Lundi 15 janvier 2007
Auteur : darkdrigger
Titre : Apparence trompeuse
Résumé : Duo a une vie on ne peut plus tranquille, jusqu'au jour où il reçoit un appel de son père. Il va comprendre, à ses dépens, que ce n'est pas beau de mentir…
Disclaimer : Rien n'est à moi sauf l'idée, bien sûr…
Remarque : ceci est un slash, c'est-à-dire l'histoire de deux hommes ayant des relations amoureuses et sexuelles. Si cela vous gêne, passez votre chemin. Merci.
Note: Salut tout le monde ! Non, vous ne rêvez pas !! Je suis bien en train de faire mon come back !! Je sais que cela fait longtemps que vous attendiez la suite, certains diront même qu'ils désespéraient de la voir un jour !! Mais bon, tout arrive !! Vous trouverez les raisons de mon silence sur mon profil, enfin si cela intéresse quelqu'un… Sur ce, je vous conseillerai de relire les deux premiers chapitres car mine de rien ils remontent à un an déjà !!
Bonne lecture.
Biz' Dark.
Dédicace : J'aimerai remercier toutes celles et ceux qui m'ont soutenu de part leur présence physique ou virtuelle. Merci.
Chapitre 3 : Contact…
Duo grimaça en voyant sa feuille de route. Cela n'allait pas être de tout repos aujourd'hui. Y avait pas à dire, coursier c'était pas la joie !! Plus rébarbatif, tu meurs. Mais il aimait bien l'ambiance. Il travaillait toujours avec le même partenaire - bah oui, on ne change pas une équipe qui gagne !! - et puis il travaillait en totale autonomie et entretenait un contact particulier avec la clientèle. Et ça, c'était primordial. Il n'aurait jamais pu supporter de travailler toujours dans le même bureau, à voir toujours les mêmes gueules et avoir continuellement le patron sur le dos. C'était hors de question !! Il aurait certainement commit un meurtre au bout d'une semaine !!
Là, il avait une feuille de route et un nombre défini de colis à distribuer dans la journée. Point barre ! Ensuite, il gérait sa livraison comme bon lui semblait. Pas de tracé imposé, pas d'horaire à respecter. Le pied, quoi !! La plupart du temps, Melvin, son coéquipier s'occupait de la camionnette avec les colis lourds et encombrants tandis que lui arpentait les rues avec son VTT déposant les plis et autres petits paquets. Le vélo était de loin le meilleur moyen de transport en ville !!
Alors qu'il planchait sur le meilleur itinéraire possible, son coéquipier le rappela à l'ordre :
- Oh !! Max !! Ramène tes miches, j'ai rencard avec ma blonde ce soir, pas moyen qu'on fasse des heures sup. !!
- Pas de panique Mel' !! J'arrive !!
Melvin, jeune homme d'une vingtaine d'années et sans conteste le plus craquant de toute la boîte. Un visage doux et androgyne, des yeux brillants d'un vert intense, une peau blanche et laiteuse, des cheveux couleur caramel coupés en un carré rebelle lui tombant parfois dans les yeux. Une vraie gueule d'ange. Compagnon de galère depuis maintenant deux ans, toujours prêt à déconner et jure comme un chartier. Bref, la première fois c'est vrai que cela peut choquer mais on s'y habitue. Comme quoi, il vaut mieux se méfier des apparences !!
- Alors comme ça, tu te paye deux semaines de congés !! Putain, y en a qui ont le cul bordé de nouilles !!
- Ouais, enfin, a chacun sa vision de l'enfer hein…
- Quoi ?
- Rien. Laisse tomber !! Allez roule !!
Duo entamait sa dernière journée de boulot. Son père arrivait demain, en fin d'après midi. Autant dire qu'il profitait pleinement de cette journée de liberté avant de pénétrer dans l'antre de Satan. Dieu seul sait comment il ressortirait de cette cohabitation forcée. Il n'osait même pas y penser.
