Note d'auteur.

Bonjour ! Voici donc le chapitre 2 (j'écris cette fiction comme un escargot, mais je ne suis pas habituée à des chapitres de 7k c'est si triste) et j'espère qu'il vous plaira ! SI vous lisez, n'hésitez pas à vous manifester, parce que comme vous le savez nous, les fans de KuroShou, sommes incompris et seuls (sauf sur twitwi, rejoignez nous) et j'aime bien savoir ce que vous en pensez !

(Ah oui et aussi, j'avais dit 25k ? Bah c'est mort mdrr... Déjà les deux premiers chapitres font 7k et y'en aura 7 alors... bref, c'est pas grave)

Tout ça, c'est la faute d'Oikawa. Ce petit enfoiré. Ah, et le nouveau titre de la fic c'est: tout le monde veut se faire Oikawa Tooru mais on les comprend. Et faut que je me retienne parce que bizarrement Oikawa et Daishou sont vachement cools ensemble... Nan nan, d'accord j'arrete mes conneries, c'est du KuroShou. Et de L'iwaoi.

Voilà j'espère que ça ira, des bisous !


Chapitre 2


Le jeune garçon se faufilait de ruelle en ruelle, glissant sur le sol de ce début de matinée. Le temps était couvert, légèrement humide, et cela faisait friser ses cheveux sur sa nuque.

Lorsqu'il atteint enfin les barrière de sécurité, il dut se glisser discrètement derrière des agents afin de se rapprocher de la scène de crime. À un moment, un homme dans la quarantaine le repéra, les yeux ronds comme des soucoupes, et le garçon du l'assommer rapidement ; il fit cela proprement afin de s'assurer qu'il ne garderait pas de trace visible.

Pour ne pas se faire repérer, il déplaça le corps détendu un peu à l'écart, puis reprit son chemin sans tarder. L'endroit grouillait de policiers, et il savait que plus les voitures et gardes étaient nombreux, plus il se rapprochait du but.

Tout ce qu'il devait faire, c'était ne pas se faire repérer par sa sœur ; elle était l'inspectrice en chef en charge de l'enquête, et il savait que si elle lui mettait la main dessus, il se ferait engueuler pendant une bonne heure, minimum.

Quand son objectif fut enfin en vue, il remonta le bout de tissu qui lui couvrait le visage et réfléchit à un moyen de faire diversion. À sa droite, une voiture de police était stationnée, la porte du conducteur ouverte, et personne ne se trouvait à l'intérieur.

Une idée germa dans son esprit, et il s'écarta du mur sombre dans lequel il s'était tapis pour s'en approcher discrètement. Comme il s'y était attendue, une radio était posée à coté du volant, et parlait dans le vide. Il la prit, appuya sur l'un des boutons – il fut heureux de se souvenir lequel – et commença d'une voix plus rauque et rapide que la sienne :

– Attention à toutes les unités placées autour de la scène de crime, je répète attention à toutes les unités placées autour de la scène de crime : mouvement suspect détecté au bout de la rue ouest, que tous les agents disponibles s'y rendent.

Sans attendre, il replaça la radio et s'extirpa de la voiture pour retourner se cacher. Il observa les policiers, leur rapidité d'action, la manière dont ils s'organisaient pour faire partir des unités le plus rapidement possible en direction de l'endroit indiqué. Le garçon les trouva impressionnant.

La scène de crime se vida rapidement, les seules personnes restantes s'occupant du départ des autres. Distrait, personne ne le remarqua s'approcher du corps qui reposait, déchiqueté, à cheval sur le trottoir.

Putain de merde.

Il ne put s'empêcher de porter une main à sa bouche ; l'odeur putride du sang lui donna envie de vomir. Le jeune homme qui se trouvait là était presque coupé en deux, son visage figé dans un expression de pure terreur. Mais ce que le garçon remarqua, et ce fut cela qui retint le plus son attention, c'était que malgré le fait que ce jeune adulte était bel et bien humain, son âme, elle, avait disparu de manière très peu naturelle.

Dévorée.

Mais au moment où il s'apprêta à faire une prière silencieuse pour elle, pour qu'elle soit sauvée, de quelque manière que ce soit, une main se posa sur son épaule et il lâcha un petit cri, prêt à se défendre.

– Je vais te tuer, petit con, siffla une femme avec rage.

Oikawa se retourna avec un air penaud.

– Sœurette...

– Pas de sœurette qui tienne, debout.

Elle lui saisit le bras avec force et le tira pour le relever. Son regard lui promettait mille sentences, et il savait qu'il risquait d'en prendre pour son grade. Sans douceur, elle le poussa en direction des barrières de sécurité, sous le regard surpris et ahuri des autres policiers qui ne l'avaient pas vu entrer.

Une fois en dehors de la scène de crime placée sous scellés, Chiaki l'envoya devant elle et il manqua de s'étaler au sol.

– Je peux savoir ce que tu fous encore là ?

Il baissa les yeux.

– Tu pensais que je ne reconnaîtrais pas ta voix ? Tu te rends compte de ce que tu fais ? Putain si tu n'étais pas mon frère je t'embarquerais pour obstruction à la justice !

Elle semblait à deux doigts de le gifler.

– Comment tu es entré ici ?

– Je...

