Saluuuuut ! On continuuuuuue !
Je m'organise pour le chapitre 5 vu que le prochain me mettra au pied du mur... Ca avance lentement mais sûrement.
Je vais mettre un warning pour les personnes sensibles, on attaque un gros morceau ici donc sortez les mouchoirs (en même temps, avec tous les warnings que j'ai mis et la joyeuseté du début, si vous êtes encore là c'est que vous en voulez...)
Bonne lecture !
Roxas
Je ne vivrai pas sans toi, Cali
Je m'écroule sur le bord de la cuvette avant de vomir tout ce que j'ai au fond de l'estomac. C'est-à-dire pas grand-chose. Je ne sais plus de quand date mon dernier vrai repas, hier soir peut-être ? La bile remonte dans ma gorge, brûlant tout sur son passage, avant d'échouer dans l'eau des WC. J'en ai les larmes aux yeux. C'est extrêmement désagréable. De toute façon, je savais que je n'aurais pas dû aller à la fac aujourd'hui. Je le savais. Mais comme ça faisait deux jours que je n'y avais pas mis les pieds, je me suis forcé. Grossière erreur. Je le sais pourtant, que la fac c'est vraiment pas une bonne idée, il y est venu tellement de fois. Pour moi. Alors c'est évident qu'il y a des endroits qui me font penser à lui, des lieux où je n'allais qu'avec lui. Vraiment, quel gros con je suis…
Finalement, j'ai encore séché un cours. Je n'arrive pas à tenir une journée entière dans ces grands bâtiments. Faut dire que c'est rare que je puisse rester concentré. Ou plutôt que je puisse faire quelque chose de constructif. Prendre des notes m'est de plus en plus difficile. Heureusement qu'il y a Pence et Olette, sinon je serais vraiment foutu. J'essaie de faire comme les docs m'ont dit, de m'accrocher et de ne pas laisser tomber les cours de façon définitive. Sauf que c'est plus compliqué que ça en a l'air. Vraiment, j'y arrive de moins en moins. Même sortir devient un supplice ces derniers temps. Le regard des gens me transperce et s'accroche à ma peau pour ne plus me lâcher. Et ils regardent systématiquement mes poignets. Certes, je ne fais rien pour les cacher mais je n'aime pas qu'on remarque les grosses cicatrices rouges. Rouge comme toi… Je secoue la tête pour faire dégager cette pensée. Je n'en ai pas besoin. Ils m'ont dit de vivre un jour après l'autre, lentement. En ce moment j'essaie vraiment de suivre les conseils qu'on m'a donnés. J'essaie de me forcer à manger quand j'y pense, j'ai un carnet où je note les choses importantes qui me redonnent le sourire, je positive comme je peux. Voir le verre à moitié plein. J'avais jamais remarqué à quel point c'était dur avant d'avancer, un pas après l'autre. Métaphoriquement et physiquement. Vivre est plus compliqué qu'il n'y parait.
On est jeudi, alors je dois aller à la réunion des suicidaires anonymes. J'ai intégré le groupe presque immédiatement après ma TS, comme ils disent à l'hôpital. La première fois j'avais encore les bandages et j'avais peur qu'on me juge sur ça. Je ne m'attendais pas à ce qu'on ait tous les poignets si abimés par la vie. J'avais trouvé ça triste en un sens, et rassurant. Je n'étais pas le seul. Ça avait été chouette d'ailleurs, la première réunion. Dommage que Yen Sid ait refusé le nom de « Porteurs de Keyblade ». Je trouve que ça sonnait plutôt classe. Pour se venger, avec Sora on a dessiné des épées-clés sur la pancarte au feutre indélébile. Ça nous avait fait ricaner. Puis une fois à la maison, j'avais failli retourner m'ouvrir les veines. Seul, c'est compliqué de lutter. Tous ensemble on est un peu moins fragiles. Même si on forme souvent des duos entre nous, on reste unis par nos marques. Enfin, jusqu'à ce que l'autre se ramène. Je ne sais pas ce que Yen Sid lui trouve mais aucun de nous ne lui accorde sa confiance. On est trop méfiant des gens heureux. C'est triste à dire. Naminé est plutôt d'accord avec moi.