Sa journée avait plutôt bien commencé, étonnant d'ailleurs vu les circonstances. Il s'était levé d'assez bonne humeur et avait déliré une bonne partie de la matinée sur une blague totalement idiote de son collègue. Quand la pause déjeuner avait enfin sonné, ils avaient investi la table d'un café, devenue au fil du temps leur cantine attitrée. Il dégustait à présent le meilleur sandwich jambon-emmental de toute la ville, sans oublier la sacro-sainte bouteille de coca.
Hey, n'est pas américain qui veut !!
C'était pas le luxe mais cela nourrissait et n'explosait pas le budget.
Alors qu'il pouffait devant le comportement non conventionnel de son ami, qui avait crié depuis la terrasse, à l'attention du serveur, un « Et mon milk-shake, c'est pour aujourd'hui ou pour demain ?!! »
Ce mec était un vrai scandale sur patte mais il devait bien admettre qu'avec lui, il n'avait jamais le temps de s'ennuyer.
Il sentit soudain son portable vibrer, il s'essuya rapidement les mains avant de l'extraire de sa poche. A la minute où il vit le numéro, il sut que sa journée était fichue.
- Maxwell répondit-il sans entrain.
- C'est Heero Yuy, je ne te dérange pas j'espère ?!!
- Pas le moins du monde. Que puis-je faire pour toi ?
- C'était juste pour te dire que je t'avais trouvé une place de stagiaire dans le secteur marketing de mon entreprise. Ce n'est pas très lucratif mais cela devrait endormir la vigilance de ton père le temps de sa visite. Ne me remercie pas surtout, l'idée ne vient pas de moi mais de Quatre. Remarque, j'aurai du me douter que tu étais un tire-au-flanc. Mon pauvre Maxwell, tu es vraiment un looser !!
- Si c'était pour m'insulter, tu aurais pu m'épargner ce coup de fil !!
- Je t'ai vexé, amour ?
- Rooh, la ferme !!
- Hum. J'ai touché un point sensible !! Bon, plus sérieusement, tu arrives à quelle heure demain avec ton baluchon ?
- En début d'après-midi, ça te va ?
- Hn, parfait.
- Bien, alors à demain Yuy.
- A demain, amour.
- Amour, amour, je t'en collerai du amour, moi !!! Pauvre naze !! Baragouina l'américain tout en raccrochant.
Il envoya valdinguer son portable sur la table avant de soupirer bruyamment. Dans quel merdier s'était-il encore fourré!! Comment allait-il survivre à cette machination ? L'avoir au téléphone deux minutes l'irritait au plus haut point. Alors vivre avec lui 24 heures sur 24 tenait du suicide, du masochisme !!
Ignorant le regard interrogatif de son ami, il s'empara rageusement de sa canette de coca avant de se lever pour régler sa consommation, se débarrassant au passage du cadavre de bouteille.
Voilà maintenant quinze minutes que Duo était devant l'immeuble, à se demander ce qu'il devait faire. Cette porte lui paraissait infranchissable. Devait-il vraiment s'infliger cela ? N'y avait-il pas d'autres solutions ?
Au pied de cet immeuble, même la vérité lui paraissait plus douce. Résigné, il regarda une dernière fois derrière lui, comme si par ce geste, il faisait ses adieux au commun des mortels avant d'appuyer sur l'intercom.
La réponse ne se fit pas attendre. La voix douce et accueillante de Yuy se fit entendre.
- Oui, c'est pour quoi ?
- Euh, c'est Duo Maxwell…
- Ah, c'est toi !! Montes, c'est ouvert !!
Accueillant était vraiment le mot. Même un iceberg serait se montrer plus chaleureux. Duo poussa un profond soupir avant de pénétrer dans le hall. Ce dernier était large et luxueux, comme le reste du quartier d'ailleurs.
