Chapitre 3


Merci à Mily d'être ma béta et merci à acronyme et tralalaire pour leur review.

Bonne lecture !


Les menaces de Voldemort s'étaient faites plus présentes au fil du temps. Sirius ne venait plus voir Harry, passant tout son temps en « mission ». De toute façon, il savait qu'Harry était entre de bonnes mains avec Aurélie. Il n'en avait aucun doute. Cependant, James était aussi présent que lui auprès du petit et cela inquiétait Sirius. Il savait que James n'avait pas le choix, toutefois, il aurait préféré que James et Lily soient épargnés par toute cette histoire qui prenait des proportions gigantesques.

Encore hier, une attaque de mangemorts avait tué des dizaines d'innocents tout en blessant le double. Lily avait été appelée d'urgence. Elle avait tout laissé tomber en faisant un crochet plus que rapide chez Aurélie. Celle-ci n'avait même pas eu d'explication. Elle avait juste eu le temps de réceptionner le bébé que Lily se précipitait déjà dans la rue.

Les blessures étaient tellement graves, et il y avait tellement de chose à faire, que Lily ne put reprendre Harry que deux jours plus tard. Elle était totalement épuisée et Aurélie s'en inquiéta. Elle avait entendu parler des attentats cependant comme son département n'avait pas été appelé, elle avait supposé que ces derniers n'avaient pas été aussi important qu'il n'y paraissait. Néanmoins, quand Lily disparut de plus en plus souvent, Aurélie commença à faire sa petite enquête. Elle découvrit vite qu'aucun hôpital de la région ne possédait une employée nommée Lily Evans et que, d'ailleurs, aucun de ces hôpitaux n'avaient été appelé pour s'occuper des blessés des attentats.

Un mystère de plus sur la liste se dit-elle. Pourtant, elle commença à réaliser l'étendu du secret qui se cachait derrière ses amis. Un dangereux secret qu'il ne valait certainement mieux pas découvrir. Ses amis l'avaient protégée comme elle s'y était attendue. Alors elle avait réussi à faire taire sa curiosité du mieux qu'elle pouvait et elle s'était contentée d'être toujours disponible pour réceptionner Harry au moindre problème.

Cependant, plus le temps passait, moins les choses s'arrangeaient. Lily était devenue l'ombre d'elle-même et la présence de Sirius, Remus, Peter et James s'était faite inexistante. Harry restait désormais parfois des semaines chez Aurélie sans que personne ne vienne le voir ou ne prenne des nouvelles. Cette dernière avait ainsi de plus en plus de mal à le faire dormir sans qu'il ne réclame ses parents à corps et à cris.

Toutefois, tout rentra en ordre durant une semaine. Une petite semaine où le petit groupe ne passa pas un jour sans se réunir autour d'un bon repas. Une semaine à ne jamais mentionner les évènements extérieurs.

Le dimanche alors qu'elle venait récupérer son sac dans le salon. Elle entendit probablement ce qu'elle n'aurait jamais dû entendre. Lily et James avaient prévu de déménager. Le plus étrange dans l'histoire était qu'une seule personne du groupe saurait où les trouver : le gardien du secret. Apparemment, ils se mirent tous d'accord pour choisir Sirius. Néanmoins, un silence de mort accueillit ce choix. Le désigné ne semblait pas ravi du poids qui venait de s'abattre sur ses épaules. Il sembla y réfléchir un moment sans pouvoir mettre en place ses idées. Alors, il finit par lâcher un « Laissez-moi réfléchir... » avant de se lever de table.

Comprenant qu'elle allait bientôt être découverte, elle recula précipitamment pour donner l'impression qu'elle venait tout juste de revenir. Elle avait réussi à sortir sans faire de bruit, elle attendit un petit peu et s'apprêta à taper quand Sirius ouvrit la porte. A peu de chose près, elle aurait frappé sur son torse.

« J'ai oublié mon sac, déclara-t-elle gênée face au regard vide que lui adressait Sirius. Quelque chose ne va pas ?

_ Non, tout va très bien », murmura-t-il avant de la contourner pour partir en premier.

Elle le suivit du regard jusqu'à ce qu'il disparaisse au coin d'une rue. Pourquoi la nouvelle adresse du couple semblait avoir un sens si... glauque ? Pourquoi n'était-ce pas un bonheur pour tout le monde ? Pourquoi n'aurait-elle pas le droit de savoir où ils s'installeraient ? Et pourquoi Sirius semblait-il si accablé ? Elle inspira un grand coup avant de pénétrer dans la maison qui serait bientôt vide.

« Je suis de retour, cria-t-elle en rentrant pour se faire remarquer mais aussi pour ne pas laisser le champ libre à sa curiosité. J'ai oublié mon sac, quelqu'un l'aurait vu ?

_ Il est sur le fauteuil, déclara Lily en ouvrant la porte du salon.

_ Merci, lui sourit Aurélie avant de se précipiter dans le salon pour le récupérer. Bon, cette fois-ci je suis vraiment partie !

_ Je peux te parler avant que tu ne t'en ailles », me demanda Lily les yeux embués de larmes. Aurélie ne put qu'acquiescer en la suivant dans une pièce reculée. Il s'agissait de sa chambre quand elle venait dormir au manoir, ce qui n'était plus très fréquent... Le lit était prêt, les lumières étaient même déjà allumées se reflétant dans le gigantesque miroir recouvrant le mur en face du lit.

