voilà la suite et fin
CHAPITRE 3
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McGee s'approcha du bureau de Tony, où Gibbs finissait de taper son rapport :
« Monsieur, l'hôpital a appelé. Nesra Ride est sonnée, mais elle s'en sortira ! Quant à notre assassin, il s'en sortira aussi et on pourra aller l'interroger d'ici demain ! »
Tony les rejoints en grimaçant :
« L'explosif était bien réel, il contenait une mini bombe artisanale. S'il avait pété, il lui aurait explosé les deux jambes… »
Ziva s'approcha du bureau à son tour :
« Ils ont déjà retrouvé cinq des corps enterrés autour de la grotte ! Et trois d'entre eux avaient les chevilles en morceaux. »
Gibbs hocha la tête et leur jeta à tous un regard :
« Vous avez fait du bon boulot, rentrez chez vous ! »
Ziva et McGee ne se le firent pas dire deux fois : après deux ou trois « au revoir à demain » lancés à la cantonade, ils s'engouffrèrent dans l'ascenseur. Tony était resté debout devant son patron. Au moment où il se décidait à partir et prenait sa veste, la voix de Gibbs retentit dans les bureaux vides :
« Où as-tu eu ces photos ? »
L'Italien se figea. Il se retourna doucement : sur son écran, que Gibbs avait tourné vers lui, se trouvait la photo de Shannon, Jethro et Kelly qu'il gardait précieusement. Il grimaça, mais n'avait pas d'autre choix que de répondre :
« C'était dans le dossier, celui de la protection des témoins. Quand Ducky nous a dit ce qui s'était passé pour elles, j'ai cherché, je voulais les voir… »
Gibbs continuait de le fixer :
« J'ai fait des copies et je les ai remises dans le dossier… »
« Pourquoi ? »
Il ferma les yeux un instant. Comment expliquer à son patron ce que ces photos représentaient pour lui :
« Parce que j'aime ces photos ! Shannon est magnifique, Kelly est radieuse et elle te ressemble tellement… Et toi… tu es heureux... »
Il était impossible de savoir ce que Leroy Jethro Gibbs, impassible, avait dans la tête :
« Je n'aurais pas dû, c'est vrai, mais je ne pensais pas me faire prendre ! »
Un long silence s'installa, et puis Tony s'approcha :
« Je vais les effacer et… »
« Qui t'a demandé de le faire ? »
« Personne ! »
Gibbs se leva et lui fit signe de le suivre. Il le conduisit jusqu'à a sa voiture et jusqu'à sa maison sans un mot.
Tony descendit de voiture et s'arrêta sur le pas de la porte de son patron :
« Tu veux une invitation à entrer ? »
« Non ! »
Il entra et referma la porte. Gibbs n'était déjà plus dans l'entrée. Tony aperçut la lumière dans la cave, alors il descendit.
Son patron était là, accroupi devant l'établi : il fouillait dans un tiroir et en sortit une boîte en bois finement sculptée. Il l'ouvrit et en sortit une photo, qu'il lui tendit.
Tony observa longuement le papier glacé : c'était une photo de famille, prise sur un bateau. Shannon se tenait debout et souriait à l'objectif ; juste à coté d'elle, Kelly riait, il lui manquait ses deux dents de devant et ses longs cheveux volaient au vent ; Jethro, à la barre, regardait ses deux femmes en souriant.
Cette photo était magnifique…
La gorge serrée, il parvint à murmurer :
« Je comprends que tu sois tombé fou amoureux de Shannon, elle est magnifique… »
Gibbs s'installa sur un tabouret, attrapa sa bouteille de bourbon et en versa généreusement dans sa tasse. Il la porta à ses lèvres et en avala une bonne partie. Tony quitta la photo des yeux un instant pour fixer son patron, et le conseil d'Abby lui revint en tête. Il se mit à rire et demanda :
« Si Abby t'avait conseillé un truc complètement fou, mais que tu rêves de le faire, tu le ferais ? »
Gibbs le regardait, impassible. Tony s'approcha alors et captura les lèvres de son patron.
Il s'attendait à ce que Gibbs le repousse violemment, mais ce fut tout le contraire : il se leva et l'attira un peu plus à lui, mêlant sa langue à la sienne, parcourant sa bouche avec passion. Le bourbon donnait à ce baiser une chaleur intense et un goût indéfinissable.
