Hello Hello !
Je tiens vraiment à m'excuser pour avoir autant tardé avec cette suite, mais malheureusement, le manque de temps est un ennemi difficile à combattre ! lol
Mais nous y voici, enfin... Donc 3ème et dernière partie de cette fic qui me tenait temps à coeur...ça fait tout drôle de se dire que c'est fini ! :)
Anyway, j'espère que vous aimerez et j'attends vos reviews avec impatience ! :)
Je tiens aussi à remercier, mes revieweuses anonymes auquelles je n'ai pu répondre et toutes celles auquelles j'ai rép ! lol
J'ai adoré vos messages de haine à mon égard ! Mdrrrr
Pour la playlist il s'agit biensûr de Mumford & Sons - Sigh no more, que je vous encourage à écouter soit du début si vous le voulez ou à partir du passage de la fic noté playlist ...
Je vous souhaite donc une bonne lecture & vous dit à très bientôt pour une nouvelle histoire ! :D 3
Kiss
C-Line
PS: Voici l'adresse de la vidéo que j'ai réalisée pour ma première partie ;) N'hésitez pas à me dire si vous avez aimé !:)
White Blank Page : 3w*youtu*be / 3T167mxhJO0
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Sigh No More
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2 heures qu'il était partit…
2 heures que j'hurlais son nom dans mon jardin me foutant bien cette fois-ci des voisins...
2 heures que l'espoir qu'il m'entende, me fasse un signe ou mieux qu'il apparaisse devant moi me maintenait debout…
2 longues et interminables heures qui bientôt devinrent 3…
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3 heures et j'en suis maintenant à le supplier à genoux…
« Non Cas…tu ne peux pas me faire ça...Je t'en prie…Je suis tellement désolé ! »
3 heures et le désespoir gagne du terrain en moi à chaque minutes qui passent…
« Tu ne peux pas me laisser comme ça…pas maintenant…que j'ai compris…»
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Bientôt 5 heures que je suis là à prier pour lui au milieu de mon jardin…en vain…et je ne sais plus quoi faire…
Il est vivant…je veux le croire…il ne peut être mort…Pas lui…
Cas est un Ange, un être immortel… Il a des pouvoirs, de la ressource…il est fort…et le suicide est un péché… par ce que oui, ce qu'il a décidé de faire est bel et bien un suicide…Mais un Ange ne peut pas se suicider…
Non il ne peut-être mort…
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6 heures…
« Cas, je sais que si tu es toujours en vie, tu m'entends…alors écoute moi bien angelot, je t'interdis de mourir ! Tu entends ? Je te l'interdis ! Et bon sang, si t'es mort je trouverais le moyen de te ressusciter pour te tuer moi-même de mes mains pour avoir fait ça ! Compris ?! »
Mon désespoir était maintenant à tel point que la seule défense qui me restait contre ce mal qui me rongeait était la colère…Contre lui de vouloir mourir en m'abandonnant seul dans ce monde merdique…mais surtout une colère contre moi-même…Moi qui était la cause de son mal et donc du mien…Moi qui avait encore fois plus que merdé… Moi, foutu connard, handicapé des sentiments, qui ne sait agir qu'en rabrouant les autres dès qu'il s'agit d'en exprimer un…
« Castiel ! Foutu Ange du Seigneur, tu vas ramener tes fesses d'emplumer ici bordel ! C'est bon j'ai compris la leçon ! Je t'ai lâchement abandonné alors tu me lâches à ton tour ! Bon sang mais pour faire ça, pourquoi a-t-il fallu que tu viennes me voir, hein ? J'étais bien moi ! J'étais presque heureux dans mon foutu monde d'illusions et de faux semblants ! Alors pourquoi venir faire tout voler en éclats pour ensuite t'envoler en me laissant là…seul…détruit… »
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7 heures…
« Dis-moi ce que je dois faire Cas…dis-moi ce que tu veux… Je ferais tout… tout ce que tu voudras ! Tu sais que je donnerais ma vie pour toi Cas…alors dis-moi ce que tu attends de moi et je le ferais…Juste…fais pas ça, je t'en prie… »
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8 heures et toujours aucun signes… Rien qui ne laisse présager qu'il m'ait entendu toutes ces heures… Rien qui ne laisse présager une issue positive…Rien qui ne laisse présager qu'il soit toujours en vie…
J'étais responsable de sa mort…Mon égoïsme et ma fierté mal placé était responsable de sa mort… Je n'avais pensé qu'à moi pour finalement m'oublier moi-même dans ce rêve qui n'était en fait pas le mien…
Je m'étais menti à moi-même…tout ce temps…
Oui, aujourd'hui je l'avais enfin compris… Mais à quel prix ?!
