Salut à tous ! Voila la version de Ginny.
Next : Padma.
Bonne lecture.
Ginny
- Je t'aime Ginny, je t'ai toujours aimé.
Harry relève la tête et plonge ses magnifiques yeux verts dans les miens. Du bout des doigts, il caresse ma joue, sa main gauche se pose fermement sur ma hanche, et son visage se rapproche doucement du mien. Ses lèvres m'hypnotisent. Elles sont si belles, joliment dessinées, un peu charnues mais pas trop, juste comme il faut. La distance qui les sépare des miennes diminue lentement. Plus que dix centimètres et je goûterais au bonheur absolu. Encore un peu, encore un peu…
- YEAH BABY !
Je me réveille d'un coup. La surprise est telle que j'en tombe de mon lit. J'essaye vainement de me relever, mais je m'empêtre dans les rideaux. Heureusement, Eve se dépêche de venir à mon secours.
- Est-ce que ça va ? Me demande-t-elle une fois que je suis assise sur mon lit, saine et sauve.
Non, ça ne va pas ! J'étais à deux doigts d'embrasser Harry !
- Qu'est-ce que c'était ??
- Quoi donc ?
- Ce bruit !
- Ah, ça ! Me dit-elle d'un ton réjoui.
Elle attrape une enveloppe d'un jaune criard sur son lit et me la tend.
- C'est mon copain qui m'a fait ça. Peter Devon. Tu sais, il est en sixième année à serpentard…
- Ah lui.
Si je le vois, j'aurais deux trois mots à lui dire. Il va passer un sale quart d'heure, je vous l'assure.
- Vas-y, ouvre la ! Dit Eve.
Je m'exécute. À peine ai-je soulevé la languette de l'enveloppe qu'une voix grave, suave et surtout grotesque s'en échappe :
- YEAH BABY!
Quelle horreur ! Si un mec me fait un cadeau pareil, je le largue immédiatement. Je sais qu'Eve adore son serpentard. Je lui fais donc un grand sourire et je lui dis :
- Oh, c'est génial ! Tu en as de la chance !
Qu'est-ce qu'il ne faut pas dire pour garder ses amies… Détrompez-vous, je ne suis pas hypocrite. Je ne prétendrais jamais aimer quelqu'un alors que ce ne serait pas le cas. Non, si j'ai menti, c'est simplement parce que je ne veux pas la blesser. Je sais à quel point elle est susceptible.
Je regarde ma montre et je lui fais remarquer que si l'on ne se dépêche pas, on risque d'arriver en retard en cours. Un coup d'œil dans le dortoir me permet de repérer le lit de Liv, vide. Nous nous habillons et nous la rejoignons dans la Grande Salle. Elle en est déjà à sa troisième tartine de confiture et son deuxième croissant. Je ne sais pas comment elle fait pour manger autant et rester aussi mince.
- À ce qu'il paraît, raconte-t-elle entre deux bouchées, Angelica s'est faite jeter, hier soir, par Marcus Stev, l'un des poursuiveur de Serdaigle. Elle pensait qu'elle aurait une chance parce qu'il a largué sa copine, Meg Stuart – Vous savez ? La grande blonde ! – le mois dernier, mais, bien sûr, elle s'est prise un sacré râteau. Pauvre Angelica ! Ajoute-t-elle après un petit instant.
Ah Liv et les rumeurs, une grande histoire d'amour ! Elle poursuit sur les taux de fidélité des garçons suivant leurs maisons, mais je n'écoute plus. Harry vient d'arriver. Il s'assoit, prend un bout de pain, le tartine de beurre et le porte à sa bouche, tout ça avec la plus parfaite élégance. Je me lève pour échapper au discours interminable de Liv et à sa très prochaine dispute avec Eve. C'est toujours ainsi que ça se termine lorsqu'elle parle des taux de fidélité. Les serpentards ont, d'après elle, le taux le plus faible, ce qui rend Eve folle de rage parce qu'elle est convaincue que son cher Peter est un ange. Eve est, par ailleurs, plutôt perspicace, mais sur ce point elle est vraiment naïve. D'une certaine manière, elle a tendance à croire que les gens sont beaucoup plus gentils et bienveillants qu'ils ne le sont réellement.
