Et oui, me revoilà ! Avec un chapitre dont l'écriture et la correction ont pris plus de temps que prévu, à cause d'un emploi du temps chargé, que ce soit duranr les vacances ou bien depuis la rentrée... où je n'ai quasiment plus le temps d'écrire.
Merci aux reviewer et followers et autres gens qui ont lu ma fic ~
Bref ! Assez de blabla, j'espère que la suite vous plaira.
Frédéric de Molas se tenait avec élégance derrière son bureau, bien vêtu de sa tenue de soie pourpre au jabot qui décorait magnifiquement son cou. Ses cheveux courts bruns, sa petite barbe et ses lunettes soulignaient la noblesse de sa personne. Et tout dans la pièce où il se trouvait sentait le luxe, et la prestance de propriétaire des lieux. On trouvait, aux abords des murs blancs, des piliers dorés ainsi que quelques décorations, tels que des tableaux ou des vases remplis de fleurs qui coloraient agréablement l'endroit, ainsi que des rideaux d'un bleu pâle, et une horloge en or agrémentée de parures.
Et devant lui se tenait un ancien ami, mais aussi son beau-frère depuis son mariage avec la sœur de ce Sebastien de Rassiat.
« Bon alors. Comment vas-tu, depuis le temps ?, demanda ce dernier, assis sur une chaise et fumant la pipe.
– Comme d'habitude. On passe nos journées à bavasser, à jouer aux cartes et à s'occuper de nos chiens. La routine. Et depuis quelque temps, je passe certains moments de la journée en compagnie du petit pour lire avec lui. »
Frédéric se leva et se dirigea vers un petit meuble aux contours dorés, pour l'ouvrir et en sortir une jolie bouteille de vin rouge château Beauséjour ramené de la Gironde. Il sortit du placard juste au dessus trois verres en cristal, puis posa le tout sur la table. Il fit sauter le bouchon de liège et commença à servir le vin.
« Attend, tu vas me goûter ça. Une merveille. J'en ai en tout une bonne dizaine de bouteille à la maison, et tout le monde est d'accord sur le fait qu'il émerveille les papilles. »
Une fois les verres remplis à moitié, pour ne pas gâcher le plaisir de la saveur avec une trop grande quantité, il but deux petites gorgées de rouge qu'il fit rouler sur son palais et en savoura chaque saveur qui s'en échappait. Sebastien en fit de même, ce qui dessina sur ses lèvres un sourire de plaisir.
« Il est vrai qu'il est excellent. Tu as toujours bon goût pour dénicher les meilleurs vins. » fit l'ami en remettant correctement ses cheveux bruns, attachés en catogan, derrière son dos.
Il reprit une nouvelle gorgée et ferma les yeux pour profiter de l'instant présent.
C'était sans compter sur les quelques coups à la porte qui résonnèrent dans la pièce, avant de laisser apparaître sur le seuil de la pièce une Madame de Molas en tenue de sortie.
« Où allez-vous dont comme cela, ma mie, pour être ainsi vêtue ? Demanda Frédéric en posant le rouge sur son bureau, et rejoignant sa femme pour lui embrasser tendrement les mains.
– Je m'en vais faire un tour pour profiter de cette fin d'après-midi radieuse. Et je pensait aussi acheter quelques bouquets de fleurs pour en décorer le salon.
– Faites ce que bon vous semble. Tant que vous faites attention à vous. »
Madame de Molas salua d'une légère révérence son époux et son frère. Puis elle sortit de la pièce en direction de la voiture qui l'attendait dehors, attelée à deux beaux chevaux bais, et dont le portier tenait la porte depuis déjà plusieurs minutes.
« N'as-tu pas peur de la laisser s'en aller ainsi en ville, depuis tous ce qui se passe ces temps-ci... avec l'affaire de l'ange déchu... ? » demanda Sebastien à son ami, après avoir bu une nouvelle gorgée de vin.
Frédéric haussa les épaules, puis retourna s'asseoir derrière son bureau pour continuer à déguster son rouge. Il porta le verre à ses lèvres et laissa la boisson alcoolisée se déverser dans la bouche.
« Crois-moi. Cet ''ange'' n'a plus fait de mal à personne durant cette semaine. Qui te fais croire qu'il frappera de nouveau aujourd'hui, et qui plus est en pleine après-midi ?
– Je ne sais pas. Mais j'ai comme un mauvais pressentiment… lui avoua son ami. Et j'ai remarqué une chose… Ces meurtres, ils ont commencé à peine quelques temps depuis sa disparition. »
Le travail était enfin terminé. Il pouvait enfin respirer et profiter de sa soirée chez soi, allongé dans son lit à lire le journal qu'Antoine avait acheté le matin même au petit Kriss.
