*JKRowling*

Résumé du chapitre précédent :

CHAPITRE I – … Ou Le Début De La Fin ?
(Du Lundi matin 1er Juillet au Dimanche soir 07 Juillet)

Voldemort continue ses plans de conquête de la Grande Bretagne, et reprend ses planifications de contrôle des points clefs du monde sorcier : le Chemin de Traverse, Gringotts, et Poudlard.
Pendant ce temps les jeunes sorciers passent un début de vacances assez agréable. Harry, chez les Dursley, apprécie la tranquillité, même si la séparation avec Drago est douloureuse. Après une visite de Severus et Kingsley, pour évoquer le testament de Sirius (Harry devient propriétaire du Square Grimmaud et de Kreattur, et laisse l'Ordre utiliser le lieu comme quartier général), Harry raconte absolument tout aux Dursley (qui avaient été effrayés par Severus et avaient entendu sa filiation avec Harry). Ceux-ci apprennent enfin à le connaître réellement.
Drago vient chercher Harry à la fin de la semaine, et leurs retrouvailles sont intenses. Au Manoir Malefoy, après en avoir discuté avec les Amari pour avoir l'accord de tout le monde, Drago et Harry décident de dévoiler à Narcissa Malefoy la vérité.

Ce chapitre se déroule : du Dimanche soir 07 Juillet au Vendredi soir 19 Juillet.

Enjoy!

Note : Mes excuses pour le retard !

.


.

PREMIERE PARTIE
Chapitre 2 – Forces En Puissance

.

.

Narcissa Malefoy regarda Drago comme s'il était devenu fou. Mais il était extrêmement sérieux. Elle leva les yeux, et chercha ceux de Darren pour y chercher la vérité. Il lui rendit un regard grave.

Harry se leva, et plaçant ses mains derrière lui pour ne pas montrer le geste qu'il allait faire, il ôta lentement l'anneau qui maintenait son apparence.

Et Narcissa vit Darren Prince se transformer en Harry Potter.

Elle se leva brusquement, et tituba en reculant. Drago sauta sur ses pieds pour s'approcher d'elle, voyant qu'elle se mettait à paniquer.

- Mère ! appela-t-il. Mère, tout va bien, tout va bien, je te le promets.

- Il… tu… se mit à balbutier Narcissa. Vous… Il…

Drago s'avança, mais elle recula encore, les yeux écarquillés de peur.

- Tout va bien, Mrs Malefoy, dit Harry à son tour.

Sa voix avait été aussi grave que son regard, mais extrêmement calme, pour essayer d'apaiser Narcissa.

- Mère… essaya encore Drago.

Mais Narcissa refusait d'entendre. Elle recula à nouveau. Elle tourna les yeux vers Harry. Soudain, de l'orage y gronda.

- Est-ce que tu as laissé Drago croire que tu étais Darren Prince pour l'attirer et infiltrer le camp du Seigneur des Ténèbres ? demanda-t-elle durement.

- Non ! réagit immédiatement Drago.

- Absolument pas, répondit Harry aussi rapidement. Jamais je n'aurais fait une chose pareille !

- Je suis tombé amoureux d'Harry, mère. D'Harry.

Si Narcissa était toujours méfiante et si la peur ne l'avait pas encore quittée, de ce qu'elle venait d'apprendre, la sorcière cessa toutefois de reculer lorsque Drago s'approcha d'elle une fois encore.

- Vous… vous êtes complètement fous… chuchota Narcissa, comme si parler plus fort allait soudainement les faire surprendre. Vous allez vous faire tuer ! Vous… Drago… Si le Seigneur des Ténèbres…

- Mère, nous avons réussi à tromper Voldemort depuis plus de six mois, nous ne risquons rien, il ne se doute pas un instant que le Darren Prince qu'il connaît puisse être Harry en réalité.

Narcissa regarda de nouveau Harry, et cette fois, elle réalisa. Elle réalisa que le jeune homme qu'elle avait pu voir était celui qui devait sauver le monde sorcier. Celui qui avait déjà plusieurs fois déployé les ténèbres autour de lui, était aussi celui qui devait en débarrasser le monde.

- Tu… murmura-t-elle, à Harry, après un long silence. Tu as passé les derniers mois à prétendre… Tu as passé les derniers mois caché juste sous le nez du Seigneur des Ténèbres, à prendre des risques constamment, et à prétendre que tu étais un mage noir en puissance…

Harry hocha lentement la tête, et elle vit alors une ombre passer dans ses yeux. Une ombre de regrets, de doutes, une ombre qui mêlait une grande lassitude et une détermination qui ne faillirait pas.

Et Narcissa Malefoy comprit. Elle comprit bien plus que quiconque ne s'y serait attendu.

- Comment… Comment parviens-tu à faire une chose pareille sans… sans finir par… murmura-t-elle encore, sans pouvoir continuer.

Drago et Harry sentirent une vague d'émotion les emplir tous les deux en même temps. Narcissa était toujours terrifiée, mais en quelques secondes, elle avait réalisé, et perçu, elle avait perçu tout ce que la révélation qu'ils lui avaient faite signifiait.

Les deux garçons échangèrent un regard chargé d'épreuves et de sens, et Narcissa continua de comprendre.
Harry remit son anneau, et reprit ses traits de Darren Prince. Drago s'avança à nouveau vers sa mère, et cette fois, elle avança vers lui en retour.

- Drago… murmura-t-elle en le regardant intensément. Oh, mon tout petit…

Elle l'enlaça et il la laissa faire. Elle n'avait pas encore tout saisi, et elle avait de très nombreuses questions encore à poser, mais elle les laissa de côté un moment. Pour l'instant, elle devait être une mère pour son fils.

Elle ne parvenait à croire que Drago avait pris autant de risques pendant des mois, sans jamais se faire soupçonner ou surprendre. Elle ne parvenait à croire qu'elle avait manqué de le perdre chaque seconde passée auprès du Seigneur des Ténèbres, sans en avoir une seule fois conscience.

Elle réalisait que si Drago n'avait pas été autant préparé, protégé, et fort, et s'il n'avait eu autant de chance, il ne serait peut-être pas là pour qu'elle le prenne dans ses bras.

.

Lorsque Narcissa fut un peu plus revenue de ses émotions, ils s'assirent tous les trois à nouveau et purent cette fois parler sans rien cacher. Harry ressentait la libération que c'était pour Drago, de pouvoir enfin raconter qui il était, ce qu'il faisait, ce qu'il pensait, à sa mère.

Il comprenait un peu, c'était pour ces raisons aussi qu'il avait également tout raconté aux Dursley. Et les émotions de Drago lui étaient tant partagées qu'il avait l'impression de se libérer à son tour, tandis que Narcissa découvrait la vérité sur Drago et lui.

Narcissa comprenait aussi enfin la force des sentiments des deux jeunes gens. Cette force qu'elle avait perçue, et que le Seigneur des Ténèbres associait à autre chose, elle savait, elle, désormais, quelle était véritablement son origine.

Ils parlèrent très longtemps, jusqu'à ce que Drago tombe de sommeil. Narcissa avait commencé de poser des questions à Harry, et Drago s'endormait sur l'épaule de son compagnon.

Harry voulut alors se lever et l'emmener se coucher, mais Narcissa l'arrêta.

- Darren, attends, lui dit-elle.

Il resta assis et l'écouta.

- Comment va mon époux ? demanda-t-elle doucement.

- Il est bien traité, répondit Harry sur le même ton.

- Pourquoi l'avoir enlevé ? interrogea alors Narcissa.

Harry hésita. Il ne savait pas s'il fallait répondre sincèrement à cette question.

- Réponds, Harry… murmura Drago à moitié endormi. …plus de secrets…

Le sourire tendre qui s'étira sur les lèvres d'Harry émut de nouveau Narcissa, comme chaque fois qu'elle était témoin de l'amour que le jeune homme portait à son fils.

- Nous vous avons parlé des Amari, de l'Attraction, commença Harry. Et vous savez maintenant comment Drago et moi sommes liés. Et bien l'Attraction s'est déclenchée face à votre mari.

Narcissa regarda Harry avec une grande surprise.

- Nous pensons que c'était peut-être simplement une association, de magies, expliqua Harry.

Narcissa resta pensive. Elle laissa cependant ce sujet de côté, faisant confiance au jeune homme sur la correction de la captivité de son époux. Elle avait cependant une autre question.

- Darren, dit-elle à nouveau, puis-je me permettre de te demander…

- Allez-y, l'invita-t-il en lui adressant un sourire encourageant.

Elle resta finalement silencieuse encore un moment, avant de dire avec plus d'assurance :

- Je t'ai vu, plusieurs fois, devenir… plus sombre, que ce qu'on attendrait de toi. Même lorsqu'on le justifie par le rôle que tu as à jouer.

Harry comprit où elle voulait en venir. Lorsque Narcissa posa sa question, sa voix était sérieuse, et grave.

- Peux-tu me donner ta parole que tu continueras de te battre contre le Seigneur des Ténèbres et que tu n'en deviendras jamais un toi-même ? Que jamais tu ne te laisseras tenter par ce qu'il pourra t'offrir ? Que quoi que tu aies à faire, tu iras jusqu'au bout de ce combat, et qu'ensuite, tu laisseras tout derrière toi ? Peux-tu me donner ta parole que nous n'aurons jamais à nous dresser contre toi pour protéger les nôtres et sauver nos libertés ?

Harry regarda Narcissa, et elle le fixa des yeux, intensément, pour s'assurer qu'il réponde la vérité. Harry baissa alors les yeux sur Drago. Il passa une main dans les cheveux blonds, et posa ses lèvres sur le front de son amour. Puis il releva la tête, et regarda Narcissa de nouveau.

