Titre: Ginny Weasley en 1938

Disclaimer: Tout appartient à J.K. Rowling.

Note: Bonjour! Je tiens à remercier ValarieaDROP32, silverbellatrix, miss dam dam et Akhen pour les review :) Merci à Ayla2232 pour ses précieux conseils et première correction et à Rowena Cassandra Ravenclaw pour la relecture. Alors voilà le chapitre 2, comme promis. J'espère que vous aimerez et rappelez-vous, les reviews sont ma seule paye ! xxx Gabiielove

CHAPITRE 2: Le retourneur de temps

- Pour te rappeler ta promesse Ginny.

Elle se réveilla d'un coup, le souffle coupé et le visage blême. Elle avait rêvé de Tom Jedusor, encore. Elle lâcha un soupir sonore, fatiguée de toujours rêver à cette satanée Chambre des Secrets. Toutefois, son rêve était différent, l'ambiance était différente et elle savait que ce n'était pas juste un cauchemar. Pourtant, plus elle tentait de se rappeler de son rêve, plus il semblait s'envoler en fumée. Elle regarda sa montre qui indiquait 4h35 du matin. Elle finit par se lasser de tenter de se rappeler de son rêve et se leva, sachant qu'elle aurait été incapable de se rendormir.

D'ordinaire, le lundi n'était pas sa journée préférée, mais celui-ci était différent. Elle avait mis au point un plan parfait pour coincer Hermione et elle sentait qu'elle allait réussir, elle devait réussir. Elle sentait au plus profond d'elle-même que découvrir ce mystère était essentiel. Ginny était parfaitement consciente que son comportement était excessif et obsessionnel, mais c'était plus fort qu'elle. Elle n'arrivait tout simplement pas à s'en empêcher.

Ginny avait bon espoir que cet objet puisse remonter le temps. Sa tête lui disait que c'était impossible, mais son instinct lui disait le contraire. Depuis qu'elle avait réalisé qu'il serait tout à fait possible qu'Hermione utilise un artéfact de ce genre, l'idée de remonter le temps pour modifier les évènements avait fait son chemin dans sa tête. Par contre, elle refusait de se laisser aller à de telles espérances sans être absolument certaine de sa théorie. C'était exactement pour cette raison qu'elle avait décidé de mettre son plan à exécution, prenant même le risque de se fâcher avec Hermione.

Elle avait décidé de sécher son premier cours de la journée, Histoire de la Magie, pour suivre Hermione. Celle-ci s'était rendue directement à la classe d'Arithmancie après le petit-déjeuner. Cela faisait un peu plus de trente minutes que Ginny attendait discrètement, cachée derrière un rideau, qu'Hermione sorte de la salle de classe d'Arithmancie. Logiquement, elle n'avait pas pu se rendre au cours de Divination ni au cours d'Étude des Moldus.

Hermione sortit en dernier de la salle de classe, trainant difficilement avec elle une pile de livres tous plus lourds les uns que les autres. «Parfait! » se dit Ginny, elle sera encore plus facile à suivre. Le groupe d'élèves avait déjà bien distancé Hermione, la laissant seule dans le couloir. Ginny la suivait en collant le mur opposé aux fenêtres, se camouflant dans la noirceur. Hermione s'engagea brusquement dans un corridor peu fréquenté et s'enferma dans un placard. Ginny sut que c'était maintenant ou jamais. Elle ouvrit doucement la porte, sans bruit, et aussitôt qu'elle eut repéré Hermione, elle la pointa de sa baguette et lui lança le sortilège du saucisson.

-Petrificus Totalus !

Le sort semblait avoir fonctionné, car Hermione ne bougeait plus d'un pouce. Ginny lui retira doucement le pendentif, le fourra dans la poche intérieure de sa robe de sorcière et s'enfuit directement vers son dortoir. Elle savait qu'elle n'avait que très peu de temps avant qu'Hermione ne se réveille, son sortilège du saucisson n'étant pas encore très puissant. Elle arriva, essoufflée et le visage rouge, dans le dortoir des filles de deuxième année. Elle était évidemment seule puisqu'à cette heure tout le monde était en classe.