Mathieu s'épongea le visage avec un vieux mouchoir usé et déjà trempé de sueur, et le rangea dans la poche de son bleu de travail. Il salua ses compagnons ouvriers avant de sortir dans la rue et prendre la direction de son appartement.
L'air frais lui fit du bien. Il en respira une bonne bouffée, avant de l'expirer tranquillement et de poursuivre sa route d'un pas rapide.
Mais une main posée sur son épaule le fit s'arrêter dans sa marche, et il se retourna pour voir que Wifi voulait lui parler. Celui-ci affichait un grand sourire carnassier qui présageait souvent une chasse à la gnôle et à la demoiselle.
« Eh ! Matt' ! Ça te dit de venir boire un coup au bar, avec les potes ? Il parait que c'est moins cher ce soir !
– Ce serait avec plaisir, mais là je suis juste fatigué, et j'ai envie de rentrer chez moi me reposer, répondit Mathieu en retirant la main de son de son épaule.
– Oh, c'est bien dommage. Bah ! On f'ra ça une prochaine fois alors. »
Et le semi-albinos s'en alla rejoindre un groupe d'ouvrier postés non loin de là, et qui semblaient impatients d'aller se bourrer la gueule. Pendant que Mathieu reprenait sa route, tout en allumant un cigare.
« Antoine ! Je suis rentré ! »
Mathieu déposa ses clés sur la table, et passa une main dans ses cheveux collés à son visage par la sueur. Face à lui, Antoine lisait sur le lit, un bouquin sûrement acheté le jour même après la visite chez le tailleur, à la couverture brunâtre aux reliures dorés.
« Enfin ! Je commençait à m'ennuyer !, s'exclama le plus grand en s'asseyant sur le bord du matelas, et refermant son livre après y avoir glissé un marque-page. Tu veux faire quoi ? Un jeu de cartes, ou bien veux-tu me parler de ta journée ?
– Ni l'un, ni l'autre. J'aimerais juste un bon bain. Et toi ? T'as pu essayer les vêtements que je t'ai laissé ?, demanda Mathieu en se laissant tomber lourdement sur le lit, à côté de son colocataire.
– Trop petits. J'ai dû passer chez le tailleur pour m'en prendre d'autres. Tiens, et si tu pouvais y passer ce soir les récupérer, ça serait sympa. Je crois que je vais profiter de la soirée pour sortir. »
Antoine se leva et attrapa le journal qu'il avait laissé sur la table. Il le balança sur les genoux de son colocataire qui l'ouvrit et entama la lecture sans dire un mot, puis jeta un coup d'œil vers le plus grand qui se servait un nouveau verre de vin.
« Tiens, les journaux ne mentionnent déjà plus le nom de cet ''ange déchu'' ? Ça leur est vite passé, dis donc.
– Normal qu'ils en parlent plus. Une semaine sans meurtres, et puis je suis sûr qu'ils s'attendent à une nouvelle attaque.
– Sûrement… Et ça ne t'effraie pas de sortir ? Avec un tel individu dans les rues ? »
Antoine répondit par un haussement d'épaules. Car ces choses, ces histoires de meurtres, ça ne l'intéressait guère. Encore moins depuis qu'il habitait chez Mathieu.
Et Mathieu se replongea dans la lecture des pages froissées des nouvelles de la journée. Et tandis que ses yeux se baladaient entre les caractères imprimés à l'encre noire, son esprit se remémorait certaines choses.
Comme sa rencontre il y a pas si longtemps de ça avec un noble, qui ce jour d'hui habitait sous son toit...
Il pleuvait. L'eau remplissait ses chaussures, qui couinaient à chacun de ses pas. Et il était ivre, bien ivre. Il puait l'alcool comme pas permis. Il croisa un chat, deux chiens, puis quelques pigeons qui bravaient l'eau tombant du ciel pour récupérer sur le sol quelques miettes de pain restées collées sur les dalles de pierres.
Il venait de quitter Wifi et les autres, après avoir fêté leur première année de travail en usine. Et ils en avaient abusé, du vin et autre saloperies de boissons alcoolisées qui te détruisent le foie. Mais au moins, ils avaient été content de ce moment passé ensemble, avec quelques femmes qui se trémoussaient auprès d'eux.
Et même maintenant qu'il titubait dans les rues de Paris, il affichait un sourire niais et bienheureux, et braillait un chant paillard. Il savait pas où il marchait, mais il s'en foutait.