- Je vous donne ma parole de ne jamais cesser de me battre contre toutes les tentations qui pourraient m'emmener dans cette voie.

Il avait répondu gravement. Il ajouta, dans un murmure :

- Et si je deviens moi-même la menace que j'essaie aujourd'hui d'empêcher, je m'arrêterai de mes propres mains.

Ils se comprirent.

- Je vous en donne ma parole.

Narcissa hocha la tête.

.

Quelques jours passèrent ensuite dans une atmosphère extrêmement agréable pour Narcissa Malefoy, Drago, et Harry.

Ils avaient renforcé les sortilèges autour du Manoir pour être certains de ne pas pouvoir être surveillés ou écoutés, et Harry faisait particulièrement attention dès qu'ils parlaient de quelque chose qui les aurait dévoilés.

Ils ne disaient rien de risqué devant les serviteurs, et s'assuraient d'être seuls si leurs paroles évoquaient des sujets secrets, mais ils avaient tous les trois un sentiment de liberté et de tranquillité qu'ils appréciaient vraiment.

Harry et Narcissa devinrent également plus proches. Narcissa, heureuse que son fils ait un amour aussi fort dans sa vie, et heureuse de le voir lui-même heureux avec Harry, traitait celui-ci comme s'il était aussi son fils. Et Harry avait l'impression, pour la première fois de sa vie, d'avoir, un peu, une mère.

Narcissa n'avait pas perdu ses propres valeurs, et elle n'avait pas décidé de les renier. Mais le plan que Lucius et elle avaient commencé de monter devenait plus facile à accomplir désormais.

En effet, l'obstacle qui empêchait le couple d'être mis en sécurité par l'Ordre avait été le personnage de Darren Prince, dont ils ne savaient pas s'il pourrait les dénoncer à Voldemort.

Or, maintenant que Narcissa savait qu'elle ne risquait plus rien de ce côté-là, elle se mit à réfléchir très sérieusement à la situation.

Harry lui promit que si elle décidait de changer de camp, de fuir Voldemort, elle serait prise en charge par l'Ordre, mais serait bien traitée, et protégée. En revanche, il ne put rien promettre au sujet de Lucius Malefoy, mais il assura Narcissa qu'il réfléchirait sur la question.

Au vu des récentes informations, Narcissa décida de laisser de côté les barrières entre sang-purs, sang-mêlés, et nés-Moldus, entre les différentes classes sociales, en tout cas pour le moment. Il serait toujours temps de les relever après la guerre, mais il fallait d'abord y survivre et la gagner.

Harry se souvint aussi de s'occuper du cas de Kreattur. L'elfe de maison fut appelé, et s'il fut mécontent d'être passé au service d'Harry, il dut tout de même accepter son nouveau maître et ses ordres.

Harry lui interdit de dévoiler quoi que ce soit qu'il entendrait au Square Grimmaud ou auprès de lui, et de sortir de la maison des Blacks sans autorisation, et Kreattur acquiesça sans broncher.

Drago trouvait cela complètement normal, mais Harry n'aimait pas vraiment avoir le contrôle ainsi complet d'un autre être vivant. Il se promit que les prochaines fois qu'il croiserait l'elfe de maison au Square Grimmaud, il se montrerait plus amical.

.

Severus rentra de sa mission peu après l'arrivée d'Harry au Manoir Malefoy, et leur rendit visite. Lorsque Narcissa lui apprit qu'elle savait tout désormais, il fut à la fois stupéfait, mécontent, et ravi.

Il trouvait qu'Harry et Drago avaient pris trop de risque, même s'il faisait confiance à Narcissa pour ne rien dévoiler d'elle-même. Certes, elle avait prêté serment, mais Voldemort était véritablement puissant, et Severus jugeait que ce n'avait pas été une bonne idée.

Toutefois, il appréciait vraiment Narcissa. Il avait toujours été l'ami de Lucius Malefoy, et connaissait d'abord Narcissa uniquement par le biais de son époux. Mais depuis les récents évènements, Narcissa et Severus s'étaient aussi rapprochés. Tous les deux inquiets pour leurs fils, ils étaient devenus plus amis eux-mêmes.

Lors du dîner qui les rassembla tous les quatre, et une fois les serviteurs renvoyés, ils s'autorisèrent à parler franchement, et à être beaucoup plus naturels qu'auparavant. Et Harry sentit l'émotion le prendre en réalisant que c'était ainsi que pouvait être une famille normale. Alors Drago lui promit qu'ils en auraient une heureuse lorsque tout serait terminé.

.

Bien sûr, Voldemort devait se rappeler à leur souvenir. Au milieu de la semaine, il convoqua auprès de lui ses nouvelles recrues, les jeunes Marqués.

.

A la fin de l'année précédente, le mage noir avait imposé à un groupe choisi de jeunes gens une marque différente de la Marque des Ténèbres. Il voulait faire d'eux le début d'une nouvelle ère, il voulait qu'ils soient des serviteurs loyaux, fidèles, et plus forts que les Mangemorts, désormais plus âgés, et fatigués des années de guerre déjà passées.

Parmi ces Marqués se trouvait Harry sous son identité de Darren Prince, le premier à avoir été marqué, et le plus puissant, certains murmuraient qu'il était peut-être l'héritier de Voldemort, et le mage noir était même persuadé que Darren Prince était l'héritier de Salazar Serpentard.

Il y avait aussi Drago, jouant son rôle lui aussi, prétendant sa loyauté, tout comme Théodore Nott, Blaise Zabini, et Daphné Greengrass, qui étaient des Amari, et des amis d'enfance de Drago, et qui jouaient aussi le rôle de fidèles de Lord Voldemort.

Mais il se trouvait aussi des jeunes sorciers véritablement loyaux envers le mage noir : Joris Haken, qui avait dirigé dans la maison Serpentard un groupe de partisans au sein de Poudlard, jusqu'à ce que Darren Prince ne lui prenne sa place, et son ami Adrian Pucey, Serpentard posé et réfléchi, préfet en chef de l'école l'année précédente.

Tous les deux avaient terminé leurs études à Poudlard à la fin de l'année, étaient très puissants, et connaissaient de nombreux sortilèges qui n'étaient pas enseignés à l'école. Ils possédaient les valeurs et idées traditionnelles des sang-purs, et suivaient Voldemort pour accomplir avec lui son projet d'épuration du monde sorcier. Ils rejetaient les nés Moldus, et prônaient la pureté du sang magique.

A leur suite venaient les jumeaux Mike et Antonia Ophis. Ils partageaient aussi ces valeurs, mais étaient de plus cruels, violents, et destructeurs. Ils avaient un an de plus qu'Harry et Drago, mais ceux-ci avaient réussi, difficilement et état à surveiller, à s'imposer au-dessus d'eux dans le groupe de partisans, et chez les Marqués.

Et puis il y avait également Pansy Parkinson. La jeune fille avait toujours affiché clairement ses idées et son allégeance, et n'hésitait pas à tourmenter d'autres élèves. Sa famille faisait partie de celles plutôt aisées et de sang-pur, et était proche de Voldemort. C'était pour toutes ces raisons que le mage noir avait fait d'elle une Marquée.

Mais Pansy, depuis, vivait terrifiée. Elle n'avait jamais pensé se retrouver à un tel stade, et n'avait jamais réalisée ce que tout cela signifiait. Et désormais, elle se retrouvait piégée, forcée d'obéir et de faire ce que le Seigneur des Ténèbres lui demanderait, sans aucune possibilité de fuir.

.

Les jeunes Marqués sentirent tous en même temps leur Marque leur brûler le poignet et le bras. Au lieu de la Marque des Ténèbres, une tête de mort dont sortait un serpent qui s'enroulait lui-même, les jeunes gens avaient, comme tatoué, indélébile, sur le bras droit et autour du poignet, deux serpents qui s'entrelaçaient élégamment et semblaient onduler lorsque le mage noir les appelait.

Ils répondirent au plus vite. Il ne fallait pas faire attendre Voldemort. Ils se laissèrent guider par l'appel et transplanèrent rapidement auprès de lui. Il les attendait, assis dans son trône, dans la grande salle de l'ancienne demeure de Dolohov, cette salle qu'il avait faite sienne.

Théodore, Blaise, Daphné, Drago, et Harry masquèrent leur plaisir de se retrouver, et sa saluèrent tout de même joyeusement en esprit. En apparence, tous ceux qui n'étaient pas connus pour être proches se saluèrent plus froidement.

Ils entrèrent en même temps dans la pièce, et s'avancèrent dans un ordre conscient : Darren Prince devant, sans que personne ne le conteste, et à ses côtés Drago Malefoy son compagnon. Puis Joris et Adrian. Ensuite les autres étaient à peu près sur le même plan, excepté Pansy qui tentait de se cacher derrière eux.

- Ah ! Vous voilà ! les salua Voldemort, son rictus satisfait sur les lèvres.

Harry perçut immédiatement qu'ils étaient en sécurité. Ses sens développés grâce à son Animagus loup, comme chaque fois qu'il était en présence du mage noir, lui permirent de discerner dans les intonations de sa voix et dans les inclinaisons du corps, qu'ils ne risquaient rien, et que Voldemort était de bonne humeur.

Il partagea immédiatement ses observations avec les Amari présents, pour aider tout le monde à se détendre un peu.

- Bien, très bien, continuait Voldemort. Je suis ravi de vous revoir, et j'ai hâte de vous voir un peu plus à l'œuvre.

