Bonsoir à toutes et à tous !

Je vous retrouve avec grand bonheur pour une suite rocambolesque.

Avant tout, je tiens à répondre aux quelques review régulières qui me font vraiment plaisir :

- Red : Ton compliment me va droit au cœur !

Tout comme toi, j'apprécie l'image d'une Cora douce et avec son cœur. J'aime ce qui change et j'aurais vraiment aimé que cet axe soit développé dans la série.

- Serieslover : Les raisons qui poussent Snow dans ses retranchements seront dévoilées au prochain chapitre ! Ta patience sera récompensée.

D'ailleurs, vous aurez la première rencontre de Regina et Emma dans la prochaine suite pour éliminer quelques-unes de vos questions.

- Lily : Regina reviendra, ne t'en fais pas ! Le pourquoi du comment sera dit par Rumple.

Pour ce qui est de la suite, je précise que tous les passages en italiques à venir seront des événements passés et révolus.

J'attends vos retours avec impatience !

Bonne lecture !


I must think of a new life

Je dois penser à une nouvelle vie

And I mustn't give in

Et je ne dois pas baisser les bras

And a new day will begin

Et une nouvelle journée commencera


Emma avait déchiré la feuille mentionnant le prénom adulé du bébé.

La dernière échographie réalisée avait été encadrée et un dossier d'adoption avait été acheminé sur la petite table de nuit.

Tout cet acharnement pour que Regina bénéficie des mêmes droits concernant le nourrisson était balayé au loin, les lignes inscrites et les cases cochées n'avaient plus aucun pouvoir juridique.

Emma s'était enfouie sous les couvertures du lit conjugal pour se détendre, puisant en son for intérieur le courage nécessaire pour arrêter l'angoisse qui tenaillait son bassin et ses entrailles.

Elle respira l'odeur fruitée si familière qui envahissait la moindre parcelle de tissu, caressa la douce nuisette violette qui avait sublimée la silhouette harmonieuse de sa compagne dans la matinée.

Le geste lui arracha quelques larmes qu'elle s'empressa d'effacer avec l'oreiller, sous lequel était dissimulé une pile de papiers froissés.

Emma en scruta le contenu alors que la nostalgie s'emparait de son âme.

Quelques heures avant le drame qui avait séparé les deux femmes à tout jamais, une importante querelle les avaient opposées.

Emma regrettait encore son comportement stupide et déloyal qui avait fait de leur dernier moment d'intimité un chaos désarmant.

Le jour se levait doucement dans la chambre royale.

Les rayons du soleil s'éparpillaient avec grâce sur les paupières hâlées qui s'ouvraient difficilement.

Regina tâtonna l'espace vide sur le matelas tout en grimaçant.

Elle adorait se blottir contre les cuisses galbées d'Emma, embrasser suavement la poitrine imposante de sa femme pour la réveiller puis l'entendre grommeler sous l'attaque des baisers suivants qui longeaient sa pommette et des dents qui éraflaient légèrement son cou tonique.

Par la suite, les ongles manucurés, vernis, s'élançaient sur le ventre arrondi à la recherche d'un petit mouvement lui indiquant que l'enfant était toujours aussi vigoureux.

Malheureusement, la vision idyllique était remplacée par l'apparition d'une Emma furieuse, jetant un paquet de feuilles imprimées sur le bois rugueux.

Les altercations se faisaient de plus en plus nombreuses depuis que Snow s'était alliée avec la méprisante fée Blue et que les hormones ainsi que la grossesse ardue à supporter chamboulaient la sensibilité, voir l'humeur d'Emma.

Quand il n'était pas reproché à la dirigeante de se dévouer un peu trop à la maintenance monarchique au détriment de son temps personnel, parfois une simple remarque était suffisante pour que l'écart ou que le fossé s'agrandisse et que l'incompréhension soit maitresse dans leur joute verbale.

La veille, Emma s'était endormie dans le salon majestueux quand Regina lui avait fait comprendre qu'il était temps d'opter pour une autre taille de vêtement tant le fœtus devenait visible.

La blonde avait intercepté la suggestion comme une critique aiguisée pour blesser son estime alors qu'il n'avait été que question de maladresse.

- Dois-je comprendre que tu ne m'aimes plus ?! s'écria Emma, excédée par la nature du courrier qu'elle avait reçu et déballé.

Regina s'était redressée correctement pour enlacer sa promise.

Elle n'avait pas eu le droit à son rituel matinal constituant en une série de regards transcendants et de plusieurs suçons bien visibles.

L'accueil d'Emma n'était pourtant pas chaleureux, exprimant plutôt une grosse déception doublée d'une désolation sans pareille.

- C'est parce que je tiens à toi que je te demande de signer ! narra Regina, qui comprenait la contrariété qui lui était adressée.