Car non seulement il m'avait fallu 6 mois pour comprendre l'étendue de mes erreurs…l'étendue du mensonge que j'avais créé tout autour de moi… mais pire, il m'avait fallu faire souffrir le seul être qui compte vraiment à mes yeux…le seul qui ne m'avait jamais abandonné -à contrario de moi-, le seul qui connaissait vraiment la noirceur de mon âme et ses cicatrices et qui malgré tout…m'aimait…
À tel point, qu'il se sacrifiait à chaque fois pour moi…
Et moi, comment je le remerciais ? En l'insultant, le rejetant, le rabaissant plus bas que terre… En le blessant à tel point qu'il préférait mourir…et ce, d'en d'atroces tortures que Raphaël n'avait certainement pas manqué pas de lui infliger…
Mais qu'est-ce qui n'allait pas chez moi ?
Quel être odieux étais-je donc devenu pour lui faire subir ça ?
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Vidé, je me trainais tant bien que mal à l'intérieur de la maison…Hurler et prier n'avait servis à rien pendant toutes ces heures…alors à quoi bon continuer ? Il n'y avait plus rien à sauver…Cas devait maintenant avoir quitté ce monde depuis bien longtemps…
La bouteille laissée quelques heures plus tôt sur le bar se retrouva vidée en moins de temps qu'il fallait pour le dire… Tout ce que je voulais maintenant c'était oublier… Oublier que j'étais responsable de tout ça, de ce gâchis, de cette douleur, de sa mort…
Encore une fois, je perdais quelqu'un…un être cher…
Encore une fois, j'en étais le seul responsable…
Encore une fois, je regrettais que l'on m'ait sortis des Enfers…car tout ce que je vivais depuis était pire que d'être là-bas…
Je n'étais voué qu'à subir et faire subir, douleurs après douleurs, pertes après pertes…Il ne me restait plus rien…rien que le froid et le désespoir de la mort…
Le dos contre le mur, je me laissais tomber au sol, repliant mes jambes contre mon torse et pris ma tête dans mes mains… Chaque secondes qui passait étaient comme des milliers d'aiguilles qui me transperçaient le corps et le cœur…
Du moins s'il m'en restait un…rien n'était moins sûr…
J'avais été un véritable enfoiré avec lui ! Non seulement aujourd'hui…mais i mois aussi… Ça devait vraiment être une seconde nature chez moi… Jouer au con, insulter et blesser les personnes qui tiennent à moi…qui tenaient à moi…
Les derniers mots de l'Ange ne cessaient de résonner dans ma tête…« Adieu Dean… » Et l'impression que ses doigts étaient toujours sur ma joue, omniprésente…
« Bon sang ! » Criais-je pour la centième fois d'une voix rendue enrouée par tous mes cris… Pourquoi avait-il fallu que je ne comprenne qu'à son départ… ? Pourquoi n'avais-je pas été foutu de voir avant que sa main ne touche ma joue dans ce geste emplit d'affection et de tristesse que moi aussi je tenais à lui…plus que de raison ?
J'aurais dû comprendre avant, ne serait-ce que toute ces fois ces 6 derniers mois où j'avais pensé à lui en regardant le ciel, où j'avais murmuré son nom sans m'en rendre compte avant que le son ne sorte de ma bouche… Toute ces fois où, au supermarché ou dans la rue, mon cœur s'était serré dans ma poitrine en voyant un trench beige passer devant moi… Je comprenais maintenant, que tout ce temps j'avais espéré que ce soit lui… j'avais espéré le revoir surgir devant moi sans prévenir…le voir pencher sa tête sur le côté… j'avais espéré entendre sa voix trop grave et voir ses yeux trop bleus… j'avais tant espéré…sans jamais vouloir me l'avouer…
Et aujourd'hui, alors qu'enfin il avait été là, face à moi, au lieu de le serrer dans mes bras, je l'avais chassé…
Je levais des yeux embués vers la fenêtre…
Il faisait nuit maintenant…une nuit sans lune…une nuit noire… comme mes pensées…comme mon âme…
Comme si le Ciel lui-même portait le deuil d'un de ses êtres célestes…
Cette pensée me retourna l'estomac…et j'eu tout juste le temps de me relever et de rejoindre la salle de bain, avant de rendre l'alcool ingurgité quelques minutes avant…
Le téléphone sonna pour la cinquième fois en moins d'1 heure…Lisa devait se faire un sang d'encre…
Je me passais le visage à l'eau froide avant d'attraper mon téléphone en soupirant… Je n'avais vraiment pas envie de lui parler mais encore moins de la voir rentrer maintenant ! Ce n'était vraiment pas le moment !
