Bonjour! Nouveau chapitre! Je ne pense pas aller très loin avec cette fiction, je suis même dumbfounded d'être allée jusque là!
N'hésitez pas à me corriger mon anglais, ou même mon français. J'essaie de faire le moins d'erreurs possible, mais je ne suis qu'humaine, moi. Pas celui qu'on va voir dans ce chapitre!
Bonne lecture!
L'histoire américaine. Un vaste sujet à propos duquel je ne connaissais rien du tout. C'était tout juste si je ne confondais pas la Guerre d'Indépendance et la Guerre de Sécession, the Civil War, comme ils aiment à le dire.
Je ne comprenais rien à ce que le prof racontait. Il pouvait bien raconter un ramassis d'âneries que je ne m'en rendrais même pas compte. Je ne savais même pas de quelle période il parlait. J'étais fatiguée, je n'avais qu'une envie : dormir. Rentrer chez moi, en France, dans ma maison, et oublier ce séjour dans une région pluvieuse de l'autre côté de l'Atlantique.
J'avais le mal du pays. Ce ne pouvait être que cela. Depuis que j'étais arrivée ici, j'avais perdu le peu de joie de vivre qui m'habitait, et j'avais plus ou moins cessé de manger et de dormir. Seulement, ces manques se faisaient cruellement ressentir à ce moment précis, et j'avais la tête qui tournait. Je n'avais mangé qu'une salade ce midi, mais elle était repartie aussitôt dans les toilettes. Une fille s'était même moquée de moi quand elle m'avait vu vomir; les gens n'ont que ça à faire, franchement.
Je repensai à chez moi. A ma seule amie, Chloé, que j'avais laissée en France à contrecœur. Bella me faisait beaucoup penser à elle, d'ailleurs, c'était peut-être pour cette raison que je m'étais attachée rapidement à la fille alors que je m'étais promis, au préalable, de ne pas sociabiliser, comme à mon habitude. Elle me manquait tellement…
Et la nourriture française me manquait aussi. Que n'aurais-je pas donné pour manger un bon cassoulet… A cette pensée, je sentis mon estomac se retourner.
"Hey, are you alright?"
Je grognai intérieurement. Les gens devaient sentir que je n'étais pas vraiment dans mon assiette, puisque cette question m'était posée quasiment à chaque cours depuis ce matin. Je tournai la tête pour faire face à mon voisin de table, qui avait eu l'air depuis le début du cours de s'ennuyer profondément. Il était très pâle, et ses yeux étaient foncés comme ceux de la fille avec qui j'avais "parlé" en cours de français. Alice, c'était son nom. Lui était grand et blond. Pas mal, mais pas mon genre. Je le trouvais trop… inaccessible dans sa beauté. Lui non plus ne semblait pas attiré par moi, et c'était tant mieux. On aurait dit qu'il essayait de se tenir le plus loin possible de moi, autant que le lui permettait la table. Néanmoins, il me regardait, l'air réellement inquiet pour moi.
"Yes," répondis-je d'un ton ferme, espérant qu'il allait me laisser tranquille.
Soudain, je me sentis envahie par un calme profond. Je n'avais jamais été aussi calme depuis… Non, jamais en fait. Ce n'était pas naturel. Je tournai vivement la tête vers mon voisin et remarquai qu'il faisait semblant de suivre le cours. Ce qui était plutôt insensé, étant donné qu'il ne l'avait pas suivi depuis le début.
"Would you stop that?" grognai-je. Puis je fronçai les sourcils. Pourquoi serait-ce lui ? Personne n'était capable de faire ça, de rendre littéralement quelqu'un calme. Or, les mots m'avaient échappé. Dans des situations telles que celle-ci, bien que moins étranges la plupart du temps, j'avais appris à me fier à mes mots plutôt qu'à ma raison. C'était mon truc : parler sans réfléchir pour dire la vérité. C'était comme si les mots que je prononçais en savaient plus que moi. C'était ridicule comme idée, bien sûr, mais c'était aussi ce qui semblait se rapprocher le plus de la vérité. C'était d'ailleurs pour cela, et une multitude d'autres petites choses semblables que les gens ne m'aimaient pas. Même mes propres parents avaient du mal à m'accepter telle que j'étais. Le garçon se raidit imperceptiblement, et le calme artificiel se retira de moi de manière presque subtile.
C'était donc bien lui qui faisait cela. Je le fixai avec de grands yeux, le regardant vraiment pour la première fois. Je remarquai que sa peau n'était pas dépourvue de défaut, contrairement à ce que j'avais pu constater au début. Son bras semblait recouvert de marques quasiment invisibles comme d'anciennes cicatrices en forme de croissants de lune, que je n'aurais pas remarquées si mon attention n'était pas entièrement focalisée dessus. Des morsures ?
