Résumé : Poudlard. Sixième année. Quand Dumbledore se mêle du Noël de ses élèves... Machinations, disputes, déclarations et nouvelles amitiés... Quand un tirage au sort truqué force les élèves à se rapprocher... #Oui,résumépourri!
Statut : En cours d'écriture.
Pairing : Drago et Hermione, comme toujours. Harry et Snape mentor, parce que j'avais envie. Quant aux autres, je verrai pendant l'écriture...
Raiting : Pour le moment, je met T parce que je ne pense pas aller dans le... too mutch, mais qu'il y aura quand même pas mal de... d'allusions. Vous comprendrez...
Genre : Romance, évidemment. Amitié, beaucoup. Et Famille aussi, un peu.
Disclaimer : L'univers et les personnages appartiennent à sa Majesté JKR Rowling. Seul l'histoire rocambolesque sort de mon esprit, et des personnages qui n'en font qu'à leur tête...
Note d'Auteur : Bonsoir tout le monde !Et me revoici avec ce nouveau chapitre plein de promesses ! Merci à tout ceux qui, avec un seul chapitre, on déjà adhérer à mon histoire !
Sans plus tarder, je vous laisse découvrir la suite !
All I Want For Christmas
Chapitre 2 : Rumeurs
Vendredi 2 Décembre
Assis en tailleur à même le sol, appuyé contre le mur, sa besace entre ses jambes comme substitut de table, un parchemin posé dessus, Ron faisait courir sa plume à toute vitesse sur le papier pour ajouter quelques points supplémentaires à son devoir de potions. Hermione, assise à côté de lui, lisait un livre sur les runes avec concentration, et refusait de l'aider.
Il n'en était pas vraiment surpris, cependant. Depuis la veille, sa meilleure amie semblait mettre un point d'honneur à l'ignorer, comme pour se venger. S'il voulait être honnête avec lui-même, il le comprenait amplement. Mais, têtu comme un hippogriffe, il refusait de se sentir coupable. Après tout, il ne l'avait pas forcée à annuler ses vacances. Elle avait pris sa décision elle-même. Et Hermione en était parfaitement consciente, c'était d'ailleurs pour ça qu'elle rongeait son frein en silence…
Une besace négligemment jetée à ses côtés lui fit relever la tête et il haussa les sourcils, surpris de voir Harry de si mauvaise humeure. Le brun se laissa tomber à côté de lui et grogna, mécontent.
« Qu'est-ce qui t'arrive ? » lui demanda-t-il, un peu trop conscient des cheveux bouclés de sa meilleure amie qui lui chatouillaient la nuque tandis qu'elle se penchait devant lui pour observer le brun. Il se concentra sur le visage de son meilleur ami. Tout, plutôt que la poitrine d'Hermione pressée contre son avant-bras.
« Vous n'avez pas entendu les rumeurs ? » soupira Harry en appuyant sa tête contre le mur, les yeux fermés, comme pour tenter de se détendre. Il semblait vraiment fatigué. Lorsqu'Hermione lui répondit par la négative, il poussa un profond soupir de lassitude. « Dumbledore prépare quelque chose » déclara-t-il alors en se tournant vers eux. « Pour ceux qui restent à Poudlard. Je ne sais pas trop quoi en penser. Il ne m'en a même pas parlé pendant nos leçons... »
Ron fronça les sourcils. Harry avait régulièrement des leçons particulières avec le Directeur, depuis quelques semaines. Ils passaient la plupart de leur temps à enquêter sur le passé de Voldemort pour tenter de trouver un moyen de le vaincre. C'était une bonne chose. Il en était persuadé. Si Harry était vraiment destiné à détruire Voldemort…
« Mais... » commença Hermione d'une petite voix hésitante. « Ce ne sont que des rumeurs, non ? »
Le roux se força à ne pas tourner la tête vers elle, malgré l'absurdité de sa question - évidemment que ce n'étaient que des rumeurs, mais, à Poudlard, les rumeurs étaient presque toujours fondées. Hermione était encore bien trop proche de lui. Il ne voulait pas risquer de percuter son visage. Quoique, si ça semblait involontaire…
Elle s'écarta vivement et referma son livre sur les runes, visiblement satisfaite de sa conclusion - puisque ce n'étaient que des rumeurs, pas la peine de s'en préoccuper. La seconde suivante, Parvati Patil et Lavande Brown, bras dessus-dessous, arrivèrent à leur niveau, et la blonde lui lança un tel sourire que Ron ne put rien faire d'autre que de rougir. Lavande était bien trop… trop. Trop blonde, trop mince, trop belle, trop avenante… Son sourire était trop soutenu pour être innocent, sa poitrine était trop généreuse pour ne pas attirer ses regards - qu'il s'efforçait toujours de rendre discrets - et la façon dont elle prononçait son nom était trop… perverse pour qu'il ne se sente pas immédiatement envahi d'images explicites.
