Auteur : Ariani Lee
Bêtalecture : Shangreela
Note : Beaucoup de choses à dire ici, mais s'il vous plaît, lisez bien tout !
Note 1 : Vous pouvez remercier Plume d'Eau, qui m'a laissé deux formidables reviews et c'est pour la remercier de son soutien dans un moment difficile que je publie ce chapitre si vite - après je me calme, sinon je boufferai toute mon avance en une semaine.
Note 2 : Quelques informations et réponses : Ienzo s'appelle Ienzo parce que je préfère ce nom à Zexion, surtout dans ce contexte. Rien de mystérieux derrière. Ne cherchez pas Demyx, il n'apparaîtra pas dans le prologue parce que je lui ai attribué le rôle principal de l'histoire en tant que telle. En effet, dans le film, le "héros" n'est pas le capitaine de la garde ni sa dulcinée, mais un garçon qui ne les connaît pas et qui se retrouve embarqué dans leurs histoires un peu malgré lui. C'est donc Demyx qui sera le protagoniste de l'histoire qui suivra ce prologue - certains d'entre vous ont dû se poser la question vu que j'ai tendance à le fourrer dans tout ce que j'écris, surtout quand Zexion est dans le coin. Larxène est absente du prologue mais aura elle aussi un rôle important et taillé à sa mesure dans la suite. Quant à Sa sainteté l'Évêque, il s'agit bien de Xemnas.
Note 3 : Un OC apparaît dans ce chapitre, qui aura un rôle constant pendant tout le prologue. Etant donné que je l'ai injecté moi-même (il n'a aucune correspondance dans le film, contrairement à Aqua dont j'ai, vous vous en rendrez compte, beaucoup renforcé l'importance), je ne sais pas si je le garderai par la suite. Cependant, j'y tiens énormément, et il est là pour une bonne raison. Il ne m'appartient pas, il s'agit de l'avatar numérique d'un ami de mmorpg que j'ai perdu de vue. Laissez-moi vous parler, un bref instant, de Chez Robert. Un Blacksmith tellement puissant que quand il se pointait devant un château pendant une bataille, la Guilde présente vidait les lieux et se rendait sans combattre, plutôt que de prendre le risque de devoir dépenser des fortunes pour faire réparer armes et armures (détruire l'équipement de l'adversaire est une capacité propre à la classe de forgeron, il s'en était fait une spécialité). C'était une légende. Tout le monde le connaissait, sur ce vieux serveur de Ragnarok, mort depuis belle lurette maintenant. Chez Robert (Il s'appelait vraiment comme ça, il avait commencé marchand...), devant qui même devenue Sniper, et détentrice d'un arc légendaire qu'il m'avait fallu des mois pour assembler, je fuyais comme les autres en gueulant (avec le plus grand respect), "ROBERT, TA MÈRE!" (private joke...). Chez Robert dont la hache de bataille mettait en déroute même les plus balaises et faisait des copeaux des novices qui ne savaient pas à qui ils avaient affaire.
Vous n'êtes plus obligés de lire, ce qui suit est une bouteille à la mer (numérique).
Robert, si tu lis ça un jour, chaque apparition de mon Maître Forgeron t'est dédicacée. Je pense à toi souvent. Les rues de Prontera n'ont plus jamais été les mêmes sans toi. T'avais trop la classe. Plus que Watari, ouais, même alors qu'il réussissait l'exploit d'être à la fois Paladin ET classe (et il était bien le seul). Plus qu'Ange qui était le plus beau High priest que j'ai vu. Plus que Nirmala, qui écrasait tout le monde avec ses sorts de malade tout en restant délicieuse. Si tu lis ça un jour, fais-moi signe, juste histoire que je sache que t'es pas mort. Parce que j'oublierai jamais que tu t'es confronté à ta propre Guilde en prenant parti pour Isa et moi. Parce que ça ferait aussi plaisir à Zelgadiss et à Jin Sombrecoeur d'avoir des tes nouvelles.
C'était Ariani, Hunter, guildée chez les Black Cats, chez les Qpets et enfin chez les Deluvians, devenue Sniper peu de temps avant la mort de fRO. Stuff: Kitsune Mask / Crescent Hairpin / Romantic Gent, Romantic Leaf, Rudra's Bow, Whisper Card. Ma Priest s'appelait Artémis, ma Knight Ashriel. Je suis sur le serveur officiel, maintenant. J'espère que tu ne m'en voudras pas de t'avoir "utilisé". Ta mère.
