Bonsoir ! Voici le 3ème chapitre, j'espère qu'il vous plaira.

Merci à Cicidy et à Swangranger pour vos reviews, ainsi qu'à toutes les personnes qui suivent ma mini-fiction ;-)

Disclaimer : l'Univers de HP ne m'appartient toujours pas XD

Bonne lecture !

OoOoOoOo

3. En vertu des pouvoirs qui me sont conférés...

- Est-ce que quelqu'un a des questions ?

Draco venait tout juste de terminer son exposé, comme Mr Rusard l'avait demandé. Il savait que ses collègues ne lui faisaient toujours pas confiance, mais il sentait qu'ils doutaient un peu moins de son projet, ce qui était un grand pas en avant. Bon, il devait reconnaître que Blaise y était pour quelque chose : la veille, il avait brieffé son ami pour que celui-ci se comporte d'une manière bien précise. Un compliment bien placé à l'intention d'Ombrage et Mc Gonagall avait suffi à les charmer. Rogue et Dumbledore avaient été plus durs à amadouer, mais l'innocence naturelle qui se dégageait de Blaise avait eu raison de leur résistance. Quant aux jumelles Patil, Zabini n'avait pas du fournir le moindre effort, elles semblaient sous son charme depuis qu'il avait posé le pied dans la salle de réunion.

- Non, je crois que tout est clair, répondit Rogue d'un ton étonnamment aimable.

- Hé bien, merci Draco pour cet éclaircissement, ajouta Rusard. Je laisse maintenant la parole à Mademoiselle Granger, qui va nous présenter les points clés du projet.

- Je... euh... maintenant ?

« Merde, il ne m'a pas prévenue que je devrais m'exprimer en public aujourd'hui, je pensais que je devais simplement voir Ginny et en discuter avec elle »

- Ne vous en faites pas si vous n'avez rien préparé, répondit Rusard comme s'il avait lu dans ses pensées. Ici, on fonctionne comme cela, il faudra vous y faire : tout le monde est susceptible de prendre la parole à n'importe quel moment, mais il n'y a pas de crainte à avoir, nous sommes entre amis.

« Entre amis.. facile à dire », songea Hermione en se levant et en s'éclaircissant la gorge. « Ils n'osent pas moufter quand Rusard parle, mais sans lui, ils n'hésiteraient pas à nous descendre Malfoy ou moi »

- Je suis vraiment très excitée par ce projet, déclara faiblement Hermione, qui avait horreur de prendre la parole en public sans y être préparée.

Elle se força cependant à prendre un ton plus ferme.

- C'est une campagne qui me tient très à coeur, et j'ai confié son organisation à une personne qui compte beaucoup pour moi : Ginny Weasley, de chez Wizz Events.

En entendant cela, Draco fronça les sourcils.

- Granger, c'est une blague ?

- Malfoy, pourrais-tu éviter de me couper la parole ?

- Tu ne peux pas engager Ginny... sérieusement ! La soeur de Ron ?

- Est-ce que tu peux arrêter une minute avec Ron ? Il ne t'a rien fait !

- Je ne l'aime pas, c'est tout...

Rogue prit la parole.

- Excusez-moi... Loin de moi l'idée d'interrompre nos deux tourtereaux en pleine dispute conjugale, mais qui est cette Ginny ?

Les deux intéressés rougirent violemment, tandis que Blaise éclata de rire : décidément, il aimait de plus en plus cette campagne publicitaire !

- Vous la rencontrez cet après-midi car je lui ai donné rendez-vous ici afin de discuter du contrat, mais je vous assure que c'est une personne très compétente ! se défendit Hermione, les joues toujours en feu.

- Nous aimerions vous faire confiance, déclara Mc Gonagall d'une voix douce, mais vous comprenez, cette campagne est très importante, nous devons être absolument certains que tout soit parfait.

Hermione acquiesça.

