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Chapitre III

Les premiers rayons du soleil les cueillirent dans une position similaire à celle dans laquelle ils s'étaient endormis, les mains de Bill agrippant encore mollement le t-shirt de Tom et son visage reposant contre son épaule.

Il grogna doucement, dérangé par la luminosité, et grimaça face à la douleur que lui provoquait ses membres ankylosés par l'inconfort de sa courte nuit. Il sentit un souffle contre ses cheveux et releva ses yeux rouges et embués de sommeil vers ceux de Tom qui le dévisageait, légèrement inquiet. Il le gratifia d'un sourire un peu gêné, et lui glissa un 'merci' au creux de l'oreille, avant de déposer un léger baiser sur sa joue, le surprenant.

Bill se redressa et étira ses bras vers le haut pour détendre ses muscles, ne remarquant pas tout de suite l'air extrêmement gêné qu'affichait Tom. Ce n'est que lorsqu'un bout de tissus tomba à ses pieds qu'il comprit. Il ramassa vivement le gilet de Tom pour l'enfiler, refermant d'un geste la fermeture éclair, et partit d'un grand éclat de rire. Il se savait l'air complètement ridicule, dans un sweet qui lui arrivait presque au niveau des genoux. Son rire se fit plus nerveux, et Tom se releva à son tour, posant une main sur son épaule pour le calmer.

« Ca va mieux ? » questionna ce dernier avec hésitation, et Bill acquiesça.

« Un peu, désolé pour hier » rajouta-t-il, embarrassé.

« C'est vraiment pas grave, je n'allais pas te laisser dans cet état »

« Je parlais pour…avant. Tu sais, avec Andreas… » Il n'acheva pas sa phrase et ce fut au tour de Tom d'être gêné.

« C'est déjà oublié » le rassura-t-il, ce qui était un mensonge éhonté, parce qu'il savait déjà qu'il ne pouvait effacer de sa mémoire cette extrême jalousie qui s'était emparée de lui. Mais maintenant Andreas était sorti du tableau et il ne put s'empêcher de penser, en regardant la mine penaude de Bill, qu'il y avait peut être un espoir pour lui, maintenant.

[…]

Bill était sous la douche depuis de longues minutes lorsque Simone s'incrusta dans la chambre de son fils, l'air soucieux.

« Comment va-t-il ? » demanda-t-elle directement et Tom haussa les épaules, l'air impuissant.

« Mieux qu'hier, du moins pour l'instant. »

« Qu'est-ce qu'il s'est passé ? »

« D'après le peu que je sais, ils ont…enfin…tu vois, et ensuite Andreas l'a largué en lui disant que ça faisait un moment qu'il ne l'aimait pas non plus » expliqua succinctement Tom.

« Oh le pauvre chéri » compatit Simone, l'air sincèrement peiné « Je vais vous préparer un bon petit déjeuner. »

« Ce n'est pas en l'empiffrant de croissants que tu vas le faire aller mieux tu sais. »

« Je compte sur toi pour ça Tom, moi je veille juste à sa santé » déclara-t-elle avec un clin d'œil avant de quitter la chambre.

Elle croisa Bill dans le couloir, mais n'eut pas le temps de lui parler qu'il s'engouffrait déjà dans sa chambre après un vague signe de main dans sa direction. Ne lui en tenant pas rigueur, elle poursuivit sa route jusqu'à la cuisine.

Bill, de son côté, s'assit sur son lit, et ne bougea plus. En réalité, il ne savait plus quoi faire de lui-même, et il releva à peine les yeux vers Tom lorsque ce dernier pénétra dans la chambre après avoir frappé.

« Tu descends avec moi ? Ma mère a préparé le petit déj' »

Bill ne répondit pas, se levant silencieusement pour le suivre jusqu'à la cuisine.

Il s'installa sur une chaise et contempla l'assiette de toasts que Simone posa devant ses yeux avec indifférence. Avant de soupirer et d'en porter un à ses lèvres, le mâchonnant sans conviction, plus par obligation que par envie.

Il daigna en manger un deuxième, puis ce fut tout. Il resta juste là, à regarder les deux autres manger, puis débarrasser la table. Cette faible agitation suffisait à lui donner le tournis, et il posa une main sur ses yeux, se sentant mal. Il se leva brusquement et courut jusqu'à l'évier où il régurgita le contenu de son estomac. Ses mains agrippèrent le rebord alors qu'il sentait son estomac se tordre et que sa gorge lui brûlait. On retint ses dreads en arrière et il entendit Simone lui chuchoter que tout allait bien aller alors qu'il recrachait une bile acide qui lui irrita davantage la gorge.

Elle lui tendit un verre d'eau que Tom venait de remplir et il le saisit, buvant lentement le contenu avant de vomir à nouveau. Simone caressa doucement son dos de manière réconfortante alors qu'il était parcouru de spasmes et que ses yeux se mettaient à pleurer.

Puis la douleur s'apaisa, après de longues minutes, et il se releva, laissant sans rien dire Simone lui essuyer la bouche avec une serviette. Elle le prit ensuite entre ses bras et il s'abandonna dans son étreinte. Il avait l'impression de se retrouver dans le cocon maternel, et c'était peut-être ce dont il avait besoin à cet instant. Une mère.

[…]

Bill ne savait pas vraiment comment il était remonté jusque dans sa chambre, il savait juste que Simone l'avait bordé gentiment puis avais glissé un thermomètre entre ses lèvres et qu'il avait eu l'impression d'avoir à nouveau 6 ans. Il entendit Simone et son fils chuchoter à côté de lui, et il pensa que Tom avait de la chance, énormément de chance.

« Qu'est-ce qu'il a ? » demanda doucement Tom.

« De la fièvre surtout, je pense qu'il a du attraper froid hier. Et puis, le corps a tendance à aller mal lorsque le moral est bas. »

Tom hocha simplement la tête tandis que sa mère indiquait à Bill qu'au moindre souci il pouvait les appeler, et qu'ils allaient le laisser se reposer.

Ils quittèrent donc la pièce, éteignant la lumière au passage, et Tom ne put s'empêcher de partager son inquiétude avec sa mère.

« Tu crois que ça va aller ? » s'enquit-il.

« Il faut du temps pour ces choses là Tom, les peines de cœur ne sont pas les choses les plus faciles à vivre »

Tom ne put que la croire sur parole, il ne connaissait pas vraiment les chagrins amoureux, du moins pas encore.

[. ..]

Bill ne quitta pas son lit du reste de la journée, et Simone préféra le laisser se reposer. Tom avait tourné en rond tout le jour, ne sachant pas quoi faire, et s'inquiétant pour Bill, et Simone finit par se lasser, exaspéré par ses allers-et-retours incessants, et l'envoya porter un bol de soupe au jeune malade.

C'est ainsi que Tom se retrouva un plateau entre les mains en train de gravir soigneusement les escaliers en direction de la chambre du danseur, priant pour ne pas renverser le contenu du bol. Il abaissa la poignée de porte à l'aide de son coude, et pénétra dans la pièce à pas de loups. Il déposa le plateau sur la table de chevet et s'accroupit à côté du lit.

« Bill ? » chuchuta-t-il.

«Hum ? »

« Ca va mieux ? Maman t'as préparé de la soupe. »

Bill alluma la lampe de chevet et se redressa, s'appuyant contre la tête de lit avant de tapoter la place libre à côté de lui en une invitation à laquelle Tom répondit sans hésiter, s'asseyant à côté de lui. Bill se saisit du plateau et le posa sur ses jambes avant de grimacer lorsque que l'odeur de nourriture atteignit ses narines.

« Je suis pas sûr que ce soit une bonne idée » grommela-t-il.

« Au pire tu vomiras.» remarqua Tom, pragmatique.

« Merci de m'encourager… » Soupira l'adulte en touillant sa soupe de manière peu convaincu.

« Les grands garçons mangent leur soupe. » dit l'adolescent, et Bill le dévisagea d'un air un peu désespéré. « Je suis sérieux » rajouta-t-il « Ne me force pas à te donner la becquée. »

« Mais j'ai pas faim » geignit Bill, en croisant les bras sur son torse.

Mettant ses menaces à exécutions, Tom s'empara de la cuillère pleine de soupe et la porta soigneusement jusqu'aux lèvres de Bill.

« Une cuillère pour Tomiii » chantonna-t-il devant l'air ahuri de Bill qui ouvrit machinalement la bouche sous la surprise. Tom en profita pour y faire pénétrer la cuillère, avant de la replonger à nouveau dans le bol pour réitérer son geste.

« Une cuillère pour Simone » fredonna-t-il à nouveau et Bill ne put qu'exploser de rire, tirant un sourire fier à Tom.

« Je préfère ça » approuva ce dernier alors que Bill lui prenait la cuillère des mains.

« T'es vraiment un cas exceptionnel » sourit Bill tout en reposant la cuillère sur le plateau pour saisir le bol entre ses mains. Il but lentement son contenu, puis le plaça sur le plateau qu'il remit sur la table de chevet. Puis il se retourna vers Tom avec un léger sourire.

« Satisfait ?»

« T'as de la soupe autour de la bouche » soupira Tom et Bill s'empressa de faire glisser sa langue sur ses lèvres, la lumière se reflétant sur son piercing sous le regard intense de Tom.

« Bon bah, voilà, je vais redescendre le plateau « fit-il en commençant à se relever.

« Reste » quémanda Bill en attrapant son bras. « Je n'ai pas envie d'être seul »

Tom reprit sa place initiale, secrètement flatté que Bill apprécie sa compagnie.

« Tu as déjà aimé quelqu'un Tom ? » lança Bill soudainement.

Celui-ci hésita un instant, avant de répondre lentement « Oui, enfin, je crois »

« Ca s'est mal terminé ? »

« Ca n'a jamais commencé, à vrai dire »

« Oh » Bill se sentit comme s'il avait une bourde « Et y'a quand même de l'espoir ? »

Tom tourna sa tête vers la sienne, redessinant des yeux le contour de son visage. Même avec cet air assez palot et malade il restait beau, songea-t-il, et il sourit doucement.

« A vrai dire je ne sais pas. Ca dépendra de lui »

Bill plongea un instant son regard dans le sien, et Tom se demanda s'il avait déjà compris qu'il était totalement dingue de lui. Il n'eut pas à pousser son interrogation plus avant que Bill se jeta précipitamment sur le sol, saisissant la bassine que Simone avait judicieusement préparé au pied du lit pour régurgiter ce qu'il venait d'avaler.

Tom se leva vivement du lit et ramena d'une main ses dreads noirs et blanches en arrière, décrochant les siennes de sa main libre pour récupérer son élastique. Il attacha les cheveux de Bill et s'accroupit à ses côtés, ne sachant pas vraiment que faire, et se sentant un peu coupable.

Il massa délicatement son ventre de ses doigts alors que Bill était parcouru d'un nouveau spasme douloureux.

Quelques minutes plus tard, Bill se redressa légèrement, s'agenouillant sur la moquette, et Tom lui tendit la bouteille d'eau qui trainait à ses côtés. Bill but longuement, cherchant à chasser ce gout infect qu'il détestait par-dessous tout, avant de se relever pour s'affaler sur le lit en jurant.

« Hum, désolé de t'avoir forcé à manger » s'excusa Tom et Bill lui fit signe que ce n'était pas grave. « Je vais te laisser dormir hein »

Bill s'enroula dans sa couette pour toute réponse, et l'adolescent reprit le plateau qu'il avait amené, ainsi que la bassine avant d'éteindre la lumière et de quitter la pièce.