Mais avant qu'il n'ait pu dire un mot, elle soupira bruyamment et pinça l'arête de son nez.

– Non, tu sais quoi ? Ne dis rien, je ne veux pas le savoir. Reste là.

Elle tourna les talons et leva la main en direction de l'un des agents postés pour surveiller les bandes de scellés.

– Surveillez le, d'accord ? Je reviens tout de suite. Surtout ne le quittez pas des yeux ; ce gamin est plus agile qu'une anguille.

Et la jeune femme s'éloigna d'un pas rageur, ses grosses bottes en cuir clapotant dans les flaques que la nuit humide avait laissé derrière elle. L'agent s'approcha de lui avec un air avenant.

S'il savait que j'avais assommé son collègue pour le laisser dans une ruelle déserte, il ne ferait certainement pas cette tête là.

– Alors mon garçon, tu es le petit frère de l'inspectrice Oikawa, n'est-ce pas ?

Il hocha la tête. Cet homme ne devait pas avoir plus de quarante ans, pourtant il parlait de sa sœur avec une certaine dose de respect. Elle était forte et intelligente, cela n'avait donc rien d'étonnant, pourtant il en ressentit une certaine fierté.

Une dizaine de minutes plus tard, Chiaki revint du même pas irrité, et lui attrapa le bras.

– Merci, dit-elle à son agent. Faites bien attention à ce que personne n'entre, cette fois-ci.

Tooru vit que l'homme baissa la tête, les joues rouges de honte, et il eut presque envie de s'excuser. Puis il se dit que si lui avait réussi à entrer, n'importe qui aurait pu faire la même chose.

– Suis moi, toi.

La jeune femme l'éloigna encore davantage, et lorsqu'ils furent assez loin de toute l'agitation, elle lui souffla :

– Je te préviens que si tu me refais le coup, je le dirais à maman. Si tu trouves que je suis sévère, je crois que ça veut dire que tu as passé bien trop de temps loin de la maison.

Il savait qu'elle ne ferait cela qu'en dernier recours ; cela avait toujours été eux contre leur mère. Une femme froide comme la glace, qui avait élevé ses enfants avec sévérité. Pourtant, il sut tout de même qu'elle ne plaisantait pas.

– Écoute, je suis désolé d'accord ? Je... toute cette histoire est vraiment inquiétante et tu es au cœur de ça ; imagine que ce malade s'en prenne à toi ?

– Pas de soucis, railla t-elle en réponse, avec un petit air irrité. Tu n'as donc pas lu les journaux ? Je suis une chef de merde et l'enquête n'avance pas.

Tooru grimaça.

– Tu sais bien que c'est faux. Ceux qui disent ça ne font rien pour vous aider, et ce ne sont que des trous du cul.

Étrangement, sa remarque la fit sourire. Elle continuait d'avancer rapidement, et il était presque obligé de trottiner derrière elle.

– Dis moi juste : est-ce que c'était lui ? Le tueur, cette victime là, c'était de lui ?

– Oui, soupira t-elle. C'est lui.

– Donc, il y a eu une treizième victime ?

Elle ne répondit rien. Qu'aurait-elle pu répondre ? Bientôt, tout le monde serait au courant. Soudain, en arrivant au bout de la rue, Chiaki s'arrêta.

Lorsqu'elle se retourna vers lui, ses yeux flamboyaient.

– Bon, maintenant tu vas m'écouter. Je sais ce que tu veux faire fouinant partout comme ça, et je t'assure que ça ne m'aide pas du tout. Je suis une grande fille, et même si tu es le petit génie de la famille, ça ne veut pas dire que je suis bête.

– Je ne –

– Chut, je parle, tu te tais. Donc maintenant, je ne veux plus te voir sur les scènes de crime. L'Académie vous autorise peut-être à sortir à partir de la deuxième année, mais je suis certaine que tu as complètement explosé ce pauvre couvre feu.

Elle regarda un point derrière son épaule et lui sourit.

– Maintenant, tu vas tranquillement faire demi-tour et ne pas trop m'en vouloir : c'est donnant donnant, d'accord ?

Le châtain fronça les sourcils, ne voyant pas vraiment pourquoi il pourrai lui en vouloir, quand une nouvelle main se posa sur son épaule.

– Oikawa, rugit presque la voix.

L'expression de son visage se figea tendit qu'il suppliait sa sœur du regard. Pitié dis moi que tu n'as pas fait ça.

Mais il fut tout de même obligé de se retourner, et fit face au visage particulièrement irrité de son meilleur ami.

– Iwa-chan...

– La ferme. Pas un mot. On rentre, et je ne veux pas entendre le son de sa voix, c'est clair ?

Il hocha la tête. En colère comme il était, Hajime aurait pu lui luxer l'épaule simplement pour lui faire comprendre le message.

Ainsi, il le suivit en silence, quand il s'arrêta au bout de quelques pas.

– Oh, se souvint-il soudain. Je crois que tu devrais aller vérifier dans la ruelle près des scellés, dit-il à sa sœur. J'ai, euh, du assommer l'un de tes hommes.

– Dégage de là avant que je te tue ! rugit-elle et il fut presque heureux de s'exécuter.


