Auteur : sofi
Rating : rien de particulier
Disclaimer : défi « Hocus poccus! Sois Sexy Severus! » pour Cerb! (avec juste un mois de retard...^^')
Si HP était un conte de fée, cela pourrai donner à peu près cela :
Hocus Poccus
Il y a fort fort longtemps, dans un royaume pas si lointain, vivaient le bon roi Arthur et sa douce épouse Molly. En ce jour béni par les fées du 11 août, Ginny, leur unique fille, fêtait ses 16 ans et un bal était donné en son honneur. Tout le royaume avait été invité.
Tout le royaume?
Dans une vieille maison retirée à l'orée de la forêt, un homme vêtu d'une robe noire austère coupait méticuleusement des plantes à côté d'un chaudron. Cela faisait presque un an qu'il était rentré au royaume de son exil volontaire et il commençait enfin à se sentir de nouveau chez lui.
Il ne sursauta même pas quand une voix aussi douce que familière lui demanda, en l'irritant au plus haut point :
-Un bonbon au citron, Severus?
-Albus, combien de fois vous ai-je demandé de ne pas apparaître dans un nuage de fumée rose sans prévenir?
-Depuis le début de l'année ou juste cette saison?
-Et vous êtes là pour...?
-Pour le bal voyons! Où est votre invitation?
-Elle m'a servi à allumer le feu hier matin.
-Je savais bien que vous l'égareriez! Mais rassurez-vous, j'en ai une autre! Ne me demandez pas comment : les bonnes fées ont leurs petits secrets!
-Je suis occupé Albus. Une potion... délicate. Je n'ai pas le temps pour ces festivités.
Le vieil homme s'approcha doucement du chaudron et observa attentivement son contenu et la table de travail avant de regarder l'homme par dessus ses lunettes en demi-lune.
-Vous gardez des dés de légumes pour votre gaspacho? Je me contente de pain ailé... Non pas que je critique votre manière de faire mais j'aime bien émietter mon pain au dessus de mon bol de...
-ALBUS! Je veux être tranquille ce soir.
-Taratata! Je ne veux rien entendre. Vous irez au bal.
-Dans cette robe? Avec mes cheveux? Mon nez? Mon mauvais caractère?
-Pour les les trois premiers j'ai quelque chose! Ne bougez pas...
Dumbledore sortit sa baguette magique et récita en chantonnant:
-Hocus Poccus! Sois Sexy Severus!
oOoOo
-Rémus! Rémus! » La princesse marcha rapidement vers le garde forestier, en jetant des coups d'œil apeurés par dessus son épaule. « Rémus! Il faut que tu m'aides!
L'homme leva les yeux de son morceau de viande crue et sourit timidement, en essuyant le sang qui coulait sur son menton.
-Oui Princesse?
-Un mystérieux inconnu beau comme un dieu vient de faire son entrée dans la cour du château!
-Oui?
-Mais tu ne comprends pas? C'est affreux!
L'homme lui jeta un regard plus que perplexe ce qui eu le dont d'exaspérer la jeune fille rousse. Sa voie frisait l'hystérie :
-On ne t'as jamais lu de conte de fées quand tu étais petit? Il est toujours question d'inconnu mystérieux et de princesse! Et la fin... j'en ai des frissons!
-La vieille sorcière les mange?» tenta-t-il, en louchant sur son morceau de bœuf.
-Pire! Ils se marièrent, eurent beaucoup d'enfants et ils vécurent heureux jusqu'à la fin de leurs jours.
-Affreux, en effet.
La princesse était tellement affolée qu'elle ne perçu pas l'ironie du ton.
-Tu comprends maintenant! Tu dois me sauver! S'il te plait!
-Mais TU es la princesse! Tu devra bien te marier et avoir des enfants...
-Ce n'est pas comme si je n'avais pas six frères!
Le garde chasse acquiesça et chercha les princes dans la cours du château.
