Auteur: Claire1663

Bêta : Vinnie

Disclaimer: Tous les personnages ainsi que l'histoire originale appartiennent à JK Rowling.

Titre : Manipulations.

Résumé: Harry va à la rencontre de Voldemort dans la Forêt Interdite lors de la Grande Bataille mais lorsque le sort de la mort le frappe, la vérité éclate.

Aide à la lecture : UA. Personnages OOC. Amélia Bones est vivante ainsi que Dumbledore. Tom Jedusor a ouvert la Chambre des Secrets, non en 1943 mais en 1945 (sa dernière année à Poudlard), la même année où Dumbledore réussit à vaincre Grindelwald. Adriana Dumbledore décède en 1945 au moment du duel entre Albus Dumbledore et Gellert Grindelwald.

Voldemort a pris le pouvoir au Ministère mais Poudlard reste le dernier endroit libre du monde sorcier. Harry est bien parti à la chasse au Horcruxes au cours de l'année et revient à Poudlard pour retrouver le diadème.

Comme pour les livres, Voldemort comprend que ses ennemis connaissent l'existence des Horcruxes et tentent de les détruire. Il décide donc de se confronter à la dernière poche de résistance, Poudlard, ainsi qu'à Dumbledore et Harry Potter.

L'histoire débute au moment où Harry rejoint Voldemort dans la Forêt interdite. La scène dans laquelle il plonge dans la Pensine dans le bureau de Dumbledore n'a pas eu lieu.

Note de l'auteur : Je remercie tous ceux et celles qui m'ont laissé des reviews, mis en followers et favoris. Je remercie également ceux et celles qui me soutiennent (dans leurs reviews, PM... et ma merveilleuse bêta, Vinnie). J'ai une pensée cette semaine pour Khayd, je tiens à la remercier pour sa fic Guerre, Sang et Paix et j'en profite pour saluer Castfan et sa fic Liens de Sang. N'hésitez pas à les lire, elles sont passionnantes.

Bonne lecture.

Chapitre 3 Face à face

Lorsqu'il se releva, Harry fit face à l'homme injustement prisonnier depuis près d'un demi- siècle, Grindelwald. Ce dernier lui souriait, de ce sourire si triste et si fier qu'il avait pu constater au sein de sa famille. En pensant à elle, une forme de regret lui empoigna le cœur mais c'était surtout cette sensation de chaleur, celle d'avoir pu rencontrer sa famille et d'en être la fierté, qui prédominait. Il ne l'aurait jamais cru mais repenser à ses parents et parrains lui rendit le sourire.

-Comment te portes-tu Harry ? interrogea le vieil homme avec bienveillance.

-Bien, je dirais soulagé. Est-ce que le rituel a fonctionné ? De là…où j'étais, j'ai cru comprendre que oui.

-Parfaitement, tu ne peux pas savoir comme je suis fier de toi. Si j'avais eu la moitié du courage que tu as, peut-être que certaines choses…

-Vous n'avez pas à vous rendre responsable. Cet homme savait parfaitement manipuler son entourage et leurs sentiments et malheureusement il n'a pas hésité à le faire vis-à-vis de vous. Moi, j'étais entouré. J'ai des amis fidèles et des adultes qui n'ont pas hésité à mettre leurs vies en danger, voire d'avoir péri pour me soutenir.

-Harry, n'oublie pas que malgré tout cela, tu es un jeune homme formidable et tellement courageux.

-Monsieur…

-Bien, mon jeune monsieur Potter, nous n'allons pas rester là à nous apitoyer sur le sort de l'un ou de l'autre. Je crois qu'il est temps de remettre les pendules à l'heure. Quelqu'un doit être impatient de nous revoir. Il serait vraiment malpoli de le décevoir.

L'homme offrit un subtil clin d'œil à son jeune interlocuteur et ils prirent la route de Poudlard.

