Salut à tous! Oui oui, je suis en forme en ce moment! Bref, voici le troisième chapitre de TBWAS! Bon, je crois que cette fic est un gros foutoir, mais... j'aime l'écrire, alors pourquoi ne pas la partager, ne? Bonne lecture!

Disclaimer: (eh oui, je l'ai encore oublié...) rien ne m'appartient à part la trame, les personnages sont à Himepapa!

.

-Tu veux un peu de thé, Matthew ?

-N-non merci…

Le jeune Canadien ne savait plus où se mettre. Il avait passé la nuit chez Ivan, trop chamboulé pour rentrer chez lui –il avait tout de même pris soin d'appeler son père français pour le prévenir de son découchage. Le jeune Russe ne disposant que de deux chambres –celle de ses sœurs et la sienne-, il lui avait tout naturellement proposé de dormir avec lui. Malgré sa grande taille, Ivan ne prenait pas énormément de place et Matthew avait dormi comme un loir, collé contre le dos de son ami. Jusqu'à ce que Katyusha n'entre réveiller son frère. Ivan avait dû passer vingt bonnes minutes à la rassurer sur l'état exact de ses relations avec Matthew, promettant mille fois qu'ils n'avaient jamais été et n'iraient jamais plus loin que l'accolade.

-Tu ne manges pas beaucoup le matin, s'inquiéta Katyusha en reposant la théière, sa phénoménale poitrine rebondissant à chaque mouvement.

-Je n'ai juste pas très faim…

Fait étonnant, il n'avait jamais dormi chez Ivan. Il avait donc toujours imaginé que son ami mangeait des spécialités russes étranges –accompagné d'un grand verre de vodka- chaque matin. Au lieu de ça, il se retrouvait avec une table couverte de paquets de céréales multicolores, de confitures et de tranches de brioche. Presque aussi bien que chez Matthew, à la différence que le père du Canadien était cuisinier, ce qui mettait la barre assez haut. Ivan tendit alors la main et reprit un pancake. Un instant… des pancakes ? Cette fois, Matthew tiqua.

-Je croyais que tu n'aimais pas la nourriture américaine.

Ivan tourna vers lui ses yeux d'enfant, cessant quelques secondes de tartiner sa crêpe de confiture. Il battit des cils, surpris par la question, et répondit avec tout le naturel du monde :

-Je ne l'aime pas.

-Mais tu…

Matthew examina d'un peu plus près lesdits pancakes. Ils semblaient un peu différents, comme ceux qu'on trouvait en supermarché parfois. Il tenta de se souvenir du nom. Quelque chose comme…

-Ce sont des blinys ?

Katyusha releva les yeux de son café, visiblement ravie.

-Tu connais la nourriture russe, Matthew ?

Le jeune Canadien eut un petit rire gêné. Il devait admettre que malgré sa préférence pour la gent masculine, Katyusha était vraiment mignonne. Et il ne parlait pas de ses… atouts volumineux. Par exemple, il aimait beaucoup son accent lorsqu'elle disait son nom, différent d'Ivan qui avait appris à le prononcer correctement avec les ans. Il secoua les mains en signe de négation.

-Pas vraiment, on en mange des fois lorsqu'on a des invités, avec des sauces et tout… Mais ils sont plus petits, et c'est de l'industriel.

Ivan le dévisagea avec amusement avant de secouer la tête.

-Toute une éducation à refaire… fit-il d'une voix incroyablement mignonne et inquiétante à la fois avant de reprendre son ton habituel. Ce sont des oladis, faits maison. Tu veux goûter ?

Il lui tendit le plat et ajouta :

-C'est à peu près la même chose, mais c'est sucré. C'est bon au petit déjeuner. Les céréales sont juste pour les invités lorsqu'on en a, on n'en mange jamais.

Matthew se servit en le remerciant, et mordit dedans. C'était plutôt bon, moelleux et croustillant à la fois. La porte de la cuisine s'ouvrit, et Natalya fit irruption dans la pièce.

-Grand frère, tu n'es pas venu me réveiller.

Elle se figea en apercevant Matthew, et fronça les sourcils.

-Qu'est-ce qu'il fait là ?

Natalya était une adolescente de seize ans tout ce qu'il y de plus jolie. D'assez petite taille en comparaison de son géant de frère, mince, avec de longs cheveux blond platine et des yeux d'un bleu profond, elle faisait tourner les têtes. Mais elle avait deux défauts majeurs, le premier étant sa timidité maladive qui, paradoxalement, la rendait agressive au contact d'étrangers, et le second n'étant autre que sa possessivité à l'égard de son grand frère chéri. C'était d'ailleurs pour cette raison que Katyusha avait dû l'inscrire dans un établissement différent. Ivan déglutit. Matthew en avait suffisamment entendu parler pour savoir que le comportement de sa cadette le mettait parfois mal à l'aise, voir l'inquiétait. Ou lui donnait des sueurs froides.

-Excuse-moi, je voulais juste te laisser dormir un peu. C'est le weekend, non ?

