Un grand merci pour vos commentaires, voici le troisieme chapitre ( et le dernier de la soiree! )
ENJOY IT
Quand Watson se réveilla, le lendemain matin, ses cinq sens furent interpellés. L'odorat, d'abord. Cela sentait foutrement bon la cannelle, par ici. Puis l'ouïe. Il entendait clairement le marteau piqueur qui détruisait tranquillement son cerveau. Ensuite, le goût, soit un relent particulièrement aigre de Whiskey. Vint la vue. Il plissa ses paupières, réussi a les ouvrir, et poussa un léger cri en apercevant Sherlock, juste devant lui, les yeux écarquillés.
« M…Mais ?
-Tu n'arrêtais pas de murmurer « Sherlock est un vilain garçon », comprends-moi, j'étais intrigué. »
Watson, rouge vif, était plaqué contre le dossier du canapé sur lequel il avait passé la nuit. Il remarqua, au passage, que le brun lui avait tout de même laissé une couverture et un oreiller. Une tasse passa devant ses yeux, et il s'en saisit mollement. Le cinquième sens, le toucher. Cela faisait du bien de boire du bon thé. Mais comment le détective avait-il pu s'en procurer? Peu importait. Le blond souffla puissamment, bloqua son regard sur ses pieds, et se racla la gorge :
« Sherlock…Pour…Hier…
-Je n'aurais pas du te dire tout ça. Je savais que ça allait te blesser, et je suis désolé. »
Sherlock, qui astiquait son ami Crâne joyeusement, avait cependant une très légère rougeur sur les pommettes. Rougeur qui n'apparu qu'un bref instant. Le blond, agréablement surprit, allait le remercier, quand le détective rajouta son grain de sel :
« Oui, la prochaine fois que je dégoterais de petits détails croustillants sur ton manque de vie sexuelle, je les garderais pour moi. Oh, John, tu as encore cassé une tasse ? Tu manques vraiment d'agilité le matin. »
"..."
Contrairement aux apparences, le baiser n'était pas oublié, loin de là. Mais alors que Watson se refusait furieusement d'y penser, bannissant presque l'existence de ce dérapage, le brun autorisait juste sa langue a parfois caresser sa lèvre inférieur, celle qui portait encore une douce trace de morsure.
« Bien. John, nous y sommes. Nous allons pousser cette porte, et ensuite, nous serons un couple. Un couple heureux, dans tous les domaines. Tu vas donc prendre sur toi, et simplement te concentrer sur ton rôle. Je m'occupe du reste. »
Watson grogna quelque chose que le détective préféra ignorer. En quelques secondes, déjà, une dizaine de personnes s'était présentée à eux. Femmes, hommes, tous les jaugeaient déjà, prenant leurs mesure, les questionnant à propos des futures photos. Le blond essayait de paraître calme, quand tout son être lui hurlait que sa vie était fichue. Souriant, Sherlock les poussa doucement, leur demandant ou était Arty.
« Sherlock, John ! Oh, vous êtes là, c'est parfait ! John, on va commencer par un ou deux clichés individuels, tu veux bien venir par là ? »
Watson sourit courageusement, et fit deux pas vers le photographe.
« Hey là, tu n'oublies rien ? »
Sherlock jouait l'innocent. Le blond sentit ses doigts se crisper dans ses poches. Néanmoins, il revint vers son collègue, et captura ses lèvres pour la seconde fois en moins de vingt-quatre heures. Le léger baiser qu'il voulait donner au détective fut en réalité presque plus audacieux que le premier, et il se hâta ensuite de disparaître dans la salle d'à côté.
« Je parlais de ton téléphone, mon chéri . », ricana le brun en haussant les épaules, se forçant à ne pas rire. Bon, maintenant qu'ils étaient occupés par quelqu'un, lui-même allait pouvoir enquêter un peu. Il avait mémorisé un maximum de choses sur les cinq suspects. D'un pas tranquille, il s'engagea dans les couloirs.
"..."
« Non, c'est tout. Je ne porterais pas ça.
-Mais…Ca te mettrais tellement en valeur !
-Non, c'est non ! »
Arty reposa le Jock strap sur le côté, boudeur, avant de lui tendre un boxer terriblement moulant. Watson n'aimait pas qu'on le regarde comme ça, il avait l'impression d'être une gourmandise. Ainsi vêtu – ou dévêtu-, il glissa un œil vers le miroir mural. Il avait bien fait de reprendre le sport, en tout cas, l'ensemble n'avait pas l'air déplaisant.
