Oui je sais déjà je suis en retard ça n'augure rien de bon...

Nan en fait les trois prochains chapitres sont déjà écris !

Je remercie MeldyEvans, InkBox et alexia2 pour vos reviews :)

Enjoy !

Chapitre deux : visite nocturne

- Debout.

Emily se redressa et s'installa en position assise, les yeux vides. McEnrow consulta l'écran de son moniteur puis entreprit de lui retirer ses électrodes. L'infirmier aux yeux vairons s'occupa de retirer les perfusions de son bras droit, qui servaient uniquement à la nourrir et l'hydrater. L'autre infirmier, celui qui avait le teint café au lait, déplia un fauteuil roulant. Il y installa la jeune femme lorsque le docteur eut finit de la débarrasser des électrodes. Cette dernière vérifia le contenu de son dossier, inscrivit une instruction puis le posa sur les genoux d'Emily. L'infirmier aux yeux vairons poussa le fauteuil tandis que son collègue s'occupait de porter les bouteilles reliées aux intraveineuses contenant les deux sédatifs. Le trio se dirigea vers l'ascenseur et attendit en silence. Finalement la cabine se plaça à leur hauteur. L'infirmier au teint plus foncé ouvrit la lourde porte de fer et l'autre homme entra, poussant toujours le fauteuil. Il appuya sur le bouton affichant le chiffre trois. La machine s'ébranla puis monta, les déposant eu troisième étage, celui hautement sécurisé.

La porte blindée fut ouverte par un homme armé.

- C'est pourquoi ?

- Transfert de Numéro 136. Ordre de McEnrow, répondit l'infirmier tenant les bouteilles, montrant le dossier.

Le garde s'en empara, lut rapidement les instruction puis le reposa. Il se décala d'un pas sur la gauche.

- Allez-y. Chambre 324.

Le trio se mit en marche, avança lentement le long du couloir et passa devant plusieurs gardes, armés. Il atteignirent la porte marquée du nombre « 324 ». Un homme tenant un fusil s'approcha et leur ouvrit la porte à l'aide du trousseau de clés qu'il gardait au cou.

La chambre était plus grande et avait une fenêtre, munies de barreaux en fer. Un grand lit était placé sur la gauche, la tête contre le mur, laissant le passage pour les infirmiers des deux côtés. Il y avait aussi une petite pièce sur la droite, qui se révéla être une salle de bain, lorsque l'infirmier aux yeux vairons eut ouvert la porte. Ils installèrent la jeune femme dans son lit, placèrent les bouteilles sur l'étagère au-dessus puis posèrent le dossier au pied. Un bureau était installé sous la fenêtre. Il y avait un tas de feuilles et un unique crayon.

Une sonnerie retentit subitement.

- Changement ! cria une voix.

Les deux infirmiers quittèrent la chambre et refermèrent la porte derrière eux. Ils descendirent à l'aide de l'ascenseur et sortirent dans la parc réservé à l'hôpital.

- Doug.

L'infirmier à la peau foncée se tourna vers son collègue.

- Ouais ?

- T'as du feu ?

- Ouais.

Le-dit Doug sortit un briquet de la poche intérieure de sa blouse.

- Tiens mec.

- Merci.

L'autre infirmier sortit un paquet de sa poche intérieure lui aussi et le montra à son collègue.

- T'en grilles une ?

- Aller pour la route.

Les deux hommes se retrouvèrent à fumer en silence dans l'air froid et le vent polaire. Une pluie fine commença à tomber. Ils se réfugièrent lentement sous une coursive.

- Dieu, ça gèle.

- Hm.

- Larry ?

- Hm ?

- J'me sens un peu mal de faire ça.

Larry tourna ses yeux vairons vers Doug.

- Creuse.

Par ce mot il demandait à son collègue de développer sa pensée, même s'il la connaissait déjà à peu près.

- Ce qu'on fait. C'est mal. Cette gamine elle a rien demandé, rien fait. Alors pourquoi on doit lui faire tout ça ? Elle souffre ça se voit à sa tête.

Larry hocha la tête, doucement.

- Hm. C'est mal c'qu'on fait. Mais on n'a pas le choix.

- Ouais. J'sais.

Les deux hommes finirent leur cigarette. Ils jetèrent les mégots au sol et les écrasèrent, avant de retourner dans le bâtiment.

