Deux corps qui mouvaient à l'unisson, l'un sur l'autre. Des soupirs de plaisir entre deux souffles saccadés, de plus en plus rauques, de plus en plus fréquents, de plus en plus bruyant, en rythme avec l'orgasme qui ne tarda pas à submerger les deux hommes essoufflés.
Chevauchant son amant, Peter se jeta sur les lèvres abimées du mercenaire pour étouffer une exclamation de jouissance lorsque le plaisir fut à son paroxysme, et les mains fermes de Wade, en réponse, vinrent empoigner ses hanches fines qu'il maintint passionnément alors qu'il se déversait en lui, plongeant en même temps sa langue dans la bouche du plus jeune qu'il embrassa à perdre haleine, même lorsque le journaliste cessa de bouger, se contentant simplement de caresser mollement la peau chaude et crevassée.
Pas vraiment épuisé, mais prétendant l'être, Parker rompit le baisé pour s'affaler à côté de l'épéiste, un sourire repu étirant ses lèvres alors qu'il s'exclama d'un ton mutin :
— C'était bien…
L'autre émit un grognement satisfait en réponse, mais cela ne suffit pas au plus jeune qui se redressa sur un coude pour le surplomber, exigeant :
— Dis-le : C'était bien…
Sans voir les imperfections de l'épiderme de son amant, qu'il connaissait maintenant par cœur, Peter se pencha sur lui pour le regarder dans les yeux, rayonnant, et le plus vieux se perdit un instant dans ses prunelles brunes, avant de concéder sérieusement :
— Tu préfères une note sur une échelle de un à dix ou bien-
— Dis simplement que c'était bien.
— Cette chose, là, que t'as fait quan-
Le journaliste soupira et, sans écouter les commentaires salaces de son amant, censurés par soucis de bienséance, il se redressa en s'étirant, soulagé que la pénombre de la nuit masque à la vue du mercenaire les discrets hématomes qui couvraient son corps depuis sa dernière mission solo. Il se couvrit ensuite d'un peignoir et ouvrit doucement la porte pour jeter un œil dans l'appartement endormi pour vérifier l'absence de tante May, qui était censé, maintenant, rentrer d'un instant à l'autre.
— Tu ne lui as pas encore-
— Non. Elle ne sait pas pour toi et moi. Elle ne sait même pas que je couche avec un homme !
— Ha. Ca veut dire que tu ne lui as pas encore proposé de nous rejoindre pour-
Le brun le coupa d'un regard réfrigérant et, rassuré, il referma la porte pour rejoindre son amant sur lequel il s'écroula en marmonnant :
— Que dois-je donc faire pour te combler enfin ?
Allongé sur le dos, les bras en croix, supportant sans mal le corps du petit journaliste avec qui il occupait ses nuits, Wade ne répondit pas, son regard effleurant distraitement le plafond, et il ne broncha pas lorsque Peter ajouta doucement :
— Si seulement je le pouvais…
Le mercenaire grimaça et, toujours silencieux, il se contenta d'attraper la main de Peter qui retint un sourire.
Pour beaucoup, c'était peu de chose. Voir même insultant. Mais pour lui, et pour tous ceux qui connaissait Dead Pool, même un minimum, voire même : tout ceux qui avait croisé, même deux secondes, la route de ce barge, il n'était pas difficile de mesurer la valeur de son silence.
Alors, blotti contre le plus vieux, le sourire de Peter se fana. Les choses commençaient à aller trop loin, bien plus que ce qu'il avait initialement pensé. Parce que, pour lui, il n'avait même pas été pensable que DeadPool, Le Deadpool, s'attache à lui, au simple Peter Parker, de cette manière.
Encore, qu'il s'accroche à Spider-Man était compréhensible, après tout, il était le yin de son yang. Mais Peter Parker, l'étudiant qui avait passé la plupart de sa scolarité enfermé dans les casiers de l'école ?
Au début, pour ne pas parasiter l'efficacité que le duo Spider-Man slash DeadPool possédait, Peter n'avait pas voulu faire savoir au mercenaire que ce dernier avait eu une aventure avec l'homme araignée. Parce qu'il avait supposé que ça ne durerait pas et que Wilson aurait rapidement fini par se lasser. Mais, comme les semaines passaient, pouvait-on encore parler d'une simple aventure ? Surtout si Wade commençait à trainer de cette manière après la passion, et qu'il prenait toujours la peine de l'inviter dans des lieux plus ou moins fréquentable avant. Généralement, il ne restait pas pour passer la nuit avec Peter. Soit parce qu'il prétendait avoir d'autres choses à faire, soit parce que Peter craignait d'être surpris par sa tante et le chassait juste avant qu'elle n'arrive, soit parce qu'ils se trouvaient sur le toit d'un immeuble ou dans un endroit qui n'était pas propice au chill.