- Je suis entièrement d'accord, et je vous assure que Ginny est la personne qu'il nous faut. En ce qui concerne le lancement du produit en lui-même, j'ai déjà réfléchi à quelques idées. Je ne vous en dis pas plus, mais sachez que vous allez adorer !

- Si tu le dis, marmonna Draco entre ses dents.

Il n'avait toujours pas digéré la remarque de Rogue sur la dispute conjugale, ni ses regards sous-entendus, et il faisait son possible pour prouver aux autres qu'il n'appréciait pas du tout Hermione. D'ailleurs, il ne l'appréciait pas, c'était un fait... pas vrai ?

- Puisque tout est clair pour le moment, il est temps de mettre un terme à cette réunion. Bonne journée à tous ! déclara Rusard en se levant, imité par ses employés.

- Je crois que je ne me suis jamais autant amusé pour un boulot, murmura tout bas Blaise à Draco en s'esclaffant.

- Je suis ravi que l'un de nous d'eux s'amuse, rétorqua sèchement son ami.

- Arrête de faire ta mauvaise tête ! En plus, Hermione n'est pas aussi désagréable que tu me l'avais laissé croire. Je trouve qu'elle a changé.

- Depuis quand l'appelles-tu par son prénom ?

- Depuis que mon avenir professionnel est entre ses mains.

- Et celles de Ginny, râla Draco avec un soupir.

- Je la trouve sexy, moi.

- Quoi ? explosa la blond.

Son ami trouvait Hermione sexy ? Alors ça, c'était la chose la plus stupide qu'il ait jamais entendu !

- Ginny... elle est sexy, non ? demanda Blaise en dévisageant son ami avec curiosité.

Malgré lui, les traits de Draco se détendirent : ainsi, son ami craquait sur Ginny, et non pas sur Granger.

- C'est la soeur de Ron, répondit Malfoy d'un air buté.

- Et alors ? Ce n'est pas avec lui que j'ai l'intention de coucher, ce n'est définitivement pas mon style.

- Parce que tu comptes coucher avec sa soeur ?! s'écria Draco, avant de se plaquer une main sur la bouche.

Il avait parlé un peu trop fort, et même si le bureau était à présent vide, les murs n'étaient pas très épais.

- Elle n'avait pas l'air contre, quand je l'ai vue au Trend, avant-hier, chuchota son ami. Mais tu ne pouvais pas le savoir, puisque tu m'as planté là en plein milieu de la soirée, lui reprocha le top-model.

- Je te l'ai dit, je n'étais pas en forme.

« Et l'arrivée de Granger et de ses amies m'a convaincu qu'il valait mieux que je rentre » compléta-t-il mentalement.

- Quoi qu'il en soit, j'ai hâte de revoir Ginny, dit Zabini en lissant de la main un pli imaginaire sur sa chemise. Comment me trouves-tu ?

Draco leva les yeux au ciel : son ami n'était pas sérieux, il ne pouvait pas avoir flashé sur la soeur de Ron Weasley !

- Aussi agaçant que d'habitude ! Bon, tu viens manger avec moi dans mon bureau ?

- Si ça peut te faire plaisir, mais tu sais bien que je dois faire attention à ma ligne, Drake.

Tout en ouvrant la porte, Draco réfléchissait à ce qu'il venait de se passer ces deux derniers jours, et il commença à regretter d'avoir malgré lui convaincu Rusard d'engager Hermione. Comment allait-il réussir à prouver à tout le monde que la jeune femme lui était complètement indifférente, après cette réunion catastrophique et les allusions de Rogue ? S'il avait pu deviner quelle solution le destin lui fournirait quelques minutes plus tard, il n'aurait jamais formulé ce souhait. Les deux garçons avaient franchi le couloir séparant la salle de réunion du bureau de Draco, et ce dernier s'apprêtait à ouvrir la porte. Ce qu'il découvrit à l'intérieur lorsqu'il pénétra dans la pièce le laissa sans voix.