En première année, Kuroo avait découvert le bonheur de pouvoir barboter dans un grand bain chaud, et avait fini par accompagner Oikawa au moins une fois par semaine ; ces moments là étaient agréables, calmes – ou presque – et étrangement cela leur permettait de passer du temps ensemble, même s'ils ne se l'avoueraient jamais.

Ce soir là, son ami s'excusa en affirmant avoir beaucoup trop de devoir à faire, si bien que le brun fut obligé de s'y rendre seul – pas que cela le dérange vraiment, mais il devait bien avouer que le voir faire des longueurs et taper sur les nerfs des troisièmes et premières années en les éclaboussant était plutôt amusant, surtout lorsque ces derniers savaient pertinemment qu'ils ne pouvaient rien dire –.

Ses affaires de bain coincées sous le bras, le brun s'avançait dans le couloir du rez-de-chaussée, presque déjà détendu en pensant à l'eau chaude qui l'attendait. Il était assez tard, et il savait que personne ne venait à cette heure-ci : il ne restait plus qu'une trentaine de minutes avant la fermeture de la pièce, et la plupart des autres élèves dormaient déjà.

Lorsqu'il poussa la porte, une douce chaleur l'accueillit presque aussitôt et il prit une grande inspiration avant de se diriger vers les cassiers. La chaleur fit rougir ses joues, et tout en se déshabillant, il se fit la réflexion que demander à Iwaizumi de l'aider à s'entraîner ne serait pas une mauvaise idée ; passer des heures seul dans le gymnase avec ces cibles ne l'aidait pas beaucoup.

Une fois seulement vêtu de la serviette blanche qui tombait négligemment sur ses hanches, le brun se dirigea vers la porte donnant accès au bain. Mais soudain, un éclat de voix interrompit son geste et il se figea :

– Je te préviens que si tu racontes ça à quelqu'un je –

– Je ne vais rien dire, affirma une autre personne. Je ne –

– Et je devrais te croire sur parole ?

Daishou. Kuroo ne savait pas avec qui se dernier était en train de se disputer, mais cela semblait important ; Suguru était peut-être une personne très cynique, mais il ne s'emportait que rarement.

– Je connais les petits gosses de riche dans ton genre et –

Pas vraiment désireux d'écouter une fois encore quelque chose qui ne le regardait pas, Tetsurou se racla la gorge et ouvrit la porte.

Presque immédiatement, Daishou remonta la serviette autour de sa hanche sur les os de son bassin, discrètement, et le brun haussa un sourcil en s'approchant.

– Tu cries super fort ; je te signale que y'en a qui dorme à cette heure là.

Le concerné leva les yeux au ciel.

– Grand bien m'en fasse. Une autre remarque pertinente, peut-être ?

En voyant que Kuroo restait muet, il lança un regard courroucé au première année qui se trouvait là, penaud, puis s'approcha de lui.

Lorsqu'il passa à coté, leurs épaules se cognèrent brutalement et Daishou siffla :

– Toujours dans mes pattes, hein ?

Puis il disparut en claquant la porte derrière lui.

Quelque peu déconcerté, le brun resta immobile un instant avant de se souvenir de la présence de l'autre garçon. Il posa les yeux sur lui, un sourcil haussé.

– Tout va bien ?

Le garçon hocha rapidement la tête, silencieux, puis commença à avancer rapidement dans sa direction et suivit le même chemin que Daishou afin de sortir de la salle. Une fois à quelques centimètres à peine, le brun put le détailler plus facilement sans les vapeurs de la salle : une tache sur sa clavicule attira son attention, et il dut se retenir de ne pas écarquiller les yeux.

Un symbole qui s'effaçait légèrement sur les bords, comme une fumée sombre et opaque, et au centre, un hibou noir sur le point de prendre son envol.

Quand Kuroo reprit ses esprits, le garçon avait déjà quitté la pièce.

Cette marque, elle ressemblait à celle de... ?

Bokuto. À plusieurs reprises, il avait eu l'occasion d'apercevoir celle de son meilleur ami, et celle qu'il venait de voir lui ressemblait étrangement.

Mais à chaque seconde qui passait, l'image de la marque de ce garçon s'effaçait peu à peu de son esprit, et il en vint à douter. Il ne l'avait aperçu qu'un instant après tout, et à présent qu'il se plongeait entièrement dans l'eau chaude, son souvenir devenait de plus en plus confus.

Il fallait qu'il enquête sur lui, et rapidement.


Le garçon attentait patiemment, le dos droit, assis dans cet immense canapé en velours qu'il avait toujours haï. Dans le grand jardin derrière la maison, par delà la fenêtre ouverte qui laissait passer une légère brise dans le salon, il pouvait entendre la fille de la gouvernante jouer avec le chien. Des rires faisaient écho dans la pièce, couvrant le bruit infernal du balancier de la grande horloge.

Soudain, trois coups résonnèrent à la porte, et le garde qui l'accompagnait partout l'ouvrit ; il vérifia qu'il n'y avait aucun danger, puis laissa la personne rentrer en la saluant comme il le fallait.

Laissez nous, je vous prie.

Son garde lui lança un regard, puis devant son visage impassible sortit de la pièce et alla très certainement se poster de l'autre coté de la porte. Le garçon savait que c'était ce qu'il faisait à chaque fois, il ne voulait pas s'éloigner de lui.