Tony retint un grognement de frustration quand Jethro quitta ses lèvres. Il mit quelques secondes à réaliser ce qui venait de se passer ; c'est la voix de son patron qui le ramena à la réaliser :
« Je n'embrasse pas les hommes, en général ! »
Tony secoua la tête en riant :
« Moi non plus ! »
« Pourtant, tu as accepté les avance de ce Paul… »
« C'était juste amusant ! Ça n'aurait jamais été plus loin qu'un sourire… »
Le marine ne paraissait vraiment pas convaincu. Le sourire de Tony s'élargit :
« Tu es vraiment jaloux. »
Il sembla vexé :
« Moi ! »
« Oui, t… »
L'Italien n'eut pas le temps de finir sa phrase : son patron venait de le plaquer contre le mur pour reprendre possession de ses lèvres.
Tony avait chaud, vraiment très chaud. Comment un simple baiser pouvait-il le mettre dans cet état ?
Sûrement parce que ce n'était pas un simple baiser : les mains de son patron étaient sur lui, ses lèvres emprisonnaient les siennes, sa langue parcourait sa bouche. Le bourbon et l'interdit venaient compléter l'équation…
Alors que la langue de Gibbs jouait avec la sienne, il se demanda s'il oserait glisser ses mains sous la chemise et le t-shirt de l'ex-marine.
Ce n'était sûrement pas une bonne idée ; son anatomie commençait déjà à réagir…
Gibbs, lui, ne semblait pas se poser de questions. Il glissa sa main sous sa chemise. Tony frissonna sous l'intrusion ; les mains calleuses de son patron sur sa peau lui procuraient des sensations incroyables. S'il osait, il enlèverait lui-même sa chemise.
Il quitta les lèvres de son patron. Respirer était vraiment une chose importante en fait… Il déposa un baiser dans le cou de son supérieur, quand celui-ci murmura :
« Lequel de nous regrettera le premier ce qui viens de se passer ? »
Tony se mit à sourire :
« Pas moi… »
« Tu en es sûr ? »
« Certain… »
Alors que l'Italien commençait à redescendre sur terre, à se dire qu'il ne se passerait jamais rien de plus entre eux, Gibbs captura de nouveau ses lèvres, et sa langue reprit possession de sa bouche.
Cette fois, ses mains se firent plus audacieuses. Encouragé par ce regain de désir, Tony osa s'attaquer au vêtement de son boss. Il lui ôta d'abord sa veste, bien trop encombrante.
Jethro ne sembla pas s'en offusquer, il était trop occupé à découvrir le corps de son subordonné de ses mains pour même penser à protester.
Tony lui enleva alors son éternel t-shirt, quittant ses lèvres à peine quelques secondes pour pouvoir le faire passer par dessus sa tête.
Le corps de l'ex-marine lui coupa le souffle. Il avait souvent imaginé ses mains parcourant ce corps, mais la réalité était bien plus excitante. De fins poils blancs parsemaient le torse parfaitement musclé de son aîné.
Craignant d'aller trop loin et d'être repoussé, il quitta les lèvres de son patron pour parcourir ce torse tendu vers lui.
C'était un délice de pouvoir enfin assouvir l'un de ses fantasmes. Mais Jethro ne semblait pas vouloir rester là à attendre patiemment que l'Italien ait fini de le découvrir. Il le plaqua de nouveau contre le mur pour lui enlever son t-shirt.
Les lèvres de Jethro parcouraient ses abdos. L'homme alla même jusqu'à mordre délicieusement l'un de ses tétons déjà dressés par le plaisir. Quelle folie les avait conduits à s'embrasser, à se caresser contre l'un des murs de la cave de l'ex-marine ?
Qu'allait-il se passer maintenant, jusqu'où iraient-ils…
Ce fut la dernière question que l'Italien se posa ! La main de Gibbs venait de se glisser tout contre la fermeture éclair de son jean. Il ne pouvait vraiment plus cacher ce qui se passait à présent dans son pantalon. Mais son supérieur, loin d'en être offusqué, semblait plutôt très intéressé…
Tony se mordit les lèvres pour ne pas gémir quand la main de son patron commença à monter et à descendre tout contre lui, alors que ses lèvres reprenaient pleinement possession des siennes. Il ne pensait pas que ça irait si loin si vite…
Peu à peu, la peur s'insinua dans sa tête : il ne pouvait pas coucher avec son patron, il ne pouvait pas faire l'amour avec Gibbs, il l'aimait trop pour ça… Il l'aimait trop pour que ça finisse comme ça entre eux.