Voldemort ne continua pas tout de suite. Il les observa longtemps, et ils se sentirent rapidement mal à l'aise.

- Queudver ! appela soudain le mage noir d'une voix forte.

Le petit homme apparut presque immédiatement, par une étroite porte dans le mur du fond de la pièce, derrière le trône de Voldemort. Harry jeta sur le sorcier un regard méprisant.

De son véritable nom Peter Pettigrow, Queudver avait d'abord trahi les parents d'Harry, puis s'était arrangé pour que Sirius soit accusé à sa place et envoyé en prison, et il s'était enfui tout aussi traîtreusement deux ans auparavant, coupant à Harry tout espoir de vivre avec son parrain qui aurait été libre. Alors que James, Sirius, et Remus avaient été ses meilleurs amis pendant des années…

- Je doute que vous vous soyez exercés pendant ce début de vacances, alors voici Queudver, qui n'a pas encore été suffisamment puni pour ses récentes maladresses, et ses erreurs passées, annonça Voldemort. Entraînez-vous donc au Doloris sur lui.

Queudver se recroquevilla et se mit à gémir en suppliant le mage noir d'une voix à peine audible. Rapidement, Voldemort fut particulièrement énervé. Il donna un coup de pied au petit homme misérable, qui tomba à terre en gémissant plus fort.

Il y eut un moment immobile et silencieux. Et puis, visiblement agacé lui aussi, Joris avança, la baguette en avant.

- Endoloris ! cracha-t-il avec mépris.

Queudver se tordit par terre en poussant des cris aigus.

Lorsque Joris cessa son sortilège, Antonia et Mike se précipitèrent pour prendre la relève. Harry émit alors un claquement de langue autoritaire. Ils se raidirent, et tournèrent la tête vers lui. Il les fixa du regard, et ils tentèrent de le maintenir. Mais ils durent baisser les yeux.

Harry ne voulait pas particulièrement être le suivant à jeter le sortilège Doloris à Queudver. C'était juste qu'il n'avait pas supporté l'attitude empressée des jumeaux. Comme il ne bougeait pas, Antonia le regarda. Il lui adressa un signe de tête qui l'autorisait à continuer.

Elle donna un coup de coude à son frère, et ils pointèrent leurs baguettes sur Queudver.

Pendant que celui-ci se tordait de nouveau de douleur sur le sol, Voldemort regarda Darren Prince avec une grande satisfaction.

Ils passèrent ainsi les uns après les autres. Puis Voldemort, de sa baguette, fit léviter Queudver qui avait perdu conscience, jusqu'à la petite porte par laquelle le misérable était entré, et il le laissa là sans s'occuper davantage de lui.

- Je vous ai attribués des missions, et vous serez en équipes de deux, que j'ai constituées moi-même, annonça alors Voldemort. Vous vous montrerez assez intelligents pour ne pas questionner mes choix en la matière.

Ils se gardèrent bien de répliquer quoi que ce soit, et Voldemort désigna donc les paires dont il avait décidé.

- Darren, tu travailleras avec Antonia. Drago, avec Joris. Ensuite, Théodore et Adrian. Puis Blaise et Pansy. Et enfin, Daphné et Mike.

Le concert de grimaces et grognements de mécontentement qui suivit son annonce l'agaça. Il s'approcha brusquement d'eux, et à sa grande satisfaction, ils eurent tous un mouvement de recul.

- Vous avez quelque chose à dire… ? siffla-t-il.

Ils se tinrent droits, baissèrent la tête, et reprirent une expression neutre.

- Bien… murmura Voldemort, une menace encore dans la voix.

Il y eut un long silence, lourd de sous-entendu.

- Vous recevrez les informations sur vos missions dans quelques jours, je vous les enverrai directement. J'ai encore quelques détails à régler avant de vous envoyer les remplir, expliqua rapidement Voldemort, toujours agacé.

Ils inclinèrent la tête pour indiquer qu'ils avaient compris et qu'ils ne questionnaient rien.

- Partez maintenant, leur dit Voldemort sèchement. Prince, tu restes, j'ai à te parler.

Pansy fut la première dehors, et les autres ne tentèrent pas leur chance. Mike et Antonia jouaient les durs, Théodore et Adrian les indifférents, et Joris faisait mine de n'avoir peur de rien, mais lorsque le Seigneur des Ténèbres trouvait une raison d'être en colère contre eux, leurs assurances s'envolaient trop rapidement.

Drago ne s'approcha pas trop d'Harry en esprit pour ne pas risquer d'être repéré par Voldemort mais ils échangèrent toutefois un regard avant que le premier ne quitte la pièce.

- Viens par ici, ordonna Voldemort en retournant s'asseoir sur son trône.

Toutefois, son ton avait perdu de son énervement. Harry le suivit et resta debout devant lui, sans baisser la tête cette fois. Voldemort ne s'en formalisa pas. Il commençait à connaître Darren Prince.

- Où en es-tu, avec les pierres de ta famille ? demanda le mage noir.

- Drago et moi allons passer une semaine de vacances chez mes cousins Nimwë, et Blaise sera là aussi, répondit Harry avec assurance. Nous avons un plan pour accéder au trésor et récupérer les pierres pendant notre séjour.

- Très bien. Tiens-moi au courant de tes avancées. Et agis rapidement, j'ai besoin de Gringotts, et je ne pourrai rien négocier avec les gobelins sans ces pierres.

Harry hocha la tête.

- Et donne l'exemple aux autres, lui dit alors Voldemort. Tu es le premier des Marqués, j'attends de toi une attitude exemplaire lors de ta mission, même si tu n'apprécies pas ta coéquipière. Ces dissensions entre vous ne pourront que me desservir et je le refuse. Me suis-je bien fait comprendre ?

Harry détourna les yeux mais acquiesça pour que Voldemort le laisse partir. Le mage noir ne fut pas dupe, cependant, il n'insista pas.

- Tu peux t'en aller.

Harry partit sans lui laisser le temps de le retenir. Voldemort le regarda s'éloigner en réfléchissant. Darren Prince commençait à prendre trop de libertés, il serait bientôt temps de lui rappeler qui commandait…

.

A son retour au manoir Malefoy, il fut accueilli par Drago qui l'attendait, un peu soucieux malgré tout, et par Narcissa Malefoy, qui avait été beaucoup plus inquiète pour les deux garçons maintenant qu'elle savait la vérité.

- Mère, tu vois bien que nous n'avons rien ! s'énerva un peu Drago finalement.

- Ne me parle pas sur ce ton, jeune homme, lui répliqua Narcissa sans se démonter.

Surpris, Drago se tut. Harry se mit à rire. Drago lui jeta un regard noir et se mit à bouder, faisant redoubler l'hilarité d'Harry. Narcissa les laissa tous les deux, plus souriante déjà, de les voir se chamailler comme si rien ne venait de se passer.

Au dîner, Narcissa proposa :

- J'ai eu envie d'organiser une soirée, alors j'ai invité quelques familles parmi nos connaissances, celles de vos amis, à venir au manoir samedi soir. Vous ne repartez que le lendemain, je crois ?

- Oui, répondit Drago. On transplanera chez les cousins d'Harry dimanche dans l'après-midi. Es-tu sûre que c'est une bonne idée ?

- Je ne m'inquiète pas, ce sera un dîner un peu mondain, comme nous en donnons depuis des années. Et vous avez assez d'entraînement pour ne pas déclarer vos véritables intentions devant les parents de vos amis, je suppose…

Harry sourit et Drago leva les yeux au ciel avec évidence.

- Très bien, alors ! conclut Narcissa, ravie.

Elle se leva et rapporta le plat à la cuisine. Harry sentit Drago s'attrister à la seconde même où elle quitta la pièce. Il se tourna vers lui.

- Entre mon père qui lui manque, et nous qui allons partir dans quelques jours, je crois qu'elle aimerait ne pas se sentir aussi seule… murmura Drago, les yeux fixés sur la porte derrière laquelle sa mère avait disparu.

Harry attrapa sa main.

- Je suis désolé, chuchota-t-il.

Drago haussa les épaules et poussa un soupir résigné.

- Ce n'est pas comme on pouvait y faire quelque chose, n'est-ce pas ? dit-il à voix basse.

Harry se sentit désemparé.

.

Comme les jours suivants se passèrent sans nouvelles de Voldemort, ni pour les deux jeunes gens, ni pour Narcissa, que le mage noir semblait laisser tranquille pour le moment (à son grand soulagement), ils vécurent à nouveau quelques temps agréables.

Ils préparèrent leur petite réception privée en prenant plaisir à distraire ainsi leurs esprits, et évitèrent tous les sujets difficiles. Severus vint aussi plusieurs fois dîner avec eux, et voir Harry l'accueillir chaleureusement lui faisait toujours extrêmement plaisir.

Severus avait, pendant l'été, deux missions distinctes. La première, recruter un clan renégat et mercenaire, était la plus aisée, et il n'avait pas besoin de manigancer ou faire attention à ce qu'il rapportait à Voldemort. La seconde en revanche était plus délicate.

Il était censé prendre progressivement plus d'influence auprès de Minerva McGonagall la directrice de Poudlard pour qu'elle le nomme successeur et directeur adjoint. Officiellement, Severus était détesté de la plupart des professeurs pour avoir tué Dumbledore et pour être un Mangemort, ce qui rendait, en apparence, la tâche plus difficile.

Mais la véritable difficulté était de jouer entièrement ce jeu-là sans laisser un seul instant paraître qu'en réalité, Minerva McGonagall et Severus Rogue appréciaient beaucoup la compagnie l'un de l'autre.

