Notes : Bon fallait bien qu'il émerge celui-là, la vie c'est pas un lendemain de cuitasse permanent. Oh tiens, peut-être qu'il deviendrai vivable le temps d'une cuitasse remarquez. Si jamais vous voulez la liste des chansons qui m'ont inspirée pendant l'écriture de chacun de ces chapitres, notifiez-moi le, je serai ravie de vous les filer. Ces trois premiers chapitres sont courts, désolée, les prochains vont doubler de volume, puisque le principal intéressé nous gratifie de son retour à la vie.
"Des rafales ont déchiré mes vêtements, mais il me reste encore des sentiments"
C'était plus que bizarre : pourquoi était-il dans l'eau jusqu'aux chevilles ? Pourquoi faisait-il si sombre ? Et comment pouvait-il n'avoir aucun mal à distinguer l'étendue sans fin d'eau autour de lui ?
L'eau était pourtant d'un bleu électrique.. Bizarre.. Le reste de son environnement était purement et simplement vide. Hormis l'eau, il avait l'impression d'être dans une cave sombre sans aucun soupirail pour que la lumière puisse s'infiltrer. Pour quelle obscure raison pouvait-il apercevoir très nettement ses pieds et le fond de l'eau ? Il plongea la main dans l'eau après s'être baissé pour savoir de quoi était constitué ce fond étant donné que ses pieds ne s'y enfonçaient pas comme si c'était du sable ou bien de la vase. Son expression passa de circonspecte à très surprise : c'était froid, rigide et parfaitement lisse. Du métal ! « Mais qu'est-ce que c'est que cet endroit ? Un réservoir d'eau ou quoi ? » se demanda-t-il tout en essayant d'appuyer sa théorie avec des éléments qui, malheureusement, n'existaient pas. Aucune odeur, aucun rayon lumineux, et pas d'odeur. D'ailleurs il n'avait pas l'impression d'avoir la main mouillée de quelque façon que ce soit.
Kaiba sortit la main de l'eau, la regardant longuement sans réussir à déceler la moindre trace d'eau, ni même d'une quelconque humidité, elle était totalement sèche ! « Qu'est-ce que c'est que ce bordel encore ?! » Il ferma les yeux quelques instants pour réfléchir aux derniers événements qui s'étaient produits. « Alors là c'est Mokuba qui me demande si l'on peut aller au fast-food où travaillait Anzu et j'ai dis non, ça c'est Ishizu qui me téléphone pour savoir comment je vais, et là je mets le chargeur à poste sur le pistolet… » se récitait-il mentalement, avant d'ouvrir brusquement les yeux comme s'il était traversé par une décharge électrique provenant d'une ligne haute tension tombée sur le sol. « C'est vrai que ce flingue, je me le suis collé sur la tempe tiens. » constata-t-il sans pour autant ressentir la moindre honte ni même aucune autre émotion que « ah ouais j'ai fais ça ? Tant pis hein », chose qui paraissait totalement paradoxale compte tenu de l'expression faciale qu'il affichait. « C'est que je dois avoir réussi mon coup alors. » se dit-il sans considérer ce fait plus que cela. Seto n'attendait rien de particulier en faisant ça, pour lui tout s'arrêtait d'un coup, pas de Paradis ou d'Enfer (de toute façon, il serait allé en Enfer sans passer par le purgatoire, et en première classe ), juste rien. Le néant.
Seto remarqua alors que durant tout le temps qu'avaient duré ses réflexions internes le niveau de l'eau avec grimpé pour arriver à sa taille. En s'en apercevant il se rendit compte qu'il portait sa ceinture flanquée du « KC », comme ses brassards métalliques et son manteau blanc. « Les quatre paires de ceintures c'est quand même un peu trop » songea Seto avant de secouer énergiquement la tête pour chasser ces pensées futiles qui choisissaient de faire leur apparition dans un contexte qui n'avait pas lieu d'être. De toute façon, il était supposé être mort, en quoi son sens du style était important ? « Tu m'étonnes que l'on me pense superficiel.. Mais, au fait, depuis quand j'en ai quelque chose à faire de ce que l'on pourrait penser d'ailleurs ? » se martela le PDG, commençant à trouver de plus en plus déplaisantes ces pensées non adaptées à la situation. Il avait un super cerveau non, il était un génie, pas le moment pour des considérations aussi inutiles que stupides.