Il lui tira une chaise.

-Tu viens s'assoir ?

L'adolescente détailla un instant le Canadien de son regard étrangement sombre, avant de venir s'installer et de piocher aussitôt dans les crêpes –les oladis. Elle ne décrocha pas un mot, et Ivan désigna Matthew avec un sourire.

-Tu connais Matthew Williams, mon ami de lycée ? Il est venu une fois quand tu étais plus petite.

-Je sais qui c'est.

Elle adressa un rapide coup d'œil au jeune homme, avant de retourner à sa dégustation silencieuse. Elle lâcha juste :

-Si tu fais pleurer grand frère, je te tue.

Katyusha réprimanda aussitôt sa cadette, mais avec sa voix fluette et mélodieuse, elle était aussi crédible qu'une institutrice de maternelle. Ivan tenta d'étouffer un rire nerveux, et Matthew détourna la tête en frissonnant. Voilà, il se souvenait pourquoi il ne dormait jamais chez Ivan.

C'était pire que chez lui.

.

-Pardon pour ce matin…

-Oh, c'était rien, soutint Matthew avec un rire. Juste… particulier.

Particulier, Ivan savait que c'était en dessous de la vérité. Entre les cris d'effroi de sa sœur ainée au réveil et les menace de la cadette au petit déjeuner, Matthew avait de quoi ne pas vouloir passer plus de nuit chez son meilleur ami. Le grand Russe soupira, gêné mais souriant. Il tenta de plaisanter, appuyé contre l'encadrement de sa porte d'entrée :

-La prochaine fois je dors chez toi, da ?

-Moi je n'y vois aucun problème. C'est toi qui dit que, je te cite, tu risques de mourir étouffer par tant de capitalisme.

Ivan détourna la tête avec un sourire évasif. Matthew le serra alors encore une fois dans ses bras. Il avait visiblement besoin de réconfort, mais Ivan n'était pas vraiment de nature tactile. Pas ce tactile-, du moins. Il tapota le dos du Canadien.

-Là, là. N'oublie pas, tout ira bien pour ton frère. C'est un grand garçon !

Ca restait à voir. Comment considérer quelqu'un qui mange une dizaine de hamburgers à la suite pour épater la galerie comme une personne mature ? Mais ces mots rassurèrent Matthew, et il s'écarta en lui souriant chaleureusement.

-Merci pour tout. A lundi !

Il tourna les talons, et Ivan secoua la tête en refermant la porte. Il était curieux de voir ce qu'allait donner le lundi, justement.

.

-Je suis rentré.

Personne ne lui répondit, comme d'habitude. Matthew haussa les épaules et accrocha sa veste sur le porte-manteau dans le vestibule, avant de se diriger vers la cuisine d'où lui parvenait des voix. Il sourit en entendant celle de son père anglais, qui rentrait tout juste de son voyage d'affaire à Londres, où il gérait une chaine de salon de thé en plus de ceux qu'il possédait aux quatre coins des Etats-Unis. Le jeune Canadien se refroidit bien vite cependant en comprenant le sujet de la conversation. Visiblement, Arthur venait de voir le visage tuméfiés de son fils.

-Bloody hell Alfred ! Tu voulais te faire renvoyer du lycée ? Encore heureux que le proviseur ait jugé suffisant de t'exclure de l'équipe !

Matthew ne parvint qu'à entendre les marmonnements de son frère. Il se pencha légèrement, honteux d'écouter aux portes et le cœur battant. Le ton d'Arthur monta sensiblement.

-Je t'ai déjà dit de ne pas parler dans ta barbe ! Tu sais que je déteste ça !

-Bordel, Arthur ! Est-ce qu'il y a quelque chose que tu aimes chez moi ?!

Matthew bloqua son souffle et se recula un peu. Ce n'était pas la première fois qu'Alfred appelait leur père par son prénom. C'était de plus en plus le cas ces derniers temps, et lorsque cela arrivait, ce n'était jamais bon signe. La voix excédée d'Arthur lui répondit aussitôt, teintée de doute :

-Qu'est-ce que tu entends par là ?

On renversa une chaise, et cette fois, Alfred hurlait presque.

-Tu n'arrêtes pas de me faire des reproches ! Alfred ceci, Alfred cela ! Quoique je fasse, je serai jamais assez bien pour toi, hein ? Tu n'es même pas venu à mes derniers matchs !

-Baisse d'un ton tout de suite, jeune homme ! C'est tout de même à ton père que tu parles ! cracha Arthur, furieux mais visiblement déstabilisé.

-Vas chier ! brailla alors Alfred, hors de lui. T'es même pas mon père !