Severus savait qu'il n'aimerait jamais une autre femme que Lily, il n'était absolument pas question de sentiments. Mais Minerva et lui avaient découvert qu'ils aimaient passer des moments plus légers et plus privés ensembles, pour partager un thé et discuter de choses et d'autres.

Et puis, il allait falloir trouver des justifications pour que cette mission ne réussisse pas. Car il était hors de question de risquer que Voldemort puisse avoir accès à Poudlard.

Harry réfléchissait aussi beaucoup au cas de Lucius Malefoy. Si Narcissa décidait de demander la protection de l'Ordre, et Harry espérait que ce serait le cas pour un bon nombre de raisons de sécurité qui la concernaient mais qui le concernaient aussi, alors Harry envisageait de libérer en partie son époux.

Lucius Malefoy pourrait alors être prisonnier d'une demeure, où il vivrait avec sa femme, plutôt que de rester dans une cellule sous la Maison, ce qui n'était pas non plus l'idéal d'ailleurs. Et Narcissa ne serait pas seule, et serait avec son mari.

Mais Harry hésitait. Il avait peur, il l'avouait, que Lucius Malefoy ne finisse par convaincre Narcissa de chercher à attaquer l'Ordre dans le dos, ou de l'aider à se libérer. Il avait confiance en la mère de Drago, mais Severus lui avait aussi rappelé qu'il fallait qu'il soit beaucoup plus prudent que ce qu'il avait été depuis la fin de l'année.

Le climat plus tranquille du mois de juin et du début des vacances avait relâché l'attention d'Harry, et il reconnaissait lui-même qu'il avait pris trop de risques. Mais cela leur avait fait tellement de bien, à Drago et à lui, de parler aussi ouvertement à leurs familles !

Mais Severus avait raison. Et Harry le savait.

.

Le samedi soir arriva, et avec lui, un certain nombre d'invités. Narcissa n'avait pas organisé une grande soirée, mais plutôt une petite réception, et n'avait rassemblé que des familles assez proches, que les amitiés soient entre elle et les autres parents, ou entre leurs enfants.

Ainsi, les Greengrass se présentèrent sur les coups de dix-neuf heures à la porte du manoir Malefoy. Henry et Juliette Greengrass, les parents, étaient des gens tout à fait charmants, et assez peu impliqués avec le Seigneur des Ténèbres. Daphné était leur fille aînée, et ils avaient une autre fille, Astoria, de deux ans de moins que sa sœur, et qui était à Serdaigle.

Harry et Drago accueillirent chaleureusement Daphné, heureux de la voir et de pouvoir exprimer leur amitié sans le regard de Voldemort sur eux. Ils firent tout de même attention à ne pas attirer l'attention de ses parents ou de sa sœur, mais ils se sentaient plus libres malgré tout.

Théodore arriva peu après avec sa mère. Harry se souvint subitement qu'il était la cause de l'absence de Nott père, et se sentit coupable. Entendant ses pensées, Théodore lui rappela aussi qu'il lui avait pardonné et qu'il ne lui en tenait pas rigueur, et Daphné changea rapidement le sujet de leur conversation mentale.

.

Lors de l'attaque du Ministère de la Magie par Voldemort, Drago avait été blessé par des Mangemorts et poursuivi dans des couloirs éloignés de la bataille. Harry s'était élancé à sa suite pour le retrouver, mais ressentant sa douleur, il avait été pris d'une colère froide, jamais éprouvée jusqu'alors.

Aveuglé par un désir de vengeance sur lequel il n'avait eu aucun contrôle, il s'était transformé pour la première fois en son Animagus loup, et avait arraché la gorge des trois Mangemorts qui s'en étaient pris à son compagnon. Parmi eux s'était trouvé le père de Théodore.

Après ces trois hommes, il y avait eu une femme, lors d'une semaine d'entraînement chez les Lestrange, sous son rôle de Darren Prince, avec Drago. Harry avait beaucoup de mal à vivre avec la conscience de ses actions, et les personnes qu'il avait tuées ne revenaient que trop souvent dans ses cauchemars.

Mais il avait décidé qu'il ne se laisserait pas dévoré par sa culpabilité, car il avait encore trop de choses à accomplir avant de pouvoir payer pour ses actes.

.

Les retrouvailles avec Théodore furent moins enthousiastes qu'avec Daphné, le jeune homme étant plus réservé, mais le Lien des Amari manifesta sa joie face à leur proximité. Lorsque Blaise arriva à son tour, ils ressentirent le plaisir d'être ensembles et plus proches que lors de ces dernières semaines.

Blaise vint avec son père seulement : Thomas Zabini, un Mangemort assez faible, mais fidèle à Voldemort. Sa mère était Bérénice Zabini, née Nimwë. Elle était l'une des trois cousins de Severus, et faisait partie de la grande famille des Prince, à laquelle Harry et son père étaient aussi apparentés.

Le reste de la famille Prince-Nimwë n'avait pas été convié, et Bérénice ne vint donc pas non plus. En effet, ils étaient tous opposés à Voldemort et le manifestaient sans se cacher.

Il avait donc été jugé plus sage de ne pas les faire venir à un dîner qui, s'il n'était pas politique, et pas sensé porter sur la question, allait rassembler un certain nombre de serviteurs de Voldemort, qu'ils le soient réellement, ou seulement en apparence.

Narcissa invita aussi les Parkinson. Leurs familles avaient été assez liées pour que Pansy et Drago soient promis l'un à l'autre dès l'enfance. Bien sûr, les liens futurs avaient été rompus lorsque la relation de Drago et de Darren avait été connue. Mais Narcissa avait fait attention à ne pas laisser les Parkinson devenir des ennemis.

Harry et Drago approuvèrent également la venue de Pansy au milieu du groupe d'Amari qui se retrouvait donc. S'ils n'appréciaient pas particulièrement la personnalité de la jeune fille, elle n'était pas non plus une personne dévouée entièrement à Voldemort, et ils avaient bien vu qu'elle était terrifiée par le mage noir et d'être devenue une Marquée.

Daphné avait décidé de faire plus d'efforts pour être amie avec elle, pour qu'elles se soutiennent aussi lors des épreuves que Voldemort allait pouvoir leur faire traverser, et contre Antonia qui essayait déjà de les écraser. Et Blaise promit de faire un effort pour être agréable avec elle, étant donné qu'ils se retrouveraient ensembles pour la mission donnée par Voldemort.

Pansy et ses parents arrivèrent en même temps que Blaise et son père. Et juste derrière eux se présentèrent les derniers invités : la famille de Joris. Le père du jeune homme était monté dans l'estime de Voldemort en même temps que son fils, et il avait travaillé ces derniers mois au Ministère avec Lucius Malefoy.

Ainsi, Narcissa et Lucius avaient-ils fait la connaissance d'Elliot et Olivia Haken, et ils avaient déjà partagé plusieurs dîners et réceptions. Le couple était particulièrement actif au sein des intrigues politiques et financières, et œuvraient pour le Seigneur des Ténèbres. Depuis la capture de Lucius, Elliot Haken avait pris sa place au Ministère, mais il assurait régulièrement à Narcissa qu'il rendrait à Lucius son poste lorsqu'il serait de retour.

Harry et les autres étaient un peu moins ravis de voir venir Joris mais estimèrent aussi que peut-être, dans un environnement moins menaçant, ils parviendraient au moins à s'entendre. De plus, si Drago et Joris devaient travailler ensembles sur la mission de Voldemort, ce serait une première étape pour réussir à s'accorder.

Ils avaient été surpris d'apprendre que Joris avait une sœur, qui n'avait que quelques années de moins que lui, mais qui n'était, inexplicablement pour eux, jamais allée à Poudlard, et attendirent de la découvrir avec une certaine curiosité.

.

Et leur curiosité fut rapidement remplacée par la stupeur. Car à l'instant où la famille Haken entra dans le domaine des Malefoy, l'Attraction se réveilla.

.

Harry ressentit avec force et brutalité l'Attraction s'éveiller en lui et le pousser puissamment vers la jeune fille. Frappé par la vague de magie qui ne l'avait pas empli depuis un moment, il tituba, et chercha un appui.

Drago réagit immédiatement. Il se plaça devant Harry pour s'assurer que personne ne le voyait, mais aussi pour empêcher que son regard ne croise celui de la sœur de Joris. Il poussa Harry autant qu'il put vers la pièce adjacente, tandis que leurs amis attiraient l'attention pour faire diversion.

Mais l'Attraction voulait rejoindre la nouvelle magie trouvée, le Pouvoir d'Amour voulait que cette magie rejoigne celle de son Champion.

Ce fut au prix d'un effort considérable par rapport à la tâche à accomplir que Drago parvint à faire bouger Harry. Harry s'empêchait tout mouvement. Il ressentait la force de l'Attraction qui le tirait dans l'autre direction, et avait l'impression que s'il essayait de bouger, ce serait pour aller vers la nouvelle Amari potentielle.

Lorsque Drago referma la porte derrière eux, Harry sentit l'Attraction se retirer très légèrement. Comme si elle comprenait qu'elle n'aurait pas ce qu'elle voulait dans l'immédiat. Comme si elle comprenait qu'il fallait attendre.

- Est-ce que ça va ? murmura Drago.

Harry hocha la tête en essayant de reprendre son souffle. Mais son cœur battait toujours trop vite et la vague de magie qui l'avait empli ne s'était pas encore retirée.

- Qu'est-ce qu'on fait ? chuchota son compagnon.

"On n'a pas le choix," intervint Daphné. "Il faut parler à cette fille…"

"Allison, elle s'appelle Allison," précisa Théodore.