Ils décidèrent d'éviter les Mangemorts ou les habitants de l'école de sorcellerie. Revoir Harry Potter revenir alors que sa mort avait dû être annoncée, et de plus accompagné par un Seigneur noir, serait certainement du plus bel effet mais ne les arrangerait pas dans l'effet surprise qu'ils avaient en poche.

Ils prirent le chemin qu'avait utilisé le jeune Potter, à travers les bois. Il n'oublia pas de récupérer sa Cape d'invisibilité. Elle pourrait certainement leur être d'une grande utilité afin de déjouer les pièges du directeur de Poudlard.

En se rapprochant du château, ils commencèrent à distinguer un rassemblement aux portes de Poudlard. La première chose qui les interpella était la non-action des deux groupes. Ils n'avaient jamais vu cela. Se faisant face, l'Ordre du Phoenix et les Mangemorts se fixaient mais aucun ne tentait quoi que ce soit.

-J'ai l'impression que certaines choses se révèlent.

-Comment cela ?

-Eh bien, d'après ce que j'ai cru comprendre, jamais ces deux groupes ne seraient capables de discuter tranquillement sans au moins une marque d'ironie mal venue de la part de l'un ou de l'autre.

-Alors le rituel a fonctionné ?

-Doutais-tu à ce point ?

-Oui et non, simplement on ne peut pas faire véritablement confiance au directeur de Poudlard. Il avait peut-être mis en place certains sortilèges de sécurité.

-Mon ami, ne sois pas comme lui, ne sous-estime jamais le pouvoir de l'amour.

-Je ne suis pas amoureux de Voldemort.

Un silence s'installa entre les deux hommes. Le plus vieux regardant intensément le plus jeune.

-Harry, il existe plusieurs formes d'amour. Le rituel dont je t'ai parlé et que tu as exécuté, avec brio, prenait en compte le lien d'âme-sœur que Tom Jedusor et toi avez en commun, mais également le lien de sang qui a été produit lors de sa résurrection. Celui-ci contenait l'amour de ta mère et même s'il n'était plus efficace, chacun de vous l'aviez en vous.

-Je ne vois pas…

-Harry, si je puis me permettre, votre magie et votre sang étaient remplis d'amour. Ton sacrifice ne l'a qu'accentué. Tout reposait sur cela.

-…Si vous le dites…

-Harry…

-J'aimerais éviter de débattre à nouveau de ce lien avec Voldemort ou qui que ce soit d'autre…s'il vous plait.

-Bien, mais ne pas en parler ne l'effacera pas.

-Eh bien, pour une fois, je ne ferai pas ce que les autres attendent de moi mais ce que je veux réellement.

Grindelwald appuya son regard sur le jeune héros qui lui faisait face. Ce dernier avait lutté la tête haute et affronté chaque nouvelle épreuve avec conviction et courage. Pourtant il s'inquiétait. Ce dernier semblait avoir vécu trop de choses pour ne pas en sortir indemne, du moins mentalement.

Soudain des exclamations surprises se firent entendre de l'assemblée réunie à l'entrée du château.

-Monsieur, je crois que c'est le moment d'intervenir.

-Tu as tout à fait raison. L'agitation est telle que nous pourrons passer inaperçus.

-Utilisons la Cape. Ainsi nous mettrons toutes les chances de notre côté.

Les deux hommes se drapèrent de la Cape, disparaissant aux yeux de tous. Ils décidèrent de passer par une entrée secondaire, faisant ainsi un détour. Ils allèrent passer par l'arrière du château. Ils se rallongèrent mais cela leur permettrait de prendre à revers le directeur de l'école et d'éviter la foule.

Ils voulaient éviter à tout prix des blessés autant parmi les étudiants et l'Ordre du Phoenix que parmi les Mangemorts. Ils avaient assez soufferts de la duperie d'un vieux fou à la recherche incessante de pouvoir.

