Disclamer : Bien des choses sont à J.K.Rowling, vous reconnaitrez lesquelles. Merci à Artadhaman d'avoir été inspiré par mes textes.

Note d'Alixe : Ce chapitre est une réécriture, d'un autre point de vue, d'une des scène d'Une Potter à Serpentard, (chapitre 1 de ces chroniques). Merci de vous y référer


La pire honte de Lord Francis Wilmot

Par : Artadhaman


Lord Francis Wilmot s'ennuyait.

Ou plutôt, l'esprit de Lord Francis s'ennuyait. Car ledit Lord était mort depuis pas mal de siècles… Juste après l'entrevue du camp du drap d'Or.

Donc Lord Francis Wilmot, chevalier de son état, sorcier, anciennement membre de la suite d'Henry VIII Tudor, actuellement résident d'une superbe armure Milanaise - un tantinet rouillée, il est vrai et perdue dans un couloir oublié de Poudlard - se morfondait.

Ah, que les chevauchées lui manquaient ! Il se languissait tant de son Yorkshire, de sa baguette magique, de son épée, de son cordon de l'ordre de la Jarretière !

Bref, Lord Francis faisait une crise de nostalgie aigue, se faisait chier, et faisait chier par la même occasion son colocataire, Orazio Della Rovere.

Car il avait un colocataire, au sein de cette armure, ce vieux chialeur de Francis, et pas n'importe qui ! Un Della Rovere, parent du très lointain pape Jules II. Un sorcier, né d'une longue lignée de Moldus.

Certains diraient que ces deux acteurs de la Renaissance étaient faits pour s'entendre. Que nenni ! Ils se considéraient mutuellement comme squatteurs de l'armure où ils résidaient tous deux.

Pour le moment, donc, Lord Francis se morfondait. Et Orazio l'interrompit.

- Francesco ?

- Pas Francesco ! Lord Francis !

La riposte de l'Anglais avait été immédiate. Il faut dire qu'hanter cette armure depuis 1521 n'avait pas amélioré son humeur, qui n'avait jamais été fameuse.

- Des élèves !

L'attention de Lord Francis Wilmot avait été immédiatement captée. Deux élèves, en effet… Un garçon et une fille…Portant tous deux l'écusson de la maison à la Guivre. Deux Serpentards, quoi ! Le damoiseau largua la jeune fille juste derrière l'armure.

Francis et Orazio s'étouffèrent de concert. Quel manque de galanterie ! Jamais, en leur temps…

Les deux esprits furent interrompus par un gloussement de terreur de la jeune fille. Car une autre damoiselle avait surgit, suivie de près par deux jeunes gens. Orazio Della Rovere et Lord Francis Wilmot auraient commencé une de leur mémorables disputes, entrées dans l'histoire de Poudlard – enfin, d'après eux – s'il n'avaient pas préféré écouter la conversation qui s'engageait.

- Emotive, petite sœur ? commença la seconde jeune fille, portant l'écusson de Gryffondor

- Mais que fais-tu là, lui répondit la plus jeune, comme furieuse d'avoir montré sa peur.

- Dis donc, tu vas pas m'engueuler quand même ! Pourquoi tu nous as rien dit pour tes affaires ? rétorqua la Gryffondor.

Engueuler ? Francis était perplexe…Il ne connaissait absolument pas ce mot…

- Cela me regarde ! Je suis capable de me débrouiller sans vous.

- Cela regarde les Potter, petite dinde ! lui répondit sèchement, encore une fois la rouge et or. Pourquoi crois-tu qu'on t'ait fait ça, à toi ? T'auraient-ils tellement bourré le mou, chez les si supérieurs Serpentards, que tu as honte de nous maintenant?

- Calme-toi Lily. C'est normal qu'elle soit bouleversée, intervint la voix apaisante d'un élève estampillé Poufsouffle. Qu'aurais-tu fais à sa place ?

Elle s'appelle Lily ? C'est quoi, ce prénom ?

- Exactement ce que j'ai fait quand je me suis retrouvée, il y a cinq ans, dans la même situation, idiot. J'ai demandé de l'aide aux cousins Weasley pour démasquer les coupables et j'ai écrit à oncle Fred et oncle George pour leur demander de m'envoyer une petite cargaison bien spéciale.

Que viennent faire des belettes, là dedans ?

- Bon, on ne va pas se disputer, dit un Serdaigle qui était coincé derrière le Poufsouffle. Ils ne vont pas tarder à arriver, de toute manière.

- Qui ça, "ils" ? demanda la plus jeune, de ceux qui composaient manifestement une fratrie.