« - Depuis que tu la fréquentes cette femme, comment s'appelle-t-elle déjà ? Ah oui, Ishizu ! Voilà depuis quand tu prends conscience qu'il existe d'autres êtres humains dont l'avis compte, en dehors de ton petit frère, et de toi. Même si à toi tout seul tu sembles représenter une sacrée population. » scanda une voix narquoise, hautaine, et surtout tellement moqueuse qu'elle était à la limite de la méchanceté pure et simple.
Kaiba sursauta, du moins, autant qu'il le pouvait, mais toujours plus que ce qu'il aurait aimé laisser transparaître. Il la connaissait cette voix, ce ton, cette arrogance… C'était lui. Et cette intonation, c'était celle qu'il utilisait lorsqu'il ressentait le besoin de diriger son excès de supériorité mal placée, et en général ce ton était synonyme de « Kastuya Jonoûchi ». « Ah non, pas le cabot qu'on ne pourra jamais transformer en chien de concours » pensa-t-il avec dégoût tandis que le patronyme du possesseur du Dragon Noir Aux Yeux Rouges faisait son apparition dans ses pensées. Il les chassa encore une fois.
« - Je peux savoir qui s'adresse à moi de la sorte ? En imitant ma voix en plus ? » siffla-t-il, l'air aussi mauvais qu'il pouvait se donner autant que la situation étrange le lui permettait. Il n'aimait pas les parodies, ni les blagues. Et surtout pas dans le cas présent.
Kaiba frissonna. Quelqu'un était derrière lui, il le sentait. Et il savait que lorsque son intuition lui disait vulgairement de « bouger son cul pour se sortir de là », c'était pas très bon signe.
Seto fit donc un pas en avant, dans un mouvement parfait de manteau blanc (du moins aussi parfait qu'il ne le pouvait dans l'eau), peinant néanmoins à bouger rapidement, ses jambes étant complètement englouties. Il fixa ensuite avec horreur ce qui se dressait devant lui : lui-même. Son double n'avait rien du Seto qui était connu de tous, aucun air fier, pas de manteau blanc, tout de noir vêtu, une lueur sadique dans des prunelles dont le bleu polaire avait été remplacé par un gris froid. Et un air plus que dangereux sur le visage. Un air qui ferait frémir Kaiba en personne. Instinctivement il amorça un mouvement de recul, n'ayant rien pour se défendre. S'il s'en tenait à ce qu'il avait en face de lui, pas la peine de lutter, se battre contre soi-même n'amenait à rien.
« - Ah ah ah ah, entonna le plus mauvais des deux Seto, alors ? On a peur de soi-même ?
- Qui es-tu espèce de taré ? cracha Seto, sentant qu'il ne tarderait pas à devenir le moins sympa des deux
- Tu n'es même pas capable de te reconnaître ? Pourtant ce taré, c'est toi !
- Si j'avais l'air d'un tueur en série, je le saurais.
- Ah oui ? Et le « Death-T » qu'est-ce que c'était ? Une invitation à passer un après-midi ensoleillé au bord de la plage ? »
Enfoiré. Il avait raison ce vicieux. Il commençait à reconnaître qu'il n'avait pas toujours eu l'air très sain d'esprit, voir même complètement fou à lier, et certainement aussi malsain que cet autre lui. Il se consola en se disant qu'il n'était plus comme ça, mais tout porte à croire que les saloperies qu'on fait restent bien quelque part. Ces histoires de roue qui tourne n'étaient peut-être pas que des conneries…
L'eau montait, arrivant maintenant à son torse. Au moins ils n'auraient pas à se taper dessus, même s'il pensait que l'autre sauvage n'hésiterai pas à le noyer dès qu'il baisserait sa garde. S'il était vraiment lui, autant ne pas lui donner l'occasion d'anticiper ses réactions.
