Dans le bureau le plus important du palais royal, la reine consultait un dossier, ainsi que de vieux livres. Certes populaire et aimée du peuple hylien, elle contrôlait les terres d'Hyrule d'une main de fer. Comme tous ses ancêtres, ses parents et grands-parents d'ailleurs, elle commandait de manière stricte et ferme avec prestance et force. Elle était la reine, pas un vulgaire statut symbolique où un premier ministre avait le pouvoir, non, c'était elle qui était doté du pouvoir, entourée de conseillers dont elle faisait mine de se servir.
Mais depuis peu de temps, un mois environ, elle était devenue plus nerveuse, plus agressive avec son entourage qu'avant. Observant de loin un instrument de musique d'un bleu profond enfermé sous une cloche de verre, elle saisit un téléphone et composa un numéro. Heureusement que les lignes étaient tout à fait sécurisées. Il lui fallut peu de temps pour avoir son interlocuteur attendu au bout du fil.
-Princesse Zelda, fit une voix cristalline, c'est rare de vous entendre à travers le téléphone rouge.
-Princesse Midona... vous avez sûrement entendu parler du vol de l'épée...
-Moui! Seulement d'après les journaux, je ne m'intéresse pas trop à l'affaire pour ma part.
-Vous devriez, répliqua vertement Zelda. Car je suspecte quelque chose, quelque chose qui pourrait remettre en question la paix d'Hyrule.
La gouvernante Twili mit du moment pour répondre, puis elle poussa un soupir de frayeur.
-Je viens de relire le journal de mon ancêtre dont je porte le nom. Elle avait seulement récupéré l'épée.
-Et le corps...? demanda Midona d'un ton presque apeuré.
-Il a disparu, on ne l'a jamais retrouvé. Mais … avec les évènements récents, je crains le pire, marmonna Zelda.
-… Je vois. Voulez-vous que je demande à un de mes agents sur place?
-Oui, juste au cas où. Mais j'ai demandé le transfert du voleur. Je veux obtenir toutes les informations qu'il a : il n'a pas volé cette épée par hasard.
Au bout de quelques minutes, elle raccrocha le téléphone. Bientôt, ses questions allaient trouver leurs réponses. Que ce soit volontairement ou de force.
Lorsque Zelda raccrocha, Midona ferma les yeux, encore troublée: les sombres remous du passé remontaient jusqu'au présent et cette histoire lui rappelait encore les mises en garde de ses parents et grands-parents, avant de mourir. L'histoire ne devait pas se répéter. En aucun cas. Puis, elle se mit à réfléchir sur lequel de ses agents pouvaient aller sur place pour venir en aide à Zelda. Elle avait bien quelques très bons agents, mais... des Twili fouineurs dans la Citadelle n'étaient jamais très discrets parmi la population, bien que cosmopolite.
Pendant de longs instants, elle réfléchit sur qui elle devait placer sa confiance, tournant comme un lion en cage dans son bureau qui dominait la capitale du Royaume Crépusculaire. Quelqu'un de simple à manipuler et à menacer en cas de problèmes, un agent discret qui suivrait ses ordres...
Elle sourit. Elle venait de trouver un choix parfait pour cette mission. Avec la police de la Citadelle sur l'affaire, la personne en question était aussi discrète et invisible qu'un chat noir dans la nuit. Elle finit par appeler un garde qui était posté non loin de là.
-Appelez ma sœur et amenez-la à mon bureau immédiatement.
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L'agent le plus proche de la reine l'avait contacté: Sheik, le tant redouté bras droit de l'autorité souveraine. Il en avait beaucoup entendu parler, surtout depuis le jour où il avait accédé au rang de préfet de police de la Citadelle. Il ne l'avait jamais vu, il avait juste échangé quelques appels avec lui. D'après les rares informations qu'il avait obtenu par les bruits de couloirs et autres rumeurs, c'était un Sheikah, membre d'une race aussi rare que la sienne, les Gérudos.
Sauf que contrairement aux siens, les Sheikah étaient depuis la création d'Hyrule même aux côtés de la famille royale. Et ironiquement, lui, en tant que préfet de police, bien que ce soit un important statut, devait subir le moindre ordre venant d'en haut, sans discuter. Ce genre de situation l'horripilait au plus haut point.
