Titre : Un cas pour deux – 1ère partie : André Sauvage

Résumé : Après la mort de Dumbledore, Drago s'enfuit, refusant toute aide. A moitié vagabond, il va se retrouver sous les bons soins de la dernière personne qu'il penserait lui venir en aide.

Rating : Slash AC/DM-HP/GW

Note de l'auteur :

29 octobre : J'ai perdu ma clé USB où étaient tous mes textes et notes et recherches sur mon histoire. Ça m'a foutu un sacré coup au moral, vous pouvez en douter. Surtout que le chapitre était presque terminé :(

10 novembre : J'ai retrouvé ma clé USB ^^ Je peux enfin commencer à rédiger le moment-clé de ce chapitre...

20 janvier : Après avoir reperdu ma clé, c'est mon inspiration qui s'est refait la malle quand je lui ai remis la main dessus. Mais, finalement, j'ai eu une poussée d'inspiration et, comme promis, voici enfin le chapitre 2 tout juste sorti de mon cerveau capricieux ^^ Je ne vais plus donner de délai de parution. Il y a tellement à réécrire que c'est comme écrire de nouveaux chapitres. J'espère que vous me pardonnerez du retard et que vous apprécierez ce nouveau chapitre tout frais, le clavier encore échauffé ^^

Bonne lecture !

Welva

oOooOooOo

Chapitre 2 : Changer vers le meilleur

Le couloir était lugubre. Le mur, recouvert de boiseries foncées, sentait le moisi et on voyait le bois humide se décoller par endroit. A sa droite, le couloir se finissait sur un escalier en bois qui montait à l'étage. A sa gauche, un escalier identique permettait d'accéder au niveau inférieur. En face de lui, Une autre porte en bois, sûrement une autre chambre.

Il décida de descendre et de trouver la cuisine. A l'étage inférieur, le couloir était identique à celui qu'il avait quitté, à part les meubles et les tableaux. Il continua sa descente et déboucha sur un couloir ayant une des deux portes vitrées qui laissaient deviner un salon. Curieux, il ouvrit doucement la porte et pénétra dans la pièce. La surprise le cloua sur le seuil.

Le salon ressemblait à un vrai champ de bataille : le canapé de travers, les tissus défraîchis, les rideaux en lambeaux à moitié sur les tringles, les buffets éventrés, aux vitres cassées, contenant des objets louches et une vieille tapisserie défraîchie brûlée par endroit. Cette dernière intrigua encore plus Drago et il entra dans le salon pour mieux l'étudier. Il n'avait fait que quelques pas quand il la reconnu.

L'arbre généalogique ancestral des Black.

Combien de fois avait-il entendu sa mère se plaindre d'avoir perdu cet héritage ! Sirius Black vivant, aucun des objets traditionnels de la famille n'avaient pu être récupérés par les membres des branches annexes de la généalogie.

Tout à ses pensées, il s'était rapproché de la tapisserie et examina les ramifications de sa famille. Il trouva enfin ses parents et eut un hoquet de surprise. Une tache brûlée se trouvait à la place de son nom. Ainsi, le rituel avait eut lieu. Il était définitivement banni de la famille et n'était plus un Malfoy. Ni un Black, d'ailleurs.

Par curiosité, il tenta d'identifier les autres traces noirâtres. Il arriva à deviner sa tante Androméda, sa cousine Nymphadora, Sirius Black et quelques lointains cousins dont il avait vaguement entendu parler.

Il se détacha du tableau pour regarder la pièce. Au lieu de carnage, elle semblait surtout avoir subi un nettoyage de fond sans les finitions. Il ne restait qu'à jeter ce qui était brisé ou déchiré, les remplacer par des éléments neufs et donner un peu de couleur à la pièce. Puis, il se souvint qu'il n'était pas chez lui et il serait bien étonné si quelqu'un l'écoutait donner son avis sur la décoration.

Il décida de continuer son exploration et sorti de la pièce. Il descendit encore un étage et remarqua un immense tableau en face de l'escalier recouvert par un lourd tissu noir. Ce coup-ci, l'étage était différent. Il devait être au rez-de-chaussée car il distinguait une porte d'entrée ouvragée à sa gauche, des patères sur les murs et une petite porte entrouverte à sa droite. Il se dirigea vers celle-ci et descendit les escaliers de pierre. Il avait trouvé la cuisine.

