Bonsoir bonsoir ! Je vous présente le troisième chapitre de cette fic, en espérant que vous prendrez un peu de plaisir à le lire :) Bref, on entre enfin dans l'histoire ! Enjoy.

Bref résumé : Draco et Harry décident d'effacer leurs souvenirs communs pour arrêter de se pourrir la vie avec des conneries. Ils se donnent RDV après les cours pour en finir, avec l'aide d'Hermione, bien entendu.


DRACO SANS HARRY ET HARRY SANS DRACO

Chapitre 3 : Où l'on a onze ans de nouveau


De tous les Gryffondors, celui que Draco supportait le moins était très certainement Londubat. Rien que de penser à ce crétin et il se sentait prêt à casser quelque chose – n'importe quoi –, même cette innocente tasse de thé. Le plus grand boulet que la terre ait jamais porté, cette tête de nœud avec son crapaud.

Peut-être que le blond gardait une certaine rancœur envers le pauvre Neville à cause de cette histoire de rappel-tout qui avait valu à Harry non pas l'exclusion mais le titre de plus jeune attrapeur de l'école depuis un siècle.

Pendant ce cours de potions commun qui clôturait leur matinée, cet individu sans cervelle avait encore trouvé le moyen de faire exploser son chaudron, et puis tous ceux de sa rangée, tant qu'il y était.

Granger, toujours aussi chiante, avait rendu avec une demi-heure d'avance son échantillon de potion de babillage. Quant à l'orphelin et au Weasel, Malfoy n'a même pas fait l'effort de les regarder.

Heureusement que Snape avait été là pour rabaisser méchamment Londubat, remettre Miss je-sais-tout à sa place et comparer Potter et son rouquin à une saleté odorante sous son soulier. Sinon, Draco aurait pu mourir d'exaspération.

Que ce soit le dernier cours que le Serpentard passait consciemment en présence de Harry, ça ne lui avait pas traversé l'esprit. En ce cas, peut-être aurait-il, au moins, regardé le brun, ses cheveux en bataille et son air paumé et désespéré devant sa potion, ma foi, aussi noire que sa tignasse.

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- Hey, Draco, où tu vas ?

Avant même la fin du cours de sortilèges, le meilleur ami de Blaise Zabini avait déjà réajusté sa cape et rangé ses affaires. Draco se précipita hors de la classe, courant presque. Presque, parce qu'un Malfoy se doit de rester élégant en toute circonstance, bien entendu. Il avait hâte de rejoindre les trois Gryffondors.

Dans le cœur de Draco, il n'y avait pas encore de place pour la peur ou le doute. Il savait, ou croyait savoir, que l'existence de Harry Potter ne lui apportait que des malheurs. Tout effacer de leur relation ne pourrait que leur être bénéfique.

Draco ne se rendait pas compte que c'était la première fois qu'il se dépêchait autant pour retrouver son alcôve. Pourtant, il adorait et savourait ces moments de calme où il se sentait complice, tout proche de la Nature.

D'ailleurs, que Potter et ses deux acolytes soient au courant de l'existence de son trou de verdure ne le dérangeait plus tellement. Disons plutôt qu'il avait arrêté d'y penser. Le mal était fait, comme disaient ses ennemis les Moldus.

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Cela faisait un quart d'heure qu'il attendait. Énervé, à fleur de peau, le fils Malfoy guettait le moindre indice sonore de l'arrivée du Trio. Si ces trois-là lui avaient posé un crabe de feu... Alors que le blondinet outragé s'apprêtait à se défouler sur une innocente grenouille, Hermione l'interpella.

- Malfoy ! Tu nous excuseras, ça nous a pris plus de temps que prévu, lui lança joyeusement la jeune fille.

- Pardon ? Tu peux répéter ça ? Je vous excu... quoi ?

- Bon écoute, toi, grogna Weasley. J'en ai vraiment plus qu'assez de t'entendre te la ramener tout le temps, alors si tu reparles mal à Hermione...

Si touchant. La belette allant au secours de son castor. Avant que Malfoy ne puisse répliquer, Potter s'était interposé.

- Ca suffit maintenant ! aboya-t-il. Hermione, tu nous lances ce sort et on en parle plus ! Toi, inutile de penser à protester ! Tu viens ici, à côté de moi !

Un sort ? L'idée de se mettre volontairement à la merci d'une Sang de Bourbe irritée n'enchantait pas spécialement Draco. Il s'était plutôt imaginé une potion ou... Enfin, qu'importe.

N'osant pas répliquer, Draco se rangea sagement aux côtés de Potter. Il se complimenta intérieurement pour sa grande bonté, qui n'avait d'égale que sa beauté ou son intelligence.

