Chapitre 2 : La rencontre

Le professeur, un homme d'une quarantaine d'années qui enseignait la philosophie, sursauta à notre entrée. Les élèves commencèrent à chuchoter pour savoir ce qui se passait puis Clancy pris la parole.

_ Messieurs, dames, vermines de votre état, vous pouvez dés maintenant vous prosterner à nos pieds et implorer notre clémence, déclara Clancy. Trop tard, ajouta-t-il 2 secondes après.

Il se jeta sur l'enseignant et lui brisa la nuque d'un geste rapide. Nous nous répartîmes rapidement dans la classe et prîmes chacun un humain par la gorge. Je commençai à peine à boire au cou d'une jeune gothique mais la lâchai trop abasourdi par la scène se déroulant sous mes yeux.

Une jeune femme blonde, absolument splendide venait de sauter sur sa table pour empêcher Compton de vider sa camarade de son sang. Ses mains possédaient chacune une bague en argent et le rouaient de coups, elle finit par détacher sa chaîne en argent, l'entourant autour de ses poings et le fit reculer en encerclant son cou en tirant sur la chaîne. Il était clair qu'elle savait qu'elle ne survivrait pas mais pourtant elle se battait, et ce n'était même par pour sauver sa propre vie ! Cette humaine était juste une force de la nature, prête à en découdre quelles que soient ses chances de réussites. Son altruisme était tout à son honneur et sa rapidité d'esprit ne faisait qu'augmenter l'admiration que j'éprouvai face à elle.

Malheureusement sa chaîne était trop fine et Compton la brisa puis envoya valser la jeune femme contre un mûr. Après l'avoir percuté de plein fouet elle retomba au sol mais tenta malgré tout de se relever. Elle était blessée et bouger ne la faisait que plus souffrir mais ça ne la fit pas renoncer pour autant et elle se redressa et fit face à Bill une seconde fois, le défiant du regard. Il ne supporta pas l'affront et la gifla avec force ce qui la projeta à l'autre bout de la salle.

Je choisis ce moment pour sortir de ma transe et accouru vers l'humaine pour empêcher Compton de lever la main encore une fois sur elle.

_ Sors du passage Eric, siffla-t-il.

_ Tu ne la toucheras pas, dis-je en le saisissant par l'encolure.

_ Et pourquoi donc ?demanda-t-il avec insolence. Laisses-moi deviner ! Elle t'appartient, c'est ça ?

Je grognai comme l'animal que j'étais puis le propulsai en direction du mûr du fond de la salle. Cette réaction étonna tous mes frères de nid qui me dévisagèrent ahuris mais je n'y prêtai pas attention et m'approchai du corps immobile de ma jeune humaine. Je poussai avec douceur une mèche de cheveux lui barrant le visage pour pouvoir l'observer. Même avec ses plaies sanglantes elle était magnifique. Cette constatation remua quelque chose en moi mais je fus incapable de discerner ce que c'était. Je relevai légèrement sa chemise bleue pale pour observer les dégâts. La superbe créature avait plusieurs côtes cassées et était certainement en train de faire une hémorragie interne. Même si une équipe médicale la prenait immédiatement en charge ses chances de survie étaient faibles. Je pris peur. J'avais peur qu'elle meure. Pourquoi ? Je n'en avais strictement aucune idée mais si je prenais le temps d'y réfléchir maintenant il serait trop tard pour la sauver.

Je l'installai avec douceur sur mes genoux puis mordais violemment dans la peau de mon poignet pour faire couler mon sang. Je l'ajustai pour qu'elle soit coincée dos contre mon torse et lui donnai mon sang. Il coula dans sa gorge sans qu'elle ne fasse aucun mouvement et dés que ma plaie se ferma je la rouvris pour continuer mon don. J'appuyai ma joue contre le haut de sa tête en la berçant imperceptiblement, mon emprise sur elle renforcée par mon bras libre l'entourant. Au bout de la troisième fois que je rouvris ma plaie j'estimai qu'elle était hors de danger à présent. Je passai ma main désormais libre sous sa chemise pour palper sa peau aux endroits où ses os étaient brisés avant mon don. Le résultat fut très concluant et je me surpris même à sourire, un petit sourire, mais un sourire tout de même.

Pam repoussa l'humain dont elle se nourrissait sous le choc.

_ Je n'arrive pas à y croire !s'écria Pam. Ça fait des mois que je me démène pour te faire sourire et une petite humaine insignifiante et inconsciente y arrive sans problème !

_ Ne commences pas Pam ! J'exige que tu la respectes, grognais-je mécontent. Elle n'est pas une humaine insignifiante, elle est bien plus spéciale…, soufflais-je en caressant les cheveux de ma splendide inconnue.

_ Pardon Eric, s'excusa Pam en baissant la tête. Alors, tu vas…, tu vas en faire ton humaine ?

_ Oui Pam, souris-je en regardant toujours la créature inconsciente dans mes bras.

_ Mais tu n'en as jamais eu avant !s'étonna ma fille.

_ Je sais, mais ce n'est que temporaire. Tu auras bientôt une sœur Pam, annonçais-je heureux à l'idée.

_ Nous n'avons pas le droit de faire ça sans son consentement Eric, me rappela ma fille. Déjà c'est un enlèvement aux yeux de la loi si tu la gardes chez toi.

_ Officiellement elle sera morte en même temps que ses camarades dans l'incendie qui a ravagé la salle.

_ Et officieusement elle sera ton otage prise au piège de ta maison ultra-sécurisée, ironisa Pam.

_ Elle sera heureuse avec moi, assurais-je convaincu.

_ On ne devrait pas trainer, intervint Clancy. Bill a été raccompagné par Grand Ombre et Felicia, il est toujours K.O. On est prêts à mettre le feu au bâtiment.

_ Je te laisse t'occuper de tous ça, lui dis-je sans quitter le corps inerte que je tenais des yeux. Je rentre. Pam, appelles Bobby et dis-lui d'acheter tous ce qui est nécessaire au confort d'une humaine et de me l'apporter chez moi dans les plus brefs délais.

_ Je lui téléphone immédiatement, m'informa Pam en sortant son portable.

Je ne m'attardai pas d'avantage et filai dans ma villa que je sécurisai entièrement. D'habitude je ne restai jamais ici car je m'ennuyai encore plus que d'ordinaire mais tout d'un coup ma demeure me sembla bien plus accueillante et réconfortante sachant que je ne serais plus le seul à y vivre. Mes objectifs étaient simples : que cette femme devienne mon amante puis mon enfant dans un avenir proche. Elle mettrait fin à mon errance éternelle, j'ignorai comment, mais je savais que c'était elle qu'il me fallait, aucune autre. Je la posai délicatement sur mon gigantesque lit puis m'éclipsai dans la salle de bain pour en revenir avec un gant humide que j'utilisai pour effacer les marques de sang maculant son visage d'ange. Une fois cela fait je passai le reste de mon temps à l'observer, gravant sa perfection dans mon esprit puis m'installai pour la journée et l'enfermant dans une emprise de fer. On aurait pu penser voir un enfant s'accrochant désespérément à son doudou mais c'était un peu en accord avec ma situation : j'avais désespérément besoin d'elle, et pourtant je ne connaissais même pas son nom…