"…et espérer qu'elle acceptera."

"Pourvu qu'elle accepte," murmura Blaise. "Parce que sinon le dîner sera difficile à supporter. On se souvient tous du temps qu'il a fallu à Harry pour se remettre du refus du père de Drago."

Les autres approuvèrent, et Harry était tout à fait d'accord. Lorsque le Choix était refusé, cela lui était douloureux, et il n'avait pas du tout envie de vivre à nouveau ce rejet magique, que le Pouvoir d'Amour en lui, prenait comme une blessure terrible.

"Blaise, parle avec Pansy en prétextant votre mission," ordonna Drago en prenant les commandes, puisqu'Harry était incapable de réfléchir à cause de l'Attraction qui le pressait. "Théodore, distrais Joris pour éviter qu'il ne remarque que Daphné emmène sa sœur ailleurs. Pose-lui des questions sur Adrian, prétextant toi aussi vouloir te préparer pour votre mission."

Les deux garçons acquiescèrent.

"Daphné, assure-toi que ta sœur à toi reste à l'écart, et attire la sœur de Joris par ici. Tu peux prétendre vouloir parler de lui, ça devrait fonctionner."

La jeune fille approuva l'idée.

Et après quelques minutes à parler tranquillement avec elle, elle attira Allison en dehors du grand salon, dans lequel les invités étaient rassemblés.

Allison était assez grande pour son âge, et comme elle se tenait très droite, et qu'elle était habillée élégamment, elle faisait aussi plus âgée. Ses cheveux sombres, comme ceux de son frère, étaient longs et lisses, et encadraient joliment son visage tout aussi élégant que sa tenue, bien qu'un peu dur. Elle avait un trois ans de moins que Joris, et donc l'âge de Ginny, un an de moins qu'Harry et ceux de son année.

Daphné apprit assez vite la raison pour laquelle Allison n'était pas à Poudlard, car la jeune fille ne la cachait pas, et l'expliqua sans broncher lorsque Daphné lui posa la question.

Elle avait quelques difficultés lorsqu'elle se retrouvait en société, ou au milieu de trop de monde à la fois. L'école primaire avait été une très mauvaise expérience, sa magie instinctive qu'elle ne contrôlait pas alors, réagissait violemment au moindre stress.

Ses parents avaient donc décidé avec son frère et elle qu'il serait préférable qu'elle apprenne à la maison, avec eux, à utiliser la magie. Joris lui donnait ses manuels et ses cours, et leur mère, qui ne travaillait pas, lui donnait des leçons à la maison.

Daphné parla un peu de cette situation avec la jeune fille, sincèrement curieuse, mais aussi pour la mettre en confiance et ne pas attaquer immédiatement avec le problème. Elle n'avait aucune idée de comment Allison allait réagir, de ce qu'elle allait répondre, et s'il y allait y avoir des complications.

- Allison, je dois t'avouer, je ne veux pas réellement parler de ton frère, avoua alors Daphné après avoir discuté un peu, sentant qu'Harry et Drago avaient du mal à contenir l'Attraction.

- Qu'y a-t-il ? demanda la sœur de Joris en fronçant les sourcils.

- Je sais que ça va paraître un peu étrange, mais je voudrais te demander quelque chose. Et il faudrait que tu acceptes de prêter serment de ne pas répéter notre conversation.

Allison croisa les bras.

- De quoi est-ce que tu parles ? demanda-t-elle sévèrement.

Après avoir été moquée à l'école, Allison avait profité de sa solitude pour se renforcer. Elle était désormais une fille au fort caractère, mais elle était aussi rapidement sur la défensive.

- Je suis désolée, je sais que c'est bizarre, essaya de la rassurer Daphné, mais s'il te plaît, accepte. C'est important.

Allison la regarda fixement, de ses grands yeux gris qui possédaient la même force que ceux de Joris lorsqu'il montrait tout son potentiel. La filiation qui existait entre eux était évidente, et Daphné désespéra qu'elle puisse accepter de passer dans le camp opposé.

- Je voudrais te parler de quelque chose d'extrêmement secret, essaya Daphné de nouveau, et je suis obligée de te demander de promettre magiquement de ne rien répéter à quiconque ensuite.

- Je ne ferai aucun serment sans savoir de quoi il s'agit, asséna durement Allison.

Daphné soupira.

"Soit on prend le risque, soit Harry prétend être malade et s'enferme dans notre chambre jusqu'à ce qu'elle soit partie," statua Drago.

"C'est trop dangereux," argumenta Théodore. "Elle est la sœur de Joris Haken, celui qui serait sûrement devenu le préféré de Vous-Savez-Qui si Harry n'était pas devenu Darren Prince. Et leurs parents travaillent pour le Seigneur des Ténèbres, et ils sont de vrais partisans !"

"Ca ne veut rien dire," tempéra Blaise. "Peut-être sera-t-elle ouverte d'esprit, peut-être que si on lui fait vivre le Choix, elle acceptera malgré tout, peut-être…"

"Ne sois donc pas si naïf," siffla Drago, tendu par l'état communicatif d'Harry.

"Je pensais justement à ton exemple !" répliqua Blaise.

Drago ne répondit rien. Car Blaise n'avait pas tort.

"Il faut se décider !" insista Daphné.

Allison, devant elle, la regarda avec méfiance. Elle commença même de sortir sa baguette de sa manche, soupçonneuse.

- Attends ! réagit Daphné. S'il te plaît, attends.

- Qu'est-ce qu'il se passe ici ? se fit alors entendre une voix derrière les deux filles.

Daphné sursauta en se retournant. Joris la regardait d'un air sombre et menaçant.

"Désolé…" s'excusa Théodore de ne pas avoir pu le retenir plus longtemps.

"Les gars, Pansy a vu que vous étiez tous ailleurs, et elle s'est mise à vous chercher. On arrive aussi," intervint alors Blaise.

Drago jura. Il se mit à réfléchir à toute vitesse pendant qu'Harry faisait des efforts considérables pour contenir l'Attraction.

"Tant pis, on doit éloigner Harry, il ne tiendra pas beaucoup plus longtemps," finit par dire Drago.

Harry en effet était complètement replié sur lui-même, transpercé par une douleur nouvelle, et sa lutte contre le Pouvoir d'Amour était plus difficile chaque seconde.

"Daphné, fais comme si tu voulais cacher ce que tu essayais de dire à Allison, et finis par avouer ton attirance pour Joris avant de partir, trop embarrassée pour rester. Désolée de t'utiliser comme ça, mais c'est la seule idée que j'ai," dit Drago.

"C'est bon, c'est très bien, ça va aller," répondit Daphné avec assurance.

Drago attrapa Harry et l'entraîna vers les étages.

Dans le petit salon, l'ambiance était tendue. Daphné prétendit cacher un secret important pendant plusieurs minutes, et Joris la questionna sévèrement, commençant à penser que cela avait à voir avec le Seigneur des Ténèbres. Théodore donna le change en se rangeant de son côté, bien que moins violemment, mais Blaise défendit Daphné.

Pansy hésitait à entrer dans le débat : elle savait que Daphné essayait d'être gentille avec elle, et cela la gênait un peu de le lui rendre en l'attaquant. Allison restait en retrait, essayant de comprendre ce qui était en train de se passer. Elle avait l'impression étrange que c'était plus à propos d'elle que de Daphné, bien que celle-ci prétende le contraire.

Le manège dura un moment, jusqu'à ce que Daphné fasse mine de craquer.

- Ca suffit ! se mit-elle à crier d'une voix aigue, au bord des larmes.

Ses amis étaient impressionnés : elle était tout à fait crédible !

- Je voulais parler à Allison en secret parce que… parce que… commença de répondre la jeune fille.

Elle jeta un regard fuyant à Joris, rougit, et détourna les yeux.

- Parce que… murmura-t-elle avec gêne.

- Parce que quoi ?! s'énerva Joris.

Et Allison s'avança alors.

- Calme-toi, je crois que j'ai compris, intervint-elle.

Daphné lui jeta un regard affolé, et secoua la tête.

- Elle voulait me demander des choses sur toi, parce que tu lui plais ! dévoila Allison avec évidence.
Joris resta stupéfait. Et puis il se fit soupçonneux à nouveau.

- C'est impossible, asséna-t-il en faisant un pas vers Daphné. Je t'ai vue avec Lancelot Nimwë, c'est lui que tu…

- Elle voulait me faire promettre de garder cette conversation secrète, le coupa sa sœur. Si elle a déjà un petit ami, je comprends mieux.

Elle avait une expression à la fois indifférente et amusée. Théodore l'observa discrètement, intrigué par la personnalité qu'il lui découvrait.

Joris sembla un peu plus convaincu, et il recula. Et puis soudain, devant la gêne apparente de Daphné et contenue dans l'atmosphère, il réalisa. Il réalisa que la jeune fille était… attirée par lui. Il recula de nouveau, cette fois embarrassé à son tour. Il n'avait jamais été dans cette situation !

Il regarda sa sœur comme si elle pouvait lui dire quoi faire, mais Daphné réagit avant. Dans une expression étouffée, elle quitta la pièce précipitamment. Blaise la suivit immédiatement, prétendant une inquiétude sincère. Les autres les regardèrent partir dans un silence gêné.

- Hum, et bien… dit Joris.

- Je vais aller voir si elle va bien, indiqua Allison. Retournez donc au grand salon, les adultes vont se demander où nous sommes, tous. Joris, tu m'excuseras auprès du fils de notre hôte… Drago, c'est ça ? Je n'ai pas encore eu l'occasion de me présenter à lui.