Emma jeta à la poubelle la plume que son interlocutrice lui tendait pour apposer son approbation sur le manuscrit rédigé.

Elle était disposée à tout faire pour se soustraire à la contrainte supérieure.

- Je ne divorcerais pas ! clama-t-elle, révoltée par la traitrise que son épouse lui infligeait.

La procédure faisait souffrir le duo, mais le dernier communiqué du clan adverse avait été clair et intransigeant.

Si Emma était libérée de l'emprise dictatoriale, aucun accident ne serait à reporter.

Dans le cas contraire, si la brune n'obéissait pas, les hostilités seraient non seulement maintenues, mais sanguinolentes.

La Reine avait déjà expérimenté l'enfermement et le calvaire avait été trop atroce pour qu'il recommence.

- Em'…commença Regina, qui devait convaincre sa belle de lâcher prise pour le moment, d'oublier ses rêves pour se concentrer sur la pesante et effrayante réalité.

La concernée résista à la moue boudeuse qui l'amadouait, au sourire craquant qui l'aguichait pour la faire craquer.

Ce qui attristait le plus la ravissante blonde était la lâcheté dont faisait preuve sa compagne qui avait préféré rester silencieuse sur ses projets et confier la tâche ingrate à son employée la plus modèle.

- Sais-tu que c'est Kathryn qui m'a donné l'enveloppe ?! demanda-t-elle, scandalisée par le dispositif mis en œuvre.

Kathryn était non seulement une amie fidèle, mais la plus gradée et qualifiée pour assurer l'intendance des affaires et seconder la Reine quand un avis extérieur était nécessaire.

Parfois, il était question de remplacement durant les absences de la souveraine, mais le travail restait bien fait et de qualité.

- Vu la manière dont tu l'apprécies, j'ai pensé que c'était la messagère par excellence ! répondit Regina, tout en manifestant son amertume.

La possessivité constante de la brune irritait grandement son amante, surtout quand les preuves d'amour fusaient avec entrain.

- Ta jalousie est injustifiée ! clama Emma, qui démentait l'accusation rapportée.

Regina fronça les sourcils.

Sa méfiance était toujours très élevée quand il s'agissait de sa muse, celle qui l'inspirait assez pour limiter ses écarts de conduites et la tyrannie excessive qui l'avait possédée pendant de nombreuses années.

En se déplaçant pour une entrevue commerciale, Regina avait aperçu les deux blondes s'amuser à l'extérieur.

Emma avait éclaté de rire quand Kathryn s'était jetée sur elle pour la maintenir à terre.

Elle avait même constaté le désir flamboyant qu'éprouvait son adjointe et cette fougueuse envie d'embrasser le poids qu'elle avait fait chuter.

- Je l'ai vu jouer avec toi dans la neige…commença Regina, qui avait été si déstabilisée par la complicité partagée entre les deux femmes qu'elle était apparue en retard à son rendez-vous.

Emma leva les yeux au ciel.

Au départ, la brune s'en était tenue à quelques réflexions, mais elle avait fini par épier discrètement toutes les entrevues que sa partenaire accordait à la gente féminine même si ce n'était que pour passer un instant à rire et plaisanter.

- Et alors ?! s'exclama Emma, qui ne comprenait pas comment une banale étreinte pouvait être mal interprétée.

Elle profitait juste de son temps libre pour annihiler de son esprit, le manque parental.

Ne pouvant obtenir l'objet de sa convoitise, la jeune femme avait fini par se créer une véritable famille de cœur entre les Mills et les membres privilégiés de la Cour.

Ingrid était celle qui ressortait toujours du lot.

La pâtissière de la forteresse était douée, surtout pour consoler.

- Kathryn te tenait dans ses bras ! contra Regina, qui avait observé son associée disposer ses lèvres sur le front pâle à proximité.

Emma avait été habillée chaudement pour l'occasion, mais cela n'avait pas empêché Kathryn de se rapprocher.

Regina ne tolérait pas que ce privilège qui lui était propre soit partagé.

- Elle l'a uniquement fait pour me jeter une boule de neige et gagner le combat ! expliqua Emma, pour justifier le quiproquo qui détruisait leur union.

Selon l'angélique blonde, la proximité offerte n'avait été qu'un subterfuge.

Kathryn en avait profité pour former un amas blanc et l'étaler sur le visage de sa camarade de jeu.

La fraicheur des flocons étalés sur son épiderme avait fait frémir Emma, au point d'abandonner la lutte qu'elle livrait en enchainant des lancés de monticules blanches.

Il n'y avait rien de plus chaste qu'un échange de cette nature.

- Et la semaine dernière c'était Zelena qui te préparait ton petit-déjeuner…rapporta Regina, agacée qu'on courtise autant celle qui était sienne.