Elle sortit le pendentif de sa poche et l'observa longuement. Il était composé d'une très longue et fine chaîne en or d'où pendait à son extrémité un très petit sablier comportant une manivelle dorée. Le sablier faisait référence au temps. Elle en était presque sure maintenant, cet objet allait lui permettre de remonter le temps. Elle allait pouvoir revenir entre le moment où le journal de Tom Jedusor avait été mis dans ses affaires scolaires et le moment où elle s'était aperçue de son existence. Ainsi personne ne saurait jamais que le journal avait existé, personne ne la regarderait plus jamais avec toute cette pitié et elle pourrait enfin vivre sa scolarité librement.

Elle passa la chaîne du pendentif autour de son cou et prit le sablier entre ses mains, espérant y voir apparaître une quelconque indication sur la façon de l'utiliser. Le sablier resta tel quel, obligeant la jeune fille à deviner comment l'utiliser. Elle réalisa qu'elle allait devoir procéder à des tests si elle voulait remonter plus d'une année plus tôt.

- Bon eh bien, quand faut y aller… soupira-t-elle.

Elle se cacha derrière le rideau de fenêtre à côté de son lit puis tourna la manivelle cinq fois. Elle sentit qu'elle passait dans une sorte de tourbillon, sa vision était trouble et, lorsqu'elle commença à avoir mal au cœur, tout s'arrêta. La première chose qu'elle réalisa fut qu'il faisait noir. Elle risqua un coup d'œil rapide derrière le rideau, son cœur battait la chamade et elle avait l'inquiétante impression que tout le monde pouvait l'entendre. Rien. Tout le monde dormait à poing fermé. Elle jeta un coup d'œil à sa montre qui, malheureusement, ne semblait pas avoir réalisé avoir voyagé dans le temps, elle indiquait toujours 9h33. Elle se risqua à sortir de sa cachette, marchant sur la pointe des pieds et bloquant sa respiration. Le dortoir était le même que lorsqu'elle s'était levée, sa valise à moitié ouverte près de son lit, rideaux fermés, et une robe de sorcière accrochée aux barreaux du baldaquin. Elle entendit un gémissement venant de son lit, son cœur s'arrêta et elle retourna immédiatement derrière le rideau, espérant ne pas avoir été entendue. Elle s'entendit se réveiller brutalement et soupirer. C'était définitivement très bizarre de se retrouver dans la même pièce qu'elle-même.

Elle regarda sur un des réveil matins, il était exactement 4h35 du matin. Elle se rappelait parfaitement s'être réveillée à cette heure-là le matin même. Il y avait donc cinq heures de décalage pour cinq tours de sablier. Après un calcul rapide, elle réalisa qu'il lui faudrait faire plus de huit mille tours pour remonter un an plus tôt, autrement dit : impossible. Mais comme elle avait grandi avec les jumeaux Weasley, impossible ne faisait pas partie du vocabulaire de Ginny. C'était tout simplement l'annonce d'un nouveau défi. Elle se mit à faire le bilan de tous les sortilèges qu'elle connaissait. Elle avait pensé à Amplificatum, mais ce sortilège n'aurait fait qu'agrandir l'objet et non augmenter sa puissance. Elle avait aussi pensé à un sortilège que les filles utilisaient souvent le matin sur leur séchoir à cheveux, Amplificatum Quod, qui servait à améliorer la vitesse du séchage de cheveux lorsqu'on se levait en retard. Elle ne connaissait aucune autre utilité à ce sortilège capillaire et décida de l'essayer sur un objet différent, pour savoir si ça fonctionnerait sur autre chose. Elle se sentit soudainement fébrile, si ce sortilège fonctionnait, elle pourrait enfin arriver à effacer ces évènements horribles dont elle avait été l'initiatrice et redevenir la jeune et gentille Ginny Weasley.

Elle fit un tour rapide de la pièce et chercha un objet magique sur lequel elle pourrait tester ce sort. Une carafe d'eau se remplissant d'elle-même, un Rapeltout, une paire de souliers Laço-magik ou une chandelle qui ne s'éteignait jamais. Elle entendit quelqu'un bouger dans son lit et se mettre à tousser, elle devait faire vite avant que les autres filles ne se réveillent. Elle prit un des souliers qui se laçaient d'eux-mêmes et lui lança le sortilège d'un murmure. Rien ne sembla se passer, mais il en était de même pour les séchoirs à cheveux donc cela ne voulait rien dire. Elle chaussa rapidement le soulier et attendit. Trois secondes plus tard, un nœud des plus complexes était apparu, beaucoup plus raffiné que la boucle qu'il produisait originalement.