Joris hocha la tête. Théodore à côté de lui ne broncha pas, mais immédiatement, il se mit à réfléchir. Il allait falloir trouver une excuse pour l'absence d'Harry et Drago, et vite.

La soirée devenait beaucoup trop compliquée.

.

Daphné et Blaise furent prévenus qu'Allison arrivait à leur suite, et ils continuèrent leur mise en scène. Daphné se mit à pleurer réellement, et Blaise s'en trouva complètement désemparé, ce qui allait très bien avec son rôle.

Allison entra dans la pièce où ils s'étaient réfugiés, une sorte de petit bureau avec quelques étagères de livres, et avança vers eux fermement.

- Bon, de quoi s'agit-il en réalité ? demanda-t-elle sur un ton qui n'admettait aucune contradiction.

Ils la regardèrent avec surprise.

- Je ne sais pas ce que vous tenez tant à cacher à mon frère, mais j'ai très bien compris que cette histoire n'était pas vraie. Il y a cru, il est passé à autre chose, très bien. Alors maintenant, dites-moi la vérité. Qu'y a-t-il de si secret à me demander ?

Allison les fixa d'un regard terrible et puissant, que Blaise eut du mal à soutenir. Daphné hésita.

Et soudain, pendant qu'ils se posaient la question de ce qu'il valait mieux faire, Daphné et Blaise sentirent une douleur intense leur traverser la tête. Ils reculèrent et s'accrochèrent à la table derrière eux. Dans le grand salon, Théodore grimaça et tituba.

A l'étage, Harry laissa échapper un cri, et Drago tomba devant lui, atteint lui aussi. L'Attraction avait décidé qu'elle avait attendu assez longtemps, et qu'il était temps de chercher la connexion avec le nouvel Amari que le Pouvoir d'Amour avait trouvé.

"Faites-là monter !" parvint à articuler Drago à travers la douleur mentale qui les avait tous pris.

Daphné se redressa péniblement, et regarda Allison qui la fixait d'un regard toujours méfiant, mais teinté d'inquiétude.

- On a besoin de ton aide, dit alors Daphné, espérant que cela toucherait la jeune fille.

- Qu'est-ce que je peux faire ? demanda immédiatement Allison.

Daphné sentit l'espoir naître.

- Suis-nous.

Drago attrapa la main d'Harry, et usant de son pouvoir guérisseur, il fit diminuer la douleur que ressentait son compagnon, atténuant en même temps celle qui était partagée aux Amari les plus proches.

Daphné et Blaise se relevèrent, à nouveau maîtres d'eux-mêmes, et ils entraînèrent Allison à l'étage. Elle les suivit sans poser de questions.

Arrivés devant la porte de la chambre de Drago et Harry, Daphné se retourna tout de même vers la jeune fille.

- Ecoute, tu vas avoir un Choix à faire. On t'expliquera tout après, c'est promis. Mais pour le moment, il faut que tu reçoives ce Choix, et que tu y répondes. Et ne t'inquiète pas, ce Choix est complètement libre, ne te sens forcée en aucun sens, et suis ce que tu ressens et ce que tu veux. Simplement, soit consciente que c'est un Choix définitif.

Allison fronça les sourcils. A nouveau désemparée par son incompréhension, elle se sentit sur la défensive, et elle recula en croisant les bras.

- S'il te plaît, supplia Daphné. S'il te plaît, fais juste cela.

- Je n'aime pas ne pas savoir ce qu'il se passe, articula Allison entre ses dents.

- S'il te plaît, répéta simplement Daphné, incapable de penser à autre chose pour la convaincre.

Allison hésitait encore, quand le Pouvoir d'Amour, sentant son Amari si proche et pourtant encore trop loin, renforça sa pression. Harry dut s'agripper au lit si fort pour ne pas se lever sous l'impulsion de la puissance que ses doigts devinrent blancs.

Si Drago n'avait pas pris une grande partie de la douleur à cet instant, les trois Amari présents dans le Manoir se seraient écroulés. Mais seul Blaise, qui était légèrement plus proche d'Harry que Daphné, et plus encore que Théodore encore en bas, fut affecté au point de ne plus tenir debout. Il glissa le long du mur en se tenant la tête.

Allison comprit que c'était important. Pour la première fois depuis de longues années, elle décida de laisser de côté sa volonté de tout comprendre et de maîtriser la situation, et suivit son instinct. Elle poussa Daphné, ouvrit la porte, et entra dans la chambre.

Harry n'eut plus aucun contrôle. Il leva la tête, irrémédiablement attiré vers la jeune fille. Leurs regards se croisèrent dans la même seconde.

« A La Croisée Des Regards, Puissance Du Lien Qui Se Crée. »

La force du Pouvoir d'Amour heurta Allison en une puissante vague de magie qui la traversa d'un seul coup. Elle se sentit emplie de tout ce que cette puissance était et représentait, et elle sentit son cœur battre plus vite et plus intensément. Plus qu'il ne l'avait fait ces dernières années.

Harry avança, et chercha un contact. Il posa sa main sur son bras. Doucement. Il avait retrouvé une certaine maîtrise de lui-même, tout en se laissant guider par l'Attraction, comme il l'avait fait pour chaque Amari.
Une quiétude l'avait repris. Celle du Pouvoir d'Amour, sûr de ce qu'il faisait, et sûr de qui il avait choisi pour son Champion. Sûr qu'Allison était faite pour le rejoindre, lui et les autres.

Allison le laissa poser sa main. Elle sentit sa paume sur sa peau, et une chaleur à la fois rassurante et inconnue monta en elle. Elle se sentit troublée. Elle ne savait pas ce qui se passait, elle ne savait pas si elle devait faire quelque chose.

Sentant son inquiétude soudaine, elle qui avait paru si assurée plus tôt, Harry essaya de retirer sa main une seconde, pour lui laisser le temps de comprendre. Il lutta contre le Pouvoir d'Amour et l'Attraction, et commença de relever le bras.

Allison avança immédiatement pour que le contact se fasse à nouveau. Elle ne voulait pas que cela s'arrête.

« Désir. Volonté. Contact. »

Elle n'avait plus senti cette forme de partage, de chaleur humaine, de communion entre les êtres, depuis trop longtemps.

Et derrière ses airs durs et sûrs, derrière sa volonté d'être forte pour ne pas se laisser atteindre par les autres, derrière son attitude qui suivait celle de ses parents pour qu'ils la laissent tranquille et celle de son frère parce qu'elle le lui devait pour l'avoir toujours protégée, se réveillait la petite fille qui avait un jour été terrifiée, et qui n'avait jamais été rassurée.

Allison sentit le partage commencer de se faire, le Lien chercher à connecter son esprit avec celui du jeune homme devant elle, et avec ceux de tous ceux qui étaient déjà Liés à lui. Elle ne le connaissait pas, elle ne les connaissait pas, elle ne savait pas pourquoi, comment, les raisons, mais en cet instant elle s'en moquait.

Elle avait conscience de la force de leur Lien et elle ressentit, sans pouvoir l'expliquer vraiment, sans pouvoir le justifier, au vu de tout ce qu'elle était censée être, qu'elle désirait cela pour elle aussi.

« Le Choix : Rejeter, ou Recevoir. »

Allison accepta. Harry offrit. Allison reçut.

Le Pouvoir d'Amour les Lia avec intensité. Allison sentit tous les esprits l'accueillir. Et pour la première fois depuis des années, elle se mit à pleurer.

.

Il fallut un moment à tout le monde pour se remettre des émotions nouvelles. Par le partage, tous ressentir en même temps en particulier celles d'Allison. Touchés, ils l'accueillirent joyeusement, agréablement.

Mais rapidement, la jeune fille se sentit un peu trop oppressée. Elle qui avait des soucis au milieu de foules se retrouvait soudain avec toutes ces présences dans son esprit.

Harry et Drago perçurent le malaise qui commençait de naître, et Harry s'imposa dans la sphère mentale des Amari.

"Nous devons nous reconcentrer sur notre situation, merci à tous pour votre accueil ! Et pour la plupart, je vous dis à bientôt !"

Ils comprirent le message, et les esprits se retirèrent les uns après les autres. Allison eut l'impression de pouvoir respirer à nouveau.

Drago attrapa la main d'Harry en sentant une légère tristesse pointer discrètement. Cela avait été la première fois que les Amari s'étaient autant retrouvés dans l'esprit d'Amari, et le partage avait été d'autant plus fort avec la force du Choix. Et sans avoir pu prendre le temps d'en profiter, de retrouver les siens mentalement avec plaisir, il avait dû refermer ce partage qui le touchait plus que quiconque.

- Allison, est-ce que ça va ? demanda doucement et gentiment Daphné.

Elle décida de parler, pour que la jeune fille ne se sente pas assaillie mentalement. Allison fut incapable de répondre. Elle était assise par terre, et faisait des efforts pour respirer plus calmement.

Elle n'avait jamais rien senti d'aussi fort, et elle se sentait submergée. Elle avait passé des années à apprendre une parfaite maîtrise d'elle-même pour qu'il n'y ait plus jamais d'incident comme il avait pu se produire dans son enfance. Des années à vivre très posément, sans surprise et sans excitation.

Et aujourd'hui elle ressentait plus de choses en quelques minutes qu'en toutes ces années. Et elle ne savait pas comment réagir.

- Allison, prononça alors Harry, très calmement.

Il s'assit devant elle et la regarda avec un sourire rassurant. Il pouvait sentir sa détresse nouvelle et ses inquiétudes. Elle ne savait absolument pas dans quoi elle s'était engagée, ce que signifiait ce qu'il venait de se passer, et de plus, elle avait subi l'arrivée de tous les Amari d'un seul coup !