Mais les caresses de son patron étaient une douce torture, ses baisers étaient exquis et ses soupirs une douce musique à ses oreilles.
Il ne se retint pas de gémir cette fois quand la main de Gibbs passa la barrière de son jean pour aller saisir sa virilité. Avait-il le droit de lui faire la même chose ? Avec un sourire carnassier, il s'attaqua au pantalon de l'ex-marine. Du moins il essaya : il venait de se rendre compte qu'un soutien-gorge était bien plus facile à défaire qu'une ceinture de pantalon. Il poussa un soupir de plaisir quand enfin elle céda et qu'il put poser sa main sur le boxer de son patron. Il n'osait pas encore s'aventurer plus loin. Alors que Gibbs, lui, commençait déjà à masser son érection quasiment douloureuse. Quand lui avait-il descendu son pantalon ? Pour la première fois depuis longtemps, Tony regretta de ne pas porter de sous-vêtements : ça aurait rendu la tâche un peu plus difficile pour… Oserait-il le penser ? Oui, pour son amant…
Il glissa la main dans le sous-vêtement de son partenaire. C'était une sensation étrange de toucher une érection qui n'était pas la sienne. C'était étrange, excitant, brûlant et tellement bon de pouvoir caresser à loisir le désir d'un autre… de pouvoir caresser le désir de Leroy Jethro Gibbs.
Ses jambes ne le portaient plus. Trop de sentiments se bousculaient dans sa tête et trop de chaleur dans son corps.
Comme si Jethro l'avait senti vaciller, il l'attira à lui et l'allongea sur l'établi, balayant de la main tout ce qui s'y trouvait.
Son dos reposait maintenant sur la table en bois, ses pieds touchaient à peine le sol et il était totalement livré au bon vouloir de son patron. Cette simple pensée le fit sourire. De deux gestes experts, il se débarrassa de ses chaussures et de son jean. Gibbs put ainsi s'approcher. Il se plaça entre ses jambes et se pencha sur lui pour goûter de nouveau ses lèvres offertes. La pression de son corps sur son sexe totalement dénudé déclencha une vague de plaisir intense qui parcourut tout son corps. Il retint un gémissement de plaisir, probablement mal interprété par son patron, qui murmura :
« Je n'ai l'habitude de faire ce genre de choses. »
Tony se mordit les lèvres pour retenir un sourire :
« Eh bien je ne sais pas ce que tu veux faire, mais je suis totalement consentent ! »
Gibbs effleura son sexe gorgé de sang du doigt et souffla :
« Je ne l'aurais pas cru… »
Tony se mit à rire, un rire qui se bloqua dans sa gorge quand Jethro prit possession de son membre. Il regrettait de ne pas pouvoir reprendre lui aussi les caresses qu'il avait commencées à lui prodiguer.
Idée qu'il abandonna bien vite quand la main de son boss commença à aller et venir sur lui. Il se mordit les lèvres, s'interdisant de gémir. Et c'est un cri qui sortit de sa gorge quand les doigts de son patron se resserrèrent autour de lui.
La main de Jethro sur lui était une vraie torture, montant et descendant au rythme de sa respiration sur son sexe douloureux. Un froid intense l'envahit quand cette main le quitta. Instinctivement, comme pour prolonger le délicieux contact de leurs peaux nues l'une contre l'autre, Tony vint poser ses mollets contre les épaules de son boss. Le regard de Gibbs captura le sien avant de poser sa main contre ses fesses. D'abord une douce et sage caresse, et puis un doigt mutin vint buter contre son anneau de chair…
Tony se cambra et se mordit violemment les lèvres quand Jethro pénétra son intimité. Comme pour lui faire oublier l'intrusion, son patron reprit possession de son sexe, calquant ses allées et venues sur la main qui montait et descendait délicieusement sur lui. Gibbs jouait avec lui, alternant les mouvements rapides et une quasi immobilité. Il ne pouvait plus retenir ses gémissements, cette douce torture provoquait des vagues et des vagues de plaisir en lui. Un second doigt vint rejoindre le premier, provoquant des frissons dans tout son corps. Il lui sembla que ces instants duraient une éternité, qu'il avait toujours été là, allongé sur cette établi, abandonné au doigt expert de son patron…
Au moment même où il pensait ne plus se retenir, Jethro relâcha la pression de sa main et quitta son corps. Tony ne put retenir un grognement de frustration, qui mourut sur ses lèvres quand l'érection impressionnante de son patron vint prendre la place de ses doigts.
