Chapitre 3 : Baiser et conflit
Au fil des jours la blessure de Draco se refermait et le Serpentard se remettait rapidement, malgré tout Hermione continuait à lui rendre visite ne serait-ce que pour lui tenir compagnie (Mr Jones ayant été transféré dans un autre service). Ils parlaient souvent de Poudlard et la jeune fille s'étonnait de voir à quel point Draco gardait des souvenirs clairs de ses années passées dans le vieux château. Celui-ci était passé en mode « séduction » et jonglait habilement entre la moquerie et la gentillesse avec elle de façon à ce que son rapprochement ne soit pas trop flagrant.
Un jour, comme tous les matins elle s'approcha du blond pour lui souhaiter le bonjour quand elle se prit les pieds dans le rideau de séparation et plongea en avant. En un éclair Draco avait bondi hors de son lit et l'avait rattrapée avant qu'elle ne tombe à terre.
- Merci, souffla-t-elle en relevant les yeux vers lui l'air troublé.
Par Merlin, ce qu'il lisait dans son regard était clair : elle ne développait pas que de l'amitié pour lui. Soit, si cela pouvait l'aider à se rapprocher d'elle pour enfin savoir ce qu'il lui était arrivé, il pouvait bien faire ça. Il lui sourit délicieusement, approcha son visage du sien et l'embrassa tendrement. Incapable de réagir Hermione se laissa faire savourant le goût sucré que le beau blond déposait sur ses lèvres. Alors qu'elle commençait à apprécier cette étreinte quelqu'un toussota dans son dos.
Hermione se sépara vivement de son patient et se retournant, elle découvrit une très belle femme sur le seuil de la chambre. Elle était blonde, ses cheveux élégamment relevés en une queue de cheval haute, des yeux bleu-gris presque translucides braqués sur Hermione qui rougit violemment et sortit précipitamment de la pièce.
- Je vois que tu vas mieux, lança la jeune femme d'un ton sec à Draco.
- Ouais ! Ça va. Fit-il en se rallongeant. Puis devant le silence de sa belle il décida de détendre l'atmosphère : Oh ! Aequilis fais pas cette tête tu sais bien que moi les guérisseuses je ne peux pas y résister.
Elle se radoucit quelque peu et vint s'asseoir sur une chaise à son chevet.
- Alors qu'est-ce qu'il t'est arrivé ?
- T'es pas au courant ?
- Non j'ai juste vu un article dans la Gazette du Sorcier qui parlait d'une attaque contre le professeur de potions de Poudlard.
- Ben en fait, je ne sais pas ce qu'il s'est passé. McGonagall m'a juste trouvé un matin par terre avec ça, fit-il en montrant sa blessure du doigt. Les guérisseurs m'ont dit que c'était sûrement un coup de couteau.
- Mais qui aurais fait ça ?
- Je n'en sais rien ! Le ministère a ouvert une enquête.
- Et qu'est-ce que ça donne ? A-t-on retrouvé le coupable ?
- Pas que je sache.
Elle poussa un soupir de soulagement.
- Ça te fait plaisir ?
- Seulement parce que ça me donne une chance de choper moi-même celui qui a failli te tuer et de lui donner la raclée de sa vie avant qu'on ne l'envoie à Azkaban, dit-elle avec colère.
Draco en fut surpris et touché, personne n'avait jamais affiché aussi crûment son attachement à lui (à part Parkinson mais elle était tellement pathétiquement amourachée que ça ne comptait pas). Durant les trois jours que Draco devait encore passer à St Mangouste, Hermione ne put l'approcher une seule fois en tête à tête car Aequilis était pratiquement toujours là et à vrai dire ça arrangeait le blond qui n'avait aucune envie de se retrouver avec l'ex-gryffondor dans une conversation farcie de silences gênés. Il avait agi par instinct et n'avait pas à se justifier. Hermione quant à elle ne savait plus où elle en était. Draco avait totalement changé d'attitude avec elle, il l'avait même embrassée ! Mais depuis, il l'évitait et il y avait aussi cette femme qui n'était sûrement pas sa grande sœur vue la façon dont elle lui disait bonjour.
Le jour de la sortie de Draco de l'hôpital, Hermione décida d'aller le voir malgré les regards noirs que lui lançait Aequilis lorsque, par malheur, elles se croisaient dans les couloirs de l'hôpital. Ce matin-là, la jeune guérisseuse s'approcha donc, de la chambre n°146. Aequilis était là. Attendant à la porte que Draco ait fini de faire ses bagages. La jolie brune s'approcha timidement et demanda le plus innocemment du monde :
- Est-ce que Mr Malefoy libère la chambre aujourd'hui ?