Elle est gentille Nami, très douce, faussement enfantine. Elle ne veut pas dire pourquoi elle peint avec son sang. Alors je la laisse ne rien me dire, et les autres font de même. Y a juste Le Grand Docteur pour essayer de la forcer. Mais c'est une tombe Nami, si elle veut rien dire alors t'arriveras pas à la faire parler. De temps en temps, elle m'envoie une photo de ses toiles. C'est souvent beau, souvent triste, incompréhensible des fois. Tout le temps douloureux. Elle va aussi mal que moi. Voir pire, moi au moins je parle. Des fois. Surtout à elle. On est amis. Le terme est plutôt étrange pour nous, mais c'est le seul qu'on voit. Ou alors « ça ». Moi j'aime bien, c'est abstrait. Mais pas elle. Ça sous-entend trop de choses à ses yeux. Même si les autres se posent déjà des questions, vu qu'on arrive et qu'on repart ensemble. Je suis encore en avance à notre point de rendez-vous d'ailleurs…
Je claque la porte, violemment. Je suis trop en colère pour réfléchir à quoi que ce soit, j'ai l'impression de littéralement sentir l'adrénaline dans mes veines. « C'est fini ! » j'ai hurlé. Et je le pense. Je lui en veux, je ne reviendrai pas avant qu'il s'excuse. « Je m'en vais ! », et il m'a dit « Vas-y ! ». Ce n'est pas la première fois qu'on se dispute, mais c'est la première fois que c'est si violent. Qu'on s'embrase ensemble. Je sais bien que je n'en pense pas un mot, je veux juste des excuses de sa part. Je ne sais plus d'où la dispute est partie, mais je sais que je n'étais pas en tort. A lui de faire un effort !
Et les jours passent… Sans aucune nouvelle de lui. Au bout d'une semaine sans réponse à mes textos, je finis par tenter une visite. C'est rare qu'il ne donne aucune nouvelle. On est trop accros à l'autre pour ne pas au moins s'envoyer un message par jour. Alors sept jours sans rien… Je me dis que c'est à moi de m'excuser, je n'ai pas envie qu'on reste fâchés. Je vais lui demander pardon, il boudera, je viendrai l'embrasser et on finira dans le lit comme d'habitude. Je sonne à sa porte, mais personne ne répond. Pourtant, c'est son jour de repos. Il est peut-être sorti après tout. Il est du genre à trainer dehors. Je m'assoie sur le palier, et j'attends. Je ne sais pas quelle heure il est quand le voisin rentre. En me voyant assis par terre, il me jette un regard de pitié. Et il parle. Il me dit que le gars de l'appart 21 a déménagé hier, comme ça, soudainement. Il n'y a aucune adresse où faire suivre le courrier, personne ne sait où il est parti. Sauf qu'il y a un problème dans son histoire. Le gars de l'appart 21, c'est MON petit-copain. Jamais il n'aurait déménagé sans rien me dire ! Je tente désespérément de l'appeler, le numéro n'est plus attribué. D'où le manque de réponse aux sms. J'ai une sérieuse nausée, le monde tangue, le voisin dit quelque chose mais je n'entends pas. Je m'en vais sans un regard derrière moi. Et dehors, je me mets à courir. Je vais où je sais que mon amoureux a l'habitude d'être : à son travail, son bar préféré, même chez son ex. Mais personne ne sait rien. Je crache mes poumons à aller à droite à gauche. Je n'en peux plus. Mon petit-ami a disparu. L'homme que j'aime m'a laissé derrière, sans un message ou quoi que ce soit. Et ça m'explose au visage, comme un gros paquet de dynamite. C'est. De. Ma. Faute. C'est moi qui suis parti en hurlant que c'était fini. Et il a dû prendre mes paroles au sens propre du terme. Je réfléchis à fond. Où peut-il être ? Où puis-je chercher ? Je me rends compte que je pleure quand un passant me tend un mouchoir. Sans même prendre le bout de papier, je rentre chez moi.
Et j'attends. Quelque chose, un miracle, son retour. J'attends. Et lorsqu'enfin je me rends compte qu'il ne reviendra pas et que, comme disent tous mes amis, je dois passer à autre chose, je sors le cutter de la boite à outils.
Je ne sais pas depuis combien de temps la séance a commencé quand j'émerge. Je ne sais même plus comment je suis arrivé ici. Aqua a sa main sur son épaule et elle me jette un regard rempli de tristesse. Elle, elle est pire que moi, au bord du gouffre à attendre de tomber. Elle est tellement sur la corde raide qu'on n'ose rien lui dire. Juste essayer de lui sourire, avec nos morceaux cassés.
- Tu veux dire quelque chose Roxas ?
A ce que je vois, je rêvasse depuis trop longtemps et ça a attiré l'attention de tout le monde. Nami se pince les lèvres en me regardant. Elle sait que même si je prends souvent la parole, je ne dis pas le plus important.
- Tu pensais encore à ton ex ?
Ven me regarde avec un air contrit. Ça doit être dur pour lui de retrouver son cousin ici. On s'entend bien vite fait, mais on est incapable de s'entraider. Dire qu'on fait partie de la même famille… Je finis par lui répondre d'un hochement de tête.
- Ton ex ? Tu l'as rencontré comment ?