Alors je l'a rappelais…Brodant une excuse comme je pus, tentant de maîtriser l'enrouement de ma voix et de masquer le désespoir qui y pointait… Et fus soulagé d'un poids –bien qu'infime comparé à celui qui m'empêchais de respirer correctement depuis plusieurs heures- quand, bien que ne semblant pas réellement convaincue, Lisa raccrocha…
Un souci de moins…
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Playlist: Mumford & Sons – Sigh No More : 3w * youtu*be / eltHv58l8ig
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Le sang gouttait sur le tapis, et l'espace d'un instant l'idée qu'il serait irrécupérable et que Lisa allait me tuer pour ça m'effleura l'esprit. Mais en fait je m'en moquais totalement, car, dans quelques instants tout allait se jouer.
Ma vie allait se jouer.
Oui dans quelques minutes je saurais…
Je n'avais plus de raison d'y croire...Il n'avait pas répondu…Il n'avait pas donné de signes de vie depuis maintenant près de 16h…alors à quoi bon…
À quoi bon continuer de se battre quand tout ce en quoi on croyait n'était qu'utopie, quand tout ceux qu'on aimait était partit… D'abord maman et papa ensuite Ellen et Jo puis Sammy… et maintenant Cas…
La vie était une merde sans nom, et continuer à vivre n'avait plus aucun sens si c'était pour être seul… meurtri…
Pourtant une petite part en moi voulait croire qu'il était toujours là, qu'il n'était pas mort… Et une lueur d'espoir en filtrait…me laissant imaginer qu'il allait le sentir… cette vie qui s'écoulait lentement de moi…mon âme qui s'éteignait petit à petit… Oui s'il était toujours vivant il allait le sentir et alors…peut-être que son syndrome de « Je dois sauver Dean car il est ma charge » prendrait le dessus sur sa rancœur, sur sa peine… et qu'il reviendrait.
Oui j'étais persuadé que toujours vivant Cas ne me laisserait pas mourir, aussi blessé et en colère fut-il…
Mais voilà… S'il était toujours en vie… Or plus rien n'indiquait que c'était le cas…
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Je venais de commettre l'acte le plus stupide qui soit… Mais je n'en avais plus rien à faire, tout ce que je voulais maintenant c'était fermer les yeux et partir…ne plus souffrir… oublier…
Retrouver Sammy, mon père, ma mère et peut-être aussi Cas dans un monde meilleur… même si je savais pertinemment que c'était impossible, qu'un tel monde n'existait pas…que plus jamais je ne les reverrais et que pour sûr j'allais plutôt me retrouver damné en enfer encore une fois…
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Affalé à même le sol, le dos contre le canapé, j'attendais…
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Serve God love me and men
Sers Dieu, aime-moi et les hommes
This is not the end
Ce n'est pas la fin
Live unbruised we are friends
Vis exempts de meurtrissures nous sommes amis
And I'm sorry, I'm sorry
Et je suis désolé, Je suis désolé
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Je basculais ma tête en arrière de sorte à ce qu'elle repose sur le coussin et fermait les yeux, soupirant et laissant mon esprit vagabonder…Ca ne serait plus long maintenant…
« Cas…si tu es encore en v…si tu m'entends… Je suis vraiment désolé mec, pour tout… » Je soufflais, la tête commençant à me tourner… « Je n'ai jamais voulu…ça… te faire du mal comme ça…nous faire faire du mal comme ça… J'aurais tellement voulu…je ne sais pas, en fait…être heureux…avec toi… »
Je passais ma main valide sur mon visage, et le découvrit humide. Des larmes y avaient roulés sans même que je m'en aperçoive. Je soufflais à nouveau, ma respiration se faisant difficile et lourde.