Voilà. J'ai fini. Bonen lecture si y a encore quelqu'un. J'avais pas prévu que ce soit si long...
Le prince et l'oiseau
Prologue, troisième partie
Essayez, faites un vœu
Car l'espoir est dans les cieux
Quand on prie la bonne étoile
Et la Fée Bleue
(Pinocchio)
Les premiers jours, Axel fut dans l'incapacité de faire faire au prince le moindre exercice pratique. Après avoir retourné et fouillé l'intégralité des stocks d'armes et d'équipement de la Garde, il découvrit avec consternation que rien ne convenait – aucune épée que le prince eut pu soulever, aucune armure ou pièce d'équipement qu'il eut pu porter sans que la partie du corps qu'elle protégeait ne s'en trouve par là même totalement immobilisée.
Le garçon fit un peu la moue quand Axel lui annonça qu'il lui faudrait patienter quelques jours avant de pouvoir tenir une épée, mais cela ne dura guère. C'était un enfant patient de nature et la suite des évènements lui fit très vite oublier cette petite contrariété.
D'abord, comme l'armurerie de la Garde n'avait rien à offrir au prince qui aurait pu s'accorder à sa taille et à sa force, le jeune capitaine l'emmena Chez Robert.
Chez Robert était l'atelier du forgeron de la Citadelle. Il s'était installé là dix ans plus tôt et n'en avait plus jamais bougé. C'était lui qui entretenait les stocks de l'armurerie. Vu que tous les hommes sur place possédaient leurs propres armes et équipement, Robert en fabriquait peu, mais il réparait, aiguisait, débosselait et fourbissait beaucoup. Quand l'armurerie contenait tout le nécessaire d'armes ou d'équipement d'appoint et de rechange, il forgeait des pointes de flèches. Par les jours de beau temps où il n'avait pas grand-chose à faire, on pouvait le trouver assis devant son atelier en train de remplir des carquois. Et quand il était vraiment totalement désœuvré, il se livrait à de menus travaux de joaillerie – c'était une compétence qui était fort utile à l'évêque et qui lui valait également mille faveurs de la part de toutes les domestiques de la Citadelle. Les femmes et les bijoux…
C'était une fin d'après-midi ensoleillée et Axel le trouva donc assis sur un rondin à empenner des flèches. Les deux hommes se saluèrent chaleureusement tandis que le prince, petite silhouette noire et raide, se tenait légèrement en retrait et détaillait d'un regard sceptique cet étrange individu. Car Robert n'avait rien de quelconque, c'était même plutôt l'inverse.
La première chose qui se remarquait était bien sûr sa couleur de cheveux, d'un bleu sombre tirant sur le vert. Ils encadraient dans un joyeux désordre son visage aux traits tannés et burinés par la chaleur de la forge. Ses yeux bleu clair n'en brillaient que plus et fort de son sourire et de la ligne ferme de sa mâchoire, il était assez beau.
Il était vêtu comme il en avait coutume, d'un pantalon de toile délavé et effiloché d'usure et d'une chemise blanche dont les boutons ouverts et les manches retroussées laissaient voir son torse musculeux et ses bras couverts de cicatrices dues pour la plupart à des brûlures. Une épaisse ceinture était attachée autour de ses hanches, à laquelle pouvait s'accrocher sa lourde hache à double tranchant, mais pour l'heure il ne la portait pas. À trente-cinq ans, Robert savait se battre – c'était un peu une légende locale et Axel n'aurait donné aucun de ses hommes gagnant contre lui – mais il se définissait d'abord et avant tout comme un artisan.
