rire Clémence, le détective ressemblant étrangement à un petit garçon le jour de Noël. Je commence à m'habituer à ce comportement de timbré, constata la psychiatre, c'est mauvais signe.
- Très bien ! S'exclama Sherlock, un énorme sourire lui barrant le visage. Molly, du café !
- Ah ! Euh... oui, très bien, répondit la pathologiste.
La nouvelle venue sortit de la morgue, laissant les trois compères devant le corps de Maria Pandroski.
C'était une femme d'une trentaine d'année, au grands yeux et aux longs cheveux blonds tressés. Sa peau cadavérique laissait entrapercevoir son imposante bouche encore maquillée de rouge.
- Elle devait être jolie, commenta John.
Sherlock sortit de sa poche une loupe et observa attentivement le corps nu, surtout les hanches. Le détective renifla ensuite la peau de la défunte Maria avant d'inspecter l'intérieur de la bouche du cadavre. Clémence, juste derrière l'homme, détailla chacun de ses mouvements, de ses haussements de sourcils, comme perdue dans un songe. Elle trouvait la situation burlesque et s'en amusait. C'était assez malsain.
- Oh, regarde ! S'étonna John en souriant.
Sherlock fronça les sourcils tout en extirpant de la bouche de Maria une magnifique perle rouge.
- J'ai vu, soupira le détective en faisant tourner la perle entre ses doigts. Un rubis finement travaillé... il est sans aucun doute l'une des perles du collier.
- Qu'est-ce qu'elle fait avec ça dans la bouche ? Demanda Clémence, un peu dégoutée.
- On en a trouvé un rubis avec la culotte, informa l'ancien militaire en souriante. Et un autre dans l'une des maisons closes de la rue Sénèque ! C'est sûr maintenant, le voleur veut nous dire quelque chose au sujet de Maria !
- Au sujet de son meurtre, plus précisément, déclara Sherlock.
Il avait perdu son sourire et son air hautain avait repris sa place sur son visage pâle.
- Elle a été assassiné ? Questionna Clémence.
- Oui, informa le détective, fier. Regarde les marques sur ses hanches.
La psychiatre fit impasse sur la nudité du corps et observa les stigmates rouges barrant la peau morte. Les blessures étaient des écorchures à peine cicatrisées.
- Maria a dû être attaqué et vidé de son sang par ses coupures. Le travail a été fait par un criminel confirmé étant donné que seul les artères sont visées.
- Mais pourquoi ne pas avoir visé l'aorte ? Continua la jeune femme. ça aurait été plus simple !
- Surement un fantasme pervers, conclut Sherlock en refermant le corps dans son sac plastique noir.
Il rangea le cadavre dans son tiroir et referma le frigidaire de la morgue. Au même moment, Molly revint, un café en main. Elle le tendit à Sherlock, ses yeux pétillants d'admiration. Le détective, lui, ne daigna même pas regarder la pathologiste. Les yeux perdus dans le vague, il paraissait se trouver à des années lumières de cette salle de la morgue. Puis, brusquement, il avala le contenu de son café. Il tendit sa tasse à John et sortit précipitamment, son colocataire et Clémence sur ses talons.
- Qu'est-ce qu'il se passe ?! Qu'est-ce que tu as compris ?! S'exclama la psychiatre, courant presque pour rattraper le détective.
- Il faut que j'aille interroger des prostituées, que je trouve qui lui aurait voulu du mal. Puis, j'attraperais son meurtrier et je ferais le lien entre le voleur et l'assassin ! Expliqua Sherlock tout en sortant de l'hôpital. J'aime les meurtres parce qu'ils sont comme des puzzles … et j'ai bientôt toutes les pièces du mien !
Arrivé sur le trottoir, le détective ordonna à John de se dépêcher. Puis, il se tourna vers la psychiatre et haussa un sourcil.
- Tu n'as pas un rendez-vous professionnel ?
Clémence rougit jusqu'aux oreilles, gênée d'avoir été si inconsciente. Elle salua les deux squatteurs de son appartement et fit demi-tour, rejoignant l'hôpital. Quant elle fut dans l'entrée, l'ancienne étudiante poussa un long soupir en se passant une main sur le visage. Elle mourrait d'envie de savoir qui avait bien pu tuer Maria Pandroski.
- Madame Bron ?
Madame ? Clémence leva la tête et interrogea la secrétaire du regard.
- Le docteur Paladius vous attend à la cafétéria. C'est au premier étage, tout de suite à droite, précisa t-elle.
L'ancienne étudiante hocha la tête et, après avoir remercié la secrétaire, se dirigea vers un ascenseur se trouvant juste à côté du comptoir. Elle inspira profondément en appuyant sur le «1» du tableau de commande. Clémence ferma les yeux, tentant de se calmer.
Malgré ses deux ans de thérapie, elle n'avait pas réussi à se débarrasser de sa peur des hôpitaux, le comble pour un médecin. Plusieurs fois ,après la mort de sa mère, Clémence s'était interrogée sur la voie de la psychiatrie, se demandant si elle arriverait à surmonter sa peur primaire. Et toujours, la jeune femme avait remis cette question à plus tard, espérant pouvoir y répondre en temps voulu. Cependant, alors qu'elle allait bientôt faire face à un potentiel employeur, Clémence s'imaginait mal lui expliquer qu'elle pouvait très bien faire une crise de panique en pleine consultation.
À cette pensée, le cœur de la jeune femme s'emballa. Elle secoua la tête pour balayer ses pensées et ouvrit les yeux en même temps que les portes de l'ascenseur. L'ancienne étudiante inspira et prit soin de ne pas lâcher des yeux le sol en inox, jetant parfois de rapides regards pour vérifier qu'elle se dirigeait bien dans la bonne direction: vers la cafétéria.
