Bonjour chers Cobayes,
Merci pour vos petits commentaires, ils me font grand plaisir ! Pour ceux à qui je ne peux répondre par MP :
Gaenouchka : Tu as raison, Polonais d'origine bien que né en Allemagne, et citoyen Allemand jusqu'aux désastreux évènements que nous connaissons tous !
Potiron : (Un potiron me lit ? La population est vraiment hétéroclite dans ce fandom xD ) Merci pour cet enthousiasme, j'espère que la suite ne vient pas trop tard à ton goût !
Je vous préviens tout de suite, pour ce chapitre, j'invente des caractéristiques à nos héros. Donc oui, ne soyez pas surpris, Magneto à une peur panique du vide, c'est comme ça et puis c'est tout ! =D
8 Novembre 1960 - Pennsylvania avenue, Washington, D.C.
- Charles, au risque de me répéter, c'est ma première fois, alors vas-y doucement…
Un air outré s'inscrivit sur les traits de l'intéressé.
- Comme si tu avais besoin de me le préciser, mon ami. Tu sais très bien que je ne veux prendre le risque de te blesser à aucun prix.
La nervosité agitait le visage d'Erik qui sautillait sur place pour échauffer ses muscles et tenter de chasser l'anxiété.
Charles s'approcha de lui et le saisit fermement par les épaules, amenant son front tout contre celui de son meilleur ami.
- Tu as confiance, Erik ?
- Tu sais que je déteste cette question, imbécile, mais c'est loin d'être aussi facile que ça en a l'air. Pour un habitué comme toi, peut-être, mais pour un novice comme moi…
Charles partit d'un grand éclat de rire.
- Un habitué ? je te signale que je découvre ces sensations en même temps que toi ! Je ne l'ai jamais fait avec un être humain auparavant !
Les deux hommes se regardèrent et étouffèrent un rire en se rendant compte de l'ambivalence de cette étrange conversation.
- Sorti du contexte, c'est vraiment déplacé, concéda l'aîné alors que Charles s'assurait de leur solitude en ces lieux.
L' Eisenhower Executive Office Building était un bâtiment majestueux, dont l'architecture typée Second Empire Français avait fait tourner bien des têtes. Ses cinq étages de granit se dressaient, immenses, en face des deux compagnons impressionnés.
Les doigts d'Erik glissèrent sur la pierre blanche et lisse.
- De la folie. De la pure folie, commenta-t-il sombrement, de nouveau nerveux.
Le soleil avait disparu depuis quelques heures derrière la façade Ouest du bâtiment, les plongeant dans une demi-obscurité protectrice. Le lointain brouhaha de la foule ramena Erik à l'instant présent.
- Il y a trente-mille personnes de l'autre côté de ces pierres, grommela-t-il.
- Une chance qu'ils ne soient pas de ce côté-ci, rétorqua Charles avec patience. Il me semble que nous n'avons aucun droit d'être là…
Erik inspira profondément.
- Allons-y, avant que je ne change d'avis.
Charles acquiesça et détacha de son poignet un ruban de soie noire qui y était accroché.
Il eut un infime moment d'hésitation face à son collègue.
- J'y vais ?
Sur l'incitation d'Erik, Charles entreprit de placer le ruban sur les yeux de son partenaire, le plongeant ainsi dans une obscurité totale.
- Tout va bien se passer, énonça-t-il avec calme.
La nervosité d'Erik était palpable.
Le généticien n'en revenait pas de ce qu'ils allaient faire.
Quel chemin ils avaient accompli, tous les deux…
Depuis la fondation du manoir pour jeunes surdoués, ils s'étaient entraînés, l'un comme l'autre, à la maîtrise de leurs pouvoirs respectifs.
Magneto- comme l'appelaient les élèves- faisait preuve d'une capacité d'apprentissage qui pouvait paraître illimitée. Mais Charles avait, luis aussi, énormément progressé.
Le jeune homme avait découvert un mois auparavant une nouvelle faculté qui s'ajoutait à son don de Télépathe.
Avant, il se contentait de lire l'esprit des gens. Il l'avait fait, une fois, sur Erik, et n'avait recommencé qu'à de très rares occasions.
Mais, aujourd'hui, il pouvait faire bien plus. Il pouvait se glisser dans le cerveau des autres, et influencer le cours de leurs réflexions. Sa force de conviction était telle que sa volonté avait force de loi.
Il demandait, la cible effectuait.
Enfin, en théorie. Pour le moment, il n'avait exercé cet étrange talent que sur des chats.
Erik s'approcha de la pierre, le corps tendu. Charles lui tapota l'épaule.
- Je connais le parcours par cœur. Si à un moment donné, tu souhaites arrêter l'expérience, fais le moi savoir. Je pourrais entendre le cours de tes pensées et mettre fin à …
Il eut un geste vague de la main.
Comment décrire cette situation sans précédent ?
Plus que la peur, c'est l'excitation qui grandissait chez Charles alors que son partenaire se collait contre la pierre.
L'idée de se glisser dans une conscience humaine, de l'influencer, d'en prendre le contrôle…
Il chassa bien vite ces pensées.
Il s'agissait là d'une manière de réfléchir dangereuse, qui pouvait mener au pire.