Lorsqu'ils arrivèrent à la porte de leur « patiente » ils remarquèrent qu'une feuille était accrochée au milieu.

- Les ordres, indiqua le garde à côté remarquant que le concept était nouveau pour les deux infirmiers. Vous les faites maintenant mais normalement vous êtes censé changer de poste.

Doug l'ignora et arracha la feuille de la porte pour permettre à lui et son collègue de lire les instructions.

- Très bien, fit Larry lorsqu'ils eurent finit de lire. Ouvrez la porte.

Le garde s'exécuta et le panneau de fer s'ouvrit devant eux. Ils entrèrent et firent ce qui leur était demandé : ils devaient enlever les sédatifs administrés à Emily.

- Au moins avec ça elle s'ra consciente, remarqua Doug.

- J'suis pas sûre que se soit une bonne chose, grinça Larry.

Alphonse grimaça en voyant le temps qu'il faisait dehors. La seule pensée qu'il devrait rentrer à pied le déprima au plus haut point.

- Oh, boss ! l'interpella une voix.

- Sous-lieutenant Breda. Bonjour ! salua Al avec un sourire.

- Hé hé, fit Heymans Breda. C'est Lieutenant maintenant.

- Oh je vois. Félicitations.

- Merci. Ça vous dit que je vous ramène ? C'est un temps pour les chiens dehors.

- Ah merci, soupira le nouvel alchimiste d'état. Je n'avais vraiment pas envie de rentrer à pieds.

- Je vous dépose où ?

La pluie battait durement contre le par-brise et le lieutenant devait rouler au pas pour ne pas emboutir une voiture.

- Alors, cet examen ? Demanda-t-il.

- Réussi, répondit Alphonse avec un sourire. Le Président m'a remis ma montre aujourd'hui.

- C'est une bonne nouvelle, constata Breda sans autre effusion. Et votre nom d'alchimiste ?

Al resta silencieux un instant puis se résolut à avouer son nom de fonction.

- Le Knighthood Alchemist, dit-il finalement. Je déteste.

- Ah ! Pourtant ça vous convient boss, lança le lieutenant en riant doucement.

- J'imagine que c'est ça le pire.

Heymans se contenta de sourire, étant habitué aux frasques de son supérieur. Ils mirent une heure à atteindre le domicile des Hughes à cause de la mauvaise visibilité qui provoqua des embouteillages dans toute la ville. Alphonse s'en excusa.

- Je suis désolé de vous avoir fait faire ce détour...

- Ne vous inquiétez pas, boss. Je n'allais pas vous laisser affronter cette tempête tout seul.

Ils se dirent au revoir et Al courut jusque sous le perron. Il retrouva Gracia et Elysia dans la cuisine. La petite gribouillait sur une feuille avec application, tandis que sa mère écoutait attentivement la radio. Elle remarqua le retour du jeune homme lorsque ce dernier apparut sur le seuil de la petite pièce.

- Alphonse, tu es trempé ! s'exclama-t-elle.

- Désolé, fit-t-il en accrochant son manteau.

- Ce n'est pas grave voyons. Tu devrais te changer, tu vas attraper la mort. Je vais te faire couler un bain.

- Oh non ce n'est pas la peine madame...

- Ne dis pas de bêtises.

Alphonse se vit donc forcé de prendre un bain, mais selon ne le dérangeait pas autant qu'il ne l'avait laissé entendre. Il laissa ses muscles se détendre après être entré dans l'eau fumante avec un soupir de contentement. Dehors, la pluie s'intensifia.

La tempête dura trois jours et Alphonse dut prendre son mal en patience avant d'aller voir Lily. A la radio, le Président lui-même conseillait les habitants de Central de ne pas sortir de chez eux avant que le temps ne redevienne à peu près clément. Al, Gracia et Elysia virent l'arbre du voisin s'effondrer à cause du vent. Heureusement il s'écrasa du côté du trottoir, brisant la barrière qui entourait le petit jardin. Central était totalement paralysée par le déchaînement de la nature et personne n'alla travailler le temps que la tempête dura. Finalement, le 22 novembre, le ciel était nettoyé et si le fond de l'air restait frais, il faisait bien meilleur. Alphonse fut appelé en tant qu'alchimiste d'état pour réparer les zones les plus touchées par la tempête.