L'homme – qui n'était en fait qu'un jeune homme essayant de ressembler à un adulte – le regarda longuement avant de s'approcher du deuxième sofa en face de celui sur lequel il était assis. Il ne le quittait pas des yeux, comme s'il craignait que le garçon ne l'attaque s'il lui tournait le dos.

Une fois installé, il croisa les jambes et lui demanda :

Tu sais pourquoi je suis là ?

Le garçon secoua la tête. En vérité, il en avait une vague idée, mais il aurait préféré avoir tord.

Ce jeune homme était venu les voir à plusieurs reprises, et le garçon savait que sa propre mère l'adorait ; à chacune de ses visites, elle préparait elle même le thé et demandait à ce qu'on serve à leur invité les meilleurs petits gâteaux en réserve.

C'était très certainement quelqu'un d'important, sinon sa mère n'agirait pas ainsi.

Il soupira, et se passa une main dans les cheveux.

Je voulais envoyer l'un de mes serviteurs pour faire parvenir mon choix, mais malheureusement mon père trouvait cela bien trop lâche. Ta mère ne t'a vraiment rien dit ?

Le garçon secoua de nouveau la tête. À vrai dire, cela faisait trois jours que sa mère ne lui avait pas adressé la parole, comme si elle le fuyait. Le soir, il mangeait désormais en tête à tête avec la gouvernante, qui le laissait reprendre du dessert.

Quelle plaie, murmura t-il, mais le garçon l'entendit quand même.

Sans le vouloir, il se crispa.

Bon, je ne vais pas y aller par quatre chemins, autant faire ça rapidement : j'ai rompu notre accord.

Le garçon se mordit la lèvre. Il avait eu raison.

Pourquoi ? demanda t-il simplement.

Même s'il n'était pas vraiment désireux de connaître la réponse, il savait qu'il fallait qu'il pose la question. Le jeune homme se renfrogna, comme s'il ne s'était pas attendu à ce qu'il prenne la parole.

Et... disons que ton aspect ne me convient pas.

Le garçon cligna des yeux. Son aspect ? Il pencha la tête sur le coté pour lui montrer qu'il ne comprenait pas bien.

Le jeune homme claqua sa langue, presque irrité.

Cet accord tenait au fait que t'avoir avec moi serait valorisant : hors ta forme ne me plaît pas. D'ailleurs, je ne vois pas à qui il pourrait plaire. J'imaginai quelque chose... de différent, enfin, je pense que même ta mère devait s'attendre à quelque chose de différent.

Ces mots résonnèrent en lui. Une semaine plus tôt, il avait enfin réussi à maîtriser la transformation complète : son aspect était-il si repoussant ?

De toute façon, je ne vais pas me battre, donc j'imaginais quelque chose de plus... beau, tu vois ? Je t'avais choisi pour ton apparence humaine, en pensant que ta transformation suivrait : c'est pratiquement toujours le cas.

Ses mains se crispèrent sur ses cuisses, et il tenta de s'accrocher au tissu de son pantalon.

Très bien, laissa t-il échapper d'une petite voix. Je suis désolé.

Le jeune homme haussa les épaules.

On y peut rien.

Puis sans plus de politesse, il se leva et quitta la pièce d'un pas rapide, comme s'il avait beaucoup mieux à faire qu'être ici. À l'extérieur, les rires s'étaient tus et le garçon fut de nouveau seul avec le son du pendule, perdu dans la contemplation de ses mains.


Lorsque la cloche de fin des cours sonna et que leur professeur leur permit de s'en aller, Hinata s'étira bruyamment en faisant craquer les articulations de son dos. Une fois ses affaires rassemblées dans son sac à dos, il se retourna et lança à Akaashi un sourire éclatant.

– Tu vas faire quoi maintenant ?

Ce dernier haussa un sourcil et s'arrêta s'écrire dans son cahier. Il avait prévu de recopier ses cours correctement avant d'aller s'entraîner un peu par lui même, dans le jardin du bâtiment C.

Il répondit :

– Pas grand chose, et toi ?

Le rouquin lui sourit de nouveau, comme à son habitude, puis affirma avec sérieux :

– On va aller s'entraîner au gymnase avec Kenma. À cette heure là les troisièmes années sont encore en cours donc on va en profiter.

Akaashi hocha la tête, d'accord avec lui. Comme les dernières années passaient leurs examens physiques tôt dans l'année, ils avaient tendance à réserver le gymnase bien trop souvent.

Soudain, Kenma apparut à l'entrée de leur salle de classe et s'approcha d'eux.

– Shoyo, tu es prêt ?

Le concerné hocha vivement la tête et referma son sac à dos.

– Bonne chance, leur fit Akaashi en les regardant. Ça doit être dur, non ?

Il n'avait jamais vraiment travaillé avec un meister, alors il ne pouvait vraiment s'imaginer le travail qu'il fallait effectuer pour réussir à se coordonner parfaitement.

Hinata baissa les yeux sur ses chaussures et Kenma tourna la tête vers lui en fronçant les sourcils.

– Je t'ai déjà dit que ce n'était pas grave, le gronda t-il.

– Je sais..., mais je –

– Y'a pas de mais. C'est un travail qu'on doit faire à deux.

Akaashi pencha la tête sur le coté.

– Qu'est-ce qui se passe ?