Ils arrivèrent enfin aux entrées arrière. Elles n'étaient pas protégées mais ils furent attentifs au moindre détail, n'hésitant pas à lancer quelques sorts de diagnostic pour éviter de se faire repérer.

Lorsqu'ils rentrèrent dans l'école de magie, le vieil homme s'arrêta quelques instants, contemplant avec tristesse le spectacle de désolation qui s'offrait à ses yeux. De toute sa vie, il n'aurait jamais cru voir cette scène. Poudlard était un véritable champ de bataille. Alors que l'on pouvait à tout moment sentir ce lieu dégager une magie sereine et rassurante, il n'y avait plus que tristesse. Cet endroit, lieu symbolisant la jeunesse, l'innocence et l'espoir s'était vu souillé par les aspirations d'un seul homme.

Harry ne dit rien, il comprenait parfaitement le choc de l'homme de retrouver Poudlard dans cet état. Lui-même ne s'en remettait pas. Dans le feu de l'action, il n'avait pas prêté attention mais maintenant, il pouvait se rendre compte de l'importance des dégâts.

Ils continuèrent le chemin et passèrent devant la Grande Salle. Ils s'y arrêtèrent, choqués de voir les différents corps allongés à même le sol, preuve de l'ambiance mortifère qui régnaient en ces lieux, autrefois vivant.

Harry ne put s'empêcher de se rapprocher des corps de Fred mais également de Rémus et Tonks. Ils étaient une perte cruelle. La famille Weasley aura des difficultés à s'en remettre. Surtout pour Georges. Quant à son parrain de cœur, il ne pourra jamais voir son fils grandir et ce dernier ne connaîtra jamais ses parents.

Alors qu'ils reprirent la direction des portes de l'entrée, une explosion les surprit. Grindelwald décida de sortir de sous la Cape.

-Harry, reste dessous. Je l'occuperai assez de temps pour que tu puisses mettre en place le sortilège.

-Mais vous êtes sûr ? Vous êtes affaibli, insista le jeune homme, effrayé de voir à nouveau un proche se sacrifier.

-Harry, autant j'ai envie de te protéger au mieux, autant j'aimerais me venger de ces années d'enfer dans lesquelles il m'a fait sombrer. De plus, nous aurons l'effet de surprise avec nous s'il ne te voit pas.

Harry hocha la tête, approuvant ce plan et se remit rapidement sous la Cape. Ils pressèrent l'allure pour se retrouver enfin face à la cause de leur malheur, Dumbledore.


Dumbledore vit Drago Malefoy montrer à tous sa marque des Ténèbres et rejoindre ses parents. Il voulait tenter d'amadouer à nouveau ses élèves et l'Ordre du Phoenix. Cela n'allait pas être compliqué puisque chacun faisait totalement confiance au grand Albus Dumbledore. De plus, il allait reprendre l'image d'Harry Potter, l'élu qui s'est sacrifié pour eux. Cela devrait rapidement les recentrer mais il le sentit. Une magie qu'il n'avait pas ressentie depuis bientôt cinquante ans.

Il devait changer ses plans. Sa présence ici avait tout chamboulé. Comment avait-il fait pour s'échapper de sa prison ? Ce dernier passait par l'arrière du château, il pouvait donc encore le battre sans que quiconque n'intervienne. Il allait peut-être même profiter de sa présence pour sauver la situation et pour cela il allait échauffer certains esprits en leur annonçant une partie de la vérité.

Voldemort venait de lui attribuer la mort d'Harry Potter et c'est là qu'il se mit à sourire. Cet idiot venait de lui donner une ouverture et surtout une information de poids. Le Seigneur des Ténèbres avait tué Harry Potter. Il lui répliqua alors :

- Tom, tu ne t'es pas posé la bonne question….Pourquoi cet enfant ?