C'était une pièce vaste avec un plan de travail qui occupait tout le mur opposé, surplombé par de nombreuse étagères et des petites fenêtres. Une cheminée et une petite porte à gauche, et du mobilier de cuisine et une porte identique à droite. Une large table occupait toute la partie centrale de la pièce.

Il ouvrit tous les placards pour trouver de quoi se nourrir. Il ne trouva que des ustensiles et sélectionna ceux dont il aurait besoin. Il se dirigea vers la porte la plus proche des escaliers et découvrit le garde-manger. Il sortit des œufs, de la marmelade, du miel, du thé et des tranches de lard. Il trouva, au dessus de la cheminée, une pâte à brioche dans son moule qui avait passé la nuit à lever.

Tout était prêt. Il ne restait plus qu'à trouver comment s'alimentait le poêle de la cuisine. Il ouvrit la porte à côté de la cheminée et découvrit une chaudière. Il ne restait plus qu'à l'allumer et il se servit du nécessaire sur l'étagère à côté. Au final, ce n'était pas plus dur que d'allumer un feu sous un chaudron.

Il allait sortir quand un mouvement sous la chaudière l'intrigua. Il s'agenouilla et découvrit l'elfe de maison le plus pitoyable et le plus laid qu'il n'ait jamais vu. Celui-ci le regardait d'un regard haineux, tentant de cacher aux yeux de l'adolescent diverses babioles enveloppées dans des vieilles fripes. La créature devait être à moitié folle car elle répétait dans un murmure une litanie sans fin.

Drago jugea plus prudent de l'ignorer et sorti du réduit afin de commencer à préparer le petit-déjeuner. Il trouva d'ailleurs étrange que l'elfe n'ait rien préparé pour les occupants de la maison.

Il enfourna la brioche dans le four, brouilla les œufs, fit sauter les morceaux de lard, chauffa du lait et de l'eau, et fit infuser le thé. Puis, il déposa le tout sur la table et commença à mettre des couverts en attendant que la brioche finisse de cuire. Ignorant le nombre de personnes sur place, il installa dix couverts, équivalents au volume de nourriture qu'il avait préparé.

Il s'installa près du poêle de la cuisine et commença à se servir. Il se prépara un bol de thé avec un nuage de lait et un sucre. Il posait la brioche dorée à point sur la table quand un entendit du bruit à l'étage au-dessus. Quelqu'un descendait.

« Tu ne m'avais pas dit que Créature ne touchait pas à la cuisine quand on était là ?

- Je ne comprends pas... Peut-être que Harry... »

Drago n'eut pas le temps d'analyser la petite pointe d'espoir au nom du Gryffondor car les deux personnes arrivaient dans la cuisine. C'était Molly Weasley et un de ses fils ainés, celui qui dressait le dragons, s'il se souvenait bien. Il se rappelait vaguement l'avoir vu lors du Tournoi des Trois Sorciers.

« Mais... qu'est-ce que... Drago ! Mais qu'est-ce que tu fais debout !

- Ouah ! C'est toi qui as préparé tout ça ! »

Encore debout devant son déjeuner, Drago se trouva alors mal à l'aise face aux deux exclamations, croyant alors qu'il ne ferait face qu'à de l'indifférence de la part des autres.

« J'avais faim. J'ai cherché la cuisine. Quand j'ai vu le soleil se lever, j'ai préparé pour tout le monde. Si ça vous dérange, je ne toucherais plus à la cuisine...

- Tu plaisantes ! Ça sent aussi bon que si c'était maman qui l'avait fait ! J'ignorais que les aristos savaient faire la cuisine !

- Ben... C'est un peu comme les potions, j'ai su que c'était bon à l'odeur, répondit le blond, gêné, et évitant soigneusement la remarque faite sur son ancienne condition. Et puis, j'ai fait que mettre la brioche au four. Tout était déjà préparé...