Il n'avait, après tout, que seize ans. Et même s'il se sentait bien plus attiré par les boucles brunes désordonnées, les tenues scolaires parfaitement ajustées comme le préconisait le règlement, et une intelligence presque mystique… Lavande et ses boucles blondes comme les blés, ses jupes trop courtes et ses chemisiers trop décolletés, ainsi que son intérêt pour les rumeurs et autres ragots de commère pourraient parfaitement faire l'affaire. Lavande, elle au moins, semblait lui porter un certain intérêt…
« Salut Ron » minauda sa camarade de classe en papillonnant des yeux. Intérieurement, il fut assez satisfait qu'Hermione se soit écartée à temps avant l'arrivée de la blonde. Lavande paraissait toujours de mauvaise humeur quand Hermione était physiquement trop proche de lui. Possessive…
« Euh… Salut... » balbutia-t-il en se sentant idiot.
Du coin de l'oeil, il aperçut, à sa droite, Harry qui se retenait de rire et, à sa gauche, Hermione qui levait les yeux au ciel. Il les ignora tous les deux.
« Tu rentres chez toi pour les fêtes ? » lui demanda Lavande, sans se préoccuper de leurs spectateurs ou de leurs réactions. A côté d'elle, toujours accrochée à son bras, Parvati coulait des regards intéressés vers Harry. Visiblement, l'échec du bal de Noël en quatrième année n'avait pas suffit à annihiler tout son intérêt pour le Survivant. Ou, plus probablement, les nouvelles rumeurs concernant la prophétie avaient attisé ses sentiments pour "l'Élu"...
« Euh… non » répondit-il, toujours en rougissant d'être le centre d'intérêt de la jeune fille. Il n'était pas habitué à ça. Le regard de Lavande était… plus qu'intéressé. Elle semblait prête à le dévorer sur place. Et il ne savait pas s'il en été effrayé ou excité.
« Moi non plus » annonça la blonde avec un sourire plus que ravi. « On se croisera peut-être... »
Ses yeux disaient tout ce que ses lèvres ne disaient pas. Et quelles lèvres… Le regard de Ron s'attarda quelques secondes de trop sur sa bouche pulpeuse, si bien qu'il perdit le fil de la conversation et ne reprit pied avec la réalité que lorsque la jeune fille se tut, le regardant avec attention, attendant visiblement une réponse qu'il ne pouvait pas lui donner, puisqu'il ne savait tout simplement pas de quoi elle parlait.
« Euh... » hésita-t-il, persuadé que ses oreilles devaient être rouges pivoines.
« Personne n'a encore parlé d'un bal, Lavande » rétorqua Hermione à sa place, avec un agacement certain. Pour lui ou pour elle, il n'en savait rien. « Le Professeur Dumbledore n'a fait aucune déclaration. »
La blonde lui lança un tel regard de dégoût que, le temps d'une seconde, il eut envie de prendre la défense de sa meilleure amie. Il était trop habitué aux insultes racistes de Malfoy et sa bande… Cependant, Lavande ne semblait pas en avoir après son sang soit-disant impur. Elle réagissait ainsi pour la simple raison qu'Hermione n'avait clairement pas été invitée à participer à leur conversation et, bien qu'elle vienne tout juste de lui épargner l'humiliation de ne pas être capable de répondre à une simple question - dont il ne connaissait toujours pas la nature, mais qui semblait avoir un rapport avec un foutu bal - il ne pouvait être que d'accord avec Lavande. Plus à cause du ton dédaigneux qu'elle venait d'employer pour parler à une jeune fille qui lui portait, à lui, de l'intérêt, que parce qu'elle était intervenue sans qu'on ne lui demande son avis.