Il descendit jusqu'à la cuisine où il posa le tout sur la table.

« Alors ? » s'enquit sa mère.

« Echec total » fit-il en désignant la bassine avec une grimace.

«Mince ! Laisse je vais nettoyer »

Tom acquiesça et remonta jusqu'à sa chambre, s'allongeant sur son lit, pensif.

« Tom ? » l'appela Bill à travers le mur.

« Oui ? »

« Encore merci » dit-il simplement et cela suffit à étirer les lèvres de Tom en un sourire attendri.

Il était complètement amoureux.

« De rien »

[…]

Plusieurs jours étaient passés avec quelques rares apparitions de Bill hors de sa chambre, et ce dernier était enfin guéri. Du moins de sa courte maladie, car il affichait toujours une mine à moitié déprimée, et Tom le regarda tristement à travers la fenêtre. Il fumait une énième cigarette, ce qu'il faisait de plus en plus, les yeux rivés vers le ciel sombre du début de soirée.

« Invite-le à sortir » proposa Simone en posant une main sur son épaule, son regard suivant le sien.

« Quoi ? »

« Change lui les idées, je veux dire. Il m'a dit qu'il sortait souvent en boite quand il était à Berlin… »

« Si tu le dis… »

« Allez ! Fais pas ton timide ! » L'encouragea Simone.

« S'il m'envoie balader ce sera de ta faute ! »

« Mais oui, si tu veux » soupira-t-elle tandis que Tom se diriger vers le jardin. Elle observa Tom rejoindre Bill et sourit, ces deux là finiraient ensemble, c'était certain.

« Tu veux sortir avec m..euh, j'veux dire, aller en boite, avec moi ? » demanda timidement Tom lorsque Bill se retourna vers lui. Celui-ci haussa un sourcil peu convaincu.

« T'es du genre à aller en boite toi ? »

« Pas vraiment, mais toi oui » rétorqua l'adolescent.

Bill lui décocha un léger sourire avant de jeter son mégot de cigarette. « Ca marche alors »

[…]

Tom crut que sa mâchoire aller se décrocher lorsqu'il vit Bill se planter devant lui dans le salon. Il ne l'avait jamais vu habillé d'une manière aussi serrée, son slim blanc moulant tout ce qu'il y avait à mouler et se perdant dans ses longues bottes noires, assorties à son t-shirt de même couleur qui épousait merveilleusement bien ses formes. Ses mains étaient soigneusement vernies, et ses yeux cernés de khôl, intensifiant encore davantage son regard, pour le grand malheur de Tom qui se sentait fondre sur place. Ses dreads retombaient de manière naturelle sur ses épaules alors que sa frange était tirée en arrière.

« T'en penses quoi ? » chantonna Bill.

« Euhm, c'est euhm, t'es parfait » balbutia Tom.

« Merci, t'es pas mal non plus. Allons-y »

Joignant le geste à la parole, il s'empara des clés de voiture que Simone avait préparé sur la table, et ils se déplacèrent jusqu'au véhicule.

« Je ne suis jamais allé en boite » avoua Tom alors que Bill démarrait le moteur. « J'vais être ridicule »

« Mais non, c'est cool tu verras » le rassura-t-il tout en sortant la voiture du garage.

« Et s'il m'accepte pas ? Je suis pas majeur »

« Tu fais plus que ton âge tu sais » remarqua Bill « Ne te fais pas de soucis. Tu vas faire des ravages. Ca m'étonne d'ailleurs que y'ait une boite gay dans un endroit comme celui-ci »

« Attends on va dans une boite gay ! » s'étonna Tom.

« C'est ta mère qui nous a conseillé, et je te signale qu'on est gay tous les deux. J'ai aucune envie de voir des filles à moitié à poil en ce moment »

Cela coupa court à la conversation et Tom s'enfonça davantage dans son siège. Le Bill hyper sexy juste à côté de lui aller se retrouver entouré d'homosexuels en manque, et il le sentait mal, très mal.

[…]

Tom tourna avec lassitude son verre dans sa main, songeant que son pressentiment d'un peu plus tôt s'était révélé juste. Bill était perdu au milieu de la foule d'homme peuplant la piste de danse, et faisait ce qu'il savait faire de mieux, danser. Sauf que ce n'était pas exactement le genre de danse que Tom aimait le voir réaliser, bien qu'il devait avouer que Bill était particulier attirant lorsqu'il se mouvait de manière si sensuelle, voire obscène. Le problème résidait dans le fait que le jeune homme était indécemment pressé contre un autre, et qu'il ne supportait pas cette vision. A dire vrai, il était surtout jaloux, et énervé contre lui-même, car il savait que lui n'oserait jamais aller se coller à Bill de cette manière, alors qu'il mourrait d'envie de sentir ce corps chaud en mouvement contre le sien. Il pesta et reporta son attention sur son verre lorsque des mains se firent baladeuses sur les fesses de Bill.

Une main manucurée se posa sur la sienne et il releva le visage, se retrouvant face au regard dévastateur de Bill.

« Tu ne danses pas ? » questionna ce dernier.

« Non je préfère te regarder avec ton surement prochain coup » rétorqua Tom sur un ton aigre, déclenchant un rire moqueur de l'adulte.

« Parce que tu crois que je suis ce genre de mec ? » fit Bill en levant les yeux au ciel « Tu me connais mal. Ce n'est pas en couchant avec n'importe qui qu'on s'améliore tu sais, mais plutôt avec un partenaire régulier…. »

Tom ne pipa mot, et Bill lui décocha un sourire énigmatique.

« Je t'apprendrais. » lui souffla-t-il dans l'oreille avant de prendre sa main dans la sienne. « Danse avec moi »

« Je ne sais pas danser » Protesta Tom mais Bill l'ignora totalement, l'entraînant avec lui sur la piste de danse.

Bill colla son dos contre le torse de Tom et enroula d'office ses bras autour de sa taille.

« Suis juste mes mouvements » lui intima-t-il avant de commencer à suivre lentement le rythme de la musique. Tom tenta de lui obéir comme il le put, troublé par la promiscuité de leurs deux corps indécemment pressés. Il n'osait bougeait ses mains de là où Bill les avait placées, plus que gêné par la situation, et l'odeur des cheveux de Bill qui frôlaient son visage aurait pu suffire à le rendre fou, mais malgré tout, il ne pouvait nier qu'il était dans une position des plus agréables.

Il commença à se détendre et à se laisser aller à danser en suivant le tempo de la chanson. Bill ondulait contre lui, et il se mordit violement la lèvre alors que la chaleur montait en lui. Il était presque certain d'être rouge pivoine, et il vira littéralement à l'écarlate lorsque ses mains glissèrent d'elles-mêmes jusqu'aux hanches de Bill, à l'endroit où son t-shirt se soulevait pour laisser apparaitre sa peau pâle. Et douce, comme il put le constater quand Bill empoigna ses poignets pour que ses doigts la frôlent.

La musique changea pour devenir plus lente, et Bill se retourna dans les bras de Tom, enroulant les siens autour de son cou avec un sourire charmeur. Tom pressa ses mains contre son dos pour le rapprocher davantage et Bill plongea son regard dans le sien. Les yeux du dreadé dérivèrent jusqu'à ses lèvres et il les ferma un instant, reprenant une profonde inspiration. Quand il les rouvrit, il lui sembla que le visage de Bill était encore plus proche du sien qu'auparavant, et il se lécha inconsciemment sa lèvre inférieure. Le sourire du danseur s'agrandit.

« Tu vois que tu danses pas si mal » chuchota ce dernier mais Tom ne pouvait l'entendre, trop occupé à fixer ces lèvres qui se mouvaient, comme s'il venait seulement de réaliser à quel point elles étaient tentantes. Une voix très séduisante lui soufflait de les embrasser, maintenant, mais il n'osait pas. Pourtant Bill avait cette manière de le regarder, comme une invitation. Mais peut-être se faisait-il des idées, certainement même, et il ne fit que détourner ses yeux des siens.

« J'en ai marre. On rentre ? » Dit-il à la place et Bill pencha la tête sur le côté, réfléchissant, avant d'acquiescer. Il le prit par la main et l'entraina hors de la piste de la danse.

Tom n'eut pas le courage de délier leurs doigts jusqu'à ce qu'ils atteignent leur véhicule, et se sentit incroyablement vide lorsque que la chaleur qui entourait sa main se retira quelques minutes plus tard.

[…]

« Je me sens tellement con, si tu savais » se plaignit Tom auprès de Georg le lundi suivant, dans le bus qui les emmenait à leur lycée. « J'étais à deux doigts de l'embrasser, et je l'ai pas fait »

« Effectivement, t'es vraiment stupide ! » l'enfonça son ami, un air blasé sur le visage « T'as pas de couilles en fait ! »

« J'ai jamais embrassé personne, je te signale » se vexa Tom « Et je suis sûr qu'il m'aurait repoussé et que j'aurais eu l'air encore plus con. »

« Je trouve que pour un premier baiser, avec Bill ce serait quand même pas mal, rejet ou pas… »

Un sourire niais étira les lèvres de Tom, et Georg soupira, désespéra par son ami.

« Au lieu de l'imaginer, fais-le » fit-il en roulant des yeux.

« Plus facile à dire qu'à faire »

« Faux. Je l'embrasse quand tu veux moi, ton chéri. »

« T'as pas intérêt. T'as aucune chance en plus. Et c'est pas mon chéri !»

« Parce que tu crois que t'es son style toi, avec tes trucs immondes sur la tête. » rétorqua Georg.

« Il m'a dit que j'étais mignon ! » s'exclama Tom.

« Pathétique » souffla l'aîné en secouant la tête.

« Mais, sincèrement, tu crois que je devrais changer de coiffure ? » s'alarma Tom en ouvrant de grands yeux inquiets et Georg partit d'un grand éclat de rire alors que Tom le frappait en lui ordonnant de lui répondre.

[…]

Tom était en cours, Simone partit il ne savait déjà plus où, et lui se retrouvait seul. Et à moitié déprimé par-dessus le marché. Il repensait à Andreas, à ses propres parents et cela n'aidait pas vraiment à lui remonter le moral. Il songea ensuite à Tom qui, il devait l'avouer, était vraiment très mignon. A croquer même, il n'en ferait qu'une bouchée d'ailleurs, et il n'était pas du tout contre un peu de fricotage. Ou même beaucoup de fricotage. Et vu les réactions de ce dernier à son égard, lui-même ne serait pas contre. Sauf qu'il y avait cette chose, appelé sentiment, que Tom semblait avoir à son égard, et ça le gênait un peu. Il appréciait Tom, réellement, mais de là à tomber amoureux de lui il y avait un fossé à franchir, et il n'était franchement pas sûr de pouvoir le faire. Surtout après le récent échec total de sa dernière relation. Il ne savait même pas s'il en avait envie, du reste.

Pourtant…

« L'alcool m'embrouille les idées » dit-il pour lui-même tout en buvant une nouvelle gorgée de la bouteille de Soho qu'il avait déniché aux tréfonds d'un placard.

Noyer ses problèmes dans l'alcool, comme on dit, Bill avait toujours été très fort à ça, ce fut pourquoi lorsque Tom rentra du lycée en début d'après-midi, un Bill totalement ivre lui tomba dans les bras.

« Tu sais que tu sens bon » balbutia ce dernier alors que Tom essayait de le remettre sur ses pieds.

« C'est ça ouais. Mais qu'est-ce que t'as foutu ? » S'inquiéta-t-il mais Bill l'ignora totalement, trop occupé à poser sa main sur le visage de Tom en le regardant d'un air extatique. Il retira l'intruse de son visage et traina Bill jusqu'à sa chambre, ignorant ses protestations et ses remarques incongrues sur la beauté de son bras gauche.