Ils habitaient dans la même ville, pourtant son quartier était à des années lumières du sien. Tandis que l'américain devait slalomer entre les sdf, les toxicos, les déchets et autres déjections canines pour atteindre son immeuble, Yuy lui ne devait rencontrer que des snobinards au regard méprisant et le gardien de la paix en faction, discutant la majorité du temps avec les vieilles du quartier.
Tss…La vie était vraiment mal faite. La misère était là. Duo la voyait lui, tous les jours, gagner un peu plus de terrain. On ne pouvait pas fermer les yeux et faire comme si elle n'existait pas. Et bientôt, elle arriverait aux portes de ce beau quartier résidentiel où vivait Heero Yuy.
Pour Duo, ce quartier était l'image même des villes fantômes dans les vieux westerns. Vide et froid. Melvin, lui simplifierait certainement les choses en disant un truc du genre : « Cela devrait être illicite de péter dans autant de luxe !! »
Bien que perdu dans ses pensées, l'américain arriva malgré tout sur le palier du japonais. Le brun habitait au quatrième et dernier étage de l'immeuble et possédait selon les dires de Quatre une vue panoramique de la ville. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliquer ? Quoique l'expression populaire devrait plutôt ressembler à : Pourquoi faire simple quand on peut faire à la Yuy ?
Il frappa deux coups distincts à la porte avant de s'adosser contre le mur, ne lâchant pas du regard, la vieille mégère qui le dévisageait avec mépris depuis cinq bonnes minutes. Celle-ci devait rentrer d'une promenade, son teckel à plume sous le bras et se demandait certainement si elle pouvait traverser le couloir en toute sécurité ou si elle ne ferait pas mieux de redescendre avant de se faire attaquer par ce vil délinquant. Duo en aurait certainement rit s'il n'avait pas eu pitié de cette vieille bique, qui paradait dans ces plus beaux atouts et essayait vainement de cacher ses mains où d'horribles bagues lui mangeaient la moitié des doigts. Elle lui faisait penser à ces anciens riches qui portaient tout ce qu'ils possédaient sur eux, afin de sauver les apparences. Pathétique.
Alors qu'il était sur le point de frapper à nouveau, la porte s'ouvrit sur un Heero très classe. Il était encore en tenue de travail. Il avait délaissé la veste et la cravate mais portait toujours la chemise dont les manches étaient relevées et le pantalon à pince. Un verre à la main, il le regarda quelques secondes, impassible, avant de rassurer la voisine qu'il n'y avait aucun danger, qu'il s'agissait d'un ami. Cette dernière rentra chez elle non sans lui avoir jeté un regard dédaigneux tout en marmonnant quelque chose à propos des jeunes d'aujourd'hui et de leurs fréquentations.
Pour toute réponse, Heero avait haussé les épaules avant de reposer son regard sur l'américain. C'est à cet instant précis qu'il put affirmer être maudit. Heero avait failli recracher sa gorgée d'eau en ouvrant la porte. On avait pas idée aussi de se présenter devant lui habillé d'un marcel blanc et d'un jeans bleu délavé, quelque peu près du corps, le tout exposé dans une posture sensuelle. Merde ! Il voulait sa mort. Duo était appuyé nonchalamment contre le montant de la porte, un bras relevé sur son épaule qui tenait négligemment un sac de sport, attendant sagement que le japonais veuille bien le faire entrer.
- Euh… salut… fit l'américain, brisant le silence quelque peu gênant qui s'était installé.
- Tu es en retard !! répliqua sèchement le japonais, ne sachant que dire.
- Ça t'arracherai la gueule de dire bonjour ?!!
- Pff… Allez entre souffla-t-il avant de se décaler pour le laisser passer.
- Quelle poisse !! maugréa Duo, tout en faisant ses premiers pas dans l'antre maudit, se demandant s'il ne ferait pas mieux d'arrêter cette mascarade tant qu'il en était encore temps.