« John, c'est PAR-FAIT, mais descendez un peu le…Comme ça, regardez… »
Le jeune homme s'approcha par derrière, et fit glisser le vêtement sur ses hanches, avant de lui mettre franchement la main au paquet. John lui attrapa le poignet non sans avoir fortement déglutit, et le mit face à lui :
« Arthur…
-Arty !
-Arty, écoutez, je vous aime bien, mais je suis ici pour faire des photos, et…Il n'y a que Sherlock qui puisse m'exciter convenablement. »
Il l'avait vraiment dit. Watson eut une courte prière au ciel pour que jamais, au grand jamais, le détective n'ai vent de ses paroles. Le photographe soupira, leva les yeux au ciel en grondant que de toute façon, « les meilleurs étaient toujours prit » et que « la vie était injuste », ensuite il se reprit, s'excusa, et le poussa en avant pour lui présenter son décor.
"..."
« Ce…N'est pas un peu cliché ? »
Une reproduction de salle de sport. Lui qui n'avait rien d'un athlète confirmé, il avait l'impression de faire tâche. Mais Arty lui assura fermement que tout le monde adorait ça, qu'il allait être parfait, puis il lui donna une bouteille d'eau.
« Non merci, je n'ai pas soif, je…
-C'est pour vous arroser avec, John, ah je vois, vous avez l'habitude de faire des photos plus coquines, n'est-ce pas ? Ne vous inquiétez pas ça viendra juste après ! Tiens, Sherlock ! Sherlock vous êtes là ! »
Photos coquines ? Je vous demande pardon ? Watson en était là de ses réflexions quand il vit Arty se jeter à demi sur le brun pour lui parler. Sherlock avait l'air soucieux. Il devait y avoir un souci avec l'enquête. L'enquête ! Bon sang, il avait presqu'oublié avec toutes ces conner…Bêtises. Le blond se sentait gêné d'être là, dans ce boxer qui lui faisait comme une seconde peau. Il tendit l'oreille vers la conversation.
« …Donc oui, je vous laisse la salle d'habillage, pas de problème, faut me l'exciter au maximum, et le froid, ça va ? Il ne va pas retomber ?
-Oh, non, non, le froid il aime bien.
-D'accord alors je compte sur vous, il m'a dit que vous étiez le seul à l'exciter !
-Ah, il a dit ça ? »
Watson, par-dessus l'épaule du jeune homme, fit de grands gestes pour nier les accusations, mais le brun se contenta de sourire avant de l'entraîner dans la salle. Il reprit son masque de glace, et le médecin fut soudainement soulagé de le voir ainsi.
« Watson, nous avons deux problème.
-Deux problèmes ?
-Oui, et cesse de répéter ce que je dis c'est agaçant. Donc. J'ai vu tous les suspects, je leur ai parlé, je les ai étudié, et aucun d'eux n'est l'envoyeur de lettre.
-Aucun d'eux n'est le…D'accord j'arrête. Tu en es sur, je présume ?
-Je suis sur. Donc tu vas gentiment aller faire tes photos pendant que je cherche autre chose. »
Watson hocha la tête en essayant de tirer son boxer pour le rendre moins moulant, ne remarquant pas que son collègue avait du mal a ne pas suivre ses mouvements des yeux.
« Et au fait, le deuxième problème ?
-Pour tes photos, Arty veut que tu « bandes a t'en faire éclater la verge ». L'expression n'est pas de moi, je..
-Je m'en doute ! Mais il est hors de question que je fasse quoi que ce soit pour… »
Sherlock le coupa, vaguement agacé. Pour une fois, c'était lui qui allait devoir faire tout le boulot, lui n'avait qu'a poser comme une tranche de viande, il devrait s'estimer heureux ! Le brun croisa les bras, se faisant menaçant, et lui siffla qu'il avait accepté cette mission et qu'a présent, il devait s'y tenir.
« …Alors tourne toi. Je dois penser à autre chose. »
Sherlock obéit distraitement, enlevant ses gants qu'il mit dans sa poche.
« Evite de penser à Sarah, ça ne t'aidera pas."
-Tai-toi. »
Ca ne marchait même pas du tout. Watson n'arrivait qu'a se stresser, en se concentrant. C'était un homme d'action, de simples idées ne le mèneraient pas loin. Il grinça des dents. Le brun lui demanda d'un air narquois s'il avait un problème.