Seul dans son bureau au 21ème étage de la tour qui constituait le bâtiment le plus important de la police de la Citadelle, il avait décidé de rester encore un peu, pour quelques heures supplémentaires: il était certes le préfet, mais rien ne l'empêchait de travailler un peu plus que d'habitude. Le transfert allait s'effectuer le lendemain, et depuis, il n'avait pas revu Éléonore. Il fallait dire que parler avec quelqu'un qui semblait vous connaître sans même vous avoir rencontré auparavant l'avait en effet troublé, lui qui était alors toujours d'un tempérament prudent et calme. Il y pensait tout le temps, fait qui le déconcentrait aussi dans son travail. Mais rien à faire. Il y songeait sans cesse. Il grinça des dents et se leva rapidement de son bureau.
Ses questions, il ne voulait plus les laisser sans réponse.
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La nuit était plutôt fraîche ce soir-là d'ailleurs. Un vent soufflait ardemment et sans répits sur la Citadelle d'Hyrule. Les drapeaux du pays claquaient violemment quémandant la fin de ce supplice qui durait depuis plusieurs heures maintenant et les arbres sifflaient la douleur de leurs branches à être secouées ici et là.
Dans les ténèbres des rues, faiblement éclairées par les lueurs faibles des candélabres, une silhouette filait rapidement dans une course rapide, aérienne, tel un félin élancé dans une course gracieuse à travers la brise nocturne. Sifflotant un petit air enfantin, elle courait de direction dans un silence de mort, mais tellement apaisant à la fois, disparaissant totalement dans le noir de la nuit profonde, devenant l'ombre des ombres sombres sous le clair de Lune dégageait.
Elle ne voulait pas y aller tout de suite. Pourquoi lui obéir au doigt et à l'œil, alors qu'elle était si près de son but? De toute façon, elle avait dis qu'elle viendrait demain, comme le protocole de sa mission l'avait prévu. Il lui restait du temps, le temps de le voir, fait qui devenait de plus en plus rare.
Au bout d'une trentaine de minutes, elle arriva devant une maison: simple, sans originalité apparente, tout à fait normal. Elle sourit, voyant encore de la lumière et discrètement, elle crocheta sans faire de dégâts un volet pour entrer, et souleva la fenêtre pour entrer dans la salle à manger. Elle referma aussitôt le tout, tel un prédateur effaçant la moindre trace, le moindre indice ayant indiqué son passage. Il était temps...
Il était temps de manger quelque chose oui!
Et comme si elle n'avait pas mangé depuis plusieurs jours, elle se rua, comme toute gourmande qui se respecte, vers le frigo pour en sortir quelques victuailles méritées. Elle n'attendit pas et se jeta sur la nourriture tant attendue.
-Tu sais... Tu aurais pu sonner pour que je t'ouvre...
Elle sursauta et le vit: mais elle ne put s'empêcher de rire d'un air enfantin un peu nerveux, mais toute satisfaite de ce qu'elle avait fait.
-Je ne voulais pas te réveiller!
-Tu sais bien que je ne dors jamais totalement sur mes deux oreilles, répondit-il d'une voix encore embrumée par le sommeil.
-Allons, Link, ne me dis pas que tu n'es pas content de me voir!
Au contraire, le jeune homme la prit dans ses bras et la serra tendrement, tout en lui déposant un baiser sur le front. Son étreinte, tellement timide et passionnée à la fois, elle ne l'avait jamais oublié.
-Tu m'as... beaucoup manqué, avoua-t-elle d'une petite voix.
-Et moi donc... Mais... comment as-tu fais pour venir jusqu'ici...? Je pensais que...
Elle savait parfaitement qu'il était sur l'affaire. Son aînée l'avait bien prévenu et donc lui avait consciencieusement détaillé sa mission.
Et un mensonge est souvent plus simple à comprendre que la vérité.
-Une petite fugue et me voilà!