« Je ne comprendrais jamais comment…comment toi, guerrier du Seigneur, né pour servir Dieu, tu as pu m'aimer… Moi, banal humain, surement doté de l'âme la plus meurtrie sur Terre…et de l'égo le plus démesuré aussi ! Mais en même temps tu étais surement l'Ange le plus humain qui est été… Le seul à avoir appris à aimer les hommes et à les reconnaître comme tels et plus comme de vulgaires singes… »
« Un ange doté d'une âme… T'avoueras quand même que ça ne court pas les rues ! »
J'esquissais un pale sourire et fis une pause, je ne savais même pas où j'allais comme ça… Peut-être que je voulais juste lui rendre un dernier hommage…Où peut-être était-ce juste ma façon à moi de revoir ma vie avant de partir… Cette vie pourrie où j'avais perdu tous ceux que j'aimais, où j'avais souffert plus que de raison, et où un jour elle s'était vu illuminée par la grâce d'un Ange…
« Cas… » Soufflais-je douloureusement… « Ca ne peut pas être fini…pas comme ça…nous…tu étais le seul ami, la seule famille qu'il me restait…et…tellement plus encore…comment ai-je seulement pu me montrer si froid envers toi… Je suis tellement désolé Cas…»
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Sigh no more, no more
Ne soupir plus, plus
One foot in sea, one on shore
Un pied dans la mer, l'autre sur la rive
My heart was never pure
Mon Coeur n'a jamais été pur
And you know me, You know me
Et tu me connais, Tu me connais
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Le froid s'infiltrait dans mes veines, engourdissant mes membres… prenant lentement la place du sang qui s'y était trouvé… La mort remplaçait la vie dans mon corps, doucement mais sûrement…
Je frissonnais, tremblais même…mais je m'en moquais…plus rien n'avait d'importance… j'allais enfin être en paix tout comme devait l'être Castiel maintenant…
« C-Cas…je ne te l'ai jamais dit…je ne te l'ai même peut-être jamais montré… » Ça devenait laborieux de parler…mais je devais finir…il fallait au moins une fois dans ma putain de vie que je le dise…même s'il y avait plus personne pour l'entendre…
« Tu sais…tu étais la personne qui me connaissait le plus…le mieux…mieux que Sammy même…et…et tu avais beau dire que mon âme est belle, brillante et tout…mon cœur, lui, est rongé de l'intérieur, noircis par toute cette souffrance, toutes ces saloperies qui ont fait de ma vie ce que sera ma mort…un enfer...Et c'est peut-être pour ça qu'il m'aura fallu être entre la vie et la mort pour prendre pleinement conscience de ce que tu représentais pour moi… Mais ne t'en fais pas, je l'ai parfaitement compris maintenant…et… et… »
Je me sentais partir…NON…pas maintenant…encore quelques secondes…je veux juste… le dire à voix haute…je veux…juste… « Cas… » Fis-je dans un souffle…
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« POV Cas »
Une détresse sans nom s'infiltrait en moi par tous les pores de ma peau, me laissant encore plus pantelant que je ne l'étais déjà… Et, si je n'avais pas été déjà au sol, je crois bien que je me serais effondré…
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But man is a giddy thing
Mais l'homme est une chose vertigineuse
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Raphaël dû le sentir car il m'adressa un regard victorieux et un rictus se dessina au coin de sa bouche…
« Alors Castiel, tu baisses enfin les bras…Tu as enfin compris que rien ne servait de se battre contre la volonté de Dieu ? MA volonté ? »
J'entendais à peine ses paroles…Je m'en moquais divinement…
Non, mon attention était tournée ailleurs, bien plus bas…vers la Terre, où j'écoutais les mots de Dean…
Il ne hurlait plus, ne priait plus, non… Et ce qui aurait dû être un soulagement pour moi, se transforma en une douloureuse crainte… Sa voix devenait de plus en plus faible, sa respiration erratique et ses mots…CES MOTS que j'avais tant de fois rêvé entendre sortir de sa bouche… Ces mots il les disait…là…alors qu'il m'avait chassé de sa vie aussi durement que s'il m'avait planté une lame dans le cœur…maintenant …alors que je m'étais rendu aux mains traitresses de mon frère…
Ces mots, je le sentais au plus profond de moi, étaient les plus sincères qu'il ne m'ait dit… Et pourtant la peur ne me quittait pas…
Car quelque chose n'allait pas…
Son âme s'affaiblissait…le lien qui nous unissait s'affaiblissait…je perdais le contact…
Je fermais les yeux -même si je savais que cela me mettais en danger face à mon frère- et me concentrais d'avantage sur Dean…
Un frisson me parcouru…Il allait mal…très mal…
Un goût métallique imprégna ma bouche, le goût du sang… Mais ce sang ce n'était pas le mien…
Sa voix se brisa, sa respiration se fit plus faible, et la mienne se coupa lorsque je l'entendis prononcer mon nom dans un souffle… ce dernier souffle de vie qui était en train de le quitter…
La souffrance était telle en cet instant que je sentis mon cœur cesser de battre…comme s'il n'était plus qu'un bloc de glace gelé…et le froid qui en découlait me glaçait et engourdissait mes membres…
Non…ce n'était pas possible…non…NON !