Enfin c'était la théorie ça, car tout le temps qu'il venait de se donner à réfléchir avait été une forme de baisse de garde : le sombre Seto l'avait saisi au cou, comme il l'avait prédit indirectement.
« - Amuse toi bien. On va voir combien de temps tu arrivera à retenir ta respiration ! » ricana le bourreau
Oh merde. Il l'avait déjà balancé au cabot blond ça, quand ce dernier s'était retrouvé enchaîné à une ancre pour sauver Yûgi lors d'un duel qui aurait pu coûter la vie à beaucoup de gens présents sur le quai. N'était-ce pas d'ailleurs au frère de sa petite amie qu'il devait ça ?
Seto se retrouva la tête plongée sous l'eau avant même qu'il n'ait eu le temps de reprendre sa respiration, se débattant comme un beau diable, saisissant le bras qui le maintenait sans peine sous la surface. Peut-être que lorsqu'il se retrouverait au fond il pourrait se servir de ses jambes pour le virer. Enfin cette idée n'était valide que jusqu'au moment où il constata que le fond métallique avait disparu. Plus rien ne semblait l'interpeler dans cette situation désormais. Son cerveau commençant à manquer d'oxygène, il eut une dernière idée qui consista à se laisser aller lui-même plus profondément dans l'eau. Soit son salopard de double le lâcherai pour ne pas finir noyé car il savait que Seto ,lui, ne lâcherai rien, ou soit justement il le suivra pour disparaître pour de bon.
L'effet escompté fut le premier, mais pas comme il l'espérait : la main se dématérialisa et soudainement il sentit son cou libéré de cette pression. Lorsqu'il décida à remonter à la surface, il réalisa qu'elle n'était pas atteignable. Il réalisa aussi que son apnée n'était que psychologique, qu'en réalité il n'avait aucun mal à survivre dans cette immensité bleue. Là par contre il ressentait parfaitement la sensation d'être sous l'eau.
Des personnes tourbillonnèrent autour de lui, chacune leur tour, trop vite pour Seto puisse les retenir, mais en même pas assez pour qu'il ne puisse pas les reconnaître.
« Maman…Papa… »
Le festival des personnes dont le souvenir lui était douloureux commença. Le directeur de l'orphelinat, Les Cinq Grands, Gozaburô, Noah…
Pendant un instant son cerveau subit un instant de flottaison, comme s'il était tellement secoué qu'il n'arrivait plus à réfléchir posément. Ces personnes disparurent aussi rapidement qu'elles étaient apparues, laissant maintenant la place à des visages plus actuels tels ceux d'Atem, Yûgi, le Cabot..
Ceux qui retinrent le plus son attention furent ceux de Mokuba qu'il tenta d'attraper à la volée sans succès.
Le dernier fut Ishizu. Avec son air doux qui ferait ronronner Seto dans ses jours les plus mauvais, elle encadra le visage de son amant, ce dernier se laissant faire sans piper mot.
« - Ne fais plus l'idiot, et reviens.. » souffla-t-elle avant de rejoindre tous les autres.
Revenir ? Où ça ?
Il se réveilla dans sa chambre d'hôpital sans réaliser où il était, tout en reprenant son souffle comme si au final cette apnée avait bel et bien existé, tout en sueur également, comme noyé aussi. Il se redressa d'un coup sec sans accorder la moindre importance à la douleur violente qui s'insinuait dans sa tête. La bouche sèche et tremblante, hagard il essaya de formuler une phrase cohérente.
« - Je suis toujours là… » articula-t-il, avant de retomber dans sa torpeur, comme s'il ne s'était jamais reveillé
Il se réveillerait plus tard. Pour le moment, Seto Kaiba et ses cauchemars avaient besoin d'un temps pour récupérer.