Link sourit et la câlina durant quelques brefs instants. Dans ces moments-là, où il était encore plus affectueux que d'habitude, elle aurait préféré que cet instant dure une éternité, pour rester dans les bras de l'homme qu'elle aimait, mais qui paradoxalement pouvait être celui qui l'arrêterait, tôt ou tard.
À force de suivre les ordres de son aînée tant détestée, elle finirait bien un jour derrière les barreaux d'une cellule hylienne, même si le Royaume Crépusculaire et l'autorité de la Citadelle étaient depuis bien longtemps unis. Et même si elle était en mission exceptionnellement au service de la reine d'Hyrule, celle-ci devait rester confidentiel, surtout quand son amour était sur l'affaire dont elle devait également se charger. Mais un jour, elle savait très bien qu'elle briserait ses chaînes qui la paralysaient, qui empêchaient le moindre mouvement volontaire -mise à part cette petite « fugue »-, qui la manipulaient comme une marionnette, un pauvre pion sur l'échiquier de l'ombre.
Elle soupira doucement et finit de manger avec Link, qui restait tout sourire devant elle. Ça lui faisait du bien de le voir ainsi heureux.
-Nelly... Tu restes au moins pour la nuit tout de même?
-Il semblerait! Répondit-elle d'un ton joyeux, la bouche pleine.
Ainsi, le couple secret s'endormit, après ce repas frugal, dans les bras de Morphée. Blottis contre lui, elle sentit qu'il la serrait par la taille, sachant bien que pour une fois, elle n'allait pas repartir comme elle était venue. Elle s'autorisa un sourire, sentant la joie serrer son cœur qui battait près du sien, presque à l'unisson.
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Elle dormait d'un sommeil qui semblait apaisé. Même dans une cellule, une tranquillité, une sérénité familière animait son corps; sa poitrine qui se soulevait lentement à chaque inspiration et expiration.
Personne, pas même les rares policiers qui étaient gardiens de nuit dans le commissariat du rez-de-chaussée, ne l'avait vu ou entendu. Heureusement qu'il connaissait aussi le moindre emplacement des caméras pour passer dans les angles morts.
Et maintenant, il se trouvait devant elle, cette femme de la même race que lui il semblait, cette femme qui paraissait le connaître mieux que personne. Il la secoua légèrement et elle finit par ouvrir les yeux au bout de quelques instants.
-M...Monsieur...?
-Écoute-moi bien, jeune fille...commença-t-il d'une voix qui se voulut menaçante.
-Éléonore, monsieur, coupa-t-elle doucement, je m'appelle Éléonore.
-Euh, oui, Éléonore... Je ….veux que tu me dises ce que tu sais sur moi. Immédiatement.
-Je comprends votre désarroi... Vivre sans aucun souvenir en mémoire et sans aucune idée de ses origines, cela doit être... déroutant.
Ses mots s'accompagnèrent d'un sourire aux reflets d'innocence, rempli de compassion, tandis que le regard du préfet s'écarquilla. Il était presque sous le choc, mais son sang-froid n'allait pas disparaître aussi facilement. Comment savait-elle tout ça? Lui seul, lui seul seulement savait cela! Il n'avait révélé ce secret à quiconque! De toute façon, à qui donc aurait-il pu le révéler, vu que personne ne vivait avec lui, vu que personne n'osait l'approcher pour parler amicalement, pour discuter avec lui? Il était seul, à commander d'une main de fer la police, à soumettre les autres à ses ordres, il n'avait pas besoin d'ami. L'amitié, voilà une chose dont il se fichait éperdument! Mais la solitude agit toujours dans l'ombre pour s'emparer de l'esprit d'un être, avant de le pousser dans la mélancolie, le désespoir.
Et sans lui laisser le temps de parler, elle se leva et s'inclina légèrement devant lui dans un élégant mouvement souple.
-Je peux... J'ai le pouvoir de vous redonner ce que vous cherchez. Votre mémoire, vos souvenirs, vos origines... Mais il va falloir me faire confiance, finit-elle en relevant la tête pour le regarder droit dans les yeux.
Il fronça les sourcils, puis soupira. Un sentiment de nostalgie, lorsqu'elle était là, emplissait son être sans qu'il ne trouve une véritable raison à cela. Mais en sa présence, il se sentait aussi apaisé qu'elle.
