ET SI ...

CHAPITRE 3

Harry était inconscient, noyé par les larmes que versait un Hagrid effondré. Le rire fou de Bellatrix lui parvenait aux oreilles lui indiquant paradoxalement qu'il faisait toujours parti de ce monde. Voldemort ordonna à un de ces esclaves d'aller vérifier que son ennemi soit bel et bien mort. Un souffle, une mèche de cheveux l'effleura, ainsi qu'une subtile note parfumée. Une femme aux cheveux longs analysa t-il, tandis que des cheveux longs lui caressaient le visage. Bellatrix ? Non impossible, ceux-ci sont doux, fins, ils m'effleurent comme une caresse. Son cerveau en fidèle traducteur lui envoya l'information sous la forme d'une très lointaine image qu'il avait d'une femme. « Narcissa », la mère de Drago Malfoy.

- Il est bien mort, Maître, dit-elle d'une voix douce et calme. Elle posa une dernière fois sa main contre ses côtes. Cette sensation lui fit un bien étrange.

Des cris de bêtes fusèrent de tous les côtés, les pleurs d'Hagrid furent noyés devant cette explosion de joie. Bellatrix se détacha de son maître. Harry ne sut jamais que celui-ci avait également souffert lorsqu'il avait envoyé son sort.

Tel un trophée, Harry fut soulevé par les bras puissants mais tremblants de son ami le demi-géant Hagrid. La troupe se mit en route. Harry à présent recouvrait lentement la totalité de ses sens. Son odorat sentait ci et là les effluves des différentes essences végétales savamment entretenue par le garde-chasse. Son audition tentait de voler des bribes de conversation mais cet effort fut vain. La joie était retombée et une atmosphère tendue lui avait succédée. Enfin ses paupières laissèrent passer un filet de lumière. C'était l'aube qui se levait, indifférente à l'histoire dramatique qui venait de se jouer.

Enfin Hagrid s'arrêta sur un ordre lancé par Voldemort lui-même. Le mage noir, conquérant, était parvenu au centre de la cour centrale. Majestueux il faisait le tour de sa cour personnelle. D'un geste autoritaire il fit signe à son prisonnier de s'avancer et de poser la dépouille de l'élu à ses pieds, pour que tout le camp adverse constate que lui, Voldemort avait gagné la bataille en mettant hors d'état de nuire son ennemi juré. La potion de Severus achevait à présent de s'estomper et le cœur d'Harry s'était remis à battre fortement. Il tentât par sa volonté de lui imprimer moins de fougue, mais le stress était à présent à son comble. Il entendit Voldemort apostropher Neuville Londubat, puis ensuite le tourner en ridicule. Des rires moqueurs jaillissaient tout proche puis soudain le silence fut totale. Des cris de joie jaillirent alors de côté adverse et des éclairs strièrent à nouveau le ciel grisâtre en ce deuxième jour du mois de mai 1998. Harry profita de cette confusion pour ouvrir les yeux. Plus personne ne faisait attention à lui et il sortit la cape d'invisibilité pour s'en recouvrir. Hagrid encore sous le choc vit alors que l'élève qui avait été son ami, dans lequel il avait fondé tous ses espoirs, avait disparu, ses grosses mains ne rencontrant que les pavés. Voldemort s'était quant à lui lourdement trompé en croyant que tout le monde allait le suivre. Harry s'était sacrifié pour eux, pour tous ses amis, c'est ce qu'ils comprirent et cela décupla leur volonté d'en découdre. Du haut de son bureau, Rogue serrait les poings, en rage de ne pouvoir combattre aux côtés du camp qu'il avait choisi, après des années d'égarement. Il y eut un subtil mouvement dans la galerie de tableaux mais Severus ne l'entendit pas son attention toute entière accaparée par ce qui se jouait sous ses pieds.

Harry envoyait ses sorts informulés à droite, gauche, à tous ses amis en difficultés. Son cœur se glaça lorsqu'il vit Molly Weasley affronter Bellatrix. La sorcière au regard fou, sautait avec agilité, évitant les sorts destructeurs avec aisance. Le sol devint brûlant sous leurs pieds. Voldemort quant à lui affrontait trois professeurs mais qui parurent aux yeux du jeune sorcier bien moins puissants. Il aurait voulu intervenir mais c'était trop risqué. Le souffle de la victoire soufflait sur aucun des combattants puis il se décida. Molly profita d'un instant d'inattention de la Serpentarde pour lui envoyer son sort mortel qui la propulsa derrière le voile des Ténèbres, figeant son regard fou pour l'éternité dans tous les esprits présents. Voldemort laissa alors exploser sa colère, sa fureur d'avoir perdu son fidèle lieutenant à cause de cette sympathisante des moldues. Il lui envoya à son tour un sort qui aurait pû la tuer mais Harry envoya un contre-sort qui le fit dévier de sa trajectoire. Voldemort hurla alors et envoya ses trois adversaires au tapis, d'un seul mouvement de sa baguette.