Cependant, il ne pouvait nier à quel point le pouvoir, le contrôle absolu avait quelque chose de grisant…
Plus que tout, c'était avec Erik.
Erik qui lui confierait sa vie.
Charles jubilait. S'il avait pu imaginer, lors de leur rencontre, la solidité de l'amitié qui les lierait bien des années plus tard… Le farouche, le misanthrope, Erik qui n'avait confiance en rien ni personne…
Le généticien tirait une certaine fierté dans le fait d'être le seul confident du grand homme. Et aujourd'hui, il lui prouverait qu'il ne s'était pas trompé en lui accordant sa confiance.
Charles ferma à demi les yeux, tâtonnant à la recherche de la conscience, toute proche, de son ami.
Lorsque leurs esprits entrèrent en contact, un tourbillon de sensation l'aspira, l'engloutit tout entier, lui procurant un plaisir insoupçonné, décuplant sa perception du monde et des autres.
Cette fois-ci, il ne voyait pas les souvenirs, mais les émotions. Il sentait l'appréhension, l'excitation et la surprise naître dans le cerveau de son ami, et se déverser sous forme d'un torrent d'adrénaline dans ses veines.
Il était quelqu'un d'autre.
Il était Erik.
Il dût lutter pour ne pas se laisser submerger, pour ne pas s'abandonner à cette délicieuse sensation. Ils avaient un but il fallait s'y tenir.
Lentement, il ordonna au corps de se mouvoir.
Les mains d'Erik s'accrochèrent à la pierre, crispées, alors que son visage palissait.
Charles pouvait sentir la peur qui naissait au creux de son estomac, qui lui nouait les entrailles, qui annihilait toute autre forme de sentiment. Et pourtant, il le poussa à mettre une main devant l'autre, un pied devant l'autre, assurant ses prises avec soin, crochetant les pierres de l'improbable terrain d'escalade.
Il l'obligeait à dépasser cette phobie, cette peur panique du vide qui l'animait depuis son plus jeune âge. Son cerveau prenait le dessus.
L'ascension parut durer des heures. Lorsqu'enfin Erik se hissa fébrilement sur le toit, Charles sentit ses genoux défaillir. Lentement, il se retira de l'esprit de son camarade.
Les mains d'Erik tremblaient lorsqu'il retira le bandeau.
Il resta figé de longues minutes, le cœur battant la chamade, les yeux fixés sur les milliers de gens qui s'entassaient à l'entrée de la maison blanche.
Depuis le toit de ce bâtiment, on avait la meilleure vue possible sur la résidence officielle du président des États-Unis, qui se dressait, étincelante, quelques centaines de mètres plus loin.
Il ne parvenait pas à réaliser qu'il l'avait fait. Ce satané professeur X lui avait fait dépasser ses limites, une fois de plus.
Erik entendit vaguement que Charles le rejoignait, après avoir à son tour escaladé le noble bâtiment.
Son ami lui attrapa le bras et l'amena contre lui pour lui offrir une accolade hystérique.
- Tu l'as fait ! Tu l'as fait !
Ramené à la réalité par l'emportement de son cadet, Erik sourit.
- Plus exactement, nous l'avons fait. En fait, tu m'as manipulé… Voilà un talent qui t'ouvre un champ de possibilité proche de l'infini…
Charles se rembrunit quelque peu. Il savait pertinemment ou Erik voulait en venir, et cela ne lui plaisait pas. Il préféra changer de discussion et reporter son regard sur la scène qui se déroulait en contrebas.
- C'est un jour historique, mon ami.
- Alors, c'est lequel des deux ? Nous sommes trop loin pour voir…
Charles plissa les yeux et porta deux doigts à ses tempes pour écouter les milliers esprits qui s'agitaient sur le seuil de la maison blanche.
- C'est Kennedy.
Erik ne masqua pas son contentement. Il savait de source sûre que cet homme était un mutant, l'un des leurs. Détail que Charles n'avait pas besoin de connaître pour l'instant, jugea-t-il.
- Ton petit tour de magie va être pratique pour séduire les femmes, n'est-ce pas ? insinua Erik alors qu'un tonnerre d'applaudissement s'élevait de la foule.
- Ahah, très drôle, rétorqua Charles. Comme si j'avais le temps pour une vie amoureuse. Comment pourrais-je, alors que je passe cent pourcent de mon temps à courir le monde avec toi pour remplir notre manoir ?
- Il y aurait bien une solution pour concilier les deux, mon ami, mais je ne suis pas sûr qu'elle te plaise, le taquina son aîné d'un ton entendu.
Ils échangèrent un regard complice et s'assirent sur le toit pour observer, de loin, l'illustre discours du nouveau président des Etats-Unis.
Erik pouvait encore sentir son cœur cogner dans sa poitrine.
Il coula un regard vers Charles-Xavier.
John Fitzgerald Kennedy venait d'être élu.
C'était un moment historique.
Un de plus qu'il passait aux côtés de ce fou furieux.
Voilà pour vous, comme d'habitude toutes vos remarques et idées pour la suite sont bienvenues (et même sollicitées), ce petit recueil pourrait fort bien devenir une œuvre collective, si vous avez des idées à me soumettre !
La bise,
Laukaz-The Lab.
