Après une heure à chercher son chemin, Byakuya en était venu à la conclusion qu'il n'aurait jamais dû quitter Karakura, pour la simple et bonne raison que sa situation était bien plus stressante encore que la précédente, vu qu'il était perdu dans une forêt à l'allure quelque peu sinistre ! Ho, l'homme à la longue chevelure de jais n'était pas du genre à "imaginer" certaines choses, mais vivez quelques années avec un excité tel que Urahara Kisuke et vous en viendrez vite à la conclusion qu'un homme normalement constitué peut vite devenir parano avec un tel type ! Surtout lorsqu'il vous raconte comment certains tueurs en série s'y prenaient pour pouvoir berner un pauvre jeune innocent perdu au beau milieu de nulle part !

Observant la carte et essayant de se repérer, il s'était garé sur le côté, sur une petite aire où des familles venaient sans doute déjeuner les chaudes journées d'étés. Sauf qu'on était au début de l'hiver et qu'une veste rembourrée ainsi qu'un châle ne suffisaient pas à réchauffer la température du corps. Même lui, qui n'était pourtant pas frileux, il se les gelait grave ! Jurant, il essaya de se souvenir des chemins qu'il avait empruntés et comprit bien vite qu'il avait tourné en rond pendant plusieurs dizaines de minutes. Loin de désespérer, il décida de prendre comme repère la rivière qu'il avait déjà vue un peu plus tôt. Il suffisait qu'il trouve le pont pour pouvoir retrouver son chemin et lorsque ce serait fait, le chalet ne serait plus qu'à trois ou quatre kilomètres.

Lançant le papier vers l'arrière, il reprit donc sa route en se demandant à quoi pouvait bien ressembler le chalet où il irait. D'après ce qu'il savait de Kurosaki, il avait trois enfants : deux filles en bas âge et un garçon qui était entré au collège, ou bien au lycée. En tout cas, il était sûr d'une chose : il n'en savait pas assez sur son supérieur, vu qu'il n'était pas même capable de se souvenir du nom des enfants de cet homme, qui pourtant, se montrait très prévenant. Avec du recul, il comprenait un peu mieux pourquoi on le surnommait le "glaçon" ! Il en était réellement un ... Ne se souciant que de sa propre vie. Même celle de son amant ne l'intéressait pas ... Il était donc normal que Kisuke l'ait trompé, non ?

Allons donc ! Lui n'avait jamais demandé à cet homme de s'intéresser à sa personne ! Et puis, dès le début, le blond savait dans quoi il s'engageait en tentant le coup avec le ténébreux ! Byakuya lui avait bien dit qu'il ne changerait pas et même en cet instant, la perspective de devenir plus ouvert aux autres ne lui vint pas même à l'esprit ! Il n'avait pas envie d'être quelqu'un de sentimental, charmé par la petite fille qu'il allait opérer et qui pourrait ne pas en réchapper, ou qui est ému par la mère de famille atteinte d'un cancer difficile à abattre, mais qui se bat malgré tout ! Il n'avait aucune envie d'être de ceux qui s'effondrent, même si cela en valait la chandelle ...

Le pont était là, juste en face de lui, à peine à un demi-kilomètre. Souriant victorieusement, il se dit que sa chance avait enfin tourné ! Et c'était peut-être le cas ? Enfin, il avait hâte de pouvoir se reposer dans ce petit havre de paix et ... En s'engageant sur la structure en bois, sa voiture dérapa sur le côté. Byakuya paniqua et tenta de reprendre le contrôle de son véhicule pour éviter que ce dernier ne traverse la rambarde et ne finisse dans la fosse. Certes, elle ne paraissait pas très profonde, mais il n'avait vraiment pas envie de finir le chemin à pied ! Vu comme la journée avait débuté, il risquait encore de se perdre !

Sauf qu'il regretta son envie de sauver sa voiture lorsqu'il vit de l'autre côté, une personne. Il roulait beaucoup trop vite ! Lâchant un grognement de rage, il tenta bien de rattraper son erreur, sauf que c'était trop tard. L'inconnu, pour l'esquiver, dut sauter par-dessus la barrière de sécurité et disparut alors que le véhicule se heurtait à celle-ci, provoquant sans doute quelques dommages, mais cela sembla soudainement bien futile au médecin.