- Draco ! hurla une voix féminine en se jetant sur lui.

- Pansy ? Qu'est-ce que tu fous là ?! répondit-il froidement en se débattant. Est-ce que tu pourrais me lâcher, s'il te plait ?

Elle s'exécuta, à son grand soulagement

- Je voulais en avoir la confirmation de mes propres yeux, expliqua-t-elle après avoir fait un signe de tête en direction de Blaise.

- Quoi ? Quelle confirmation ?

Pansy prit un air conspirateur.

- Ce matin, j'ai reçu un appel d'Astoria : elle était effondrée car son père lui a formellement interdit de t'épouser.

- Parce qu'elle croyait sérieusement que j'allais l'épouser ?!

- Je sais comment les choses fonctionnent, Draco. Tu ne l'aimes pas, mais vos pères concluent des marchés ensemble, et ils se sont dits qu'un mariage entre vos deux familles solidifierait leurs entreprises.

- Je ne vois pas en quoi cela te regarde.

Le jeune homme était agacé que sa vie soit sans cesse commentée, critiquée. Il voulait être libre et s'affranchir de son père, c'était d'ailleurs une des raisons pour lesquelles il avait démissionné de MalCorp.

- Elle était en pleurs au téléphone, poursuivit Pansy, sans remarquer l'énervement de son interlocuteur. D'après ce que j'ai compris, son père a dit que tu étais un fils ingrat, que tu n'avais aucun respect de la famille, et qu'il refusait que sa fille soit unie à toi d'une quelconque manière.

- Je ne vois toujours pas en quoi cela te concerne, ni ce que tu fiches ici.

- Disons que j'ai mené ma petite enquête, et j'ai entendu des rumeurs disant que tu travaillais pour Rusard, alors je suis venue vérifier.

- Hé bien, voilà, tu l'as ta preuve, maintenant pourrais-tu me laisser travailler s'il te plait ?

- Mais Draco, tu ne comprends pas ... tu es libre, à présent ! Tu ne dois plus épouser Astoria !

Il comprit alors la véritable raison de la présence de Pansy : depuis plusieurs années, son amie lui faisait des avances, mais Draco les avait toujours repoussées en utilisant Astoria comme prétexte et en soutenant que même s'il ne l'aimait pas, il ne pouvait pas la tromper car il s'était engagé auprès d'elle, et cela créerait un véritable scandale si quelqu'un le découvrait. A présent, Astoria ne pouvait plus lui servir d'excuse ...

- Je suis si heureuse, Draco, s'écria-t-elle en lui sautant dessus, avant de l'embrasser à pleine bouche.

- On prend du bon temps à ce que je vois, Malfoy, ironisa Rogue en passant la tête dans l'encadrement de la porte.

- Je... ce n'est pas du tout ce que vous croyez, répondit-il vivement en repoussant Pansy.

- Quel bourreau des coeurs, poursuivit-il sur le même ton. Je voulais juste vous prévenir que vous êtes attendu au 4A, ainsi que Monsieur Zabini.

Blaise, qui n'avait pas bougé depuis qu'ils avaient découvert Pansy dans le bureau, en profita pour se débarrasser de la jeune fille.

- Drake et moi avons une réunion importante, désolé Pansy, à la prochaine.

Et tout en la tirant par le bas, il l'entraina vers la sortie.

- Je te téléphone ce soir, cria-t-elle à Draco en lui envoyant un baiser, tandis que Rogue ricanait.

- Pas de commentaires, merci, dit Draco, furieux.

- Mais je n'ai rien dit, Monsieur Malfoy. Je n'ai rien dit.

Et, sans se départir de son sourire moqueur, il s'éloigna en sifflotant.

- Bon, on y va ? demanda Blaise à son ami, pressé de revoir la rousse.

- Ouais, on y va.

OoOoOoOo

- L'idéal serait que le thème de la soirée rappelle le produit que nous voulons présenter, expliquait Hermione à son amie.