L'arrivée des Serpentards et l'apparition de Slughorn l'empêcha de dire une bêtise à sa meilleure amie, ce qui aurait, immanquablement, provoqué une dispute - parce qu'Hermione était toujours en colère contre lui et Harry à cause de cette histoire de vacances - ou de s'humilier davantage devant Lavande. Il n'eut pas besoin de prendre parti pour l'une ou pour l'autre et fut bien trop soulagé de suivre le reste de la classe à l'intérieur de la salle de cours, se souvenant à la toute dernière seconde qu'il n'avait toujours pas fini le devoir que Slughorn réclamait à présent.
Maudites filles. Maudites hormones. Maudites rumeurs.
°O°O°O°O°O°
« Ce type va finir par tous nous faire mourir » soupira Pansy, mécontente, en observant le chaudron de Crabbe et Goyle dont le contenu avaient l'air à l'opposé total de la potion de force qu'ils devaient préparer. A aucun moment elle n'aurait dû être verte et bouillonnante. Et le Professeur Slughorn, à l'autre bout de la pièce, semblait trop occupé à minauder auprès de Potter et sa bande pour prêter la moindre attention au reste de la classe.
Combien de fois le Professeur Snape leur avait-il répété qu'il ne fallait jamais s'éparpiller ou se déconcentrer lorsqu'on travaillait sur potion aussi instable ? L'agitation qui régnait dans la pièce était… angoissante. Pour elle, du moins. Elle n'était pas assez bonne élève pour surveiller les chaudrons de ses camarades. Elle avait déjà du mal avec sa propre décoction. Et les chuchotements et les rires de ses camarades ne l'aidaient pas à se concentrer.
Et la peur incessante d'être témoin - ou victime - d'une explosion dans sa salle de cours ne l'aidait pas beaucoup plus.
Elle s'assura que son chaudron, qu'elle partageait avec Blaise, n'était pas sur le point d'exploser, et s'accorda une petite minute pour souffler. A côté d'elle, son meilleur ami hocha discrètement la tête, signe silencieux qu'il gérait la situation. Elle se tourna donc vers son autre meilleur ami - aucun des deux ne prenait l'ascendant sur l'autre dans son coeur - et attira son attention d'un raclement de gorge tout sauf subtil.
« Draco ? » Il ne releva même pas la tête, se contenant d'un grognement pour toute réponse. « Tu pourrais jeter un coup d'oeil au chaudron de Crabbe et Goyle, s'il te plait ? »
Le blond lui accorda enfin toute son attention. Ou, plutôt, il l'accorda au binôme de bras cassés qui allait, sous peu, fair exploser toute la salle, et leva les yeux au ciel en grognant avec encore plus de mécontentement. D'un coup de baguette, il baissa l'intensité du feu sous son propre chaudron, puis se frotta les mains sur le chiffon posé précautionneusement sur sa table, lança un regard furieux en direction du Professeur Slughorn - ou de Potter et sa clique, elle ne savait pas très bien - et se dirigea d'un pas sûr vers Crabbe et Goyle pour sauver leur potion - et leur note, par la même occasion.
Il n'était pas bien compliqué de savoir comment ces deux-là avaient pu être acceptés en classe de Potions après leurs B.U.S.E… Draco avait grandement participé à leurs notes plus que convenables, profitant de l'indulgence du Professeur Snape envers ses serpents pour aider les deux nigauds. Et puisque le Professeur Slughorn acceptait dans sa classe les élèves ayant obtenu un Effort Exceptionnel, là où leur Directeur de Maison n'aurait jamais accepté moins qu'un Optimal, Crabbe et Goyle avaient sauté sur l'occasion de poursuivre la matière. Pourquoi, ça restait un mystère. Ils étaient nuls, n'avaient aucun talents, et finiraient par tous les tuer d'une manière ou d'une autre. Elle ne les appréciait que parce qu'ils obéissaient aux ordres. C'était tout ce qui comptait.
Lorsque Draco revint s'installer à sa table, juste derrière celle que Pansy partageait avec Blaise, la jeune fille se tourna de nouveau vers lui.
« Que crois-tu que Slughorn soit en train de dire à Potter ? » lança-t-elle avec nonchalance.
Elle était trop curieuse. Ses parents ne cessaient de le lui répéter, ses amis aussi. Mais elle n'y pouvait rien. Elle adorait les ragots. C'était sa passion. Ce dont elle se nourrissait. Et elle était prête à tout pour assouvir sa curiosité, même aux pires bassesses.