- Je suppose que le mieux serait de te faire visiter… ajouta le brun, tout aussi nerveux à l'idée d'héberger l'américain.
Contre toute attente, l'appartement du japonais était plutôt simple et accueillant. Voilà qui était déconcertant, d'ailleurs. Car connaissant l'animal, Duo s'attendait à découvrir un appart aseptisé, version chrome où l'inspecteur gadget et la commande vocale régnaient en maître !! Il s'est trompé. Il devait bien avouer qu'il était loin de s'en plaindre. Les cuisines version cockpit d'avion, très peu pour lui !!
- Bon alors, sur la gauche, la cuisine, la salle à manger, en face, le salon, ma chambre, deux chambres d'ami et la salle de bain est au fond du couloir, énuméra le japonais de façon laconique tout en désignant chaque pièce d'un geste de la main. Je te préviens tout de suite, poursuivit le brun en revenant sur ses pas, ne compte pas sur moi pour te faire la popote, je suis une bite en cuisine, je commande la plupart du temps chez un traiteur. Ah, aussi, je ne suis pas ce qu'on pourrait appeler un maniaque mais le bordel m'insupporte, alors j'aimerai que tu évites de te répandre.
- Pas de problème, je crois que j'arriverai à me tenir…
- Hn. Bon, parlons maintenant du cœur du problème, le coucher. Je suppose que nous allons devoir partager la même chambre…
- Cela paraîtrait suspect d'un couple d'amoureux transi fasse chambre à part…
- Ainsi donc, je pense que certaines règles sont nécessaires, si l'on dort chacun de son coté, en respectant l'espace de l'autre, je pense qu'on devrait pouvoir éviter les contacts superflus.
- Je pourrai tout aussi bien m'installer un sac de couchage à même le sol, cela ne me dérange pas, je…
- Ne dis donc pas de conneries !! Le lit est bien assez grand pour qu'on y contienne à deux sans se coller. Et puis, le fait de te voir dormir sur le parquet, me mettrais mal à l'aise, j'ai quelques notions de savoir-vivre, moi !! Sans compter, que si ton père venait à entrer…
- Pourquoi veux-tu que mon père entre dans la chambre ?!!
- On ne sait jamais, des fois qu'il est besoin de quelque chose ou qu'il veuille simplement te dire bonne nuit !!
- Pff…
- Bref, je me vois mal lui expliquer la raison de ton exil loin du lit conjugal.
Bien que ses arguments étaient discutables, il savait que Heero avait raison. Il serait plus facile pour eux de jouer cette parodie de couple s'ils mettaient toutes les chances de leur coté. Mais, Duo devait bien avouer que cette proximité le mettait mal à l'aise. Bien sur, il savait qu'il y aurait des contacts physiques entre eux, il s'y était d'ailleurs préparé psychologiquement. Mais le fait de devoir dormir avec lui, c'était si… intime.
Bon, d'accord, pour tout dire, ce qu'il le gênait vraiment, c'était de devoir partager un lit avec lui. Sans compter que le japonais était vraiment homosexuel. Et que lui, il était… il était…
Il ne savait pas trop ce qu'il était d'ailleurs. Il n'était sorti qu'avec des filles mais pour être honnête, il s'était déjà retourné sur un mec en pensant clairement « Putain, quel canon !! » Mais delà à dire qu'il était bi, il y avait tout un monde !!
Et puis, cela faisait si longtemps qu'il n'avait pas… euh… pratiqué ?!!
- Ce sont toutes tes affaires ? demanda le japonais coupant Duo dans ses réflexions.