Commença alors une discussion fort sympathique. Et plus le temps passait et plus il pouvait observer la haine et la peur prendre place sur les visages. C'était le moment du coup de grâce :

- J'ai réussi à transformer Altair Malefoy en une simple essence magique, comme pour un sacrifice mais au lieu de le tuer, je l'ai implanté dans le corps d'un des membres de l'Ordre. Il n'a suffit que leur insuffler l'idée d'avoir un enfant et la magie d'Altair et de l'embryon se sont mélangés pour n'en former qu'un. Cet enfant t'a détruit une première fois. Il a survécu. Cet enfant, qui était ton âme-sœur, c'était Harry Potter. Celui que tu as tué !

Tous semblaient désespérés et plus particulièrement Tom Elvis Jedusor qui venait de comprendre qu'il avait non seulement tué le fils des Malefoy, un enfant, mais également le seul être au monde qui aurait pu l'aimer.

Il vit Narcissa Malefoy, accompagnée de son fils et de Molly Weasley, courir vers la forêt, certainement dans l'intention de retrouver le corps de leur précieux sauveur mais il garda toute son attention sur les Mangemorts et plus particulièrement leur représentant et Lucius Malefoy.

Le premier semblait totalement choqué et le deuxième le regardait avec tellement de haine que cela l'amusait au plus haut point. Une partie de ses plans était démasquée et cela allait entraîner de nombreuses rectifications mais que cela était jouissif de les voir si accablés.

Il décida alors d'attaquer.

Il envoya plusieurs sorts vers le groupe de Mangemorts. Il réussit, avec une certaine satisfaction, à blesser grièvement bons nombres d'entre eux mais il avait baissé la garde et sous-estimer son adversaire : Tom.

Ce dernier avait récupéré une bonne partie de ses capacités et n'hésita pas à riposter. Connaissant ce dernier et sachant qu'il devait se sentir coupable pour la mort de centaines de sorciers, il n'hésita pas à attaquer une partie des élèves.

Voldemort l'attaqua encore plus hardiment, n'hésitant pas à se mettre devant le groupe d'écoliers pour les protéger au maximum. Malefoy n'était pas en reste. Il déployait toutes ses capacités offensives contre lui et il devait admettre qu'il était plutôt doué.

L'Ordre du Phoenix ne l'attaquait pas mais ne le défendait pas non plus. Il fallut attendre l'attaque sur les élèves de Poudlard pour voir les professeurs et donc l'Ordre se remettre dans le combat. Mais il ne l'attaquait pas, il lançait simplement des sorts défensifs.

Il sentit la présence magique se rapprocher de plus en plus de lui. Il décida donc de bloquer pour un long moment ses adversaires actuels.

Il créa une grande explosion qui fit effondrer une bonne partie du mur du château, ne se préoccupant pas des personnes, pour la plupart des étudiants, qui se trouvaient en-dessous.

A la fin de l'explosion, il vit que son objectif était atteint et qu'il se retrouvait seul. Il prit la direction de la Grande Salle et entendit des pas se précipiter vers lui. Et là, il lui faisait face. Devant lui se tenait Gellert Grindelwald.

-Cela faisait longtemps mon ami, intervint-il.

-Pas assez pour oublier ce que tu as fait, grogna l'évadé.

-Pourquoi ? N'était-ce pas ce que tu désirais tant ? Le pouvoir, la reconnaissance…

-Oui, j'avoue que je le désirais mais jamais à ce prix-là. Te rends-tu compte du malheur que tu as semé tout autour de toi. Sans parler des milliers de morts… Tom Jedusor ou Harry Potter. Tu t'es servi d'enfants pour ta cause.

-« Pour le plus grand bien »…

-Toujours à proclamer ce leitmotiv mais l'as-tu réellement suivi ? As-tu réellement accompli tes plans « pour le plus grand bien » ou « pour ton plus grand bien » ?

-Que voilà de douces paroles, mon ami. Pourtant tu n'as pas hésité à te joindre à moi.