« Regardes-toi Castiel ! » Fit Raphaël en se rapprochant. « Tu es pathétique ! Ta grâce subsiste peut-être, mais elle est faible…Oh si faible ! Tu es devenu comme tes humains à force de les côtoyer…Faible et inutile ! C'est répugnant… ! » Finit-il dédaigneusement, proche -trop proche- de moi…
Il avait raison j'étais inutile en cet instant…
Dean était en train de mourir et je ne pouvais rien faire pour l'aider…et rien que l'idée me brisait…
Cette sensation que le sol s'ouvrait sous mes pieds, m'engloutissant, était nouvelle et totalement déstabilisante… Jamais de toute mon existence je n'avais ressentie pareille sensation d'être totalement aspiré par le vide…pareille détresse…
Il n'y avait que Dean pour me faire sentir si vivant ou bien si mort…comme à cet instant… Que Dean…
Dean…dont le cœur ralentissait je le sentais, faiblement, mais je le sentais… encore… et une expression des plus humaine résonna dans ma tête… « Tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir »
Serrant les poings, les yeux toujours clos, je me laissais alors submerger par une nouvelle énergie…celle que Dean appellerait sûrement « l'énergie du désespoir ».
À cet instant je fus d'accord avec une partie de ce que venait de dire Raphaël. Oui j'avais maintenant un côté humain en moi, et ce, grâce à Dean, mais ça ne me rendait pas faible, non, au contraire, ça me rendait plus rusé, plus fort.
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Oh man is a giddy thing
Oh l'homme est une chose vertigineuse
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Tant d'images se bousculaient dans ma tête… La première fois que je l'avais vu, en Enfer…notre rencontre dans cette grange… nos combats… nos désaccords…nos moments de complicités où, d'un seul regard on partageait tant…
Je revis ce moment où il avait baissé les bras et où je m'étais senti trahis…j'avais tout donné pour lui et lui voulait tout abandonner, M'abandonner…alors je l'avais frappé…encore et encore… et puis je l'avais soigné…car quels que soit mes griefs envers lui, quelques soit ma rage envers cet homme… Il était Dean…Il était celui dont je ne pouvais me passer, celui qui était devenu tel une drogue pour moi…Celui dont la voix me faisait frissonner, dont le regard me faisait vibrer, celui dont seul la présence me faisait me sentir entier… Mi- Humain de corps et de cœur, Mi- Ange d'esprit et de grâce… Les deux moitiés se réunissant pour former un tout…qui ne trouvait de place et d'utilité qu'auprès de Dean…
Et pour sauver Dean, cet humain, cet homme que j'aimais tellement, je déplacerais des montagnes !
Alors prenant mon frère par surprise, je rouvrais les yeux d'un seul coup et, dans un grognement de rage je laissais éclater ma fureur et l'attrapais à la gorge, le soulevant de terre, avant de le frapper de mon autre main avec une force que je ne m'imaginais pas posséder… Le coup l'envoya voler à travers la pièce …défonçant le mur sur son passage, pour s'écraser au sol plusieurs mètres plus loin…
Le choc lui en avait fait perdre son épée et avant même qu'il n'est eu le temps de réagir je l'avais ramassé et je me tenais au-dessus de lui, prêt à l'anéantir.