Une fois ses affaires bien rangées dans son sac, il passa l'unique lanière sur son épaule et les suivit dans le couloir.

Le blond soupira.

– Hinata a du mal à se concentrer, et il pense que c'est sa faute.

– Mais c'est ma faute ! Plaida l'autre. Si j'évitai de –

Mais Kenma lui posa une main sur la bouche pour le faire taire. Il se tourna vers le brun.

– Hier, on s'entraînait et un troisième année est arrivé pour nous dire de partir. Il a tellement fait flipper Hinata qu'il est resté moitié humain moitié arme pendant presque trente minutes.

Keiji grimaça, compréhensif. Les émotions, une fois transformé en arme, étaient quelque chose que l'on devait contrôler : elles menaçaient de prendre le contrôle à chaque instant, et c'était un travail long et compliqué que de les soumettre à une volonté précise.

Cela lui était arrivé de nombreuses fois de rester bloqué ainsi, seul dans la salle d'entraînement de sa maison.

– Ce n'est pas ta faute, affirma t-il. Ça peut arriver à tout le monde.

Hinata était certainement légèrement hyperactif, alors ce devait être encore plus compliqué pour lui d'arriver à se contrôler.

– C'est bien pour ça que vous vous entraînez, non ?

Le rouquin hocha la tête, semblant légèrement soulagé. Keiji ajouta :

– Les troisièmes années savent très bien que la première année est difficile car en plus des cours, il faut maîtriser la transformation et apprendre les bases du combat ; je sais que certain aime nous embêter simplement parce qu'ils trouvent ça drôle.

Kenma lui lança un regard, et il crut lire dans ses yeux des remerciements muets. Hinata avait tendance à facilement se laisser abattre, et apparemment entendre quelqu'un d'autre le rassurer lui faisait du bien.

En arrivant à l'entrée du bâtiment des cours, ils se séparèrent et Akaashi parti en direction des jardins.


– Tu m'as l'air ailleurs, remarqua Kuroo en évitant in extremis un coup de pied qui lui aurait très certainement cassé une ou deux dents.

Roulant au sol, il bloqua le prochain mouvement d'Iwaizumi avec bien trop de facilité – peut-être pas à ce point, mais le brun savait bien qu'en temps normal, jamais il ne pouvait échapper à une bonne déculotté –.

Le gymnase était presque plein, que cela soit dans les gradins ou sur le terrain, ce qui était presque toujours le cas lorsqu'Iwaizumi s'entraînait. Aujourd'hui, tous les yeux étaient posés sur lui, et Kuroo se demanda si au moins l'un d'entre eux était capable de remarquer à quel point son ami n'était pas dans son assiette.

Comme pour le réveiller, il réussit à lui donner un coup, du dos de la main, sur la gorge : Hajime recula de trois pas pour replacer une distance de sécurité entre eux. Le combat était encore en déroulement, et apparemment, son ami ne semblait pas prêt à s'avouer vaincu.

– Je ne suis pas ailleurs, répondit-il en commençant à se déplacer sur le coté.

Les yeux dans les yeux, ils se tournèrent autour, sans faire le moindre geste pour reprendre les hostilités.

– A d'autres, railla t-il. Vas-y, raconte, qu'est-ce qu'il y a ?

Kuroo pencha la tête sur le coté, tentant d'analyser son ami, puis plissa les yeux.

– C'est encore Oikawa, c'est ça ?

Mais tout à coup, Iwaizumi se jeta sur lui, se baissant au dernier instant pour le faire chuter : son dos entrant brutalement en contact avec le sol lui coupa le souffle. Il papillonna les yeux.

Alors que son ami le maintenait immobile, les mains derrière le dos, il souffla soudain :

– Je ne sais pas quoi faire. Il refuse de me parler, et ça va faire maintenant trois fois que je vais le chercher à pas d'heure parce qu'il s'est foutu dans la merde. Sa sœur aussi ne sait plus quoi faire.

Une vague de surprise traversa Kuroo, et ses muscles se relâchèrent. Étrangement, et un peu naïvement sans doute, il avait toujours cru que les problèmes et disputes du commun des mortels ne touchaient pas ces deux là ; il ne les avait jamais vu en froid, et depuis le début ils avaient partagé ce lien étrange qui semblait les envelopper dans une bulle.

Oikawa était fait pour Iwaizumi et inversement : penser qu'ils se cachaient des choses étaient impensable.

Profitant du fait que son ami soit ailleurs, Kuroo se retourna brusquement et reversa leur position. Sachant parfaitement qu'il n'avait pas assez de force pour le maintenait comme lui même venait de le faire, il s'écarta ensuite et se releva, en position de défense.

Iwaizumi fit de même, semblant légèrement irrité de s'être fait ainsi avoir.

– Où est-ce qu'il va ?

Sur le moment, Kuroo se sentit un peu honteux : Oikawa était l'un de ses meilleurs amis, pourtant il eut soudain l'impression de l'avoir complètement délaissé ces derniers temps. Sans vraiment le vouloir, il lança un regard aux gradins, mais ne l'aperçut pas. Iwaizumi s'entraînait rarement sans qu'il ne soit bien loin, où était-il ?

– Je crois qu'il essaye de suivre les traces du Soul Eater.

