12 ans plus tard

Papa, je m'en vais chez David ce soir., me dit Mélodie.

Je regarda ma fille. Ma grande fille de maintenant 17 ans. Elle était très belle. Ses cheveux étaient d'un noir naturel et ses yeux toujours aussi verts que quand elle était petite. Elle était toujours minuscule de partout, un petit nez, de petites mains, des petites lèvres… Et comme je l'avait prédit, elle faisait tombé les garçons comme des mouches. Mais ce n'était pas sa priorité et j'en était fier. Sûr, elle avait eu quelque amoureux, dont un qui lui a brisé le cœur il y a de ça 3 mois, mais rien d'autre de très sérieux.

Pourquoi tu vas chez David ?

Parce que je suis invité à souper et je vais jouer avec Jacob.

Quand elle parlait de jouer, elle ne parlait pas de jouer aux voitures comme ils le faisaient, il y a de ça longtemps. Elle parlait de jouer de la musique. Elle ne voulait pas faire carrière dans ce domaine, mais elle était très douée. Jacob; le garçon de David, Maxime; le garçon de Sébastien, Nicolas; le garçon à Pierre et elle jouait de la musique ensemble pour le pur plaisir. Aucun d'entre eu ne voulait en faire une carrière et ce n'était pas chacun d'eux qui se passionnait pour ça.

Mélodie continuait toujours à chanter à tue tête. Elle adorait faire ça. Quand elle arrivait de l'école, elle allait dans la chambre au sous-sol et écoutait de la musique en chantant. Quand elle était dans la douche, quand elle faisait devoirs, etc. Je lui avait souvent proposer de devenir chanteuse, mais elle n'était pas intéressée. Elle voulait devenir assistante sociale.

Tu vas revenir pour 11 heure ?

Promit !

Elle se pencha vers moi et me donna un bec sur la tête. Elle le faisait toujours. David habitait à quelque minutes de chez nous pendant les vacances d'été. Sinon, il avait une petite maison à Matane pour quand Jacob allait à l'école.

Mais cette année, Jacob allait aller au Cégep à Montréal et Mélodie allait à Montréal aussi, mais pas au même cégep. Alors, Jacob et Mélodie allait tout les deux s'éloigner de la maison. Sa me faisait un peu peur. Je ne savait pas pour David, mais moi je n'était pas confortable dans cette situation. J'avait une belle relation avec ma fille et je ne voulait pas qu'elle se termine comme ça. Ça ne me plaisait pas du tout qu'elle s'éloigne de la maison, mais dans un autre sens, c'était pour son bien. Je ne pouvait pas toujours être là pour elle. Un jour je ne serait même plus là.

Appel-moi si tu dors là. Fait pas comme la dernière fois.

Je sais papa. Je ne le ferais plus jamais. Tu le sais.

Je lui sourit. Elle sortit du salon pour aller se préparer. C'était une vraie fille. France n'avait plus à avoir peur que notre fille soit un garçon manqué, elle ne l'était pas du tout. C'est vrai qu'elle n'avait pas beaucoup d'amie fille, mais ce n'était pas ça l'important. À cause de ça, elle c'était beaucoup fait écœurer à l'école, mais elle avait passé par dessus vite fait et ceux qui l'écœurait avaient comprit que sa ne lui faisait rien.

Quand elle ressortit du sous-sol, elle revient me voir au salon. Elle était habillée comme d'habitude. Jeans bleu avec un chandail plutôt original que je n'avait jamais comprit pourquoi elle mettait ça, mais elle les trouvaient « trop cool ! ». La seule chose qu'elle avait de différent c'est qu'elle c'était maquiller et ses cheveux étaient détachés. Elle ne faisait jamais ça d'habitude.

Tu t'es mit chic pour un petit souper chez David., dit France.

J'ai pas le droit de me maquiller si je le veut ?

Ce n'est pas ça. Tu ne te maquilles jamais d'habitude !, dit-je.

C'est parce que j'ai eu le goût, c'est tout.

Elle baissa la tête et rougis.

Je trouve que ça te vas très bien Mélodie., dit France.

Quelque chose n'allait pas. Ma fille ne s'aurait pas maquiller juste pour un petit souper chez Desrosiers ! Elle ne le faisait même pas quand on avait les « soupers de familles » avec le groupe. Elle s'en alla après nous avoir fait une caresse chacun. Je me retourna vers France qui s'assit non loin de moi.

Pourquoi elle se maquille ?

Parce qu'elle avait le goût, c'est tout.

Je trouve ça bizarre.

Pourquoi ?

Elle ne le fait jamais !

Jeff, elle peut avoir le goût comme ça, pour être belle, c'est tout !

Et si c'est parce qu'elle n'allait pas vraiment chez Desrosiers, mais qu'elle nous mentait et qu'elle allait chez un gars qu'on connaît même pas.

Elle ne nous mentirait pas. En tout cas, pas à moi.