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- Bon, je t'explique le principe, Malfoy. Je vais vous lancer un sort à tous les deux. C'est un charme relativement compliqué, qui va vous plonger tous les deux dans un rêve, où vous revivrez tous vos souvenirs communs. Vous allez donc vous retrouver, si tout va bien, au moment de votre première rencontre. Il faut absolument que vous vous ignoriez ! Je crois, en effet, que c'est une mauvaise première impression qui a été la cause de six année de haine.

« Cette première rencontre évitée, le reste de vos souvenirs vont donc devoir s'ajuster à ce nouveau facteur. Vous vivrez le reste de vos souvenirs sans pouvoir intervenir, étant donné que tout ce à quoi vous allez assister ne sera que le produit de votre imagination. Comprends-moi bien Malfoy, vos souvenirs vont être remplacés par des faux. Même si tout ça ne sera qu'un rêve, ça vous semblera réel.

« S'il n'y a pas de souci, une fois que le temps dans votre rêve rejoindra notre présent, vous vous réveillerez ici et vous croirez ne pas vous connaître. Cela ne devrait pas durer plus de quelques heures. Bref, quand vous reviendrez, rien n'aura changé, mis-à-part le fait que vous ne vous connaîtrez pas, ou plutôt, que vous aurez oublié que vous vous connaissiez. Est-ce que je suis assez claire ?

Harry ne montra aucune surprise, aucune peur, seulement de la détermination. Il se contenta d'acquiescer en silence. A force d'échapper de justesse à des sortilèges de Mort, le Survivant avait tendance à être un peu trop dramatique.

Draco, lui, stressait. Il allait devoir revivre sa première rencontre avec Potter ? Dans la boutique de vêtements, dans le Poudlard Express ? Est-ce que le fait d'éviter cette première confrontation permettrait vraiment de changer toute leur relation ? Et s'ils devaient revivre entièrement le passé ? Pire, et s'ils mourraient à cause du Castor ?

Il ne le permettrait jamais.

Mais un Malfoy ne revient jamais sur sa parole – en tout cas, pas en présence de témoins.

- Tu trembles, Malfoy ? Tu te dégonfles ?

- Même pas en rêve, répliqua froidement le Serpentard. Je suis prêt Granger, qu'on en finisse.

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Les deux garçons se mirent instinctivement dos à dos. Contre lui et bien malgré lui, Draco sentait le dos tendu du gringalet, qui démentait son apparente assurance. Cela rassura étrangement le Serpentard. Si même un courageux Gryffondor appréhendait ce qui allait suivre, il était tout-à-fait normal qu'un Serpentard peureux ait envie de détaler sans demander son reste.

Granger marcha posément autour d'eux, exécutant des mouvements complexes avec sa baguette, les enveloppant peu à peu de volutes troubles. Très vite, Draco n'arrivait plus à voir distinctement la forêt autour d'eux, encore moins Granger ou Weasel.

La seule chose qui restait réelle, c'était le dos du brun, parfois parcouru d'un frisson. Le reste plongeait dans la brume et semblait tout simplement disparaître. L'enchantement était si doux, si mystérieux, que Draco crut qu'il s'était endormi quand il entendit enfin Granger réciter l'incantation.

- Vuelta primarius incontra, somnium !

Et les deux garçons s'endormirent.

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Harry se trouvait sur le chemin de Traverse, plus de six ans auparavant. Il avait retrouvé son apparence de garçon de onze ans. C'était tellement animé ! Tout était beau, grandiose, incroyable ! Il avait failli ne pas reconnaître le lieu, tellement tout avait changé depuis le retour de Voldemort.

Il se rappelait, la première fois qu'il avait vu ça... Ha mais c'était aujourd'hui en fait. Il fallait donc qu'il trouve Hagrid. Harry, trop heureux d'être redevenu un enfant émerveillé devant ce monde inconnu, sans aucune autre responsabilité que de devoir acheter ses affaires pour l'école, disparut dans la foule.

Bien vite, il repéra le torse du demi-géant, émergeant au-dessus des têtes des passants. Harry sourit. Son ami lui semblait vraiment impressionnant. Cela dit, même si Harry, dans le présent, avait cinquante centimètres de plus, Hagrid continuait à lui sembler démesurément grand. C'était une constante réconfortante dans la vie agitée du Survivant.

- Harry, je te cherchais ! Est-ce que tu as envie d'une glace ?

Le garçon était au bord des larmes. Cela faisait bien longtemps qu'on ne lui avait pas parlé comme à un enfant normal. Il avait tellement pris l'habitude d'être traité comme un être exceptionnel, comme Harry Potter, Celui-qui-avait-survécu, qu'il en oubliait parfois lui-même qu'il n'avait pas encore dix-sept ans. Alors, retrouver ses onze ans, ne pas savoir quel destin l'attendait et qui était Voldemort, c'était plus qu'il n'avait jamais pu espérer.