- QUI A OSÉ FAIRE ÇA ? QUI ? il regardait dans la direction de son sort qui était allé s'écraser contre un mur, le faisant éclater.

- Moi fit doucement Harry se dévoilant. La foule le scrutait à présent craintive. Voilà qui était de la plus belle magie ! un mort qui se relève on ne peut plus vivant. Des murmures ébahis parcouraient l'assistance. Harry vint se placer, habité par une confiance incroyable, face à son ennemi.

Voldemort s'adapta très vite. Il fit taire en lui un flot de questions gênantes. C'était incompréhensible. Il l'avait vu s'effondrer après son Avada Kedavra. Narcissa Malfoy avait vérifié. Lui aurait-elle menti ? Non, elle est comme les autres, ils me craignent tous. Harry veillait à rester sur ses gardes, la baguette de Malfoy pointée sur le sol de dalles en pierre. Il enjoignit alors son adversaire à se repentir. Il voulait lui dire que son âme souffrirait pour l'éternité mais Voldemort ne l'écouta pas. Harry parla alors de la baguette.

- Je l'ai prise à Dumbledore lui-même, il est bel et bien mort, lui ! Mais ce n'est qu'une question de temps, tu vas bientôt le rejoindre dans les ténèbres.

- Dumbledore n'en était plus le maître, même si elle a été enterrée avec lui.

- Que dis-tu ?

- Je dis que Dumbledore n'en était pas le maître lorsqu'il est mort, et l'homme que vous avez tenté de tuer ne l'était pas non plus.

- Il a tué ton Maître cracha l'autre.

Harry balança sa tête tout en fixant son ennemi, sa baguette pointée vers le sol. Il marchait autour d'un cercle au traçage invisible, en pas chassés, face à Voldemort qui faisait de même.

- Ollivander vous a pourtant dit une chose très importante ... dit Harry, doucement.

il leva ses sourcils bruns, par dessus sa monture de lunettes. Sa cicatrice n'apparaissait plus sur son front. Il arrêta de marcher.

- C'est la baguette qui choisit son sorcier, termina t-il sûr de lui.

- Je le sais, tu crois quoi ? Que je suis un apprenti en sorcellerie ?

- Tom Jédusor (Voldemort laissa échapper un tremblement excédé de la main qui tenait l'arme suprême des sorciers).

- Tu oses ?

- Oui rétorqua Harry, j'ose. Il lui sourit, espiègle. L'assistance se taisait, le silence était assourdissant. Je veux dire, que ce n'est pas forcément l'assassin qui en devient le maître, mais celui qui a désarmer le porteur.

- Je ne vois pas où tu veux en venir Potter.

- Ce n'est pas Rogue qui a désarmé Dumbledore.

Harry lui fit son plus beau sourire triomphant. Voldemort à présent l'écoutait avec une attention des plus extrême. C'est ... vous ne voulez pas deviner ? L'autre dont les yeux n'étaient plus que deux fentes le fixait comme un papillon attiré par la flamme d'une bougie. C'est Drago Malfoy lâcha t-il. Il serra encore plus fortement la baguette qu'il avait subtilisé au serpentard.

Drago aux côtés de ses parents mit sa main devant sa bouche, blanc comme un linge. S'en serait fini de lui si Voldemort n'était pas vaincu. Il se tourna vers Narcissa toute entière tournée vers les combattants. Son regard était en particulier tourné vers Harry. La main fine posée sur l'épaule de son fils devient lourde et contractée.

- Peu importe mais je dois te remercier Potter pour ta confidence ... gronda l'autre menaçant.

- Je vous attendais là aussi bien sûr. Il secoua la tête comme un professeur faisant face à un irrécupérable imbécile. Je suis, hélas ..., intervenu bien malgré moi dans ce jeu. Il s'arrêta de marcher. J'ai moi-même désarmé Drago Malfoy ... et il montra la baguette qu'il tenait entre ses doigts. Je suis donc le maître de la baguette que vous tenez.

L'autre ne répliqua pas, mais Harry malgré qu'il ne partageait plus les pensées du sorcier le plus maléfique que le monde de la magie eut connu, su que le combat allait commencer, maintenant.