Ses pieds s'emmêlèrent et il perdit l'équilibre. Mais il tenta quand même de rester debout, jusqu'à tomber quelques mètres plus loin, agrippant au passage à la veste d'un inconnu. La rencontre du sol fut difficile, ses fesses recevant le choc de manière brutale.
Puis un poids lourd lui tomba dessus, accompagné de plusieurs cris, dont celle de la personne qu'il avait entraîné dans sa chute. Il poussa la masse de graisse de cet individu, qui vu sa masse corporelle devait se gaver de toute sortes de bonne choses, et poussa un grognement en sentant ses jambes libérées.
« Monsieur ! Monsieur, allez-vous bien ?
– Ai-je l'air d'aller bien ? Cette saleté de vaurien m'a fait chuter de toute ma hauteur, et me voilà avec des vêtements poisseux ! »
L'alcool lui troublait la vue, mais il pouvait très bien distinguer auprès de cet homme gras trois autre personnes. Et parmi elles, il y en avait une qui portait des vêtements fort élégants, tel que l'obèse qui lui était tombé dessus, montrant une condition sociale assez haute.
« Cher ami, ne crois-tu pas que tu exagères ? Vu son état, il ne l'a sûrement pas faire exprès, fit le second noble, le maigre dont la tignasse était remarquablement en bataille.
– Cet individu s'en est pris à moi ! Il est de mon devoir de le châtier ! Mon ami, ton comportement trop aimable avec ces pouilleux font honte à notre rang ! J'imagine que ton père doit se retourner dans sa tombe en voyant ce que tu es devenu. Un minable de noble, amoureux des ouvriers ! Tu me fais bien rire !… Tiens ! Je vis te montrer ce qu'on doit faire lorsqu'on a affaire à un individu de cet espèce ! »
Mathieu ne comprenait quasiment rien, mais il lui semblait toutefois qu'il assistait à une dispute entre deux personnes de haut rang. Et il n'aimait vraiment pas ça. Dans sa tête, une petite voix lui disait de fuir, mais ses jambes ne voulaient pas bouger.
Et devant lui, l'homme gras sortit un revolver de sous sa veste.
Il se mit alors à gigoter, forçant ses jambes à se mouvoir, puis il tenta de se relever. Mais les deux autre personnes présentes, à en douter des servants de la maison à laquelle appartenaient ces deux personnes de haut rang, le retinrent et le placèrent à genoux face aux nobles.
« Je… Je… d-d… désolé… » bégaya-t-il, en proie à la terreur que lui inspirait ces individus.
Mais l'homme gras ne semblait pas l'écouter. Il plaça sur le front de Mathieu le canon de son revolver, et un sourire sadique s'afficha sur son visage.
« Tu ne devrais pas faire ça…
– Ah, Antoine ! Il faut bien que quelqu'un te montre comment se débarrasser de ces rats ! »
Le gros noble plaça son doigts sur la détente, prêt à l'actionner.
Et le coup parti.
Un cri retentit dans la rue aux pavés mouillés, et le sang coula sur le sol.
Mathieu écarquilla les yeux, comme le firent les deux hommes placés de part et d'autre de lui. Et devant eux, l'homme gras hurlait de douleur. Son pied était ensanglanté. Et la main qui tenait encore l'arme était baissée vers le sol, tenue fermement par l'autre noble.
Sans attendre une seconde de plus, Antoine récupéra le revolver et le plaça sur le front de son égal. Son regard était aussi froid que de la glace, et on pouvait y sentir une grande colère.
« Je n'aime pas qu'on s'en prenne à des innocents. Ces gens, ces rats, comme tu le dis si bien, ne méritent pas d'être tués par des connards tels que toi. Tu ne vaux même pas ces ouvriers, tu es pire qu'eux. Je ne sais même pas si te laisser en vie est une bonne chose.
– An… Antoine, tu ne peux pas faire ça… La police... Comprend que si tu me tues, tu ira en prison… Voire pire, on... t'exécutera…
– Comment pourront-ils savoir que je t'ai tué, si on supprime aussi tous les témoins ? »
Et il tira sur l'homme gras, dont le corps inerte s'effondra lourdement sur le sol. Puis il se tourna vers les deux serviteurs.
« Je suis désolé, mais c'est la seule solution... »
Et il les abattit aussi froidement qu'il l'avait fait pour l'autre noble.
Il se retourna vers Mathieu, qui était resté immobile, tout en sentant à ses côtés les deux hommes tomber sur le sol, une balle chacun entre les deux yeux.
« Ça va ? Tu n'as rien ? (Il s'approcha de l'ouvrier et s'accroupit devant lui) Je suis Antoine de Daniel, et toi ? »
Le noble tendit sa main. Mathieu déglutit avant de rapidement la serrer.