- La FireWatch... la montre la plus précise du monde, murmura Ginny en manipulant délicatement l'objet entre ses doigts.

- Il faudrait également que nous trouvions un slogan, et que le concept relie l'objet au mannequin qui le représente.

Au même moment, le top-model en question frappait à la porte du bureau d'Hermione, accompagné de Draco.

- Salut, Hermione ! s'écria le mannequin en l'embrassant sur les deux joues, à sa plus grande surprise.

- Heu, salut Blaise.

La jeune femme jeta un regard d'incompréhension à Draco, qui haussa les épaules.

- Ginny, ravi de te revoir, dit Zabini, la main de la jeune femme dans la sienne, qu'il porta jusqu'à ses lèvres pour l'embrasser. Tu es toujours aussi belle !

Ses joues prirent la couleur de ses cheveux, tandis que Blaise continuait à lui parler à voix basse.

- Malfoy, est-ce que je peux te voir une minute... en privé ? demanda Hermione.

- Si tu veux, Granger, répondit Draco en la suivant à l'extérieur du bureau.

- Surtout, prenez tout votre temps, s'exclama Blaise comme les deux autres quittaient la pièce, tandis que Ginny gloussait.

Hermione ne put s'empêcher de lever les yeux au ciel.

- Alors ? l'interrogea Draco lorsqu'ils furent sortis du bureau.

- Tu n'as rien remarqué ?

- Non, aurais-je du remarquer quelque chose ?

- Ginny et Blaise... ils n'arrêtent pas de flirter !

- Et alors ?

- Et alors ? répéta-t-elle, furieuse. Je connais sa réputation, il va l'utiliser, comme il utilise toutes les autres !

- Weasley est assez grande pour s'occuper toute seule de sa vie amoureuse, Granger !

- Et que se passera-t-il lorsque notre mannequin-vedette et la personne chargée de le promouvoir ne s'adresseront plus la parole parce qu'il aura oublié de lui téléphoner, ou qu'il l'aura trompée ?

Il marqua un temps d'arrêt, n'ayant pas envisagé la possibilité que la relation entre Ginny et Blaise puisse évoluer vers quelque chose d'autre qu'un simple flirt.

- Je connais Blaise depuis très longtemps, et toi aussi, Granger, dit-il lentement. Je sais qu'il tient toujours ses promesses. Quoi qu'il arrive, il honorera sa part du contrat car c'est un professionnel.

- J'avais douze ans, la dernière fois que j'ai parlé à Blaise pendant plus de 5 minutes, rétorqua Hermione. Il venait de me balancer une bouteille de ketchup à la cantine. Elle a explosé, et j'ai senti la tomate pendant une semaine !

Les lèvres de Draco se retroussèrent.

- Ne t'avise pas de rire, Malfoy !

- J'essaie, mais je ne peux pas m'empêcher de te revoir couverte de ketchup, c'était trop drôle !

Et il éclata franchement de rire, malgré le regard désapprobateur de la jeune femme.

« Ce qu'il peut être agaçant, quand il se fiche de moi, comme ça ! » songea-t-elle.

- Ne fais pas cette tête, Grangie. J'arrête de me moquer de toi, promis !

Mais il ne put tenir sa parole, car le fou rire le reprenait de plus belle.

- Espèce de...

Très énervée, la jeune femme voulut lui donner un coup sur la tête avec le carnet de notes qu'elle avait emporté, mais il fut plus rapide qu'elle et attrapa sa main au vol. Hermione resta interdite. Depuis quand Malfoy s'abaissait-il à la toucher, elle la « fille de pauvres » , la « mendiante », comme il la surnommait autrefois ?

- Bons réflexes... j'avais oublié que tu étais aussi doué au base-ball, murmura-t-elle pour meubler le silence gênant qui commençait à s'installer.

Draco ne riait plus, la main d'Hermione toujours emprisonnée dans la sienne.