Il le fit finalement assoir sur le lit et Bill le dévisagea d'un air pervers.

« Tu veux qu'on fasse des cochonneries ? » gloussa-t-il, laissant Tom bouche-bée. Le danseur se leva du lit, titubant fortement pour s'accrocher au cou de Tom. Il tenta maladroitement de soulever son t-shirt mais s'embrouilla avec ses propres doigts. Tom le repoussa, mais Bill maintint sa prise, en profitant pour venir taquiner sa gorge du bout de sa langue. Il grogna lorsqu'il se sentit poussé à nouveau en arrière, se retrouvant allongé sur le lit.

« J'ai envie de toi » fit Bill sur un ton aguicheur, se redressant sur le lit en lui envoyant un regard de braise et Tom dut déglutir fortement avant de réussir à retrouver l'usage de sa voix.

« T'es surtout totalement torché ouais » lança-t-il « Donc tu vas te calmer et te coucher bien gentiment »

« Mais To-om ! » geignit le danseur « Je sais que tu me veux ! »

Tom le fusilla des yeux, le lançant un instant coi, avant qu'il ne se rallonge sur le lit en soupirant.

« J'ai la tête qui tourne » déclara-t-il finalement, et Tom osa s'installer à ses côtés.

« Pourquoi t'as fais ça ? »

Bill roula sur le flanc, posant sa main sur le bras de l'adolescent.

« Parce que t'es sexy » gloussa-t-il.

« Je parlais pas de ça » souffla Tom « J'vais attendre que t'es cuvé hein » termina-t-il avant de se relever.

« Attends ! » le retient Bill « Dis rien à ta mère okay ? »

« C'est pas ta mère, elle va pas te punir » remarqua le dreadé en se dirigeant vers la porte.

« Je sais plus ce que c'est, que t'avoir une mère. » lâcha Bill, plus pour lui que pour Tom.

Ce dernier se stoppa dans son mouvement, et se retourna lentement vers le danseur, avant de s'assoir sur le rebord du lit.

« Tu veux en parler ? » questionna-t-il, hésitant.

« Non. Juste… » Bill attrapa le bras de Tom et le tira pour qu'il se rallonge à ses côtés. Puis il enroula ses propres bras autour de sa taille, nichant son visage contre son cou, soupirant de bien être. Tom se laissa faire, ne sachant comment réagir, et l'enlaçant juste à son tour. Si Bill avait besoin d'être câliné, alors Tom n'allait sûrement pas lui refuser. Il glissa sans y penser ses doigts dans ses cheveux et sentit Bill se coller davantage à lui et son souffle s'apaiser, effleurant doucement sa peau.

Il ne put s'empêcher de penser que Bill était vraiment étrange, surtout ces derniers temps. Peut être ne savait-il juste tout simplement pas gérer ses émotions, mais depuis sa rupture avec Andreas, il lui semblait plus fragile. Quelques fois, du moins, dans des moments comme celui-ci où il laissait tomber ses barrières. Tom ne savait pas toujours comment agir avec lui, et il rougit violemment lorsqu'une constatation le frappa. Bill lui avait dit qu'il était sexy.

D'accord, il était soul, mais quand même, il lui avait littéralement sauté dessus, et ça ne pouvait pas être un mauvais signe, ou alors c'est qu'il n'y connaissait vraiment rien. En réalité, il n'y connaissait réellement rien, mais il décida que ça ne pouvait pas être mauvais pour lui. Bill paraissait s'être assoupi contre lui, et il en profita pour le dévisager. C'était une de ses activités favorites, et il ne se lassait jamais de contempler le jeune homme dès qu'il en avait l'occasion.

Il était totalement accro à ce visage si bien dessiné, et à ce corps fin qu'il appréciait serrer contre lui. Bill était un régal pour les yeux, et Tom espérait qu'il ne finirait pas par le rendre complètement fou.

[…]

Au beau milieu de la nuit, Tom entendit du mouvement dans la chambre de Bill. Il rabattit sa couette sur lui en grommelant, détestant qu'on l'interrompe en plein sommeil. A plus forte raison lorsqu'il était en train de rêver d'un monde rempli de petits cupidons et de Bill en tenue d'Adam en train de cueillir des fleurs. Il grimaça, c'était un rêve spécial, en fait, beaucoup trop fleur bleue, peut être était-il mieux qu'il n'en connaisse pas la fin, finalement.

Des bruits de pas résonnèrent mais il n'était pas assez réveillé pour les interpréter correctement, et ce fut que de longues minutes plus tard qu'il se demanda enfin pourquoi Bill s'était levé à à peine quatre heures du matin. Il décida de se lever à son tour, par mesure de précaution, il avait bien retrouvé un Bill éméché quelques heures plus tôt, qui savait ce qu'il pourrait faire à cet instant.

Il rejeta les couvertures et quitta son lit, non sans regret. Il franchit les escaliers de manière miraculeuse et se dirigea machinalement jusqu'à la salle de danse. Une mélodie atteignit ses oreilles et il s'arrêta à l'entrée de la pièce. Il reconnut la musique de 'Requiem for a Dream' et fit un dernier pas avant de s'assoir sur le sol. Là, juste sous ses yeux, Bill dansait, et il était magnifique.

Ses yeux étaient clos et il se laissait porter par la musique, son corps se mouvant de manière gracieuse dans une chorégraphie improvisée. Tom ne pouvait plus décrocher son regard du jeune homme et de sa danse lente, mais envoutante, et il sursauta lorsque que le danseur rouvrit les yeux, les plantant dans les siens sans immobiliser ses mouvements. Il lui adressa un faible sourire et dansa de plus belle. Tom avait l'impression de se retrouver quatre ans en arrière, la première fois qu'il avait vu Bill sur scène et qu'il en était resté hypnotisé, exactement comme à cet instant.

La musique finit par s'éteindre et Bill fit signe à Tom de se rapprocher de lui. Ce dernier s'exécuta, le cœur battant encore trop rapidement, surtout lorsque Bill encadra son visage de ses mains. Ses yeux dérivèrent immédiatement sur ses lèvres, c'était incontrôlable, il était presque hypnotisé par elles ces derniers temps. Le danseur le dévisageait intensément et il releva ses yeux vers les siens, leurs regards s'accrochant pour ne plus se détacher.

Alors que Bill semblait lire à travers lui, Tom se demanda s'il allait l'embrasser. Il rougit à cette pensée tandis que son vis-à-vis caressait doucement sa joue avec son pouce, ne lâchant toujours pas son regard.

« Qu'est-ce que tu fais ? » questionna Tom, timidement.

« Je lis tes pensées » répondit simplement Bill avec un sourire énigmatique.

« Quoi ? »

Bill secoua légèrement la tête avant de saisir doucement son bras, l'entraînant avec lui sur quelque pas, se retrouvant dos contre le mur et tirant Tom contre lui. Il enroula ses bras autour de son cou et lui sourit gentiment.

« Ose » lui intima-t-il simplement et Tom se mordit nerveusement la lèvre, se demandant ce qu'il devait comprendre.

Bill s'assit sur la barre de danse et encercla la taille de l'adolescent avec ses jambes, le ramenant contre lui. Il souffla sur ses lèvres et Tom retint sa respiration, attendant.

« N'aie pas peur » lui chuchota-t-il tout en entremêlant ses doigts avec ses dreadlocks.

Tom hésita une dernière avant de se laisser guider par ses envies. Il ferma les yeux, agrippa ses épaules de ses mains et posa avec hésitation ses lèvres contre les siennes. Il sentit Bill sourire puis répondre au baiser, ses lèvres douces venant caresser les siennes d'une délicieuse façon. Il entrouvrit la bouche et la langue de Bill s'y faufila, ondulant contre la sienne. Des fourmillements parcoururent son corps alors qu'il suivait les mouvements de Bill, ne sachant pas trop quoi faire mais se sentant extrêmement bien.

Ses doigts se crispèrent sur les épaules nues de Bill quand ce dernier approfondit le baiser, possédant sa bouche, et rendit Tom fou au contact de son piercing contre sa langue. Ils s'embrassèrent de manière plus passionnée, les doigts de Bill glissant sous l'encolure de son t-shirt pour caresser le haut de son dos, le faisant frissonner sous le toucher.

Tom se sentait planer, ressentant Bill par tous les pores de sa peau et cherchant presque à se fondre en lui alors qu'il collait davantage, si cela était possible, son corps contre le sien. Bill descendit de la barre, décollant leurs lèvres et laissant une impression de vide à Tom. Il échangea leur position, plaquant Tom contre le mur pour dévorer ses lèvres, en retraçant les contours avec sa langue avant de la pénétrer à nouveau. L'adolescent gémit doucement, rougissant immédiatement lorsque le danseur caressa son torse à même la peau.

Il n'osa faire de même, et se contenta d'agripper le dos de son t-shirt, s'y accrochant désespérément alors que Bill arrivait à lui faire perdre pied avec seulement un baiser. Il se sentait brûler de l'intérieur et grogna presque lorsque les lèvres de Bill se déconnectèrent des siennes pour venir effleurer sa gorge.

Bill y appliqua un coup de langue qui fit frissonner Tom, avant qu'il ne tire légèrement sur l'encolure de son t-shirt pour les faire dériver au creux de son épaule. Il aspira sa peau alors que Tom gémissait doucement, ne pouvant se retenir. Bill releva sa bouche au niveau de son oreille, léchant le rebord de son lobe avant de souffle contre son oreille :

« Retourne te coucher »

Il l'embrassa chastement une dernière fois et lui sourit, attendri par ses yeux écarquillés et ses joues rougies.

Tom ne sut pas trop pourquoi, mais il lui obéit, quittant lentement la pièce sous le regard du danseur. Il était encore totalement dans les nuages, et il s'endormit avec un sourire aux lèvres, aux anges.

[…]

L'euphorie de la veille s'était totalement évaporée, et ce matin-là, Tom était extrêmement stressé. Il avait limite peur de croiser Bill dans le couloir, ne sachant vraiment pas comment il était sensé réagir à sa présence, faire comme si rien ne s'était passé durant la nuit, ou au contraire en lui volant un nouveau baiser. Heureusement pour lui, il ne l'aperçut pas ce matin là, et c'est en soupirant qu'il s'installa au côté de son meilleur ami dans l'autobus.

« Quelle motivation » remarqua ce dernier. « Rien de nouveau ? »

Tom lui lança un regard énigmatique, avant de faire glisser son t-shirt sur le côté, lui exhibant avec fierté la marque du suçon que Bill lui avait fait la veille.

« Wow ! » s'exclama Georg « Il s'est passé quoi exactement ? »

« Je l'ai embrassé » répondit Tom, un air rêveur peint sur le visage.

« Pas trop tôt ! »

« Tais-toi, laisse-moi savourer mon bonheur, tant qu'il dure » râla le dreadé.

« Quoi, t'as peur qu'il t'envoie chier la prochaine fois ? » rit l'aîné.

«Pour tout te dire, oui »

« T'embrasses si mal que ça ? » railla Georg, récoltant une tape sur le crâne de la part de son ami.

« Imbécile. En tout cas lui embrasse genre, merveilleusement bien » fit niaisement Tom.

« T'as pas vraiment de point de comparaison, je te signale. Si ça se trouve il est naze et tu le sais même pas ! »

« Je le sais, c'est tout. C'est Bill de toute façon. Il est forcément parfait dans tous les domaines. »

« Même le sexe ? »

Tom lui jeta un regard noir, le faisant glousser.