-Et je supporte ce choix depuis des décennies. Mais j'ai décidé d'agir.

-Je m'en suis rendu compte. Tu crois que je ne t'ai pas ressenti. J'ai dû plusieurs fois rectifier certaines données mais te savoir en prison à tenter vainement de déjouer certains de mes plans m'a également fait sourire. C'était si pathétique !

-Peu m'importe de te faire rire, seuls les faits m'importaient. Et je suis heureux de voir que ton plan si brillant, si longuement travaillé, ne s'est pas déroulé aussi bien que tu le pensais.

-Oui…Harry Potter. Lorsque j'ai vu Tom revenir et de ne plus ressentir mon emprise sur son esprit, je me suis douté que c'était cet abominable gamin qui avait certainement pratiqué le rituel. Seul lui pouvait le faire par son lien d'âme-sœur. Mais comment avait-il pu l'apprendre ? J'ai pensé à toi sans en être parfaitement certain mais c'est quand j'ai ressenti ta magie que mon hypothèse s'est confirmée ! Je dois t'avouer que je n'apprécie pas du tout te voir manœuvrer pour faire échouer mes plans !

-Tu m'en vois désolé.

-Mais ne t'inquiète pas, ta présence ici est pour moi un moyen idéal de me dégager de toutes responsabilités. Tu seras, à nouveau, mon parfait bouc émissaire.

-Si tu crois que je vais me laisser faire.

-Et que comptes-tu faire ? Depuis combien d'années ne t'es-tu pas battu ? Au contraire de toi, j'ai devant moi plusieurs années de combat, de lecture, pour te battre sans le moindre effort.

-C'est ce que l'on verra. Stupefix.

Le directeur de Poudlard évita le sortilège sans aucun mal et répliqua aussitôt. Au contraire de ce que pensait ce dernier, l'ancien prisonnier n'était pas un adversaire si aisément vaincu. Il ripostait de façon précise et sans la moindre hésitation. Mais ce qui se ressentait de ce duel était la volonté qui se cachait derrière chaque incantation. Après avoir vécu tant d'années en prison injustement, la hargne qui se trouvait en lui décuplait ses forces.

L'ancien vainqueur ne se trouvait plus devant un jeune homme impressionnable mais devant un homme mûr désirant non seulement se venger mais rétablir également la vérité.

Harry, lui, assistait à la scène caché sous sa Cape. Il savait que son ancien mentor pouvait voir au travers de cette dernière. Il s'était donc immédiatement caché derrière des décombres lorsque le prisonnier s'était stoppé dans sa course.

Pendant leur discours, il s'était faufilé parmi les décombres pour se retrouver derrière l'homme qui avait manipulé et détruit sa vie.

Il devait effectuer de nouveau un rituel précis pour permettre à la vérité d'éclater au grand jour et pour cela, il devait s'aider de runes que le prisonnier lui avait apprises. Il s'attela donc à la tâche avec la plus grande hâte. Ils avaient prévu de lui laisser le temps de les transcrire sur le sol en tentant d'attirer l'attention du vieux fou par, dans un premier temps la présence du prisonnier de Nurmengard, et d'une explication sur sa présence ici.

Il finit le marquage du rituel au moment même où il se faisait traiter de gamin insupportable. Même en sachant la vérité sur Dumbledore, cela lui faisait extrêmement mal de se rendre compte que l'homme qu'il avait considéré comme un mentor mais également comme une sorte de grand-père ne s'était servi de lui que comme d'un jouet.

Il se dépêcha cependant de se cacher et lorsque le premier sort fut lancé, il commença à réciter le rituel activant ainsi les runes.

L'ancien prisonnier vit les runes s'activer et au moment où la dernière s'illumina, il lança un sort qui lui permit de bloquer son ancien ami dans le cercle de runes.

Ce dernier se rendit tout de suite compte de la situation. Il était coincé mais maintenant que le duel ne le distrayait plus, il entendit parfaitement une voix qu'il reconnaissait.