Il grimaça ; la douleur avait pris la place du plaisir. Son amant sembla s'en rendre compte et il cessa tout mouvement pour fondre sur ses lèvres. La chaleur de sa langue dans sa bouche lui réchauffa les entrailles.
Il s'habituait peu à peu à cette étrange intrusion. Doucement, son patron commença à se mouvoir, déversant de nouvelles vagues de plaisir dans ses reins.
Il avait chaud, tout son corps brûlait de plaisir. Le simple mouvement de hanches se transforma bien vite en de longs et puissants coups de rein.
Tony s'accrocha comme il put à l'établi et poussa un long gémissement.
Gibbs posa de nouveau sa main sur son érection, cette fois vraiment douloureuse. Il calqua le mouvement de ses mains sur ses coups de rein de plus en plus rapides. A chaque coup de butoir, des vagues de plaisir inondaient le corps de l'Italien. Il poussa un cri et se libéra dans la main de son patron, qui ne tarda pas à le suivre.
Epuisé, Gibbs vint déposer ses lèvres sur celles de son amant. Tony passa alors ses bras autour de lui collant, son torse ruisselant de sueur au sien, refusant de le lâcher. Il voulait le garder tout contre lui pour prolonger cet instant incroyable qu'ils venaient de vivre…
Il consentit enfin à laisser son patron se relever quand il frissonna de froid. Ils avaient vraiment besoin d'une douche tous les deux… d'une douche à deux.
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C'est l'un des rayons du soleil perçant à travers le rideau qui le réveilla le lendemain. Il mit quelques secondes à se souvenir pourquoi il se sentait si bien, et puis tout lui revint en mémoire : l'établi, la douche et cette chambre. Ils s'étaient couchés l'un contre l'autre et s'étaient endormis pleinement satisfaits.
Le bras de Gibbs entourait sa taille. Doucement, il se retourna pour fixer son amant. Que se passerait-il maintenant ? Hier, Jethro lui avait demandé lequel des deux regretterait le premier ce qui se passait entre eux. Et il espérait vraiment que son boss ne le regrettait pas déjà. Incapable de rester là, inactif, alors qu'il débordait d'énergie, il se leva, enfila un peignoir et se rendit dans la cuisine.
Après quelques tâtonnements, il réussit à préparer un petit-déjeuner que son patron trouverait sûrement correcte : café noir et sans sucre.
Il en servait un plein bol quand il entendit Jethro se lever. Et puis ses pensées commencèrent à tourner, qu'allait-il dire ? Qu'allait-il faire ?
Quand son boss entra dans la cuisine, Tony se redressa et lui jeta un regard inquiet. Il portait un caleçon et un vieux t-shirt, ses cheveux étaient en bataille et il était impossible de dire dans quel état d'esprit il se trouvait. Jusqu'au moment ou il se mit à sourire :
« Tu a le droit de respirer ! Et merci pour le café. »
Si Tony n'avait pas été adossé au plan de travail, il serait probablement tombé :
« Tu as dit merci ? »
« Il faut croire que la vue d'un homme nu sous mon peignoir, de si bonne heure le matin, change ma façon de voir les choses… »
« Pourquoi, ce serait pas le cas s'il était plus tard ? »
L'Italien se mit à sourire quand le regard impassible de son patron se posa sur lui. Ils restèrent là, à s'observer, un long moment.
Et puis Tony s'approcha de son patron et déposa ses lèvres sur les siennes :
« Je ne regrette rien, bien au contraire ! »
Gibbs se leva et l'embrassa, lui faisant comprendre que lui non plus ne regrettait rien. L'Italien se mit à sourire et puis désigna le peignoir :
« Va falloir que je passe chez moi me changer… »
Jethro hocha la tête et avala une nouvelle tasse de café.