- Serpentard un jour, Serpentard toujours, répondit-il lentement, en faisant référence au nom de son équipe de sport de l'époque.

Elle déglutit, troublée par la situation.

- Euh Malfoy... Est-ce que tu pourrais me rendre ma main ?

Après une brève hésitation, il consentit à la lâcher et retrouva son masque de froideur. Déboussolée par son comportement, Hermione prit une grande inspiration et se jeta à l'eau : il fallait qu'elle mette les choses au point immédiatement, avant que Draco ne fiche en l'air la campagne à cause de leurs querelles stupides.

- Écoute, Malfoy, je sais que nous ne sommes pas et que nous ne serons jamais les meilleurs amis du monde. Mais nous devons essayer de collaborer et de ne pas nous entre-tuer pendant au moins six mois. Te sens-tu capable de le faire ?

Il se racla la gorge.

- Je crois, oui.

- Merci.

Et elle tourna les talons pour retourner dans son bureau.

« Six mois, Draco. Supporte-la pendant six mois, et ensuite elle s'en ira.. peut-être »

Il aurait du être réconforté à cette idée mais il se sentait plutôt contrarié. Pourtant, tout ce qu'il voulait, c'était que l'insupportable Miss-Je-Sais-Tout lui fiche la paix et sorte de sa vie, car il la détestait...

Pas vrai ?

Dans un flash, il revit les lèvres d'Hermione à quelques centimètres des siennes, dans l'ascenseur, puis ses joues rougissantes lorsqu'ils s'étaient retrouvés face à face devant le Trend, et enfin, son sourire compatissant quand elle avait découvert l'animosité de ses collègues à son égard.

Pourquoi n'arrivait-il pas à la chasser de son esprit, cette agaçante Miss-Je-Sais-Tout ?

N'étant pas d'humeur à se lancer dans une introspection ni à analyser ses propres sentiments envers Hermione, il prit un air le plus professionnel possible et retourna à son tour dans le bureau de la jeune femme.

OoOoOoOo

Le lendemain, les espoirs d'Hermione de profiter du samedi matin en faisant la grasse matinée furent réduits à néant lorsque son téléphone portable se mit à sonner.

- Non, pas le samedi, marmonna-t-elle d'une voix endormie, la tête toujours enfoncée dans l'oreiller.

La sonnerie cessa un bref instant, avant de reprendre de plus belle, au grand désarroi de la jeune femme. Tout en râlant, elle tendit le bras et attrapa son téléphone qui était sur la table de nuit.

- Qui que vous soyez, je vous maudis, dit Hermione d'un ton mauvais, avant de décrocher sans même regarder qui l'appelait. Allô ?

- Hermione ?

- Ron ?

La jeune femme sortit de sa torpeur.

- Pourquoi m'appelles-tu si tôt ? Un samedi, en plus !

- Hermione, il est déjà 10h du matin ! Et crois-moi, si j'avais découvert cela avant, je t'aurais déjà téléphoné depuis longtemps ! Je... je n'arrive pas y croire !

Inquiète à cause de la voix paniquée de son ami, Hermione se redressa complètement de son lit.

- Ron, dis-moi ce qu'il se passe, tu me fais peur !

- Connecte-toi sur Twitter, et dis-moi ce que tu vois.

- Quoi ?!

- S'il te plait, Hermione, fais-le !

Le ton du roux ne lui disait rien qui vaille. Elle activa le haut-parleur afin de continuer leur conversation tout en consultant les tweets.

- Regarde les tendances mondiales, précisa Ron, qui semblait au bout du rouleau.

Lorsqu'Hermione ouvrit la page demandée, elle faillit tomber à la renverse.

- Zabini Wedding, lut-elle, incrédule. Blinny Romance. Vegas Zabini... Mais qu'est-ce que c'est que ce bordel ?!

- J'allais te poser la même question ! Pourquoi ma petite soeur s'est-elle rendue à Las Vegas afin d'épouser un crétin, alors que je n'étais même pas au courant de leur relation ?!