Il n'avait, d'ailleurs, jamais imaginé revivre ce premier jour dans le monde sorcier... Quelle chance ! Que Malfoy, à son insu, lui ait permis de revivre un de ses meilleurs souvenirs le fit rire intérieurement.

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Harry suivit son protecteur pour aller prendre une glace chez Florian Fortarôme. Ce type-là lui avait offert, l'été de sa troisième année, de nombreux conseils pour ses devoirs et des glaces toutes les demi-heures. C'était très étrange de le voir, de lui parler, tout en sachant que sa boutique allait fermer et qu'on perdrait définitivement sa trace. En 1996, le glacier ne serait plus que le souvenir d'une période de paix passée.

La guerre, les Mangemorts, et toujours Voldemort derrière tout ça. Harry avait presque envie d'avertir Florian Fortarôme, de lui dire de faire attention. Mais dans ce souvenir, Voldemort n'était encore qu'une ombre, qui errait quelque part. Tout le monde le croyait mort et vivait sans se soucier de rien, ou presque.

Bref, personne, à ce moment-là, n'était au courant qu'une guerre aurait lieu, quelques années plus tard. Qui le croirait ?

De toute façon, la taille et l'âge apparant de Harry ne lui permettait certainement pas de pouvoir mettre un adulte en garde contre un mage noir censé être mort de sa propre main, il y a de cela onze ans.

C'était aussi crédible que de raconter avoir vu Rogue acheter du shampoing. Souriant à cette idée, Harry vit, par mégarde, un peu plus loin, la tête blonde de Malfoy enfant, accompagné de sa mère.

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Malfoy était bien moins enchanté que Harry d'être retourné dans le passé. Il se sentait incroyablement démuni dans ce si petit corps – pas plus grand qu'un elfe de maison, absolument pas élégant avec ses joues de gamin et son air perdu. Et il n'avait même pas encore de baguette !

Quand il avait aperçu sa mère, un peu plus jeune, mais toujours aussi fière, il avait peiné à la rejoindre. Comment avait-il pu être si petit ?

Près d'elle, Draco se sentit un peu plus en sécurité. Après tout, même avec six années de moins, Narcissa Malfoy restait sa mère. C'était tout de même bien étrange de devoir refaire ses premiers achats pour la rentrée à Poudlard.

Draco se rappela soudain qu'il avait insisté pour regarder les balais de courses. Il fit de même. Dire que le modèle-phare de l'époque était le Nimbus 2000 ! Il avait d'ailleurs parlé de balais avec Potter chez Mme Guipure. Qu'est-ce qu'il était crâneur à l'époque...

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- Mon Draco, je crois qu'il est temps d'aller t'acheter quelques robes pour l'école. Allons chez Mme Guipure, c'est une bonne coutumière, même si, parfois, elle devrait mieux trier ses clients.

Draco ricana. Ses parents avaient la fâcheuse manie de faire toujours le même genre de remarques dénuées d'intérêt. Puis il se rendit compte que, lui aussi, avait cette même attitude, ce qui le fit tout de suite moins rire.

En entrant dans la boutique de vêtements, il sentit monter la pression en lui. Sa rencontre avec Potter allait bientôt avoir lieu. Tandis que sa mère harcelait la pauvre couturière de questions sur la qualité de ses tissus, Draco observait la rue, à travers la vitrine.

Où était donc Potter ? S'il ne se pointait pas dans la boutique, allaient-ils rester coincés indéfiniment dans ce souvenir ? Que se passerait-il ? Draco se voyait très mal revivre en temps réel six années complètes – six années de cours, même à Poudlard, c'était très très long.

Quand sa mère décida de laisser la couturière faire son travail, c'est-à-dire prendre les mesures d'un Draco en modèle réduit, debout sur son tabouret, droit comme un « i » et les bras en équerre, le petit blond entendit la clochette de la porte tintinnabuler.

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Il ne pouvait pas le voir, mais il pouvait l'entendre. Draco, de dos, ridiculement raide, des kilomètres de tissu pendouillant tristement autour de lui, retenus à peine par quelques épingles, écouta la voix fluette du Potter gamin. Enfin, si on pouvait parler de voix. A ce stade-là, c'était plutôt un flot inintelligible de syllabes qui semblaient sans aucun rapport entre elles.

Un peu comme quand son pote Weasel crachait ses adorables limaces, en deuxième année. D'ailleurs, si Draco avait bien compris la portée du sort, il allait aussi perdre ce souvenir, qui serait remplacé par un truc en carton, pour combler le vide. Comme sa vie lui semblerait insipide, sans ses altercations avec Potter ! Cette réflexion fit peur à Draco. Etait-il en train de devenir sentimental ?