Quatre membres d'une même famille dans quatre maisons différentes !

- Les deux abrutis de cinquième année et leur copine de sixième année qui ont forcé ton coffre, bien sûr, répondit le Serdaigle. Je leur ai envoyé un message leur donnant rendez-vous ici. Chacun croit que c'est l'autre qui en est l'auteur.

Forcer des coffres ? Poudlard n'est plus ce qu'elle était…

Des pas se firent entendre et trois adolescents arrivèrent. Lord Francis Wilmot et Orazio Della Rovere s'entre regardèrent, enfin, autant que pouvaient s'entre regarder des esprits immatériels...Ce couloir devenait de plus en plus achalandé…

Alors que les garçons demandaient à la fille la raison de sa convocation et que cette dernière leur demandait pourquoi ils voulaient la voir dans ce couloir plein de poussière, un Expelliarmus fut lancé de derrière l'armure et trois baguettes volèrent dans les airs. Les deux résidents de ladite armure étaient scandalisés ! Plus aucun respect ! Ces malotrus avaient failli érafler leur casque!

Le Serdaigle et le Poufsouffle se placèrent derrière les garçons, tandis que les deux filles coupaient la retraite de la nouvelle venue. Orazio se calma. Il trouvait cette tactique intéressante. Francis fulminait, encore et toujours.

- Bonjour ! lança aimablement l'aînée de la fratrie.

- Qu'est-ce que vous nous voulez ? demanda l'un des Serpentards, qui cachait tant bien que mal son appréhension derrière un ton agressif.

- Vous faire comprendre que vous avez commis une petite erreur de stratégie en vous attaquant au clan Potter, répondit le bleu et bronze, en jouant négligemment avec sa baguette.

- Vous n'avez pas le droit de jeter des sorts dans les couloirs, aboya la fille.

- Ferme-la, Derrick, lui rétorqua la prénommée Lily. Le vol aussi est interdit. Tu ne t'en es pas privée, pourtant.

- Vous en faites toute une histoire pour un petit bizutage, fit celle qui s'appelait Derrick d'une voix méprisante. Elle a eu peur, le petit bébé ?

- Quand on détruit les affaires que l'on a "empruntées", ce n'est plus du bizutage, répliqua d'une voix glaciale le Poufsouffle. C'est une brimade. J'aurais cru qu'une préfète saurait faire la différence, termina-t-il, en fixant l'insigne de préfet sur sa poitrine de son interlocutrice.

Francis en était soufflé. Depuis quand un gentil petit blaireau sait être aussi effrayant ?

- Tu veux me dénoncer ? Ma parole contre la tienne, riposta la fille, sans se laisser démonter.

- On ne va pas embêter ce brave Rogue avec ça ! minauda Lily. On va juste vous montrer que, nous aussi, on aime taquiner nos petits camarades.

C'est vrai qu'il y en avait un qui s'appelle Rogue ! Un professeur en plus ! Ça devrait être interdit de s'appeler comme ça…

Lily et le-poufsouffle-qui-avait-du-sang-froid échangèrent un regard puis lancèrent chacun une fiole en direction des pieds des trois Serpentards. En touchant le sol, les flacons se brisèrent, délivrant une épaisse fumée bleue qui enveloppa les trois complices. Et l'armure par la même occasion. Croyez-le ou pas, quand la fumée se dissipa, outre les trois ennemis de la fratrie, l'armure aussi se trouvait en sous-vêtements. Les deux esprits contemplèrent effarés les caleçons ornés de fleurs criardes dans lesquels ils se trouvaient engoncés. Il ne leur vint pas même à l'idée de se gausser l'un de l'autre.

La Serpentard – celle de la fratrie farceuse – éclata de rire. Les victimes corporelles tentèrent d'attaquer leurs agresseurs, mais les aînés usèrent de leur baguette pour empêcher les trois furieux de leur sauter à la gorge…

Les deux occupants de l'armure maudissaient leur statut d'esprits qui les empêchaient de laver cet affront dans le sang, comme ils l'auraient fait de leur vivant.

Ensuite, la fougueuse Gryffondor fit un petit sermon avant de disparaître avec ses frères et sœur, mais les deux esprits de la statue manquèrent complètement cette partie de l'histoire.

Croyez-le ou pas, Lord Francis Wilmot et Orazio Della Rovere s'étaient évanouis, tout esprit qu'ils étaient. Comme quoi, si le ridicule ne tue pas, il a du moins de curieux effets sur les ectoplasmes…


Voilà, j'espère que cela vous a plu.

Dans deux semaines (en alternance avec la Déclaration de Guerre), ce sera un petit chapitre de ma composition.