- Oh, vous !
Clémence inspira profondément et planta ses yeux dans ceux de la pathologiste.
- Nous n'avons pas eu le temps de nous présenter, je suis Molly Hooper, se présenta t-elle.
L'ancienne étudiante tendit sa main tremblante et serra celle de son interlocutrice qui fronça les sourcils.
- Ça va ? S'inquiéta la pathologiste. Tu es toute pale !
- Oui, oui, lui assura Clémence. J'ai juste un peu la tête qui tourne à cause de... tu vois ?
Molly ne répondit pas mais posa une main compatissante sur l'épaule de son homologue féminin.
- Qu'est-ce que tu fais là ? Demanda le médecin.
- J'ai un rendez-vous avec le docteur Paladium à la cafétéria, expliqua la jeune femme, ses yeux allant du sol à ceux de Molly.
- À la cafétéria ? Répéta celle-ci. D'accord, je vais t'y conduire.
- Merci, souffla l'ancienne étudiante. Au fait, je m'appelle Clémence Bron.
Main dans la main, les deux adultes se dirigèrent vers la cafétéria. Aucune des deux n'osa dire quoi que ce soit, chacune songeant à l'état d'esprit de l'autre même si Clémence était plus préoccupée par le sien. Elle se sentait mieux avec Molly, elle avait l'impression d'être moins seule et, d'après sa thérapie, s'était exactement le sentiment qui combattait le mieux sa peur. Le problème, pensa la jeune femme, c'est que Molly ne sera pas toujours là.
- Docteur Paladium, je vous amène votre rendez-vous, lança Molly.
Et Clémence, cachée derrière la pathologiste, la sentit fendre la foule.
- Oh, docteur Hooper. Je ne savais pas que vous étiez guide à vos heures perdues, répondit une voix masculine.
L'ancienne étudiante leva la tête pour observer son potentiel supérieur.
Le docteur Paladium était assis seul à une table entrain de manger de la salade verte. C'était un homme mince au visage fatigué, ses traits tirés par la vieillesse étaient marqués par des sourires à répétitions. Cependant, une lueur dans ses yeux verts émeraudes mettait en garde Clémence. Elle avait comme l'impression que ce médecin et elle ne s'entendraient pas.
Molly après avoir lancer un joyeux «Bonne chance !» s'était éclipsée, laissant l'ancienne étudiante seule.
- Mademoiselle Bron, vous voulez un poste à St-Bart ?
Clémence hocha la tête et tendit son CV au médecin tandis qu'elle prenait place à sa table. Le docteur Paladium posa le dossier à côté de sa salade sans même l'ouvrir et planta ses yeux verts dans ceux de son interlocutrice.
- Très bien, je vous écoute.
Il fallait que je tombe sur le genre de type qui ne lit pas les CV, hein ? Clémence inspira, tentant de se concentrer sur le fait qu'elle se trouvait dans une cafétéria et non dans un bloc opératoire.
- Et bien, je… euh... Je m'appelle Clémence Bron.
- Merci, je le savais déjà, commenta le docteur Paladium.
Ferme-la.
- Et j'ai fait des études de psychiatrie à... à -c'était où déjà ?- Liverpool, continua la jeune femme.
- Très bien. Et quels sont vos centre d'intérêt ?
- Je...
Clémence se massa le front. Saleté de migraine.
- J'aime beaucoup tout ce qui concerne les étoiles, j'ai un télescope chez moi... Enfin, j'avais. Ma tante a dû le vendre...
- Pourquoi avez-vous choisi d'être psychiatre ?
L'ancienne étudiante planta ses yeux sombres dans ceux de son potentiel supérieur. Elle observa de nouveau cette lueur mesquine dans son regard vert et déglutit. Clémence Bron était en position de faiblesse. Elle n'était pas dans le meilleur des endroits, ni avec la meilleure des personnes. Et cela lui donnait la migraine.
- Pour pouvoir aidé les gens, répondit la jeune femme.
Le docteur Paladium hocha la tête.
- Je vois. Et, vos troubles se sont dissipés ou … ?
Comment est-ce qu'il a su ? Se demanda Clémence. Cette question fut rapidement balayée par une autre: l'ancienne étudiante devait-elle dire la vérité ou mentir ?
- Ils se sont dissipés un peu après mes dix ans, déclara l'ancienne étudiante.
C'était -en quelque sorte- vrai. Les terreurs nocturnes s'étaient fait inexistante depuis plus de deux ans mais, après un choc psychologique ou durant une période de stress, ces cauchemars revenaient toujours hanter Clémence. Quant à ses phobies, la plus part étaient partie en fumée -sauf celle des hôpitaux, bien entendu. La jeune femme avait parfois des crises de colères ou de larmes mais, comme pour ses terreurs nocturnes, elles ne revenaient que rarement.
- Et vos mensonges ? Questionna le docteur Paladium. Étaient-ils aussi pathétiques dans le temps ?
Clémence déglutit et s'enfonça dans sa chaise.
- Je ne veux pas de menteur dans mon service, ajouta l'homme en s'essuyant la bouche avec une serviette en papier. Au revoir, mademoiselle Bron.
Le docteur Paladium prit son plateau et quitta la table, laissant la jeune femme seule.
Gretchen: Merci ! :D Tout le monde aurait voulu gifler Sherlock -sauf moi parce que j'en aurais pas eu le courage ! Il fait quand même un peu peur parfois ! u_u Merci, développer Sherlock Holmes est mon objectif numéro 2 ! *^* Et bien, je pense que Sherlock a dit qu'il la trouvait intéressante parce que... je ne te le dirais pas étant donné que la question sera posée dans le chapitre suivant ! Merci pour la review !