-La Reine doit être au courant... Elle pense qu'un roi doit vivre son temps avant de s'éteindre à jamais... murmura-t-elle doucement. Monsieur le préfet, il faut que...
-Ganondorf. Mon nom est Ganondorf Dragmire.
-Je ne me permettrai pas de vous appeler aussi familièrement, monsieur.
Il comprenait de moins en moins la situation dans laquelle il s'était jeté: les appels de Sheik, ce transfert et Éléonore... Toutes ses informations, ses révélations et ses propres questions lui martelaient la tête littéralement dans d'affreuses migraines.
Comme si son désir de retrouver la mémoire était l'ultime pêché, cette fleur au blanc éclatant et immaculé de la vérité, mais dont les racines noires pouvaient consumer son âme et son être tout entier, et ainsi, le laisser sombrer dans les abysses, le néant. Mais il voulait savoir.
-Qu'importe le nom que tu me donnes! Si c'est ton devoir, alors montre-moi le chemin qui me mènera à ma mémoire! Grinça-t-il violemment.
-Il faut d'abord que je récupère mes effets personnels et votre épée monsieur.
-Bien sûr, bien sûr... Mais... comment ça « mon » épée...?
Éléonore posa une main sur sa bouche comme si elle avait dit le mot de trop. Elle rit nerveusement et fit comme si elle n'avait entendu la dernière question de Ganondorf.
En la regardant agir ainsi, malgré sa rage, sa terrible envie de connaître la vérité, il ne dit rien de plus et l'entraîna avec lui dans les couloirs sombres du commissariat. Au bout de quelques minutes, elle put récupérer ses affaires: à la place de la tenue réglementaire des prisonniers, elle remit sa tunique bleue simple avec quelques broderies raffinées, son pantalon noir et sa paire de bottes, ainsi que quelques bijoux en argent. Lorsqu'elle fit brièvement une tresse pour ordonner sa longue chevelure rousse, il remarqua -après s'être retourné- un tatouage qu'il reconnut immédiatement: le tatouage de sa tribu.
-Donc... Tu es bien une gérudo, n'est-ce pas? Conclut-il à voix haute.
-Comme vous, comme vous.
-À part les gérudos rassemblées dans leur propre quartier dans la Citadelle, je pensais pas qu'il y avait encore des nôtres hors de la capitale...
-Il y en a au contraire, monsieur. Mais mon chez-moi est trop loin de tout cela, des villes en général, répliqua Éléonore en regardant ailleurs.
Alors elle avait un foyer? Lui qui pensait qu'elle devait être issue d'un des nombreux bas-quartiers et autres banlieues hostiles des grandes métropoles... Mais elle était trop mystérieuse et … cultivée pour qu'on la rapproche avec une de ses filles de joie qui traînaient la nuit sur les trottoirs, en quête d'être assez vils et avides de plaisir charnel pour les payer. Il soupira: de plus en plus d'étudiantes et même des étudiants étaient arrêtés pour proxénétisme de nos jours, tout ça pour payer leurs études, payer leur loyer ou tout simplement, pour vivre dans de meilleurs conditions. Mais malgré tous ces problèmes de société croissants, cela n'empêchait pas à la reine de garder un statut et un pouvoir fort sur la population, tout en se faisant aimer, voire chérir par celle-ci.
Comme le peuple était aveugle et tellement simplet.
-Et où est ton foyer...? demanda Ganondorf pour tenter de se concentrer.
-Là où nous devons aller, répondit-elle d'une voix presque heureuse.
Il haussa légèrement les sourcils, puis un petit sourire lacéra son visage: au fond, il savait qu'il pouvait lui faire confiance, sa sincérité était aussi flagrante que les cicatrices sur son corps. Et au bout de quelques minutes, l'homme retrouva le fameux objet qu'elle avait volé pour des raisons encore nébuleuses.
Sans savoir vraiment pourquoi, il avait réussi à la prendre sans la faire glisser et sans se blesser, comme s'il connaissait déjà les dangers d'une manipulation trop rapide de cette lourde lame et sans doute que les enquêteurs qui l'avaient récupéré avaient du sûrement se blesser avec. Heureusement, au fond, qu'ils ne l'avaient pas redonné immédiatement au conservatoire du grand musée de la Citadelle, par pur prétexte d'analyse et autres recherches d'indices.