Duo avait suivi le brun jusqu'à sa chambre… enfin peut être devrait-il dire leur chambre maintenant. Il s'apprêtait à lui demander ce qu'il voulait dire par-là, quand Heero ouvrit un mur. Il s'agissait en réalité d'un placard, quoi que le mot juste serait plutôt une pièce, servant de dressing. Duo n'aurait jamais pu imaginer qu'on pouvait réserver toute une pièce pour entreposer des vêtements. C'était impensable. Lui possédait ce que les communs des mortels appelait une armoire, et cela lui était largement suffisant. Bah, la folie des grandeurs, je vous jure !!
- Tes affaires pour quinze jours tiennent dans un ridicule sac de sport ?!! précisa-t-il avec agacement, face au regard interrogatif de son vis à vis.
- J'ai bien pensé amener la totalité de ma garde robe, mais je ne crois pas que j'aurais réussi à tout faire contenir sur ma moto… disons que j'ai pris le nécessaire de survie !! rétorqua-t-il sarcastique.
- Hn. En parlant de fringues, Quatre m'a porté ça, dit-il en désignant un tas sur le lit, ils sont à Trowa, comme vous avez à peu près la même carrure, il te les prête le temps que dure cette mascarade.
- Je dois mettre ça ? grimaça l'américain. Je suis vraiment obligé de ressembler à un pingouin pour montrer patte blanche dans ta boite ?
- Ne t'en fais pas, comme on dit, l'habit ne fait pas le moine, il n'y a donc aucune chance que tu deviennes quelqu'un de respectable !! Un looser reste un looser !!
- Alors selon toi, quelqu'un de bien habillé aurait plus de valeur qu'un autre ? Tu es pathétique. Comme si, de nos jours, le monde était encore régit par des étiquettes et des classes !! Faut sortir de ton trou parfois !! Ce n'est pas parce que tu portes un costard ou non, que cela fait de toi quelqu'un d'intelligent ou de respectable comme tu dis !!
- C'est ce que je viens de dire !! rétorqua le japonais, furax.
- Oui, à la nuance près que cela marche dans les deux sens. Regarde-toi, tu es habillé de façon classe et cela n'empêche pas que tu sois un sombre crétin !!
- Tss !! Tu m'énerves !! siffla le brun tout en quittant vivement la pièce, laissant ainsi le temps à l'américain de s'installer.
- Au moins quelque chose que nous ayons en commun… maugréa-t-il alors qu'il rangeait soigneusement ses affaires dans les endroits désignés à cet effet.
Duo prit délibérément tout son temps, leur laissant à tous les deux une chance de faire baisser la tension. A l'heure actuelle, l'américain n'était plus si sûr de lui. Peut-être devrait-il abandonner cette idée. Pourquoi s'infliger une telle torture ? Ils ne pouvaient pas se sentir. Duo en était à se demander s'il parviendrait à se maîtriser. Le japonais arrivait si facilement à le pousser dans ses derniers retranchements, à le faire sortir de ses gonds. Si bien qu'il pourrait en devenir violent. Il le savait. Et quelque part cela lui faisait peur.
Alors qu'il s'était mit en quête du japonais afin d'avoir une conversation civilisée et trouver peut être un semblant de solution, il le trouva assis dans le salon en train de feuilleter un catalogue. Tandis que Duo cherchait vainement comment amener le sujet, le japonais le coupa de façon importune.
- Ton père mange de tout ? Suit-il un régime particulier ?
- Pourquoi tu me demande ça ? s'enquit-il, perplexe, ne voyant pas vraiment le rapport entre le régime alimentaire de son père et eux.
- Pour savoir ce que je dois commander au traiteur, cela me semble logique !! s'énerva le brun, éclairant ainsi la lanterne de l'américain.
- Parce que tu veux filer à mon père de la bouffe lyophilisé ?!! s'enquit Duo, scandalisé.
- Je te parle de plats cuisinés !! Pas de sachet soluble !!
- Pour moi, cela ne fait pas grande différence, ils sont tous les deux bourrés de sucre et de graisse !!
- Je ne savais pas que tu avais fait une thèse en diététique !! Souffla-t-il sarcastique.
