Clary s'éveilla avec un mal de crane atroce. La veille lui revenait par bribes incohérentes mais elle se souvenait de l'essentiel : elle avait accepté de suivre Valentin afin de protéger les siens. Se risquant à ouvrir les yeux, elle découvrit, à sa grande surprise, qu'elle était dans une chambre luxueuse et très spacieuse. L'endroit était assez accueillant, dans des teintes douces. La vive lumière fit redoubler son mal de tête et il lui fallut de longues minutes avant qu'elle ne se risque à se redresser. Sur la table de nuit, elle trouva un verre d'eau, un cachet et un mot. Elle en resta interdite. D'abord, elle songea à laisser le cachet de coté mais la douleur lancinante dans son crane la convainquit de le prendre tout de même. Le verre d'eau avalé, la rousse sentit la douleur refluer lentement, jusqu'à ne plus être qu'un fond a peu près supportable. Soulagée, elle prit le papier entre ses doigts, se reglissant sous les couvertures douces du grand lit. Le message était bref, mais clair, d'une écriture manuscrite assez sèche. Valentin était sortit, elle avait la journée entière pour découvrir l'endroit et il en serait de même presque tous les jours. Elle était libre d'aller et venir comme elle le souhaitait mais ne devait pas songer à s'enfuir car l'endroit était bien protéger. De plus, toute tentative serait sévèrement punie. Les trois points de suspension ne laissèrent aucun doute sur la nature de la punition. Une vague de colère face à son impuissance lui fit déchirer le papier dans un cris de désespoir. Mais elle se ressaisit vite. Il fallait qu'elle soit forte, qu'elle soit digne de Jace. Rassemblant son courage, elle se leva lentement, afin d'éviter un vertige, et, ignorant où se trouvait la salle de bain, se mit en quête de cette pièce en premier lieu. Après être tombée sur deux chambres vides et une porte close, elle finit par découvrir une vaste salle d'eau, avec une petite piscine en guise de baignoire. Le sol était recouvert de galet légèrement chaud sous ses pieds nus. Comme sa chambre, l'endroit était luxueux et accueillant et il ne fallu pas longtemps pour que Clary se laisse glisser dans un bain d'eau brulante, entourée de mousse. Le bassin était assez grand pour qu'elle y fasse la planche en plein centre et ne touche aucun des bords. Les oreilles immergées dans le monde silencieux de l'eau, ses cheveux étalés autour de sa tête comme une auréole de flamme, Clary ferma les yeux et laissa ses pensées vaguabonder. Elle songea à Jace, qui devait être mort d'inquiétude à cette heure. A Jia Penhallow, qui avait eu la gentillesse de les accueillir, à Hellen aussi, toutes deux devant être annéantie en ce moment. Le cœur de Clary se serra. Elle avait été responsable de la mort de quelqu'un. Sa lenteur à réagir avait causé la mort d'une amie et la peine des siens. La gorge de la jeune fille se serra et elle se laissa couler, s'immergeant entièrement dans l'espoir d'échapper à la culpabilité qui s'ancrait dans son cœur.
Clary ne décida de sortir de son bain que lorsque l'eau fut devenue froide et que ses doigts avait prit l'aspect d'un pruneau d'Agen. Le moment de détente et de reflexion, bien que peut propice à la situation et quelques peu troublé par sa culpabilité, avait été le bienvenu. Elle se sentait beaucoup mieux, les pensées plus claires. Et son mal de tête avait presque disparu. Retournant à ce qui semblait être sa chambre, Clary trouva une garde-robe bien fournie et somptueuse. La plus part de ces bouts de tissus devait couter une fortune et elle n'aurait jamais osé rêver dépenser autant d'argent pour un seul vêtement. Mais les seuls autres qu'elle avait sur elle au bord du lac avait disparu alors… Choisissant une tenue, elle s'habilla, admirant la finition impeccable. La tenue lui allait comme un gant. C'était à croire qu'on les avait cousus sur elle. Après avoir passer un rapide coup de brosse dans ses cheveux, la jeune fille quitta pour la deuxième fois sa chambre afin de découvrir l'endroit qui serait sa prison.