Mais là…
Ses spidersens se mirent à tinter, mais il ne réagit pas et resta collé à Wade, même quand la porte d'entrée fut discrètement déverrouillée par tante May qui se glissa dans l'appartement en soupirant. Il l'entendit fureter un instant dans la cuisine, puis dans la salle de bain et, finalement, elle se retira dans sa chambre. La main de DeadPool lâcha la sienne et le bras du mercenaire se referma sur sa taille. Il se pressa plus contre lui et, ravi, il ferma les yeux, cherchant le sommeil dans les bras de son amant.
oOo
— Ces spores sont les mêmes que les particules que l'ont a retrouvé dans les bronches des employées de la Compagnie Ceps.
— La quoi ?
Etudiant la plaquette qui contenait les particules des corps des insectes-champignons géants que la scientifique lui avait confiée, Spider-Man se tourna vers elle, intrigué. Elle fronça les sourcils, pour répondre sur le ton de l'évidence :
— La Compagnie Ceps, vous avez neutralisé ses employés quand ils étaient zombifiés…
— Vous voulez dire que les mantes religieuses pourries et les zombies seraient liés ?
DeadPool semblait avoir fait le lien et, inquisiteur, il se tourna vers Spider-Man, les deux points sur les hanches :
— D'ailleurs, où étais-tu à ce moment ?
— J'étais… Occupé.
DeadPool croisa les bras sur sa poitrine, mais Spider-Man l'ignora et, encore, il s'intéressa à la scientifique :
— De quel genre de spore s'agit-il ?
Elle haussa les épaules :
— Je sais simplement qu'ils sont identiques à ceux qui se trouvaient dans le corps de vos victimes…
— « Nos victimes » ?
Peter avait écarquillé les yeux sous son masque, et il se tendit quand DeadPool posa sa main sur son épaule :
— T'enflamme pas, Spidey, c'est toujours comme ça… Les héros font le sale boulot, et, en plus de ça, on les traite de délinquants…
Le touché sur son épaule n'était pas le même que quand DeadPool avait à faire à son amant. Plus ferme, plus froid. Mais il le ressentit tout de même nettement et il pensa à la nuit qu'ils venaient de passer ensembles. Wade ne savait pas que la personne à côté de qui il s'était réveillé ce matin était celle qu'il tenait à ce moment et Spidey s'en sentit désolé. S'il n'avait été question que de sexe, il se doutait bien que le mercenaire se foutait un peu de qui il se tapait, tant que ça lui plaisait bien. Mais Peter sentait bien que ça commençait à glisser vers quelque chose de différent de manière un peu trop certaine pour que ce soit anodin.
Il ne laissait pas Wade indifférent, il était donc responsable de lui dire la vérité s'il autorisait les choses à tourner ainsi.
Mécaniquement, il fit rouler son épaule pour qu'il le lâche, et il pointa la scientifique du doigt :
— Très bien. C'est déjà une découverte en soi. Nous reviendrons plus tard, j'espère que vous êtes consciente que vos recherches nous empêcheront de… Faire d'autres victimes. Et, DeadPool, vient avec moi, il faut que je te parle…
Il sortit du laboratoire d'un pas raide, DeadPool sur les talons. Il se sentait extrêmement nerveux, mais il estimait que ça ne pouvait pas durer ainsi. Il s'était, personnellement, entiché du mercenaire, même si sa conscience professionnelle lui permettait de faire la part des choses quand il était Spider-Man, mais, par sincérité envers DeadPool, il ne pouvait pas lui cacher cette vérité-là trop longtemps. Pas s'il voulait continuer d'approfondir cette liaison avec lui. Et il le voulait.
Quand ils arrivèrent à l'extérieur, il pleuvait fort et Spider-Man soupira, avant de se tourner vers DeadPool qui regardait, penaud, les grosses gouttes s'écraser au sol.
Oui, ce grand nigaud lui plaisait malgré tout, même s'il était bien la dernière personne de qui il avait penser s'attacher ainsi un jour. Et il avait bien compris que Wade était plus émotif qu'il le laissait paraître, même s'il avait cette surprenante capacité à aller de l'avant et qu'il était un peu masochiste sur les bords.