La place en face de Harry est libre. Je m'y assieds rapidement avant que quelqu'un d'autre ne le fasse.
- L'important c'est la note qu'on reçoit, 'Mione ! Dit Ron.
Toujours en train de se disputer ces deux-là. Ces dans ces moments-là que j'ai honte de mon frère. Je n'arrive toujours pas à croire qu'il ne s'est pas encore déclaré à Hermione. On dirait que l'épisode Krum ne lui a rien appris du tout. Désespérant, vraiment.
Harry semble amusé par la situation. Je me tourne vers lui :
- Qu'est-ce qui se passe ?
- Rien de très nouveau, ils se disputent. La routine quoi !
J'aimerais bien que routine s'installe entre nous deux, si vous voyiez ce que je veux dire. On se promènerait tous les jours main dans la main dans le parc, et…
SHBAAM !
Ce n'est pas vrai ! C'est la deuxième fois aujourd'hui que l'on m'interrompt dans mes fantasmes ! Le coupable n'est pas difficile à identifier : Colin Crivey est tâché de jus de citrouille et prends des clichés d'un pichet cassé. Il faudra qu'on m'explique un jour son obsession pour les photos.
J'aimerais rester avec Harry, mais Eve et Liv viennent me chercher pour aller en divination. Le cours de divination est l'un de ceux que j'arrive le moins à supporter. Lorsque j'entre dans la salle, une dizaine de parfums et d'effluves différents me montent au nez jusqu'à presque m'étouffer. Je me laisse tomber sur un pouf en velours côtelé de couleur bordeau. Les habituelles tasses en porcelaine ne sont pas posées sur les tables basses, c'est déjà bon signe. Je commençais à en avoir ma claque des feuilles de thé.
- Bienvenue mes enfants, murmure la voix stressante de Trelawney. Aujourd'hui, vous allez apprendre l'art fabuleux qu'est la lecture des lignes de la main.
Eve me fait passer un petit bout de parchemin: «Plus que cinquante-trois minutes !». C'est encore bien trop long. Si vous connaissez un sort pour faire avancer le temps, je suis preneuse. Trelawney se rapproche de moi et prend ma main gauche entre les siennes.
- Je vais vous montrer l'exemple avec Miss Weasley.
Elle retourne ma main gauche dans tous les sens, effleure chaque ligne avec son doigt en faisant toutes sortes de commentaires délirants :
- La ligne de vie démarre ici, entre le pouce et l'index, ce qui symbolise l'aspiration psychique à la mort… Voyez ? … Et l'Amour, avec un grand «A», signe d'une psychologie retournée et tombée en pleine désuétude… Ici, vous voyez ?
Finalement, elle me rend enfin ma main avant de conclure d'une voix lugubre :
- Vous êtes en parfaite santé, ma chère enfant, mais je crains que vous n'allez vivre un événement affreusement traumatisant dans les prochaines heures…
Tant mieux ! Ça me changera de ma routine assommante.
- Qu'est-ce que l'on a, ensuite ? Me demande Eve à la fin du cours.
- Botanique.
- J'ai astronomie, dit Liv avant de s'éloigner. On se voit plus tard !
Eve et moi descendons un nombre colossal d'escaliers pour arriver près des serres. Qui est l'abruti qui a fait les emplois du temps ? Quelle idée de mettre divination et botanique à la suite ! Est-ce qu'ils se rendent compte de l'immensité du trajet ?
Le professeur Chourave nous emmène dans la serre numéro deux. Elle pose sur la table une plante hideuse qui ressemble à un cactus gris couvert de pustule et annonce gaiement :
- Voici un Mimbulus Mimbletonia. Vous allez récupérer le pus de ses pustules.
- Beurk ! Lance Eve, et je ne peux qu'être d'accord avec elle.
Le début du cours se passe plutôt bien malgré l'odeur épouvantable d'essence qui nous asphyxie tous sans exception.