Immense était encore trop faible pour décrire le manoir. Clary était persuadée d'en avoir enfin fait le tour et le soleil déclinait déjà à l'horrizon. Une journée entière… Il lui avait fallu toute la journée pour visiter l'endroit. Elle y avait découvert pourtant une série de porte fermée et ne s'était même pas approchée ni du grenier, ni du sous sol. A son plus grand plaisir, elle avait découvert que, malgré la menace strict de ne rien tenter pour s'enfuir, elle avait le droit de mettre le pied dehors. Mais la maison était tellement immense qu'elle avait décider de remettre sa visite du parc à plus tard. Dans l'ensemble, c'était une magnifique demeure de campagne, loin de tout. Calme et luxe. Voilà qui correspondait à ce que sa mère lui avait décrit de Valentin. Revenant sur ses pas après avoir fait le tour de la dernière salle, Clary se rendit droit à la bibliothèque. Elle se perdit un peu en chemin mais finit par retrouver l'immense pièce aux murs couverts de livre en tout genre. Quel ne fut pas sa surprise de découvrir son père, debout devant la fenêtre du fond, le regard perdu au dehors. Se raidissant, elle songea a s'éclipser, n'ayant guère envie de parler avec son ravisseur pour le moment, mais ce dernier se retourna vers elle, ne lui laissant d'autre choix que de rester sur place.
-Ah, Clarissa. J'espérais que tes pas te ramèneraient ici. Que pense tu de cette maison ?
-Parce que mon avis vous intéresse, soudainement ?
L'homme aux cheveux blanc eu un rire sincèrement joyeux. Il quitta sa place et se rapprocha de sa fille, qui prit sur elle pour ne pas reculer.
-Mais… Bien entendu. Après tout, c'est toi qui va devoir rester ici. Alors autant savoir s'il y a des choses que tu veux que je change.
Autant de solicitude cachait forcément quelque chose. Mais après un regard autour d'elle, Clary décida de répondre quand même, sans se donner la peine de cacher la suspicion dans sa voix.
-C'est… Grand. Et luxueux. Et étrangement accueillant.
Un sourire ravit s'étalla sur le visage de Valentin.
-Tu m'en vois ravi. Comme tu te plait à me le faire remarquer, je ne te connais pas très bien, ma Clarissa.
Pour la première fois depuis qu'elle l'avait rencontrer, l'homme devant elle se comportait en père. C'était assez déstabilisant. Et il ne fallait surtout pas qu'elle se laisse déstabiliser. Un moment de silence s'installa, prouvant bien que malgré les apparences, Valentin n'avait rien d'un père pour Clary. Et en effet, il abandonnant très vite le masque compatissant. Il dévisagea la jeune fille rousse d'un œil calculateur et prédateur. Pourtant, il ne dit rien et Clary jugea, pour une fois, plus sage de se taire elle aussi. Elle n'avait nulle part où fuir si elle mettait son père en colère. Pourtant, lorsque le silence devint vraiment trop pensant, elle se risqua à quelques mots.
-Est-ce que… je peux y aller ?
-Ma compagnie t'est elle dons si déplaisante ?
-Oui !
Elle savait qu'elle n'aurait pas du, mais ça la démangeait de trop. Et heureusement pour elle, c'était exactement la réponse à laquelle Valentin s'attendait. Il la congédia d'un geste de la main et Clary quitta à regret la bibliothèque. Au moins, avec un bon livre, elle aurait pu s'évader. Et elle avait perdu son carnet de dessin… Mince. Elle aurait du en profiter pour demander de quoi dessiner. Tant pis. Ce serait pour une autre fois. Peut être. D'un pas lent et lourd, la jeune fille regagna sa chambre désignée. L'endroit n'avait pas changer, depuis le matin, et d'une certaine façon, ça la rassura. Ça voulait dire que personne n'y était entrer. Allant se poster derrière la fenêtre, Clary se demanda comment elle allait bien pouvoir se tirer de cette situation sans causer de tort à sa famille. L'image des démons déchiquetant Aline puis s'approchant dangereusement de Max refusaient de s'effacer de sa mémoire. Elle n'avait aucun autre moyen pour le moment de les protéger que de rester sagement dans cette grande prison dorée.