- Drago, tu es sûr que tu te sens assez en forme pour te lever ? Tu es encore bien pâlichon, mon garçon... »

A l'entente de la mention affectueuse, Drago se figea. Toute une part de son enfance se réveilla dans sa mémoire. Deux visages, un rond et menu, et l'autre si semblable au sien... Des rires pétillants, des sourires éblouissants et des yeux pétillants... De douces voix qui endort... Des mains qui caressent et cajolent... Tous ces moments merveilleux et insouciants avec sa mère et sa nanny... Ann. Oui, à y regarder de plus près, Molly Weasley avait beaucoup de ressemblance avec sa chère Ann, qu'il appelait affectueusement « Nana ». Sa première et unique amie, qui lui avait été arraché le jour de ses sept ans. L'affection dans la voix de Molly égalait celle des deux femmes qu'il aimait et l'avaient aimé le plus au monde. Cette pensée le chamboula. Il pensa subitement au chagrin et à l'agoisse que devait vivre sa mère depuis sa fuite. Il blanchit subitement (si cela était encore possible), n'osant imaginer le sort qu'on avait pu lui faire subir, maintenant qu'elle était seule, sans son fils et son mari, juste accompagné de sa sœur complètement folle.

La main de Molly Weasley sur son épaule le ramena à la réalité.

« Assis-toi, tu es encore faible. »

Et le corps de Drago réagit instantanément, en se posant sans délicatesse, avec un petit bruit mat, sur la chaise derrière lui.

« Ca va, je dois juste manger un peu. Merci, madame Weasley, dit-il un fin sourire aux lèvres, en relevant la tête vers elle.

- Appelles-moi Molly, Drago. Tu fais partie de la maison, maintenant.

- Je... je ne sais pas si je peux..., murmura-t-il en se penchant sur son bol pour masquer sa gêne.

- En attendant, j'ai hâte de voir tes autres prouesses culinaires. Cette brioche est succulente ! Maman, goûte, on dirait la tienne.

C'est à ce moment que Drago remarqua avec effarement que le rouquin avait déjà largement entamé la viennoiserie, et en proposait un morceau à sa mère assise en face de lui.

- Et bien, quelque part, c'est le cas..., osa le blond.

- Peut-être mais tu aurais pu la faire cramer, ou pire, la sortir à moitié cuite ! Là, elle est parfaite !

- Charlie, arrête de l'embêter... lança doucement Molly.

- Mais, je ne dis pas ça pour l'embêter ! Goûte.

Elle attrapa à travers la table la tranche que lui tendait son fils et mordit à pleine dent dedans. Et elle ne put qu'approuver, le sourire au lèvres et un regard admiratif vers le garçon chétif assis en bout de table. Elle fut d'autant plus agréablement surprise quand elle goûta l'infusion de thé.

« Mon cher ami, annonça Molly très sérieusement, l'index pointé vers Drago, si vous étiez une fille, je dirais que vous seriez bonne à marier ! »

Charlie pouffa dans son bol et Drago écarquilla des yeux avant de se mettre à rire doucement d'embarras en voyant le sourire taquin sur les lèvres de la femme. La discussion partit joyeusement sur les talents du blond qui prit le parti de les suivre, assez content de découvrir un domaine où il serait utile.

Le calme se fit dans la cuisine quand des voix féminines enjouées se firent entendre dans l'escalier. Hermione et Ginny apparurent bientôt dans la cuisine et se figèrent légèrement quand elles virent le blond à table. Mais elles furent suffisamment discrètes pour ne poser aucune question et s'installer à table pour entamer le petit-déjeuner. Charlie décida de laisser Drago tranquille et se mit à taquiner sa sœur, qui avait eu la mauvaise de se mettre à côté de lui. Elle tenta de l'ignorer en se mettant à discuter avec Hermione, en vain. Drago ne put s'empêcher de sourire devant la chamaillerie fraternelle qui s'ensuivit, ce qui n'échappa pas à Hermione.

