Chapitre 2 : Sales Strategies

Notes de l'auteur : Ce chapitre contient la présence d'un démarcheur commercial du genre qui vient sonner à la porte alors qu'on n'a rien demandé, d'informations inutiles sur un aspirateur révolutionnaire et le fait assez embarrassant de se tenir la main…

SPOIL ALERT : Ils seront interrompus. Encore.


D'après les calculs d'Inko, Izuku ne devait pas encore être rentré à la maison.

Ce qui voulait dire qu'à part si All Might avait décidé entre-temps de sortir prendre l'air quelque part, il l'attendait de l'autre côté de la porte de son appartement. Enfin, peut-être qu'il le l'attendait pas vraiment elle en particulier. Ou peut-être que si.

Elle n'en était pas sure. Depuis qu'ils avaient eu cet espèce de … moment, dans la cuisine deux jours plus tôt, ils n'avaient pas trouvé une seule occasion d'être seul à seul pour en parler (puisqu'Izuku semblait toujours être autour d'eux et qu'elle n'avait encore trouvé ni l'excuse ni le courage d'aller frapper à la porte de la chambre d'ami au beau milieu de la nuit).

Pour être honnête, elle n'était même pas sure qu'il y ait eu un moment en premier lieu. Peut-être qu'elle l'avait imaginé. Peut-être qu'il avait juste fait preuve de… gentillesse, en agissant de cette façon ? Elle y avait beaucoup réfléchi – peut-être même un peu trop – et au final elle était parvenue à la conclusion que pour tirer ça au clair d'une façon ou d'une autre il n'y avait qu'un seul moyen : c'était d'en discuter avec le principal concerné.

Décidée, elle prit une grande inspiration, compta jusqu'à dix et ouvrit la porte d'entrée de son appartement.

« Madame Midoriya ! »

Elle parcouru de haut en bas l'étranger plutôt… coloré qui venait de la saluer.

Elle ne l'avait jamais vu avant mais elle reconnut immédiatement la cravate brillante et le costume fuchsia qu'il portait : il s'agissait d'un de ces agaçants démarcheurs commercial qui faisaient du porte à porte dans le quartier et dont elle avait déjà entendu parler. Apparemment, une fois qu'ils étaient entrés chez vous, vous ne pouviez plus vous en débarrasser avant de leur avoir acheter quelque chose. Ils avaient une ennuyeuse stratégie de vente agressive et, comme si ce n'était pas suffisant, beaucoup d'entre eux possédait un Alter qu'ils utilisaient de façon flagrante pour augmenter leur business. Ça ne devait pas être très légal mais bon, ces derniers temps, le système judiciaire avait des choses d'autant plus importantes à traiter.

Aussitôt que l'homme eu appelé son nom, All Might se tourna vers elle. Il était assis sur le canapé du salon, son expression offrant un savant mélange de culpabilité et d'appel à l'aide.

« Je suis Stan, de la Compagnie AEM » repris l'étranger en s'approchant rapidement d'elle avec le plus grand, le plus faux et le moins rassurant des sourire qu'elle ait jamais vu. « Les Amoureux de l'Électronique Ménager, la plus prometteuses des manufact—… »

« Je sais, je sais, » le coupa-t-elle brusquement, évitant sa poignée de main en enlevant méticuleusement son manteau. Elle n'aimait pas particulièrement se montrer impolie mais elle n'avait pas non plus beaucoup d'options si elle voulait le mettre dehors le plus rapidement possible.

Même si ça voulait dire se retrouver seule avec All Might.

Surtout si ça voulait dire se retrouver seule avec All Might, en fait.

Elle se sentait plutôt confuse mais dans tous les cas, il fallait que ce déplaisant individu s'en aille.

Le vendeur ne sembla cependant pas dérangé par sa réplique abrupte et pris avantage de son soudain silence pour tenter de placer un mot ou deux.

« Comme je le disais à votre mari… »

Inko se tourna d'un coup face à l'intrus, les joues en feu.

« Mon QUOI ? »

« Votre mari. » Répéta lentement le vendeur en articulant assez clairement le mot mari et en pointant All Might qui était soudain en train de tousser violemment sur le canapé.