« Le couvrir de félicitations, probablement » répliqua le blond avec mauvaise humeur.
Comment Potter était-il devenu aussi doué en potion, en l'espace d'un seul été, c'était un autre mystère. Mais Slughorn ne jurait que par lui, son petit prodige, le fils de la non-moins douée Lily Evans. C'en était tellement… écoeurant. Et Draco, qui était pourtant le plus doué de toute la classe - il surpassait même l'insupportable Miss Je-Sais-Tout - avait du mal à accepter de se voir voler des compliments qu'il méritait bien plus que son rival.
Elle se retourna vivement vers sa paillasse lorsque l'enseignant se dirigea vers eux, avec ce sourire qu'il arborait tout le temps, les mains négligemment posées sur son énorme ventre.
« Monsieur Zabini » susurra l'homme en se penchant légèrement vers leur chaudron pour admirer leur oeuvre. « Cette potion me semble tout à fait prometteuse... »
« Celle de Malfoy est mieux réussie, Professeur » répliqua Blaise, non sans une pointe de défi dans son ton poli.
L'homme observa le chaudron de Draco, étonné. Il hocha lentement la tête.
« Et bien » s'exclama-t-il soudain. « Il me semble que je vous ai sous-estimé, Monsieur Malfoy. »
Pansy aperçut très clairement l'expression de dégoût certain que Draco dissimula habilement derrière une fausse innocence.
« Cela ne fait rien, Professeur » assura le blond, mais sa meilleure amie entendit parfaitement la note dédaigneuse dans sa voix.
Slughorn, lui, ne remarqua rien d'étrange. Il se tourna de nouveau vers Blaise.
« Tenez, mon enfant » lança-t-il joyeusement en lui tendant une enveloppe. Elle, à son plus grand mécontentement, ne reçut même pas un regard. « J'organise une petite soirée pour Noël, la veille des vacances. Rien de très impressionnants. Quelques amis du Ministère seront présents. Peut-être une ou deux stars montantes de la communauté, quelques joueurs de Quidditch… Vous êtes invités. Une bonne tenue et une bonne compagnie ne seraient pas malvenus. »
Pansy se renfrogna. Dumbledore n'avait probablement pas confirmé l'organisation d'un bal pour le soir du réveillon, mais Slughorn, lui, en avait bel et bien prévu un. Sur invitations très sélectives. Tous les membres de son club, assurément, et quelques élèves qui pourraient s'avérer intéressants dans une moindre mesure. Pas elle, bien sûr. Elle n'était ni riche, ni vraiment douée pour quoi que ce soit - sauf pour colporter des ragots, ce qui ne semblait pas attirer le Professeur. Blaise, en revanche, avait une mère célèbre. Et, malheureusement pour Draco, la Maison Malfoy avait légèrement perdu de son prestige depuis que Lucius avait été envoyé à Azkaban, même si son meilleur ami restait le plus respecté des Sang-Purs de leur génération. Slughorn ne semblait pas considérer le blond comme quelqu'un de suffisamment intéressant pour faire parti des rares privilégiés qui méritaient son attention.
Vexée malgré elle - Slughorn n'était rien, juste un balourd, et elle n'avait que faire de son avis - elle releva légèrement le menton dans une posture digne, tandis que le Professeur continuait sa tournée, n'accordant son attention qu'à quelques privilégiés. A côté d'elle, Blaise ne cacha pas son sourire moqueur.
« Si tu prononces le moindre mot, je te brise la partie de ton corps à laquelle tu tiens le plus » le menaça-t-elle sans détour.
« Dommage, je comptais te proposer d'être ma cavalière » sourit son meilleur ami avec arrogance.
Pansy n'y croyait pas une seule seconde. Blaise profiterait de la première occasion pour inviter Daphné. Il n'avait jamais eu l'intention de le lui demander à elle. De toute façon, elle ne voulait pas se rendre à cette soirée. Et puis quoi, encore ? Soit elle était invitée par le professeur lui-même, soit elle n'y allait pas. Elle n'allait surement pas ramper à ses pieds pour attirer son attention.
Derrière elle, Draco rangea ses affaires avec colère, ses yeux déviant fréquemment vers le coin où Potter et sa clique de Gryffondors discutaient discrètement. Elle suivit son regard et se renfrogna quand elle aperçut l'enveloppe - la même que celle que Blaise tenait toujours dans ses mains - que Granger fit glisser dans son sac avec un mépris évident.