« Plus le temps » Ces 3 petits mots résonnaient en boucle dans ma tête, tel un leitmotiv ou plutôt une alarme…
Alors je m'activais, prenant à peine le temps de regretter mon geste…
« Je suis désolé mon frère, mais tu ne me laisses pas le choix »
Je vis ses yeux s'agrandir lorsqu'il comprit qu'il était vaincu et lui plantais son épée dans le cœur avec force…
J'avais de nouveau tué l'un de mes frères…mais contrairement à ce que j'avais pu ressentir les fois précédentes, ça ne me touchait pas…Non… Je n'en avais que faire…
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Car ma seule préoccupation à cet instant, était que je ne ressentais plus Dean…
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C'est la peur au ventre, le cœur au bord des lèvres, tremblant comme une feuille dans un ouragan que je me matérialisais dans le salon de Dean…
Et la vision qui m'y accueillit me transperça de part en part…
Voir cet homme qui représentait ma vie baigner dans son sang me donna le vertige… et je dû me tenir au chambranle de la porte pour ne pas m'effondrer au sol…
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Oh man is a giddy thing
Oh l'homme est une chose vertigineuse
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Ce n'était pourtant pas la première fois que je le voyais en danger, blessé ou en train de saigner…
Mais là…je le sentais…c'était pire que toute ces fois réunies…par ce que toutes ces fois j'avais pu le guérir…mais là…là…
Ne pas perdre espoir…non…pas encore…pas maintenant…je pouvais surement le soigner…le sauver…
Je m'avançais, chancelant, vers lui et me laissais tomber à genoux à son côté…
Caressant sa joue du bout des doigts je l'appelais doucement espérant le faire réagir, sans pour autant l'effrayer…
« Dean… »
Son absence de réaction fut comme un nouveau coup de poignard, et mon regard se perdit un instant sur la plaie béante et sanguinolente sur son poignet… avant de la refermer d'une simple caresse sur son avant-bras…
Fermant les yeux, je posais alors ma main sur son front, me concentrant pour évaluer les dégâts, pour sentir le reste de vie en lui…
« Dean je t'en prie, n'abandonne pas maintenant… » Soufflais-je en tentant de ranimer sa flamme, de soigner son mal, de raviver son cœur…
Mais son pouls ne pulsait plus dans ses veines, son âme ne brillait plus, sa peau se refroidissait sous ma main…et l'expression « avoir le cœur coincé dans la gorge » prit tous son sens… Car c'est exactement ce que je ressentais à ce moment…
Mais non…ce n'était pas possible…il ne pouvait pas…NON, je devais me battre contre ce froid qui envahissait son cœur, je devais …
Je redoublais alors mes efforts, ayant presque la sensation de tenir son cœur dans mes mains, de faire ce que les humains appelaient un massage cardiaque…Il…DEVAIT…VIVRE…
« Dean je t'en prie…bats-toi…me laisse pas… » Ma main libre chercha la sienne…inerte… glacée…et le serra, fort, comme pour la réchauffer, comme pour m'ancrer à lui...
Je sentais mes forces me quitter au fur et à mesure que je forçais sur ma grâce, la poussait vers lui, l'incitait à le parcourir entièrement… « Deaaannn » Criais-je en serrant les dents de douleur face à tant d'efforts…
« ALLEZ DEAN ! Je t'en prie…je t'en supplie… » Je sentis mes yeux s'humidifier -humain de corps et de cœur…et mon corps souffrait et mon cœur pleurait… - tandis que je sentais que ça n'avait aucun effet…
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Oh man is a giddy thing
Oh l'homme est une chose vertigineuse
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« DEAAAANNNNNN » Hurlais-je de désespoir devant l'absence totale de réaction de celui-ci…
Vidé…j'étais vidé de tout…d'énergie, de vie, d'espoir… La tête me tournais, ma vue était floue…
Tant de nouvelles sensations et l'horreur de la réalité face à mes yeux les amplifiant…
Trop tard…j'étais arrivé trop tard… Douloureuse litanie se répétant dans ma tête…
« D-Dean… » Bégayais-je dans un souffle, épuisé…
Ca ne pouvait être vrai…un cauchemar, j'étais plongé dans un cauchemar sans fin…
« Dean… » Répétais-je, inlassablement… forçant sur mes dernières forces…