« Ce n'est pas mon… nous ne sommes pas… » Bégaya-t-elle tandis que les mots mari et mariés mourrait à chaque fois sur ses lèvres, ses pensées irrémédiablement projeter sur le souvenir de leur moment, accentuant brutalement son embarras.

Ce fut suffisant pour permettre au démarcheur commercial d'intervenir. Il passa derrière elle et la guida gentiment jusqu'au canapé où il la fit asseoir juste à côté d'All Might, qui n'avait toujours pas arrêté de tousser.

« N'avez-vous jamais réfléchi, » reprit-il ensuite, « à la façon dont vos appareils électroménagers pourraient améliorer votre relation ? »

Tous deux haletèrent brusquement au mot relation.

« Chez AEM, nous aimons penser à vos besoins en tant que couple et famille en premier lieu. » continua l'homme en costume.

Ce fut clairement trop pour les deux adultes, qui tentèrent désespérément d'expliquer qu'ils n'étaient absolument pas mariés. Mais tout ce qu'ils purent produire fut un concert de sons emmêlés et de propos confus sans queue ni tête. Le vendeur ne sembla pas trop perturbé par ça et continua avec son speatch.

« Imaginez le nombre de choses que vous pourriez faire si vous n'aviez plus à vous préoccuper des corvées ménagères ! »

Il sorti un dépliant rempli de diagrammes et de pourcentage de sa poche.

« Regardez ça. » dit-il « Et vous verrez combien d'heure de temps libre vous pourriez gagner pour vous si vous achetez notre tout dernier produit ! »

Ni Inko ni All Might ne regardait aucune des données que le commercial était en train de pointer mais ce dernier ne semblait pas s'en soucier le moins du monde.

« Par exemple, saviez-vous que les gens passent en moyenne un quart d'heure par jour à nettoyer le sol de leur maison ? »

Il s'attendait sans doute à une réaction de surprise, qui ne vint jamais. Inko était trop occupée à cacher son visage rouge derrière ses mains et All Might à tenter (sans succès) de disparaitre entre les coussins du canapé pour prêter la moindre attention au discours de l'homme qui s'agitait en face d'eux.

« Mais ! Si vous achetez notre Goomba XX-546 V, » repris néanmoins celui-ci, « C'est un quart d'heure de temps libre par jour juste pour vous ! Multipliez le par les sept jours de la semaine et vous obtenez quasiment deux heures où vous pouvez juste vous reposer ou marcher ensemble sur la plage. » Il retourna le prospectus, montrant la photo d'une plage tropicale imprimée de l'autre côté.

Inko regarda finalement dans sa direction.

Il y avait quelque chose d'extrêmement faux dans les calculs du vendeur mais là tout de suite, elle ne parvenait pas vraiment à mettre le doigt dessus. Elle était soudainement concentrée sur la belle, relaxante photo de plage qu'elle avait sous les yeux, avec les coquillages blancs et la sensation du sable sous ses pieds, le rythme caressant des vagues venant lécher le rivage…

Comment était-elle arrivée là ? Elle avait conscience que ça devait être un effet de l'Alter du vendeur mais c'était réellement un endroit merveilleux. Elle espérait seulement que, d'une manière ou d'une autre, All Might était capable de résister à ça.

Apparemment non, vu qu'il se tenait juste à côté d'elle, profitant lui aussi de la chaleur du soleil sur sa peau.

Il posa le regard sur elle en souriant et elle ne put faire autrement que de lui sourire en retour.

Il y avait une voix qui lui murmurait de prendre la main d'All Migh – non attendez, de son mari ! – (et d'acheter un Goomba XX-546 V), et ça ressemblait étrangement à la voix du démarcheur commercial mais, pour être honnête, pourquoi s'en soucier ? Elle était dans un endroit parfait avec un superbe temps et elle tenait… attendez. Était-elle réellement en train de tenir la main d'All Might ?!

Soudainement la seule chose qu'elle put entendre fut son cœur qui battait extrêmement forts, puis elle fut de retour sur son canapé, dans son salon, hors de l'illusion du vendeur.

En effet, elle tenait vraiment la main d'All Might.