Les deux baguettes se firent face en une fraction de seconde, Lord Voldemort envoya de toutes ses forces le sort de mort, et Harry son sort préféré : Expelliarmus, (qu'il avait appris de la bouche même de Severus lors de sa deuxième année dans l'école). La baguette de Sureau ne voulut pas atteindre celui qui la gouvernait et dévia le sort sur son propre porteur. Le sort d'Harry désarma Voldemort et c'est en tournoyant dans l'espace – comme la tête de Nagini – que celui-ci reçu son propre sort, pour la deuxième fois dans sa vie. La baguette de Sureau de par sa puissance ne lui laissa aucune chance de survie. La reine des baguettes rejoignit la main de son véritable Maître tandis que Voldemort tombait droit comme une colonne de marbre, sur le dallage de la grande salle de Poudlard. Des cris de joies éclatèrent instantanément. Harry fut embrassé, soulevé, caressé tel un Dieu tombé des cieux. Il ne s'appartenait plus. La foule le voulait pour lui exprimait toute sa reconnaissance.

Enfin la liesse se calma. Harry en profita pour s'éclipser et retrouver Severus. Ron et Hermione l'accompagnèrent, comme par le passé, même si l'idée de voir Rogue ne les enchantaient pas plus que ça.

- Ne craignez rien pour Severus, ce n'est plus le même homme que par le passé.

- Humm ... qu'est-ce qui t'arrive ? Par le passé tu le détestais. Une ombre de remord traversa le visage d'Harry qui baissa la tête, soudain envahit par la honte.

- Je me suis trompé. Énormément trompé ! Cet homme ... il balaya l'air devant lui comme s'il était empoisonné. Il était du côté de Dumbledore mais son rôle était une sorte d'agent double. Hermione et Ron ouvrirent la bouche de saisissement.

- Je vous expliquerai ... plus tard.

Ron et Hermione hochèrent gravement la tête.

Severus avait regagné son bureau, derrière lui Dumbledore montrait un visage ému. Des larmes de joie et un sourire extatique s'étaient imprimés sur la toile.

Harry fit face avec une toute neuve humilité, à un Severus qui le regardait l'air grave et envieux à la fois. La bourse qu'Harry portait autour de son cou, qui contenait la baguette brisée lors du combat mené contre Nagini dans la demeure de Bathilda Tourdesac fut vidée sur la surface du bureau. Harry fit tourner sa baguette entre ses doigts. Et si ? Dumbledore comme tous les autres directeurs et directrices de Poudlard depuis la naissance de l'école dans leurs tableaux regardaient Harry. Cette attention le mettait mal à l'aise. Il prit cependant la baguette de Sureau. Ron s'approcha doucement. Lui aussi avait cet air de gourmandise lorsqu'il frôlait de son regard, la baguette de Sureau.

- Tu veux la réparer ?

- Oh Harry pourquoi veux-tu la réparer ? ajouta Hermione d'une voix teintée d'envie et de respect. Tu as la baguette la plus puissante entre tes doigts. Ses yeux avaient l'éclat du désir pour ce bâton aux pouvoirs gigantesque. Harry sentit naître au fond de lui un sentiment s'apparentant à du dégoût. C'est là que réside le pouvoir de cette baguette, elle inspire l'envie, le pouvoir, le désir de dominer l'autre. Même mes amis sont ensorcelés lorsqu'elle est devant leurs yeux. Il soupira et fixa volontairement les yeux noirs de son maître, interrogateurs.

- Reparo. La baguette que même Ollivander n'aurait pu reconstituer, reprit sa forme et ses pouvoirs originels. Harry releva la tête, et vit l'expression des visages autour de lui. Leurs regards en disaient plus que tous les longs discours.

- Severus fit Harry d'une voix douce mais ferme, prenez-là et faîtes-en ce que vous voulez. Il la lui tendit. Severus la prit avec une drôle d'expression, une grimace déforma son visage déjà spécial. Cette baguette qui attirait la convoitise et la mort depuis des siècles devait disparaître, mais elle avait tant à montrer, toute cette puissance, c'était du gâchis !. Dans les yeux de Dumbledore brillaient une drôle de lumière, bientôt celle-ci quitta les yeux bleus du sorcier pour couler tout doucement. Il hocha la tête avec respect. Il sut ce qu'Harry avait en tête et c'était la meilleure solution.

- Harry ? Que ... Severus tenait respectueusement la baguette. Jusqu'à il y a encore quelques heures, il ignorait jusqu'à son existence. Bien sûr il avait entendu, connaissait le conte des trois frères, mais Il avait prit cette histoire pour une blague, un conte pour enfant ! Comme beaucoup de sorciers terre à terre. À présent lui aussi l'examinait avec la plus grande attention. Harry se reprit-il, que veux-tu que ... j'en fasse ? Je n'en suis pas le maître.