- Hé bien, je..., bredouilla Hermione, encore sous le coup de la surprise.

- Dis-moi que c'est une blague, Hermione ! Ginny ne peut pas avoir épousé Blaise !

Incapable de répondre, Hermione faisait défiler sur l'écran les photos prises par les paparazzis. D'après ces derniers, le mariage avait été célébré il y a un peu plus d'une heure – en tenant compte du décalage horaire, ces deux idiots s'étaient probablement mariés en fin de soirée.

« Ils avaient du prendre l'avion directement après la réunion », calcula-t-elle.

- Hermione, s'il te plait, dis-moi la vérité... Est-ce que Ginny est amoureuse de Blaise ?

- Je n'en sais rien, Ron ! s'énerva Hermione. Elle m'avait dit que Blaise lui plaisait, c'est vrai, mais je n'en sais pas plus.

- Quelle humiliation pour notre famille, rumina-t-il, toujours autant en colère. Je suis doublement humilié, tu sais ! Je suis humilié en tant que frère, car je n'étais même pas au courant du mariage, et je suis humilié en tant que journaliste !

Elle leva les yeux au ciel.

- Ron, tu es journaliste sportif, tu n'es pas censé te préoccuper des potins ! Et arrête de répéter sans cesse que tu es humilié !

- Il s'agit de la vie de ma soeur, pas d'un vulgaire potin ! Et désolé de me répéter à nouveau, mais JE SUIS humilié !

Sentant la migraine pointer le bout de son nez, Hermione se passa une main sur le front et chercha un moyen de mettre fin à la conversation.

- Ecoute, je ne peux rien te dire de plus pour l'instant pour la bonne et simple raison que je n'étais pas au courant avant que tu m'appelles ! Je vais tenter de joindre Ginny ou Blaise, je te rappelle dès que j'ai du nouveau.

Il soupira.

- Excuse-moi de m'être emporté, Hermione, c'est juste que... cette histoire me met hors de moi ! Et Harry n'est pas très content non plus.

Hermione sentit la colère s'emparer d'elle.

- Tu peux répéter ?

- Comprends-le, Hermione... Malgré tout ce qu'il s'est passé, Harry a toujours beaucoup d'affection pour Ginny et...

- Ronald Bilius Weasley, comment oses-tu ? cria son amie. Harry l'a trompée avec une infirmière ! Sur son lieu de travail !

- Ils se sont juste embrassés, voulut corriger Ron, mais elle explosa.

- Je ne veux plus qu'on remette ce sujet sur le tapis ! Harry est mon ami, mais Ginny l'est aussi ! Alors maintenant, laisse-moi prendre une douche et ensuite je passerai quelques coups de fils !

- Très bien... désolé de t'avoir réveillée, murmura Ron, penaud. A tout à l'heure.

- C'est ça, à tout à l'heure !

D'un geste brusque, elle jeta son téléphone sur le lit.

- Ginny, qu'est-ce qu'il t'a pris ? dit-elle tout haut en se prenant la tête entre les mains.

Comment la presse allait-elle réagir en découvrant le soudain mariage de Blaise avec la personne chargée d'organiser la soirée de lancement de leur nouvelle campagne ? Et Mr Rusard ? Et Rogue ?

- Et merde ! s'exclama-t-elle tout haut, agacée.

Si elle ne réglait pas ce problème le plus vite possible, elle perdrait toute crédibilité au sein de Rusard Entreprises : n'était-elle pas celle qui avait recommandé la société de Ginny pour organiser l'événement ? Et Malfoy, lui qui avait du affronter ses collègues afin que Zabini ait le contrat, qu'allait-il lui arriver ?

Même s'ils n'étaient pas amis, Hermione devait rester professionnelle et appeler Malfoy, c'était une question de vie ou de mort, mais elle n'avait pas son numéro.

- Réfléchis, Hermione, réfléchis !