La jeune Ginny eut du mal à s'empêcher de crier de joie. Elle s'empressa de remettre le soulier à sa place et retourna se cacher derrière le rideau. Elle prit le pendentif doré dans ses mains avec délicatesse, le pointa de sa baguette magique et lui lançant le sortilège d'amplification magique. Elle attendit quelques secondes, hésitante. Elle se dit qu'elle n'avait rien à y perdre, dans le pire des cas, le sort ne fonctionnerait tout simplement pas. Elle prit une grande inspiration et tourna le sablier une seule fois, incapable de faire un autre tour puisqu'elle était déjà emportée dans un tourbillon beaucoup plus intense que celui précédant. Elle tenta de fermer ses yeux pour éviter d'avoir mal au cœur, mais tout allait si vite qu'elle en fut incapable. Le temps passait d'une façon étrange, Ginny aurait été bien incapable de dire depuis combien de temps elle avait tourné ce fameux sablier. Une minute ou quelques heures ? Impossible à dire.

Le tourbillon finit par cesser, ramenant brutalement son estomac à la réalité en déversant son contenu sur le tapis rouge de la salle commune. Ginny prit quelques secondes pour reprendre son souffle, sa respiration s'étant traîtreusement arrêtée durant son voyage temporel. Elle rangea le pendentif sous son uniforme et nettoya le sol d'un Recurvite. Elle fit un rapide tour de la pièce qui lui était familière. Le dortoir était vide, les meubles cachés sous de lourds draps blancs poussiéreux. Elle regarda par l'une des grandes fenêtres et vit un ciel sans nuage réchauffé par un levé de soleil brûlant et lumineux. C'était apparemment la période estivale. Son visage blême repris des couleurs, elle avait visiblement réussi! Il ne lui restait plus qu'à savoir exactement à quelle date elle avait atterri pour réaliser la prochaine partie de son plan. Elle espérait que le château soit vide pour pouvoir se faufiler plus facilement à l'extérieur vers le village de Pré-au-Lard. Elle s'y cacherait le temps de savoir avec certitude que la Ginny de cette époque ait en sa possession le journal de Jedusor. Elle ferait alors le voyage par le réseau public de cheminées pour se rendre au Terrier et voler le journal. Enfin, elle le détruirait et pourrait enfin reprendre sa vie normalement.

Avant de partir du château, elle se rendit à la salle de bain du dortoir pour se rincer la bouche et faire un brin de toilette. En se voyant dans le miroir, elle grimaça en voyant ses cheveux en broussaille et ses vêtements fripés. Sa mère ne serait pas fière d'elle. Elle tenta de démêler ses cheveux avec ses doigts et arriva à un résultat plutôt satisfaisant. Elle enleva son uniforme de Poudlard et le cacha dans l'armoire sous l'évier. Si elle voulait rester discrète, un uniforme de Poudlard en plein été ne serait certainement pas le meilleur moyen.

Elle prit le chemin menant à la sortie principale, longeant les murs et retenant sa respiration aux moindres bruits. Elle ne croisa personne, les tableaux étaient vides, les professeurs absents, et même les fantômes semblaient s'être évaporés du château. Les meubles étaient tous cachés sous les mêmes draps qu'elle avait vus dans son dortoir. La jeune fille avait tout d'abord été surprise de ce vide sinistre, puis avait trouvé logique que Poudlard ferme complètement ses portes pour la saison d'été. Il aurait été ridicule que les professeurs continuent de patrouiller dans les couloirs alors qu'aucun élève ne s'y trouvait. Elle arriva finalement devant la Grand porte, se demandant comment tout cela pouvait être aussi facile. Elle actionna la lourde poignée comme elle avait vu les professeurs le faire, puis attendit que la porte s'ouvre. Ce qu'elle fit assez lentement et dans un vacarme étonnant, amplifié par le manque de bruits aux alentours. Ginny sentit son cœur arrêter de battre, elle se colla contre le mur derrière elle et se faufila entre deux colonnes suffisamment grandes pour la cacher entièrement. Elle était certaine qu'on avait entendu la porte grincer à des kilomètres à la ronde et elle n'avait plus qu'à prier pour que personne ne la trouve dans sa cachette.