Mais Roxas n'eut guère le temps de béer face à cet étrange personnage car lui et Axel pénétrèrent dans la forge et il dut les y suivre, et ce qu'il y découvrit l'enchanta au-delà de toute mesure. Des armes partout, des armes aux murs, empilées ici et là où dans des râteliers, des lames dans d'énormes tonneaux pleins d'eau, des arcs et des épées, des dagues et des haches de bataille, et alignées sur un panneau en bois clair, une quinzaine de pointes de flèches de tailles et surtout de formes différentes. C'était comme si on avait introduit une petite fille dans l'atelier de la meilleure couturière du monde, et dans le rayon des robes de bal. Hypnotisé, il s'approcha de l'éventaire des pointes de flèches. Il y en avait de très grandes en forme de croissant de lune, des barbelées, des qui étaient en fait des boules de métal compact – pour assommer sans tuer, devina-t-il. D'autres encore avaient des formes si improbables qu'il ne parvenait pas à deviner à quoi elles pouvaient bien être destinées.
- Dans l'art de faire du mal à son prochain, l'imagination de l'homme n'a pas de limites, déclara le forgeron qui l'observait.
Le prince se retourna vers lui, à présent totalement charmé par ce faiseur d'armes et ce malgré son étrange couleur de cheveux.
- Vous êtes un artiste, osa-t-il gauchement en regardant une série d'épées supportées par un râtelier non loin de lui.
L'artisan sourit et fit signe au prince de s'approcher, ce qu'il fit, intimidé.
- C'est donc pour vous qu'il faut une panoplie de soldat, Votre Altesse ? Demanda-t-il avec un coin de sourire. Il va falloir que je prenne vos mesures. Si vous permettez…
Roxas permit, et Robert, à l'aide de plusieurs lattes de bois de tailles différentes, l'examina sous toutes les coutures en énonçant de loin en loin des chiffres et des mots qu'Axel notait.
Le jeune capitaine se régalait tout en s'efforçant de ne pas le montrer. Le prince n'avait jamais autant ressemblé à un enfant qu'à cet instant précis, avec ses cheveux ébouriffés, sa dent de lait manquante, ses airs tour à tour intimidés et admiratifs devant le maître forgeron et ses joues rougies par la chaleur de la forge. Celle-ci était toute relative, puisque Robert ne forgeait rien à ce moment-là, mais dans un atelier comme celui-ci, il y a des feux qui ne s'éteignent jamais. Il y régnait une température nettement plus élevée qu'à l'extérieur.
Le prince était bien sûr habitué à ce qu'on prenne ses mesures et se tint tranquille jusqu'à ce que l'homme eusse terminé, même si certaines étaient inédites – de la main au coude et du coude à l'épaule, puis en lui faisant plier les bras selon un certain angle, la distance entre ses genoux quand il écartait les jambes, tant et si bien qu'il était tout à fait en nage lorsque ce fut fini.
- Tout l'équipement standard, donc, dit ensuite l'homme en déchiffrant le morceau de parchemin qu'Axel lui avait rendu. Le jeune capitaine n'avait pas la plus belle écriture du pays, pour sûr, et le forgeron savait certes lire et écrire mais n'y excellait pas. Il sembla néanmoins qu'il avait toutes les informations nécessaires puisqu'il replia le papier et le glissa dans une poche de son pantalon.
Axel acquiesça.
- Que ce soit léger et maniable, maître Robert, et ne vous fatiguez pas trop en fioritures. Il va grandir et il va falloir tout faire refaire à maintes reprises dans les années à venir. Et… hum, je me disais que pour commencer, une épée en bois vaudrait sans doute mieux.
Le jeune capitaine ignora l'exclamation indignée que sa Royale Altesse ne parvint pas à réprimer et demanda à l'artisan d'en fabriquer une pour lui aussi. Il était hors de question, dans les premiers temps, de mettre une véritable épée dans les mains du prince, pas même avec une lame émoussée. Ce serait trop lourd, il devrait d'abord apprendre les mouvements et la défense basiques. Et surtout, c'était dangereux. Il n'avait aucune envie que Roxas se blesse, et encore moins de devoir en assumer la responsabilité si cela arrivait. L'évêque l'aurait fait pendre.
Il quitta donc l'atelier suivi d'un prince encore plus renfrogné que d'habitude et quand il le confia à Aqua pour qu'ils retournent à sa chambre, il boudait tellement que c'en était loufoque. Axel se retint de rire de sa dignité offensée d'enfant de dix ans obligé de se battre avec une épée en bois et glissa à Aqua qu'il avait introduit sa requête auprès de l'évêque. Elle le remercia d'un regard et d'un baiser soufflé avant d'emmener Roxas et le jeune capitaine se surprit à sourire en les regardant partir. Aqua était vraiment une personne admirable, en plus d'être belle. Il aimait son caractère et son indépendance et se sentait reconnaissant d'être né homme dans ce monde où elle se débattait chaque jour dans sa condition de femme.