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C'était une jolie maison, dans un quartier calme et bien situé, proche de toutes les commodités, du centre-ville et d'une école… Un joli jardin sur le devant, fleuri, entretenu… Une clôture en bois blanc dont le portillon était ouvert, renforçant l'aspect accueillant de la maison…Un porche, sous lequel on pouvait se prélasser dans une petite balancelle…et au sol devant la porte le tapis annonçait un joyeux « Welcome Home »
Oui cette maison avait tout pour plaire pour quiconque se promenait devant…
Mais si on s'en approchait un peu plus… On pouvait entendre pleurer un être étrange…un être fait de magie et d'amour…un être fort et faible à la fois…un être brisé par son incapacité à guérir l'élu de son cœur… Et cet être, croyez moi ou non, il s'agit d'un Ange… Le plus pur et le plus humain qu'il ne vous serra donné de rencontrer…
Oui dans cette charmante demeure, il pleure…crie…hurle…pour qu'on lui rende son amour perdu, pour que celui-ci revienne à la vie… Si vous tendez l'oreille, vous entendrez ses prières…langue inconnue sur cette Terre…mais résonnant comme une triste mélodie… peut-être que si vous êtes vraiment attentif, aurez-vous la chance de comprendre quelques mots de notre langue, ces quelques mots qu'ils répètent chaque fois que son regard se pose sur le corps inerte de son ami…
« Je suis désolé Dean…tellement désolé… »
Si vous vous approchez de la fenêtre, vous le verrez peut-être le serrer contre lui, comme s'il voulait ne faire plus qu'un avec lui, ou peut-être cherche-t-il à réchauffer son corps gelé…car oui, vous le sentez maintenant…ce froid… Le froid glacial de la mort…il flotte tout autour de la maison…et en remplis tout l'intérieur… Ce froid qui a emporté l'une des âmes les plus brillantes qui est existé, du moins aux yeux de l'être céleste…Ce froid qui vous glace les os, à lui, il lui glace le cœur…car il est mort à l'intérieur…en même temps qu'il échouait dans sa mission, qui, au final était plus devenu un besoin vital qu'un travail… « Protéger l'élu, Dean Winchester »
Si vous plissez les yeux, vous remarquerez sans doute, qu'il se balance d'avant en arrière…Oui, vous avez compris…il le berce…il le berce contre son cœur, qui, même froid, lui appartient…car cet homme, qui s'en est allé, lui a appris l'humanité…lui a appris les sentiments, les sensations, les décisions qui font de nous de nous ce que nous sommes : des Humains. Et cet homme, Dean Winchester, à donner sa vie pour lui, parce qu'il ne pouvait supporter l'enfer qu'aurait été sa vie de vivre sans lui…Et aujourd'hui, cet enfer, ce purgatoire, il revient à l'Ange de le vivre…Punition pour avoir osé désobéir aux ordres de son Père…pour avoir osé tuer ses frères…pour avoir préféré un humain à l'accomplissement de la Destinée… Et surement pour beaucoup d'autre chose encore…
Alors dites-moi…Vous qui trouviez cette maison si charmante tout à l'heure…Est-ce toujours le cas maintenant que vous avez plongé dans la noirceur et l'humidité des abîmes et la froideur et le désespoir de la mort … ?
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Love, it will not betray you, dismay or enslave you,
Aimer, ça ne te trahira pas, te consternera ou t'asservira,
It will set you free
Ça te rendra libre
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« Dean… tout est de ma faute…si je n'étais pas parti comme ça…si je ne t'avais pas forcé à reconnaitre un sentiment dont tu ne voulais entendre parler…si j'étais revenu dès tes première prières au lieu de n'écouter que ma fierté et ma douleur… si je n'étais tout simplement pas revenu du tout, comme je te l'avais promis…tu serais toujours en vie… »
Une nouvelle larme roula sur ma joue, avant de tomber sur la sienne juste en dessous…je ne pouvais plus lâcher son corps froid de contre le mien…Je le berçais, bien que sachant que son âme n'était plus dans son corps depuis un moment déjà… mais ce corps inerte était tout ce qu'il me restait de lui… Humain, oui je devenais de plus en plus humain, et je maudissais cet état de fait qui visiblement affaiblissait ma grâce…Raphael me l'avait dit, je ne l'avais pas cru…Mais la preuve était là…je n'avais pu sauver l'homme que j'aimais…
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Be more like the man you were made to be.