« Je te fais confiance pour le savoir bientôt, de toute façon » dit Georg « Quoi que, t'es tellement coincé… »

« Mon dieu. Rien que d'imaginer… » Laissa échapper Tom, avant de rougir violemment à la pensée de lui et Bill en train de faire l'amour.

« Tu me diras ce que ça fait d'être pénétré »

Le dreadé ouvrit la bouche en un « o », choqué.

« Qui te dis que… » Commença-t-il à rétorquer.

« Juste une intuition » fit malicieusement Georg et Tom se renfonça dans le siège, croisant les bras, outré.

« Ferme-la ! »

[…]

Tom rentra chez lui, l'appréhension nouant son estomac tandis qu'il déposait ses affaires à l'entrée. Il avança dans le salon et aperçut Bill qui sommeillait, recroquevillé sur le canapé, l'air exténué. Il trouva ce tableau absolument adorable et cria presque de surprise lorsque qu'une main se posa sur son épaule. Il se retourna, faisant face à sa mère qui lui souriait gentiment.

« Evite de le réveiller. Je pars chez le coiffeur, faites pas de bêtises »

Il acquiesça, la regardant s'en aller avant de reporter son regard sur le Bill endormi à quelques pas de lui. Il s'assit le plus doucement possible à ses côtés.

Il aurait pu passer des heures à le regarder ainsi, mais le danseur se réveilla, le fixant de ses yeux encore ensommeillés.

« Bonjour toi » Chuchota Tom et Bill se redressa sur le canapé, pestant contre ses membres qui lui faisaient mal. Il lui vola un baiser avant de s'étirer en grognant, faisant rire Tom, bien qu'il soit toujours un peu gêné.

« Je peux te parler ? » demanda Tom.

« Si je dis non tu fais quoi ? » fit Bill, amusé, avant de se reprendre devant l'air sérieux de Tom.

« Oui. »dit-il finalement.

« Et bien, en fait, je.. »

« Tom ? »

« Désolé. Je vais encore me ridiculiser » soupira l'interpellé en triturant ses doigts.

Bill se rapprocha sensiblement de lui, enroulant son bras autour de sa taille.

« C'est à propos de toi et moi, n'est-ce pas ? »

Tom confirma d'un signe de tête, n'osant le regarder.

« Ecoute, je ne sais pas quoi te dire. Je ne peux pas te dire que je t'aime parce que,…enfin, je t'apprécie énormément, tu es un garçon charmant. Mais… »

« Je comprends » le coupa Tom « Si tu veux pas… »

« Je n'ai pas dit que je ne voulais pas » l'interrompit à son tour Bill « Je ne veux juste pas que tu attendes trop de choses de moi. » expliqua-t-il.

« Alors tu veux, euhm, on…tu…enfin… »

« Oui » dit simplement Bill avant de le faire taire avec un baiser chaste qui ne le resta pas longtemps. Il fit basculer Tom en arrière sur le canapé tout en intensifiant le baiser, venant emmêler sa langue à la sienne.

Ils s'embrassèrent longuement, ne se lassant pas du goût de l'autre, et se retrouvant allongé l'un sur l'autre. Une nouvelle fois, Tom se sentait décoller au simple contact des lèvres de Bill contre les siennes, et il se retrouva à bout de souffle lorsque leurs bouches se séparèrent. Bill posa sa tête contre son épaule, liant sa main à celle de Tom et fermant les yeux.

« Excuse-moi si je m'endors » murmura-t-il « Je suis crevé. »

«Pas de soucis » dit Tom en caressant distraitement ses cheveux de sa main libre, appréciant de sentir sa respiration s'écraser contre son cou. Il devait avouer qu'il appréciait l'idée de servir de nounours et oreiller vivant à Bill, bien qu'il ne savait plus trop quoi penser. Bill n'était pas amoureux, ce n'était pas une surprise en soi, mais il ne pouvait s'empêcher d'avoir de l'espoir. Il espérait qu'il ne regretterait pas sa décision, parce que lui était totalement amoureux du jeune homme endormi contre lui.

[…]

Plusieurs jours s'étaient écoulés, et Tom se sentait enfin plus en confiance en présence de Bill. Après tout, ils étaient ensemble maintenant, il fallait bien qu'il cesse un jour de rougir à la moindre de ses paroles, c'était purement ridicule. Tom ne l'avait pas annoncé à sa mère, pourtant elle n'attendait que ça. En réalité, il tenait aux moments privés qu'il passait avec Bill, sans que Simone ne sache de quoi il en retourne exactement, et surtout il n'avait pas tellement envie de subir les sous-entendus graveleux qu'elle ne manquerait sûrement pas de faire si elle apprenait la situation.

Tom s'enroula davantage dans sa couette, jetant un coup d'œil au réveil qui ne devait sonner que dans dix minutes. Il détestait se réveiller avant l'heure prévue, et s'appliqua à se rendormir pour profiter des quelques portions de sommeil qui lui restaient. Il pensa à Bill, et à combien leur couple lui paraissait totalement irréalisable quelques semaines auparavant. Si quelqu'un lui avait dit, il y a quatre ans de cela, qu'il finirait par devenir le petit ami du brillant danseur, il lui aurait rit au nez. Mais c'était la réalité, c'était lui qui pouvait goûter aux baisers et aux câlineries du magnifique jeune homme, et chaque nouvelle caresse le rendait plus accro qu'auparavant. Il était dingue de Bill, et il adorait ça, même s'il ne pouvait nier qu'il avait peur. Ils n'avaient rien fait de sexuel encore, et même s'il désirait énormément Bill, le fait d'être totalement inexpérimenté l'effrayait.

Sa porte s'ouvrit en un grincement, et il écouta silencieusement des pas se rapprocher, esquissant un sourire. Bientôt, le visage totalement naturel de Bill fit face au sien, et il tendit les lèvres, réclamant un baiser que le danseur lui offrit volontiers. Ils s'embrassèrent paresseusement un long moment, avant que Bill ne détache leurs lèvres.

« Je t'es réveillé en entrant où tu l'étais déjà avant ? » questionna-t-il tout en caressant de son pouce le front de Tom.

« Je l'étais déjà » répondit-il, à l'instant même où son réveil se mit à sonner. Bill le coupa avant de se relever.

« Debout jeune homme ! Il est l'heure ! » Fit-il en prenant un air sévère, croisant ses bras sur son torse.

« Veux pas aller en cours ! J'veux rester ici et te faire des câlins ! » Geignit Tom sous le regard attendri de son petit ami.

« Si tu veux on fait des câlins sous la douche » proposa-t-il finalement.

« Tu veux qu'on prenne notre douche ensemble ? » demanda stupidement Tom.

« T'es long à la détente le matin » soupira Bill sur un ton désespéré « Allez viens là » rajouta-t-il tout en attrapant son bras.

Il le força à se lever et l'entraina jusqu'à la salle de bain, à quelques pas de là. Il referma derrière lui et se tourna vers Tom qui avait l'air embarrassé, balançant bêtement ses bras sans savoir que faire. Bill s'approcha de lui et saisit le bas de son long t-shirt. Lentement, il le fit remonter jusqu'à le faire passer au dessus sa tête, et il se retrouva face aux joues rougies de Tom.

« Je ne vais pas te manger » chuchota-t-il tout en effleurant de ses doigts la peau de son torse, s'arrêtant à la lisière de son sous-vêtement.

Tom lui sourit timidement, lui accordant silencieusement la permission d'achever de le déshabiller. Le danseur glissa ses doigts sous l'élastique de son boxer, le faisant doucement glisser le long de ses jambes. Tom ferma les yeux, se sentant exposé au regard de Bill qui recula d'un pas, ses yeux redessinant les contours de son corps nu.

« T'es super bien foutu pour un mec de dix-sept ans, crois moi » déclara-t-il avant de retirer sans autre cérémonie son propre haut de pyjama, qui était en fait un t-shirt emprunté à Tom, et qui constituait son seul vêtement. « J'en serais presque jaloux » poursuivit-il.

Il ouvrit la paroi de la douche, sentant le regard de Tom peser sur ses fesses alors qu'il lui faisait dos. Il alluma l'eau et pivota vers lui, lui faisant signe de le rejoindre, ce que Tom fit, bien qu'avec une légère pointe d'appréhension. Bill agrippa ses épaules et le ramena contre lui sous le jet d'eau chaude. Leurs corps mouillés entrèrent en contact, et Tom ne put réprimer un grand frisson en sentant leurs sexes se frôler lorsque Bill le pressa contre lui pour dévorer ses lèvres.

Fatalement, Tom sentit une douce chaleur se répandre dans son bas-ventre alors que Bill décollait doucement ses lèvres des siennes. Il adressa un sourire à Tom avant d'attraper le gel douche et d'en verser sur sa paume.

« Je sais que c'est cliché » rit-il en commençant à savonner le haut du torse de son vis-à-vis « Mais j'avais envie de le faire »

« Je n'y apporte aucune objection » répliqua Tom tout en ayant conscience que dans moins d'une minute il serait totalement dur et excité.

Les mains de Bill dérivèrent jusqu'à son ventre, et ce dernier se mordit la lèvre, relevant son visage vers celui écarlate de Tom. Sans prévenir, il enroula sa main autour de sa virilité, le faisant ouvrir de grands yeux et se cambrer vers l'arrière. Bill le fit reculer jusqu'à ce que son dos heurte la paroi de douche, et il plongea ses yeux dans les siens, voulant être certain qu'il ne le forçait en rien alors qu'il commençait à le caresser doucement.

Tom gémissait déjà, il découvrait la sensation d'être touché par quelqu'un autre, et il adorait cela. Il se laissa aller entre les mains expertes de Bill, sentant déjà le plaisir remonter par vagues en lui. Bill plaqua sa bouche contre la sienne, le faisant taire, et avança son bassin contre celui de Tom qui déglutit fortement lorsque le sexe dur de Bill entra en contact avec le sien. Il ne savait pas s'il était fier de l'avoir rendu excité ou angoissé à l'idée de ce qu'ils allaient faire, mais quand Bill encercla leurs deux verges de sa main, il sut qu'il allait aimer.

Et il eut la preuve qu'il avait parfaitement raison lorsque Bill commença à les masturber rapidement. Leurs peaux se frottaient délicieusement l'une contre l'autre, envoyant des décharges plaisir dans leurs deux corps brûlants. Tom rejeta la tête en arrière, gémissant sans se retenir alors que la bouche de Bill se perdait contre sa gorge, suçotant la moindre parcelle de peau qu'il pouvait atteindre. Tom posa ses mains sur son dos pour le presser davantage contre lui, avant de les descendre pour agripper ses fesses, les massant avec une audace qu'il ne savait pas posséder. Bill ronronna contre son oreille, libérant son emprise sur leurs sexes pour attraper fermement la taille de Tom. Il donna de longs coups de bassin, enfonçant presque Tom dans la paroi de douche alors qu'il saisissait sauvagement sa bouche. Ils s'embrassèrent à perdre haleine, leurs corps ne cessant de remuer l'un contre l'autre, leur arrachant des soupirs de plaisir qui fusionnaient entre leurs lèvres.

Bill augmenta la puissance de ses coups de reins, ses ongles se plantant dans la peau de Tom qui perdait complètement la tête, perdu dans une sensation de plaisir qui lui était jusqu'alors inconnue. Il se laissa complètement aller contre Bill, gémissant de plus en plus fort. Le danseur n'était pas dans un meilleur état, et il empoigna vivement la virilité de Tom, le pompant fermement jusqu'à ce qu'il jouisse contre lui dans un cri rauque.