« Je suis Mathieu Sommet, et je crois aussi que je suis perdu... »
En effet, l'ouvrier ne reconnaissait pas cet endroit. Mais au moins, avec la peur qu'il avait eut avant, il ne sentait plus en lui toute ces sensations que lui avaient procuré l'alcool.
« Dis-moi où tu habites, et je t'y emmène.
– Mais… et les corps ? »
Antoine haussa un sourcil, puis observa les trois dépouilles autour de lui. Puis il haussa les épaules et sourit à Mathieu.
« T'inquiète pas, je sais ce que je vais faire d'eux. »
« Hey ! Mathieu… Mathieu ! Tu dors ? »
L'ouvrier sortit de sa rêverie. Face à lui, Antoine le regardait bizarrement.
« Désolé, j'étais dans mes pensées. Qu'est-ce qu'il y a ?
– Je vais bientôt y aller. C'est pour être sûr que tu iras chercher les nouveaux vêtements chez le tailleur.
– Ah oui, ça ! T'inquiète pas, ce sera fait dès que tu seras parti. »
Puis il baillât, ouvrant tellement grand la bouche que son colocataire cru qu'il allait se décrocher la mâchoire.
Mais en y repensant, Mathieu ne savait toujours pas ce qu'Antoine avait fait des corps...
Assis devant la seule fenêtre, ouverte, de la seule pièce du pauvre appartement qu'il occupait avec sa mère, Kriss observait les gens rentrer chez eux. Parfois des ouvriers, parfois des femmes aux mains remplies de quelques victuailles pour remplir plusieurs bouches à nourrir. En bas, il pouvait voir la dame de la petite auberge d'en face balayer des débris, avant d'essuyer quelques gouttes de sueurs sur son front. Elle leva la tête vers l'enfant, et le salua d'un chaleureux signe de main.
« Alors, p'tit Kriss, on espionne les voisins ?, fit-elle avec un petit rire moqueur.
– Que non, m'dame Germaine. Je n'fais que regarder dehors.
– Je l'sais, je l'sais. Et ta maman, est-elle à la maison ? »
Kriss secoua la tête de haut en bas.
« Elle se repose. Mais j'crois qu'elle va bientôt repartir à l'épicier pour chercher du beurre et du pain, c'est c'qu'elle a dit. »
Madame Germaine eut un regard compatissant pour le pauvre garçon. Elle savait que ce pauvre petit Kriss et sa mère ne pouvaient manger à leur faim, et que la mère savait déjà une dette de plus de 60 francs envers l'épicier. Et malgré cela, cette dame continuait de se battre pour que son fils unique ne manque de rien.
« Petit Kriss, fit Germaine en lui faisant signe de la main de venir, descends un peu. J'vais te donner que'qu'chose. »
Le marmot se dépêcha de récupérer une pauvre veste et de dévaler les escaliers en colimaçons de l'immeuble quatre à quatre, avant de sortir dehors et rejoindre Madame Germaine. Cette dernière lui demanda d'attendre un peu et rentra dans l'auberge, pour en ressortir deux ou trois minutes plus tard avec un bon gros morceau de poulet luisant encore de gras, ainsi que quelques pommes de terres déjà pelées et découpées en morceaux.
« Tiens, mon garçon. De quoi manger pour c'soir. »
Kriss regarder avec envie la nourriture, laissant couler le long de son menton un petit filet de bave. Il récupéra le tout avant d'embrasser Germaine sur la joue.
« Oh ! Merci madame Germaine ! Vous êtes trop bonne avec moi ! »
Il s'en alla en courant jusqu'à son appartement, et y entra en trombe, pour ensuite déposer poulet et patates sur la petite table en bois à moitié rongée par l'humidité.
« Maman ! Maman ! Nous avons d'quoi manger pour c'soir ! Regarde comment Madame Germaine est gentille ! »
La mère de Kriss, qui se prénommait Lena, était encore allongée dans le lit. Elle était en train d'aplatir les plis de sa robe, et enfilait ses chaussures pour sortir à son tour. Mais en voyant la bonne nourriture que ramenait son fils, elle lui ébouriffa les cheveux.
« Et bien, on dirait que ce soir nous allons nous régaler. Mais je dois sortir aussi chercher de quoi manger pour demain. Je compte sur toi pour surveiller le poulet pour pas qu'il s'envole par la fenêtre. »
Petit Kriss eut un rire nerveux, avant de saluer sa mère qui attachait soigneusement ses long cheveux bruns en un chignon serré.
« A 't'à l'heure maman ! Fait attention à toi ! »
Fin du chapitre !
J'espère qu'il vous aura plu ;)
Nous ~