Toute la journée il reconstruisit des bâtiments, remit en place des poteaux électriques, libérant plusieurs personnes emprisonnées sous les décombres de quelques maisons, à moitié détruites à cause des chutes d'arbres et autres. Il rentra tard, fourbu. Il n'avait qu'une envie, celle de dormir, mais il voulait aller rendre visite à Lily durant la nuit.

Il n'avait pas raconté grand-chose à Mustang et Elizabeth. En fait il avait passé sous silence sa conversation avec Lily et avait juste avoué qu'il avait cherché à voir une amie, et qu'on le lui avait empêché. Le Président et sa subordonnée avaient tirés leurs conclusion seuls à la mention de « l'amie » et à l'air gêné d'Alphonse. En vérité, ce dernier était embarrassé de leur mentir, mais il n'avait pas vraiment le choix pour le moment. Pour une fois sa capacité à ne pas savoir dire de mensonges lui avait bien servie.

Lorsqu'il fut sur le perron, Alphonse remarqua que la porte était fermée à clé. Aucune lumière ne passait par les fenêtres. Gracia et Elysia devaient être couchée. Le jeune homme sortit ses propres clés et entra. Il alla dans la cuisine et alluma la lumière. L'horloge indiquait vingt-trois heures. Pas étonnant qu'il soit aussi fatigué, le colonel en charge de sa zone l'avait fait travailler jusqu'à pas d'heure. Mais si c'était pour aider, Alphonse n'avait rien contre.

Il ouvrit le frigidaire et en sortit un sandwich que Gracia avait préparé pour lui. Il ne croyait pas en Dieu et jugeait se genre de pratiques tout à fait inutile, mais il ne put s'empêcher de la bénir mentalement. Il mangea rapidement puis monta se changer. Il ne voulait pas aller à l'hôpital dans ses habits poussiéreux. Une fois prêt, il éteignit les lumières derrière lui, verrouilla la porte d'entrée et il s'enfonça dans les rues sombres de Central.

Certains gardes restaient immobiles près des portes des chambres occupées, mais un préférait patrouiller. Il avait un mauvais pressentiment, cela le rendait nerveux. Il entendirent alors un énorme « CRAC » qui résonna dans la parc de l'hôpital.

- On dirait que l'orage est revenu, remarqua un des hommes armés.

« Ouf » pensa Alphonse. Son alchimie avait été légèrement bruyante mais les gardes ne semblaient pas s'en inquiéter. Le jeune homme se déplaça le long du balcon qu'il avait créé pour accéder aux fenêtres et voir sans être vu. Il se doutait que le docteur avait déplacée Lily au troisième étage car il semblait bien plus sécurisé. La plupart des chambres étaient vides, mais il en avait vu deux où une personne, un petit garçon et un adulte, dormaient. Al avança en longeant le mur et atteignit une chambre où de la lumière filtrait à travers les barreaux. Il pencha la tête.

Lily était là. Assise à un bureau, elle dessinait, appuyant sa tête contre sa main gauche. Ses cheveux tombaient devant son visage. Alphonse tapa contre la vitre. La jeune femme leva vivement la tête. Son visage s'éclaira lorsqu'elle le vit, mais s'efforça de rester calme et de ne pas faire de bruit. Al se plaça face à la fenêtre, claqua des mains et détruisit la base des barreaux. Il les rattrapa avant qu'ils ne tombent au sol puis les posa soigneusement. Lily ouvrit la fenêtre et débarrassa le bureau des feuilles qui l'encombraient. Al passa par la fenêtre et se posa doucement au sol. Il fit signe à la jeune fille de ne pas parler en posant un doigt sur ses lèvres puis créa un mur de pierre épais qui recouvra le mur qui donnait sur le couloir.

- Comme ça ils ne nous entendrons pas, dit-il avec un sourire.

Lily se jeta sur lui et se serra contre lui, le prenant au dépourvu. Il rougit lorsqu'il sentit son souffle dans son cou.

- Tu es la première personne qui vient me rendre visite sans vouloir me blesser, murmura-t-elle.

Alphonse ne savait pas comment réagir alors il resta ainsi sans bouger, les bras le long du corps. Lily s'écarta finalement. Il remarqua ses yeux rougis.