Secouant la tête, il ne mit pas longtemps à évaluer la situation et ne tarda pas à sortir de sa voiture. Jetant un coup d'œil par-dessus la rambarde, il soupira de soulagement en constatant que la personne, un jeune homme semblait-il, n'avait pas perdu connaissance dans sa chute. Il était tombé dans l'eau, certes, mais celle-ci était basse, il ne risquait donc pas d'être emporté par le courant. Une bonne nouvelle parmi un tas de mauvaises : avec la température actuelle, mieux valait vite en sortir pour se sécher et vu que Byakuya était le premier responsable de cette baignade, il ne pouvait pas nier ses responsabilités !

- Hé, vous arrivez à marcher ? Hurla-t-il, faisant sursauter le garçon.

- Ouais, j'crois ! Grogna celui-ci en relevant le visage.

Le ténébreux eut l'impression de plonger dans ses yeux bleus qui se posèrent alors sur lui et en resta muet quelques secondes. Ce n'était pas tant la couleur qui l'hypnotisait, mais cette étrange impression qu'il avait de voir une bête traquée, car ce regard semblait empli de crainte. Il se releva en grommelant et débuta son ascension dans cette montée.

- Venez, j'ai des couvertures dans ma voiture, déclara Byakuya avant de retourner à celle-ci.

Le jeune homme sembla hésiter et, sur le coup, l'homme à la chevelure de jais était presque sur le point de revoir sa bonté : cet homme n'était peut-être qu'une victime des circonstances, mais son apparence délabrée donnait l'impression d'être un délinquant ou peut-être un clochard … Sa veste était trouée et semblait sortir d'une décharge, sauf qu'il avait des cheveux décolorés en bleu électrique et ce genre de teinture était coûteuse ...

Le voyant approcher, le médecin alla ouvrir le coffre pour rechercher les quelques couvertures qu'il avait emmené au cas où. Il avait eu raison, non ? Il les donna à l'homme qui semblait déjà frigorifié... Il fallait faire quelque chose pour éviter que sa température ne baisse trop, sinon, c'était la mort assurée... Sauf qu'il n'avait pas beaucoup de solutions : il ne pouvait pas appeler d'ambulance, ni même de dépanneuse, vu qu'il avait ABANDONNÉ son portable à l'hôpital et sa voiture ne serait sans doute pas capable de faire une bonne dizaine de kilomètres. Grimaçant en regardant l'avant, il se dit qu'elle pourrait peut-être les conduire jusqu'au chalet ...

- Montez dans la voiture, on va essayer de trouver un endroit où vous réchauffer, décida le médecin en retournant derrière le volant.

L'inconnu marqua une certaine hésitation vu qu'il mit un certain moment avant de prendre la place du passager. Il était complètement recroquevillé dans les couvertures, cherchant sans doute à se réchauffer.

- C'est loin ? S'inquiéta-t-il.

- Non, pas trop, j'espère juste que ma voiture tiendra le coup.

- Et moi, ma chatte !

Sa quoi ? Se demandant si l'homme n'avait pas essayé de faire dans l'humour, le ténébreux se tourna vers le jeune homme et fut étonné lorsqu'il vit une petite tête de chaton sortir de la couverture avant de s'y réfugier une nouvelle fois, jouant les petits curieux alors que la petite boule de poil venait de frôler un accident où elle aurait pu mourir...


La voiture avait plutôt bien tenu, elle ne mourut qu'à une petite dizaine de mètres du chalet et ils purent faire le reste du chemin à pied. Dès qu'ils furent entrés dans le luxueux petit lieu de confort de la famille Kurosaki, la première chose que fit Byakuya fut de chercher le chauffage qu'on devait allumer manuellement. Il comprit rapidement le truc, se souvenant de ce que lui avait dit son supérieur, avant de retourner au rez-de-chaussée. Il constata que l'homme avait eu une bonne initiative en allumant un feu à la cheminée, sauf qu'il aurait plutôt dû se débarrasser de ses vêtements mouillés !