D'un côté, il serait plus juste de lui dire maintenant la vérité, parce que, à partir du moment où il était question de sentiment, il n'était pas permis de cacher certaines cartes, Spidey en était persuadé. De l'autre, maintenant qu'ils faisaient équipe pour combattre le crime de manière plus ou moins régulière, dans la mesure où ils étaient dans le même secteur et que Wade avait décidé de passer dans le camp des super-héros, Peter ne se voyait pas vraiment faire ça « entre amoureux ». Parce que les sentiments, justement, avaient tendance à compliquer un peu les choses et à retirer tout sens du discernement. Alors déjà que DeadPool en avait si peu…
Nerveux, Peter se tordait les doigts, sans savoir comment annoncer la chose, et DeadPool se tourna vers lui, séduisant :
— Tu avais quelque chose à me dire, Baby Boy ?
Spider-Man fronça les sourcils. Wade n'était pas censé savoir qu'il était aussi son amant, alors pourquoi lui parlait-il toujours sur ce ton ? De nerveux, il devint contrarié, même s'il ne le montra pas et, se souvenant qu'il avait, avant tout, affaire à DeadPool, celui qui se disait lui même « canadien au sang-chaud », il répondit sèchement en attrapant son masque, prêt à le retirer :
— Plusieurs choses, oui. De une, le principe de la fidé-
Il ne put finir sa phrase, ses spidersens se mirent à tinter et il bondit en l'air, attrapant le bras de DeadPool au passage. Le bâtiment de recherches explosa derrière eux et, atterrissant au sol, Spider-Man se mit en garde.
— Il y avait des gens, là-dedans !
— Ils ont l'air d'aller plutôt bien, si tu veux mon avis…
Des décombres, plusieurs personnes en blouse se redressaient, l'air hébétées. Si ce n'avait été leur regard jaune et la bave qui leur coulait au menton, l'homme araignée aurait pu croire que, effectivement, ils allaient plutôt bien.
— C'est l'épisode Resident Evil de l'année !
— Ferme-la, Wade, ça à l'air sérieux cette fois, regarde, ils sont en train de pourrir !
Sur eux poussaient, effectivement, d'espèces de champignons poudreux qui répandaient autour d'eux des spores délicats qui s'envolèrent au vent. DeadPool et Spider-Man comprirent en même temps et ils se ruèrent sur les badauds qui s'étaient approché du lieu de l'explosion :
— Reculez ! Ces spores sont toxiques, vous allez- Outch !
Spider-Man, qui s'était, approché d'un groupe de policier, fut soudainement attaqué par ces derniers qui se jetèrent sur lui, le regard aussi jaune que les scientifiques qui approchaient en boitant. DeadPool, de son côté, eut fort à faire avec les résidents de la maison de retraite de la rue qui étaient descendus pour voir ce qu'il s'y passait et qui le tabassaient maintenant à coup de canne.
Les personnes atteintes par le nuage de spores, en plus d'une attitude agressive et dénuée de discernement, avaient plusieurs petits champignons qui poussaient sur leur peau et qui répandait plus de spores encore autour d'eux, si bien que tout le quartier sembla devenir fou. Exceptés Spider-Man et DeadPool qui se retrouvèrent bientôt dos à dos.
Mais, subitement, le combat cessa comme les zombies s'immobilisèrent pour laisser passer un homme bedonnant, couvert de gros champignons et de moisissures. L'air béat, il regarda les zombies moisis s'agenouiller devant lui, puis il se tourna vers Spider-Man et Deadpool qui le toisaient.
— Ceci, mes amis, est la version humaine 2.0. Il me reste à régler le problème de la pourriture, mais, enfin, voilà une race obéissante, serviable et, surtout, dénuée d'esprit d'initiative ou de scrupule.
— Tu as loupé ton entrée… Ce n'est pas ainsi que se présente le méchant de l'histoire.