« Quel idiot, Alphonse Elric » songea-t-il en se donnant des baffes intérieurement.

- Lily, commença-t-il. Savez-vous pourquoi ces gens vous gardent prisonnière ainsi ?

La jeune femme s'assit sur le lit défait et plaça mécaniquement une mèche derrière son oreille.

- Je ne suis pas d'ici. C'est pour ça.

- D'où viens-tu ? demanda-t-il, le tutoiement venant tout seul.

- J'ai vu la Vérité.

Il y eut un silence.

- Quoi ? murmura-t-il, choqué.

- Je l'ai vue, répéta-t-elle. En fait je crois que c'était moi. En tout cas c'était une femme, elle faisait la même taille que moi. Mais elle était blanche, entourée d'une... euh.

La jeune femme sembla chercher ses mots.

- Une aura, proposa Al.

- C'est ça. Une aura noire. Et un sourire assez terrifiant je dois dire. Son bras gauche a commencé à disparaître.

Alphonse regarda le bras de Lily. Il semblait pourtant normal. Il fronça les sourcils.

- Je lui ai dit d'attendre. Parce que... Je ne voulais pas connaître la Vérité. Alors son bras a cessé de disparaître.

« Tu vas tout de même passer la Porte »

- Finalement seuls deux doigts on disparus.

« Tu ne connaitra pas la Vérité. Mais je te prend tout de même cette modeste somme pour la route »

Alphonse baissa les yeux vers la main gauche de son interlocutrice. Elle était bandée et seuls deux doigts et le pouce dépassaient de la bande de tissu. Il n'y avait pas vraiment fait attention, les deux fois qu'il l'avait vu.

- Donc... tu as passé la Porte mais tu ne connais pas la Vérité ? En conséquence elle ne t'as pris que deux doigts ?

C'était invraisemblable. Alors on pouvait simplement refuser de voir la Vraie Connaissance ? Aurait-il pu faire ça lors de son propre passage ?

- Non. Toi tu avais commis un crime. Donc ça n'aurait pas marché, répondit Emily d'une voix ferme à sa question silencieuse.

- Comment sais-tu tout ça sur moi ? demanda Al méfiant, après un silence.

- Je le sais, c'est tout, fit la jeune femme en haussant les épaules.

- Mais d'où viens-tu finalement ? Tu as juste dis que tu as vu la Vérité. Qu'as-tu fais d'ailleurs, si tu n'as pas essayé la transmutation humaine ?

Lily sembla hésiter.

- Pour voir la Porte sans faire de crime... il faut venir d'ailleurs. Comme... d'un autre monde, souffla-t-elle.

- Comment ça ?

- Il y a un autre monde. Peut-être plusieurs, j'en sais rien. Mais je viens d'un autre monde. J'ai passé la Porte et je me suis retrouvée ici. Je sais, c'est bizarre. Malheureusement je suis tombée sur ce salaud de Grumman. Il a été très intéressé, si tu vois ce que je veux dire. Il aimerait bien aller dans l'autre monde lui aussi, ce con.

- Attend...

« Un autre monde ? Comment ça ? »

- Bien plus avancé technologiquement, révéla Lily. Je dirais à peu près un siècle d'avance sur votre temps. D'où l'intérêt de Grumman.

Alphonse la fixa dans les yeux - « si beaux et verts... non, concentration ». Encore une fois son détecteur de mensonge restait silencieux. Elle disait la vérité. Mais peut-être avait-il tort.

- Que s'est-il passé le jour où tu es arrivée ici ? Avant que tu ne passes la Porte ? questionna-t-il.

- Il pleuvait. Beaucoup. Un orage, comme il y en a rarement. Avec des éclairs dans tous les sens, la folie. J'étais sortie ce jour-là. Je devais rejoindre mon... un ami. Je n'avais pas pris de parapluie car lorsque j'étais sortie il faisait un temps magnifique, c'est venu d'un coup. J'ai vu le ciel s'illuminer. Puis je me suis retrouvée dans cet endroit tout blanc, avec la Vérité.

- Et après ?

- Je me suis retrouvée dans une rue, pas loin d'ici. Juste à côté de Grumman. J'étais dans un espèce de petit cratère noir, comme si une mini-bombe avait explosé à cet endroit. Le vieux me fixait comme s'il voyait un fantôme. Il a fait signe à un des soldats qui était avec lui et... je crois qu'on m'a assommée. Je me suis réveillé ici, sous les yeux de cette connasse de McEnrow.

