Je me réveillai en pleine forme. Je gardais les yeux fermés pour faire durer cet instant. Des doigts caressèrent ma joue. Je repris conscience que j'étais toujours dans les bras de Caius et enfouis mon visage dans le creux de son bras, inspirant à fond l'odeur merveilleuse qu'il dégageait. Tout les trois, Aro, Caius et Marcus; sentaient bon. Aro répandait une odeur de lilas et de soleil. Caius sentait le chèvre-feuille et parfois la framboise. Et Marcus avait une magnifique odeur de sable chaud. Caius bougea légèrement. J'ouvris les paupières. La chambre était remplie de lumière. Elle avait des couleurs chaudes. Des tapisseries dans les tons orange rouge et marrons. Style Renaissance.

_ Cette pièce est très jolie, dis-je doucement.

_ Aro a des goûts très prononcés pour ce qui est l'élégance. Tu n'as qu'à voir comment il s'habille, se moqua Caius.

_ Aro s'habille très bien ! M'offusquai-je.

_ Est-ce que ma petite fleur a bien dormi ? Susurra-t-il à mon oreille, détournant le sujet de discutions.

_ Comme un bébé. Mais... vous n'êtes quand même pas rester toute la nuit à me regarder dormir ? M'enquis-je, soupçonneuse.

_ Tu es si magnifique quand tu rêves, s'émerveilla Caius. J'ai même pu voir de quoi tu rêvais en te prenant la main toute la nuit... Tu as rêver de moi (sa voix dérapa sous l'émotion), d'Aro et de Marcus. Ensuite, tu t'es retrouvée toute seule dans une prairie parsemée de fleurs. Tu en as cueilli une, tu te l'ai mise dans les cheveux. Tu t'es remise à sautiller, tu dégageais la joie de vivre. Tes yeux étaient comme deux projecteurs, tes petites prunelles si merveilleuses et rassurantes. Un rouge-gorge est venu se poser sur ton bras et tu lui as chuchoté : « Je les aimes tellement. Ce sont mes trois anges gardiens... ».

Je me remémorai mon rêve. J'avais bien rêver de tout ça...

Caius attrapa le verre qu'Aro avait déposer hier et me le tendit. Je le saisis et fut en proie à un souvenir que j'aurai voulu ne jamais revoir apparaître...

Flash Back :

Je courais dans la prairie, je riais, un rire des plus jolie qui pouvait exister. Ma robe rose pâle flottait au vent, j'allais tellement vite, j'avais l'impression de voler... De à peine toucher le sol. Le ciel était pur, sans aucun nuage. Le soleil brûlait et ma peau d'ivoire se couvrit de millier de diamants. Je ralentissais tranquillement. Quand soudain, je sentis une magnifique odeur, j'inhalai profondément. Je me mis à sautiller vers cette merveilleuse odeur. Je m'arrêtai. Un humain cueillait des fleurs. Il était penché sur elles pour sûrement mieux les contempler. Son sang était trop tentant pour un vampire aussi faible que moi. Ma gorge me brûlait atrocement et sans plus attendre je me jetai sur cet humain. Je n'eus pas le temps de voir sa réaction car mes instincts vampiriques prirent le dessus. J'enfonçai mes dents dans sa chair et but tout son sang. Il était merveilleusement bon, mes papilles le sentaient. Quand j'eus finis, j'essuyai ma bouche avec ma manche et je me rendis compte de ce que je venais de faire. J'étais un monstre. Une horrible créature qui venait d'ôter la vie à une personne pourvue de sentiments. Qui pouvait éprouver de la compassion, de l'amour, de la pitier, de la tristesse, du bonheur... Et moi je n'étais qu'une affreuse chose répugnante qui n'avait pas de sentiments, où si c'était le cas, les miens étaient faux !

Je m'agenouillai près de la dépouille de ma victime en sanglotant et hurlant mon désespoir. J'étais horrible ! Comment avais-je pu faire cela ? Je méritais de mourir à mon tour ! D'endurer mille souffrances comme venait de subir ce pauvre humain que j'avais tué ! Je me remis debout et allai défoncer un arbre. Il s'abattit par-terre avec fracas. J'arrachai tout ce qui se trouvait sur mon passage criant. J'étais tellement en furie que j'essayais de me lacérer le visage, mais sans succès. Je rentrai alors chez moi en pleurant, mes mains cachaient mon visage que je ne souhaitait plus jamais revoir de mon existence...

Fin du flash back.

Je sentis une pression sur mon bras. Caius me secouait légèrement pour me faire sortir de ma transe.

_ J'ai dit quelque chose qu'il ne fallait pas ? M'interrogea-t-il.

_ Non, non tout va bien, le rassurai-je. C'est juste qu'un souvenir douloureux pour moi vient de resurgir quand j'ai vu le verre que vous me tendiez.

Je désignai le verre rempli de sang humain. A en juger l'odeur si tentante.

_ Si tu préfères boire autre chose...

_ Non ! Le coupai-je. J'ai vraiment soif.

J'esquissai un sourie. Caius ne retint pas le sien contrairement à moi. Je pris le verre entre mes mains frêles. Je portai le liquide à mes lèvres. Une fois le sang dans ma bouche, je rouvris les paupières, mon regard dans le vide... Je me voyais, moi et Caius, main dans la main. Mon annulaire gauche portait une bague des plus magnifiques. Une monture en argent et des petits diamants et saphirs incrustés dedans. Je levai ma main et la faisait pivoté pour mieux contempler mon alliance. Des bras glacés m'entourèrent dans une étreinte indestructible. Caius me souriait et embrassa légèrement mes lèvres rosées. Il se pencha vers mon oreille et me murmura cette question :

« Veux-tu m'épouser Didyme Millinecci ? »

Je revins à l'instant présent. Une vision ? J'avais entendue mon nom. Le nom de mon ancienne famille... Ma famille avait des origines italiennes. Elle était raffinée, chaleureuse. Tout pour être nommée LA famille parfaite.