La rouquine était très attachée à sa belle-sœur au point de multiplier les intrusions dans l'intimité du couple grâce à de nombreux prétextes.

Emma défendait très souvent l'aînée des sœurs et Regina interprétait cela comme un béguin naissant.

La Reine avait beaucoup de mal à le confesser, mais elle avait terriblement peur que sa femme lui échappe, tout comme Daniel était décédé par sa faute.

- Ta sœur est juste prévoyante ! répliqua Emma, enchantée que quelqu'un lui apporte des croissants tout frais au réveil.

Cora effectuait parfois des actions similaires à son encontre, notamment la distribution de friandises à la pomme et Regina ne râlait pas pour autant.

- N'est-ce-pas la même phrase que tu m'as répondu quand elle est venue te border il y a quelques jours ?! rétorqua la brune, qui s'était compromise en giflant la rousse.

Depuis qu'elle craignait une autre exécution publique, Regina retardait le moment du coucher tant il était idéal à saisir pour l'exécuter.

Quand la paranoïa s'infiltrait dans son subconscient, elle la chassait avant qu'elle n'atteigne son paroxysme à l'aide de verres d'alcool forts.

Cette nuit-là, la jeune femme avait un peu trop bu et sa réaction avait été si excessive que Zelena et Cora l'évitaient constamment depuis les faits fatidiques.

Quand Regina était entrée dans ses quartiers, elle avait entendu Zelena chantonner pour faciliter le sommeil d'Emma.

La boisson avait affutée ses craintes et son premier réflexe avait été de frapper la rousse pour la faire déguerpir.

Emma lui était dédiée et exclusive, mais les tentations extérieures devenaient trop denses.

- Je préfère mourir plutôt que me séparer de toi ! avait conclu Emma, en froissant le document qui prônait une rupture conventionnelle.

(...)

Le souvenir s'estompa à la minute où des coups raisonnèrent contre la porte.

Le bois déjà éraflé faisait un bruit si strident qu'il ramena Emma à la réalité en une fraction de secondes.

Elle enlaçait toujours Regina, le regard rivé sur le diadème fendu.

Quand les poings redoublèrent de vigueur sur le chêne, la jeune femme délaissa la silhouette inanimée pour ouvrir à la personne qui continuait ses assauts.

Emma espérait que ce ne soit pas une visite du médecin.

Elle n'était pas encore prête à envisager qu'on lui retire le corps, ni à aborder le sujet de l'enterrement.

Il y avait forcément une solution à la conjoncture actuelle.

- Que faites-vous ici ?! demanda-t-elle, alors qu'elle découvrait l'identité du forcené.

L'intrus était un certain Rumplestinskin.

Le sorcier était celui qui avait métamorphosé Regina en un monstre sans pitié quand la vengeance avait entaché sa radieuse jeunesse.

- Je viens honorer la mémoire de la meilleure élève que j'ai eu en plusieurs décennies ! expliqua-t-il, tout penaud.

Emma hésita, puis lui présenta la pièce malmenée et la Reine vaincue.

C'était la première fois que l'homme s'abaissait à se manifester avant de pénétrer dans un lieu.

Malgré ses frasques et complots, il ne feintait pas sa désolation.

- Sais-tu que Snow a de grands projets pour toi ?

Emma soupira.

Elle aurait dû se douter que la venue de Rumplestinskin n'avait pas pour unique visée le recueillement.

La blonde pensa un moment à cette personne évoquée, cette étrangère qui n'avait cure de ses besoins et au prochain traquenard qu'elle allait lui tendre.

- J'imagine que je vais devoir revenir au château pour être sous sa coupelle ? demanda-t-elle, tout en s'imaginant difficilement devoir déménager.

Depuis son installation, le royaume ne l'avait jamais déçu.

Regina avait fait d'elle sa priorité, un concept qui n'était visiblement pas à la portée de sa mère.

- Snow te veut surtout mariée à une autre ! avoua Rumplestinskin, qui était tout aussi étonné que celle à qui il délivrait l'information.

Emma inspira doucement.

Elle s'efforçait de rester calme pour le bien-être de son bébé, mais il était dur de ne pas descendre les escaliers et faire un esclandre.

Ce faux pas maternel était pourtant celui de trop.

- Devine qui sera ta prochaine conquête ? lança le sorcier, sur un ton taquin.

La devinette qu'il venait de poser le faisait jubiler.

Emma commença à faire une liste mentale de toutes les femmes des environs tout en touchant son alliance nerveusement.

Alors qu'elle allait répliquer, la solution de l'énigme lui fut dévoilée par le mage.

Le nom qui était retenu la choqua au plus haut point.

- Elle s'appelle Kathryn Midas.