« Oui. Tu n'aurais pas un truc froid sur toi ?
-Un glaçon, ça t'irait ? »
Le blond ne voulu pas savoir comment le détective avait ce genre de chose en sa possession, mais il acquiesça sans rien dire, les yeux fermés, agacé de se sentir encore une fois impuissant. Sherlock fit volte face, et n'hésita qu'un court instant. Bien sur, c'était très risqué, et se mettre John a dos maintenant aurait été fâcheux. Mais c'était certainement la seule option. S'avançant, il glissa d'un geste sec ses deux mains contre l'entrejambe du blond qui poussa un couinement outragé sans pourtant se dégager. Sherlock jubilait, visiblement. Ses doigts enfermèrent le membre, appuyant doucement dessus pour le faire pulser. Le regard de Watson semblait avoir changé.
« Si tu me…Propose ainsi ton aide, permet moi de l'adapter. »
Le détective ouvrit une bouche ronde quand Watson prit lui-même ses paumes pour les placer à l'intérieur du boxer, de chaque côté de son sexe. C'était brûlant. Délicieux. Le blond avait fermé les yeux pour ne pas le voir, et sa respiration s'était accrue.
« Caresse. Doucement.
-Je t'ai connu plus volubile…
-Ferme-la. »
Sherlock se permit d'enfouir son visage dans le cou du médecin pour en respirer l'odeur musquée, tout en laissant ses doigts agir sur la peau bouillante. Il sentait le sexe gonfler, peu à peu, s'ériger contre le tissu, et il se retient de poser ses paumes dessus dans un massage plus approfondit.
« Descend un peu.
-Te voir me donner des ordres est étonnant. Enfin, dérangeant, je dirais. Tu… »
Watson se mit à lui faire un suçon sur l'épaule, bruyamment, de façon à le faire taire. Il commençait à avoir chaud, et comprenait que Sherlock avait de l'expérience derrière lui. Cette idée le mit mal à l'aise. D'un coup, il le poussa en arrière, décidant que le jeu avait assez duré. Comment le regarder dans les yeux ?
« Ce n'était qu'une aide de mission, John. Rien d'autre.
-Alors pourquoi es-tu presqu'aussi excité que moi ? »
Sherlock ne trouva rien à répondre, et lui jeta un regard mauvais. Si la situation avait été autre, John se serait félicité d'avoir, au moins une fois cette année, réussi a lui clouer le bec. Mais pour l'instant, son membre le rendait dingue, et il voulait en finir avec ces photos stupides. Il alla se poster à l'endroit prévu, tâchant d'ignorer tous les regards braqués sur lui, ouvrit sa bouteille, et la vida sur lui.
"..."
« Bon sang, Sherlock, elle mesure combien ?
-Je vous demande pardon ? »
Arty roula des yeux, et le brun comprit le sous-entendu au vol. Il sourit, murmura « vingt-deux » dans son oreille, et ouvrit de grands yeux quand le médecin s'aspergea d'eau, le fixant du regard. Il paraissait tellement plus viril, ainsi. Plus dur. Sherlock réprima un frisson pendant que les flashs crépitèrent. Puis, l'excitation retomba, doucement. Watson redevenait lui-même, rouge de honte, ne sachant plus ou se mettre. Le détective leva son pouce dans sa direction :
« C'était super, poussin, un vrai pro ! »
Watson lui dédia un regard noir, puis ricana intérieurement. C'était son tour, après tout ! Mais il devait aller enquêter un peu. Tout le monde était focalisé par les mannequins, donc les bureaux devaient être déserts. Et avec Sherlock, il avait apprit a fouiner.
"..."
Rien. Rien de rien. Bon sang, comment trouver un indice, dans tout ce bazar ? Watson fouillait dans les tiroirs du bureau de la secrétaire. Il trouva un petit cadre, avec un cliché de toute l'équipe. Il y avait trois des suspects, Arty, la secrétaire, et un homme, a l'opposé du photographe. Qui était-ce ? Watson vola la photo, ni vu ni connu, et retourna sur le plateau.
"..."
« J'ai tout raté ?