_ Tu souhaites m'en parler Didyme ? Demanda la voix de mon ange près de moi.

_ Te parler de quoi Caius ?

Ce dernier plongea ses yeux dans les miens. Ses prunelles brûlaient de tendresse, j'y perdis pieds. Elles m'incendiaient au plus profond de moi-même. Je posai mes doigts sur sa joue et la caressait affectueusement. Caius ferma les yeux et soupira d'aise. Je baladai mon autre main dans ses longs cheveux blonds et soyeux. Ils étaient doux comme son regard qu'il venait de m'adresser quelques secondes auparavant. Je touchai tout les traits de son visage pour les mémoriser, car au fond de moi je savais que si je devais le perdre un jour, je n'y survivrais pas.

_ Veux-tu me parler de ta famille ? Continua-t-il. Si tu t'en souviens.

Il prit ma main et caressa mes phalanges. Je pris une forte inspiration pour me donner du courage et commençai.

_ Ma mère s'appelait Aluna et mon père Lanzo. J'avais une sœur, Fanelly. Elle comptait énormément pour moi. C'était un peu comme ma jumelle. Nous vivions en harmonie tous. Nous n'entendions que mes rires et ceux de ma sœur toute la journée. Ma sœur avait le pouvoir d'amener le soleil et à chaque fois que nous jouions ensemble, elle regardait vers le ciel, fermait les yeux et ouvrait les bras. Quand elle rouvrait les paupières, ses prunelles étaient en fusion, comme si elle avait absorbé la lumière du soleil. Ensuite, elle ouvrait la bouche et laissait échapper une boule jaune comme un soleil et cette boule montait haut dans le ciel. C'est à ce moment là que l'on s'apercevait qu'il faisait sombre et que grâce à son soleil, la lumière revenait.

_ C'est un jolie pouvoir, commenta Caius.

_ Mon père n'avait pas de pouvoir particulier et ma mère... eh bien... Iluna était une humaine. Elle était ma mère biologique. Fanelly est morte à l'âge de 11 ans. Enfait, nous nous baladions elle et moi dans la forêt près de notre maison et elle m'a dit :

« Tu sais 'Dyme, je partirais un jour. Je ne sais pas quand, mais un jour peut-être viendra... »

« Non ! 'Nelly ! Nous sommes immortels ! Nous ne pouvons mourir. »

Elle m'a sourit et disparût dans le cœur de la forêt. C'était sa façon à elle de dire : « Cache-Cache ! » Je comptait jusqu'à 40 et commençai à partir à sa recherche. Je l'hélai depuis au moins 1h, en criant qu'il se faisait tard, que papa et maman allaient s'inquiéter. J'entendis des voix parler bruyamment. Je me cachai derrière un arbre et observait la scène qui se déroulait sous mes yeux.

Deux femmes blondes étaient debout devant ma sœur, qui, elle, était accroupi et en sang. J'ai retenu un hurlement en plaquant ma main sur ma bouche. L'une des deux femmes avait un regard plein de compassion et de gentillesse. L'autre avait les yeux emplient d'ardeur belliqueuse et sans pitier. Cette dernière s'adressa à ma sœur.

_ C'est quoi ton nom ? L'agressai-t-elle.

_ Fanelly Millinecci... bégayai ma sœur.

_ Que faisais-tu ici ? Tu m'as déranger en plein dîner ! Sais-tu au moins à qui tu parles ?

_ N...non.

Ma sœur était en état de choc. Et moi je ne pouvais rien faire. Je ne savais pas me défendre. Je serais morte en essayant de la protéger.

_ Je suis la femme d'un homme issu d'une famille royale ! Comment as-tu oser petite peste de venir me déranger en pleine chasse ?

Les yeux de son agresseuse étaient d'un rouge brûlant, qu'il vous incinérait au premier regard.

_ Veuillez me pardonner, s'excusa Fanelly. Mon intention n'était pas de vous déranger et de déclencher votre colère. Excusez-moi...

_ Je n'en ai RIEN à faire de tes excuses ! Je vais te tuer ! Tu n'es qu'un monstre comme nous ( elle désigna elle-même et sa comparse ) ! Tu ne mérites rien d'autre que de mourir !

Je ne pouvais en entendre plus. Je suis partie en pleurant à chaudes larmes et en courant, j'entendais les cris de douleur de ma sœur. Et je n'oublierai jamais cette phrase que j'ai dite à son intention : « Je te suivrai pendant toute notre Éternité. Mais ne va pas là où je ne peux te suivre. ». Mes parents apprirent la mort de Fanelly et ils se laissèrent mourir. Jusqu'à ce qu'ils m'abandonnent, en me donnant comme prétexte que j'étais un poids énorme pour eux car j'étais fragile.

Je me tus. Caius a suivis mon récit avec intention. Les larmes me montèrent aux yeux et se déversèrent sur mes joues. Caius me prit dans ses bras et me berça doucement en me chuchotant des mots rassurants.

_ Viens, dit-il. Nous allons racontez tous ça à Aro.


On en sait plus sur le passé de 'Dyme :D