Tous les regards se tournent vers Kairi, qui comme toujours a son grand sourire collé au visage. Et moi aussi, je souris un peu. Parce que cette rencontre, c'est sûrement le plus beau moment de toute ma vie. Alors je raconte. La queue au Starbucks, le serveur qui renverse un gobelet pile sur ma table et sur mes fiches de révision. Ce jour-là, je l'aurais égorgé avec grand plaisir. Puis j'avais croisé ses yeux. Nucléaires, ils étaient nucléaires. C'est le premier adjectif qui m'était venu à l'esprit. Lui aussi avait bugué sur moi et on avait fini par papoter (même si c'était essentiellement des excuses) et il m'avait filé son numéro (il voulait me rembourser). Un mois plus tard on sortait ensemble. Et je continue sur ma lancé, je raconte ces moments magiques qui me reviennent en tête. Je ne supporte pas l'idée de l'oublier, de ne plus me souvenir de tous ces chaleureux souvenirs qu'il m'a laissés. Il était incroyable et je l'aimais à la folie. Je l'aime à la folie. Encore.
- C'est bon Roxas, je pense que tu peux arrêter.
Je sanglote encore sans m'en rendre compte. C'est de plus en plus courant. Et ça ne créé plus rien en moi. J'espère me noyer dans mes larmes un jour.
- Pourquoi tu n'essaies pas de tourner la page ?
Comment on expliquer que l'amour ça peut tout détruire ? Elle doit pas connaitre, elle est trop heureuse pour ça. Et au final, je lui réponds, même si c'est moi-même que je blesse à travers mes mots.
- Parce que c'était l'amour de ma vie. Et que je l'ai perdu.
Mes mots jettent un froid dans la pièce. Aqua finit par pleurer. Le monde continue de tourner.
Je dis à Nami que ce n'est pas la peine qu'elle me raccompagne et que ce soir, j'ai envie de rentrer seul. Il fait presque nuit, l'hiver arrive. Voire même il est déjà là. J'ai toujours été insensible au froid donc je ne sens pas vraiment la différence. Le chemin me parait beaucoup plus long que d'habitude. Je réfléchis au rythme de mes pas sur le pavé. Je regrette d'avoir pensé que les autres étaient plus fragiles que moi. Je n'ai pas le droit de les juger. Qui sait ce qu'ils ont vécu et qu'ils nous cachent encore aujourd'hui. J'ai été dans la lune toute la journée. Je me demande à quoi ça sert de garder les pieds sur terre. Et puis, qu'est-ce que la réalité au fond ?
Mes parents sont déjà à la maison lorsque j'ouvre la porte. Ils me traitent comme une petite chose fragile, comme si j'étais en verre. Je déteste ça. Je préférerais presque qu'ils me frappent pour mes conneries. Ou alors qu'on parle vraiment, même si je sais bien que je n'ouvrirais pas la bouche. J'ai déjà du mal avec les gens comme moi, alors avec eux… Je les rassure, je tente des sourires, des regards doux j'espère ne pas avoir l'air trop déformé. Je prétexte l'envie de me laver pour monter à l'étage. Enfin en paix. Je m'assoie contre le dos de ma porte. La pièce me parait vide maintenant que j'ai viré tous les posters. On aimait les mêmes groupes et pendant environ une heure, j'ai cru qu'en les éloignant de ma vie j'arriverai à avancer. Une idée stupide. Au final, j'ai juste plus de posters. Je me déshabille dans la chambre avant de me diriger vers la salle de bain. Dans le miroir du couloir, je m'examine, comme chaque jour. Je suis trop maigre, je le sens, et plus le temps passe plus ça empire. J'y arrive pas aussi… On le voit dans mes yeux, que tout ça c'est trop pour moi, que j'en peux plus, que je suis lessivé vidé. Je ferme la porte à clé derrière moi. Je fais couler le bain pendant que je fouille dans les produits ménagers où j'ai caché une lame de rasoir. La dernière fois je me suis planté, pas cette fois. Et, au pire, même si mon corps survit, je compte mourir ce soir. Je rentre dans l'eau chaude en frissonnant. J'ai toujours aimé ce qui était chaud, sûrement ce qui m'a amené à toi. Je ferme les yeux et je repense à mon carnet, où sont notées toutes les fois où j'ai cru qu'on était encore ensemble. Mes seuls moments de répit. Qui sait, peut-être que là-bas je serai un peu mieux même si tu n'y es pas. Je veux mourir dans mon sang rouge. Rouge comme toi, comme tes cheveux, comme ton aura, comme tout ce que tu es Axel.
Et puis, le monde continuera de tourner.
Déjà, je voudrai remercier Leptitloir aka mon loir à moi pour la chanson. Au départ j'avais choisi "My obsession" de Cinema Bizarre mais celle là rend mieux.
Axel écrit sans le a, c'est dur d'écrire un a, le x glisse si bien et le e-l c'est du nougat *chantonne*
Aussi, j'ai écrit ce chapitre alors qu'on étudiait le refoulement donc j'ai failli l'appeler comme ça tellement ça représente bien ce mécanisme de la psychologie. J'adore mettre de la psychologie dans mes écrits ! J'espère que mes références ne vous gêne pas par contre...
Et oui, je suis sadique de vous laisser là-dessus ! A la semaine prochaine !