Les poings sur les hanches, Spider-Man se dressa face à l'homme champignon qui eut un sursaut embarrassé :
— Le méchant ? Je suis tout ce qu'il y a de plus gentil… Vous, par contre, vous tapez sur des personnes sans défense, ce n'est pas très sympa…
DeadPool et Spider-Man échangèrent un regard, et le mercenaire le désigna du doigt :
— Il n'a pas tord…
Peter ne répondit pas et, théâtral, l'autre leva les bras au ciel pour psalmodier d'une voix forte :
— « Le jour où la société humaine n'éprouvera plus de sentiment de supériorité ou de crainte devant un phénomène naturel, l'homme sera en homéostasie avec son univers. Il connaitra l'équilibre. Il ne se projetterait plus dans le futur. Il ne se fixera pas d'objectifs lointains. Il vivra dans le présent, tout simplement. »
— C'est de Churchill ?
— Non, Werber. Ca craint et en plus, c'est hors contexte.
— Taisez-vous ! Je me présente.
— C'est pas trop tôt…
Côte à côte, Spider-Man et DeadPool restèrent sur leurs gardes quand l'autre, qui avait un sens certain du drame, s'inclina devant eux :
— Ainsi, me voilà : Je me nomme Ophiocordyceps Unilateralis, et je-
— C'est un nom, ça ?
DeadPool, lui rigolait trop fort pour s'exprimer et, vexé, l'homme champignon tapa du pied :
— Taisez-vous ! Je ne tolère pas que l'on se moque de moi ! Le monde sera bientôt à moi et vous aussi !
Avant que les deux héros ne puissent réagir, Ophiocordyceps Unilateralis fit voler vers eux un nuage de spores malodorantes. A nouveau, ils échangèrent un regard, mais ne firent pas mine de bouger quand il tonna d'une voix forte :
— Et maintenant, battez-vous à mort ! Le gagnant sera mon champion.
— Il y a un problème, Cordyceps, je n'ai pas vraiment envie d'obéir à tes ordres.
— Moi non plus.
— Je ne m'appelle pas Cordyceps mais Ophiocor- Comment ça, ça ne marche pas ?
Médusé, il regarda les deux autres d'un air ahuri, mais il se reprit bien vite lorsque Spider-Man passa vivement à l'attaque :
— Et maintenant, tu vas débarrasser ces pauvres gens de ta moisissure !
— C'est pas du moisis !
Il se défendit en lançant un nuage de spores paralysants sur Spider-Man, mais l'homme araignée évita la poudre et répliqua en tirant sa toile. Comme un maitre de marionnette ferait vivre son pantin, Cordyceps exigea aux zombies qui les entouraient de le défendre et Peter jugea bon de refreiner ses attaques. DeadPool vint en soutient, mais l'homme-champignon souffla un épais nuage opaque de poudre qui les aveugla et, quand les spores se dissipèrent, ils étaient seuls. Seuls avec une cinquantaine de civiles et policiers endormis à leur pieds. Dénués de pourriture et de champignon.
— Il est parti…
— Et il semble que son pouvoir n'agit sur les gens que s'il est à proximité…
Se baissant, Spider-Man étudia l'un des corps endormi, puis il se redressa lorsqu'il entendit DeadPool japper :
— Hola ! Regarde ce qui arrive !
Il se retourna pour voir venir vers eux un nouveau groupe de policiers. Menés par une femme à la peau d'ébène et aux yeux noirs en forme d'olive qui s'arrêta à quelques mètres d'eux :
— Que s'est-il passé ici ?
Elle était plutôt belle, grande et élancé, et sa tunique d'officier seyait particulièrement bien à son corps galbé. DeadPool s'en pâma :
— Rien qui ne doive vous inquiéter, Ma'am. Tout est sous contrôle, parole de super-héro…
— Tout de même, tout ça a l'air d'être un cas de force majeur.
— Je connais un autre cas de force majeur, Ma'am, vous seule pouvez y remédier, si vous voulez bien…
DeadPool et sa subtilité légendaire... Outré, Spider-Man n'avait pas écouté la fin de la tirade qu'il avait susurré dans l'oreille de la belle lieutenant qui ne sembla pas indifférente. Profitant de l'inattention de celui qui était supposé être son amant, il attrapa sèchement son téléphone et, usant le numéro de Parker, il envoya un SMS salace à DeadPool.
La diversion marcha car, alors qu'il avait déjà posé sa main sur la taille de l'officier, qui, semblant se souvenir de son rôle, fit un pas en arrière en se raclant la gorge, DeadPool se détourna d'elle pour lire le SMS auquel il répondit immédiatement.