Harry sortit alors de sa cachette et continua à réciter des paroles. Il vit l'homme qu'il avait fait enfermer se rapprocher et s'installer dans une autre partie du cercle. Le Survivant s'installa entre eux et déposa ses mains sur leurs visages.

Le directeur de Poudlard tenta par tous les moyens de se soustraire à cette main mais également au regard de sa Némésis mais il ne put rien faire et se laissa alors porter hors de son esprit, ne pouvant qu'hurler pour marquer sa rage.

Harry sentit le lien entre ces deux personnes se faire. Les choses reprenaient leur place et la justice allait pouvoir se faire.

Il se sentit extrêmement fatigué. Le rituel lui avait pris une bonne partie de sa magie et les affrontements précédents ne l'avaient pas épargné. Dès que le cercle de runes fut inactif, il stupéfixa aussitôt le coupable des abominations qui s'étaient produites dans le monde sorcier ces dernières années.

Il regarda alors l'homme qui l'avait tant aidé et quand un regard bleu dénué de toute haine ou de manipulation lui fit face, il savait qu'il avait réussi.

-Merci beaucoup mon ami. Je suis enfin libre, dit-il avec fatigue mais exprimant un fort soulagement.

-Je vous en prie. C'est un plaisir de voir les choses comme elle devait être, lui répondit-il avec un doux sourire.

Soudain une explosion les surprit. Aucun des deux n'avait plus de force et l'onde de choc les propulsa contre les murs. Les deux hommes ne furent que légèrement blessés au contraire d'Harry qui, épuisé, s'évanouit sur le coup, ne pouvant ainsi se protéger des nombreux débris qui le frappaient, le blessant sérieusement.


Tom tentait d'esquiver les attaques de son ancien professeur de métamorphose tout en ripostant et évitant que des élèves soient blessés. Ce vieux fou ne faisait attention à rien. Les dommages collatéraux l'importaient peu, comme cela avait toujours été le cas.

Soudain, il le vit faire un geste ample et une explosion le prit par surprise. Il ne chercha pas à poursuivre le fuyard car une partie du mur de l'école de sorcellerie tombait. Malheureusement, la plupart des étudiants, surtout les plus jeunes, avaient été placés le long des murs pour leur éviter d'être au beau milieu du combat et ce mur leur tombait directement dessus.

Il accourut vers le petit groupe et mit en place un bouclier qui protégea les enfants. Mais ces derniers étaient toujours coincés sous la roche. Le bouclier les ayant protégés des débris qui les avaient ensevelis.

Aidé par les professeurs de Poudlard, l'Ordre du Phoenix et les Mangemorts, ils dégagèrent les étudiants. Ils réussirent à les sortir des décombres et furent soulagés de ne compter aucun mort. Seulement quelques blessés légers.

Au moment où le dernier enfant fut récupéré par l'infirmière et amené aux limites de la Forêt Interdite dans le but de les déplacer le plus loin possible du danger, Narcissa et Drago Malefoy ainsi que Molly Weasley arrivèrent et se dirigèrent rapidement vers leurs familles respectives.

Tom Jedusor s'approcha alors de la famille Malefoy. La matriarche semblait effondrée et difficilement soutenue par son fils alors que l'un de ses anciens généraux transpirait à la fois la haine mais également la tristesse.

-Que se passe t-il Lucius ?

-Ils ne l'ont pas trouvé, affirma-t-il dans un murmure chargé de peine. Le corps d'Altair a disparu. Nous ne pourrons même pas le pleurer.

Lucius prit alors sa femme et son fils dans ses bras, tentant de combattre leur chagrin.

Tom, lui, s'écarta de cette famille et, faisant un signe aux Mangemorts qui voulaient l'accompagner leur signifiant qu'il désirait être seul, il s'assit dans une partie de la coursive encore intacte. Harry Potter ou Altair Malefoy, son âme-sœur. Il n'arrivait toujours pas à croire qu'il avait tué le seul être qui le comblerait.