La tablée était repartie dans une ambiance joyeuse quand une folle cavalcade retentit au dessus de leurs têtes. Et Ron, tel un taureau enragé, se rua dans la cuisine et beugla :

« IL S'EST ENFUIT !... CE SALE MANGEMORT... IL S'EST ECHAPPÉ ! »

Dès l'arrivée du rouquin, le blond s'était tassé sur sa chaise et s'était décalé légèrement sur la droite, derrière Charlie, afin d'échapper au regard furibond et à la rage du dernier Weasley. C'est Molly qui répondit calmement, un ton dangereusement glacial dans la voix.

« Ronald Weasley. Il n'y a PAS de mangemort sous notre toit. Tu es prié de te calmer et de te mettre à table avec TOUT LE MONDE ! »

Drago plaignit presque le rouquin. La beuglante que ce dernier avait reçu en deuxième année n'était rien à côté de ces quelques phrases. Il remarqua que Ginny était positionné comme lui auprès de son amie et que Ron avait maintenant un teint similaire au sien, alors qu'il croisait son regard apeuré. Tremblotant, Ron s'assis face à Hermione aussi loin que possible de sa mère. C'est alors que Drago remarqua Arthur Weasley qui finissait de descendre les escaliers.

« Je suis bien content de te trouver ici, mon garçon, dit-il à Drago en s'asseyant entre sa femme et Ron. Je t'avouerais que j'ai eu peur qu'il te soit repris l'envie de vagabonder dans la nature.

- Après ce que vous avez fait pour moi, répondit doucement Drago, je serais bien ingrat de partir sans vous aider à mon tour. »

Charlie s'étouffa bruyamment à côté de lui et il s'empressa avec Ginny de lui taper dans le dos. Mais il se mit brusquement à rire à gorge déployée, déplia son bras derrière la tête de Drago qu'il plaqua contre son torse avant de secouer sa tignasse.

« Je l'adore ce gosse ! »

Drago était rouge et de là où il était, il pouvait voir les regards effarés des deux filles et de Ron. Sans qu'il puisse se contrôler, un gloussement sortit du fond de sa gorge et il se mit à rire sans pouvoir s'arrêter sous le regard de plus en plus effarés de ses camarades.

La première à réagir fut Hermione qui se leva d'un coup et, les yeux écarquillés, fixa le blond, qui s'arrêta net de s'esclaffer.

« Mais... Je... Ce n'est pas Malfoy ! »

Drago eut un petit soupir exaspéré et de redressa sur sa chaise qui tanguait dangereusement.

« S'il entre dans tes préférences, Granger, que je demeure un petit con égoïste, arrogant et imbu de lui-même, je préfère te prévenir tout de suite que tu vas être déçue..., expliqua tranquillement le blond en la regardant franchement.

- Je pensais que tu avais eu un lavage de cerveau mais c'est carrément un changement de personnalité qu'on t'a infligé, répliqua-t-elle pensive.

- Tu penses qu'il a reçu un sort ?, demanda Ginny.

- Ben moi, j'aurais préféré un Oubliette, ça aurait été plus simple », bougonna Ron.

Drago respira un bon coup, se leva dignement et posant ses deux mains sur la table et scruta les trois griffondors face à lui.

« J'imagine que vous devez vous trouver hilarant, mais afin d'éviter toute confrontation je vais vous proposer un deal », énonça-t-il lentement, sans agressivité. Il remarqua sans broncher leur visage interloqué et attendit qu'ils aient retrouvé un air attentif avant de poursuivre : « Je propose une trêve ! Fini les petites rivalités inter-maisons. De toute façon, il est hors de question que je retourne à Poudlard. Je pense qu'il est possible de bien nous comporter ensemble en tant qu'adultes que nous sommes maintenant. Et puis, nous sommes cousins... »

Ron était bouche bée mais les filles semblèrent pensives avant d'acquiescer. Comme pour le tester, Hermione réagit la première et s'approcha de lui en lui tendant la main : « Donc, plus d'insultes et d'insinuations sur le sang-pur ? » Drago n'hésita pas et attrapa sa main franchement pour conclure le pacte avec un hochement de tête et un petit sourire : « J'ai toujours su que tu étais la plus futée de tous, tu sais ? »

Ron leva les yeux aux ciel alors que sa sœur s'approchait désormais du blond, sceptique : « Plus un mot sur les conditions de vie de notre famille ? »