Spider-Man prétexta urgemment une toux pour couvrir la sonnerie du message quand il se souvint qu'il n'était absolument pas en silencieux et, comme DeadPool se tournait vers lui, il n'eut pas l'occasion de pouvoir lire ce qu'il avait répondu. Quelque chose de plus salace encore, certainement. Du moins, il espérait ça plutôt qu'un simple « Je suis occupé. »
L'officier s'éloigna pour analyser l'état des dormeurs et Peter fit un bond quand son téléphone sonna encore. Il n'avait pas vu Wade texter un nouveau message. Les joues rouges, bénissant son masque, il sortit son téléphone face à DeadPool qui avait entendu la sonnerie et il bredouilla une excuse tout en jetant un œil au dernier message reçu.
« Ce soir ? »
— C'est Stark, il veut savoir ce qu'il se passe…
A l'annonce du nom du milliardaire, DeadPool leva les yeux au ciel et, se détournant de Spidey, il chercha la belle officier du regard. Peter, qui n'avait pas lâché son téléphone, vit rouge et lui envoya un seul mot par SMS : « Maintenant. »
Il décolla ensuite, sans attendre, pour rentrer rapidement chez lui en se promettant que si l'autre ne se pointait pas à l'instant, ça allait barder.
Malgré la rancœur qu'il sentait vis à vis du mercenaire, il se sentit profondément soulagé et ravi de le voir arriver très peu de temps après lui mais, lorsqu'il fit mine de l'enlacer, il le repoussa sèchement :
— Wade Wilson, il faut qu'on parle.
— Je déteste cette phrase…
— Je viens de voir les infos, Wade.
— Ho ?
— Et je sais que ce n'est pas la première fois que ça arrive…
— C'est à quel propos ?
Peter lui lança un regard perçant, puis il approcha de lui pour lui retirer son masque, avant de reculer jusqu'à s'asseoir sur son lit :
— La fidélité, Wade, que connais-tu de ce concept ?
Le mercenaire lui lança un regard surpris, comme s'il se demandait pourquoi un tel sujet arrivait sur le tapis, puis, à son tour, il vint s'asseoir sur le lit pour répondre prudemment :
— C'est quelque chose qui concerne les couples…
— C'est ce que nous sommes, Wade, ne vient pas me dire le contraire. Et si tu veux que nous le restions, il va falloir faire mieux que ça.
Peter s'était montré implacable et ils s'affrontèrent du regard. Bien entendu, il se sentait un peu con de faire la morale à Wade alors que, des deux, il était le plus à blâmer, niveau confiance, mais ce n'était peut-être pas le moment de lui parler de Spider-Man, surtout s'il s'avérait que l'autre tartempion continuait d'aller butiner à droite et à gauche alors qu'il était avec lui. Ils n'avaient encore jamais discuté de ça, de leur couple et de ce qu'ils se promettaient l'un à l'autre, donc Peter ne pouvait légitimement pas en vouloir à DeadPool de continuer d'être DeadPool. Mais si le mercenaire était si libre et si volage, ce n'était pas le cas du plus jeune qui se savait incapable de vivre avec un homme s'il devait se demander en permanence ce qu'il était en train de faire, et avec qui, à partir du moment où il n'était plus en vue. Donc peut-être que le sujet Spider-Man n'arriverait jamais sur le tapis, finalement.
Sa répartie amena un petit silence, puis DeadPool pencha la tête pour demander :
— Tu dis que nous sommes un couple ? Toi et moi ?
Peter soupira. Ce qu'il pouvait être lourd, parfois. Et il prit sur lui pour répondre avec patience :
— Ca fait bientôt deux mois que l'on se voit minimum trois fois par semaine, que l'on couche ensemble, que tu viens chez moi ou bien que tu m'invites chez toi… que te faut-il de plus ? Personnellement, mis à part toi, je ne vois personne d'autre.
— Tu veux dire que ça fait deux mois que tu ne couches qu'avec moi ?
Irrattrapable…
— C'est le principe de l'exclusivité, Wade, ne me dit pas que tu n'en es pas familier, je ne dois pas être la première personne avec qui tu sors.
— Non. Et, maintenant que tu le dis, c'est vrai que la même conversation revient souvent sur le tapis…
Peter eut soudain envie de le frapper. Il se contenta de l'attraper au col :
— Ne te fous pas de moi ! Tu es bien plus expérimenté que moi vis à vis de ça ! Et je ne sais pas sur quel accord se sont conclues tes précédentes conversations avec tes précédents conjoints ou conjointes mais, avec moi, ce ne sera pas négociable ! Soit c'est moi tout seul, soit c'est tout le monde sauf moi !
— Tu as raison.