Tetsurou manqua de s'étouffer, et Hajime profita de cette faille dans sa défense pour se rapprocher et lui décrocher un coup de pied près du genou. Il se rattrapa précairement.

– Tu te fous de ma gueule ? Souffla t-il en grimaçant de douleur. Cet abruti n'est pas en train...

– Je pense que si. Il y a quelques jours, j'ai été le récupérer sur l'une des scènes de crime de sa sœur.

Kuroo fronça les sourcils.

– Comment ça une scène de crime ? Il n'y a pas eu de –

– Si. Pour l'instant l'information n'a pas fuitée, mais ça ne va pas tarder. C'était pas loin de l'Académie, précisa t-il.

Ils étaient tous les deux à bout de souffle, pourtant ils continuèrent de s'échanger des coups.

Kuroo se rapprocha pour tenter sa chance au corps à corps. Peut-être était-ce sa spécialité, mais malheureusement c'était également celle d'Iwaizumi. Ce dernier continua, après avoir évité le poing de son ami :

– Il s'échappe en pleine nuit, et je ne l'entends même pas. Même quand je lui demande d'arrêter ses conneries, c'est comme si je parlais à un sourd.

– Pourquoi voudrait-il retrouver le Soul Eater ? Pour l'instant, aucun élève n'a été touché, si ?

Le souffle de Kuroo se bloqua dans sa gorge suite à un coup de pied.

– Je suis sûr que c'est pour sa sœur. C'est elle, l'inspecteur en charge de l'enquête, et la popularité de la police n'est pas glorieuse en ce moment. Non seulement elle est en danger perpétuel, parce que qu'est-ce qui nous prouve qu'il ne va pas aller s'attaquer à elle, pour stopper l'avancé des recherches ? Mais en plus la population commence à lyncher les agents. Apparemment, plus d'une fois elle s'est retrouvée bloquée chez elle à cause d'eux.

C'est stupide, pensa Kuroo. Ce n'est pas comme ça que l'enquête avancera.

– Et j'imagine qu'il ne veut rien te dire ?

– Exactement.

Soudain, Iwaizumi bloqua Kuroo avec son pied et sa main, les appuyant respectivement sur sa jambe et son épaule, puis le fit basculer. Cette fois, sa tête cogna contre le sol un peu moins dur que de la pierre du gymnase, et il vit des étoiles.

Il tapa trois coups à coté de lui pour signifier son abandon.

– Tu es une bête, râla t-il. Je crois que tu m'as déplacé la colonne.

– Chochotte.

Pour l'aider à se relever, Hajime lui tendit la main. Il l'accepta avec joie.

– Tu sais quoi ? Je pense que la manière douce ne marche pas avec lui. Tu devrais peut-être te montrer un peu plus persuasif ?

– Qu'est-ce que tu veux dire ?

– Oikawa est têtu. Fais lui comprendre que tu t'inquiètes.

Iwaizumi le fixa sans rien dire un instant, puis soupira.

– Ça ne coûte rien d'essayer.


Assise dans les gradins, Mika regardait les entraînements avec un petit air admiratif. Une chaleur moite avait envahi le gymnase, et l'odeur de sueur des combattants en contre bas commençait fit grimacer Daishou.

– Même au bout d'un an, je ne comprends toujours pas pourquoi tu aimes venir ici. Tu ne t'entraînes même pas.

– Je m'entraîne, je te signale. J'aime juste le faire dehors, à l'air libre. Yachi est d'accord avec moi.

Il leva les yeux au ciel.

– Elle dit oui a tout ce que tu lui demandes, alors ce n'est pas un argument.

– Elle est simplement gentille, se défendit-elle. Ne sois pas jaloux, Suguru.

Il renifla d'un air dédaigneux.

– Tu as peut-être trouvé ton arme, mais elle ressemble bien plus à un animal de compagnie qu'autre chose.

Elle éclata d'un rire clair.

– Yachi est adorable, tu ne peux pas dire le contraire. Peut-être que si tu faisais un effort, alors tu pourrais trouver ton meister, toi aussi.

La jeune femme lui fit un petit sourire entendu, mais il détourna les yeux pour se concentrer à nouveau sur les combats. De l'autre coté, Kuroo se fit mettre à terre.

Bien fait, pensa t-il avec un contentement enfantin. Le voir se faire botter les fesses l'avait toujours réconforté.

– Je vois qu'un combat t'intéresse plus que les autres, avança Mika en suivant son regard.

Son sourire indiqua à Daishou tout ce qu'il avait besoin de savoir, et il devina aisément qu'il n'avait aucune envie de se risquer sur cette pente dangereuse avec sa meilleure amie. Elle connaissait tout de lui, et même si jamais elle ne le forcerait à quoi que ce soit, cela ne l'empêchait pas de faire ces insinuations dérangeantes.

– Je ne vois pas de quoi tu parles, répondit-il simplement, sans pour autant détourner le regard.

Certes, il aimait bien les voir se battre. Et après ?

– Moi je crois que tu vois très bien de quoi je parle, mais soit. Fais donc l'aveugle, mon pauvre, après tout ce n'est pas mon problème.

Elle les observa en silence un instant, puis :

– Il est fort, non ?

– Iwaizumi est le meilleur des deuxièmes et des premières années.

– Je ne parle pas de lui, abruti. Kuroo, précisa t-elle.