- Déshabillez-vous ! Ordonna-t-il en venant lui retirer la couverture maintenant trempée. Je vais chercher de nouveaux vêtements et une autre couverture. Vite, il faut vous réchauffer !

- Hé, t'es vachement entreprenant ! Répliqua avec amusement l'homme avec un sourire carnassier. On se connait que depuis quelques instants et tu veux déjà me mettre à poil ?

Le ténébreux lança un regard froid au jeune homme, mais celui-ci ne sembla pas du tout effrayé, au contraire. Il finit cependant par se détourner et ouvrit sa veste pour en sortir le chaton qui miaula de protestation. Il resta cependant très calme lorsque le bleuté le déposa devant la cheminée et le félin commença à faire sa toilette pour retirer les gouttes humides qui avaient persisté. Quant à son maître, il retira un à un tous ses vêtements ...

Byakuya se détourna. Ses joues s'étaient enflammées bien malgré lui face à cet homme qui s'était dévoilé sans la moindre pudeur. Le pire, c'est qu'il était foutrement bien foutu ce gars ! Son torse était magnifiquement sculpté, même s'il y avait quelques cicatrices. Mais qu'importe celles-ci ? Il était trop beau ce mec et ... S'arrêtant, il haussant les sourcils en se rendant compte que ses pensées étaient en train de se détourner pour devenir ... Perverses...

Soupirant, il reprit sa recherche et n'eut pas à aller très loin. Il revint dans le salon avec un drap et encore une fois, il se figea en voyant le jeune homme qui avait même retiré son pantalon. Il jouait avec son chaton, le poussant du bout du doigt et la petite boule de poil rousse se défendait vaillamment face à son adversaire, malgré sa toute petite taille. L'homme à la longue chevelure de jais s'approcha pour déposer la couverture sur les épaules si puissantes du garçon, qui releva son regard tellement hypnotique vers lui ...

- Je vais vous examiner pour vérifier que vous n'avez aucune lésion, dit-il en s'agenouillant à côté de l'inconnu.

- Dites donc, vous avez une façon bien à vous de draguer ! Rigola le bleuté.

- Je suis médecin, ne déformez pas la réalité ! De toute façon, vous êtes trop jeune pour moi !

- Ha, parce que vous êtes homo ?

Byakuya soupira avant de lui attraper le visage pour le forcer à le regarder, vérifiant ses pupilles et tâtant son cuir chevelu. L'homme avait perdu son sourire, comprenant sans doute qu'il n'avait pas menti sur son métier.

- Avez-vous mal quelque part ? Interrogea le ténébreux. Des vertiges ? Des nausées ?

- Non, ça va. J'crois que j'me suis fait une entorse, mais rien de grave, avoua l'homme en le fixant toujours.

- D'autres symptômes à signaler ?

Il secoua négativement la tête. Son regard bleu était toujours posé sur lui, mais cela était de plus en plus ... Comment dire ? Ses yeux exprimaient tellement de choses que savoir qu'ils étaient posés sur lui ...

- Des montées de chaleur ! Souffla le bleuté sur un ton emplis de sous-entendus.

Byakuya retira ses mains, lançant un regard froid à l'inconnu qui continuait de l'observer ... Et il réalisa pourquoi ces yeux le fascinaient autant : c'était le regard qu'un prédateur posait sur sa proie avant de bondir sur celle-ci et ça, c'était terrifiant. Mais ce n'était pas cet homme qu'il craignait le plus ... C'était sa propre réaction face à toute ses "attentions" ... Il se sentait gonflé d'estime alors qu'il avait cru qu'il ne valait pas grand-chose, après avoir ruminé sur sa relation avec Kisuke ... Et tout ce que cet homme lui montrait, c'était le contraire ... Qu'il valait bien quelque chose ...