Il consulta l'heure et grinça des dents: 3h du matin. Il fallait se hâter pour ne pas susciter l'attention immédiatement. Sans cérémonie, il l'entraîna dans l'ascenseur et ils descendirent au sous-sol réservé au personnel: il y avait peu de voitures mais cela ne l'empêcha pas de se montrer devant les caméras: de toute façon, elles étaient éteintes, vu qu'il avait pris soin de débrancher les caméras de leur réseau depuis le bureau de sécurité.
-Alors, où doit-on nous rendre, jeune fille? S'enquit le préfet après s'être assis sur le siège du conducteur dans sa voiture.
-Hum... Dans le Sud-Ouest du Royaume! Dans la forêt.
-La … forêt...? Tu veux dire, la forêt abandonnée et désertée à cause de ces stupides rumeurs ancestrales?
-Oui, monsieur.
Il soupira et sortit du parking pour déboucher hors de l'immense bâtiment. La nuit en pleine ville était par endroit tout aussi éclairé qu'en plein jour, mais plus hostile, plus dangereuse, plus sournoise. Même dans la capitale, régnaient les gangs et les trafics, qui étaient plus en plus en difficile à démanteler pour la police.
Le trajet se fit dans un silence religieux: la jeune gérudo s'était presque endormie, tandis que la voiture arriva devant une villa. Il ne s'était passé qu'une demi-heure et Ganondorf l'aida à sortir et à la réveiller.
-Tu vas rester ici. C'est chez moi. On ira là où tu voudras lorsque le temps sera venu. Compris? S'enquit-il directement en l'entraînant dans l'immense et somptueuse bâtisse.
Elle se frotta les yeux, l'esprit légèrement embrumé, alors que le préfet lui montrait où se trouvaient les pièces et de quoi manger, boire et se laver.
-Monsieur...
-Quoi encore?
-Le temps que tout se calme suite à mon « évasion »... elle découvrira votre trahison...
-Si tu parles de la princesse Zelda, sache que celle-ci est trop naïve et étroite d'esprit pour comprendre mes stratagèmes, rétorqua-t-il dans un ricanement. C'est pour ça que j'ai réussi à me hisser jusqu'au rang le plus important de la police.
Elle baissa la tête, s'allongea sur un des canapés et il déposa sur la table près d'elle un double de la porte. Il consulta l'heure une nouvelle fois: parfait, il avait le bon timing. Puis, il revint rapidement au niveau de sa voiture et en sortit l'épée pour l'amener chez lui également: les sources de sa curiosité devaient être sécurisées.
Sa curiosité?
Il poussa un rire moqueur, moqueur envers lui-même: ce qu'il pouvait être pathétique. Lui, le préfet de police, mettre en sécurité une présumée coupable d'une affaire qui avait même suscité l'intérêt de la reine en personne? En temps normal, il l'aurait laisser dans sa cellule, en compagnie d'autres fous ou délinquants, qu'ils soient sexuels ou non.
-Bon, je serai de retour ce soir et je te préviens tu... commença-t-il d'un ton las, en rentrant chez lui pour déposer les dernières affaires.
Mais il s'aperçut qu'il parlait dans le vide, car la jeune femme s'était endormie sur le canapé comme un chat errant s'étant faufilé dans sa demeure pour trouver un endroit confortable pour dormir. Il passa avec énervement une main sur son visage, visiblement assez excédé par cette nuit agitée. Il avait besoin de sommeil, il venait d'enfreindre la règle la plus importante de la police alors qu'il la commandait... Un lourd soupir se fit entendre: comme si c'était la première fois! Rapidement, il saisit un morceau de papier et griffonna un mot, après avoir déposé la fameuse épée et ses effets personnels.
À la sortie de sa villa, il ne put s'empêcher de rire: de toute façon, dès qu'il aura obtenu ses réponses, il n'allait pas s'empêcher de la livrer à la reine. Les pions restent des pions.