« De quoi voulais-tu me parler ? », s'enquit Aurélie après avoir attendu patiemment que Lily commence. Cette dernière plutôt que de lui répondre, la prit dans les bras pour pleurer à chaudes larmes. Prise de court, Aurélie ne sut réellement quoi faire. Elle resta donc plantée comme un piquet un bon moment avant d'entraîner Lily vers le lit. Elle l'y réconforta comme elle le put en attendant une explication.

« Je suis désolée, sanglota Lily, mais nous n'avons plus le choix.

_ Que se passe-t-il Lily ? demanda Aurélie aussi calme qu'elle le put.

_ Je ne peux pas tout t'expliquer seulement c'est devenu trop dangereux ici, aussi bien pour nous que pour toi.

_ Vous êtes menacés, s'enquit son amie définitivement inquiète.

_ Nous allons déménager en attendant que la situation se stabilise, tu n'entendras plus jamais parler de nous. »

Aurélie déglutit difficilement. Elle savait pourtant à quoi s'attendre mais être coupé de ses amis durant un temps indéfini lui semblait soudainement bien trop réel. Le pire était peut-être qu'elle s'était dit qu'elle aurait au moins des nouvelles. Apparemment, elle n'aurait ni lettre, ni coup de téléphone. Elle ferma les yeux un instant pour se rappeler que tout ceci était nécessaire pour son bien et le leur.

« Quand partez-vous ?

_Demain, murmura Lily pour unique réponse.

_ Je n'aurais ni lettre, ni coup de téléphone ?

_ Je ne sais pas... Je ne pense pas, révéla Lily en baissant la tête.

_ Mais au moins vous ne courrez aucun risque là où vous allez, n'est-ce pas ?

_ En toute logique, oui. Cependant, rien ne reste sûr, déclara Lily avant de lever son visage inondé de larmes.

_ Puis-je avoir votre dernière photo de famille pour me rappeler de vous ? », murmura Aurélie, résignée. Elle voulait juste cette photo, celle qu'elle avait prise elle-même. Elle était tellement belle et tellement représentative de cette famille. James y avait Lily dans les bras qui regardait son fils jouer avec Sirius d'un regard bienveillant. Cela avait été un vrai calvaire de prendre cette unique photo. Il y en avait toujours un pour bouger et du coup, elle avait dû au moins faire cent clichés avec son appareil pour en avoir une sans visage flou, aux yeux fermés ou avec une merveilleuse grimace.

« Nous passerons te donner le cadre demain.

_ Mais il est gigantesque, s'écria Aurélie.

_ Nous ne pourrons pas le prendre avec nous de toute façon. Autant qu'il soit chez toi. Et puis nous avons toujours la petite photo, nous pourrons l'agrandir à nouveau une fois sur place. »

Aurélie se leva. Il était temps pour elle de partir, de sortir de leur vie. Elle avait l'impression qu'elle ne les reverrait jamais pourtant Lily lui jurait le contraire, alors pourquoi cette sensation ne voulait-elle pas la laisser en paix ? Elle repassa par le salon pour faire ses adieux au reste de la bande. Remus la prit dans ses bras, Peter lui serra la main en se rapetissant sur lui-même, James détourna les yeux avant de la prendre également dans ses bras. En y réfléchissant, Aurélie se rendit compte qu'elle ne pourrait probablement jamais dire au revoir à Sirius. Elle leur demanda alors de s'en charger.

Elle sortit ensuite sans se retourner une seule fois entre la maison qu'elle venait de quitter et la sienne. Il n'y a que quand elle referma la porte à double tour qu'elle s'affala contre la porte. Elle sanglota recroquevillée sur elle-même attendant que la crise de larmes se calme. Cependant, rien ne semblait arrêter le flot de sa peine. Elle venait de perdre ses meilleurs amis. Elle ne les reverrait plus.

C'est une poigne amicale et réconfortante qui la sortit de sa torpeur pour laisser place à une peur sans nom. Elle se dégagea d'un coup sec avant d'essayer de se redresser, cependant sa tête rencontra la porte et elle se retrouva à nouveau par terre, un mal de crâne en plus.

« Désolé, je ne voulais pas te faire peur », murmura une voix douce un peu plus loin qu'elle ne l'avait estimé. Elle avait l'impression de connaître cette personne seulement son coup à la tête venait d'assourdir les sons qui l'entouraient et ses larmes brouillaient toujours sa vision des choses. Elle dut attendre quelques secondes avant de reconnaître Sirius qui se tenait dans l'entrebâillement de la porte de son salon. Elle lui sourit piteusement avant de se jeter dans ses bras et de pleurer à nouveau comme une véritable fontaine intarissable.

« Tu es sûre de pouvoir t'arrêter de pleurer ? Non, parce que je commence à en douter, ça fait maintenant deux heures que tu pleures...

_ Désolée, rit-elle tristement contre son torse. Faut croire que j'ai trop bien dormi hier pour que mes pleurs ne m'endorment.

_ Ce n'est pas grave, j'attendrai que tu te remettes de la nouvelle.

_ Je suppose que je ne te reverrai plus non plus, murmura-t-elle en se blottissant un peu plus dans ses bras.

_ C'est fort probable. Je peux tout de même venir te donner quelques nouvelles de temps en temps. »

Elle releva la tête, les yeux brillant de larmes mais également d'attente. Elle sonda son regard pour y chercher un quelconque mensonge pour n'y trouver de la sincérité. Elle lui sourit, un vrai sourire qui n'était entaché que par les larmes déjà versées. Quand une pensée lui traversa soudainement l'esprit.

« Comment es-tu rentré ?

_ Un bon magicien ne révèle jamais ses trucs. »