Il y avait Bill, récemment marié à une nymphe répondant au doux nom de Fleur. Charlie, dresseur de dragon -carrière qu'avait suivi la princesse au grand damne de ses parents- en train de danser avec le baron Kingsley Samdi, vêtu à son habitude d'un costume de soirée et d'un haut de forme blanc. Les jumeaux Fred et Georges étaient absents car ils peaufinaient le feu d'artifice qui aurai lieu plus tard dans la soirée. Percy se promenait au bras d'une jeune princesse d'un royaume voisin qui répondait au nom de Pénélope. Et enfin Ron qui discutait avec sa fiancée Hermione, une bonne amie de celle-ci : Luna et le «jeune» Malfoy. Draco avait déjà cent vingt ans et sa mère désespérait de le voir trouver un calice. Vu la façon dont le blond scrutait la fille de l'astronome, les souhaits de Narcissa seraient peut être sur le point de se réaliser. Même si...
La cadette de la famille donna un coup de coude au loup-garou, le stoppant net dans ses pensées :
-Rémus! Oh non...il vient par ici!
Le mystérieux inconnu se dirigeait en effet vers le buffet d'un pas rapide et décidé. Il se planta devant Ginny. Après quelques secondes de silence pesant, l'inconnu toussota :
-Hum-hum...vous me bloquez l'accès au punch.
Alors que Ginny se décalait, elle se permit de lui écraser le pied.
-Excusez-moi messire, ce que je suis maladroite! Oh, mais j'entends Père m'appeler. Passez une bonne soirée en notre demeure!
La princesse partie beaucoup plus sereine et satisfaite qu'elle n'était venue. Encore quelques danses et elle s'éclipserait pour retrouver son dragon. Ce norvégien à crête qu'elle avait appelé Harry, avec une étrange cicatrice en forme d'éclair au niveau de front, attendait dans son enclot près de Norbert, se partageant une auge de poissons. Ou plutôt se battant pour avoir l'auge à lui tout seul.
Rémus recommença à déchiqueter son morceau de viande, jetant de temps en autre un coup d'œil à l'inconnu. La princesse n'avait pas tord: il était très beau. De longs et soyeux cheveux noir, des yeux comme des obsidiennes, un nez droit, un visage fin.
Il lui rappelait vaguement quelqu'un.
Quitte à être à côté, le loup-garou entama la conversation:
-Beau temps pour le feu d'artifice.
-Il y aura un feu d'artifice?
-Comme tous les ans, pourquoi?
-Je n'aime pas l'idée de laisser les jumeaux s'amuser avec de la poudre...
-Vous connaissez les princes Georges et Fred?
-Je n'ai pas cet honneur. Leur réputation me suffit.
Tendant la main vers un verre de bière au beurre, Rémus sourit. L'inconnu avait prononcer le mot «honneur» comme une insulte. Ils parlèrent de tout, de rien, du temps et des gens avec force de cynisme et d'humour noir. Le garde forestier buvait la conversation comme du petit lait.
Après plusieurs verres partagés, il demanda innocemment :
-Vous ne m'avez toujours pas dit votre nom.
-En effet.
-Vous allez au moins m'accorder cette danse.
Le loup-garou lui prit la main alors que l'orchestre entamait une valse.
Mais lorsqu'elle prit fin et que Rémus lui proposa de monter à la tour d'astronomie pour observer le feu d'artifice, le visage de l'inconnu se décomposa. Rémus suivit son regard.
-Oui, il va bientôt être minuit. Un problème?
-Il faut que je parte.
L'inconnu se détacha de la poigne du garde forestier et commença à partir d'un pas rapide. La cloche sonna le premier des douze coups.
Elle en était à son sixième lorsqu'il dévala les escaliers d'honneur. A son dixième lorsqu'il franchit le pont levis.
-LACHE MA JAMBE SALE CORNIAUD!
Il réussi à dégager son pied de la gueule de Norbert et courait en boitillant sur le chemin menant à la forêt lorsque le douzième coup retenti.