Le jeune homme l'agrippa au visage, ses doigts caressant délicatement ses joues et sa nuque. Son regard bleu s'était illuminé de désir ... Pour lui ... Pour lui ! Le glaçon de l'hôpital ! L'être intouchable ! Celui qui faisait tout pour paraître aussi antipathique que possible ! Voilà qu'un parfait inconnu tentait de le charmer et, en cet instant précis, tentait de lui voler un baiser : ses lèvres s'étaient posées contre les siennes et une langue passait sur sa bouche, essayant de franchir les barrières, mais Byakuya mit fin à cette tentative en le repoussant doucement.

- Je ne connais même pas votre nom, fit-il remarquer en détournant le regard.

- Grimmjow Jaggerjack, répondit l'homme. J'peux l'avoir maintenant mon baiser ?

- Pourquoi voudriez-vous d'un baiser de moi ? Vous ne savez même pas qui je suis ... Vous ne savez pas ce que je vaux ! Vous allez être déçu et ...

- Et ça me donne encore plus envie d'approfondir tout ça ! Ricana le bleuté. Plus une personne est "insaisissable" et plus j'ai envie de la découvrir et de la faire mienne ... Tu verras, tu me céderas !

Il semblait si sûr de lui cet arrogant jeune homme ! Lui lançant un regard froid, Byakuya finit par se lever en se demandant s'il n'allait pas le foutre dehors, tout simplement, mais un coup d'œil vers la fenêtre lui indiqua que c'était une très mauvaise idée : de la neige commençait à tomber et la nuit était arrivée. L'envoyer dehors était inhumain, même pour le glacial Byakuya Kuchiki !


Le médecin se réveilla plutôt tôt le lendemain matin. Il eut beaucoup de mal à réaliser ce qui lui arrivait, à plus forte raison qu'il n'était pas dans son lit. Lorsqu'il se souvint de ce qui s'était passé la veille, il eut envie de rester couché ...

Dire qu'il avait presque tout abandonné pour Kisuke Urahara : lorsqu'ils avaient débuté leur relation ensemble, sa famille avait protesté et son père avait menacé de le déshériter si jamais il n'arrêtait pas là sa relation ... Byakuya avait réagi dans la seconde en coupant les ponts et en brisant sa carte de crédit, disant à son père qu'il savait parfaitement où le trouver si jamais il voulait le revoir un jour ... Il avait abandonné plusieurs milliards de yens, non, bien plus que cela ! Et tout ça pour quoi ? Pour un homme qui allait voir ailleurs ...

Il n'y avait pas même eu de signe précurseur à cette trahison ! Le blond ne s'était jamais plaint d'être délaissé ou bien de manquer de quoi que ce soit ! Quelques jours avant encore, il s'était glissé dans le lit du ténébreux et ils avaient eu une nuit très mouvementée, Byakuya ne refusant jamais ce genre d'étreinte parce que c'était tout simplement l'extase à chaque fois...

Soupirant, il finit par sortir du lit et se dirigea vers le salon, se demandant comment allait l'invité qu'il ne tarda pas à retrouver, allongé devant la cheminée, bien endormi. Le chaton roux jeta un regard vers lui, curieux de voir ce qu'il faisait. Byakuya se demanda s'il n'y avait pas du lait dans le frigo, il était encore petit. Allant vérifier, il fut heureux en constatant qu'il y avait de quoi nourrir un régiment entier. Prenant une bouteille de lait, il en versa un peu dans un bol en le coupant avec de l'eau et revint présenter le plat au félin qui descendit et le renifla. Il finit par l'accepter et ronronna en se nourrissant avidement.

- Elle est mignonne, non ? Demanda Grimmjow sur un ton somnolant. J'l'ai trouvée dans une décharge ...

- Ha oui ? C'est étrange, petite comme elle est, elle devrait être encore en train de téter sa mère ...

- Ouais, je sais. Y'avait aussi ses frères et sœurs dans le sachet, mais elle était la seule vivante ...

Byakuya releva le visage vers le jeune homme qui semblait attristé par cette réalité ... Évidement, qui voudrait d'une portée de chatons ? Beaucoup s'en débarrassaient aussi rapidement que possible ...

- Comment elle s'appelle ? Demanda-t-il.

- J'vais l'appeler Orihime, ça lui va bien ! Rousse et attachante ! Hein, ça te va "Orihime" ?