Par Morgane ! Cette sale petite Miss Je-Sais-Tout était invitée personnellement, et pas elle ?
Le monde ne tournait plus rond !
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Ginny se laissa tomber sur le banc, entre Harry et Dean, tout en souriant de toutes ses dents à ce dernier. Rien n'était encore fait, mais elle espérait bien concrétiser les choses avec le jeune homme. Dean Thomas n'était certainement pas l'homme dont elle était tombée amoureuse mais… Il était gentil, ne la regardait pas comme si elle avait toujours onze ans, et, pour être totalement honnête avec elle-même, il était assez séduisant. Certes, elle préférait la maladresse chronique d'un certain autre cinquième année à l'assurance intimidante de Dean, mais… Dean était intelligent, amusant et sûr de lui. Il ne serait probablement pas l'amour de sa vie, mais elle pouvait accepter de passer un peu de temps avec lui. Et si, par la même occasion, elle pouvait faire enrager un peu son frère… Cette histoire ne pourrait que lui faire du bien.
Sans compter qu'avec un peu de chance, elle pourrait peut-être finir par oublier son obsession pour un certain brun à lunettes dont le front était barré d'une cicatrice en forme d'éclair.
Ou bien, comme l'avait légèrement sous-entendu Hermione, elle pourrait le rendre jaloux. Peut-être qu'ainsi, il finirait par se rendre compte qu'elle n'avait plus onze ans, que ses soutien-gorge n'étaient pas rembourrés, et qu'elle était parfaitement en âge de...
« Vous ne devinerez jamais ce que Slughorn est venu m'apporter, tout à l'heure » lança-t-elle à la cantonade, sans se rendre compte de l'ambiance tendue qui régnait à la table des Gryffondor.
« Non ! Pas toi aussi ! » s'exclama son frère, assis en juste en face d'elle, en relevant vivement la tête de son bol de soupe dans lequel il était plongé quelques secondes plus tôt. Il la fusilla du regard, aussi simplement que ça. Et Ginny fronça les sourcils.
« Quoi ? Comment ça "moi aussi" ? » demanda-t-elle en se tournant vers Harry et Hermione, qui faisaient tout sauf regarder dans leur direction.
« Il t'a invité à sa stupide soirée, c'est ça, hein ? » ragea Ron en laissant tomber - pour ne pas dire "en jetant" - sa cuillère dans son bol, éclaboussant Hermione et Seamus de soupe à la tomate. « J'arrive pas à y croire ! Déjà, que tu fasses parti de son stupide club, c'est… Comment tu as fait pour qu'il te remarque, hein ? Et maintenant, il t'invite à sa stupide soirée ? C'est n'importe quoi... »
« Je te demande pardon ? » siffla-t-elle, outrée.
La partie rationnelle de son cerveau comprenait parfaitement la réaction de son frère. Ron, bien qu'il ne soit pas très ambitieux, étaient d'une nature assez… jalouse. Elle l'aimait. Plus que tout. Il était et resterait toujours son frère, après tout... Mais elle n'était pas aveugle. Ron était jaloux. Il l'avait toujours été. De Bill, parce qu'en tant qu'ainé, il récoltait tous les regards admiratifs de la famille, même des parents. De Charlie, parce qu'il avait toujours eu un certain talent pour faire des bêtises sans jamais se faire prendre et qu'il était parti vivre en Roumanie où il travaillait avec des dragons. De Percy, qui avait toujours été le plus intelligent d'eux tous. Des jumeaux, pour leur complicité évidente et naturelle. Et d'elle, parce qu'elle était la seule fille, ce qui lui accordait immédiatement une attention qu'aucun de ses frères n'avaient jamais obtenue. Puis, plus tard, une fois à Poudlard, il avait été jaloux d'Harry, pour sa célébrité - bien qu'il ait, apparemment, fini par comprendre que les responsabilités et les gros dangers allaient de paires avec les regards admiratifs, voir craintifs, et les murmures de couloirs. Maintenant, il était probablement jaloux de toutes les personnes faisant parti du "Club de Slug" - même Hermione, la seule qui, jusqu'à présent, n'avait pas encore eu l'occasion d'être victime de la jalousie maladive de Ron.