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Une fois que Tony fut passé à son appartement pour se changer, ils se dirigèrent vers les bureaux du NCIS. Arrivé à une centaine de mètres, l'Italien demanda à son patron de le déposer au coin de la rue. Gibbs esquissa un sourire :
« Tu ne veux pas qu'on nous voit arriver ensemble ? »
« J'ai quelque chose à faire avant d'aller bosser. »
Il descendit de la voiture et fila au coin de la rue. Marcher l'aidait à redescendre peu à peu sur terre, et il en avait besoin…
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Tony sortit de l'ascenseur, le sourire aux lèvres. Ziva se jeta sur lui, manquant de lui faire renverser le café qu'il tenait dans ses mains :
« Ziiiva, nous ne sommes pas au Mossad, on ne se jette pas sur les gens comme ça ici ! »
« Gibbs a l'air de meilleur humeur. Le Starbucks a réouvert ? »
Tony secoua la tête :
« Non ! »
« D'ou ça vient alors ? Tu n'es quand même pas retourné à celui qui est près de la gare ! »
Il jeta à peine un regard à sa collègue et déposa le café brûlant sur le bureau de son patron :
« Je vois que tu as récupéré ton bureau et ton ordinateur ! »
Gibbs porta la tasse à ses lèvres. Avec plaisir, Tony s'installa à SON bureau, il posa ses affaires dans SON tiroir. Il jubilait quand la voix de Ziva lui fit relever la tête :
« Bonjour, Abby ! »
« Salut tout le monde ! »
Elle passa devant leur bureau pour se planter devant celui de Gibbs :
« Dis, Gibbs, tu es au courant que notre fantôme attend que tu le cuisines dans l'une des salles d'interrogatoire ? »
Gibbs releva à peine la tête. La jeune femme se pencha vers lui, plongeant son regard dans celui de son ami. Elle se releva d'un coup, les yeux écarquillés elle s'approcha de Tony et l'observa à son tour.
La jeune gothique se releva vivement et se mit à sautiller sur place. Elle plaqua ses mains sur sa bouche, mais des petits cris parvenaient néanmoins à s'échapper. Tim releva la tête de son ordinateur :
« Ça va, Abby ? »
Elle hocha vivement la tête :
« C'est rien, c'est rien, je me suis… mordu la langue… »
« Tu t'es fait mal ? »
Elle mit quelques secondes à répondre :
« Non, ça va ! Mais je dois… je dois montrer quelque chose à Tony. »
Elle se tourna vers lui :
« Tony, tu viens ? »
L'Italien se mit à rire. Comment la jeune fille avait-elle fait pour comprendre ? Il savait qu'il subirait un interrogatoire en règle quand ils se retrouveraient tous les deux seuls :
« Euuh non, désolé, je n'ai pas le temps… »
« Quoi ? Tu te fiches de moi. »
Gibbs souriait, amusé par le manège de la laborantine. Tony secoua de nouveau la tête et Abby inspira :
« Très bien, puisque c'est comme ça je ne te donnerai plus de conseils avisés ! »
Elle tourna les talons, faisant voler ses nattes derrière elle :
« Si quelqu'un me cherche pour me raconter quelque chose, je serai dans mon labo ! »
Les membres de l'équipe la suivirent des yeux jusqu'à l'ascenseur.
Gibbs jeta un œil à sa montre, rassembla son dossier et se leva. Ziva se leva elle aussi vivement de sa chaise :
« Vous allez interroger Jacob Wells ? »
Gibbs ne prit pas la peine de répondre…
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Tim, Tony et Ziva se trouvaient de nouveau devant la vitre sans teint. Jacob Wells était assis, la tête baissée, ruminant probablement sa vie. Ses cheveux avaient été lavés et sa barbe débarrassée des feuilles mortes et des saletés.
Gibbs entra, le faisant sursauter, et s'installa devant lui. L'homme n'osait pas relever la tête.