- Exact Severus. Le fait que vous ayez tué Dumbledore n'a pas fait de vous le maître de la baguette. C'est Drago lorsqu'il vous a désarmé Dumbledore, que ce dernier l'est devenu ... puis moi-même dans le Manoir des Malfoy. Le vieux portrait hocha la tête.

- Harry tu mérites d'être le porteur de cette baguette, elle est à toi. Severus le regardait avec un respect qui parut tout neuf à Ron et à Hermione.

- Non Severus. Harry lui sourit.

- Severus se reprit-il, mettez-là je vous en prie, dans un endroit où personne ne puisse la retrouver. Lorsque je mourrai – il le fixa avec intensité – lorsque je mourrai son pouvoir s'en ira avec ma vie, ainsi elle ne nuira plus jamais.

- Mais ... Harry avec cette baguette ton pouvoir sera ... inégalé !

- La belle affaire fit l'autre en souriant, je serais surtout la prochaine cible à abattre ! Toute l'assistance sait que je suis le maître de la baguette. Il se passa la main dans ses cheveux noirs de Jai. J'en ai eu mon compte je crois des aventures, des jeux de vie ou de mort avec ma vie ... je veux me reposer, mener une vie calme ... Severus, je vous en prie, faîtes ce que je vous ai demandé !

- Ôh Harry intervint alors Dumbledore, quel sorcier magnifique tu es devenu ! Il essuya une larme qui avait laissé sa trace sur sa joue ridée. Je n'ai jamais eu ce courage ... ça a failli conduire ce monde à sa perte ... Le pouvoir exerce une telle attraction !

- Merci Dumbledore.

Severus ouvrit un coffre à fonds multiples et y mit la baguette. Il le referma en murmurant des formules dont la signification exacte étaient depuis longtemps oubliées. Harry le fixait, satisfait.

- Voilà qui est fait Potter.

- Pas tout à fait. Hermione ? Celle-ci s'approcha. Hermione je voudrais que tu fasses le serment inviolable entre moi et Severus. Severus ? êtes-vous d'accord ?

- Humm pourquoi ?

- Ce serment est le contrat qui établit qu'à aucun moment vous n'ouvrirez et révèlerez où se trouve la baguette.

Severus hocha la tête et les deux sorciers se mirent en position. Hermione de sa baguette tout en parlant, nouait un lien invisible mais d'une grande puissance.

- Merci Dumbledore. Il se mordit la lèvre. Je vous dois tellement ajouta t-il dans un souffle mais maintenant je sais que je dois aussi énormément à quelqu'un d'autre. Il revint au visage de Severus. Il était disgracieux, pleins de défauts esthétiques, mais il aimait ce visage à présent, comme jamais il aurait cru l'aimer. Il inspira et d'une voix moins contrôlée qu'il l'aurait voulu, dit. je vous dois tellement Severus ... tellement ! J'aurais ... je me rends compte que j'aurais voulu être votre fils, plutôt que celui de James Potter. La colère donnait une couleur brillante aux yeux qui ressemblaient traits pour traits à ceux de Lily celle qu'il avait toujours aimé. Severus était comme hypnotisé au regard d'Harry. Je regrette tellement que ma mère ne vous ait pas choisi ! Elle a préféré ce ... ce ... ce play-boy monstrueux ! Il serra les poings, ses jointures blanchirent. Severus lui pâlissait. Harry parlait à présent tout doucement. Si j'avais un retourneur de temps j'irai dans le passé changer la donne.

- Harry, non ... je ne veux pas que tu le haïsses comme tu es entrain de le faire, ton père était un bon sorcier malgré tout et tu as hérité de ses qualités ! . J'ai ... c'est moi ! Je n'ai pas choisi la bonne maison. Il lui sourit penaud. J'ai fait enrager ton père en étant toujours sur les traces de celle ... prudemment il ne termina pas sa phrase. Bref c'est du passé. Il fit mine de replacer un document déjà parfaitement à sa place.