Fera de toi plus l'homme que tu étais fait pour être
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Cet homme qui avant de mourir m'avait ouvert son cœur, enfin…Cet homme qui, à sa façon, m'avait presque avoué m'aimer…Presque oui, car il ne l'avait pas dit…il n'en avait pas eu le temps…la mort l'avait emporté quelques secondes trop tôt…mais, je l'avais compris, sentis au plus profond de moi…il avait été sur le point de me le dire…
Et ce détail me frappa de plein fouet…réveillant en moi une colère sourde à l'égard de…Dean…
Dean qui, encore une fois, avait réussi à éviter de le dire, de la pire des façons certes, et certes ce n'était pas de sa faute…enfin…pas vraiment…mais… Bon sang !
« Ne pouvais-tu une seule fois dans ta vie, faire face à tes sentiments ? Le dire, rien qu'une seule fois, c'était donc trop dur ?! » Criais-je en secouant ce corps de chiffons.
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There is a design, An alignment, A cry,
Il y a une conception, un alignement, un cri,
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« Une seule fois Dean, j'aurais voulu te l'entendre dire rien…qu'une seule fois … » Ma colère se mua en un sanglot qui se coinça dans ma gorge tandis que je posais mon front contre le sien…
« Oh Dean…Rien qu'une fois j'aurais aimé sentir la chaleur de ta main sur ma joue…se perdre dans mes cheveux…caresser mon cou…Rien qu'une fois j'aurais aimé sentir la douceur de tes lèvres caresser les miennes, tandis que mes yeux se serraient perdus dans le vert pétillant des tiens et que mes mains se serraient agrippées à ton dos pour te serrer contre moi… Il y a tant de choses que j'aurais voulu découvrir…partager avec toi… sentir ton souffle se mélanger au mien…découvrir ton goût…je voudrais tellement revoir ton si beau sourire illuminer ton visage…»
« Je serais même prêt à supporter ton sale caractère et tes sautes d'humeur à chaque secondes que Dieu fait, pour peu que ça signifie que tu es en vie ! » Le secouais-je de nouveau dans un dernier sursaut de colère, pour finalement le resserrer contre moi… comme si ma propre vie en dépendait…
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Of my heart you see,
De mon cœur ,tu vois,
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Mais Dean était parti…définitivement cette fois…et plus jamais il n'y aurait de disputes, plus jamais il n'y aurait de plaisanteries douteuses dont je ne comprenais pas le sens, plus jamais il n'y aurait de regards complices, plus jamais il n'y aurait de…
Mes pensées se stoppèrent d'un coup, et, dans un sursaut je me redressais tout en portant une main à ma tête…
Qu'est-ce que… ? Je devenais fou…Ce…n'était…pas…possible…
Ma main rencontra de la douceur…de la chaleur…et mon cœur cessa de battre…mon cerveau de réfléchir…mais mes larmes quant à elles redoublèrent…
« Que… ? »
Mes yeux se perdirent non pas dans le vide cette fois mais dans un vert encore trouble mais s'intensifiant de secondes en secondes…
« D-Dean ? »
« Co-comment est-ce… ? » Je bégayais, n'arrivais plus à réfléchir, j'hallucinais…non, ce n'était pas possible…
« Je…t'aime…Cas… » Fit une voix sortie d'outre-tombe…rauque...faible… mais tellement belle…
« Dean…je rêve n'est-ce pas ? Ce n'est pas…Ca ne peux pas être réel… »
Ma main resserra la sienne perdue dans mes cheveux comme voulant retenir ce mirage…et je fermais les yeux pour savourer sa chaleur…
Chaleur…
Ce fut comme un électrochoc, et rouvrant les yeux d'un coup je l'observais plus en détails…
« Mais…mais comment est-ce possible ? »Bafouillais-je tandis que je tentais de calmer les battements de mon cœur qui s'affolaient…
« Tu… » Je fus réduit au silence par deux doigts se posant doucement sur mes lèvres, m'obligeant à refermer les yeux à ce contact si agréable…
« Cas… » Un murmure un simple murmure et pourtant j'avais l'impression que mon nom avait été crié…
Instantanément mes yeux replongèrent dans les siens et je fus étonnés de les découvrir presque rieurs…
« A-rrêtes…de…réfléchir…pour…une fois… et…» Il fit une pause…sourit légèrement avant de reprendre…
« Embrasse-moi… »
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The beauty of love as it was made to be
La beauté de l'amour tel que c'était fait pour être
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FIN