-Oui, mais regarde… »
Arty lui tendit son appareil, et fit défiler les clichés. Le blond n'en crut pas ses yeux, était-ce réellement Holmes, ce bel éphèbe a la peau laiteuse, uniquement vêtu d'une chemise blanche, qui semblait perdu au milieu de draps noirs ? Sherlock n'avait pas ce regard envoûtant, ni ce corps si désirable…
Son portable vibra.
Mon frère est dehors, il veut aller boire un verre. SH
Tu peux y aller seul avec lui, non ? JW
Il veut nous voir en couple. Et puis tu dois me faire part de ce que tu as trouvé. Tu as trouvé quelque chose, au moins ? SH
Oui. JW
Tu es vexé ? SH
Non. On se retrouve dehors. JW
A toute de suite Poussin. SH
Ca, tu vas le payer très cher, crois-moi. JW
Watson fulminait toujours en remettant sa veste. Il ne vit donc pas Arty s'approcher de lui.
« John, j'ai…John ? Ca va ?
-Oui, oui, je…C'est juste Sherlock qui…
-Vous fait une crise de jalousie ? C'est normal, si vous aviez vu comment les gars vous regardaient oh la la… »
Watson eut envie de le secouer pour lui hurler qu'il n'était pas homosexuel, mais estima qu'il n'avait plus rien perdre, et réussi donc a faire un joli sourire. Le photographe lui indiqua que les photos « en couple » se feraient le lendemain matin, et que la soirée prévoyait un cocktail qu'ils ne pouvaient pas manquer. Le blond promit de venir, remercia une fois encore, et prit la porte.
"..."
« Vous n'avez vraiment pas l'air d'un couple, croyez-moi.
-Tu n'aurais pas un peu grossis, toi ?
-Sherlock, voyons, je croyais que tu avais arrêté ce genre de bassesse…Non, plus sérieusement, vous êtes de pitoyables acteurs.
-C'est de la faute de John. »
Les deux frères continuèrent leur conversation sans plus se soucier du blond qui faisait la tête, refusant de se battre une fois encore sur ce terrain qu'il jugeait plus que douteux. Son téléphone lui fit part d'un message de la part de Sarah.
Sarah : Tu es libre Vendredi prochain ? Ca te dit un petit repas chez moi ?
En réalité, Watson n'avait plus envie. Mais la surprise le fit tout de même rire. Sherlock abandonna immédiatement le peu d'intérêt qu'il portait a Mycroft.
« Qui est-ce ?
-Personne.
-C'est Sarah. Elle veut te revoir. Je le sais car..
-Bon sang, Sherlock, je m'en fous ! »
Il se leva, posa un billet pour sa consommation qu'il n'avait pas touché, et s'en alla. Tout cet énervement contre Sherlock était né du fait qu'il lui cachait des choses. Puis parce qu'il était trop direct. Mais le blond savait qu'il fuyait toute tentative d'explication avec son ami, il ne voulait certainement pas entendre parler du baiser, celui-là même qu'il avait sciemment provoqué, et de ce qui s'était passé dans la salle de l'atelier. Ses mains blanches, contre sa peau…Mais plus encore, de savoir qu'il l'excitait, lui, John Watson, avait fait réagir le glaçon, l'être in sentimental et presque frigide. Cela le comblait, et il s'en voulait, pour ça.
"..."
« Tu sais Sherlock, tu es en train de le perdre.
-Tai-toi, s'il te plait. Il doit céder une bonne fois pour toute. Je dois le mettre devant le fait accompli.
-Et s'il se braque ? S'il te déteste ?
-Me détester ? Il sera consentant, Mycroft. C'est d'ailleurs lui qui prendra l'initiative.
-Quand ça ? »
Le brun lui montra son téléphone.
« Au fait, demain soir, cocktail. Arty nous a invité, je n'ai pas pu dire non. JW »
« Je vais devoir y aller, John ne m'a pas dit ce qu'il avait découvert, et tout est sensé exploser demain soir, a minuit pile.
-Sherlock, si a dix-neuf heures tu n'as pas démasqué l'assassin, promet moi de tout faire évacuer.
-Mon cher frère, écoute bien le ton cassant de ma voix. Je n'ai rien a te promettre, et tu sais aussi bien que moi que je vais trouver. »
Sherlock se leva, et sans un regard en arrière alla rejoindre son hôtel. Il fallait qu'il calme le jeu avec John, et il avait terriblement envie d'autre chose le concernant.
J'espère que vous avez aimé ce chapitre :) ! Review ?