Sur le coup, il se contenta de croiser les bras sur sa poitrine.

– Il est en train de se faire battre, crut-il bon de remarquer. Je ne vois pas en quoi tu peux dire qu'il est fort.

Sur les tapis, le brun réussit à se dégager et à inverser leurs positions. Mika ricana.

– Ouais, ça s'est sûr qu'il va finir par manger son pied dans pas longtemps. En attendant, il réussit à lui tenir tête et ce petit con est plutôt agile. Et ses muscles ne sont pas trop mal, quand on y regarde bien.

– Arrête de mater, espèce de vicieuse, rit-il.

– Avoue quand même qu'il a des capacités. Regarde, tu vois les filles du premier rang, là bas ? J'en ai entendu plusieurs affirmer qu'elles donneraient n'importe quoi pour essayer de combattre avec lui. Apparemment, il s'est déjà fait sa petite réputation parmi les première année.

Daishou grimaça.

– Même avec sa coupe de cheveux ?

– Elles disent que ça lui donne un style.

– Bon dieu de merde.

Il secoua la tête. Cette génération était d'ores et déjà perdue.

Passant quelques secondes dans un silence approximatif – la foule autour d'eux était bruyante – il manqua de sursauter qu'elle se rapprocha et passa son bras sous le sien.

– Tu devrais essayer, dit-elle de but en blanc. Un jour. Tous les meisters ne sont pas comme lui, et je sais que tu le sais aussi.

Il tenta de tourner la tête vers elle, mais Mika le força à regarder devant lui.

– Tu es un mec bien.

– Je sais.

– Et tu mérites quelqu'un de bien.

– Je sais aussi.

Elle acquiesça. De bonnes minutes plus tard, Kuroo déclara forfait et Iwaizumi l'aida à se relever. Lorsque Daishou fit glisser son regard jusqu'à l'entrée du gymnase, il remarqua qu'Oikawa se tenait là, discret, et observait ses deux amis avec un air impassible. Les bras croisés, il s'était légèrement décalé derrière l'une des personnes qui se trouvait là, et était donc invisible aux yeux de ceux présents en bas.

– Qu'est-ce qu'il fait ? se demanda t-il à voix haute en fronçant les sourcils.

Mika fit de même, puis finit par remarquer le jeune homme.

– Apparemment, le troisième année remet ça, dit-elle.

– Ushijima ? Ça m'étonne pas vraiment. En fait, le plus surprenant dans l'histoire ça doit être le temps qu'il a mis avant de revenir.

La jeune femme pencha la tête sur le coté.

– Les première année ne comprennent rien. Moi non plus d'ailleurs. Pourquoi est-ce que celui qui sera sûrement le major de promo de cette année s'embête autant avec un deuxième année ? Je veux dire, moi aussi je l'aime bien, mais...

Daishou ne put retenir un petit rire, puis se penchant en avant pour poser ses coudes sur ses cuisses. Il fixa Iwaizumi quelques instants.

– Ils se battent tous les deux pour Oikawa. Parce qu'il est doué, certes, mais pas que.

– Ah bon ? Railla t-elle. Pourtant j'aurais cru qu'avoir une arme capable de geler une armée entière pourrait être un motif suffisant.

Il lui donna un petit coup d'épaule et elle le lui rendit.

– C'est sûr. Mais Oikawa est aussi un vrai aimant : il est peut-être chiant et un peu con sur les bords – vraiment je me demande comment il fait pour avoir d'aussi bonnes notes avec le peu de bon sens qu'il a dans le cerveau –, mais en attendant, je pense que...

La jeune femme attendit, puis en voyant qu'il ne comptait pas continuer, se pencha également en avant pour rencontrer son regard.

– Tu penses que quoi ?

– Que si j'avais été un meister, moi aussi je me serais battu pour lui.

– Même si Iwaizumi est clairement le seul être capable de le contrôler ?

– Ouais. Et je pense que c'est ça le problème. Peu importe les obstacles, il nous fait forcément penser que ça vaut le coup.

Mika le regarda avec des yeux ronds, la gorge serrée. Car derrière ces paroles, elle reconnut sans difficulté ce qu'il essayait de dire, le message qu'il essayait de faire parvenir. Et surtout, dont il avait l'air si certain.

Oikawa était un gars qui valait la peine qu'on se batte. Mais pas lui.

Reportant son attention sur le terrain, elle glissa silencieusement sa main dans la sienne. Plus de questions ou de suggestions pour aujourd'hui, il avait eu son compte.


La nuit était sombre et lourde, et en levant la tête, Kuroo remarqua que la lune avait disparu. Sous ses pieds nus, le sol était froid comme de la glace, et une fine pellicule de givre recouvrait le goudron.

Gelé jusqu'au plus profond de lui même, le brun fit de pas en avant, une brume opaque s'échappant d'entre ses lèvres gercées, mais s'arrêta soudain lorsque sa vision se fit plus nette.

Devant lui, un peu plus loin, bloqué dans le silence le plus complet, Oikawa gisait au sol, presque coupé en deux. Un haut-le-cœur menaça de le prendre, mais Kuroo déglutit en tremblant et ne put détacher le regard du corps de son ami qui menaçait de se faire avaler par son propre pouvoir. Sa glace furieuse avait envahi la rue, et la dévorait petit à petit. Même de loin, il pouvait voir le sang, intérieur et extérieur, du châtain se changer en une matière vide, dur, et figée.