Bill saisit la main de son amant et l'enroula autour de son propre sexe, guidant ses mouvements avec la sienne. Il se mordit la lèvre et Tom le contempla presque béatement prendre du plaisir, imprimant dans son esprit ses lèvres encore rougies par leur baiser, ses yeux complètement voilés, et son air extatique alors que l'eau ruisselait sur son visage. Les mains de Bill se plaquèrent de part et d'autre de sa tête, leurs regards se fondant l'un dans l'autre, et Tom ne réalisait qu'à peine que c'était ses propres doigts qui le caressaient ainsi, et c'est de manière presque instinctive qu'il acheva de le faire venir.

Bill se laissa retomber contre lui, ses bras enlaçant son cou, et ils restèrent ainsi, pantelant l'un contre l'autre durant de longues minutes. Ils échangèrent un dernier baiser avant que Bill ne se détache de Tom pour se placer sous le jet d'eau, achevant de se laver. L'adolescent se laissa tomber sur le sol, un sourire rêveur plaqué aux lèvres, qui s'agrandit lorsque Bill lui tourna le dos, lui offrant une vision plus que charmante sur ses fesses qu'il ne s'empêcha pas d'observer.

« Tu n'es pas obligé de ne toucher qu'avec les yeux, t'es pas au musée » lança Bill par-dessus son épaule.

« C'est une très bonne suggestion » répliqua Tom tout en se relevant.

Il effectua un pas vers Bill et laissa gliss ses mains le long de ses flancs humides avant de pincer ses fesses, le faisant couiner. Le danseur fit volte face, enroulant ses doigts autour de sa nuque pour le ramener contre lui. Leurs lèvres se retrouvèrent encore pour un baiser mouillé, puis il faufila ses mains au creux des cuisses de son petit ami.

« Je demanderai à ta mère si je peux te conduire au lycée, je crois bien que tu vas rater ton bus » souffla-t-il contre ses lèvres.

[…]

« Simone ? » appela Bill en entrant dans la cuisine « Est-ce que je peux… »

« M'emprunter ma voiture pour conduire Tom au lycée ? Bien sûr. »

« Tu es un devin… » S'exclama Bill en feintant un air émerveillé.

« Non, juste perspicace. Mais évitez de faire des cochonneries dans la douche lorsque Tom a cours, ça va finir par devenir embêtant. » Soupira-t-elle avant de lui faire un clin d'œil.

Ce que Tom ignorait, c'est que sa mère était au courant pour lui et Bill, car c'était ce dernier qui était venu lui en parler. Il avait eu besoin d'en discuter, et surtout, il voulait être certain que cela ne créerait pas de problèmes avec Simone, vu que Tom était encore mineur et qu'il avait 4 ans de plus que lui.

« J'essayerai de me retenir, à l'avenir » promit Bill avant de saisir les clés de voiture qu'elle lui tendait. « A tout à l'heure » chantonna-t-il en quittant la pièce, tombant nez-à-nez avec Tom qui descendait l'escalier.

« Allez dépêche-toi un peu, feignasse ! » lui ordonna-t-il en agrémentant son ordre d'une tape sur les fesses.

Tom ronchonna quelque chose à propos de viol dans un douche et Bill éclata de rire alors qu'ils se dirigeaient tout deux jusqu'à la voiture de Simone.

Le trajet s'effectua dans une ambiance bon enfant, bien qu'un peu ruinée par le manque de motivation du lycéen peu enclin à quitter son amoureux pour aller en cours, et Bill se gara à quelques mètres de l'entrée du lycée.

Tom soupira une énième fois avant de sortir du véhicule, et Bill fit de même, un sourire aux lèvres.

« J'veux pas y aller » répéta Tom en prenant la mine la plus attendrissante qu'il connaissait.

« Si. Tu vas aller en cours, et te faire bien voir pour pouvoir passer en terminale. Je te préviens, je ne sortirais pas avec un minus de première » exigea Bill en croisant les bras, récoltant à son tour une claque sur le postérieur.

Bill cria de surprise avant de le presser durement contre lui, le regardant d'un air menaçant.

« Refais ça encore une fois et il va t'arriver des malheurs »

« Ah oui ? Quel genre de malheur ? » Chuchota Tom contre ses lèvres que Bill vint mordiller en réponse.

« Hey Trümper, j'avais bien dit que t'étais une pédale » s'écria quelqu'un, refaisant revenir Tom sur terre, et tourner la tête vers lui. Bill prit son menton entre ses doigts pour qu'il pivote de nouveau son visage vers le sien.

« C'est Ulrich » dit simplement Tom avant que Bill ne le coupe en dévorant littéralement ses lèvres, rapprochant leurs corps et agrippant ses fesses. L'adolescent ne put retenir un gémissement, et répondit fiévreusement au baiser de son amant, posant ses mains à plat contre son torse. Il ferma les yeux et ne vit pas Bill faire un doigt d'honneur magistral en direction d'Ulrich et de sa bande.

La sonnerie retentit dans l'enceinte du lycée et Tom relâcha Bill avec regret.

« Je - dois – vraiment- y aller ? » questionna Tom entre deux baisers rapides de l'adulte.

« Hum, je dirais bien non, mais je suis pas ta mère » soupira-t-il, peu enclin à le laisser s'en aller finalement.

« Tom ! » s'écria Georg en se rapprochant vivement du couple « Salut Bill ! Désolé d'interrompre vos mamours mais on a cours avec une vieille folle là, alors je l'embarque » déclara-t-il, joignant le geste à la parole en tirant Tom par le bras derrière lui.

« A tout à l'heure ! » cria Bill, amusé par le spectacle que les deux amis offraient, Georg tirant de force derrière lui un Tom peu coopérant. Il les suivit du regard jusqu'à ce qu'ils sortent de son champ de vision, et il secoua la tête, se surprenant à penser qu'il avait hâte que les cours se terminent.

[…]

« Re ! » s'exclama Tom en sautant au cou de Bill qui était au téléphone, assis sur son lit. Il l'embrassa longuement avant de s'assoir à ses côtés.

« J'embrasse qui je veux même au téléphone » rétorqua Bill à la personne à l'autre bout du fil « Va te faire foutre »

« Oh c'est pas la peine de te foutre de ma gueule ! » s'énerva-t-il à la réponse de son interlocuteur.

« C'est qui ? » chuchota Tom.

« Andreas » répondit Bill avant de lui faire signe de se taire.

« Je vois… » Fit l'adolescent en croisant les bras sur son torse.

« Donc je t'envoie ça dès que possible – okay – pas de soucis – Salut » conclut-il enfin avant de raccrocher. Il regarda un instant son portable, avant de secouer la tête et de la relever vers Tom qui faisait visiblement la gueule.

« Qu'est-ce qu'y a ? » souffla-t-il à son intention.

« Andreas ! » fit Tom sur un ton agressif « Il te voulait quoi ? »

« Rien qui ne doive t'inquiéter » Riposta Bill en roulant des yeux « Alors tu vas te calmer »

« Je vois pas comment je pourrais me calmer alors que t'étais joyeusement au téléphone avec.. »

« Avec mon ex qui m'a largué comme une grosse merde ? Oh ouais t'as raison, c'était surement pour me faire des avances ! T'as de quoi avoir peur de lui ! » S'énerva Bill à son tour.

« C'est de toi que j'ai peur justement ! Parce que tu… »

« Que je quoi ? » coupa Bill en se relevant « que je rampe à ses pieds pour qu'il me reprenne c'est ça ? »

Tom se redressa à son tour. « Exactement ouais ! C'est sûrement ça. » Fit-il sur un ton sarcastique.

« Casse-toi, tu me pompes l'air » cria Bill avant de s'assoir en tailleurs sur son lit, l'ignorant totalement.

Tom hésita un instant, et, voyant que Bill avait l'air de se désintéresser totalement de lui, quitta la pièce, claquant la porte derrière lui. Le danseur sursauta avant de ramener ses genoux contre son torse, les enlaçant et y nichant son visage.

Plus tard dans la soirée, ils s'étaient ignorés durant tout le repas, et étaient partis se coucher sans échanger une seule parole, ayant presque rendue Simone folle sous la tension qui régnait dans toute la maison.

Bill tournait et se retournait dans son lit, cherchant vainement un sommeil qu'il savait d'avance ne pas pouvoir trouver. Cette dispute avec Tom l'ennuyait réellement, surtout que c'était vraiment faire une montagne d'un petit rien et il détestait ça. Il ne supportait pas que Tom le considère comme un pauvre mec prêt à se recaser avec son ex-copain après s'être fait royalement jeté. Est-ce qu'il croyait vraiment qu'il était pitoyable à ce point ? Il ne pardonnait pas à Andreas, c'était du passé. Point, à la ligne ! Il n'était pas un connard au point de sortir avec Tom s'il avait encore des sentiments pour Andreas. Il était même complètement dégouté de lui, par ailleurs.

« Bill ? » appela timidement la voix de Tom à travers le mur, l'arrachant à ses pensées. « Tu ne m'as pas laissé finir ma phrase. J'ai peur parce que lui tu l'aimes, alors que moi, non » avoua-t-il pitoyablement.

Tom n'était pas vraiment sûr de savoir s'il attendait une réponse de sa part ou non, mais après quelques minutes de silence, il dut s'avouer qu'il était déçu. Il rabattit sa couette sur son visage, se sentant nul à en pleurer. C'est ce qu'il fit, d'ailleurs, silencieusement d'abord, puis de plus en plus fort, ne pouvant réprimer de longs sanglots à la pensée que lui aimait Bill à en avoir mal et qu'il crevait de savoir que ce n'était pas réciproque, et que ça ne le serait peut être jamais.

Un corps se faufila sous la couette à côté de lui, et des bras enlacèrent sa taille avant qu'il ne soit retourné et plaqué contre un torse chaud.

« Oh Tom ! » chuchota Bill tandis que l'adolescent accrochait ses mains à son t-shirt, déversant ses larmes au creux de son cou.

Bill caressa doucement ses cheveux, ne sachant trop quoi dire. Il savait pertinemment que c'était sa faute et il s'en sentait mal, alors il le rassura du mieux qu'il put, l'enveloppant dans sa chaleur réconfortante.

Il prit conscience du fait que ce serait sûrement mieux pour Tom qu'ils arrêtent tout, pour qu'il ne le fasse pas trop espérer. Mais il était étrangement incapable de se séparer de lui, et, à la place, il resserra davantage son étreinte et déposa un baiser sur son front.

[…]

Les jours défilaient, et Bill et Tom passaient la majorité de leur temps libre à se faire des papouilles et à sa câliner, pour la plus grande joie de Tom qui était sur un petit nuage, adorant que son petit ami soit aux petits soins avec lui.

En cette fin de matinée, Bill devait avouer qu'il s'ennuyait de sa présence. Lorsqu'il n'était pas en train de danser du moins, car dans ces moments là il n'était capable de ne penser à rien d'autre. Il était présentement en train d'étaler une généreuse couche de crème à raser sur sa jambe, son pied reposant dans le lavabo, lorsque son téléphone sonna, le faisant pester et faire tomber le rasoir qu'il tenait à la main dans l'évier.

Il fronça les sourcils en regardant l'appelant, et décrocha en mettant le haut parleur.

« Tom ? » s'étonna-t-il tout en faisant glisser le rasoir le long de sa jambe.

« Bill vient me chercher, j'en ai marre ! »

« Qu'est-ce qu'il a ? » s'inquiéta-t-il avant de jurer alors qu'il venait de se couper.