L'ex-marine commença d'une voix calme :
« Monsieur Wells, votre présence dans nos locaux n'est qu'une formalité, nous avons déjà toutes les preuves qu'il nous faut pour vous envoyer dans le couloir de la mort… »
« Je l'ai pas tué… »
« Votre femme ? »
L'homme hocha la tête :
« Pourquoi dans ce cas vivre en reclus ? Vous terrer dans une grotte ? Pourquoi enlever, torturer sept personnes et tuer une vieille dame… »
La voix de Jacob Wells était rauque et casée, comme s'il avait perdu l'habitude de parler :
« La vieille m'a vu. Il fallait qu'elle se taise. »
« Alors vous l'avez tué. »
« Oui… »
« Vous avez enlevé et tué Helena Morgan ! Jessica Flet ! John Maters ! Joana Marll ! Marion Stven et James Stilson… »
« Je ne connais pas leur nom. J'avais besoin d'aide… Mais ils finissaient toujours par tenter de s'enfuir… »
« Alors vous leur faisiez exploser les chevilles… »
« Oui, il le fallait… »
Gibbs se leva doucement :
« Vous tenterez de défendre votre cause devant un jury ! »
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Tony observait ses collègues. Ils tapaient leur rapport, inconscients de tout ce qui avait changé dans sa vie en une seule nuit.
Qu'est-ce qui allait se passer maintenant ? Ils avaient bouclé leur enquête, le meurtrier avait avoué, et Gibbs ne lui avait pas adressé un seul regard depuis qu'ils étaient remontés.
Il tapa encore quelques lignes à son rapport, qui n'avançait pas d'un pouce…
Il jeta un œil à sa montre : 12h30. Est-ce que les jours rallongeaient ?
Tim déposa un sac en plastique sur son bureau. Il attrapa son contenu : un hamburger dégoulinant de sauce. McGee s'approcha, visiblement inquiet :
« Est-ce que ça va, Tony ? »
« Pourquoi ? »
Ziva s'approcha à son tour :
« McGee a raison, tu n'as fait aucun commentaire sur le repas, ce qui n'arrive jamais ! »
Il fit une grimace à ses collègues et ils retournèrent s'asseoir. Tony jeta un œil à son patron, qui gardait obstinément les yeux rivés à son écran.
Il ne se rendit compte de l'heure que quand les lumières des bureaux s'éteignirent. Tout en mettant son manteau, Ziva lui demanda :
« Tu restes là toute la nuit, Tony ? »
« Hé, moi j'ai une vie sociale, contrairement à toi, officier David ! »
« Oh, alors que vas-tu faire ce soir, dis-moi, te mater un de tes nombreux DVD en ruminant sur ta pauvre et misérable existence… »
« Ah ah, je ne savais pas qu'on vous apprenait l'humour, au Mossad… »
La jeune femme monta dans l'ascenseur en lui lançant un dernier sourire. Tony se tourna vers le bureau de son patron et grimaça. Gibbs était déjà parti. Sans même lui dire au revoir.
Il descendit au parking, tentant de se faire une raison. Ce qui s'était passé n'était pas important.
Au moment où il allait monter dans sa voiture, il entendit siffler. Il se retourna et vit son amant debout devant son véhicule. Comme l'Italien restait planté là, à le regarder sans vraiment comprendre, Jethro secoua la tête :
« Il faut que je te lance une invitation, DiNozzo ? »
Tony ne se le fit pas dire deux fois. Le sourire aux lèvres, il fila jusqu'à la voiture de son patron et s'engouffra dedans :
« J'ai vraiment cru que tu étais parti sans un mot ! »
« Tu devrais savoir, depuis le temps, que je ne fais jamais rien à la légère, et surtout pas briser une de mes propres règles ! »
« Ah, la fameuse règle numéro 12 ! »
« Je t'ai jamais dit qu'elle ne s'appliquait pas à moi ? »
La joie de Tony fit sourire Gibbs. L'Italien ferma les yeux un instant pour fixer cette image dans sa tête. Ce sourire et ces yeux ressemblaient tellement aux photos de famille qu'il gardait précieusement.
Peu importait le temps que cela durerait entre eux. Pour le moment, tout ce qui importait, c'est que Leroy Jethro Gibbs soit heureux !
FIN
voilà j'espère que sa vous a plus merci a celle qui ont lu et prit le temps de laisser review