- Hn, très drôle !! Fais-moi plutôt voir ce qu'il y a dans ton frigo au lieu de te payer ma tête !! répliqua l'américain, amer.
Il fallait qu'il change de sujet sinon la situation allait encore dégénérer. En quelques minutes ses bonnes résolutions avaient volé en éclat. Alors qu'il était venu le voir pour calmer les choses, maintenant il ne pensait qu'à une seule chose. Lui faire mal. Lui dire tout ce qu'il pensait de sa petite personne. Voir son joli visage se déformer entre peine et fureur. Enlever ce petit sourire pédant de ses traits. Et en ressentir une ultime satisfaction.
Il secoua la tête, espérant ainsi chasser ses envies revanchardes et suivit le brun jusque dans la cuisine. Duo ouvrit d'un geste théâtrale le réfrigérateur, gardant un sourire pincé aux lèvres. Il se pencha légèrement et garda le silence quelques secondes avant de s'exclamer, stupéfait de sa découverte.
- Waouh !! Ça dépasse l'entendement. C'est un frigo de célibataire ou je m'y connais pas !! Tandis qu'un sourire goguenard s'étirait sur son visage.
Trois bières, une bouteille de lait éventé, deux yaourts en sursis certainement périmés, une ancienne salade de carotte râpée à l'aspect douteux, un pot de mayonnaise et un reste de plat chinois. Voilà l'inventaire complet du frigo de Heero Yuy.
Duo ne put s'empêcher de ricaner. Le japonais lui avait dit qu'il n'était pas doué mais quand même, en arriver à ce point-là tenait du ridicule. C'était à se demander qui était le looser dans l'histoire ? Même pas fichu de se faire cuire un œuf !!
- C'est sûr que vu sous cet angle !! Nous allons devoir faire les courses. Fit Duo en se retenant difficilement de rire.
- Alors là, ne compte pas sur moi, j'ai horreur de ça !! rétorqua le brun, furieux contre l'américain et aussi contre lui-même que celui-ci est découvert une de ses faiblesses.
- Bah, il va falloir prendre ton mal en patience mon p'tit gars !!
- Y m'énerves mais y m'énerves !!! maugréa le brun en sortant de la cuisine.
Il n'arrivait pas à croire qu'il soit sorti vivant d'une telle épreuve. Faire les courses avec un Heero Yuy, grincheux, coincé, indécis, le tout enrobé de mauvaise foi et de mauvaise volonté tenait de l'exploit.
Le japonais avait passé son temps à critiquer le moindre article que Duo posait dans le caddie. Même quand, excédé, l'américain lui avait demandé ce qu'il voulait manger, le japonais avait répondu en baragouinant des propos incompréhensibles où quelques morceaux de phrases comme « bon à rien », « empoissonné », ou « plutôt crever » en était ressortit. Bref, rien de bien constructif.
Ils venaient de rentrer à l'appartement et Duo se mit directement à l'œuvre, bien décidé à préparer un repas décent, laissant ainsi au bon soin du japonais la corvée de ranger les courses.
Assis sur l'un des tabourets près du comptoir, qui délimitait la cuisine de la salle à manger, le japonais regardait s'affairer Duo depuis quelques minutes déjà, tout en savourant un café bien mérité. Le natté allait et venait, se désintéressant totalement du japonais, s'appropriant déjà les lieux.
En le voyant faire, Heero ne put réprimer un sourire. Mine de rien, il trouvait cela drôlement sexy un homme qui faisait la cuisine. Bon, bien sûr, il avait une petite préférence quand il s'agissait de son homme et qu'il se trouvait dans sa cuisine. Mais bon, il ferait avec.
- Et qu'est ce que tu compte faire de ça ? demanda le brun en désignant les légumes que l'américain était en train de laver soigneusement.