« Viens s'il te plait. Je suis à l'arrêt de bus » dit-il simplement et Bill crut bien entendre un sanglot avant qu'il ne raccroche. Il regarda fixement son portable, ahuri, avant de se mettre en branle, alarmé. Il se rinça rapidement les jambes sous l'eau de la douche qui était encore froide, et se rhabilla vite fait.

Il se précipita dans le hall, laissant un mot à Simone qui était partie se promener dans le village avant de saisir les clés de voiture. Il gagna le véhicule et s'enjoignit à se calmer, ça ne pouvait rien être de très grave, avant de démarrer.

Une vingtaine de minutes plus tard, il atteignit l'arrêt de bus désigné par Tom. Il l'aperçut prostré sur le banc et s'empressa de se garer pour courir jusqu'à lui.

« Tom ! » s'écria-t-il et l'interpellé releva vers lui son visage, une trainée de sang dégoulinant de son arcade. « Mais qu'est-ce qui s'est passé ? »

Il le prit vivement entre ses bras et Tom s'accrocha à lui.

« Je supporte plus ! J'ai l'habitude qu'ils s'en donnent à cœur joie depuis qu'ils savent que je suis gay, mais là Georg était pas là pour les dissuader de me faire chier et ils en ont encore plus profité. 'Oh Trümper tu t'es fait enculer par ton mec hier ?' ' Tu veux pas me sucer, je sais que d'abord ça, t'as une vraie bouche à pipe !' 'Hé sale pédé, tu veux que je te la mette, je suis sûr que t'adore les… »

« Stop » l'interrompit Bill « Ne te laisse pas atteindre. Tu sais que c'est faux et ça suffit. Tu t'en fous d'eux, okay ? »

« Facile à dire »

« Je suis passé par là aussi. Ne fais pas comme moi, ne les laisse pas t'avoir. Il ne reste que deux semaines avant les vacances, tu peux le faire Tom » lui dit doucement Bill, avant de reprendre plus durement en pointant son arcade. « Qui t'as fait ça ? »

« Encore Karl. J'ai craqué, je l'ai poussé et il m'a frappé. Alors j'me suis barré et je t'ai appelé. Et voilà »

« Mon cœur » soupira Bill « Je veux pas que tu t'attires des ennuis d'accord ? Fais attention à toi »

« Mon cœur ? » releva Tom, amusé. Et pour une des rares fois de sa vie, il vit Bill rougir.

« Tais-toi ! » se vexa-t-il.

« Mais j'adore ! »

« N'en rajoute pas où je t'abandonne ici au lieu de t'emmener manger quelque part comme j'avais prévu de le faire. » répliqua Bill.

«C'est vrai ? Génial ! »

« T'emballe pas tu retournes en cours après… » Le fit redescendre sur Terre Bill.

« Et merde ! »

Bill gloussa et Tom le fit taire en l'embrassant, ce qui était visiblement un très bon moyen vu qu'il se retrouva rapidement avec le jeune homme à califourchon sur ses genoux.

« Putain » s'exclama Bill quelques minutes plus tard « Tu m'as foutu du sang dans les cheveux ! »

[…]

Une nouvelle semaine s'était écoulée, et Tom et Bill n'avait cessé de jouer au jeu du chat et de la souris, se cherchant mutuellement sans jamais vraiment s'atteindre. Tom suivait les conseils de Bill au lycée, ignorant royalement les insultes qu'on lui lançait, et cela semblait même fonctionner, car ils semblaient s'être lassés.

La nuit venait de tomber sur le petit village allemand, et Tom restait simplement assis à même le sol depuis une heure, contemplant silencieusement et sans s'en lasser son petit ami danser. C'était une des choses qu'il adorait le plus au monde, et il était ravi de voir que Bill n'éprouvait presque plus aucune difficulté due à sa cheville, bien qu'elle lui lançait encore lorsqu'il dansait trop longtemps.

Il râla presque lorsque Bill arrêta, se dirigeant jusqu'à lui pour saisir la bouteille d'eau qu'il avait déposée contre le mur. Tom se retourna vers lui, le regardant d'en bas avec admiration alors que Bill s'appuyait contre le mur en soupirant d'aise.

« Ca fait un bien fou tu peux pas savoir » déclara-t-il

« Je sais juste le bien que ça fait de te regarder faire » répondit Tom, récoltant un sourire du danseur.

Ce dernier releva sa jambe légèrement, effleurant le bras de Tom.

« Voudrais-tu danser avec moi ? » demanda-t-il sur un ton aguicheur, soulevant davantage sa jambe pour la poser sur son épaule.

« Quel genre de danse ? » rétorqua Tom en saisissant son pied avec un sourire, défaisant les lacets de sa ballerine pour lui retirer.

Il déposa un léger baiser sur le dessus de son pied avant de tirer légèrement sur sa guêtre pour lui ôter, faisant ensuite glisser ses lèvres le long de son mollet. Bill frissonna et retira sa jambe de son emprise pour la faufiler sous son bras, forçant Tom à se relever. L'adolescent se colla contre lui et Bill enroula sa jambe autour de son torse, avant de capturer ses lèvres.

« Quelle souplesse » plaisanta Tom lorsque leurs lèvres se séparèrent, avant de placer sa main au niveau de son entrejambe.

« Hum » gémit simplement Bill «On a bien la maison pour nous tous seuls ? »

« Oui » souffla Tom contre son oreille avant que ses lèvres ne dérivent sur sa gorge, léchant avec application sa peau douce alors que ses doigts pressaient davantage entre ses cuisses.

« Putain » jura l'aîné « Ta chambre. Maintenant »

Sans attendre de réponse, il repoussa Tom et le tira derrière lui alors qu'il se précipitait hors de la pièce, courant presque dans les escaliers jusqu'à atteindre son but. Il le fit tomber sur le lit et se plaça à quatre pattes au dessus de lui. Il se pencha en avant et l'embrassa sauvagement, leurs langues se retrouvant pour une danse effrénée. Leurs mains se firent baladeuses sur le corps de l'autre, caressant leur peau avec avidité, et l'excitation monta très vite en eux.

Ces derniers jours passés à se chauffer mutuellement payaient finalement, et Bill retira son t-shirt et celui de son amant avant de s'attaquer directement à son jean qu'il fit glisser le long de ses jambes sans difficultés. Il eut un sourire devant l'excitation visible de Tom à travers son boxer et leva les yeux vers lui. Ce dernier était rouge pivoine et Bill sourit davantage, avant de passer un doigt taquin sous l'élastique de son sous-vêtement, jouant avec en l'interrogeant du regard.

« Vas-y » Fit-il, et Bill s'accomplit, abaissant le vêtement pour se retrouver face à la virilité tendue de Tom. Il le regarda dans les yeux, léchant consciemment ses lèvres et fut ravi de voir s'écarquiller les yeux de Tom.

Il se recula sur le lit, avant d'appuyer ses mains sur le haut des cuisses de Tom. Il se pencha lentement au niveau de son sexe, soufflant légèrement dessus et appréciant de sentir l'adolescent frémir sous ses doigts. Il passa sa langue sur son gland, le titillant, et enroula sa main à la base de sa verge. Doucement, il enroula ses lèvres autour de son sexe et Tom prit une grande inspiration, ses doigts se crispant sur les draps lorsque Bill le prit profondément au fond de sa bouche.

Il sentit la boule de son piercing rouler contre sa peau et laissa échapper un gémissement. Il se redressa sur ses avant-bras et ses yeux rencontrèrent ceux de Bill qui commençait à le sucer. C'était avec fébrilité qu'il regardait son sexe entrer et sortir de la bouche de son amant, de violents frissons de plaisir le parcourant et le faisant haleter. La sensation était délicieuse et il grogna lorsque l'agréable chaleur cessa de l'entourer.

Bill abaissa ce qu'il lui restait de vêtements, avant de s'assoir à califourchon, une jambe de chaque côté de sa taille. Il prit appui sur ses mains de part et d'autre de son visage et déposa un léger baiser sur ses lèvres.

« Tom » soupira-t-il tout en faisant glisser ses doigts le long de son torse, redessinant les contours de ses pectoraux « Tu veux faire l'amour ? »

La respiration de Tom s'accéléra, alors que son estomac se tordait d'anticipation et d'appréhension mélangée.

« Oui » répondit-il finalement d'une toute petite voix.

Bill se racla la gorge, cherchant à calmer ses pulsions soudaines.

« C'est pas romantique comme demande, mais…tu l'as mis où le lubrifiant que ta mère t'a donné ? »

« Tiroir – table de chevet » balbutia Tom, incapable de prendre conscience de la réalité de la situation. Il allait réellement faire l'amour avec Bill, là, maintenant ?

Il vit Bill brandir le tube de lubrifiant devant lui, et prit conscience que oui. Et cela le fit violemment frissonner de la tête au pied.

« Je n'ai jamais été avec un homme, tu sais » dit-il honteusement alors que Bill versait la mixture dans la paume de sa main.

« Donne-moi ta main » ordonna-t-il doucement et Tom s'exécuta.

Bill enduit ses doigts de produit et Tom se mordit la lèvre.

« Avec une fille non plus » rajouta-t-il, écarlate.

« Je m'en doutais » chuchota Bill « Alors ce sera ta première et ta seconde fois »

« Seconde ? »

Bill secoua la tête avec un sourire « Tu verras »

Il se redressa sur ses genoux et dirigea les doigts de Tom entre ses cuisses. Il infiltra son index dans son intimité et soupira d'aise. Le plus jeune jura alors que son doigt se retrouvait enveloppé dans une chaleur inattendue. Bill fit pénétrer son deuxième doigt en lui, s'empalant de lui-même dessus en laissant échapper un gémissement. Tom était comme pétrifié, il ne savait pas quoi faire de sa main et la vision de ses doigts à l'intérieur de Bill le rendait presque dingue.

« Écarte-les » l'enjoignit Bill et il s'exécuta. Il sentait les chairs de Bill s'étirer autour de ses doigts et c'était impressionnant. Il les plia légèrement et heurta quelque chose qui fit couiner son amant. Il réitéra l'action et observa ses yeux se voiler de plaisir. Il adorait ça et s'ingénia à faire aller-et-venir ses doigts à l'intérieur de lui, fier des soupirs de plaisir qu'il lui arrachait.

« Stop » ordonna Bill, essoufflé « Ca ira »

Il se positionna au dessus du sexe dressé de Tom et le prit en main. Il le plaça correctement contre son intimité et Tom ouvrit la bouche en un « o » lorsqu'il s'empala d'un coup sec sur lui. Bill était délicieusement étroit et chaud autour de lui, et il crut bien pouvoir jouir rien qu'à cette sensation.

Bill plaqua ses mains sur le torse de Tom et effectua de petits cercles autour de lui, s'habituant à son intrusion. Il se souleva et s'abaissa de nouveau, commençant un lent mouvement de vas-et-viens. Tom souleva son bassin vers le haut pour accompagner ses mouvements et Bill changea de position pour chercher celle qui lui donnerait le plus de plaisir. Les hanches de Tom vinrent claquer contre ses fesses et Bill cria alors qu'une puissante décharge de plaisir le fit voir blanc. Le sexe de son amant frappait pile au bon endroit et il resserra ses muscles autour de lui, le faisant haleter.

Tom attrapa ses hanches lorsque son corps se cambra dangereusement vers l'arrière et le prit plus fortement, n'en pouvant déjà plus. Il se sentait déjà près à jouir et ses orteils se crispèrent alors qu'il essayait de se retenir. C'était beaucoup trop tôt, mais il décollait déjà.