Comme pour répondre à la question, le chaton releva le museau et lâcha un petit miaulement avant de finir le bol, croyant sans doute que l'un de ses deux compagnons de fortune risquait de le lui prendre si elle ne le finissait pas. Cela fit sourire le médecin qui se releva pour pouvoir aller s'occuper de la préparation du petit déjeuner, ayant pris l'habitude de faire cela chaque matin qu'il le pouvait.

L'homme à la longue chevelure de jais se stoppa, observant les deux tasses qu'il avait sorti par réflexe ... Combien de petits-déjeuners avait-il préparé pour son petit ami ? Et lui, combien en avait-il préparé pour Ishida ? Posant les deux ustensiles, il essaya de se remettre de ses émotions ... Une douleur le ramena à la réalité, et, fronçant les sourcils, il baissa le regard vers sa jambe où la petite Orihime s'était prise d'envie d'escalade. La laissant faire, il constata que les chatons pouvaient se montrer très agiles vu qu'elle réussit à monter sur le rebord pour fouiller ici et là.

- Hé, non, fais pas des trucs comme ça ! Protesta Grimmjow en venant chercher le petit félin. Hé, tu t'occupes aussi de me servir ? C'est gentil ! Je saurais même pas comment faire un bon café moi ! J'ai de la chance !

- J'ai l'habitude de préparer pour deux, avoua franchement Byakuya.

- Ho, tu as un petit copain ? La chance qu'il a !

- Tu devrais peut-être le lui dire ! Hurla de rage le ténébreux.

Le bleuté parut choqué par la soudaine montée de colère de son interlocuteur. Haussant les sourcils, il posa le chaton à terre et celle-ci retourna se coucher devant la cheminée où les dernières braises menaçaient de s'éteindre.

- Désolé, je suis un peu sur les nerfs, s'excusa-t-il faiblement.

- J'avais cru comprendre ... 'Se passe quoi ?

Comme s'il allait le lui dire ! Lâchant un petit grognement, il décida de reprendre son travail, cherchant de quoi s'alimenter convenablement, mais lorsque ses mains se saisirent de la boîte de céréales, il eut l'étrange impression d'être pris au piège. C'était le cas vu que le bleuté l'avait bloqué contre le comptoir avec ses deux bras. Son visage se rapprocha dangereusement du sien... Pas d'échappatoire possible, à moins de vouloir en découdre, mais ceci semblait être une très mauvaise idée ... Il avait l'impression que s'il se débattait, cet être s'accrocherait plus encore ...

- Je suis un étranger, tu peux tout me dire de toi vu que demain, j'pourrais disparaître pour toujours en emportant avec moi tous tes secrets, murmura le jeune homme contre ses lèvres. Tu peux tout me dire, je ne raconterai jamais rien !

Frissonnant bien malgré lui, le médecin détourna le regard, de plus en plus gêné par la situation, d'autant qu'il sentit sa bouche contre sa gorge, le souffle chaud de Grimmjow provoquant d'autres frissons dans son corps.

- Il me trompe, avoua-t-il. S'il te plaît, enlève-toi ...

- Et t'as pas pensé à lui rendre la pareille ? Répliqua l'homme, toujours trop proche.

- Non, attends, je suis pas comme ça moi ! Je ne peux pas coucher avec n'importe qui juste par vengeance ... Je ... Je l'aime et ...

- Et il te fait souffrir. Tu veux pas savoir s'il t'aime autant que toi ?

C'était tentant ... Oui, il devait l'avouer, même si cette homme était un parfait inconnu, c'était peut-être ça qui fascinait le médecin ? L'observant dans les yeux, il se plongea une nouvelle fois dans ce regard bleu et, sans réellement s'en rendre compte, il combla de lui même la distance les séparant, caressa de ses lèvres celles du bleuté, testant le goût qu'avait la "tromperie". Cela dut surprendre le jeune homme vu qu'au début, il ne fit absolument rien ... Les premières secondes, tout du moins, car il se reprit rapidement pour pouvoir lui rendre son baiser, se saisissant de sa nuque pour être sûr que Byakuya ne changerait pas d'avis et leurs langues se cherchèrent pour entrer dans une danse enflammée...