Le bruit de la gifle fut comme un coup de poing dans l'estomac de Matthew. Il écarquilla les yeux. Le silence qui suivit lui glaça les veines, et il tomba à genoux, aussi discrètement qu'il est possible de le faire. Il entendit un crissement de semelle sur le lino de la cuisine, et son père qui soufflait précipitamment, suppliant et perdu :

-Pardon, je ne voulais pas…

Mais Alfred quittait déjà la cuisine en trombe. Il traversa le séjour, dérapa au pied des escaliers et gravit les marches sans un regard en arrière, une main sur sa joue. Matthew resta figé une poignée de secondes, puis songea qu'il serait judicieux de se remettre à respirer. Tremblant, il se hissa sur ses jambes à l'aide du mur, et entra timidement dans la cuisine. Son père lui tournait le dos, assis à table et le visage dans les mains. L'adolescent s'approcha, et posa timidement une main sur son épaule.

-Daddy ?...

Arthur sursauta, et tourna son regard vert forêt vers lui. Il semblait dépassé, et avait pris un coup de vieux en l'espace d'un instant. Matthew ne savait jamais quel âge avaient ses parents. Ils faisaient toujours si jeunes, et ils élevaient pourtant deux garçons bientôt en âge d'aller à l'université. Matthew adorait ses deux pères, et voir autant d'émotions –la crainte, la honte, les remords, le doute- dans les yeux de son Daddy anglais lui brisait le cœur. Arthur le dévisagea un instant, fronça ses épais sourcils, puis soupira finalement d'acceptation.

-Tu as entendu…

Matthew acquiesça doucement, et Arthur replongea la tête dans ses mains.

-Je sais que je n'aurais pas dû le frapper… Je ne sais pas ce qu'il m'a pris…

-C'est pas grave, Daddy. Il a passé une sale soirée hier, ça ira mieux demain.

Mais il y croyait à peine. Il savait quelque chose clochait. Mais quoi ? Il embrassa la joue de son père et lui sourit.

-Ca va aller. Je vais lui parler.

.

Matthew poussa la porte de la chambre d'Alfred avec une pointe d'appréhension. Il soupira de soulagement en voyant son frère trop occupé sur sa console pour l'envoyer paître. Il se racla la gorge, et croisa une paire d'yeux rougis. Alfred se redressa et mit sur pausa, laissa sa manette par terre, et essuya doucement son nez avec sa manche.

-Salut Mattie…

-Hey…

Il vint s'assoir à même le sol près de son frère et fronça les sourcils.

-Al, tu me fais confiance, dis ?

Alfred écarquilla les yeux derrière ses lunettes. C'était d'ailleurs étrange qu'il les porte, étant donné qu'il avait crié au scandale lors de son entre au lycée pour avoir des lentilles, soutenant que les lunettes ça "ne faisait pas héroïque du tout". Matthew ne releva pas cependant. Alfred s'étrangla avec sa salive et s'exclama avec conviction :

-Bien sûr ! Pourquoi tu me poses une question pareille ?

Matthew battit des cils. Alfred souffla un "oh" gêné et détourna les yeux.

-Parce que je me suis battu, c'est ça ?...

-Parce que tu traites Daddy vraiment mal, tu t'emportes facilement, tu… Alfred, je suis ton frère, je vois bien quand quelque chose ne va pas.

Alfred le dévisagea un instant, puis murmura :

-Quand as-tu grandi ?...

-Je suis beaucoup plus mature que toi, rétorqua Matthew avec une légère grimace de dépit.

Alfred acquiesça néanmoins, et baissa encore une fois les yeux. Il ouvrit la bouche, mais ne trouva pas ses mots tout de suite. Quand il était perdu comme ça, il faisait trois ans de moins. Minimum. Il articula enfin :

-C'est juste… Tout est si compliqué, en ce moment…

Il ôta ses lunettes et se frotta les yeux. Il souffla profondément, comme s'il essayait de ne pas pleurer, et demanda alors :

-Tu as dormi chez Gilbert ?

Matthew secoua la tête, faisant voler quelques boucles dorées –il fallait encore qu'il les coupe, et pourtant il ne les portait pas si longs que ça…- et Alfred s'efforça de plaisanter :

-Quoi, il a ses règles ?...

Matthew lui frappa l'épaule en le traitant de crétin, même si ses joues se teintaient de rose. Lorsqu'Alfred avait appris pour son frère et l'Allemand –pardon, Prussien–, il avait empoigné ce dernier au collet et l'avait secoué comme un prunier en lui promettant que s'il touchait au postérieur de son petit frère chéri, il le castrait. Gilbert lui avait répondu entre deux secousses qu'ils l'avaient déjà fait, mais pas dans le sens qu'il croyait. Alfred n'avait plus vu Matthew de la même façon.

Matthew lâcha un soupir à fendre l'âme et leva les yeux au ciel.

-Non, ils avaient déjà des invités. J'ai dormi chez Ivan.

Alfred se raidit instantanément. Il posa les yeux sur l'écran figé de sa télévision, et Matthew commença :

-Je sais que tu ne l'aimes pas beaucoup, mais il…

-Ça fait partie des choses un peu compliquées, Mattie…

Il se frotta la nuque, et souffla d'une voix rauque :

-Je sais que je peux te dire ça à toi, mais… tu me jures de ne jamais en parler, c'est d'accord ?...

.

Voilà voilà, ce texte est posté depuis mon internat! Bisoooooouuus!