Le sommeil ne vint pas. Après avoir passé des heures à se tourner dans tout les sens dans son lit, Clary finit par se lever et descendre dans la cuisine. Elle avait faim. Après tout, elle n'était plus redescendue pour manger après que Valentin l'ait congédiée de la bibliothèque. L'air avec lequel son père la détaillait lui déplaisait. Mais à tout prendre, elle préférait ça à l'air de son frère. Sebastian passait son temps à la regarder comme si elle lui appartenait, dans tout les sens du terme. En pensant à lui tandis qu'elle descendait en silence les escaliers, elle s'étonna de ne pas l'avoir croiser. Etait il dans la maison aussi, à attendre le bon moment pour se montrer ? Ou bien peut être qu'il n'avait pas le droit de mettre les pieds dans la maison… Encore une chose qu'elle aurait du demander tant que son père était de bonne humeur. La rousse passa la porte de la cuisine, la trouvant vide. Un discret soupir de soulagement lui échappa. Elle s'était presqu'attendue à ce que son frère s'y trouve assis. Elle se servit en pain, ne sachant pas vraiment quoi mettre dessus. Elle finit par opter pour une confiture de fruit que lui avait fait gouter Jace. Un bruit la dérangea dans sa dégustation. Il semblait provenir du sous sol, ou elle n'avait pas encore mit les pieds. Intriguée, elle hésita un moment. Devait elle vraiment s'en inquiéter ? Ce n'était peut être pas très prudent. Mais la curiosité fut la plus forte et elle suivit le bruit, qui se répéta. Elle regretta de ne pas avoir sa pierre de rune, pestant silencieusement contre le noir profond de la cage d'escalier menant aux bases de la maison. Comme elle s'y attendait presque, lorsqu'elle arriva en bas, elle se trouva face à un vrai dédale. Le dessous de la maison était aussi vaste que ce qui sortait de terre, et probablement même plus. Le bruit retentit à nouveau et Clary le suivit. Elle passa devant une série de couloirs, de portes et de salles, évitant de regarder dedant par peur de se perdre ou de découvrir quelque de déplaisant. Ses pas ralentissaient toujours plus à mesure qu'elle avançait. Une petite voix au plus profond d'elle lui hurlait de faire demi tour. Mais le besoin de savoir était trop fort. Son reste de pain en main, elle continua d'avancer jusqu'à se trouver devant une porte grande ouverte. La salle de l'autre coté était remplie de pot en verre en tout genre, contenant des liquides multicolore et peu ragoutant. D'un autre coté, toujours dans son champs de visions, des morceaux de corps d'animaux. Le sol était couvert d'un étrange mélange visqueux et glissant dans lequel elle ne voulait surtout pas tomber. Figée d'horreur, elle se ressaisit en entendant des voix. Celle de son père résonna plus fort, donnant un ordre. Une autre, plus ténue, mais pas celle de son frère, y répondit avec un ton doucereux de celui qui veut se faire bien voir. Aussi silencieuse que possible, regrettant sa stèle et les runes de silence, la rousse avança pour se cacher derrière une table en métal qui lui fit froid dans le dos. Des taches rouges la coloraient ici et là. Détachant aussitôt son regard de là, Clary chercha à voir avec qui son père s'entretenait. Une odeur forte et désagréable de pouriture lui donnait pourtant l'indication, mais la jeune fille n'en fut pas moins surprise lorsqu'elle vit le démon devant Valentin. L'instant d'après, il avait disparu. Clary en resta figée. Lentement, son père se retourna vers elle, ses yeux vides de toute expression, le visage de marbre.
-Oh, Clary, s'étonna-t-il, bien que la jeune fille sache qu'il ne l'était absolument pas. C'est gentil à toi d'être venue aussi vite. Nous aurions du commencer seulement demain, mais puisque tu es là… Autant s'y mettre dès maintenant.
Le sourire carnassier qu'il lui offrit fit couler une sueur froide dans le dos de la rousse. Quoi qu'il est prévu, ce n'était pas bon pour elle. La jeune fille déglutit avec difficulté tandis que son père se rapprochait. Elle ne pouvait même pas s'enfuir… Son reste de pain à la confiture alla s'écraser sur le sol, ajoutant une tache d'un rouge plus clair sur la table de métal.
Un chapitre qui personnellement me plait un peu moins, mais qui j'espère vous plaira quand même :)
Désolée pour les fautes d'orthographe, je n'ai pas relu ce chapitre.