Harry avait détourné son regard sur la fenêtre. Pétunia, Lily, faisaient comme une ronde dans son esprit. Il avait raté quelque chose ? il repensa aux évènements indubitables. La lettre que Pétunia avait envoyé et qui avait été dénigré par Severus. Cette lettre, sa tante avait dit à ses parents que c'était pour être avec sa sœur à Poudlard, mais ... Il y a quelque chose qui cloche là-dedans ...Harry était plongé dans ses pensées, jouant avec elles comme si elles constituaient les face d'un rubick-cube. Cette lettre n'avait pas été écrite pour être réunie avec sa sœur ! Mais avec Severus ! Cette idée le séduisit. Évidemment ! Elle les espionnait, elle a tout appris de Poudlard en écoutant leurs conversations ... Il se tourna vers Severus qui s'était assis et faisait face à Ron et Hermione. Personne ne parlait, le silence à présent s'était abattu sur le petit groupe fatigué de sa nuit blanche.

- Ron, Hermione, je vous retrouve en bas, je dois dire une dernière chose confidentielle à Severus.

- Comme tu voudras ... Hermione prit la main de Ron et ils se dirigèrent vers la porte.

- Attends ! Ron se tourna vers Harry. Tu peux m'envoyer ton Elfe de Maison ?

- Hein ?

- Kreatur !

- Pour ?

- J'avoue que j'ai un petit creux ... Hermione leva les yeux au plafond.

Kréatur arriva pour prendre la commande et se revolatiliser. Quelques minutes après il revint avec les bras chargés de sandwiches.

- Merci Harry ! Ils se servirent puis quittèrent les lieux.

Ce dernier s'assit sur le fauteuil qui l'avait souvent accueilli durant ses six années à Poudlard. Le fait que Rogue soit derrière ce bureau lui fit un effet bizarre.

- Severus ... je pense qu'il faut que je vous fasse part d'une sorte de ... révélation que je viens d'avoir.

- Faîtes attention Potter, je vais vous inscrire d'office aux cours de divination de Trelawney pour l'année à venir ... ironisa Severus qui s'était plongé dans une procédure administrative de longue haleine.

- Tsss ... vous vous souvenez de ma tante ?

Severus leva la tête surpris.

- Pourquoi cette question ?

- Parce que ... vous vous rappelez de cette lettre qu'elle avait envoyé à Poudlard ?

- Pour être avec sa sœur répondit froidement Severus qui venait de retrouver son regard perçant. À quoi voulez-vous en venir ?

Dans son tableau Dumbledore s'était figé. Pas pour longtemps car il fit un geste à Harry signifiant un « non, non, chut ... il ne doit pas savoir ». Harry faillit rire. Severus leva à son tour son nez vers le tableau qui se refigea comme s'il venait de recevoir un « stupéfix ».

- Je veux en venir que ... je ne pense pas que c'était pour être avec sa sœur. Il la revoyait, avec Vernon à ses côtés dans cette maison battue par les vents lors de son onzième anniversaire, (le seul qu'il eu fêté en leur compagnie, si on peut appeler ça « fêter ») Hagrid qui prenait toute la place dans la pièce minuscule. Sa rancœur, sa colère, n'avait de sens que si elle avait été amoureuse de Severus pour en parler avec autant de mépris. Il s'était tût mais le visage de son professeur de potion s'était fermé comme un bénitier.

- Et ? Avec sa sœur ou pas, Potter je ne vois pas où vous voulez en venir. J'ai des papiers à faire ! une école à reconstruire ...

- Je pense que c'était pour être avec vous lâcha Harry d'une voix à peine audible.

- Potter vos hormones vous jouent des tours se moqua alors Severus. Pétunia amoureuse de moi, vous vous payez ma tête ? Et si c'est le cas je ne goûte pas le même humour.

- Nooooon ... mais ce que je viens de dire est ... logique.

- Non ce n'est pas logique. De toute façon même si c'était le cas, mon cœur est ... il n'appartient qu'à une seule femme et elle est morte de la main même de ... il agita sa main comme s'il cherchait ses mots. Voldemort, là. Maintenant Potter laissez-moi. Allez dormir, les journées à venir vont être très fatigantes, pour vous et pour moi et pour tout le monde d'ailleurs.

- Comme vous voudrez.

Severus replongea dans ses documents et ne vit pas le sourire espiègle sur le visage d'Harry tandis qu'il regagnait la tour Gryffondor, tout du moins ce qu'il en restait. Il paraphait la lettre demandant de l'aide au Ministère, lorsqu'il repensa aux paroles du jeune sorcier. Pétunia Evans, que Merlin m'en préserve ! cette petite fouineuse, arrogante, fière et insupportable ! Amoureuse de moi !? ah les jeunes ...

Dans son dos, Dumbledore dissimulait lui aussi un sourire malicieux. Le fou rire le guettant il décida de partir et de faire un tour dans ses succursales comme le Ministère, des sorciers comme les Weasley qui l'avaient toujours soutenu et d'autres que lui seul connaissait.