Bill le sentait pulser à l'intérieur de lui et il exécuta un dernier aller-et-retour, avant qu'il ne jouisse en lui en criant.

« Merde » lâcha Tom alors que Bill s'allongeait sur le flanc à côté de lui.

« C'est normal pour une première fois » le rassura Bill tout en taquinant son téton du bout du doigt

« Tu vas récupérer très vite » fit-il avant de remplacer son doigt pour sa bouche, aspirant son téton entre ses lèvres. Il les glissa le long de son torse, léchant sa peau jusqu'à atteindre son nombril. Il le pénétra de sa langue et Tom comprit ce qu'il avait voulu dire lorsqu'il sentit déjà une douce chaleur se répandre dans tout son corps.

Bill caressa, suçota, mordilla, sa peau durant de longues minutes, s'amusant à créer des frissons sur tout son corps. Lorsqu'il sentit que Tom recommençait à être lentement, mais sûrement, excité, il remonta jusqu'à son visage, léchant ses lèvres avant de se mettre à genoux au dessus de lui. Il prit son propre sexe en main et commença à se caresser sous les yeux ahuris de son amant qui se sentait redevenir dur.

« Prêt pour un second round ? » questionna-t-il tout en le faisant basculer pour qu'il se retrouve au dessus de lui. Il écarta ouvertement les jambes et l'attira à lui.

« Prends le contrôle »

Tom déglutit lorsque Bill lui tendit le tube de lubrifiant et le saisit avec fébrilité. Il en étala sur ses doigts et en enduit sa verge qui durcit davantage sous son toucher. Il expira et positionna son sexe contre l'entrée, hésitant. Bill décida pour lui en enroulant ses jambes autour de sa taille pour enfoncer ses pieds dans son dos, le rapprochant de lui jusqu'à ce que sa verge heurte son intimité.

Il le pénétra lentement, ses mains se crispant sur les épaules de son amant, et ses lèvres vinrent capturer les siennes lorsqu'il fut entièrement en lui. Ils échangèrent un baiser alors qu'il se retirait pour le reprendre à nouveau. Ses coups de reins se firent plus rapides, plus forts, et bientôt ils gémirent à l'unisson, l'adrénaline se rependant dans leurs veines.

Tom planta ses yeux dans ceux de Bill et il réalisa. Il réalisa qu'il était en train de faire l'amour à l'homme qui l'avait hanté toutes ces années. Qu'il avait admiré, adulé, et duquel il était tombé profondément amoureux. Alors il se noya dans son regard et se perdit dans son corps, et lui fit l'amour encore et encore, passionnément.

Le plaisir ne tarda pas à les submerger, et Bill vint en premier contre le torse de Tom, qu'il sentit pour la deuxième fois jouir en lui. Ce dernier se laissa tomber sur lui, et Bill se blottit contre son torse. Tom l'enlaça machinalement, encore un peu sous le choc.

Un silence régna dans la chambre, leur laissant le temps de reprendre leur souffle et leurs esprits. Tom emmêla ses doigts à ses dreads, de l'inquiétude perçant au milieu de son nuage de bonheur.

« Bill ? » chuchota-t-il.

« C'était très bien Tom. Ne te tracasse pas » répondit Bill comme s'il avait lu ses pensées.

Tom sourit et le serra davantage entre ses bras. Bill se nicha encore plus contre lui, ronronnant quand les mains de son amant effleurèrent légèrement son dos. Il sentit peu à peu Tom tomber dans le sommeil, et s'endormit à son tour en pensant qu'il pourrait très rapidement s'habituer à dormir pelotonné contre son torse finement musclé et entre ses bras rassurants.

[…]

La sonnerie stridente du réveil matin les sortit du sommeil d'une manière bien désagréable, et Tom cacha son visage contre le cou de Bill en pestant. Bill sourit doucement et éteignit l'appareil d'un coup sec avant de refermer ses bras sur Tom et de se recaler contre lui. Ils étaient tous deux entièrement nus, allongé sur les draps, et la chaleur qui régnait dans la pièce fit qu'ils ne s'en plaignaient nullement.

Tom remua dans l'étreinte de Bill, geignant presque.

« Faut que j'aille en cours » soupira-t-il en essayant de s'extraire de sa prise, mais le danseur l'enserra plus fermement.

« N'y va pas »

« Mais… »

« Chut. Rendors-toi » murmura Bill avant de déposer un baiser sur son nez, puis ses lèvres.

Tom ne se fit pas prier, se rendormant presque instantanément, aucunement gêné par la lumière du soleil qui provenait de l'extérieur, étant donné qu'ils avaient étrangement oublié de fermer les volets la veille.

Bill resta un instant à le contempler, bercé par les rayons du soleil, un léger sourire aux lèvres. Il n'avait aucune idée de comment leur relation allait évoluer, mais pour l'instant elle lui plaisait bien. Il n'avait pas pu prendre la virginité de Tom - enfin, l'autre - pas quand il savait à quel point le garçon était amouraché de lui. Il ne lui avait pas dit, évidemment, mais ça crevait les yeux. Bill le voyait dans ses gestes, dans ses réactions, dans ses mots, et surtout, dans ses yeux. Cela l'avait presque effrayé, la veille, de lire tant d'amour dans un regard si jeune pour une personne comme lui. Il n'avait aucune idée de ce qu'il allait faire lorsqu'il devrait repartir, ce qui arriverait dans un futur très proche.

Il ne pouvait pas rester ici indéfiniment, surtout que Simone s'était mise à refuser catégoriquement qu'il la paye pour ses cours, ce qui était à la fois extrêmement gênant, et soulageant. Il ne roulait pas sur l'or, et il allait bientôt être à cours d'argent s'il ne reprenait pas du service bientôt. Il y avait son appartement, à Berlin, pour lequel il payait encore la moitié du loyer même en son absence, l'autre moitié revenant à son colocataire. Autrement dit, Andreas.

Comment il allait composer avec ça lorsqu'il y retournerait, il n'en avait pas la moindre idée. Mais pour le moment, son souci principal était de savoir ce qu'il ferait à propos du jeune homme qui dormait entre ses bras.

Un grincement de porte le tira de ses pensées, et il ferma rapidement les yeux, feignant le sommeil. Il se sentait l'âme d'un enfant, parfois.

Simone haussa un sourcil à la vision des deux corps dénudés enlacés sur le lit, avant de sourire doucement, secouant la tête et refermant la porte. Elle pouvait bien le laisser dormir un peu plus longtemps et profiter de la matinée.

Ce fut de longues heures plus tard que les deux amants se réveillèrent, Tom complètement étalé à plat sur Bill, l'écrasant légèrement. Il se décala et Bill retint son bras pour l'attirer jusqu'à lui, leur faisant échanger un baiser paresseux.

Les yeux de Tom se posèrent sur le réveil et il s'affola.

« Merde ! Mes cours ! Ma mère va me tuer ! » S'exclama-t-il.

« Huuum, silence » grogna Bill, vraiment pas du matin, même s'il était déjà midi.

« Pourquoi elle m'a pas réveillé ? »

« Calme-toi. Elle est venue tout à l'heure, mais elle a du préférer nous laisser dormir. » Répondit Bill en enfonçant son visage dans l'oreiller.

« Attends, tu veux dire qu'elle nous a vu comme ça ? »

« Elle est déjà au courant » grommela Bill en s'allongeant sur le ventre.

« Quoi ? » s'écria Tom « Comment ça ? »

C'est le moment où Bill réalisa qu'il avait fait une bourde. Il soupira.

« Je lui en ai parlé. Mais elle n'est pas stupide, et nous absolument pas discret, elle l'aurait deviné toute seule. »

« Mais d'où tu lui en as parlé putain ? » s'énerva-t-il en se relevant sur le lit. « Je t'ai dit que je voulais pas qu'elle sache ! »

« Tu compte m'emmerder pour ça maintenant ? » fit Bill en roulant des yeux

« Oui ! » déclara Tom tout en récupérant un t-shirt au hasard pour l'enfiler.

« Je suis désolé, mais… »

« Ouais, t'as vachement l'air » ironisa l'adolescent avant de quitter la pièce en claquant la porte, laissant un Bill sidéré derrière lui.

Il se laissa tomber en arrière sur le lit, et soupira une nouvelle fois.

« Tom » l'accueillit sa mère en le voyant entré dans la cuisine, l'air passablement énervé. « Un problème ? »

« Pourquoi tu m'as pas dit que tu savais ? Pour Bill et moi ? »

« Parce que tu préférais que je ne le sache pas. Alors… »

« Pourquoi il est venu de le dire ? Je comprends pas ! »

« C'est toi son petit ami, t'es sensé le connaître mieux que moi. » remarqua Simone « Tu parles bien de Bill à Georg, est-ce que c'est différent ? »

« Totalement différent. Je vois pas le rapport. »

« On a tous besoin d'un confident, Tom. Ca fait depuis avant que vous ne mettiez ensemble qu'il se confie à moi, et il en est venu tout naturellement à en parler lorsque vous vous êtes mis ensemble. » Expliqua sereinement Simone tout en déposant deux assiettes d'œufs brouillés sur un plateau déjà rempli de toast.

« Pourquoi à toi ? »

« Tu me déçois un peu là. Bill n'a personne d'autre à qui parler, et, il a besoin d'une oreille maternelle. Il n'a plus de mère Tom. »

Tom ouvrit de grands yeux.

« Il ne me l'a pas dit ! » s'exclama-t-il.

« Alors ne lui en parle pas. » dit-elle « Tu t'es fâché contre lui n'est-ce pas ? »

L'adolescent baissa les yeux sur le sol, grimaçant.

« C'est pas en agissant comme un gamin que tu vas le faire tomber amoureux de toi » dit-elle sérieusement, avant de lui tendre le plateau. « Allez, monte donc ça, vous allez prendre un brunch au lit »

Tom saisit le plateau en la remerciant et remonta à pas prudents jusqu'à sa chambre. Il hésita un instant, avant d'y pénétrer, remarquant que Bill s'était déjà rendormi.

Il déposa son chargement sur le lit avant de s'y assoir. Il secoua lentement le bras du danseur pour le réveiller alors que son regard dérivait lentement sur son corps nu, se délectant de cette vision.

Bill releva ses yeux vers lui, interrogateur, et Tom se sentit obligé de stopper sa contemplation.

« Maman nous a préparé à manger » fit-il en désignant le plateau, et Bill arqua un sourcil, le regardant plus intensément.

« Désolé de m'être énervé, c'était stupide » s'excusa-t-il, et Bill lui adressa un sourire franc avant de se redresser sur le lit. Il posa une main sur la nuque de Tom pour l'attirer à lui.

« Tu es tout pardonné » chuchota-t-il avant de plaquer ses lèvres contre les siennes.

[…]

Les vacances étaient finalement arrivées, soulageant grandement Tom qui n'en pouvait plus. Il passait finalement de justesse en terminale, et tout était parfait. Il passait son temps à assister au cours de danse de Simone à Bill, puis à accaparer ce dernier qui ne s'en plaignait pas. Le temps défilait lentement, et ils vivaient dans leur bulle, passant leur temps à ne rien faire, restant juste ensemble à discuter de tout et de rien, ou au contraire à faire l'amour dès que Simone s'absentait. Bref, le bonheur total, estimait Tom.

D'ailleurs, ce dernier râla lorsque le téléphone de Bill se mit à sonner alors qu'ils étaient en train de s'embrasser langoureusement sur son lit, leurs mains perdus quelque part sous les vêtements de l'autre.