- D'abord la divination, et maintenant ça!
- Qu… Qu'est-ce qu'on a… A fait pour mériter ça? Suffoque Eve.
- J'aimerais bien le savoir…
C'est vrai, quoi ! J'ai toujours été aimable, polie, je n'ai (presque) jamais menti… Si c'est à cause des bombabouses de la dernière fois, je suis vraiment désolé. Pardonnez-moi ! Pitié, faites qu'un miracle se produise !
J'attends dix minutes, puis vingt et trente, mais rien ne se passe. L'odeur est toujours aussi forte et nous prend au cœur. Tant pis, j'abandonne.
Cinq minutes avant la fin du cours, Chourave prend la parole :
- Ramenez-moi vos bouteilles remplies de pus et posez les ici.
Elle montre du doigt une petite table poussée dans un coin. Pressée d'en finir, Eve se précipite pour rendre sa bouteille. Un fracas épouvantable se produit. Eve se prend les pieds dans un tuyau, tombe par terre et sa bouteille s'envole pour aller exploser près de Marissa Johnson.
- Aaaah! Crie celle-ci en regardant ses mains se couvrir de pustules.
Furieuse, elle se retourne vers Eve :
- Sale petite peste, tu l'as fait exprès, j'en suis sûre !
Comme si c'était le genre d'Eve. On voit bien qu'elle ne la connaît pas, Eve est la gentillesse incarnée. C'est en partie pour ça que je ne comprends pas pourquoi elle sort avec Peter Devon. Ce mec a tout du diable. Comme on dit, les opposés s'attirent !
- Tu me le payeras ! Continue de hurler Marissa, à la limite de l'hystérie.
Pauvre Eve, elle a l'air complètement terrorisée. Il y a de quoi ! Se faire accuser à tort par une folle furieuse ! Je sais ce qui pourrait lui remonter le moral. Je me dépêche de rendre ma bouteille de pus à Chourave et je la traîne près des cachots. Je sais que Devon à cours dans le coin.
- Où est-ce que tu m'emmènes ? Me demande-t-elle, curieuse.
- C'est une surprise !
Ça pour une surprise, c'en est une ! Peter Devon est collé à une fille blonde et l'embrasse langoureusement. Pauvre Eve, c'est un choc pour elle ! Jamais elle n'aurait imaginé que son petit ami la trompait. Devon se sépare enfin de la blonde qui s'éloigne à grands pas.
- Gin, chuchote Eve, s'il te plait ne dit rien de tout ça à Liv.
- Je te le promets.
Elle s'éloigne en courant. Devon, quant à lui, est en train de chercher quelque chose dans son sac. Une bouffée de colère m'envahit. Ce type a osé faire du mal à Eve. Eve, la pureté et la candeur personnifiée ! Je m'approche de lui à toute allure et je fais exprès de lui rentrer dedans. Parfait, j'aurais maintenant une bonne raison pour lui balancer un sort.
- Hey ! Ça ne va pas, non ? Tu pourrais t'excuser ! S'exclame-t-il.
- Je n'y suis pour rien si tu ne sais pas marcher droit.
Il me regarde un instant, comme s'il essayait de se souvenir de quelque chose. Son visage s'éclaire soudainement.
- Attend un peu, je te reconnais ! T'es la fille qui avait envoyé ce poème ridicule à Potter ! Tu croyais vraiment que ça allait lui faire plaisir ?! Dit-il, hilare.
Ok, il est mort. Je lève ma baguette dans sa direction.
- Tu vas payer!
Il sort sa baguette de son sac et m'envoi un sort avant que je ne puisse lui en balancer un. Je sens mes jambes s'effondrer sous moi et je tombe par terre.
- Expelliarmus !
Le sort rate Devon de quelques centimètres qui s'enfuit sans demander son reste. Harry se précipite vers moi. Pourvu qu'il n'ait rien entendu de notre conversation ! J'essaye de me relever, mais mes efforts restent vains.
- Ça va ? Me demande-t-il.
