Marlène est la première à mourir pour l'Ordre. Ils sont tous là pour lui rendre hommage, ils sont tous là habillés de noir et retenant difficilement leurs larmes. Remus est arrivé en retard et s'est installé, en toute discrétion, là où il restait une place, à côté de Sirius. C'est difficile, ils ne se sont pas reparlés depuis leur dispute au cimetière, il y a de cela dix mois. Pourtant ils vont être obligés, James et Lily doivent partir immédiatement après la cérémonie, leur fils Harry a tout juste un mois et comme tous jeunes parents ils sont trop inquiets de le laisser entre les mains de sa baby-sitter, même si Molly Weasley est compétente. Par des jours comme celui-ci, ils veulent juste serrer leur fils dans leurs bras et se rassurer.

Remus reste silencieux et il ne pleure pas. Son regard et celui de Sirius se sont croisé juste quelques secondes, mais cela leur a suffi, ils ne seront pas fâchés, pas aujourd'hui. Sirius remercie silencieusement son ami à travers les larmes qu'il n'arrive plus à retenir et Remus lui prend doucement la main. La serrant légèrement pour lui assurer son soutien infaillible, c'est un geste qui leur paraît tellement naturel qu'ils se sentent légèrement mieux après, légèrement moins touchés par l'ambiance morbide, c'est une petite lueur d'espoir qui brille au-dessus d'eux. Ils ne se lâchent pas la main quand ils quittent l'église et qu'ils s'éloignent discrètement des autres invités. Sirius ne veut pas craquer devant eux, surtout pas devant la famille qu'il connaissait bien.

Et Remus l'accompagne, parce que sa place à toujours été à ses côtés, pour le meilleur comme pour le pire. Même s'ils ne sont pas sûrs de connaître le meilleur.

« Je déteste les enterrements Moony. » Murmure Sirius d'une petite voix.

« Cela me paraît logique. » Répond Remus en passant un bras dans le dos de son ami, il est là pour le soutenir et l'aider à se relever, il l'a toujours été.

Ils traversent le cimetière en silence, accélérant inconsciemment le pas, ils veulent quitter cet endroit le plus vite possible. La tombe de Marlène n'est pas encore finie et c'est un spectacle qu'ils ne veulent pas voir. Quand ils sont assez loin, Sirius s'arrête et se retourne pour faire face à son ami, serrant ses épaules avec l'énergie du désespoir.

« Comment fais-tu Remus ? Comment fais-tu pour ne pas craquer ? » Sanglote le brun en osant enfin regarder son ami dans les yeux.

Remus ne répond pas, il ne sait pas quoi dire. Aussi il prend son ami dans ses bras, essayant de faire passer tout son amour dans cette étreinte maladroite. Que peut-il dire à son ami qui vient de perdre la femme qu'il aimait comme une sœur ? Celle qu'il aurait sûrement épousé s'il avait été hétéro ? Il n'a rien à dire, il n'y a pas d'explications logiques, juste le silence. Il resserre sa prise quand des sanglots redoublent et dépose des légers baisers sur les cheveux de son ami. Il sent Sirius se détendre sous ses baisers et accentue la pression sur ses épaules, les massant doucement et avec efficacité. Remus avait massé les épaules de Sirius un nombre incalculable de fois, il savait exactement où toucher son ami pour lui faire du bien, et cela dans toutes les situations possibles. Il connaissait le corps de Sirius par cœur, chaque recoin et chaque zone sensible, il en aimait chaque centimètre. Remus continua jusqu'à ce que Sirius soit complètement détendu et que les sanglots se tarissent.

« Ça va aller Sirius, je suis là… » Murmure doucement Remus en relevant lentement le visage de son ami. Son cœur se brisa devant les yeux humides de son ami et il essuya chaque larme, lentement et tendrement. Doucement, son pouce effleura les lèvres de Sirius et il ne pût s'empêcher de frémir. Les deux hommes se regardaient avec intensité, rien d'autre n'avait d'importance que les mains de Remus caressant le visage de Sirius, les mains du brun serrant les épaules du châtain, leurs souffles qui se mêlaient et leurs lèvres tellement proches.

« Pas ici… » Souffla Remus tandis que ses lèvres effleuraient celles de Sirius. « Je transplane. » Ajouta-t-il en resserrant encore plus son étreinte, collant chaque centimètre de leur corps.

Quand ils arrivent dans l'appartement de Sirius, ils ne se parlent pas, ils n'ont pas besoin de mots. Ils se connaissent par cœur, ils savent ce dont l'autre a besoin sans avoir à le formuler. Ils ne réfléchissent pas aux conséquences de leurs actes, tout ce qu'ils veulent c'est une étreinte réconfortante dans laquelle ils vont verser leur tristesse et leurs larmes. Ils font l'amour en silence, ils s'offrent leur corps et un réconfort mutuel. Et alors qu'ils s'abandonnent à l'orgasme, ils retrouvent cette sensation si familière qui leur avait tant manqué.