S'il y avait une chose dont elle était certaine, c'est que se faire repérer réduirait non seulement ses plans à néant, mais elle risquerait assurément la prison pour avoir osé jouer avec le temps. Elle restait là, sans bouger et respirant à peine, et fixait la porte en attendant de voir des gens arriver. Mais ces gens ne vinrent pas.

- Non, mais ça va pas ! Je suis bien trop nerveuse… Se dit Ginny à voix haute.

Elle lâcha un rire nerveux et sortit de sa cachette. En marchant le long de la longue allée qui menait à la sortie du domaine de Poudlard, elle ne put s'empêcher de lancer des regards nerveux autour d'elle et se trouvait beaucoup trop exposée ainsi au milieu du terrain avec nulle part où se cacher en cas de besoin. Elle arriva à la porte grillagée qui fermait le domaine aux intrus. Celle-ci, à l'instar de la Grande porte, ne lui offrit aucune résistance lorsqu'elle poussa pour l'ouvrir. Une fois sortie du domaine, elle vit la porte se refermer et se verrouiller et elle comprit qu'elle avait été sotte. Les défenses du château agissaient contre les intrus voulant pénétrer le château, pas ceux qui voulaient en sortir. Elle s'autorisa un petit rire avant de reprendre sa route vers Pré-au-Lard, d'humeur plus légère et d'un pas sautillant.

La marche fut plus longue que ce à quoi elle s'attendait. Elle n'était pas encore allée à Pré-au-Lard, puisqu'elle n'était encore qu'en deuxième année. Elle avait clairement sous-estimé le trajet à pied, car le soleil arrivait déjà à son zénith lorsqu'elle arriva à la limite du village. Village qui semblait d'ailleurs étrangement calme pour une belle journée d'été comme celle-ci. Elle se promena un instant, se demandant comment elle allait s'organiser pour ne pas se faire repérer durant les prochains jours tout en mangeant à sa faim. Elle réalisa qu'elle avait peu pensé à cette partie du plan, concentrée uniquement sur son moyen de retourner dans le temps. Il fallait qu'elle réfléchisse à tout cela, elle ne pourrait s'abstenir de manger durant Merlin seul sait combien de jours.

Elle marchait depuis plusieurs heures déjà et la faim et la soif commençait à se manifester. Le village semblait abandonné, les commerces étaient tous fermés et il n'y avait pas âme qui vive. Ginny commençait à avoir des doutes, peut-être avait-elle atterri dans une autre dimension. Ou alors tout le monde était invisible et se moquait d'elle dans son dos. Ou bien il y avait un grand festival et tous les sorciers s'y étaient rendus, laissant la place entièrement vide derrière eux. Ou bien tout le monde s'était transformé en oiseau et avait décidé de migrer vers le Sud. Ou bien encore c'était la journée internationale de la flemme et tout le monde restait bien tranquille dans son salon. Pourtant, une année plus tôt, Ginny était certaine qu'aucune journée spéciale ou festival particulier n'avait eu lieu. Elle vit, sur la devanture du magasin de la poste magique, une pile de journaux.

- Enfin, je vais pouvoir savoir ce qui se passe ici. Murmura-t-elle pour elle-même.

Elle prit le premier journal sur le dessus de la pile et lut le titre de la Gazette du Sorcier. Ce qu'elle y lut lui fit l'effet d'un coup de poing dans l'estomac.

« GRINDELWALD DÉCIME UNE FAMILLE DE SANG-MÊLÉ SUR LE CHEMIN DE TRAVERSE ! »

Grindelwald était mort. Des dizaines d'années auparavant. C'était tout simplement impossible. Son cœur se mit à battre à une vitesse vertigineuse, un frisson d'horreur parcourant sa colonne vertébrale. Elle regarda la date qui figurait en haut à gauche du journal.

- 01 août 1938. Lut-elle d'une voix blanche.


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