Toi qui vole à mon secours, je ne vois pas comment les choses pourraient devenir meilleures !
- Ça pourrait aller mieux…
- Je vais t'emmener à l'infirmerie.
Il me soulève et me serre dans ses bras. Qu'avait dit Trelawney déjà ? Un «événement affreusement traumatisant» ? Un simple sortilège de «jambencoton» oui ! Et, en prime, la chance de me retrouver dans les bras de Harry ! J'aime bien quand cette vieille chouette me prédit des malheurs. Finalement la divination a du bon.
Harry n'a pas trop de mal à me soulever. Je sens ses muscles saillir sous sa robe de sorcier. Béni sois le Quidditch !
- Ginny !
Évidemment, il faut que cet instant soit gâché par Ron. Si seulement il pouvait me lâcher un peu ! je ne suis plus une petite fille, merde !
- Est-ce que ça va ? Demande-t-il.
- Oui.
Et je n'ai pas besoin de toi ! Fous-moi la paix ! J'aurais peut-être dû lui dire le fond de ma pensée parce qu'il reste là.
- Qui t'a fait ça ?
Il ne manquerait plus qu'il se mette à jouer au héro.
- Personne Ron. Je suis juste… Tombée.
Je lance un regard à Harry en espérant qu'il comprenne, ce qui apparemment est le cas car il dit :
- Je vais la conduire à l'infirmerie. Passez devant, je vous rejoins dans la salle d'Histoire de la Magie.
Le chemin jusqu'à l'infirmerie est interminable. Harry ne desserre presque pas les dents de tout le trajet. En chemin, je vois Liv discuter avec un garçon de Serdaigle. Elle me lance un regard curieux, mais je ne prends pas la peine de m'arrêter pour lui expliquer tout de suite.
Harry me pose sur un lit et s'assoit à côté de moi. Pendant un instant, j'ai eu peur qu'il ne me laisse seule, c'est pourquoi je le remercie.
- Il n'y a pas de quoi, fait-il en rougissant un peu. Qui c'était ce serpentard ? Qu'est-ce qui s'est passé ?
Heureusement, il n'a pas l'air d'avoir entendu les dernières paroles de Devon en ce qui le concerne.
- Oh c'était stupide, vraiment.
Mais... Qu'est-ce qu'il fait ? Il commence à caresser mes cheveux ! Oh mon dieu ! Il faut que je dise quelque chose, vite !
- Je l'aurais soi-disant bousculé...
Sa main descend le long de mon visage. Le souvenir de mon rêve me revient et je rougis de plus belle. Sa main atteint doucement mon cou…
- Mademoiselle Weasley ! Qu'est-ce qui vous amène ? Lance Pomfresh d'une voix tonitruante.
On dirait que tout le monde, aujourd'hui, s'est donné le mot pour me pourrir mes moments avec Harry, que ce soit dans mon esprit ou dans la réalité. Sans réfléchir, je m'éloigne de lui et il fait de même.
- Bien M. Potter, vous pouvez retourner en cours.
Je préfèrerais qu'il ne parte pas. Je suis sûre que je me remettrais bien plus vite du maléfice s'il restait avec moi.
- Alors, qu'est-ce qui vous est arrivé ? Me demande Pomfresh.
Ce n'est certainement pas à elle que je raconterais toute l'histoire.
- Quelqu'un m'a lancé un sort de «jambencoton».
Elle m'examine les jambes et me dit :
- Le sort n'est pas grave, je vais vous l'enlever tout de suite. Par contre, en tombant, vous vous êtes foulé la cheville. Ce n'est pas très grave non plus, je vais arranger ça, mais vous allez devoir rester une heure ici.
Une heure pour une cheville foulée ? Au moins je rate le cours de défense contre les forces du mal. Pomfresh me demande d'avaler une potion transparente qui n'a aucun goût et étale sur ma cheville une pâte épaisse de couleur verte. Je regarde autour de moi et je remarque que je suis seule dans l'infirmerie. Marissa doit déjà être guérie. Dommage, ça m'aurait fait un divertissement.