Je sentais que mon esprit essayait de me dire quelque chose, mais je ne parvenais pas à savoir quoi. Essayait-il de me prévenir d'un quelconque danger ? Que pouvait-il m'arriver de plus dans cette salle de classe ? Beaucoup de choses, en vérité… Qui sait, le garçon à côté de moi était peut-être un fou furieux qui n'avait qu'une envie, celle de me tuer ! Mais dans ce cas, pourquoi m'avait-il demandé si j'allais bien ? Et pourquoi avait-il essayé de me calmer alors que je souffrais émotionnellement ? Il n'avait pas mauvais fond, mais il était dangereux, je pouvais le voir à sa posture : il se tenait très droit, comme un soldat, et il n'avait pas l'air de respirer, regardant droit devant lui sans rien vraiment voir… Il tourna brièvement les yeux vers moi, et je remarquai qu'ils étaient encore plus foncés qu'avant, ou alors s'agissait-il d'un effet de mon imagination. L'espace d'un court instant, j'entrevis le reflet déformé de mon visage dans ses iris presque noirs. Pourquoi avais-je l'air si terrifiée ?
"You're not human, are you?"
Une fois encore, les mots m'avaient échappé, confirmant ma théorie selon laquelle mon esprit essayait de me dire quelque chose d'important. Et cela s'avérait être vraiment important… Je plaquai ma main devant ma bouche, espérant qu'il ne m'ait pas entendu. Pas humain ? Mais alors… quoi ? Un dieu, un ange, un démon ?
Autour de nous, le cours se poursuivait normalement, et personne ne semblait se rendre compte de la conversation presque à sens unique qui se déroulait au fond de la salle. Lui me regardait, désormais. Il avait l'air… indécis ? Et un peu affamé, également. Je soutins son regard, non sans difficulté, à cause de… de ce pouvoir qu'il dégageait.
"Are you… a god, or something like that?" demandai-je timidement.
A ma grande surprise, il pouffa, mais il retrouva vite son sérieux. Il eut l'air de réfléchir l'espace d'un instant, puis il ouvrit la bouche pour parler.
"Ecoute-moi bien, ma chère Bérénice," dit-il dans un français parfait. "Tu m'as l'air d'être quelqu'un de bien, et je ne veux pas te faire de mal. Mais si tu cherches à en savoir plus, ou si tu parles de cela à quelqu'un, quiconque autour de toi, alors crois-moi, tes heures seront comptées."
Je mis un bon moment avant de saisir ses paroles, mais quand ce fut le cas, j'agrippai le rebord de la table avec force, m'efforçant de prendre une grande inspiration pour me calmer, mais en vain. Mon corps tremblait comme une feuille, et je sentis littéralement le sang se retirer de mon visage. Après tout, c'était la première fois qu'on me menaçait de mort…
"J'ai juste une faveur," fis-je d'une voix tremblante.
"Tu n'es pas vraiment en position de négocier, mais je t'écoute," répondit le garçon d'une voix douce.
"En fait, j'ai deux faveurs…"
"Essayons de rester raisonnables, Bérénice. Mais parle, je verrai ce que je peux faire. Comme je te l'ai dit, je ne veux pas te faire de mal."
"OK," soufflai-je. "Est-ce que tu pourrais… euh… me calmer ? Comme tout à l'heure ? Je suis au courant que tu peux le faire, mais ça ne compte pas puisque je l'étais avant que tu ne me dises que je ne devais pas chercher à en savoir plus ! Je suis déjà assez stressée comme cela, c'est mon premier jour dans ce lycée dans lequel personne ne me comprend, et ce n'est vraiment pas très gentil de ta part de me menacer de mort en plus du reste et quand je suis stressée je parle beaucoup, d'ailleurs c'est assez spectaculaire étant donné que je n'aime pas parler plus que ça, je préfère écouter et…"
Je fus soudainement interrompue par une nouvelle vague de calme, un peu plus forte que la précédente, qui faillit me mettre KO sur ma table. Je faillis fracasser mon nez sur le plateau de la table, mais je me retins à temps.
"Eh, doucement quand même ! C'est bon, là, je suis calmée. Merci."
"Je t'en prie. En fait je voulais seulement que tu te taises, tu allais attirer l'attention. Tu n'as jamais pensé à prendre des anti-stress ?"
"Pas besoin puisque t'es là !"
"Je viens de te menacer de mort, Bérénice. Tu ne devrais pas compter sur moi pour te calmer."
"Oui, je sais, et mon intuition me dit que tu es dangereux. Mais ça ne nous empêche pas d'être amis, et c'est d'ailleurs là qu'intervient ma deuxième faveur : tu pourrais me prêter ton cahier d'histoire pour que j'apprenne l'histoire américaine en une nuit ? Tu me rendrais un grand service, puisque à cause de toi, je n'ai pas pu suivre le cours."
"Tu ne l'as jamais suivi… Mais c'est hors de propos. Serais-tu folle, par hasard ?" demanda-t-il en me regardant avec stupéfaction.
"Beaucoup le pensent. Moi aussi parfois. Mais tu sais, la vérité est beaucoup plus simple."
"Ah oui ? Et quelle est-elle ?"
"Je n'ai rien à perdre."
La sonnerie annonçant la fin du cours retentit.
"Voici mon cahier," dit-il en me tendant l'objet. "Bonne chance pour tout apprendre en une nuit, tout est écrit en anglais, tu sais."
Et il se dirigea vers la sortie de la salle.
"Attends !" l'interpelai-je.
Il se retourna, l'air pressé de sortir de la classe.
"Comment tu t'appelles ?"
"Jasper. Jasper Hale. A demain, Bérénice."