Aequilis se tourna vers elle, un sourire exagérément poli sur les lèvres.
- Oui, et c'est tant mieux car il n'aura plus à vous supporter !
Hermione resta interdite devant tant d'impolitesse, puis elle sentit la colère monter en elle. Elle se redressa et cracha.
- Je vous demande pardon ?
- Tu m'as très bien compris espèce de sang de bourbe !
La réaction fut immédiate : la douce Hermione envoya son poing dans la figure de cette insolente petite blonde. Mais celle-ci n'était pas du genre à se laisser faire. Aussitôt après le coup elle jeta son sac et sa cape dans un coin et se jeta sur Hermione dans une violente bagarre sans même penser à prendre leurs baguettes. Pendant ce temps-là, Draco remplissait un sac de voyage en sifflotant lorsqu'un bruit de verre brisé retentit de l'autre côté de la porte de sa chambre. Il boucla son sac, le mit sur son épaule et sortit en boitant légèrement dans le couloir. Sa mâchoire inférieure tomba littéralement sur sa poitrine lorsqu'il reconnut Hermione et Aequilis, par terre, les cheveux en bataille, les vêtements déchirés par endroit, en train de se battre comme des chiffonnières. Comme elles ne s'étaient même pas rendu compte qu'il était là, il dut s'interposer entre les deux jeunes femmes. Il aida Aequilis à se relever et l'éloigna d'Hermione.
- Est-ce que ça va ?
- Oui, merci, répondit-t-elle en essayant de remettre un peu d'ordre dans ses cheveux.
- Moi aussi, ça va, merci de me le demander ! S'exclama Hermione.
Draco lui lança alors un regard méprisant qui en disait long sur la femme qu'il préférait entre les deux. Hermione frissonna, c'était comme si on l'avait plongé dans un bain de glaçon, comme si elle avait à nouveau face à elle le Draco Malefoy qui l'insultait et la ridiculisait. Les larmes lui montèrent aux yeux et elle s'enfuit en courant. En la voyant partir le visage enfoui dans ses mains Draco regretta quelque peu son geste mais c'était trop tard et Aequilis n'allait sûrement pas lui laisser le temps de penser à Hermione elle le prit par le bras et l'entraîna vers la sortie.
Pendant plusieurs jours après cet incident, Hermione eut beaucoup de mal à assurer sa part de travail. Son médicomage en chef référent (qui l'avait depuis longtemps pris sous son aile et n'ayant heureusement pas été informé de la bagarre) voyant que quelque chose n'allait pas, lui imposa un congé le temps pour elle de se remettre et de revenir à cent pour cent à son poste.
Comme tous les matins depuis qu'il avait été reçu dans l'équipe d'Angleterre, Ron Weasley se rendit au stade de Londres, installé à l'abri des regards moldus dans la campagne non loin de la capitale. Devant le grand portail il rencontra l'habituel petit attroupement de fans venant assister à l'entraînement. Lorsqu'ils le virent transplaner juste devant l'entrée, ils se ruèrent sur lui.
- Monsieur Weasley ! MONSIEUR WEASLEY! Un autographe s'il vous plait !
Un sorcier-vigil se précipita vers lui pour lui frayer un chemin à travers les fans. Ron signa quelques photos et s'apprêtait à suivre le sorcier charger de la sécurité lorsqu'il aperçut, le temps d'une seconde, le visage de son amie d'enfance.
- Attendez ! S'exclama-t-il avant que l'homme ne le tire à l'intérieur de l'enceinte du stade.
Les fans, ravis d'entendre leur joueur préféré demander à rester un peu plus avec eux, redoublèrent d'intensité.
- Hermione ? Appela-t-il.
La foule chercha des yeux la personne que Ron venait d'appeler. Celle-ci s'avança difficilement vers lui et il l'entraîna dans le stade tandis que plusieurs sorcier-vigil venaient aider le premier à refermer les grilles prisent d'assaut par les fans. Ron serra brièvement Hermione dans ses bras et lui fit signe de le suivre.
- Comment vas-tu Hermione ? Je trouve que tu as une petite mine, fit-il avec un adorable sourire.
- Ça va.
- Alors ? Quoi de neuf ?
- Rien je viens juste voir comment se passent tes entraînements.
- Menteuse !
Elle lui jeta un regard surpris.