Pomfresh revient me voir trois quart d'heure plus tard et me dit que je peux partir. Je passe rapidement à la Grande Salle pour avaler quelque chose et je vais à la bibliothèque pour rattraper le cours de défense contre les forces du mal sur les vampires que j'ai manqué en étant à l'infirmerie. En chemin, je croise Hannah Abbot, Susan Bones et Ernie McMillan.
- Est-ce que tu te sens mieux ? Me dit Susan.
- Oui, très bien.
- Ça a dû être un choc pour toi. J'imagine que tout s'est passé très rapidement.
- Euh… Oui… Enfin, c'est vrai que je n'ai rien vu venir…
Comment sont-ils au courant de ce qui s'est passé ? Qui leur a raconté ?
- Tu ne devrais peut-être pas te promener toute seule, dit Ernie. Maintenant que Poudlard n'est plus sûr, c'est dangereux.
De quoi il parle ? Comment ça Poudlard n'est plus un endroit sûr? Mais qu'est-ce qui s'est passé pendant que j'étais avec Pomfresh ? Quelqu'un s'est fait attaquer ? Impossible, je l'aurais vu à l'infirmerie.
Malgré mes objections, les trois poufsouffles insistent pour m'accompagner à la bibliothèque. J'y retrouve Luna qui, je ne sais pas pourquoi, cherche un livre sur les créatures invisibles. Je remercie Hannah et les deux autres de m'avoir accompagné. Ils ne semblent pas convaincus que me laisser avec Luna est moins dangereux que de me laisser seule mais je ne leur laisse pas le choix et ils s'éloignent à contrecoeur.
- Qu'est-ce que tu es venu faire à la bibliothèque ? Me demande Luna.
- Il faut absolument que je cherche des renseignements sur les vampires.
Le cours que j'ai loupé de défense contre les forces du mal était sur ce sujet et il ne vaut mieux pas que prenne du retard.
- Les vampires, oui je comprend, s'exclame-t-elle les yeux brillants.
Elle tourne frénétiquement les pages du livre qu'elle tient entre les mains et s'arrête à une page consacrée aux vampires de Transylvanie.
- Les vampires de Transylvanie ont la faculté de devenir invisible aux yeux des humains, lit-elle. Oh ! Et ils peuvent aussi lancer des sorts simples ! C'est ça !
Elle me regarde avec un grand sourire et s'éloigne en sautillant. Je la vois s'approcher de Parvati et de Lavande. Toutes les trois semblent très excitées.
Eve et Liv entrent dans la bibliothèque et se dirigent vers moi.
- Voilà les notes du cours que tu as manqués, me dit Liv en me tendant des feuilles.
- Merci.
- Tout le monde s'est demandé où tu étais et ce qu'il t'était arrivé, fait Eve.
- Qu'est-ce que vous leur avez dit ?
À ma grande surprise, Eve et Liv se mettent à pouffer de rire.
- J'ai expliqué à Liv ce qui s'était passé et on a décidé d'en parler à personne. Du moins de la vérité en tout cas.
- Comment ça ? Qu'est-ce que tu veux dire ?
- Liv a trouvé très amusant de raconter que tu t'étais faite attaqué et qu'un mangemort aurait été vu dans le coin. Toute l'école est en train de mourir de peur.
Je comprends mieux le comportement d'Ernie, de Susan et d'Hannah. S'ils pensent qu'un mangemort rôde dans le coin, c'est normal qu'ils ne voulaient pas me laisser avec Luna comme seule protection.
- Tout ça à cause de Peter !
Elle éclate de rire, mais je sens que ça sonne faux. Je sais qu'elle est très touchée par ce qui s'est passé avec Devon.
- Mais pourquoi est-ce qu'il t'a bousculé, comme ça ? Demande Liv.
Ce doit être la version que lui a donnée Eve.
- Je n'en sais trop rien…
- En tout cas il a été puni ! Dit Liv sur un ton réjoui.
- Puni ?
- À ce qu'il paraît, il s'est fait attaquer il y a cinq minutes, mais personne n'a vu qui avait lancé le sort.