Drago écarquilla les yeux : « Tu rigoles ! Vous êtes bien plus riche que moi ! Sur tous les plans ! »

Ginny se détendit et rigola en serrant sa main alors que son frère émit un hoquet outré. Tout le monde se tourna vers lui mais il replongea dans son bol. Drago eut l'air gêné mais l'émotion ne resta sur le visage qu'une petite seconde. Seul un œil aiguisé le perçut. Hermione se pencha vers son oreille et lui souffla : « Ron a toujours eut besoin de plus de réflexion... »

Drago sursauta, n'ayant pas suivi le mouvement de la jeune fille et s'apprêta à approuver mais elle était déjà repartie avec Ginny pour s'installer à leurs places.

« Il est finalement bien arrivé quelque chose à Drago ces dernières semaines..., murmura Arthur, brisant le silence. Il a tout simplement mûri. Et je suis heureux de voir qu'il n'est pas le seul », ajouta-t-il en lançant un regard de fierté vers les filles. « Mais, je ne suis pas d'accord pour ta décision d'arrêter tes études, Drago. Je comprends que tu ne puisses y retourner pour des raisons évidentes, précisant-il en voyant le regard apeuré du blond. Mais je vais en discuter avec le professeur MacGonagall afin de trouver une solution. »

« En attendant, moi je sais déjà ce qui va t'arriver dans les prochains jours, pérora Charlie, sous le regard curieux du reste de l'assistance. Tu vas être enchaîné à cette cuisine avec les meilleures recettes de la famille Wealey ! N'est-ce pas, maman ?, ajouta-t-il en voyant le regard brillant de cette dernière.

Drago remercia intérieurement le dragonnier pour avoir lancé la discussion sur un sujet plus léger et la tablée retrouva sa jovialité de départ. Au final, quand chacun eut fini de manger, Molly demanda aux plus jeunes de débarrasser. Surpris, Drago ne pu s'empêcher d'intervenir.

« Mais... Euh... Il ne mange pas Harry ? »

Toutes les personnes dans la pièce tourna la tête vers lui les yeux écarquillés. C'est à ce moment que Drago se rendit compte que personne n'avait parlé de Harry pendant le repas. Un silence de plomb s'était abattu sur la pièce et fut brutalement interrompu par Ron.

«En-quel-HONNEUR-te permets-TU-de-l'appeler-par-son-PRÉNOM ? »

Il était furieux, penché sur la table, semblant près à grimper dessus, tel un félin enragé, prêt à le réduire en charpie. Drago se recroquevilla sur sa chaise, mal à l'aise.

« Et bien, depuis qu'il m'appelle aussi par mon prénom..., répondit-il d'une toute petite voix.

- Attends, tu es en train de dire que tu as parlé à Harry récemment ? s'exclama Hermione.

- Et bien, cette nuit, précisa Drago.

- QUOI !, hurlèrent tous.

- Que t'a-t-il dit ?, enchaîna Hermione.

- Comment allait-il ?, s'inquiéta Molly.

- Pourquoi TOI ? », rugit Ron.

Un brouhaha incroyable se répandit dans la cuisine, noyant Drago sous les questions. C'est Arthur Weasley qui calme tout le monde.

« SILENCE ! Comment voulez-vous avoir une réponse si vous ne le laissez pas en placer une ? »

Finalement, cette première matinée avec les Weasley avait été mouvementée. Il avait fait le récit de son errance depuis la mort de Dumbledore jusqu'au moment où Harry l'avait retrouvé et avait restitué la visite éclair du Griffondor la nuit précédente.

« J'ai compris qu'il avait une mission et qu'il me demandait mon aide, mais il n'a pas voulu me dire quoi, finalement, conclut-il, toutes les personnes présentes pendues à ses lèvres. Il surpris un regard de connivence rapide entre les plus jeunes mais su qu'il était trop tôt pour être mis dans la confidence. « J'ai un peu réfléchi et je pense que je pourrais apporter de nombreuses informations en tant qu'ancien mangemort. » Il releva sa manche et montra le tatouage qui le brûlait comme de l'acier chauffé à blanc, mais personne en parut surpris.