Alphonse passa une main sur son menton et resta ainsi, immobile, en réfléchissant. Ce n'était pas une histoire de chimères finalement. C'était quelque chose de tout à fait incroyable, dépassant l'imagination. Un autre monde. Grumman cherchait peut-être cette technologie avancée. Mais comment pouvait-il savoir que la jeune fille venait d'un autre monde ? Certes elle était apparue de nulle part, à la suite d'un éclair ayant frappé le sol.

- Comment ont-ils déduit que tu venais d'un autre monde ?

- Je ne me doutais de rien au début. J'ai simplement cru que je m'était evanouie, à cause du choc. Et McEnrow est douce et belle, au premier abord, donc je l'ai pensée de mon côté. Elle m'a demandé en quelle année on était. Au réveil, comme ça, je ne me suis pas tout de suite souvenue de l'histoire avec la Vérité. Alors j'ai naturellement répondu 2011. Mais en fait c'était 1914.

- 2011 ? s'exclama Al.

- Oui. 9 novembre 2011 pour être précise.

- 9 novembre...

Puis une révélation le frappa. La première fois qu'il avait vu la jeune femme était il y a six mois de ça...

- Depuis combien de temps es-tu ici ? demanda-t-il à voix basse.

Lily réfléchit un instant.

- Je ne sais pas vraiment. Trois mois peut-être ? Ou plus. Je dirais cinq mois. On est le combien ?

Alphonse hésita un moment. Lily attendit silencieusement.

- Le 22 novembre, répondit-il finalement. 1915, il ajouta, et sa voix se brisa.

Les yeux de la jeune femme s'écarquillèrent.

- Oh.

Puis elle les baissa. Alphonse voulut dire quelque chose mais il en fut incapable. Lily ramena ses jambes contre elle et les entoura de ses bras.

- J'en ai assez de perdre autant d'années de ma vie, murmura-t-elle.

Des larmes commencèrent à couler sur ses joues, puis plus abondamment et finalement elle éclata en sanglots. Al décida qu'il ne pouvait pas la laisser comme ça. Les joues légèrement rosies, il entoura la jeune femme de ses bras et la serra contre lui.

- Je suis désolé, dit-il.

Il détestait voir les gens tristes ainsi. C'était un trait de famille Elric, son frère étant pareil. Au bout d'un moment qui lui sembla assez court, la jeune fille le repoussa -doucement, mais fermement- et il s'écarta. Elle essuya ses yeux rougis.

- Je ne leur ai pas dit tout ça, annonça-t-elle d'une voix rauque.

- Pardon ? fit Al, légèrement déconnecté.

- Ce que je t'ai dit. Je ne leur ai pas dit à eux. Grumman, McEnrow et leurs sbires.

- Oh. C'est très bien.

Alphonse se demanda ce qu'il allait faire maintenant. La délivrer c'était évident. Tout à coup il eut un pressentiment, il tendit l'oreille. Une idée le frappa comme un coup de poing.

- Lily ! Est-ce que les gardes viennent te voir de temps en temps ?

- Oui, pour vérifier que tout va...

Elle blêmit.

Il y eut un bruit de clés.

- Hé ! Qu'est-ce que c'est que ça ? s'exclama une voix.

- Merde, jura Alphonse.

C'était la seconde fois en une semaine. Il devenait vulgaire. L'alchimiste empoigna le bras de la jeune fille.

- On y va, dit-il.

A l'instant où elle se leva une alarme stridente se mit à rugir. Les lumières s'éteignirent et des bruits de courses se firent entendre.

- Détruisez-moi ça ! cria quelqu'un derrière le mur créé par Al.

Les deux adolescents se précipitèrent vers la fenêtre. Alphonse grimpa souplement sur le bureau et aida Lily qui peinait à cause de ses muscles fondus après un an d'inactivité. Ils passèrent par la fenêtre et prirent pied sur le balcon créé grâce à l'alchimie. Le jeune homme regarda par dessus la barrière et jura une deuxième fois.