Ensuite, le prince vint chaque jour assister à la fin de l'entraînement de la Garde. Rapidement, les hommes s'avisèrent de sa présence et si certains ne s'en préoccupèrent aucunement, d'autres étaient ravis de rester un peu plus tard sur le terrain pour lui offrir quelques duels d'exhibition au cours desquels ils pouvaient pousser leurs plus belles bottes et les expliquer ensuite. Roxas regardait tout avec des grands yeux pleins de fascination. Axel profita de l'occasion pour ordonner à ses troupes de ressortir les épées, qu'ils devaient savoir utiliser même s'ils pouvaient se servir d'autres armes, et ainsi le prince put assister à de belles joutes d'escrime. Chacun avait sa manière de tenir sa lame, de la brandir et de frapper, chacun avait sa manière de parer et son propre style. Axel était curieux d'avance de voir comment Roxas se battrait quelques années plus tard. Tous les petits garçons rêvent de devenir le plus grand guerrier du monde, de terrasser des dragons et de s'illustrer dans de grandes batailles, mais il y avait quelque chose dans le regard du prince, dans la manière dont ses yeux suivaient chaque mouvement, chaque geste sans en perdre une miette, ses sourcils froncés de concentration, qui témoignait d'une ferveur différente de la normale. Quelque chose qui ressemblait à une vocation.
Axel trouvait ça un peu triste. D'un côté parce que même s'il était le premier concerné, le désir de se battre et de tuer était un bien vilain instinct, et de l'autre parce que Roxas aurait toujours davantage sa place dans des salons et des salles de bals que sur des champs de bataille ou des cours de casernements en compagnie d'une bande de soudards. En cas de nécessité il serait sûrement amené à participer à des conseils de guerre mais il ne faisait aucun doute qu'un noble du rang de Roxas, qui serait un jour amené à devenir duc d'Anjou, une des dix figures de noblesse les plus importantes du royaume, avait toutes les chances de voir ce genre d'aspiration franchement contrarié.
Au fond, c'était tant mieux, songeait Axel. Il allait passer quelques années là, avec eux - six ou sept au minimum – et au terme de celles-ci, il en aurait peut-être soupé. À part lire, prier et apprendre à se battre, le prince n'aurait guère d'occupations. Il était fort possible que le moment venu, il soit content de retourner aux tourbillons frivoles et flonflonants de la vie de cour.
Mais c'était voir bien trop loin, songea-t-il en s'ébrouant un peu. Près de lui, Marluxia montrait en détail à Roxas comment il s'y était pris pour mettre Xaldin à terre d'un jeté-battu qui demandait bien plus de maîtrise qu'un simple croc-en-jambe, mais qui était aussi diablement plus efficace. Aqua s'insurgeait et protestait, arguant que ce n'étaient pas des manières à apprendre que ce n'étaient pas là des manières à apprendre à un fils de princesse (feue la duchesse d'Anjou avait été la petite sœur de Sa Majesté le roi) pendant que le prince riait sous cape et que Marluxia, de son côté, argumentait que sur le champ de bataille mieux valait avoir toutes les chances de son coté. Et même si certaines chances relevaient plus de la roublardise que de la bravoure, hé bien tu pouvais te servir de ce genre de petites filouteries si tu savais comment.
Le jeune capitaine sourit. Le prince était là depuis un mois à présent, et il voyait trop loin. Ce n'était pour l'heure qu'un enfant triste d'avoir perdu ses parents et qui, comme tous les autres petits garçons de son âge – riches ou pauvres – rêvait de se tailler une réputation glorieuse faite d'exploits retentissants à la pointe de sa lame. Même si celle-ci, dans un premier temps, devait être en bois.