Elle savait qu'elle aurait dû la lâcher. Et peut-être montrer un semblant d'embarras, ou mieux encore, d'énervement face à l'intrus pour les avoir influencé et ensuite le chasser rapidement hors de chez elle. Mais tenir la main du blond était si agréable…

Il pouvait la laisser partir s'il le voulait. Actuellement, il était censé être le héros dans tout ça. Il était celui qui ne devait pas se laisser embobiner par un Alter aussi faible tandis qu'elle, simple civile, avait la parfaite excuse de s'être laisse prendre.

Elle décida donc de prétendre qu'elle était encore plongée dans l'illusion quelques instants de plus.

Le commercial était toujours en train de parler de plage et du super Goomba XX-546 V capable d'aspiré trois poignées de sables par secondes, donc ils n'avaient pas à se soucier d'en avoir dans leurs chaussures ni sur le sol de leur maison. Il débita quelques phrases sans aucun sens pendant encore une ou deux minutes mais une nouvelle fois elle ne l'écoutait plus.

All Might lui tenait toujours la main.

Elle se mit à penser qu'il devait peut-être faire semblant lui aussi.

Après un moment, le ton du vendeur sembla prendre une note légèrement contrariée. Il répétait de plus en plus souvent « achetez le Goomba XX-546 V » sans vraiment parvenir à placer de nouvelles argumentations logiques dans ses propos.

En face de lui, Inko et All Might se tenaient toujours la main sans rien dire, passant tout doucement d'une prise décontractée à quelque chose de plus serré en entremêlant simultanément leurs doigts, ce qui eut pour effet de les faire rougir tous les deux d'un seul coup… avant de lâcher un soudain pouffement de rire commun.

Le vendeur se tu.

« Écoutez… » Commença All Might après quelques instant de silence de plus en se tournant vers Inko. « À propos de l'autre jour… »

Elle hocha doucement la tête, sentant son cœur accélérer pour atteindre un niveau difficilement supportable.

« J'ai réfléchi. »

Oh oui. Oui, elle y beaucoup avait réfléchi elle aussi.

Le démarcheur commercial d'AEM marmonna quelque chose mais ni Inko ni All Might ne lui prêtèrent la moindre attention.

« Et je pense que… nous… »

Il n'avait pas l'air très sûr de ce qu'il essayait de lui dire mais Inko ne put s'empêcher de remarquer qu'il se rapprochait lentement d'elle. Le vendeur les regardait à présent avec une certaine incrédulité, mais il devait toujours s'imaginer qu'ils étaient mariés, n'est-ce pas ? Il n'allait donc pas se plaindre si, par exemple, ils décidaient de s'embrasser ?

Elle serra doucement les mains d'All Might dans les siennes et il sembla comprendre, parce qu'il arrêta d'essayer d'expliquer peu importe ce qu'il voulait dire et se pencha encore plus près d'elle…

« Je suis là ! » s'exclama Izuku en refermant la porte d'entrée derrière lui avant de pénétrer dans le salon.

Et encore une fois, Inko commença à paniquer tandis qu'elle était toujours assise sur le canapé, avec All Might soudainement placé à l'autre bout, bien plus éloigné d'elle qu'une seconde auparavant.

Comme la première fois, elle se sentit vraiment confuse.

Sa seule consolation fut de constater la même confusion sur le visage du vendeur qui ne comprit pas comment il s'était soudain retrouvé à donner un nouveau Goomba XX-546 V à All Might qui, en retour, lui tendait l'argent pour le payer.

Néanmoins, une vente est une vente, il n'allait pas s'en plaindre, même lorsqu'il fut ensuite jeter hors de l'appartement.

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NOTES IMPORTANTES : le Goomba XX-546 V sera offert à Izuku pour l'aider à nettoyer sa chambre de dortoir. Il en gardera l'exclusivité pendant quelques jours avant qu'il ne devienne finalement la propriété de la classe 1-A jusqu'à sa mystérieuse disparition durant une nuit sombre et venteuse.

Il sera ensuite retrouvé dans le jardin de l'école par Mai Hatsume, qui s'en servira pour construire un casque à un héros peu connu, en faisant le premier Goomba à actuellement se battre contre des Vilains.