À moi non plus !

France me sourit.

Quoi !?

Jeff, elle ne pourras pas toujours tout te dire. Il y a des choses qu'elle aime mieux me dire à moi. Tu n'as pas penser que c'est peut-être parce qu'elle était amoureuse de Jacob ?

Amoureuse de Jacob ? C'était impossible. Je l'aurais remarquer.

Ils sont toujours ensemble l'été. Ils s'appels toujours quand Jacob est à Matane et soit qu'il vient pendant la semaine de relâche ou que c'est elle qui y va. Mélodie est beaucoup plus proche de Jacob que de Maxime ou Nicolas.

Ça ne se peut pas. Je l'aurais remarquer avant.

Elle rit et me prit par la main.

Tu es un garçon, mon amour. Un garçon sa ne remarque jamais ses choses.

Elle est en train de me dire que je ne remarquerais pas si ma fille serait en amour !? Je suis quand même son père ! Ça se remarque quand ta fille est en amour ! La discussion ce termina là. France alla préparer le souper dans la cuisine me laissant dans le salon à repenser à ce qu'elle venait de me dire.

C'est vrai qu'en y repensant, Mélodie agissait bizarrement depuis quelque temps avec Jacob. Elle ne parlait que de lui et ils s'appelaient encore plus qu'avant. Je vais appeler David pour savoir ce qu'il en pense, si lui l'a remarquer. J'alla prendre le téléphone sans fil qui était dans la cuisine. France me regarda en ce demandant qui j'allait appeler. Je ne prend jamais le téléphone sauf si c'est ma mère ou un ami qui appel.

La maison des fous bonsoir !, répondit Jen.

La maison des fous ?, dit-je.

Ah ! Jeff ! Ne pose pas de questions. Tu sais comment est David avec ta fille…

Ouais. Justement, parlant de David, je peut lui parler ?

Attend une minute, je te le passe. Bye !

En arrière fond, j'entendit Jen crier à David pour qu'il prenne le téléphone. J'entendit quelques rires puis on décrocha un téléphone et un autre se ferma.

Oui !?

Hey, l'gros ! C'est moi.

Salut Coco ! Ça va ?

Très bien, toi ?

Ouais, ouais !

J'ai quelque chose à te demander…

Je lui expliqua la situation. Je lui parla de ma fille et de Jacob qui serait probablement en amour selon France, etc, etc.

Qu'est-ce que tu crois !? Qu'ils se déteste ?, me répondit-il.

Oui, mais en amour ?

Dit-moi pas que t'as pas remarquer ! Jeff ! Mon gars me parle toujours de ta fille. J'ai eu une conversation sérieuse…

Toi sérieux ?

Oui. Et il m'a dit qu'il était en amour avec elle. Pis ta fille. C'est évident ! Elle est toujours ici, elle rit à n'importe quoi que Jacob dit pis en plus ils se collent toujours !

Pour vrai !?

Ouais ! Mais là, moi je doit y aller ! Le souper est prêt pis j'ai faim ! Bye !

Ciao.

Pour que David l'ai remarquer et pas moi, c'est que je doit devenir aveugle. Pourquoi Mélodie m'en a pas parler ? Maudite vieillesse. Je retourna à la cuisine et m'assit à la table.

Et puis ? Qu'à dit David ?

Comment tu le sais que c'est lui que j'appelait ?

Parce que je te connaît trop.

Je soupira puis regarda le téléphone qui était encore dans mes mains.

Il a dit que Jacob avait parler avec lui et qu'il était amoureux de Mélodie. Il a aussi dit que c'était évident qu'elle était amoureuse de lui. Pourquoi moi je ne l'ai pas remarquer ? C'est moi son père ! Pas David !

France s'approcha de moi et s'assit sur mes genoux.

Tu ne l'as pas remarquer parce que tu la voit encore comme une petite fille. Elle à 17 ans Jeff, il va falloir que tu t'y fasse. Elle va commencer à s'intéresser plus aux garçons. D'ailleurs ça fait déjà un bout qu'elle s'y intéresse et tu ne l'avais pas remarquer.

Toi au moins, elle te parle. Moi elle ne me parle plus. Elle se contente de dire que je suis son père. Je sert à rien.

Oui tu sert à quelque chose. Tu sert à surveiller les garçons avec lesquels elle sort. Tu la protège Jeff et elle t'aime énormément. Elle ne te parle pas parce qu'elle aime mieux parler à une fille. Elle se sens plus confortable., dit-elle en souriant.

Elle à raison et je comprend. C'est sûr que je trouve ça plate. Je tiens beaucoup à elle, mais France à raison. Je suis là pour la protéger. Pas trop. Juste pour ne pas qu'elle fasse de gaffe ou qu'elle ramène un dévergondé à la maison. Si jamais elle fait ça, je lui casse la mâchoire, au gars, pas à elle, et je fait une crise de cœur par la suite.