Ce soir-là, Axel ramena Roxas à l'atelier du forgeron et celui-ci lui fit essayer chacune des pièces qu'il avait préparées pour lui. La fameuse et infamante épée en bois – et même s'il boudait son plaisir il était évident qu'il était plus qu'heureux d'enfin pouvoir en tenir une – l'arc et les flèches conçus pour s'accorder à la taille de ses bras, les protections en métal articulé et soigneusement huilé qui ne grinçaient même pas quand il pliait coudes et genoux, et le corselet de cuir tanné qui lui allait comme une seconde peau. Les poings sur les hanches, Robert le regardait d'un air attendri qui, Axel s'en doutait, devait être le reflet de sa propre expression. Le prince remercia le forgeron avec emphase et Axel le complimenta sur son travail qui, comme de coutume, était excellent. L'homme haussa simplement les épaules en disant que c'était son métier et qu'il aimait ça, et c'était vrai. Voir le prince en cet équipage était une fierté et un remerciement largement suffisant.
Malgré l'heure tardive, le jeune capitaine ramena le petit garçon sur le terrain d'exercice et lui montra comment se camper sur ses jambes s'il allait au contact à l'épée, s'il se retranchait derrière un bouclier et s'il tirait à l'arc. Il lui fit à chaque fois essayer tout seul pour commencer avant de lui montrer comment s'y prendre de la meilleure manière, et à chaque fois, le prince lui montra qu'il ne s'était pas trompé en pensant qu'il en avait déjà pas mal appris en observant.
Quand la nuit fut tombée, Aqua ramena avec elle un prince plus bavard et souriant que jamais depuis qu'il était arrivé. À nouveau, Axel les regarda s'éloigner en souriant. Les choses prenaient finalement une tournure assez plaisante, et il était fermement décidé à faire en sorte que cela continue de s'améliorer.
Les jours qui suivirent, Axel eut plus d'une occasion de se féliciter de s'être fait fabriquer une épée en bois. La sienne était plus massive et plus lourde et la garde en était gravée de motifs ornementaux, mais au moins la lame n'était pas tranchante, car Roxas, qui faisait preuve d'un enthousiasme débordant, s'y était cogné plusieurs fois en lui fonçant dessus. C'était qu'il courait vite – trop – et qu'il trébuchait parfois en tentant de l'attaquer. Le jeune capitaine s'employait surtout, pour le moment, à lui expliquer qu'il ne devait pas courir vers l'adversaire comme ça car il manquait de concentration et de tactique.
Bien sûr, parler tactique et réflexion à un enfant de dix ans qui avait déjà passé toute la journée son nez plongé dans des bouquins et qui n'attendait que de pouvoir se défouler était à peu près aussi utile que de pisser dans un luth mais il le fallait. Il fallut plusieurs semaines pour lui faire convenablement rentrer ce concept dans la tête, qu'il avait dure comme un bouclier de Chez Robert. Un gros bouclier. Le modèle pour paladin, renforcé avec du métal.
Lorsque le prince eut appris à ne plus se jeter à la tête de ses opposants (« Si vous vous empêtrez dans vos propres pieds dans votre précipitation et que vous vous jetez à leurs genoux comme vous le faites avec moi, vous ne serez pas très dangereux, mon prince. », « Vous êtes mort, Votre Altesse. »), Axel commença à lui apprendre à parer, au bouclier d'abord, puis à l'épée.
Chaque soir le prince venait et repartait, et chaque soir il progressait un peu plus. Deux mois passèrent et Aqua l'informa qu'elle ne veillait plus Roxas jusqu'à ce qu'il tombe de fatigue. Il avait toujours du mal à s'endormir mais il restait seul. Elle s'apercevait de ses problèmes de sommeil qu'à sa mine au réveil et durant la matinée. Ses difficultés à se réveiller et ses traits tirés en disaient long à ce sujet. Axel l'observa un peu plus attentivement et remarqua que les cernes sous ses yeux avaient certes bien pâli mais subsistaient néanmoins. Puisque la fatigue et l'exercice physique ne suffisaient pas, il réfléchit à ce qui pourrait encore l'aider. L'idée vint assez rapidement, mais la mettre en pratique lui prit quelques jours.
Il lui fallut d'abord retrouver un objet qui était enfoui quelque part tout au fond de ses affaires parce qu'il ne s'en servait jamais, et pour la même raison il eut besoin de s'exercer un peu.
Roxas était à Aquila depuis trois mois quand Axel fut prêt à mettre son « plan » à exécution.