- Allison, répéta Harry, toujours très calme.

Elle releva les yeux vers lui.

- Bienvenue, lui dit-il avec un sourire encourageant.

Elle sourit en retour.

.

Le reste de la soirée se passa heureusement sans incident.

Les adultes ne s'occupèrent pas des jeunes gens, et ne virent absolument rien de ce qui avait pu advenir. Pansy n'avait pas la perception nécessaire pour comprendre qu'il s'était passé quelque chose, et Joris était trop troublé dès que Daphné était dans la pièce pour se rendre compte du reste.

Lorsque tout le monde rentra chez soi, ce fut malgré tout un soulagement.

Narcissa, qui, elle, avait bien compris qu'un évènement avait eu lieu, attendit que tous soient partis pour questionner Drago et Harry. Conscients qu'il fallait cesser de tout dévoiler et de prendre des risques de la sorte, ils ne lui expliquèrent pas tout.

.

Allison dut retourner avec ses parents et son frère. Après avoir passé l'instant de doutes et de laisser-aller, elle avait repris son attitude première, sa droiture, sa noblesse, et elle avait donné le change le reste de la soirée. Cependant, intérieurement, les questions restaient.

Pour ne pas la fatiguer ou la déconcentrer, Harry lui avait proposé de ne lui expliquer la situation que plus tard, et elle avait accepté, d'accord avec lui. Ainsi, ce fut uniquement lorsqu'elle fut rentrée chez elle qu'elle essaya, d'elle-même, de contacter Harry mentalement.

Elle sentait l'importance du jeune homme, son statut, elle pressentait déjà qu'Harry était celui sur lequel elle pouvait s'appuyer. Elle voyait aussi en Drago quelqu'un qui pouvait lui venir en aide.

Et puis il y avait Théodore. En Théodore, elle voyait peut-être un ami, mais elle se sentait aussi plus proche de lui. Il avait ce même côté posé, silencieux, et droit, qu'elle pouvait avoir, ou qu'elle pouvait apprécier aussi chez son frère lorsqu'il laissait cet aspect-là s'exprimer.

C'est aussi pour cela que Daphné et Blaise, s'ils étaient très amicaux et cherchaient à l'aider, étaient aussi un peu trop sociaux, ouverts, pour la jeune fille qui préférait malgré tout une certaine solitude.

.

Les jours suivants, tandis qu'Harry, Drago, et Blaise rendaient visite à leurs cousins et se penchaient de nouveau sur l'héritage de la famille Prince, Théodore aida Allison à faire partie des Amari, pleinement.

Il partagea avec elle les souvenirs, les évènements, les incidents, il partagea avec elle les douleurs et les joies, tout ce qu'il s'était passé. Elle partagea en retour, avec lui et les autres, la vision qu'elle avait eue de tout cela, depuis chez elle, par ses parents, et par son frère qui lui parlait de tout.

Elle fit progressivement la connaissance des uns et des autres, mais très peu. Car Allison se rendit compte assez vite que tout ce monde dans sa tête était trop pour elle. Elle était indépendante, elle aimait être un peu à l'écart, et puis elle avait aussi un caractère qui n'était pas fait pour s'entendre avec tous les Amari.

Elle était une sang-pur, elle était une aristocrate, et elle avait grandi avec des parents et un frère avec des idéaux bien arrêtés. Si elle était assez intelligente pour ne pas dire des choses blessantes ou impolies, son attitude parfois hautaine en repoussait certains.

Plusieurs se mirent rapidement à faire l'amalgame avec Drago, en particulier avec qui il était avant. Drago avait beaucoup changé depuis sa relation avec Harry, et il était beaucoup plus agréable et tolérant.

Et Allison rappelait un peu trop l'ancien Drago méprisant des premières années. Malgré tout, et malgré ce qu'elle montrait et ce qu'elle cachait d'elle et de ses pensées, nombreux furent ceux qui comprirent rapidement qu'elle était peut-être plus que cela derrière ses grands airs.

Comme Hermione était plutôt absente, occupée par ses vacances en Australie avec ses parents, elle ne prit pas beaucoup part à l'accueil de cette nouvelle Amari. Et comme Daphné, Blaise, et Théodore se plaisaient à le faire, Ron ne s'imposa pas.

Théodore et Allison parlèrent aussi du Rituel, de Voldemort, et d'Harry, car elle voulait comprendre, comprendre réellement. Et une partie d'elle voulait prendre part. Quelles que soient ses valeurs et son caractère, elle convenait elle aussi que Voldemort devait être stoppé, quoi que pense le reste de sa famille.

Comme parler en esprit n'était pas encore un exercice aisé pour elle, puisque tout nouveau, Allison et Théodore se retrouvèrent quelques fois dans un parc proche de chez elle. Elle aimait s'y promener, et n'élevait ainsi aucun soupçon. Théodore y venait, et ils parlaient plusieurs heures durant.

.

.

Pendant cette semaine d'acclimatation pour la jeune fille, Blaise, Drago, et Harry passèrent leurs journées au Manoir Nimwë.

Harry et Blaise retrouvèrent leurs cousins avec plaisir, et Drago retrouva un adversaire intellectuel en Lucy. Elle ne cessait de le taquiner, de le chercher, de se moquer de lui sans méchanceté, et il se prit au jeu de lui répondre.

Bérénice, la mère de Blaise, et la cousine aînée de Severus, était la sœur d'Andromaque et de Lancelot. Andromaque et sa sœur étaient très belles toutes les deux. Elles étaient assez calmes, et douces, bien que leur force et leur caractère riche apparaissent parfois.

Lancelot était beaucoup plus jeune, et il n'avait pas abandonné la joie de vivre et de profiter de chaque jour qu'il possédait depuis son enfance. Severus le détestait, et Lancelot l'embêtait constamment. Il avait quelques années de plus qu'Harry et ses amis, et Daphné et lui avaient formé au cours de l'année un couple qui devenait clairement adorable.

Andromaque était mariée à Echtelion, un homme finlandais, un homme du nord et de la terre, grand et fort, qui aimait chasser et raconter des légendes autour du feu. Ils avaient trois enfants : Arthur, Elian, et Lucy.
Arthur, un peu plus âgé que la génération d'Harry et Blaise, était passionné de lettres, de langages anciens et perdus, et se spécialisait dans l'étude de la première civilisation, la civilisation sumérienne.

Elian avait à peu près l'âge d'Harry et ses amis, et il était un peu plus tourné vers les explorations, les voyages. Il avait une personnalité plus réservée, mais n'était pas timide pour autant.

Lucy en revanche, un peu plus jeune, avait hérité de la même énergie espiègle que celle qui habitait Lancelot. Elle était très vive, disait ce qu'elle pensait, et prétendait n'avoir peur de rien.

La mère de Bérénice, Andromaque, et Lancelot, était née Thémis Prince, et avait épousé Gaius Nimwë, transmettant ce nom et ces origines à leurs enfants. Thémis Prince avait été la sœur d'Eileen Prince, la mère de Severus, créant ainsi la filiation entre la fratrie et lui, et plus tard, avec leurs propres enfants.

Le Manoir Nimwë était en Finlande, pays de Gaius Nimwë, avec lequel Thémis était allée vivre à son mariage. Le Manoir Prince appartenait désormais à Severus, mais l'héritage immense de cette grande lignée avait été déplacé, pour être protégé de Voldemort, au Manoir Nimwë.

.

Cet héritage était extrêmement important. Il était composé de nombreux objets précieux et anciens, ce qui était chose habituelle, mais il comportait aussi un ensemble particulier, qui s'était avéré être lié à la guerre des deux puissances ancestrales, le Pouvoir d'Amour et la Magie des Ténèbres.

Au centre de la grande salle qui conservait l'ensemble de l'héritage, se dressait une large stèle circulaire, posée sur un pilier. Cette stèle était couverte d'écritures anciennes, sumériennes, et des pierres lumineuses et colorées avaient été incrustées à sa surface pendant plusieurs siècles.

Durant l'année passée, Harry, Blaise, Arthur, Elian, et Lucy avaient fait plusieurs découvertes, et avaient trouvé comment lire la stèle et récupérer les pierres, grâce à un grimoire qui était resté caché dans le pilier jusqu'à ce qu'ils le trouvent.

Les jeunes sorciers avaient très vite compris que la stèle et les pierres possédaient un pouvoir lié à la guerre des puissances ancestrales. En effet, rien n'avait été déclenché avant qu'Harry n'entre dans la salle. L'arrivée du Princeps semblait avoir réveillé des choses, qui les avaient menées à leurs découvertes.

Ainsi, ils avaient pu lire sur la stèle que l'histoire des Princes, de la lignée Prince, était mêlée à celle des Princeps, des Princes du Pouvoir d'Amour. Ce qui ne devait sûrement pas être un hasard.

Et ils avaient aussi appris que cette fois, cette guerre-là, était beaucoup plus importante que toutes les fois précédentes, plus importante cela n'avait jamais été. Car les écrits de la stèle parlaient de ce combat qui déciderait de l'avenir du monde…

.

Pendant leur semaine ensembles au Manoir, les jeunes sorciers de la lignée Prince continuèrent de lire et déchiffrer la stèle et le grimoire. Ils essayèrent de comprendre un peu plus les implications de la famille dans l'histoire des puissances ancestrales, et de comprendre quel allait être leur rôle, et ce qu'ils devaient faire.