Maintenant qu'il n'avait plus l'esprit aussi perturbé, il se rappelait des moments de sérénité qu'il avait ressentis lorsqu'il était en présence de l'aîné des Malefoy qui n'avait pas encore été enlevé. Mais, avec une plus grande réflexion, il s'était toujours posé la question du comment et pourquoi Harry Potter le défiait ainsi et s'en sortait indemne. C'était parce qu'ils étaient liés, leurs esprits se retrouvaient, se complétaient et se soignaient.

Et aujourd'hui, il l'avait perdu. Ils ne pourraient pas faire connaissance. Tenter de réparer leurs blessures ensemble. Mais est-ce qu'il en avait le droit ? Est-ce qu'Harry Potter lui aurait permis d'être un proche ? De lui pardonner les dégâts irréversibles qu'il avait commis en tuant ses parents, son parrain, ses amis ?

Une larme coula alors de son visage, suivie d'une autre et des pleurs qu'il tentait à la fois d'arrêter mais également de laisser s'échapper vinrent. Et Tom pleura comme avant, preuve que son humanité lui avait été redonnée et il pleura pour le seul homme qu'il ne pourrait jamais aimer.

Du côté de l'Ordre du Phoenix, la famille Weasley ainsi qu'Hermione se rassemblaient après avoir entendu Molly leur expliquer la disparition du corps de leur ami et membre honoraire de la famille. Pourtant la jeune Granger ne semblait pas aussi affectée que ses amis. Son regard semblait être dans le vague, tourné vers le château et une lueur d'espoir brillait dans ses yeux.

-Mione, ça ne va pas ? interrogea le plus jeune des fils Weasley.

Hermione fixait toujours le château mais lui répondit avec une voix où transparaissaient l'incertitude mais également l'espoir :

- Ron…et s'il était encore vivant ? S'il avait réussi, encore une fois, à survivre à l'Avada Kedavra ?

-Tu crois ? Mais Dumbledore…

-Dumbledore s'est hâté de terminer cette confrontation et de nous empêcher de le suivre. Je crois qu'Harry est vivant et que Dumbledore l'a senti et maintenant, ils doivent certainement s'affronter.

Les deux jeunes s'étaient éloignés de la Forêt Interdite et s'étaient rapprochés du château pour pouvoir discuter tranquillement.

Ce fut Ron qui commença à parler. Il voulait tellement croire en son amie mais il ne voulait pas espérer vainement et se retrouver devant un fait qui l'affligerait encore plus de ce qu'il n'était :

-Mione, j'aimerais le croire mais…

Ils virent à ce moment-là des reflets de lumière sur l'une des vitres du château, signifiant qu'un combat avait lieu en ce moment même.

-Mione…

-Ron, je crois que j'ai raison.

-Mais cela pourrait être n'importe qui ? Tenta Ron essayant autant de convaincre son amie que se convaincre.

-La Carte, tu l'as toujours avec toi? demanda alors la jeune fille.

-Oui !

Les deux amis l'ouvrirent rapidement et virent avec un mélange de surprise, de soulagement et de bonheur, le nom de leur meilleur ami à l'intérieur du château, bougeant, leur indiquant qu'il était vivant.

-Tu as vu l'autre nom ? indiqua alors le rouquin.

-Gellert Grindelwald…Mais que fait-il ici ?

A ce moment, ils furent interrompus par leur directrice de Maison :

-Miss Granger, Monsieur Weasley, que faites-vous ici, vous devriez être avec les autres étudiants…

-Professeur, l'interrompit l'élève la plus douée de sa génération, c'est Harry…

-Je sais Miss Granger que…la disparition, dit-elle avec tristesse avant que Ron Weasley ne l'interrompe :

-Non, Madame. Il est vivant ! Harry est vivant !