- Ton référent t'as donné un congé exceptionnel et ce n'est sûrement pas pour venir voir mes entraînement.
- Comment tu sais ça ?
- L'un des rares avantage de ma « célébrité » c'est de toujours pouvoir savoir ce que je veux.
- Ça et les groupies.
Elle lui adressa un petit sourire puis baissa la tête honteuse et resta silencieuse jusqu'à leur arrivé devant les vestiaires. Le jeune homme se tourna vers son amie et doucement prit son menton entre ses doigts pour lui faire relever la tête.
- On n'en parlera tout à l'heure. Installe-toi dans les tribunes et je te rejoindrais après l'entraînement. D'accord ?
Elle hocha doucement la tête et se dirigea vers les tribunes. Ron la regarda s'éloigner. Ça n'allait pas fort, il le sentait comme il sentait son cœur accélérer sa course lorsqu'elle était près de lui. Il pourrait peut-être en profiter. Elle était triste, avait besoin de réconfort et surtout elle était venue le chercher lui, pas Harry, pas Krum, lui ! Depuis qu'elle s'était séparée de l'attrapeur bulgare elle ne cessait de répéter qu'elle était restée en très bon terme avec lui mais apparemment pas assez pour qu'il la console alors qu'elle était venue le chercher lui dans les mêmes conditions. Oui, décidément c'était le moment ou jamais de la reconquérir. Il se changea et se dirigea vers le terrain, son équipe l'attendait ainsi qu'une poigné de supporters qui faisait minuscule dans les immenses tribunes vides. Comme il le lui avait demandé, Hermione assista à l'entraînement et resta seule sur son siège en bois à la fin. Quelques minutes plus tard Ron la rejoignit les cheveux encore dégoulinant de l'eau de sa douche prise en quatrième vitesse. Il s'assit à côté d'elle.
- Alors qu'est-ce qui ne va pas ?
- C'est à propos de…de…
- De quoi ?
- Plutôt de qui.
- De qui ? Fit-il avec un froncement de sourcil. Qu'est-ce qu'il s'est passé Hermione ? Quelqu'un t'as fait du mal ?
- Non, rassure-toi ça n'a rien à voir.
Elle lui raconta comment un jour elle avait trouvé Malefoy dans son service, comment elle avait été obligée de s'en occuper, comment il avait complètement changer d'attitude avec elle, comment il avait fini par l'embrasser (grimace dégoûtée de Ron) jusqu'à l'arrivée de cette femme qui avait tout chamboulé. Et aussi le comportement de Draco avec elle après que la femme lui ai rendu visite la première fois. A la fin de son récit le gardien avait un sourire triste sur le visage.
- Qu'est ce qu'il y a ? Demanda la brunette.
- C'est simple Hermione : Tu as changé depuis la fois où tu étais à Poudlard, Malefoy a juste été…subjugué par ta beauté.
Elle rougit.
- Et puis quand il a aperçu tes superbes jambes, continua-t-il avec un sourire charmeur. Il s'est sûrement dit qu'il pourrait bien te séduire avec sa gueule d'ange pour une soirée.
Hermione sourit avant de répliquer :
- Serait-ce de la jalousie que je perçois dans votre voix Monsieur Weasley ?
- Jaloux ? Moi ? Arrête j'ai une aussi belle gueule que lui si ce n'est plus !
Hermione éclata de rire et Ron reprit plus sérieusement :
- Tu vois, dans cette histoire ce qui m'étonne le plus c'est que tu t'es laissée avoir.
Une nouvelle fois elle piqua du nez vers ses baskets.
- Mais je trouve ça très flatteur que tu sois venu m'en parler, rajouta-t-il. C'est pour moi la preuve que je sers encore à quelque chose auprès de toi.
- Bien sûr que tu sers à quelque chose, s'offusqua-t-elle. Je tiens à toi et je te fais confiance, je sais que quoi qu'il arrive, tu seras là pour moi et je t'en remercie.
Tandis qu'ils parlaient Ron s'était rapproché d'elle sans qu'elle ne s'en aperçoive mais maintenant il était bien trop près.
- Ron…
- Oui ?
- Ron, je…
Il déposa un très léger baiser sur ses lèvres. Il connaissait Hermione et il savait qu'il fallait y aller avec douceur. Finalement (il n'aurait jamais imaginé qu'il penserait ça un jour) il remerciait Malefoy d'avoir semer le doute dans l'esprit d'Hermione, sans lui jamais elle ne serait venue le voir.