En bas, des lumières éclairaient le parc, ne laissant pas une zone d'ombre, pas une cachette de libre. Des gardes armés patrouillaient, il y avait des chiens retenus en laisse. Al prit le temps de réfléchir. Lui tout seul, il battait tous ces hommes sans problème. Mais avec Lily...

- Nous allons passer par le toit, opta le jeune homme. Accroche-toi à moi.

Lily hésita, indécise. Un bruit d'explosion éclata et ils virent des faisceaux de lampes torches passer par la fenêtre. La jeune femme passa ses bras autour du cou d'Alphonse. Ce dernier claqua dans ses mains, les posa sur le sol et ils s'élevèrent en même temps que la colonne de pierre qu'il créait. Il passèrent sur le toit et avancèrent sur l'autre bord avec prudence. La rue était elle aussi brillamment éclairée et d'autres hommes armés patrouillaient. Mais cette fois-ci, ils faisaient partie de l'armée. Il y avait probablement un alchimiste dans le tas. Alphonse regarda autour de lui. L'hôpital était isolé des autres habitations et la rue grouillant de gardes l'entourait.

- Ils sont là ! lança une voix étouffée, venant du balcon.

Le jeune homme ferma brièvement les yeux. Il n'y avait aucune issue, pas avec un tel poids mort. Ils allaient la transférer ailleurs, sûrement hors de la ville.

Il se tourna vers Emily.

- Lily...

Elle le regarda, résignée. La lune faisait briller ses yeux, leur donnant une couleur turquoise. Al eut du mal à en détacher son regard.

- Je te retrouverai, déclara-t-il fermement.

La jeune femme sourit en lui pressant la main. Ses yeux s'embrouillaient déjà de larmes.

- Pardon, souffla le jeune homme.

Il hésita un instant puis se détourna, et partit en courant au bout du toit à gauche. Puis il sauta.

Lily étouffa un cri et se précipita à sa suite.

- Ne bougez plus ! hurla un garde derrière elle.

Une détonation retentit et une balle lui frôla l'épaule, causant une douleur cuisante. Mais Lily ne s'arrêta qu'une fois arrivée au bord du toit, là où Alphonse avait disparu.

- Imbéciles ! Ne lui tirez pas dessus ! résonna la voix de McEnrow.

Emily se pencha légèrement, mais la parapet l'empêchait de voir le bord du bâtiment en bas. Soudain une lumière vive et des éclairs éclatèrent au niveau de trottoir. Les gardes présents s'écroulèrent, assommés par des grosses mains de pierres ayant surgis du sol, et la jeune fille vit une tête blonde apparaître, traverser rapidement la rue et s'effacer parmi les ombres derrière un immeuble. Elle soupira de soulagement. Des larmes coulaient sur ses joues, mais elle ne s'en préoccupa pas plus que ça.

« Quelle pleurnicharde » pensa-t-elle simplement.

Une main gantée lui empoigna le bras et la retourna.

- Tu espérait t'enfuir n'est-ce-pas ? siffla McEnrow.

Elle traîna Lily avec une force surprenante -ou c'était elle qui était trop faible- et s'arrêta devant l'escouade de gardes qui l'avaient accompagné.

- Préparez le camion, lança la femme. On la transfère à l'aube.

Ils hochèrent la tête et redescendirent.

- Qui était-ce ?

Lily se tourna vers le docteur.

- Pardon ?

- Ne joue pas l'idiote avec moi. Qui était cette personne ? Alphonse Elric ?

La jeune fille sembla confuse mais essaya de rester impassible.

- C'est ça, dit-elle sa voix tremblant légèrement.

- Ne me mens pas ! s'écria McEnrow en serrant son bras, lui arrachant un cri de douleur. Qui était-ce ?

- Je vous emmerde.

Le docteur poussa un cri de rage et donna une baffe à Lily qui lui en fit voir trente-six chandelles. Des larmes de douleur perlèrent aux coins de ses yeux, et la jeune femme se mit à sangloter.

- Tu feras moins la maligne, grinça McEnrow.

Les deux femmes descendirent à leur tour du toit.

« Elle a gobé » songea Emily. Une seringue s'enfonça dans son cou, une souffrance sans nom se propagea dans ses veines comme du poison et elle s'évanouie.


J'ai trop aimé écrire ce chapitre (attention écrire pas lire).

Voilàààà !

Reviews ? :)

A plus !