- Les faire cuire et les manger bien sur !! rétorqua-t-il avec malice. Et ce sont des courgettes ! poursuivit Duo l'air de rien.
- Ça merci je sais, arrêtes de me prendre pour un con !! fit le japonais en levant les yeux au ciel.
- Evites de poser des questions débiles alors !! suggéra Duo avec sérieux.
Durant quelques minutes, un silence pesant s'installa dans la pièce. Tous les deux étaient sur le qui-vive, prêt à essuyer une remarque venimeuse. Mais, il n'en fut rien. Heero se contentait de regarder l'américain s'affairer ou restait plongé, rêveur, dans sa tasse de café. La situation pouvait paraître saugrenue, mais tous les deux avaient besoin de s'apprivoiser et rester ensemble dans une même pièce sans s'entretuer, tenait du miracle.
- A quelle heure arrive ton père ? demanda calmement Heero, une fois le malaise dissipé.
- Son avion atterri à 19 heures, le temps de récupérer ses bagages et de sortir de l'aéroport, nous devrions être ici vers 20h30, lui répondit Duo sur le même ton.
- Est-ce que je dois savoir quelque chose de particulier sur ton père ? s'enquit-il curieux de savoir si beau papa avait des petites manies.
Duo suspendit son geste d'espace d'un instant quelque peu surpris par la question et la direction que prenait leur conversation. Serait-il possible qu'ils aillent enfin une discussion civilisée ? Il eut un petit sourire avant de reprendre son activité et de répondre.
- Non, pas spécialement. Enfin, si tu pouvais éviter tout sujet ayant rapport de près ou de loin à la politique et au sociale, se serait pas mal. A part si un cours d'histoire carabiné retraçant leur évolution sur les 100 dernières années te branche, là bien sûr tu pourras faire une exception !! fit-il avec un sourire goguenard.
- Hn non, sans façon, grimaça le brun dont la politique et autres sujets barbants n'emballaient guère. Et en ce qui te concerne ? poursuivit-il avec un certain intérêt.
- Moi ? fit l'américain en se retournant pour lancer un regard incrédule au japonais. Que voulait-il savoir au juste ?
- On est sensé être ensemble, je te rappelle !! rétorqua Heero en soutenant son regard.
Comme si cela devait tout expliquer ? Même s'ils devaient jouer au couple modèle, ce n'était pas pour autant que Duo se sentait prêt à tout lui dévoiler. Après un court instant de réflexion, il lui répondit de façon catégorique.
- Evites de poser des questions sur ma mère.
- Et bah, si je ne dois aborder aucun sujet politique, sociale ou familiale, je ne vois pas bien de quoi je vais pouvoir discuter avec ton père. Fit remarque le japonais avec une grimace qui se transforma vite en sourire moqueur quand il poursuivit. Du climat ?
- Parles-lui du trou dans la couche d'ozone ou de la disparition des grands mammifères, je m'en fiches !! Respecte seulement ce que je viens de te dire !! rétorqua froidement Duo, alors qu'il s'était arrêté net, le fixant les yeux flamboyant de rage.
- D'accord, d'accord fit le brun en levant les mains en signe d'apaisement. Ne t'énerves pas.
Malgré le fait que le japonais ne connaissait rien de la vie de Duo, il ne voulait pas se risquer sur des sujets apparemment sensibles et ce, malgré l'animosité qu'il ressentait à son égard. Il trouvait cela petit de jouer avec la souffrance des autres, surtout quand cela touchait la famille. Mais il devait bien avouer que Duo venait de piquer sa curiosité. Qu'avait-il bien pu se passer pour que l'américain en soit si affecté même des années plus tard ?
- Et en ce qui nous concerne ? s'enquit le brun changeant délibérément de sujet.