- Heu... Hermione ? murmura la voix de Luna de derrière la porte.

- Désolée Luna, mais j'ai un très gros problème à régler, il faut absolument que je me concentre !

- C'est juste que... tu as de la visite. Draco t'attend dans le salon.

- Quoi ?

En moins de temps qu'il ne le fallait pour le dire, Hermione avait parcouru la distance qui la séparait de la porte de sa chambre et l'avait ouverte d'un geste brusque, faisant sursauter Luna.

- Désolée, s'excusa la jeune femme, je ne voulais pas te faire peur. Malfoy est là ?

- Oui, il est dans le salon. Je te laisse le rejoindre, je serai dans ma chambre.

- Mais enfin, Luna, il n'y a rien de secret, cela concerne Ginny et ...

- Je sais, répondit la blonde, Draco m'a expliqué. Je serai dans ma chambre, à tout à l'heure, dit-elle d'une voix énigmatique avant de s'éclipser.

Hermione haussa les épaules : si même Luna commençait à se conduire bizarrement, elle n'était pas sortie de l'auberge !

- Malfoy ! cria-t-elle en le voyant assis sur le canapé. Je n'aurais jamais cru dire cela un jour, mais je suis vraiment contente de te voir !

- Chouette pyjama, répondit-il, un sourire en coin.

Elle réalisa alors avec horreur que dans la précipitation, elle avait oublié de se changer : Malfoy venait de découvrir son pyjama jaune aux motifs de la Belle et la Bête, et d'avoir un aperçu sur ses cheveux non coiffés et son visage non maquillé.

- Je.. Attends-moi ici, je reviens !

- Granger, arrête, j'ai déjà vu des dizaines de femmes en pyjama – plus sexy, certes, mais en pyjama quand même - alors ce n'est pas la peine de perdre du temps à te changer !

- Mais je n'ai aucune envie de me sentir ridicule, surtout devant quelqu'un qui n'hésite pas à se moquer de moi à la moindre occasion !

- Pense ce que tu veux, mais si je suis ici, c'est pour discuter de Blaise et Ginny.

- Je suis au courant, l'informa-t-elle, oubliant complètement son pyjama. Ron vient de me téléphoner, tout le monde ne parle que de ça sur les réseaux sociaux.

- Blaise est en train de devenir une star mondiale, ça ne m'étonne pas, soupira Draco.

Un sourire se dessina ensuite sur ses lèvres.

- Weasley doit être furieux, pas vrai ?

- Et tu trouves ça drôle ?

- Il faut bien que j'essaie de trouver un côté amusant à la situation, non ? De toute façon, nous allons tous les deux perdre notre job...

- Tu... tu crois ?

- Granger, je ne te croyais pas aussi naïve ! Depuis le début, j'ai eu du mal à faire accepter Blaise comme mannequin car il n'a pas la réputation d'un garçon sérieux. J'ai fini par convaincre Rusard, mais tu as toi-même été témoin du manque d'enthousiasme des autres, à commencer par Rogue. Je suis prêt à parier ce que tu veux que dès qu'ils seront au courant, je me ferai licencier, et je serai vraiment dans la merde !

Il crut que la jeune femme ne l'avait pas entendu car elle semblait concentrée, mais elle finit par lui répondre quelques minutes plus tard.

- Un repas 3 services dans le meilleur restaurant de la ville.

- Pardon ?

- L'enjeu du pari... si je parviens à éviter notre licenciement à tous les deux ainsi qu'à Ginny et Blaise, tu me devras un repas 3 services dans le meilleur restaurant de la ville.

Il secoua la tête en riant.

- Granger, si tu réussis un tel exploit, je t'achète carrément le restaurant !

- A ta place, je ne m'avancerais pas, Malfoy, sourit-elle. Je suis quelqu'un de très déterminé.

Il était hors de question qu'à cause des folies de leurs amis, ils perdent tous les quatre leur travail. Cela n'arriverait pas, foi d'Hermione Granger !