Comment pouvait-il, un seul instant, regretter le sort lancé par Granger ? C'était une bénédiction, un cadeau de Merlin !

- Tu peux te mettre ici mon garçon, il y a déjà un autre futur élève de Poudlard qui essaye une robe.

Le moment était venu ! Draco jeta un coup d'œil au Harry enfant. S'il avait été effaré en découvrant sa propre taille, ce n'était rien vis-à-vis de celle de Potter. Le futur Gryffondor était vraiment minuscule. Et maigre ! Et mal habillé de surcroît. Et ses lunettes étaient cassées.

Par contre, il n'avait pas l'air perdu qu'il affichait dans le souvenir de Malfoy. Derrière ce visage d'enfant, Draco sentait tout de même la présence d'un Survivant de seize ans, qui avait échappé au plus grand mage noir de l'Histoire bien plus de fois qu'il n'avait eu de cadeaux durant son enfance (mais en soi, ce n'était pas difficile).

Harry se risqua à lui faire un sourire. Ce n'était pas prévu. Mais en fait, maintenant qu'ils étaient là, que devaient-ils faire ? Ne pas se parler serait vraiment impoli. Mais il fallait éviter de se donner une mauvaise impression, cela dit. Granger avait bien insisté là-dessus.

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- Toi aussi, tu entres à Poudlard ? tenta Draco. J'aime beaucoup... (le blond chercha ce qu'il y avait d'aimable dans la tenue de l'autre enfant mais il ne trouva rien) tes lunettes. Elles sont très jolies, enfin disons que tu les portes très bien.

C''était quoi ça ? s'engueula mentalement Draco. Est-ce que c'était l'idée que lui, le fils unique de la plus vieille famille de Sang Pur se faisait d'un compliment ? C'est sûr que, comparé à son agressivité habituelle, il y avait du progrès. Mais là, si le blond n'avait pas l'air d'être méchant, il était plutôt pathétique.

- Merci beaucoup, répondit Harry, essayant de ne pas trop rire. Moi aussi je les aime beaucoup. Dommage que tu n'en portes pas d'ailleurs, je suis sûr que ton visage d'ange en serait illuminé.

Visage d'ange ? Potter était fou. Ils étaient tous les deux fous.

Granger leur avait bousillé le cerveau, Draco en était désormais certain. En tout cas, pour un début de conversation entre deux inconnus, c'était vraiment n'importe quoi.

Alors que Draco imitait parfaitement le crustacé échoué sur un rocher, Harry passa lui aussi une robe, ce qui mit fin à leur discussion. Ils n'allaient vraiment pas parler d'autre chose ? Il fallait croire que non, car le souvenir changea.

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Ils étaient désormais dans le Poudlard Express. Draco atterrit dans un compartiment, en compagnie de deux très jeunes Crabbe et Goyle. Est-ce que ces deux gosses plus larges que hauts, prépubères et légèrement pitoyables avaient vraiment pu être des terreurs en première année ? Draco en doutait aussi sérieusement que de la possibilité qu'un jour son père l'amène manger une barbe-à-papa.

Draco rassembla tout son sang-froid pour analyser la situation. S'il était encore maître de ses actions, c'est que le moment qui avait décidé de sa relation avec Potter n'était pas arrivé. Il l'avait présupposé, il en avait désormais confirmation. Leur rencontre anodine sur le chemin de Traverse n'avait pas créé entre eux une véritable phobie réciproque. C'était bien cette poignée de main – à chaque fois que Draco y pensait, sa baguette crépitait de rage – qui en était la cause.

- Allez, on va faire un tour les gars, lança Draco à ses deux gorilles en se levant.

Il ne savait toujours pas vers quoi il s'avançait. Ce qu'il allait faire était très important. Il devait voir Potter dans le train, certes. Mais devait-il aller lui parler ? Le provoquer, c'était sûrement une mauvaise idée. Se présenter n'était pas non judicieux, étant donné qu'ils ne devaient pas être amenés à se connaître par la suite. Il fallait qu'ils ignorent l'un et l'autre leurs existences respectives. Mais comment ?

En poussant la porte du compartiment où se trouvaient Potter et Weasel, Draco ne savait toujours pas quoi faire.

- Salut. Je ne fais que passer, j'espère que je ne vous dérange pas ?

Décidément, Draco n'était vraiment pas doué pour les accroches.


Qu'en avez-vous pensé ? Il se passe des choses, hein ?

Bref, j'espère que vous avez compris le principe :)

Bisous à toi.