Quand Remus se réveille, il est seul dans le lit, il frissonne et rabat silencieusement les couvertures sur son corps nu tout en regardant Sirius s'habiller. Il sent l'odeur du café et du pain grillé et il sourit, il est bien, il se sent chez lui. Il ne veut pas quitter ce cocon confortable. Il s'est rendu compte qu'il aimait toujours Sirius et qu'il ne voulait pas l'abandonner. Il avait eu le temps de réfléchir aux mots de son ami dans le cimetière et il avait compris que les reproches étaient mérités. Maintenant qu'il était revenu, Remus voulait construire quelque chose de solide avec le brun, il était prêt à abandonner ses études et sa vie à Edimbourg, il était prêt à s'excuser jusqu'à la fin de sa vie et tout faire pour récupérer son ex-petit-ami. Et il espérait que cette nuit était le début de quelque chose de plus grand.

Sirius est entièrement rhabillé et il est toujours dos à son ami. Remus voit son corps se tendre à travers les vêtements et il se met à avoir peur, son cœur s'emballe et il déglutit, il doit dire quelque chose.

« Sirius… » Murmure-t-il doucement mais il n'a pas le temps de dire autre chose que le brun l'interrompt, d'une voix détaché et sûre.

« C'était une erreur Remus. Cela ne se reproduira plus. Nous avons eu un instant de faiblesse, nous cherchions du réconfort, il n'y a rien de plus. Cela ne veut rien dire pour nous. Pour moi. Tu devrais partir maintenant, j'ai un rendez-vous dans 3 heures et j'aimerai effacer toute trace de ton passage chez moi. Je veux vraiment que cette nouvelle relation fonctionne malgré qu'on soit tous les deux dans l'Ordre. »

Remus hoquète alors qu'il reprend sa respiration et que son cœur se brise. Sirius est toujours immobile et Remus aimerait tellement voir son visage, voir si c'est aussi dur à dire qu'à entendre. Mais Sirius ne se retourne pas, il quitte la chambre et s'enferme dans la salle de bain, laissant Remus seul dans ce lit trop grand. Chassant ses larmes, il serre les lèvres et s'habille rapidement, il ne veut pas rester une seconde de plus dans cet appartement. Dès qu'il est sorti, sans claquer la porte, il ne fera pas ce plaisir à Sirius, il ne lui montrera pas qu'il est blessé, il transplane sans trop savoir où il va.

Quand il ouvre les yeux, son estomac se retourne, il est là où tout a commencé, là où il a embrassé Sirius pour la première fois. Même si à l'époque ils ne comprenaient pas ce qu'ils leur arrivaient, même si à l'époque ils se disaient qu'ils avaient une amitié particulière qui incluait des bisous et des câlins innocent, après tout ils avaient tous les deux une petite-amie à ce moment-là. Ils ont fait ça de nombreuses fois, sans jamais y voir plus qu'une amitié très forte. Pourtant Sirius ne faisait pas ça avec James, Remus lui avait demandé.

Alors qu'il nageait dans ses souvenirs, Remus se rend compte de tout ce qu'il venait de perdre, et cela lui fait plus mal que toutes ses nuits de pleine lune en solitaire. C'est tellement douloureux qu'il en suffoque et qu'il s'effondre par terre en pleurs, silencieusement. Il a l'impression qu'on vient de lui arracher son souffle et ça brûle à l'intérieur. Alors que son corps tremble, il comprend qu'il fait une crise de panique et cela l'affole encore plus. Comment Sirius peut-il avoir autant de pouvoir sur lui ? Ce n'est pas juste. Une petite voix lui souffle qu'il n'a que ce qu'il mérite, souffrir comme Sirius a souffert. Maintenant Remus comprend la colère de Sirius à côté de la tombe de Regulus, il comprend sa tristesse et sa peine. Il les vit en ce moment même. Il avait toujours cru que Sirius serait toujours là pour lui, qu'ils seraient toujours ensembles.

Il était tellement égoïste !

Mais cela n'était qu'un rêve, qu'un souvenir auquel il se raccrochait avec désespoir. Un rêve qui lui brisait maintenant le cœur.

Jamais il n'aurait cru qu'avoir le cœur brisé serait si douloureux. En réalité il ne s'attendait pas à avoir un jour le cœur brisé parce qu'il ne s'était jamais autorisé à ressentir quelque chose d'aussi fort pour quelqu'un, il ne pensait pas le mériter.

Et maintenant il en avait la confirmation.


Bonjour ! Déjà désolée pour le retard, j'ai vraiment eu une grosse panne d'inspiration mais c'est revenu.

Dans les prochains chapitres on verre le nouvel petit-ami de Sirius.

Je ferai aussi un chapitre qui sera constitué entièrement de leurs souvenirs sur leur relation, le début et des petits moments clés.

Je ne sais pas encore si je suis le canon avec la mort des Potter et l'emprisonnement de Sirius ou si je part sur une défaite de Voldemort... On verra.

Mais ce qui est sûr c'est que la route est encore longue pour nos deux idiots.

Merci pour vos reviews.

Bises!