Rémus qui l'avait suivi, s'arrêta près de l'enclos du dragon pour ramasser une botte en cuir un peu déchiquetée. Il la regarda pensivement, un sourire au coin des lèvres.
oOoOo
L'après-midi était déjà bien avancé et un calme royal régnait dans la petite maison en bordure de la forêt. Si l'on exceptait le bruit des coups de hachoir.
Severus coupait ses racines comme si... comme si c'était la barbe de ce vieux fou de Dumbledore. Cette idée de le forcer à aller au bal sous une autre apparence était RIDICULE.
En plus il avait failli y laisser sa jambe.
Il coupa les racines avec plus d'acharnement. Cela n'avait bien sur rien à voir avec le fait qu'il avait passer une soirée agréable.
Il n'avait PAS passé une soirée agréable.
Une soirée agréable consistait à siroter une tisane en lisant un vieux grimoire. Surement pas à...
Quelqu'un frappa à la porte.
-Par Morgane! Ne peut-on pas laisser un ERMITE seul?
Severus alla néanmoins ouvrir la porte et poussa un soupir agacé. Rémus se tenait sur le seuil, un sourire timide aux lèvres.
-Bonjour Severus.
-Lupin.
Il arrivait parfois au garde forestier de passer chez lui, au nom de ce qu'il appelait « l'amitié » « le bon vieux temps » et autres niaiseries. En fait cela lui arrivait tous les jeudi. Et c'était par le plus grand des hasard que le jeudi était devenu jour de grand ménage dans la maison. C'était aussi le jour où Severus portait ses robes les plus hum... les moins rapiécées. Récemment, il s'était même acheté une robe noir neuve, à la fois confortable et bien coupée. Et cela n'avait bien entendu aucun rapport avec les visites du loup-garou.
D'habitude, ils troquaient quelques plantes contre des lapins ou des peaux. Échangeaient quelques mots. Parfois quand il faisait froid ou qu'il pleuvait, Rémus s'installait pour une tasse de thé. Et des biscuits au gingembre.
-Que m'apporte-tu aujourd'hui? » Demanda Severus ronchon.
-Oh... je vois que tu es blessé à la jambe?
-Je suis tombé dans l'escalier.
Le sourire de Rémus s'élargit. La petite chaumière était de plain pied.
-Avec la chaleur qu'il fait, je prendrais bien une eau de réglisse. Et je te rapporte ceci.
Le loup-garou lui tendit sa botte, qu'il avait prit le temps de recoudre. Severus se contenta de le fusiller du regard. Rémus posa la botte près de sa sœur.
-Ton odeur. Je te reconnaitrais sous n'importe quelle apparence, tu sais. » Il ajouta pour lui même « Même si c'est celle là que je préfère...
Le visage de Severus se ferma complètement et il croisa les bras sur sa poitrine.
-J'espère que tu t'es bien amusé alors. Tu connais la sortie.
-J'attends toujours mon eau de réglisse. Et je ne vois pas pourquoi je partirais.
Comme le maître ès potions du royaume ne répondait pas, Rémus s'expliqua :
-On se connais depuis qu'on est mômes. On a passé pas mal de temps ensemble jusqu'à ce que tu parte en formation à Drumstang. Et puis tu as suivi ton professeur à travers le monde. J'avais parfois des nouvelles de toi parce qu'il venait m'en donner en apparaissant subitement dans un nuage rose... »
A ce moment Severus marmonna quelque chose qui ressemblait à « l'étouffer avec ses bonbons au citron... »
-Et puis au bout de 25 ans d'absence tu reviens t'installer ici. J'ai cru que j'allai crever de bonheur! Cela va faire dix mois que j'essaye de te faire la cour, Severus.
-Recevoir des animaux morts n'est pas exactement ce que j'attends d'une parade amoureuse.» Répondit enfin le taciturne magicien en servant à Rémus l'eau de réglisse demandée.
Celui-ci bouda derrière son verre. Severus soupira :
-Tant que tu ne marques pas ton territoire autour de la maison...
-...et efface moi ce sourire stupide de ton visage, Lupin.
FIN
Note : le baron Samdi fait partie de la culture vaudou.