Qu'est-ce qu'il était en train de faire, bordel de merde ! C'était sûrement pas en se laissant aller avec un parfait inconnu qu'il allait pouvoir trouver du réconfort, au contraire ! C'était complètement stupide ! Si au moins Kisuke connaissait cet homme, mais c'était tout le contraire ! Paniquant, il essaya de s'écarter mais Grimmjow le retenait et même en se débattant, le médecin ne réussit pas à faire lâcher prise au vagabond. Il dut même devenir un peu plus violent, essayant de l'écarter. Débutant un combat plutôt "passif", les deux hommes tombèrent tout de même au sol. Le bleuté réussit à bloquer l'homme à la chevelure de jais sous son corps imposant, ses muscles roulant sous l'effort alors que ses lèvres continuaient de tenter les siennes. Ses mains semblèrent se mêler à l'affaire vu qu'elles passèrent sous sa chemise pour aller glisser sur son torse.

- Arrête ! Hurla-t-il en le frappant avec ses poings.

Le jeune homme se stoppa dans la seconde, se rejetant même sur le coté en soupirant, essayant sans doute de se reprendre du mieux possible alors que Byakuya lui-même essayait de se calmer. Il se sentait si mal en cet instant, il avait la désagréable impression qu'une explosion de sentiment s'était déclenchée en lui. Il avait énormément de mal à se calmer, ne comprenant pas pourquoi il était si mal alors qu'il avait aimé cet échange ... C'était peut être ça le problème, justement ? Qu'il ait tant aimé ce baiser ? Alors qu'il était sensé être avec ... Kisuke ? ... Peut-être ne l'aimait-il pas suffisamment ?

- Kisuke ... Murmura-t-il perdu. Pourquoi ...

L'homme qu'il avait rencontré la veille se tourna vers lui pour l'agripper et l'attirer à lui, l'enserrant fortement ... Cette emprise qu'il avait sur lui n'était pas celle d'un potentiel amant, c'était une étreinte amicale... Grimmjow essayait de le soutenir à sa façon ce qui étonna fortement le ténébreux : pourquoi cet être essaierait-il de le soutenir alors qu'ils étaient des étrangers l'un pour l'autre ?


Finalement, c'est le bleuté qui acheva de préparer le repas du matin. Il avait porté le médecin jusqu'à sa chambre et était reparti quelques instants avant de réapparaître avec un plateau bien garni. Prenant la tasse de café, il en but une gorgée avant de la reposer, se souvenant ce que lui avait dit le vagabond un peu plus tôt, en se promettant de ne plus jamais oublier ...

- Un peu trop corsé, hein ? Lâcha Grimmjow avec un sourire carnassier. Un bon café est un café fort ! T'es sûr d'être réveillé avec ça !

- Je les préfère plus "doux" ... Avoua le médecin avec un sourire gêné.

- J'tâcherai de m'en souvenir ... Ça va mieux ?

- Oui ...

- Excuse-moi, j'suis plutôt brutal des fois ... Mais, faut l'dire ... T'es très beau comme gars ... J' pige pas comment l'autre fait pour te tromper !

Byakuya non plus ne savait pas ... Ho, il n'était pas arrogant au point de croire qu'il était une bombe absolue, mais tout de même ... Qu'avait-il fait de mal ? Il ne le savait toujours pas et pire, il voyait de moins en moins de raisons... Il l'avait trompé ... Peut-être parce qu'il en aimait un autre ... Tout simplement ... Et qu'il n'avait pas le courage de rompre avec lui ?

- J'retourne surveiller Orihime. Si t'as besoin de moi, hésite pas !

Le vagabond se releva pour quitter la pièce, suivi du regard du médecin ...

Et lui, s'il était tombé amoureux de quelqu'un, aurait-il pu quitter le blond ? ... Ou bien l'aurait-il trompé dans son dos ? Il ne savait pas trop, mais avait l'impression que Grimmjow ... Pouvait lui apporter toutes les réponses ...