Bien que rien n'en laisse paraître, Duo fut soulagé que le japonais ne le harcèle pas de questions. Concernant leur histoire, franchement il n'en savait rien. Il ne s'était jamais vraiment penché sur la question, même durant ses conversations avec son paternel. Il était toujours resté vague. De toute façon, il n'était pas du genre à se confier plus qu'il ne le fallait ou à raconter sa vie. Il trouvait cela grotesque et sans intérêt. Seules les concierges et autres vantards devait y trouver leur compte.
- Tu peux bien lui raconter ce que tu veux, ça m'est égal !! souffla-t-il au bout d'un moment.
- Tu veux dire que tu me laisses carte blanche ? s'enquit le brun incrédule, alors que déjà mille scénarios fusaient dans sa tête.
- Je suis sûr que tu trouveras une version plausible, où bien sûr j'aurai droit au rôle du bouffon !! railla l'américain avec un sourire feint.
Malgré le ton utilisé, Heero remarqua aisément que la plaisanterie de l'américain sonnait fausse. Si un sourire avait étiré ses traits, ses yeux étaient restés vides. Bizarrement, le brun se promit de trouver quelque chose de correct.
Alors qu'il était plongé dans des scénarios plus fous les uns que les autres, un claquement de porte le fit revenir soudain à la réalité. Il fit rapidement un tour d'horizon, mais ne vit l'américain nul part. La cuisine était à nouveau propre et les plats attendaient sagement sur le plan de travail, il ne restait plus qu'à les faire cuire. Se relevant brusquement, il se rendit dans le couloir enfin de repérer Duo.
Quand celui-ci sortit de la salle de bains, il venait apparemment de faire un brin de toilette, tenant son portable contre son oreille alors qu'il essayait vainement d'enfiler une veste en même temps.
Heero ne put s'empêcher de sourire. Il était drôlement mignon mine de rien. Dans quel merdier venait-il de se fourrer ?!! Il n'était pas censé le trouver mignon !! Il n'était pas censé ressentir quoi que ce soit d'ailleurs !!! Il n'avait accepté que pour le faire chier, seulement pour cela !!
Yuy, tu oublies ça et vite !! Les histoires foireuses, t'as assez donné !! Bon sang !!
- Bon, j'y vais. Fit Duo alors qu'il passait devant lui.
C'est là que tout s'accéléra. Le trouble du japonais, le frôlement de leurs bras, le parfum de Duo, le frémissement du brun, suivit de l'envie…
Réagissant en un quart de seconde, sans prendre réellement en compte les conséquences de ses actes, Heero saisi l'américain par le poignet avant de le retourner brusquement vers lui. Et avant que celui-ci ait le temps de comprendre, le brun avait déjà posé ses lèvres sur les miennes.
Si le contact avait été un peu brusque, le baiser qui en suivit, fut tendre et chaste. Les lèvres du japonais jouaient entre douceur et envie, afin de faire réagir Duo qui était resté interdit face à cet acte. Ce n'est qu'au moment où Heero passa sa langue sur la lèvre supérieure de l'américain que celui-ci sortit de sa léthargie et repoussa brutalement le brun.
- Qu'est-ce que … qu'est-ce que t'essayais de faire là ?!! s'enquit Duo, scandalisé par l'audace de son vis à vis, tandis que ses doigts venaient de couvrir ses lèvres dans un geste de protection.
- J'essayais la marchandise… maugréa Heero en levant les yeux au ciel. A ton avis, tu tiens vraiment à ce que notre premier baiser se fasse devant ton père ?
- Je tiens surtout à avoir le moins de contact possible avec toi !!! répliqua sèchement l'américain tout en se reculant alors que ses yeux brillaient de rage.
- Comme tu voudras, souffla Heero quelque peu déçu, tache d'être plus détendu la prochaine fois, je ne suis pas censé te rappeler qu'il est normal pour un couple de s'embrasser…
Il n'eut pas le temps de finir sa phrase que la porte fut violemment claquée, il sursauta avant de soupirer bruyamment.
Bah, c'est pas gagné…A suivre…