Ginny pouvait parfaitement comprendre. Elle pouvait accepter le fait que son frère soit un idiot invétéré. Mais de là à ce qu'il s'acharne sur elle, en public, et sous-entende qu'elle ne méritait pas l'attention du Professeur… C'était une humiliation qu'elle ne pouvait pas accepter.
Sentant la colère en elle, Harry posa une main douce sur son avant-bras pour tenter de l'apaiser. Ça ne fit que l'énerver davantage. De quel droit se permettait-il de se mêler d'une affaire familiale alors qu'il n'était pas foutu de faire attention à elle quand elle ne se disputait pas avec son frère ou ne faisait pas des prouesses sur le terrain de Quidditch ?!
« Je ne te permets pas, Ronald Bilius Weasley » cracha-t-elle en se levant d'un geste brusque. La main d'Harry retomba mollement sur la table. « Le Professeur Slughorn a su voir que je n'étais plus une gamine et que j'étais assez douée avec une baguette magique, chose que je me ferais un plaisir de te rappeler si jamais tu oses en douter encore une seule fois. Je n'y peux rien, moi, si tu n'es pas foutu de faire quoi que ce soit avec tes dix doigts. »
Sur cette réplique qui, à son grand soulagement, laissa un blanc à leur table et fit apparaître une expression de choc - mêlé d'humiliation et de colère, mais elle ne voulait pas s'attarder là-dessus - sur les traits de son frère, elle quitta la Grande Salle sans un regard en arrière, le menton haut et le regard fier.
Toute à sa fureur, elle n'entendit ni les appels, ni les pas pressés derrière elle. Avant qu'elle n'ait pu s'en rendre compte, quelqu'un tirait sur son bras pour la faire s'arrêter. Elle se retourna d'un mouvement vif, sa baguette pointée droit devant elle, prête à riposter en cas d'attaque, et fut infiniment soulagée de faire face à Dean. Le jeune homme ne parut pas se soucier du fait qu'elle le menaçait toujours de sa baguette magique. Il lui souriait avec une admiration qui lui fit chaud au coeur.
« Je n'ai jamais pensé que tu étais une gamine » souffla le Gryffondor, avec une telle sincérité qu'elle en resta muette quelques secondes.
Ce fut suffisant pour qu'il se penche lentement vers elle et dépose un tendre baiser sur ses lèvres. Un baiser aussi léger qu'une plume. Un baiser d'une douceur hésitante. Un baiser trop court, mais qui eut largement le temps de lui faire oublier son nom, son âge, l'endroit où elle se trouvait et la guerre qui faisait rage au dehors.
Un baiser qui, bien qu'elle s'empressa de le renouveler avec plus de passion que nécessaire, ne lui fit malheureusement pas oublier qu'elle aurait tout donné pour que ce soit d'autres lèvres contre les siennes.
Elle se pressa davantage contre le corps musclé de Dean.
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Théo observa la jeune Weasley quitter la Grande Salle en furie, puis cet idiot de Dean Thomas se lever semblant de rien pour partir à sa poursuite. Si le Gryffondor se pensait discret, il avait faux sur toute la ligne. Mais les lions étaient aveugles, et personne ne sembla remarquer la disparition soudaine du sixième année.
Tout au moins, personne parmis les lions.
A une autre table que celles des Gryffondors, et que la sienne évidemment, une jeune fille fronça légèrement les sourcils en observant les deux lions quitter la salle. Théo observa la Serdaigle avec un intérêt correctement dissimulé derrière son éternelle expression ennuyée. Luna Lovegood haussa les épaules en un geste faussement nonchalant et se leva à son tour.
Le Serpentard aurait bien quitté la Grande Salle lui aussi. Ne serait-ce que pour, enfin, accomplir ce que Dean Thomas devait être occupé à concrétiser avec sa lionne. Merlin ce qu'il aurait donné pour trouver le courage d'aborder la Serdaigle…
Cependant, les postures froides et dédaigneuses autour de lui le dissuadèrent d'agir comme un hippogriffe - ou comme un lion, en l'occurrence - et il resta sagement assis sur son banc, reportant son attention détachée à la conversation en cours.