« Nous t'avons soigné, Drago, nous le savions déjà, précisa Molly. Harry te fait confiance. Nous avons tous espéré que son jugement serait exact. »

Un sourcil interrogateur sur le visage, Drago lança un regard vers Ron mais il ne releva pas. Il remis la manche correctement, en prenant soin de ne pas toucher la marque gonflée et vivante.

« C'est au début que ça a été le plus dur. Lui résister revient à vouloir résister à l'Imperium. Maintenant encore, je ne sais pas où j'ai trouvé la force de ne pas transplaner chez moi et répondre à son appel. Je sais que suis passé par de nombreuses périodes d'inconscience et que j'ai frôlé la folie. Mais, au bout d'un moment, la douleur devient une partie de soi. Du moment que je ne me concentre pas dessus, c'est bon, finit-il dans une grimace.

- Tu es en train de dire que cette marque est douloureuse tout le temps ?, demanda Molly, blanchissant quand le jeune homme hocha de la tête. Attends ici, Severus a laissé une pommade ici qu'il utilisait sur la sienne. »

Molly quitta précipitamment la pièce et Drago se tourna vers Arthur.

« J'ai quelques questions. Cette maison, elle appartient aux Black, non ?

- Oui, cette maison était celle de Sirius Black, répondit Arthur en souriant devant l'air étonné du jeune homme. C'était le parrain de Harry. Il était innocent. Il n'a jamais tué personne, ni trahi ses amis. A sa mort, il a légué ses biens à Harry. Nous sommes à Londres, au 12, square Grimmaurd. C'est une maison incartable et sous le sceau du secret. Harry l'a remis en place avec un gardien que lui seul connait. Tu fais partie du secret maintenant, toi aussi.

- D'accord, répondit Drago en hochant la tête pensivement. Mais pourquoi Harry n'est-il pas là, alors ? Et comment je suis arrivé ici ?

- A la mort de Sirius, Harry a perdu le seul espoir d'avoir un jour une famille... mais ce sera à lui de te dire plus s'il le souhaite, répondit vivement Hermione en voyant l'interrogation muette sur le visage du Serpentard. Bref, depuis, il n'a plus mis les pieds dans cette maison. Il nous a proposé que l'on y séjourne le temps de rebâtir le Terrier, continua Arthur.

- On a détruit votre maison ?

- Oui, une attaque de mangemorts. Mais nous avons été prévenus à temps. La maison était vide, heureusement, lança Molly qui entrait dans la cuisine. Remonte ta manche.

- Mais alors, continua-t-il en obéissant à Molly sans se poser de question, si Harry n'est pas venu ici depuis un an, comment suis-je arrivé ici ?

- Il a envoyé Hedwige, sa chouette, avec un message nous demandant de le retrouver à Kings Cross devant le quai 9¾ côté moldu, répondit Molly. Vous étiez tous les deux au pied de la colonne. Harry était épuisé et j'ai cru qu'il allait s'effondrer d'épuisement devant nous le peu de temps où on l'a vu. Mais il refusé catégoriquement de venir se reposer, en nous soutenant qu'il avait un abri pas loin. Il n'avait qu'un sac et son balai avec lui. Je ne sais pas où il t'a trouvé mais le voyage a eut l'air particulièrement éreintant pour lui. Il nous a certifié qu'il avait confiance en toi, que tu n'étais pas un mangemort et qu'il avait des preuves de ce qu'il avançait. On lui a promis de prendre soin de toi et il est reparti. On a eu une des preuves deux jours après ton arrivée. Il y a une tapisserie à l'étage...

- L'arbre généalogique des Black. Oui, je l'ai vu, mon nom effacé...

- Je suis désolée, Drago, continua Molly tristement. Mais comme tu le disais tout à l'heure, nous sommes de la même famille. Nous ne te laisserons pas tout seul... »

Ron bougonna dans son coin quand Drago remerciait les paroles de Molly par un hochement de tête et un sourire discret, et le rouquin s'éclipsa par les escaliers. Les filles désapprouvèrent silencieusement son comportement et commencèrent à nettoyer la cuisine. Spontanément, Drago les aida et personne ne releva l'attitude butée du Griffondor.