Il fronça les sourcils face à l'affirmation soufflée d'un ton joueur. Et, posant les mains sur les siennes, crispées sur sa tunique de cuir, Wade se redressa pour susurrer contre ses lèvres :
— Oui je me moquais de toi. Oui, je suis bien plus familier et oui, je connais le principe de fidélité, que je suis très capable d'appliquer, ne t'inquiètes pas. Je voulais simplement te voir en colère, ça me rappelle pourquoi j'ai tant craqué sur toi et pourquoi l'idée d'être ton exclusivité ne me dérange pas. Et, aussi, ça me met totalement on, Peter. Mon Peter.
— De quoi-
Il n'eut pas le temps de comprendre que, d'une pression, Wade le fit basculer dos sur le lit pour embrasser ses lèvres avec passion, le plaquant entre son corps et le matelas. Peter se demanda un peu ce qu'il venait de se passer et, aussi, ce qu'il était en train de se passer.
Wade venait-il d'approuver l'idée d'être en couple avec lui, pour de vrai ? Avec toutes les contraintes qui allaient avec ? Du moins, la seule qui soit vraiment essentielle à ses yeux… Et avait-il dit qu'il avait craqué sur lui ?
Il ouvrit franchement la mâchoire quand son amant vint enrouler sa langue autour de la sienne et il se sentit électriser par l'ardeur et la passion du baiser qui lui fut demandé. Il resta légèrement étourdit lorsque Wade se sépara de lui pour le déshabiller entièrement, et Peter se redressa pour dézipper sa tunique de cuir tout en embrassant sa gorge. Mais DeadPool le repoussa presque brutalement pour le presser contre le lit et il se pencha sur lui en faisant glisser une main sous sa cuisse nue.
— De toute manière, ça fait un moment que je n'ai vu personne d'autre moi non plus… Je ne suis pas si impulsif que ça, tu sais ? Et je suis quelqu'un d'extrêmement loyal envers les personnes que j'apprécie. Mais sent-toi libre de me reparler sur ce ton-là quand tu veux… .
Peter écarquilla les yeux lorsqu'il le sentit s'introduire en lui. Il en frémit de plaisir mais, pour la forme, il mordit ses lèvres dans un baiser agressif. La plupart du temps, Wade aimait tarder dans les préliminaires et se montrait même plutôt doux et patient. Mais parfois, pas du tout. Et, dans ces cas là, Peter estimait que c'était une bonne chose qu'il ait des aptitudes de super héro surhumain.
Il s'agrippa à ses épaules et le laissa mener le rythme, dense et ardent. Autant de fois qu'il le désira, même s'ils durent difficilement se faire discrets lorsque tante May rentra au milieu de la nuit. Ce qui, finalement, les obligea à partager des étreintes bien plus lentes, mais bien plus intimes que ce qu'ils avaient l'habitude de faire, où la frustration et la retenue amenaient un plaisir plus intense et plus long.
L'aube les trouva repus et enlacés, emmêlés dans les draps défaits.
Caressant mollement le torse du mercenaire, la joue posée sur son épaule, Peter réfléchissait à la meilleure manière de lui dire la vérité sur cette situation bizarre dans laquelle il s'était fourré. Un simple « Au fait, Spider-Man, c'est moi » ne risquait pas de très bien passer. Mais ce serait peut-être mieux que rien du tout. Alors il prit son courage et ouvrit la bouche pour parler, mais Wade fut plus rapide :
— Toutefois… Peut-on discuter à propos d'un free-pass ? Pas beaucoup, hein… Juste 5 personnes, pas plus. Et seulement une fois chacune… Autant pour toi que pour moi bien entendu.
— De quoi parles-tu ?
— Cinq personnes avec qui je peux coucher si j'en ai l'occasion… Mais pas n'importe qui pour que ce soit vraiment exceptionnel ! Par exemple, Hilary Clinton, si elle devient présidente, Thor, si jamais il se transforme en fille, Zombie Arthur, Spider-M-
— Ta gueule, Wade.
Après ça, il n'eut plus envie de lui dire quoi que ce soit.
oOo
Merci d'avoir lu !j'espère que ça continue de vous plaire !
C'est les vacances alors mon job s'est pas mal allégé, donc j'ai un peu plus de temps pour l'écriture des fanfics !
Merci à tous les reviewers !
N'hésitez pas à laisser un petit mot sur ce que vous pensez du truc, ça me fait toujours plaisir !