Ils avaient trouvé des objets, cinq objets, un pour chacun, et ils savaient que cinq des neuf pierres de la stèle devaient être liés à leurs objets. Ils se les étaient attribués selon leurs affinités, et ne savaient pas si cela avait une importance, et ils n'avaient aucune idée de quelle pierre correspondait à quel objet et auquel d'entre eux.

Les quatre autres pierres étaient attribuées à des 'reliques', et il avait été deviné (ce qu'il fallait donc confirmer) qu'il s'agissait des objets des Fondateurs de Poudlard : l'épée de Godric Gryffondor (qui était dans le bureau de Dumbledore, et que le sorcier avait légué à Neville, l'héritier de Gryffondor justement), la coupe d'Helga Poufsouffle (qui était pour l'instant inaccessible au Manoir Lestrange, et que Dumbledore avait léguée à Caitlin, l'héritière de la Fondatrice), le diadème de Rowena Serdaigle (dont la localisation était inconnue, et qui avait été légué par Dumbledore à Luna, l'héritière de cette Fondatrice-là), et le médaillon de Salazar Serpentard (qui avait été caché dans le bureau de Dumbledore, par lui-même, et que Cassiopeia Mint était en train de chercher pour partir ensuite trouver l'héritier de Serpentard, toujours inconnu).

.

Les jeunes sorciers passèrent donc plusieurs jours à lire beaucoup de choses, et à découvrir un peu l'histoire des Prince.

C'est à nouveau grâce à Arthur et ses connaissances qu'ils trouvèrent comment lier les pierres à leurs objets.

- Venez tous autour de la stèle, placez-vous comme à chaque fois, demanda-t-il aux autres un jour, après avoir réussi à traduire un passage délicat du grimoire.

Ils suivirent ses indications. Ils avaient chacun un emplacement particulier autour de la stèle et du pilier, qu'ils avaient trouvé la première fois en suivant leurs instincts, et qu'ils connaissaient désormais exactement.

- Prenez vos objets, et nous allons les mettre sur la pierre, mais pas dans le même ordre que la dernière fois, et en un schéma différent. Je vais vous guider, j'ai le dessin et la description ici, continua Arthur, le grimoire à la main.

Lorsqu'ils avaient trouvé les objets pour la première fois, ils les avaient choisis selon ce qui leur plaisait. Harry avait l'épée, Blaise le poignard, Arthur la bague, Elian le bouclier, et Lucy le collier. Ces objets étaient tous dorés et ornés du symbole ancestral des Prince.

La première fois, un certain placement leur avait permis d'ouvrir le pilier et de trouver le grimoire. Cette fois, Arthur leur indiqua la nouvelle démarche à suivre :

- Chaque objet sera placé là où se trouve la pierre qui lui correspond, et comme nous avons pu les débloquer de la stèle, il faudra mettre chaque pierre au-dessus de son objet. Je vais réciter, et nous ferons au fur et à mesure du texte, d'accord ?

Ils acquiescèrent.

- « La première force fut le soleil, sa chaleur et sa lumière. A l'astre des dieux du ciel est liée une bague, anneau circulaire qui capte sa puissance », commença Arthur.

Et il plaça sa bague dans l'emplacement décoré de symboles représentant l'astre en question, qui abritait auparavant une pierre rouge et dorée. En approchant la bague de la stèle, Arthur sentit une force, comme magnétique, attirer l'objet. La bague quitta subitement sa main, et se posa seule à l'endroit exact où elle devait être. Et debout.

Arthur approcha ensuite lentement la pierre qui correspondait, la pierre de soleil, qui pouvait capter son énergie, et la transmettre. Une lumière jaillit alors de l'emplacement dans la stèle, et entoura la bague et la pierre qui se mit à flotter au-dessus du bijou.

Les mêmes phénomènes se produisirent pour les suivants.

- « S'il y a un jour, il y a une nuit. S'il y a un soleil, il y a une lune. A l'astre des déesses nocturnes est lié une épée, prolongement du bras tendu de la terre en direction de la mère des esprits », continua Arthur.

Et Harry posa l'épée à l'emplacement de la pierre de lune. Celle-ci se mit à flotter à son tour, juste au-dessus de la garde, et un dôme lumineux les entoura.

- « Après le père, après la mère, viennent les sœurs étoilées. Aux astres brillants du jour et de la nuit est associé un poignard, lame sifflante reflétant leurs éclats. »

Blaise imita ses cousins. La pierre des étoiles se posa au-dessus du bas du pommeau du poignard.

- « Lorsque le jour et la nuit s'unissent dans le ciel, naissent leurs enfants ancrés dans la terre et la roche. Aux minéraux lumineux est lié un bouclier, qu'ils honorent et colorent de leurs riches essences. »

Elian avança, et fit comme les précédents. Il déposa son bouclier à l'emplacement de la pierre des minéraux, et celle-ci flotta au-dessus de son centre.

- « Alors prennent vie les fruits de l'union des étoiles et des enfants de la terre et des astres du ciel. Aux cristaux qui brillent dans le noir est associé le collier scintillant des milles feux de ses ascendants », termina Arthur.

Et Lucy déposa le collier dont la chaîne brillait déjà à l'emplacement de la pierre des cristaux. Celle-ci se plaça ensuite au dessus du pendentif encore vide, et flotta, presque immobile.

Arthur commença de prononcer alors des mots en sumérien. Les autres ne les comprirent pas, mais tous sentirent qu'un cercle se créait, autour d'eux, entre eux, et d'eux à la stèle, et à leurs objets et aux pierres.

Rapidement, ils purent sentir qu'il leur était impossible de s'écarter, de briser cette toile de liens qui se créaient, de plus en plus, et de plus en plus vite. L'énergie traversant la pièce et le cercle gagna en puissance, tandis qu'Arthur psalmodiait de plus en plus fort.

L'intensité monta. Un vent s'éleva, et tourbillonna autour d'eux. Et soudain, d'un seul et même mouvement qui les prit tout entiers, ils se penchèrent en avant, et posèrent leurs mains sur la stèle. L'énergie les traversa avec une force bien plus conséquente, nouvelle, impossible à éviter.

Le vent se mua en véritable tornade. Ils s'agrippèrent comme ils purent, ayant à la fois l'impression de pouvoir être emportés et d'être beaucoup trop enracinés dans le sol pour que cela puisse se produire.

Arthur criait désormais pour que ses mots soient entendus. Sur la stèle, les pierres brillaient jusqu'à les éblouir, et pourtant, ils ne pouvaient en détacher leurs yeux. Les objets vibraient et heurtaient la stèle frénétiquement, tandis qu'ils étaient eux-aussi traversés.

Et soudain, tout retomba. D'un seul mouvement, le mouvement d'une énergie qui avait donné son dernier coup, et d'une tempête qui cessait enfin, subitement. Les jeunes sorciers tombèrent tous à terre, épuisés.

.

.

.


.

Explication du titre [Forces En Puissance] :

Je cherchais quelque chose qui évoque les forces qui sont à l'œuvre dans ce chapitre, et puis j'ai eu cette idée. J'ai bien aimé, j'ai adopté ce titre-là. Je me dis aussi que cela exprime bien les débuts de choses qui ont aussi lieu dans le chapitre (en puissance = en devenir).

.

Remarques sur le chapitre :

Je n'ai pas trop insisté sur la surprise et la peur de Narcissa : c'est intentionnel. Je n'avais pas forcément envie de m'attarder sur la question, ou de créer des situations plus problématiques. En effet, le but d'avoir dévoilé, pour Harry aux Dursley, et pour Drago à sa mère, était de leur donner l'opportunité de parler de qui ils étaient réellement à leurs familles.

Je trouve que c'est une bonne chose pour démarrer l'histoire. De plus, le Tome II sera lieu de toutes les révélations, et c'était mieux, je pense, de commencer avec des révélations voulues et bien acceptées.

Appréciez-vous le nouveau personnage : Allison, sœur de Joris, et Amari désormais ? J'en ai eu l'idée alors même que j'étais en train d'écrire, et j'ai décidé d'essayer, de voir ce que ça donnerait. N'hésitez pas à me donner votre avis, car c'est donc un essai !

J'ai assez vite abordé un peu l'intrigue de l'héritage, car je sais qu'on va pouvoir en parler un peu dans les chapitres suivants, mais qu'ensuite, il y aura tout un passage occupé par autre chose, alors je ne voulais pas que ce soit mis de côté. De plus, ça me permet, vous l'aurez remarqué aussi, de faire passer Harry par tous les lieux importants extérieurs à Poudlard, pendant l'été.

.

Questions de fin de chapitre :

Narcissa va-t-elle décider d'accepter la proposition d'Harry, de partir et d'être protégée par l'Ordre ? Et si oui, Harry acceptera-t-il de libérer Lucius Malefoy en partie ?

Comment Allison s'intégrera-t-elle aux Amari, et réussira-t-elle ? Comment vivra-t-elle de devoir mentir à son frère, et connaître des agissements contre lui et ses idées ?

Quels seront les rôles des jeunes héritiers Prince et de leurs armes et pierres de pouvoir dans la guerre des puissances ancestrales ?

Quelles seront les missions des Marqués ? Les Amari des Marqués réussiront-ils à œuvrer avec les autres, qu'ils n'apprécient guère ? Et pourront-ils éviter de faire des actes contraires à leurs valeurs ?

.

Remarques références :

*Harry Potter et le Prince de Sang-Mêlé (Tome 6) : Kreattur au service d'Harry

.

Annonce du chapitre suivant :

Intitulé [Dernières Vacances], Harry y emmènera Drago au Terrier, chez les Weasley, pour terminer leurs vacances. Les Marqués recevront leurs Missions, et une grande partie des jeunes Amari recevront les résultats de leurs BUSES…