Son âme !

Quelque chose lui attrapa la cheville, et Kuroo se retourna en hurlant : pourtant, ce qui sortit de sa bouche ne fut qu'un cri muet, incapable de se former vraiment. À ses pieds, Iwaizumi ne bougeait déjà plus, le bras tendu comme pour demander l'aide, une expression de pure agonie sur les traits.

Leurs âmes, voulut-il pleurer. Elles ne sont plus...

La vue de leurs corps pâles dont la poitrine ne se soulevait plus menaça de lui faire perdre la raison tant sa gorge était serrée, à deux doigts de se rompre. En relevant la tête vers Oikawa, il fut saisi de remarquer qu'une silhouette fine et affamée se tenait au dessus de lui. Penchée, à quelques centimètres de planter ses crocs dans sa nuque, elle semblait saliver, et le sang de Kuroo lui monta à la tête.

– Non !

Mais encore une fois, rien ne sortit. Il n'en tint pas compte de fila vers eux, une colère sourde bouillonnant dans ses veines. Pas eux, se répétait-il. Ses pieds glissèrent plusieurs fois sur le sol de glace, mais à chaque fois il se relevait rapidement pour foncer vers son ami.

Cette chose ne devait pas le toucher. Elle ne devait pas le toucher. Elle ne le toucherait pas.

Mais, alors qu'il se trouvait presque à porté de bras – si proche ! –, une force incroyable le décolla du sol, ses jambes pendant dans l'air, et il se retrouva la tête en bas, poussé de l'autre coté de la rue comme une poupée de chiffon. Son dos s'écrasa contre le mur, et un craquement sinistre retentit.

Dans sa tête, un gémissement de douleur résonna et il ferma les yeux.

Allongé à même le sol, une brume épaisse entourant chacune de ses pensées diffuses, Kuroo sentit soudain une matière douce sous ses doigts. Papillonnant, son regard tomba immédiatement sur quelque chose de sombre et de rouge qu'il prit tout d'abord pour du sang.

Mais ce n'était pas cela. En vérité, il se trouvait allongé au milieu d'une myriade de pétales de rose, délirant sans aucun doute sous l'effet du choc. Une toux brusque lui déchira la poitrine, et lorsqu'il tenta enfin de se redresser, ses doigts tombèrent une nouvelle fois sur quelque chose qui attira son attention.

Un métal froid, sans couleur, qui ne brillait plus.

Les yeux de Kuroo s'écarquillèrent lorsqu'il comprit ce qui se trouvait à ses cotés : une faux, brisée en deux, plantée dans le sol froid et dur de la rue. Nuance de vert et de noir, elle semblait vidée de son énergie, morte, et presque immédiatement, sans qu'il ne sache pourquoi, une sanglot passa ses lèvres.

Qui es-tu ? désirait-il demander. Dis moi qui tu es, je t'en supplie.

Mais l'arme resta inanimée, et le brun comprit que c'était trop tard. Les pétales s'humidifièrent, se transformant petit à petit en gouttelettes sanglantes, imbibant ses vêtements, et cette fois ce fut trop : il se mit à hurler.

– Putain, bro', réveille toi !

Des mains puissantes le secouaient avec force et, les joues trempées et la gorge sèche, Kuroo ouvrit les yeux sur le visage inquiet de son meilleur ami. La douceur de ses draps le prit par surprise et il se redressa doucement, toujours maintenu par Bokuto qui continuait de le fixer.

– Je –, tenta t-il mais sa voix avait une intonation étrange, bien trop aiguë.

Son ami le lâcha enfin, puis il se précipita dans la salle de bain. Lorsqu'il revint avec une bouteille d'eau, le brun lui en fut reconnaissant. Il l'avala presque entièrement.

– Je crois bien que tu as du réveiller tout le dortoir, tenta de plaisanter Bokuto, mais sa remarque tomba à plat.

En regardant par la fenêtre, Kuroo vit que la lune était revenu. La chaleur de la chambre le fit frissonner.

– Je suis désolé, Bo'. Je voulais pas te réveiller.

– Dis pas de conneries. Ça va ?

Quand leurs yeux se croisèrent, il vit clairement de l'inquiétude dans son regard.

– Tout roule, affirma t-il aussi fermement qu'il le put.

Même s'il n'en était pas certain. Au bout de quelques secondes, il releva la tête.

– Va te recoucher, ok ? Tout va bien. J'ai juste rêvé que tu mangeais encore ma mousse au chocolat.

Il tenta un sourire, qui il l'espérait était assez convaincant.

Une fois son meilleur ami de retour dans son lit, Kuroo se recouchant en silence, mais garda les yeux ouverts jusqu'à ce que le soleil se lève.


« Nouvelle victime découverte aux alentours de l'Académie !

Un jeune homme de 22 ans a été retrouvé dans la nuit de lundi à mardi dans l'une des grandes avenues bordant l'école, et il s'agirait apparemment de la treizième victimes du tristement célèbre Soul Eater. Désormais, les parents s'interrogent tout de même : le directeur, Ittetsu Takeda, est-il vraiment capable de protéger tous ses élèves de ce danger ?

Extrait du journal local »


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