« Oui ? » décrocha Bill en se redressant de sur Tom, ses jambes encore de part et d'autre de ses hanches, lui provoquant un soupir frustré.

« Attends, je change de pièce » déclara-t-il en se relevant, récoltant un regard désapprobateur de son petit ami.

« Je reviens » s'adressa-t-il à ce dernier avant de quitter la chambre, descendant les escaliers pour être plus tranquille.

Il écouta ce que son interlocuteur avait à dire avant de poser une main devant sa bouche, presque choqué. Lorsque la conversation fut terminée, il se laissa tomber sur le canapé, prenant son visage entre ses mains. Il n'avait aucune idée de ce qu'il allait faire. Il savait juste qu'il y aurait forcément des dégâts. C'était inattendu, rapide, mais il ne pouvait pas refuser.

Il fallait absolument qu'il parle à Simone, songea-t-il tout en se dirigeant jusqu'à la cuisine où la femme se situait justement.

[…]

Tom partit à la recherche de son amant après avoir attendu une bonne heure qu'il revienne. Il le retrouva dans la salle de danse, sans aucune surprise, et sourit en le voyant réaliser plusieurs tours sur lui-même sur un seul pied comme si c'était la chose la plus naturelle du monde.

Il se dirigea jusqu'à lui, enroula ses bras autour de sa taille, et colla son dos contre son propre torse en effleurant sa gorge de ses lèvres.

« J'ai envie de toi » chuchota-t-il contre son oreille, surprenant le danseur qui n'était pas vraiment habitué à ce que ce soit Tom qui fasse le premier pas. Il se retourna vers lui en souriant.

« Vraiment ? » le taquina-t-il avant de faufiler ses mains sous son large t-shirt.

« Moui » répondit Tom en frissonnant sous son toucher. « Toi, moi, mon lit »

Bill grogna, griffant légèrement son dos.

« Alors qu'est-ce qu'on attend ? » demanda-t-il.

« Je veux que tu me fasses l'amour » rajouta Tom, et Bill se figea. « Bill ? »

L'interpella lui renvoya un regard rassurant avant de prendre sa main dans la sienne, l'entrainant à sa suite jusqu'à la chambre de Tom. Il referma la porte et le dévisagea.

« T'es sûr ? »

Tom le fit taire avec un baiser, l'emmenant doucement jusqu'au lit. Il retira son t-shirt avant de faire de même avec celui de Bill qui semblait hésitant, un peu comme s'ils avaient échangé les rôles.

Tom tira sur son pantalon, se retrouvant en boxer devant lui, et le danseur laissa ses interrogations au placard pour le pousser en arrière sur le matelas. Il se déshabilla entièrement, avant de se mettre à califourchon sur son amant. Il lui retira sous sous-vêtement et se mordit violemment la lèvre.

En réalité, il mourrait d'envie de faire l'amour à Tom, et le voir ainsi offert à lui sans concession, ses joues rougies trahissant sa gêne, lui donnait envie de ne faire qu'une bouchée de lui. Il écarta ses cuisses avant de reculer sur le lit. Il se pencha sur lit et fit glisser sa langue sur son sexe qui commençait à être réellement excité, atteignant ses testicules qu'il suçota légèrement, lui provoquant des fourmillements dans tout le corps. Sa bouche atteignit son endroit le plus intime, et Tom ouvrit la bouche en un cri silencieux lorsque qu'il sentit une langue chaude pénétrer son intimité.

« Putain » jura-t-il alors que Bill poussait plus profondément en lui, caressant son intérieur de sa langue humide. Il faisait rouler son piercing en lui en ondulant sa langue, et Tom ne savait déjà plus où donner la tête. Le souffle chaud de son amant lui envoyait des bouffés de chaleur dans tout le corps, et il avait déjà l'impression de décoller.

La langue fut remplacé par un doigt et il se tendit un peu, remuant alors que Bill effectuait quelques vas-et-viens en lui, ses dreads effleurant le haut de ses cuisses. La vision de son doigt pénétrant Tom était trop excitante pour Bill, et il releva son visage pour capturer les yeux de Tom des siens. Il fit entrer un deuxième doigt en lui, écartant légèrement pour l'habituer à sa future intrusion.

Il tâtonna à l'intérieur de lui avant d'être sûr de lui et de plier ses doigts sèchement, le faisant gémir de plaisir. Il sourit et rajouta un troisième doigt, sentant Tom se resserrer nerveusement autour de lui avec une grimace.

« Détends-toi » lui intima-t-il sur une voix douce.

Il commença des légers mouvements de vas-et-viens, frissonnant en réalisant à quel point Tom était étroit autour de lui. Ce dernier souffla un bon coup pour se relaxer, cherchant à ignorer le tiraillement désagréable. Bill tapa une nouvelle fois contre son point G, et il se décontracta instantanément, son dos se cambrant et sa respiration se saccadant.

Finalement, Bill se retira, espérant qu'il était correctement préparé. Il avait rarement eu l'occasion de dominer, et il priait pour ne pas mal s'y prendre. Il se plaça à genoux entre les jambes repliées de Tom et se courba pour déposer ses lèvres sur les siennes dans un baiser qui se voulait rassurant.

Il fouilla ensuite dans le tiroir de la table de chevet pour y dénicher ce qu'il cherchait, et versa une couche de lubrifiant dans sa paume, interrogeant Tom du regard.

« Je le veux toujours » fit ce dernier, bien que timidement.

Bill s'enduit de la lotion, avant de saisir les jambes de Tom pour remonter ses genoux contre ses côtes.

« Ca fait mal ? » ne put s'empêcher de questionner l'adolescent.

« Je ferais tout pour que non » dit Bill.

Il colla sa bouche à la sienne, la pénétrant de sa langue au moment même où il entrait doucement en lui. Il le prit le plus profondément possible, et Tom rejeta la tête en arrière, détachant leurs lèvres. Ses doigts agrippèrent fermement les rebords de son oreiller, c'était si bon, et douloureux à la fois qu'il ne pouvait plus penser. Bill déposa une lignée de baisers le long de sa gorge, attendant qu'il soit habitué à lui.

Tom chercha ses yeux des siens, lui accordant une autorisation silencieuse, et ils ne se quittèrent pas du regard lorsque Bill commença un mouvement de retrait pour le reprendre à nouveau. Tom était incroyablement serré autour de lui, et il remonta encore davantage ses jambes pour les poser sur ses épaules. Puis il tendit les bras en avant pour emmêler ses doigts aux siens et entama un mouvement de vas-et-viens. Son sexe frottait contre la prostate de son amant sans jamais la frapper réellement, et Tom se répandait en gémissements sous lui. Il broyait presque ses doigts alors que le plaisir montait en lui, le rendant complètement soumis à son petit ami qui intensifia la puissance de ses à-coups.

Il sentait la moindre parcelle de Bill à l'intérieur de lui, et c'était une sensation exquise. L'homme qu'il aimait lui faisait l'amour, et c'était extrêmement mieux que tout ce qu'il avait pu imaginer. Celui-ci était complètement submergé par le plaisir, pénétrant Tom plus fort et plus rapidement, se laissant aller à ses pulsions. Il le tordit presque en deux et tapa en plein contre son point G, le faisant crier son prénom sans fin alors qu'il réitérait le mouvement plusieurs fois de suite.

Tom ne contrôlait plus rien, s'abandonnant totalement. Des étoiles dansaient devant ses yeux et il ne parvenait plus à respirer correctement. Il montait de plus en plus haut, tous ses membres se crispant, et se resserrant délicieusement autour de Bill qui lâcha un son rauque. Le danseur agrippa ses hanches, y plantant presque ses ongles alors que ses allées-et-venus en lui s'accéléraient, les faisant tout deux suffoquer.

Il sentit Tom être parcouru de spasmes sous et autour de lui, lui envoyant des décharges de plaisir, et celui-ci jouit en un dernier gémissement. Bill continua ses mouvements en lui, prolongeant son orgasme et lui faisant perdre la tête. Il finit par venir en lui, son corps se contractant avant de retomber sur celui de son amant.

Essoufflé, il roula sur le dos et Tom vint immédiatement se coller à lui, ne pouvant supporter de perdre le contact corporel avec lui. Il releva son visage vers le sien et s'apprêta à parler mais Bill le prit de court.

« Ne dis rien »

« Bill, je… » Tenta Tom mais Bill déposa son index sur sa bouche, le faisant taire avec un sourire doux.

L'adolescent baissa le regard, et nicha sa tête contre son épaule. Bill entremêla ses doigts à ses dreads, puis ferma les yeux, se laissant emporter par le sommeil.

[…]

Bill boucla avec difficultés sa valise avant de jeter un coup d'œil circulaire à la pièce, voulant être certain de ne rien oublier. Satisfait, il la tira derrière lui, s'attelant à la dure tâche de descendre les escaliers. Lorsqu'il fut arrivé en bas, il traversa le salon puis la porte d'entrée déjà ouverte. Il parcourut l'allée, déposant son bagage devant la voiture garée juste devant.

Puis il se retourna vers Simone, lui adressant un sourire désolé.

« Je ne suis pas sûre que ce soit une bonne idée »Fit-elle, croisant les bras sur son torse d'un air désapprobateur.

Il baissa la tête, le secouant faiblement avant de déclarer.

« Je vais chercher Tom… »

« Bill ! » s'exclama justement ce dernier en arrivant en courant jusqu'à lui « Il se passe quoi là »

« Suis-moi » ordonna Bill en le prenant par le bras, cherchant à l'emmener dans un endroit plus intime.

« Moi j'ai pas que ça à foutre » lança une voix que Tom aurait voulu ne plus entendre dans leur dos.

« Ferme-la Andreas ! » lança Bill par-dessus son épaule avant de se stopper à quelques pas de là.

« Qu'est-ce qu'il fout là ? Tu fais quoi là ? Tu pars ? » S'alarma Tom « Bill ! »

« Je suis désolé » s'excusa vainement Bill.

« Merde, mais tu m'as même pas prévenu ! Pourquoi tu te casses putain ? » Paniqua littéralement l'adolescent, s'accrochant à son t-shirt.

« Je l'ai su qu'hier, et j'ai pas eu le temps de t'en parler parce que… tu vois…»

« Parce que tu m'as fais l'amour hier, tu peux le dire. Et maintenant tu te barres ! Bordel mais t'es un connard ou quoi ? Et nous, on devient quoi maintenant ? Ca sors de nulle part ton truc !» S'énerva maintenant le plus jeune.

« Je t'avais dit de pas t'attendre à trop de moi, Tom. On arrête tout, c'est mieux comme ça. C'est mieux pour toi ! »

« Mieux pour moi ? Tu te fous de ma gueule ? Et qu'est-ce que l'autre blondasse fiche ici ? »

« On habite ensemble, c'est tout… »

« Ah, ça ici t'avais oublié de me le préciser. Dis donc ça commence à faire beaucoup de choses ! T'en as d'autre des comme ça ? »

« Tom, je suis désolé »

« Tu l'as déjà dit. Mais t'as pas l'air ! T'en juste rien à foutre !» hurla Tom et Bill le prit entre ses bras.

« Calme-toi »

« Lâche-moi » se débattit Tom mais Bill le tenait fermement. Il l'embrassa violemment, et Tom ne put que répondre au baiser qui avait un désagréable goût d'adieu.

Bill le relâcha finalement, et lui tourna le dos.

« Au revoir Tom » dit-il avant de s'éloigner.

Tom essuya une larme qui coulait le long de sa joue, fronçant les sourcils. Ses yeux étaient secs.