« Chez les Poufsouffles, les seules personnes que nous connaissons qui resteront à Poudlard sont Abbot, Bones et Macmillan » expliquait Pansy, de son air de commère. « Chez les Serdaigles, Boot, Turpin et Lovegood. Chez les Gryffondor, évidemment, presque toute la clique. Potter, Granger, les deux Weasley, Thomas, Finnigan, Brown, les Crivey, McLaggen et Bell. Sans compter les quelques dizaines d'élèves par maison que nous ne connaissons pas et qui n'ont aucune importance. »
Autour d'eux, les mines se renfrognaient. Trop de Gryffondors. Beaucoup trop…
« Et chez nous ? » demanda Daphné avec appréhension.
Les mots que personne n'osait prononcer semblaient flotter dans l'air autour d'eux. Ils seraient en sous nombre.
« Nous sommes moins nombreux » annonça tristement la brune. « Draco, Blaise, Daphnée, Astoria, Théo, Grégory et Louise, Malcolm, et moi, plus - là aussi - une dizaine d'élèves plus jeunes et sans importance. »
« Pourquoi presque tous les sixièmes années restent alors que les autres s'en vont ? » demanda subitement Théo, s'attirant l'attention surprise de ses condisciples.
Il prenait rarement la parole, ce qui provoquait toujours une étrange stupeur. Comme s'ils avaient tendance à penser qu'il était muet. En réalité, Théo ne se sentait pas vraiment à sa place parmis les serpents. Il aurait préféré être envoyé chez les Serdaigles. Il aimait ses camarades de Maison, mais… il n'était pas fier, pas arrogant, pas vraiment ambitieux… En revanche, il était plutôt intelligent, adorait étudier et ne cessait de vouloir s'enivrer de nouvelles connaissances.
Le seul trait de caractère qui le rattachait à la Maison Serpentard, c'était sa sournoiserie. Théo était… vicieux. Pas dans le sens pervers, loin de là. Mais dans celui, roublard, de ceux qui sont prêt aux pires bassesses pour obtenir ce qu'ils veulent. Théo ne voulait pas grand chose. Mais lorsqu'il avait une idée dans la tête…
Alors pourquoi, par Morgane, n'avait-il toujours pas obtenue la jeune Serdaigle qu'il convoitait depuis si longtemps ?
Enfin. Intelligent, il l'était. Perspicace aussi. Et c'était l'une des raisons pour lesquelles il prenait rarement la parole. Parce qu'il ne voulait pas que ses amis le rejettent pour le simple fait d'être un Monsieur Je-Sais-Tout - il voyait parfaitement comment tout le monde se comportait avec Granger, et il ne tenait pas particulièrement à tenter l'expérience. Mais quand il se mettait à parler… C'était toujours pour dire quelque chose d'intéressant. Il visait juste. Toujours. Parce qu'il réfléchissait avant de parler, et parce qu'il ne parlait jamais pour dire n'importe quoi.
« Ça, mon pote, c'est une bonne question » soupira Blaise, accompagnant sa déclaration d'une lourde tape dans le dos qui manqua lui faire cracher l'un de ses poumons.
Une bonne question, peut-être, mais personne ne semblait avoir de réponses intéressantes à fournir.
« C'est parce que nous sommes de la même promotion que Potter » répliqua Draco au bout d'un long silence. « Qu'on le veuille ou non… On est tous concernés. »
Aucun d'entre eux ne commenta cette déclaration. Ils étaient tous bien trop conscients de la véracité de ces propos. Cela ne les enchantait pas mais… Draco avait raison, comme souvent. Ils avaient le même âge que Potter. Ils avaient grandis ensemble. Que cela leur plaise ou non, ils étaient concernés. Parce qu'ils savaient tous au plus profonds d'eux qu'ils auraient un rôle à jouer dans cette guerre. Draco, Blaise, Pansy, Daphné et lui… Et même ces deux gros balourds de Crabbe et Goyle...
Ils auraient tous un rôle à jouer.
« Vous croyez que Dumbledore prépare vraiment quelque chose ? » demanda soudain Astoria.
Ils échangèrent des regards mi-inquiets, mi-sceptiques. Ce serait étonnant. Et ça ne sentirait pas bon du tout...
Note d'Auteur : Et voilà pour aujourd'hui ! J'espère que ce chapitre vous a plu et aura attisé un peu plus votre curiosité !
Demain, Dumbledore fait des siennes ! Il y aura des machinations, des chocs, d'autres révélations et... Et je crois que c'est déjà pas mal !
Promis, demain, j'essaierai de poster un peu plus tôt !
Dabisous !
Yumi Kate.