Ce serait à cause de ça que les poufsouffles pensent que Poudlard n'est plus sûr ? C'est stupide, la raison de l'attaque est évidente : c'est exactement la méthode employée par Ron. C'est imbécile a dû découvrir je ne sais pas comment que c'était Devon qui m'avait attaqué et il a voulu jouer les justiciers masqués. Est-ce que c'est Harry qui a vendu la mèche ? Ça m'étonnerait, après tout, Harry ne connaît même pas Devon.
- On lui a lancé le maléfice du saucisson. Un serdaigle m'a dit qu'on l'avait transporté à l'infirmerie, il s'est fait mal à la tête en tombant.
- Il vaut mieux que j'aille le voir, dit Eve avant de sortir de la bibliothèque.
Elle veut le voir après ce qui s'est passé plus tôt ? J'espère qu'elle va faire preuve de bon sens et qu'elle va le larguer une bonne fois pour toutes.
- Ah l'amour ! Lance Liv.
Si elle savait !
Je passe la moitié de l'après midi à rattraper mon retard et à rédiger le devoir à rendre sur les vampires. Fatiguée par les personnes qui viennent me voir toutes les deux minutes, je décide de m'installer au fond de la bibliothèque pour être tranquille. Je réussis ainsi à diviser par quatre le nombre d'élèves bien attentionnés qui veulent savoir si je vais bien. Quand ce n'est pas pour s'inquiéter à propos de ma santé, c'est pour me demander de l'aide sur le devoir à propos des vampires. Qui est le crétin qui leur a dit que j'étais une experte ? Je ne sais rien, moi, sur les vampires! Pourtant, ils viennent tous me voir en me posant des questions très détaillés comme si j'en avais rencontré un.
Ce n'est que bien plus tard que je comprends pourquoi. Au cours de l'après-midi, la rumeur a évoluée. D'après les élèves, ce n'est plus un mangemort qui m'aurait attaqué mais un véritable vampire ! En creusant un peu, j'apprends que l'attaque de Devon a autant touché les élèves que ma propre attaque. Ils pensent que c'est la même personne qui a fait le coup. Mais comment en sont-ils arrivés à la conclusion qu'il s'agissait d'un vampire ?
…
Luna ! C'est elle ! J'aurais dû m'en douter…J'avais complètement oublié qu'elle cherchait des informations sur les créatures invisibles tout à l'heure. Elle a certainement voulu jouer au détective et maintenant tout le monde doit penser qu'un vampire se promène dans l'école.
Il n'y a presque plus personne dans la bibliothèque. Je n'ai aucune envie d'aller dans la Grande Salle, je suis crevée et je ne veux pas que tout le monde me tombe dessus. Heureusement c'est presque les vacances et je compte bien retourner au Terrier.
Je quitte la bibliothèque pour aller dans la salle commune, mais Harry n'est pas là. Il doit être en train de dîner. Tant pis. Je monte dans le dortoir et je m'installe tranquillement sur mon lit pour lire. Eve arrive une heure plus tard.
- Alors, ton entrevue avec Devon ?
- Je lui ai dit que je l'avais vu avec cette fille et que c'était fini.
Elle a l'air préoccupée.
- Qu'est-ce qu'il y a ?
- C'est bizarre. Peter était convaincu d'avoir été attaqué par un vampire de Transylvanie.
Je me retiens d'éclater de rire et je demande d'un air faussement surpris :
- Un vampire de Transylvanie, vraiment ?
- Ça semble dingue, n'est-ce pas ? Ça n'a vraiment aucun sens. Il est complètement dérangé, le pauvre, il était temps que ce soit fini entre nous. Au fait, tu es au courant ?
- Au courant de quoi ?
- Il paraît que ton frère aussi s'est fait attaquer. Mais lui c'était ce matin. Un garçon de deuxième année l'a entendu hurler.
Je n'ai pas vraiment envie de percer maintenant ce mystère. Je me faufile entre mes draps et je sombre paisiblement dans sommeil mérité en songeant aux vacances.
